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	<title>Archives des traitement - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
	<lastBuildDate>Mon, 24 Nov 2025 15:05:28 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des traitement - Reeflexions</title>
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		<title>Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 23:36:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l&#8217;aquarium ou en bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l&#8217;aquarium présente [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l&rsquo;aquarium ou en   bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l&rsquo;aquarium présente quelques avantages.  Cet article explore les raisons qui peuvent conduire à ce type de traitement, les produits, leur champ d&rsquo;action et les modes opératoires à mettre en œuvre.</p>
<h2>1. Pourquoi traiter en bain  et quels organismes</h2>
<p class="align-j">Indépendamment de la maintenance régulière de l&rsquo;aquarium, on peut vouloir agir ponctuellement sur un spécimen de corail précis. Le trempage (ang. <em>Dip</em>) du corail infecté en bain annexe permet d&rsquo;agir vite, sans interférer avec l&rsquo;aquarium. Un même bain peut également répondre à plusieurs objectifs.</p>
<p class="align-j">Il est facile de tremper une petite bouture à son arrivée. Ça l&rsquo;est moins quand le corail a pris du volume dans l&rsquo;aquarium, et encore moins quand il est fixé au décor. Dans une logique de traitements en bains, il est intéressant de concevoir l&rsquo;agencement de manière démontable, par exemple avec des roches en éléments facilement retirés et remis en place, des plots simplement enchassés dans le décor&#8230;</p>
<p class="align-j">Les raisons  d&rsquo;un traitement en bain sont diverses, et peuvent impliquer des organismes aux comportements très différents. <a href="https://reeflexion.fr/choisir-un-microscope/">Un microscope</a> permet de mieux cibler l&rsquo;organisme à éliminer. Voyons les cas les plus fréquents&nbsp;:</p>
<h3>1.1. Traitement préventif d&rsquo;accueil</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Un bac de quarantaine pour coraux peut être très simple.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Il existe des parasites plus ou moins redoutés. Certains sont effectivement si redoutables qu&rsquo;ils peuvent conduire à l&rsquo;agonie d&rsquo;un aquarium et l&rsquo;abandon définitif du propriétaire. Ce risque  important devrait conduire tout aquariophile récifal à réaliser un traitement préventif à l&rsquo;accueil du corail avant sa mise en quarantaine dans un bac dédié, le temps d&rsquo;observer son comportement.</p>
<h3>1.2. Invasion de parasites</h3>
<p class="align-j">Une invasion  peut être récente, sans effet délétère encore perceptible, mais potentiellement  cause de stress dont les effets à plus long terme pourraient se traduire par la perte du spécimen.</p>
<p class="align-j"><strong>De  nombreux parasites</strong> peuvent être observés sur les coraux. On s&rsquo;intéresse ici, plutôt à ceux qui occasionnent des stress ou des maladies à leurs  hôtes&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Plathelminthes</strong> : ces <strong>vers plats</strong> tels que les turbellariés ou <strong>planaires</strong>, peuvent agresser les Acropora (ang. AEFW&nbsp; : <em>Acropora Eating Flatworms</em>) comme le planaire d&rsquo;Acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>. Ils se nourrissent du tissu corallien, provoquant des nécroses visibles sous forme de taches blanches, et peuvent sérieusement affaiblir, voire tuer les colonies infestées. Ces parasites sont difficiles à détecter en raison de leur mimétisme et de leur capacité à se dissimuler sous les branches de corail. <br />
    Certaines espèces de vers plats, <em>Pseudoceros</em> ou <em>Convolutriloba</em>, bien que non considérés comme de véritables parasites, peuvent  entraîner la dégradation des tissus  de coraux LPS affaiblis. </li>
<li> <strong>Nudibranches</strong> : ils se nourrissent du tissu externe des coraux  en le grattant. Les signes d&rsquo;infestation incluent des taches blanches ou décolorées, des zones dénudées  ou nécrosées  qui dénotent l&rsquo;affaiblissement des colonies, une baisse de vitalité du corail. On peut observer parfois des œufs sous forme de petites spirales blanches à la surface des coraux. Leur petite taille de quelques millimètres, et leur capacité à se fondre visuellement sur les tissus de leurs hôtes, rendent leur détection difficile. <br />
  On connait <em>Phestilla minor </em>parasite des Montipora (Cf. <a href="https://www.cap-recifal.com/articles.html/vivant/coraux-durs-et-invertébrés-parasitaires-r77/">Coraux durs et invertébrés parasitaires</a>),  ceux des Zoanthus et d&rsquo;autres inféodés aux coraux mous, tels que les <em>Sarcophyton</em> et <em>Sinularia</em>. </li>
<li> <strong>Gastéropodes</strong> : les escargots   du genre <em>Drupella</em>, sont souvent de petite taille, avec une coquille spiralée de  couleur  blanche à brune, avec des motifs   permettant leur camouflage. Carnivores, ils se nourrissent de tissus de coraux durs <em>Acropora</em>, <em>Montipora</em>, <em>Porites</em>, <em>Pocillopora, </em>voire <em>Fungia</em>. Ils grignottent la surface des coraux avec leur radula, provoquant  la  décoloration et la dégradation des tissus coralliens. Les coraux deviennent plus vulnérables à d&rsquo;autres stress ou infections. </li>
<li> <strong>Copépodes</strong> :  il existe une très grande diversité  de copépodes (ang. <em>bug</em> : puces) inféodés à leurs espèces de coraux hôtes, notamment des scléractiniaires (LPS, SPS). Les copépodes en question sont parasites et se développent au dépend de leur hôte, fixés sur le tégument (ectoparasites) par des crochets et/ou ventouse, ou plongés dans les cavités gastrovasculaires (endoparasites). Ils se nourrissent directement ou par l&rsquo;intermédiaire de pièces buccales qui peuvent s&rsquo;allonger en trompe suceuse ou piqueuse. Bien  moins fréquents que les nudibranches, on en trouve sur les <em> Acropora</em> (<em>red bug</em>, <em>black bug</em>, <em>white bug</em>) tels que <em>Tegastes acroporanus</em> et <em>Alteuthellopsis caorallina</em> et moins fréquemment sur <em>Stylophora</em>, <em>Pocillopora</em> et <em>Seriatopora</em>. Ils  s&rsquo;attaquent aux tissus et aux polypes des  coraux hôtes. De petite taille de  quelques dixièmes de millimètres, ils sont  invisibles à l&rsquo;œil nu. On détecte leur présence par la décoloration et la  perte de tissus  source de stress. 
  </li>
<li> <strong>Isopodes et amphipodes</strong><em> : </em>moins communément, certaines espèces  parasitent également les coraux.</li>
<li><strong>Araignée de zoanthus</strong> : ce sont des chélicères<strong>,</strong> proche des araignées, mesurant quelques millimètres, à corps plat segmenté, dotés de quatre paires de pattes. Ils vivent   près du littoral. La plupart  sont carnivores et mangent  éponges,  coraux,  anémones&#8230; aspirant les tissus avec leur trompe ou arrachant des petits morceaux avec leurs pinces chélicères.
  </li>
<li> <strong>Protozaires</strong> : ces microrganismes  sont essentiellement des prédateurs opportunistes, profitant  de l&rsquo;affaiblissement induit par une infection bactérienne. Par exemple : <em>Helicostoma nonatum</em> est associé à la maladie de la gelée brune, <em>Pseudomicrothorax</em> à des nécroses et <em>Philaster</em> sp. s&rsquo;observe dans les  nécroses rapides (RTN) des coraux durs. </li>
<li> <strong><a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Dinoflagellés</a></strong> : ils affectent les coraux par leur présence, certaines espèces libérant des toxines dans leur environnement. L&rsquo;envahissement est alors global et le bain ne sera pas la solution ultime, seulement un moyen  de traiter un corail que l&rsquo;on souhaite isoler de l&rsquo;invasion générale. </li>
<li> <strong>Champignons</strong> : des aspergiloses, actuellement non observées en aquarium, affectent régulièrement  des octocoralliaires<strong> </strong>dans les  Caraïbes, notamment les  gorgones <em>Gorgonia flabellum</em> et <em>G. ventalina</em>. </li>
<li> <strong>Polychètes</strong> : ces vers annélides (segmentés en anneaux) sont des prédateurs errants. Ils disposent d&rsquo;une trompe dévaginable pourvue de puissantes mâchoires chitineuses. Leur action prédatrice s&rsquo;exerce par taraudage, par ingestion de polypes ou encore par perforation des coraux dans lesquels ils creusent des tunnels. Les <em>Hermodice</em> spp. et <em>Eunice</em> spp. bien connu des aquariophiles s&rsquo;attaquent aux coraux scléractiniaires, aux anémones mais aussi aux octocoralliaires (coraux cuir, nephtéidés&#8230;). </li>
<li><strong>Anémones</strong> : par exemple les <em>Aiptasia</em> peuvent proliférer au point de stresser le corail.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5	,1fr);">
<div class="grille-titre ">Différents parasites des coraux</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/20.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Copépode d&rsquo;Acropora de 0,4 mm.</div>
<div class="copyright">Source : <a href="https://coraleverafter.org/?p=687">Coral Ever After</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/21.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Planaire d&rsquo;acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>, peu visible sur les tissus vivants.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://www.sgreefclub.com/home/7-ways-to-get-rid-of-unwanted-pests-in-your-tank/">Sg Reef Club</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/22.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Nudibranche de Montipora <em>Phestilla subodiosus</em>, et ses œufs  à la lisière des tissus.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://blog.captive-aquatics.com/captive_aquatics/2010/09/a-montipora-eating-nudibranch-primer.html">Captiv aquatics blog</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/23.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Araignée de <em>Zoanthus</em> &#x2248;&nbsp;3-4&nbsp;mm.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : inconnue</div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/24.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Les escargots Duprella augmentent la pression sur des coraux affaiblis.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://theconversation.com/will-the-great-barrier-reef-recover-from-its-worst-ever-bleaching-67063">theconversation</a></div>
</figure>
</div>
<h3>1.3. Maladies bactériennes</h3>
<p class="align-j">Une infection bactérienne   se traduit par des nécroses tissulaires, lentes (STN) ou rapides (RTN), de la geléee brune ou d&rsquo;autres formes de dégradations (maladie de la bande blanche, bande noire&#8230;). Ces infections sont parfois aggravées par des microorganismes. <br />
&Agrave; l&rsquo;heure actuelle, nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;information sur des infections virales.</p>
<p class="align-j">Les <strong>bactéries pathogènes</strong> sont le plus souvent le vecteur d&rsquo;aggravation d&rsquo;un affaiblissement lié à un stress. Elles  se fixent à la surface des cellules hôtes, colonisent, pénètrent les tissus, dégradent les membranes cellulaires, inhibent les cellules immunitaires, se multiplient, produisent des toxines provoquant une inflammation des tissus coralliens et se propagent&#8230; La maladie s&rsquo;est installée.</p>
<p class="align-j">Des <strong>microorganismes opportunistes</strong> tels que des protozoaires, <em>Philaster lucinda</em> dans les RTN, amplifient et accélèrent la progression de la maladie au point de devenir virulente et anéantir un massif en quelques heures. Pour cette raison, le traitement par des bactéries probiotiques peut être amélioré par une désinfection préalable des zones lésées.</p>
<h3>1.4. Invasions algales</h3>
<p class="align-j"> Les algues génèrent des stress par contact des tissus corallien. De plus, dans leur lutte chimique allélopathique pour l&rsquo;espace, elles libèrent des substances toxiques de nature à agresser le corail et dégrader ses tissus, une autre source de stress qui affecte sa résistance. Les traitements consistent à  atteindre les cellules algales, contribuant à leur mort et, par exemple, à nettoyer un support de bouture.</p>
<p class="align-j">Il peut s&rsquo;agir d&rsquo;<strong>algues de toutes sortes</strong> : des algues vertes filamenteuses, des Valonia incrustées dans la roche, des formes gazonnantes peu accessibles, des algues brunes solidement fixées aux roches&#8230; 
</p>
<h3>1.5. Supports malsains</h3>
<p class="align-j">Un support rocheux colonisé par des  organismes divers potentiellement concurrents (éponges, <em>Aiptasia</em>, concrétions&#8230;) pour rendre au corail un espace sain non stressant.</p>
<h3>1.6. Cicatrisation de lésions</h3>
<p class="align-j">Le corail a pu subir un choc, un poisson a peut-être dégradé une zone tissulaire pour y déposer ses œufs, des organismes colonisent l&rsquo;espace dégagé&#8230; Un traitement activera la cicatrisation et pourra contribuer à une reprise plus rapide.</p>
<h3>1.7. Revitalisation du corail</h3>
<p class="align-j">Préventivement, des aquariophiles pratiquent des traitements avant qu&rsquo;un spécimen montre des signes de faiblesse. Le traitement est réalisé à l&rsquo;arrivée du corail avant sa mise en quarantaine, mais aussi dans le cadre d&rsquo;un post traitement    de désinfection. On peut utiliser des bactéries probiotiques pour renforcer la lutte contre les pathogènes, ainsi que des additifs (oligoéléments, vitamines&#8230;) contribuant à renforcer la santé du corail et ses fonctions immunitaires.</p>
<h2>2. Produits de traitements</h2>
<h3>2.1. Composants basiques</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile souhaitant connaitre exactement ce qu&rsquo;il utilise privilégiera  des composants de base dont il pourra ajuster les dosages selon ses observations. Le tableau 1 cite quelques produits   pour atteindre les buts suivants&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Déparasitage</strong> : ils sont variés et incluent généralement  les plathelminthes (vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), les nudibranches de Montipora, les copépodes d&rsquo;<em>Acropora</em> rouges et noirs (<em>bugs</em>) et certains protozoaires tels que le cilié <em>Philaster</em> sp. associé aux nécroses rapides (RTN).</li>
<li><strong>Traitement de nécroses tissulaires</strong> (TN) : le traitement peut être désinfectant et agir sur les bactéries pathogènes à l&rsquo;origine de nécroses tissulaires lentes (STN),  la gelée brune sur LPS et d&rsquo;autre infections liées à des lésions physiques.</li>
<li><strong>Eradication d&rsquo;algues </strong> : le produit peut agir sur les cellules de nombreuses algues, contribuant à nettoyer le squelette dégarni ou un support de bouture.</li>
<li><strong>Vitalisant </strong>du corail : l&rsquo;action de désinfection peut  traiter curativement les tissus  ou préventivement sur les parasites, des <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">bactéries probiotiques</a> peuvent renforcer la lutte contre les pathogènes&#8230; améliorant dans tous les cas la santé et la résistance des coraux. </li>
</ul>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Composants basiques et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Composants</th>
<th>Parasites</th>
<th>Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td>Chlorure de potassium (KCl)</td>
<td>Vers (plathelminthes, planaires) voire copépodes</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Produits iodés : bétadine jaune, lugol</td>
<td>Protozoaires ? planaires</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Eau oxygénée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3&nbsp;% (10 Vol)</td>
<td>OK y compris Aiptasia</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Permanganate de potassium</td>
<td>Nudibranches</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Extraits naturels (plantes, feuilles, fruits, agrumes&#8230;)</td>
<td>Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Méthode KFC : Combinaison de traitements complexes (oxydants, antibiotiques&#8230;). </td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Bactéries probiotiques</a></td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td>Acides aminés, vitamines, oligoéléments</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h3>2.2. Formules commerciales</h3>
<p class="align-j">Le commerce propose une grande variété de formules prêtes à l&#8217;emploi. Le tableau&nbsp;2 en cite quelques-unes. Les compositions et les modes d&rsquo;actions n&rsquo;étant pas connus, consulter les recommandations de dosages et  durées avant tout traitement. Il est essentiel de suivre attentivement les indications  pour éviter tout stress excessif ou dommages aux tissus des coraux. </p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 2 : Formules commerciales et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Formule</th>
<th>Parasites</th>
<th width="15%">Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer"><strong>Polylab Reef Primer coral dip</strong></a> (sels de potassium)</td>
<td align="left">Vers (plathelminthes, planaires)</td>
<td align="center">RTN, Gelée brune</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="Fauna marin Cili DIP">Fauna marin Cili DIP</a></strong> : Sels inorganiques, agents oxydants, stabilisant.</td>
<td align="left">Ciliés.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.seachem.com/reef-dip.php">Seachem Reef Dip</a></strong> <em>(produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Tropic Marin Pro Coral Cure</strong><em> (produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://coralrx.com/">Coral Rx</a></strong> (potentiellement : extraits de plantes, huile de lavande, agents surfactants).</td>
<td align="left">Plathelmintes  (AEFW),<br />
      nudibranches, araignée de <em>Zoanthus</em>, planaires, gastéropode Heliacus de <em>Zoanthus</em>.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">Bryopsis</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>DVH – Coral Protec</strong></td>
<td align="left">
<p>Vers d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranche de <em>Montipora</em>, araignées du <em>Zoanthus</em>, vers rouge. 
      </p>
</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Two Little Fishies ReVive Coral Cleaner</strong> : extraits de plantes, Oleum abietis 0,5%, Citrus limon 0,5%</td>
<td align="left">Plathelminthes, nudibranches.</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Aquaforest Protect DIP</strong> (potentiellement : extraits de plantes, agents surfactants).</td>
<td align="left">Vers.</td>
<td align="center">TN, gelée brune</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.faunamarin.de/en/the-dip/">Fauna marin The DIP</a></strong> : ingrédients naturels</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://g1.redseafish.com/fr/treatments/dipx/">Red Sea Dipx</a></strong> : huiles essentielles</td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer">Polylab Reef Primer coral dip</a></strong></td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.reef2reef.com/threads/interceptor-treatment-and-dosage.965987/">Interceptor</a></strong> (milbémycine  oxime) : antiparasite vétérinaire.</td>
<td align="left">Vers, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Coral restore</strong> (AA&#8230;)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong _istranslated="1"><a href="https://www.brightwellaquatics.com/products/frag-recover.php">Brightwell Aquatics Frag Recover</a></strong> : plantes</td>
<td align="left">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h2>3. Mode opératoire de trempage</h2>
<h3>3.1. Précautions préalables</h3>
<p class="align-j">Les coraux peuvent être plus ou moins sensibles à certains composants. Si des composants ont largement fait leurs preuves d&rsquo;autres, notamment ceux issus de plantes, méritent de plus amples confirmations. Dans le doute, il convient de  toujours rester prudent et de procéder par étapes&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Tester sur des échantillons du corail.</li>
<li>Commencer avec des concentrations  faibles. </li>
<li>Augmenter les doses progressivement.</li>
<li>Surveiller la réaction du corail.</li>
<li>Limiter la durée du bain (en général de 3 à 10 minutes) sauf indications approuvées.</li>
</ul>
<h3>3.2. Consignes de sécurité</h3>
<ul>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Réaliser les  bains  à l&rsquo;écart de l&rsquo;aquarium ou du bac de quarantaine</span>.</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas verser  le bain dans l&rsquo;aquarium en cas de doute.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne  pas ingérer les produits.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Se  protéger des </span>projections (yeux, muqueuses&#8230;).</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Tenir et stocker à l&rsquo;écart des enfants.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas réutiliser la solution. Son principe actif a diminué et  pour ne pas polluer</span>.</li>
</ul>
<h3>3.3. Réalisation d&rsquo;un bain désinfectant ou revitalisant</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Accessoires de traitement, H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> et KCl.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<ol>
<li><strong>Pré-nettoyage</strong> :  préalablement, au-dessus ou dans un récipient rempli d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium, retirer tous les macroorganismes qui seraient indésirables  (ex. algues, vers&#8230;), de quelconque manière  (scalpel, brossette, cure-dent&#8230;).</li>
<li><strong>Prélever l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium</strong> : dans le récipient propre destinée au bain de traitement.</li>
<li><strong>Doser la solution </strong> : incorporer le produit dans le bain au  ratio adéquat ci-après, puis homogénéiser.</li>
<li><strong>Tremper le corail</strong> : totalement dans  la solution.</li>
<li><strong>Surveiller</strong> : le comportement du corail, contraction des polypes, dégagement de bulles&#8230;</li>
<li><strong>Nettoyer</strong> : les zones inaccessibles des tissus   avec une pipette, et les supports rocheux à la brossette.</li>
<li><strong>Durée du bain</strong> : selon le produit de traitement ci-après.</li>
<li><strong>Rincer</strong> le corail à l&rsquo;eau de mer propre issue de l&rsquo;aquarium, l&rsquo;agiter légèrement pour éliminer tout résidu chimique de produit<span class="align-j">.</span></li>
<li><strong>Traitement probiotique</strong> : compléter éventuellement  par un traitement avec des bactéries probiotiques.</li>
<li><strong>Replacer</strong> le corail dans le bac principal ou  le bac de quarantaine afin de poursuivre l&rsquo;observation et, si besoin, le traitement.</li>
</ol>
<h3>3.4. Réalisation d&rsquo;un bain probiotique</h3>
<p class="align-j">Le bain probiotique augmente les chances pour les bactéries d&rsquo;atteindre le corail et de se fixer dessus.  Après avoir introduit les bactéries, immerger le spécimen,   idéalement durant au moins 6 heures le<br />
temps que les bactéries s&rsquo;installent sur le corail et dans sa cavité gastrique. Le bain peut consister en une culture préalable  de bactéries multipliées selon le protocole  détaillé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes</a>.</p>
<h2 class="align-j">4. Produits de trempage en bains</h2>
<h3>4.1. Chlorure de potassium KCl</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Chlorure de potassium.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;est développé ces dernières années dans le monde récifal après des expérimentations scientifiques et des témoignages positifs. Il  combine efficacité et sureté, sans présenter de grand risque pour les coraux. Une étude (1) très récente témoigne de l&rsquo;efficacité de bains à 1,5&nbsp;% (15&nbsp;g/l) pour  éradiquer en 90 secondes, sur <em>Goniopora</em>, le cilié  (<em>Philaster lucinda</em>) responsable de   RTN. &Agrave; concentration identique, elle  révèle la même efficacité  que l&rsquo;eau oxygénée, sans l&rsquo;agressivité de cette dernière. Par ailleurs une autre étude (2) montre un champ plus large d&rsquo;actions  de KCl par rapport à NaCl face aux bactéries pathogènes observées dans la préservation d&rsquo;aliments.  &Agrave; l&rsquo;achat, on choisira un produit de pureté 99&nbsp;%. Notons que  <em>Polylab Reef Primer coral dip</em> utilise des sels de potassium.</p>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;avère plus efficace avec un spectre plus large et moins  risqué que l&rsquo;insecticide <em>Bayer Advanced Insect Killer</em> parfois préconisé outre-Atlantique contre les copépodes, mais à l&rsquo;usage controversé. Je n&rsquo;en dirai pas plus.</p>
<p>  <strong>Protocole</strong>&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Traitement de parasites</strong> :   bain de<strong> 5 mn à 4 g/l</strong> (soit 0,4% ou 4000 mg/l). Les coraux les plus sensibles (<em>Acropora</em> lisses, LPS) sont préservés. Ce dosage recommandé   est  efficace contre les plathelminthes, vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranches et planaires. Les microcrustacés tels que les <strong>copépodes parasites</strong> d&rsquo;<em>Acropora</em> (red bug, black bug et white bug), semble nécessiter une concentration plus élevée 5&nbsp;mn à 10&nbsp;g/l en renouvelant les bains tous les 3 à 5 jours durant plusieurs semaines.<br />
    Par contre il n&rsquo;affecte pas les oeufs des parasites. Pour les éradiquer, il est nécessaire de couper les branches dans une zone saine avant traitement, ou bien recommencer le traitement toutes les semaines durant 8 semaines.
  </li>
<li><strong>Traitement des TN</strong> : bain de <strong>5&nbsp;mn  à 15&nbsp;g/</strong>l. Les coraux ne sont pas affectés par ce dosage  plus important. D&rsquo;ailleurs, <em>Polylab</em> préconise  d&rsquo;utiliser le <em>Reef Primer coral dip</em> contenant des sels de  potassium,  à une concentration de 12&nbsp;g/l en bain de 5 mn.</li>
</ul>
<h3>4.2. Bétadine</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bétadine dermique 10%.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La Bétadine (flacon jaune) est une solution  de povidone iodée à 10&nbsp;% dans de l&rsquo;eau (soit  1 % d&rsquo;iode libre actif). La povidone est un polymère   qui libère progressivement l&rsquo;iode, réduisant ainsi son caractère irritant et prolongeant son action antiseptique.  Le large spectre de cet antiseptique la rend plus efficace que d&rsquo;autres formes d&rsquo;iode. Agent oxydant elle agit sur les membranes cellulaires des microorganismes, entraînant leur mort. </p>
<p class="align-j">La bétadine a largement fait ses preuves pour désinfecter le tissu du corail et stopper la propagation d&rsquo;infections bactériennes, voire des champignons, des virus, des protozoaires causes de RTN, et d&rsquo;autres microorganismes. Son action rapide  permet de  traiter dans l&rsquo;urgence des coraux fragilisés. De part sa composition, la bétadine adhère bien aux tissus du corail durant le bain, augmentant son efficacité antiseptique sur les zones infectées. Cependant elle peut être irritante pour certains coraux délicats. Il convient de l&rsquo;utiliser avec parcimonie notamment sur les coraux aux tissus peu épais (coraux durs SPS). Le commerce propose des compositions iodées&nbsp;telles que <em>Seachem Reef Dip</em>, <em>Tropic Marin Pro Coral Cure</em> prêtes à l&#8217;emploi.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La bétadine 10&nbsp;% s&rsquo;utilise en dosage <strong>5 à 10 ml/l</strong> d&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium (0,5 à 1 %), en bain de <strong>5 à 10 minutes</strong>. Dans un cadre curatif, on préconise de suivre ce traitement par un bain de probiotiques pour maximiser les chances de guérison et  le rétablissement rapide.</p>
<h3>4.3. Lugol</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une solution  d&rsquo;iode et d&rsquo;iodure de potassium dans l&rsquo;eau. De concentration plus élevée que la bétadine,  et sous forme libre,  son action est plus rapide et puissante que celle de la bétadine. Mais plus irritant, il peut endommager les tissus si utilisé à des concentrations élevées ou de manière prolongée. Le Lugol est  utilisé pour ses propriétés antiseptiques contre les bactéries, les algues indésirables et potentiellement, certains les protozoaires. Les effets à long terme des traitements ne sont pas bien connus. Une étude (7) a cependant déterminé que le lugol n&rsquo;a pas d&rsquo;effet néfaste sur la croissance corallienne.
</p>
<p class="align-j">Il existe des solutions commerciales prêtes à l&rsquo;emploi, mais aux concentrations    variées. Il faut s&rsquo;en tenir aux recommandations du fabricant pour son produit.</p>
<h4 class="align-j">Préparation du lugol</h4>
<p class="align-j">Dans le cadre d&rsquo;une prophylaxie, on utilise généralement une concentration à 5 %. C&rsquo;est à dire 100 millilitre d&rsquo;eau osmosée, 10 grammes d&rsquo;iodure de potassium KI et 5 grammes de diiode I2 en cristaux.
</p>
<h4>Étapes de la préparation</h4>
<ol>
<li>Verser environ 30 ml d&rsquo;eau distillée dans la bouteille en verre ou plastique (PP, PET&#8230;) opaque, pour préserver sa stabilité.</li>
<li>Introduire 10&nbsp;gramme d&rsquo;iodure de potassium et agiter pour dissoudre. L&rsquo;iodure de potassium aidera l&rsquo;iode à se dissoudre dans l&rsquo;eau.</li>
<li>Ajoutez  5 g de <span class="align-j">diiode I2 en cristaux</span> dans la solution.     </li>
<li>Compléter avec   le reste de l&rsquo;eau distillée jusqu&rsquo;à atteindre  100 ml et mélanger doucement jusqu&rsquo;à dissolution complète.  </li>
<li>    Stocker  la solution dans un endroit sombre et frais.</li>
</ol>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong> <strong>5 à 10 gouttes de Lugol par litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain de <strong>5 à 15 minutes</strong>. Surveiller l&rsquo;action sur le corail. S&rsquo;il s&rsquo;éclaircit, stopper immédiatement. Réaliser un seul bain pour une prophylaxie avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un nouveau corail.   En cas d&rsquo;infection, selon la gravité renouveler le bain une à deux fois par semaine. <span class="align-j">Les coraux mous et certaines espèces de SPS comme les <em>Acropora</em> sont particulièrement sensibles. ⚠️ ne pas dépasser la durée recommandée et éviter les bains fréquents. </span></p>
<h3>4.4. Eau oxygénée </h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Traitement H2O2, phase d&rsquo;oxydation des MO.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;eau oxygénée est depuis longtemps utilisée pour aseptiser et désintégrer la matière organique. Tout est question de concentration. A très faible dosage elle permet de désinfecter  les tissus d&rsquo;un corail. A plus forte concentration elle agit sur des microorganismes, voire des parasites plus grands. On peut ainsi  traiter un support  avec son corail pour éliminer les algues, et avec elles la microfaune en place. Inutile de rappeler que l&rsquo;usage du peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> peut être agressif (pour l&rsquo;homme et les organismes), et se réalise en suivant scrupuleusement les consignes d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/peroxyde-hydrogene-aquariophilie-recifale/">Peroxyde d&#39;hydrogène en aquariophilie récifale</a> permet de mieux comprendre et d&rsquo;appréhender ce produit si décrié. Il précise les protocoles notamment les durées et les  dosages  avec <strong>H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10 vol (3%)</strong> dilué avec l&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium selon l&rsquo;usage souhaité. Appliquer strictement les préconisations selon le cas d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j"><strong>Protocole de base</strong>&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Coraux peu résistants </strong> (Acropora&#8230;) ≈ <strong>10 ml/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
<li><strong>Coraux moyennement résistants </strong>et<strong> leurs supports</strong> (algues&#8230;) &nbsp;≈ <strong>100 ml&nbsp;/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">4.5. Extraits naturels de végétaux </h3>
<p>Certains extraits naturels de plantes, de feuilles, de fruits, d&rsquo;agrumes&#8230; sont  utilisés lors de traitements en bain ou dans l&rsquo;aquarium, principalement pour leurs propriétés antimicrobiennes, antifongiques et antiparasitaires. Peu utilisés en aquariophilie récifale, <span class="align-j">les méthodes sont encore confidentielles, avec des effets généralement  moins radicaux que des traitements antibiotiques ou chimiques agressifs. Cependant, elles offrent une alternative pour traiter les coraux de manière douce et naturelle</span>. D&rsquo;ailleurs certaines marques aquariophiles en commercialisent   déjà.</p>
<p>Certains  composants  de ces extraits naturels s&rsquo;avèrent très actifs. Compte tenu du manque de recul, la prudence s&rsquo;impose et il convient particulièrement ici de respecter les précautions préalables et les consignes de sécurité évoquées ci-dessus. Parmi ces extraits végétaux on peut trouver :</p>
<ul>
<li> <strong>Hamamélis</strong> (<em>Hamamelis virginiana</em>) : c&rsquo;est une plante connue pour ses propriétés astringentes, antibactériennes, anti-inflammatoires et antioxydantes, grâce à des composés actifs comme les tanins, les flavonoïdes et l&rsquo;acide gallique. En aquariophilie récifale, l&rsquo;hamamélis est employé pour des traitements de bain doux destinés aux coraux. Son  utilisation spécifique pour traiter les parasites ou les infections coralliennes est  peu documentée. <br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>l&rsquo;hamamélis s&rsquo;utilise aux US  en bain de <strong>30 mn </strong>dans<strong> 10 ml/l</strong>; Ce dosage est établi spécifiquement avec  le produit <em>TN Dickinsons</em>, <em>Wich Hazel Astringent </em>étiquette bleue, un distillat d&rsquo;hamamélis pur à 14&nbsp;% d&rsquo;alcool. Tout autre produit impose de confirmer ces préconisations.</li>
<li><strong>Extrait de pépins de pamplemousse</strong> (<em>Citrus paradisi</em>) : Antibactérien, antifongique, antiviral et antioxydant. Il contient des composés bioactifs comme la naringine et la limonine, efficaces contre certains types de bactéries et de champignons. Il est plutôt utilisé comme désinfectant en traitement d&rsquo;accueil des boutures.<br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>ajouter<strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> issue de l&rsquo;eau du bac pour un bain  d&rsquo;environ <strong>5 à 10 minutes</strong>.</li>
<li> <strong> Extrait de thym</strong> (<em>Thymus vulgaris</em>) : Le thym contient des composés antimicrobiens puissants, notamment le thymol et le carvacrol, efficaces contre les pathogènes et certains parasites. <strong><br />
    Protocole</strong> : Une faible concentration est conseillée soit <strong>1 à 2 gouttes par litre</strong> d&rsquo;eau de mer durant quelques minutes.
  </li>
<li> <strong>Huile essentielle d&rsquo;arbre à thé</strong> (<em>Melaleuca alternifolia</em>) : l&rsquo;huile de tea tree, réputée pour ses propriétés antiseptiques et antifongiques, permet de  lutter contre les infections bactériennes et fongiques. <strong><br />
Protocole</strong> : En très faible dose <strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain  de<strong> 5 minutes</strong>. </li>
<li><strong>Extraits végétaux divers</strong> : l&rsquo;aquariophilie récifale a très tôt été attentive aux traitements à base de produits naturels et s&rsquo;appuie sur les pratiques avancées en aquacultuire. C&rsquo;est le cas de  l&rsquo;huile essentielle d&rsquo;arbre à thé. Dautres composés sont testés de manière plus ou moins confidentielle sur les coraux. Citons l&rsquo;algue brune (<em>Ascophyllum nodosum</em>) riche en composés bioactifs  immunostimulants, l&rsquo;eugenol extrait principalement du clou de girofle (<em>Syzygium aromaticum</em>) pour ses propriétés antiseptiques, analgésiques et anti-inflammatoires, des composés de l&rsquo;<em>Aloe vera</em>  pour leurs propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes et l&rsquo;extrait de neem, un arbre originaire d&rsquo;Inde  <em>Azadirachta indica</em>, pour contrôler les infections bactériennes et fongiques et immunostimulant. Certains de ces produits  ne peuvent être utilisés de manière inconsidérée. Très actifs, il sont dosés à la goutte près. Nombre d&rsquo;autres extraits ont également été testés (extrait de pépin de raisin, jus d&rsquo;ail&#8230;) moins efficaces ou sans effet.</li>
</ul>
<h3>4.6 Bactéries probiotiques</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Une formule commerciale à large spectre de bactéries.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;utilisation des bactéries probiotiques, bénéfiques en de nombreux aspects pour le corail, est en général réalisé en soutien d&rsquo;un premier traitement  destiné à éradiquer ou réduire des parasites opportunistes et désinfecter les plaies. Les bactéries viennent ensuite dans le cadre de la reconstruction des tissus, les défenses immunitaires, et l&rsquo;occupation du terrain occupé par les pathogènes.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole</strong>&nbsp;: Ce sujet est largement abordé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes.</a> On y trouvera tous les détails relatifs aux produits utilisés tels que <em>Microbe lift Special Blend ; Prodibio Biodigest ; Tropic Marin Nitribiotic</em>&#8230; le protocole et les dosages</p>
<h3>4.7. Acides aminés, vitamines et oligoéléments</h3>
<p class="align-j">De la même manière que les bactéries, ces éléments  servent au métabolisme du corail, notamment à la reconstruction tissulaire. Il est intéressant de tremper les coraux dans un bain concentré de manière à assurer la disponibilité des éléments au corail lui-même. Il s&rsquo;agit de produit commerciaux tels que: <em>Red Sea Coral Colors</em>, <em>Brightwell Aquatics Coral Amino et Replenish</em>, <em>Tropic Marin A- Elements et K+ Elements</em><em></em>.</p>
<h3>4.8. Permanganate de potassium KMnO<sub>4</sub></h3>
<p class="align-j"> Le permanganate de  potassium a été  testé contre les nudibranches de <em>Montipora</em> par Eric Borneman (4).</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>Eric Borneman relate l&rsquo;éradication en un seul traitement, des adultes  et des œufs  en  bain de <strong>2&nbsp;h </strong>maximum (voire moins) dans<strong> 50 mg/l</strong>. Le corail brunit mais retrouve  sa couleur  d&rsquo;origine quelques heures plus tard. </p>
<h3 class="align-j">4.9. Méthode KFC </h3>
<p class="align-j">Ce traitement décrit par <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">Kung Fu Corals</a> (5), utilisé pour traiter des <em>Euphyllia</em> s&rsquo;avère relativement lourd. Il exploite les conclusions d&rsquo;études utilisant des antibiotiques pour traiter des cas de nécroses tissulaires sur des SPS en le complétant par d&rsquo;autres actions. Il est d&rsquo;autant plus complexe que les antibiotiques cités ne sont délivrés en France que sur ordonnance médicale.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La méthode  se déploie en plusieurs étapes : désinfection du corail dans un bain de peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3% (10V). KFC préconise 5-10&nbsp;mn à 8-10&nbsp;ml/l (0,8 à 1&nbsp;%), suivi d&rsquo;un second bain de 2 à 6 heures contenant des antibiotiques (amoxicilline, ciprofloxacine), désinfectant (lugol) et un antioxydant (Chemiclean), en terminant par une seconde désinfection similaire à la première. Ne sachant pas retranscrire clairement ce protocole, par ailleurs susceptible d&rsquo;évoluer, je  laisse le soin de consulter le site.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Bons traitements, beaux coraux !</p>
<h2 class="align-j">En savoir plus</h2>
<ol>
<ol>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/356434630_Effects_of_Ciliate_Infection_on_the_Activities_of_Two_Antioxidant_Enzymes_SOD_and_CAT_in_Captive_Coral_Goniopora_columna_and_Evaluation_of_Drug_Therapy">Effects of Ciliate Infection on the Activities of Two Antioxidant Enzymes (SOD and CAT) in Captive Coral (Goniopora columna) and Evaluation of Drug Therapy</a></li>
<li><a href="https://dergipark.org.tr/en/download/article-file/497537">Growth and Cell Morphology of Listeria monocytogenes as Affected by Various Concentrations of NaCl and KCl </a></li>
<li><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3465780/">Ciliate and bacterial communities associated with White Syndrome and Brown Band Disease in reef-building corals</a> </li>
<li><a href="https://reefkeeping.com/issues/2007-09/eb/">Two  Potential Molluscicides Useful Against Pest Aeolid Nudibranchs Common on  Species of Montipora in Aquariums</a> &#8211; Eric Borneman &#8211; Reefkeeping.com</li>
<li> <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">The KFC Dip &#8211; A game changer in keeping healthy Euphyllia</a> </li>
<li><a href="https://www.vin.com/apputil/project/defaultadv1.aspx?pid=11375&#038;catid=&#038;id=5768620&#038;meta=&#038;authorid=">Effects of Disease Treatments on Captive Coral Health</a></li>
<li><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2023.1281691/full">Common aquarium antiseptics do not cause long-term shifts in coral microbiota but may impact coral growth rates</a></li>
</ol>
</ol>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Traitement probiotique de nécroses coralliennes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2024 12:20:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
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		<category><![CDATA[necrose]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une cause très fréquente de la perte de coraux en aquarium résulte de nécroses tissulaires. Ce phénomène est d&#8217;autant plus étudié depuis que la maladie de la perte de tissu corallien (SCTLD) s&#8217;est propagée dans les récifs coralliens de la Floride et des grandes Caraïbes. Une approche récente pour contrecarrer son développement consiste à exploiter [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Une cause très fréquente de la perte de coraux en aquarium résulte de nécroses tissulaires. Ce phénomène est d&rsquo;autant plus étudié depuis que la maladie de la perte de tissu corallien  (SCTLD) s&rsquo;est propagée  dans les récifs coralliens de  la Floride et  des grandes Caraïbes. Une approche récente pour contrecarrer son développement consiste à exploiter la faculté de certaines bactéries probiotiques à secréter naturellement des substance antibactériennes. Cet article propose de faire le point sur  la situation de la recherche et  d&rsquo;aborder de quelle manière l&rsquo;aquariophile   tire profit de ces avancées  dans sa maintenance récifale, avec des traitements probiotiques en bains ou en aquarium communautaire.</p>
<h2 class="align-j">1. Etat de la recherche sur les nécroses tissulaires (TN)</h2>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig. 1 : Test de probiotiques en milieu naturel.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://floridadep.gov/sites/default/files/DEP Final Report 2021 Paul_FINAL_508.pdf">Valerie J. Paul</a></div>
</figure>
<p class="align-j">On a longtemps évoqué des maladies tissulaires (TN) sous plusieurs terminologies (maladie de la bande blanche, peste blanche, maladie de la bande noire, brune ou jaune&#8230;). Leurs manifestations diffèrent quelque peu selon les zones d&rsquo;apparition, la vitesse de progression, les couleurs du squelette ou des tissus, les agents infectieux (bactéries ou cyanobactéries). Il est maintenant admis que les nécroses tissulaires lentes (STN, Small Tissue Necrosis), qui se développent en quelques semaines, sont toujours le fait d&rsquo;infections bactériennes et, avec les analyses génétiques, bien régulièrement le fait des mêmes pathogènes. Depuis les évènements de nécroses tissulaires dans les Caraïbes en 2014, on évoque de manière plus globale la <strong>maladie de la perte de tissu corallien</strong> (SCTLD Stony coral tissue loss disease), affectant plus d&rsquo;une vingtaine  d&rsquo;espèces de coraux  et causant la perte de grandes étendues coralliennes. A l&rsquo;instar de ce que l&rsquo;on nomme la STN en aquarium, la   progression est relativement lente, mais dévastatrice. Les causes  originelles sont multiples et toujours des  stress affaiblissant le corail. Par exemple, de nombreuses épidémies  sont associées à des températures élevées. Ces infections ouvrent encore plus la porte à des organismes opportunistes coupable des nécroses tissulaires rapides (RTN, Rapid Tissue Necrosis). De nombreuses études on porté leurs efforts sur des traitements à base d&rsquo;antibiotiques (amoxicilline). Les résultats sont cependant mitigés, non durables et controversés, dans l&rsquo;ignorance des effets collatéraux et la certitude qu&rsquo;un antibiotique améliore toujours la résistance aux antibiotiques.</p>
<p class="align-j">Une autre voie, appliquée dans d&rsquo;autres domaines (médecine, aquaculture), a été étudiée pour traiter la SCTLD. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;utilisation de bactéries probiotiques associées aux coraux, en mesure d&rsquo;améliorer leur résistance aux maladies. On parle d&rsquo;antagonisme bactérien (2). Une interaction dans laquelle une bactérie inhibe ou empêche la croissance d&rsquo;une autre  de différentes manières&nbsp;: par l&rsquo;occupation physique de l&rsquo;espace, la <strong>production d&rsquo;antibiotiques</strong> et/ou la compétition avec des bactéries non résidentes pour les nutriments. </p>
<p class="align-j">Une souche de la bactérie <em _mstmutation="1" _istranslated="1">Pseudoalteromonas</em> sp. (1) s&rsquo;avère posséder une activité antibactérienne à large spectre, efficace contre les bactéries pathogènes associées à la maladie. <em _mstmutation="1" _istranslated="1">Vibrio coralliilyticus</em> et <em _istranslated="1">V. shiloi</em> sont des pathogènes régulièrement observés dans les mucus lors les différentes épisodes de maladies. Velle-ci produit au moins deux antibactériens potentiels, la korormicine et le tétrabromopyrrole. Lors d&rsquo;essais de laboratoire en aquariums, la souche a en effet stoppé ou ralenti la progression de la maladie sur une majorité de fragments de <em _mstmutation="1" _istranslated="1">Montastraea cavernosa</em> malades, et empêché la transmission de la maladie dans tous les cas. La souche  constitue donc un traitement prophylactique directement efficace contre la SCTLD. C&rsquo;est une alternative intéressante à l&rsquo;utilisation d&rsquo;antibiotiques.</p>
<h2>2. En aquariophilie récifale</h2>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/7.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/7.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig. 2 : Nécrose rapide en aquarium.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Pour mieux se familiariser avec le monde bactérien, je  vous invite à lire l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a>. Des  études ont mis en avant l&rsquo;efficacité d&rsquo;antibiotiques contre les STN&nbsp;: l&rsquo;ampicilline contre plusieurs souches de<em> Vibrio</em> sp. et la ciprofloxacine contre le pathogène <em>Arcobacter</em> sp., spécifique aux aquariums récifaux. Des utilisations en aquarium semblent traduites par des résultats encourageant, sans dommage collatéraux, ni apparente déstabilisation du système. Pour autant, les effets d&rsquo;antibiotiques sur la population bactérienne de l&rsquo;aquarium sont, par leur principe, inéluctables et imprévisibles sur le long terme. Ces traitements ne sont pas sans risques,  considérant la difficulté à retraiter les effluents dans  le réseau d&rsquo;assainissement.</p>
<p class="align-j">Ces études ont mis en évidence la cause probable des STN : des bactéries pathogènes (Vibrio&nbsp;<em>vulnificus,  V. coralliilyticus</em>, V.&nbsp;<em>shiloi</em>, <em>V. harveyi</em>&#8230;), et des RTN : des parasites opportunistes, notamment le protozoaire cilié <em>Philaster lucinda</em>, prédateur des tissus coralliens. En toute logique, selon leurs modes d&rsquo;action respectifs, le traitement des premiers ne devrait pas laisser les seconds s&rsquo;exprimer.</p>
<p class="align-j">La voie exploitant des <strong>bactéries bénéfiques</strong>, <strong>probiotiques</strong>, dans l&rsquo;environnement immédiat des coraux malades  pour traiter les nécroses   est une approche novatrice et prometteuse. </p>
<h3>2.1. <strong>Souches de bactéries probiotiques</strong></h3>
<p>On recherche ici plutôt des espèces en mesure de libérer des substances antibiotiques. Les bactéries attachées à une surface, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de détritus ou de surfaces biotiques, sont plus susceptibles que les bactéries libres de produire des antibiotiques. Par exemple 35 % sur 400 souches de bactéries de surface isolées d&rsquo;algues et d&rsquo;invertébrés dans les eaux écossaises présentent une activité antimicrobienne. De nombreuses souches produisent des anti-microbes, peu cependant  agissent sur les pathogènes spécifiques aux coraux.</p>
<p>Le genre <em>Pseudoalteromonas</em>, s&rsquo;avère produire des substances antibactériennes inhibant plusieurs bactéries (2), et s&rsquo;est révélé efficace contre les nécroses coralliennes lors de tests en laboratoire. On n&rsquo;en connait pas l&rsquo;espèce. Il existe cependant d&rsquo;autres probiotiques  connus pour produire  des substances antimicrobiennes en d&rsquo;autres circonstances, sans toujours savoir sur quelles bactéries pathogènes elles agissent. Par exemple  les  bactéries marines<em> Alteromonas </em> spp., <em>Halomonas</em> spp., <em>Ruegeria </em>spp., <em>Rhodopseudomonas palustris</em>, voire <em>Bacillus</em> utilisés  en  aquaculture, ou <em>Pseudomonas</em>&#8230; Leur  efficacité dépend des pathogènes en cause, et que l&rsquo;on n&rsquo;identifie pas toujours en aquarium.</p>
<p>Parmi les kits commerciaux disponibles pour l&rsquo;amateur, très rares sont ceux qui nomment les souches présente. Espérons que les fabiquants proposeront bientôt des formules probiotiques en mesure de répondre au problème récurrent  des  STN/RTN en aquarium récifal. Selon les analyses  initiées par des particuliers et communiquées sur le forum <a href="https://humble.fish/community/forums/biological-filtration.97/">Bottle bacteria result </a> du site <a href="https://humble.fish/community/">Humble.Fish</a>, Il semble que certaines marques contiennent un ou plusieurs genres de bactéries citées ci-dessus : </p>
<ul>
<li>Arka Microbe-Lift Special Blend (<em>Rhodopseudomonas palustris</em>).</li>
<li> Hydrospace PNS ProBio (<em>Rhodopseudomonas palustris</em>).</li>
<li>Prodibio Biodigest (<em>Pseudomonas</em>, <em>Bacillus</em>).</li>
<li>Tropic Marin Nitribiotic (<em>Bacillus subtilis</em>), précisé dans la fiche technique.</li>
<li>Brightwell MB7 (<em>Bacillus, Ruegeria</em>). </li>
<li>Tim&rsquo;s Eco-Balance (<em>Bacillus</em>).</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);">
<div class="grille-titre ">Bactéries probiotiques commerciales.</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/3.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/4.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/5.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/6.jpg"> </figure>
</div>
<h3>2.2. <strong>Traitements probiotique</strong>s</h3>
<h4>2.2.1. Principes des traitements</h4>
<p>Il s&rsquo;agit ici d<span class="align-j">&lsquo;implanter   des bactéries bénéfiques au sein du corail,  visant à restaurer l&rsquo;équilibre naturel de son microbiome  pour une meilleure immunité et sa santé, ainsi que dans son environnement imm</span>édiat. On souhaite alors favoriser l&rsquo;action des bénéfiques dans leur antagonisme avec les pathogènes sur plusieurs plans : supplanter ces derniers en occupant leurs niches écologiques, les inhiber avec des composés antimicrobiens naturels et, ce faisant, stimuler la régénération des tissus coralliens. Contrairement aux traitements par antibiotiques, les probiotiques n&rsquo;encouragent pas le développement de résistance bactérienne.</p>
<h4>2.2.2. Durée de traitement</h4>
<p>L&rsquo;implantation des bactéries   dans l&rsquo;environnement ou au sein du corail nécessite un certain délai qui dépend du type de bactérie probiotique, de l&rsquo;étendue de l&rsquo;infection et des conditions du traitement. Les durées évoquées sont variables, elles peuvent être de l&rsquo;ordre de 2 à 6 heures en bains et de 24 ou 48 heures dans des conditions moins ciblées pour obtenir un impact significatif. Il est probablement possible d&rsquo;augmenter les chances de fixation et de limiter le délai en bain en procédant à partir de cultures bactériennes préalablement cultivées en plus grande quantité. Ce sujet est développé dans <span class="align-j"> <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a>. </span></p>
<h4>2.2.3. Fréquences du traitement</h4>
<p class="align-j">Il faut surveiller attentivement la réponse du corail dès le traitement. Les nécroses peuvent être rapides et dans le meilleur des cas on pourra observer son ralentissement, voire son arrêt dans les 24 heures. D&rsquo;une manière générale, on ne peut statuer sur la réussite du traitement qu&rsquo;après plusieurs semaines, selon que des nécroses reprennet, ou pas. Des réintroductions périodiques de bactéries sont parfois pratiquées, indispensables ou pas, pour permettre aux bactéries de coloniser durablement le corail malade​</p>
<h4>2.2.4. Protocoles de traitements</h4>
<p class="align-j">Il faut bien prendre conscience que le traitement probiotique des TN n&rsquo;est pas une pratique répandue dans le monde de l&rsquo;aquariophilie récifale. Il est d&rsquo;ailleurs toujours en phase de développement dans le domaine de la recherche. Quelques pratiquants se forgent actuellement une expérience sans beaucoup communiquer. Cet article est publié, avec son lot d&rsquo;incertitudes, pour promouvoir cette approche naturelle en espérant qu&rsquo;elle s&rsquo;avère  efficace. Les retours d&rsquo;utilisateurs sont évidemment les bienvenus pour évoluer vers des protocoles fiables.</p>
<p class="align-j">Deux options s&rsquo;offrent à l&rsquo;aquariophile&nbsp;:  celui de traiter l&rsquo;aquarium dans son intégralité et le traitement en bains externes.</p>
<h3>2.3. Traitement en bain  externes</h3>
<p>On a pu constater que les nécroses sont le plus souvent limitées à un seul spécimen. Il s&rsquo;agit malheureusement d&rsquo;une situation temporaire. En effet, la population pathogène semble se limiter à un massif corallien, tant qu&rsquo;elle y trouve son compte. Une fois  le corail desquamé, elle peut migrer sur la colonie voisine et ainsi, de proche en proche, décimer  tous les coraux de l&rsquo;aquarium.<br />
  Dans cette situation, il est peut être encore temps de traiter seul le corail infecté.  Le pathogène est certainement toujours dans le milieu, mais à un niveau trop faible pour affaiblir les autres colonies. Un bain externe de la colonie permet de maximiser les chances de fixer plus rapidement les bactéries probiotiques sur le spécimen concerné. Le bain consiste à immerger le pied de corail affecté dans une solution contenant des souches bactériennes bénéfiques. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la solution utilisée dans le cadre de recherches comparatives sur des associations  probiotiques / pathogènes / coraux. </p>
<p>Ce  bain annexe peut se réaliser  à titre curatif, et également préventif dans un bac de quarantaine dédié à cet usage, avant toute introduction dans l&rsquo;aquaium.</p>
<p>Le trempage antiparasitaire est il indipensable&#8230; je livre le protocole tel qu&rsquo;il m&rsquo;a été décrit.</p>
<p><strong>Protocole en bain externe</strong></p>
<ol>
<li>Trempage   (DIP) désinfectant, voire antiparasitaire : tremper le corail dans l&rsquo;une des solutions suivantes réalisée avec de l&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium. Les 3 premières sont les plus courantes&nbsp;:
<ul>
<li> <a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer">Polylab Reef Primer coral dip</a> (sels de potassium) : 5&nbsp;mn dans  12&nbsp;g/l (préconisation fabricant).</li>
<li>Chlorure de potassium (KCl) : environ 5&nbsp;à 10 mn dans  4 g/l (préconisation utilisateurs).</li>
<li>Hamamélis :   30 mn dans  10 ml/l, ce dosage est établi pour le produit <em>TN Dickinsons</em>, <em>Wich Hazel Astringent </em>étiquette bleue.</li>
<li>Permanganate de potassium (KMnO<sub>4</sub>) : 30 à 90&nbsp;mn dans   50 mg/l.</li>
<li>Eau oxygénée 10&nbsp;Vol :  désinfectant des tissus 5&nbsp;mn dans 10&nbsp;ml/l (1%) pour les acropora. Consulter les dosages selon les différents objectifs de désinfection ou déparasitage pour plusieurs espèces de coraux  <a href="https://reeflexion.fr/peroxyde-hydrogene-aquariophilie-recifale/">Peroxyde d&#39;hydrogène en aquariophilie récifale</a></li>
</ul>
</li>
<li>Agiter et rincer à l&rsquo;eau de mer. </li>
<li>Traitement bactérien en bain :
<ul>
<li>Préparer un récipient avec l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium.</li>
<li>Introduire la dose de bactéries, remuer.</li>
<li>Oxygéner au moyen d&rsquo;un  bulleur durant au moins 2 heures le temps que la population se développe un peu.</li>
<li>Immerger le pied durant au moins 6 heures le temps que les bactéries se fixent sur le corail.</li>
</ul>
</li>
<li>Replacer le corail ainsi que le liquide du bain dans l&rsquo;aquarium.</li>
</ol>
<h3>2.4. Traitements en bac communautaire</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/8.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/necrose_coraux/8.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig. 3 : Nécrose limitée à un spécimen.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Il est fort probable que des bactéries pathogènes présentes sur un massif infecté le soient également  dans son environnement et dans l&rsquo;eau. Certes les coraux sains devraient être en mesure de lutter avant que l&rsquo;infection s&rsquo;installe. Dans le doute, on peut choisir de traiter  le bac dans son intégralité, partant des principes que s&rsquo;agissant de bactéries probiotiques il n&rsquo;y a pas grand risque et,  ce qui vaut pour un corail, vaut pour l&rsquo;ensemble.</p>
<p><strong>Protocole de traitement dans l&rsquo;aquarium</strong><br />
Je fais part ici d&rsquo;un protocole pratiqué aux US et commenté lors de communications personnelles. Il évoluera en fonction des expériences acquises.</p>
<p>L&rsquo;idée est de réaliser une lutte globale sur un champ étendu  : d&rsquo;une part en traitant les supports et autres surfaces environnantes, et d&rsquo;autre part en apportant simultanément au corail les probiotiques en mesure de l&rsquo;aider dans sa lutte. </p>
<p>J&rsquo;évoque l&rsquo;utilisation atypique d&rsquo;eau de javel. Elle éliminerait plus particulièrement les bactéries à Gram négatif qui constituent la plupart des pathogènes coralliens. Le dosage proposé a été maintes fois utilisé sans aucun dommage au point qu&rsquo;il est poursuivi sur une semaine. Bien qu&rsquo;en apparence innofensif sur le fonctionnement de l&rsquo;aquarium et ce après plus d&rsquo;un an, on peut comprendre quelques réticences à le mettre en oeuvre.</p>
<p>L&rsquo;hamamémlis (angl. <em>witch hazel</em>) est également proposée. L&rsquo;utilisation de cette solution d&rsquo;extraits de feuilles et d&rsquo;écorces de l&rsquo;arbustre, dans de l&rsquo;éthanol, est détaillée sur <a href="https://www.reefmoonshiners.com/witchhazel-reeftank-treatment">Reef Moonshiners</a>. Ses effets  sur la STN sont parfois positifs, parfois sans avis tangible.</p>
<p>Est- il possible d&rsquo;appliquer la méthode sans  désinfection par l&rsquo;eau de javel ou l&rsquo;hamamélis ? Nous le saurons plus tard. Je la livre donc telle qu&rsquo;elle m&rsquo;a été décrite.</p>
<ul>
<li>J1 à J7 Désinfecter l&rsquo;aquarium durant 7 jours par l&rsquo;un des moyens suivants :
<ul>
<li> Eau de javel, hypochlorite de sodium (NaClO) à 7,5&nbsp;% : dans l&rsquo;aquarium, en microdosage, toutes les 12 heures, l&rsquo;eau de javel à raison de 0,83 ml pour 100 litres.</li>
<li>Hamamélis : introduire 5 ml/l d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium, le soir, dans la cuve technique.  Ce dosage vaut  avec le produit Wich Hazel Astringent étiquette bleue de TN Dickinsons.</li>
</ul>
</li>
<li>J1 à J7 Introduire les bactéries : dans la même période, chaque jour ajouter une dose de bactéries en intercalant environ 6 heures après un microdosage d&rsquo;eau de javel.</li>
<li>J8 à J14 Post traitement bactérien : la période précédente de 7 jours étant terminée, ajouter des bactéries dans les 7 jours qui suivent.</li>
</ul>
<h2>3. Mon expérience</h2>
<p class="align-j">Je n&rsquo;ai encore rien à relater. Dans un premier temps je teste, avec Biodigest et Microbe-Lift Special Blend, un traitement en bain d&rsquo;une souche de <em>Pocillopora</em>  présentant quelques traces de nécroses STN qui reviennent épisodiquement.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Merci pour vos retour après d&rsquo;éventuelles utilisations.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li>1 :     <a href="https://www.nature.com/articles/s42003-023-04590-y">Chemical and genomic characterization of a potential probiotic treatment for stony coral tissue loss disease</a>    </li>
<li>2 : <a href="https://enviromicro-journals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.1462-2920.2009.02027.x">Antagonistic interactions among coral-associated bacteria</a></li>
<li><a href="https://www.earthisland.org/journal/index.php/articles/entry/promising-probiotic-treatment-for-stony-coral-tissue-loss-disease/">Can probiotics save corals from a devastating tissue loss disease?</a></li>
<li><a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s00338-006-0170-1">Phage therapy of coral disease</a></li>
<li>
   <a href="https://floridadep.gov/rcp/coral/documents/development-alternative-situ-treatments-stony-coral-tissue-loss-disease">Development of alternative in situ treatments for stony coral tissue loss disease</a>
  </li>
<li>
  <a href="https://scitechdaily.com/scientists-discover-new-probiotic-that-could-protect-corals-from-a-mysterious-and-devastating-disease/">Scientists Discover New Probiotic That Could Protect Corals From a Mysterious and Devastating Disease</a></li>
<li>
    <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.abg3088">Coral microbiome manipulation elicits metabolic and genetic restructuring to mitigate heat stress and evade mortality</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</li>
</ul>
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		<title>Balai UV-C germicide DIY</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Aug 2024 23:17:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bricolage]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[balai]]></category>
		<category><![CDATA[dinoflagelles]]></category>
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		<category><![CDATA[UV-C]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;aquariophilie utilise les lampes à ultraviolets pour détruire les germes (bactéries, virus, vers, parasites&#8230;) pathogènes. Il s&#8217;agit habituellement de traiter l&#8217;eau de l&#8217;aquarium pour éradiquer les organismes pélagiques, en suspension dans la colonne d&#8217;eau. Le balai DIY exposé ici permet de traiter les organismes benthiques qui occupent les substrats : les roches du décor ou [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/balai-uv-c-germicide/">Balai UV-C germicide DIY</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">L&rsquo;aquariophilie utilise les lampes à ultraviolets pour  détruire les germes (bactéries, virus, vers, parasites&#8230;) pathogènes. Il s&rsquo;agit habituellement de traiter l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium pour éradiquer les organismes pélagiques, en suspension dans la colonne d&rsquo;eau. Le balai DIY exposé ici permet de traiter les organismes benthiques qui occupent les substrats : les roches du décor ou le sable du fond. Cet article en détaille la réalisation. </p>
<h2>1. Les rayons ultraviolets (UV)</h2>
<p class="align-j">Les avantages du traitement par rayonnement UV sont connus. Pour mémoire, le soleil émet 5&nbsp;% de son rayonnement sous forme d&rsquo;ondes  UV (les ultraviolets) plus courtes que la lumière violette du spectre  visible. Les rayons UV  de 390 à 100 nm, se déclinent en UV-A (400-315 nm), UV-B (315-280 nm) et UV-C (280-100 nm). La couche d&rsquo;ozone laisse passer essentiellement des UV-A et une petite proportion d&rsquo;UV-B. S&rsquo;ils sont nécessaires en petite quantité pour l&rsquo;homme, ils sont dommageables en exposition prolongée, et l&rsquo;humain doit s&rsquo;en protéger avec des lunettes, des crèmes protectrices&#8230; Plus la longueur d&rsquo;onde du rayonnement UV est courte, plus elle a d&rsquo;énergie, et plus elle est dangereuse pour les organismes, c&rsquo;est dire que les UV-C sont très dangereux. Leur usage impose de s&rsquo;en préserver par tout moyen.</p>
<h2>2. Résistance des microorganismes marins</h2>
<p class="align-j">Les UV-C agissent sur les acides nucléiques (ADN/ARN) de la plupart des cellules (bactéries, virus, protozoaires…). Ils endommagent le matériel génétique des microorganismes les empêchant de se reproduire et/ou d&rsquo;assurer une partie de leur fonction métabolique. On parle d&rsquo;inactivation du microorganisme. L&rsquo;UV-C  détruit les microorganismes avec  un pic d&rsquo;efficacité vers 257&nbsp;nm, longueur d&rsquo;onde des lampes destinées à la stérilisation. </p>
<p class="align-j">Bien que naturellement non exposés aux UV-C et donc sans défense naturelle, les microorganismes marins résistent plus ou moins selon leurs mécanismes de réparation de l&rsquo;ADN, de la production de pigments protecteurs, de leurs structures protectrices et de leur production d&rsquo;antioxydants. </p>
<p class="align-j">Les virus, les bactéries pathogènes communes et certains champignons sont   plus vulnérables. Les microorganismes tels que les dinoflagellés, ostracode, nématodes ont une résistance à peine meilleure.  Les mécanismes de protection (exosquelettes, pigments protecteurs) et de réparation de la méiofaune benthique (amphipodes, copépodes&#8230;), bien que plus performants, n&rsquo;assurent apparemment pas une résistance  suffisante pour les protéger complètement contre une exposition à peine plus intense. </p>
<h4 class="align-j">2.1. Dose d&rsquo;inactivation</h4>
<p class="align-j"> Les dinoflagellés peuvent éprouver des difficultés à se reproduire lorsqu&rsquo;ils sont exposés à une dose de rayons UV suffisamment élevée pour causer des dommages et inhiber la reproduction, mais pas au point de provoquer leur mort immédiate. Cette dose non létale est dite d&rsquo;inactivation. Cela peut se manifester par une réduction du taux de division cellulaire, des anomalies dans le processus de mitose, ou des mutations qui inhibent leur capacité à produire des descendants viables.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;effet exact dépend de plusieurs facteurs, tels que l&rsquo;espèce  du dinoflagellé, la durée d&rsquo;exposition, l&rsquo;intensité des UV, et la capacité des cellules à à réparer les dommages causés par les UV-C. Cependant ce dosage peut ne pas être totalement efficace pour plusieurs raisons :</p>
<ul>
<li><strong>Effet limité</strong> : L&rsquo;irradiation UV à une dose non létale peut inhiber la reproduction de certains dinoflagellés, mais elle ne les tue pas directement. Cela signifie que les dinoflagellés irradiés peuvent survivre et, dans certains cas, récupérer avec le temps, ce qui limiterait l&rsquo;efficacité de la méthode pour réduire leur population de manière significative.</li>
<li><strong>Réparation de l&rsquo;ADN</strong> : Certaines espèces de dinoflagellés ont des mécanismes de réparation de l&rsquo;ADN assez robustes, ce qui pourrait leur permettre de se remettre des dommages causés par l&rsquo;exposition aux UV et de recommencer à se reproduire.</li>
<li><strong>Hétérogénéité de l&rsquo;exposition</strong> : Il est difficile de garantir que tous les dinoflagellés reçoivent une dose uniforme de rayons UV. Certains peuvent être exposés à des doses insuffisantes pour affecter leur reproduction, tandis que d&rsquo;autres peuvent être surexposés, ce qui complique la gestion de leur population.</li>
</ul>
<p class="align-j">Je n&rsquo;ai pas trouvé d&rsquo;étude spécifique sur la dose d&rsquo;inactivation des dinoflagellés. Elle pourrait être de l&rsquo;odre  de 10&nbsp;J/m² maximum.</p>
<h3 class="align-j">Dose létale</h3>
<p class="align-j">La  quantité d&rsquo;énergie UV-C nécessaire  pour tuer, dépend du type de  microorganisme. Il existe peu de données exploitables en aquariophilie marine. On pourra retenir les approximations les doses suivantes&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Champignons, bactéries : 10 à 200&nbsp;J/m<sup>2</sup>. La règlementation française impose  205 J/m<sup>2</sup> pour la potabilisation de l&rsquo;eau. </li>
<li> Virus&nbsp;: environ 50 &nbsp;J/m<sup>2</sup>.</li>
<li>Protozoaires : 50 à 200 J/m².</li>
<li>Vers parasites, nématodes : 200 à 1000 J/m<sup>2</sup></li>
<li>Algues vertes, brunes : de 50 à 3000&nbsp;J/m<sup>2</sup></li>
</ul>
<h3><strong>2.3.Effets secondaires</strong></h3>
<p class="align-j">L&rsquo;exposition aux UV pourrait  affecter d&rsquo;autres organismes présents dans l&rsquo;environnement, en perturbant les écosystèmes aquatiques et en causant des dommages à des espèces non ciblées, y compris des micro-organismes bénéfiques.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;usage montre que ces effets  sont tolérables. Selon la méthode décrite, le déséquilibre bactérien n&rsquo;affecte pas la dénitrification ni la résistance des coraux. La microfaune et méiofaune ne semble pas atteinte au point d&rsquo;affecter son impact sur le fonctionnement de l&rsquo;aquarium.
</p>
<h2>3. Objectifs et principes du &quot;balai UV&quot;</h2>
<p class="align-j">L&rsquo;objectif initial est de traiter sous rayonnement UV-C, les <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">dinoflagellés</a> qui se regroupent au fond de l&rsquo;aquarium, notamment sur le sable, au plus fort de l&rsquo;éclairement dans la journée, tels que les genres Amphidinium, Prorocentrum et en partie Ostreopsis. </p>
<p class="align-j">Le principe, initialement proposé et commenté par Moe Kayed dans le groupe Facebook <em><a href="https://www.facebook.com/groups/macksreef">Mack&rsquo;s reef&#8230;Dinoflagellates support group!</a></em> est d&rsquo;exposer les organismes benthique à une lampe UV-C que l&rsquo;on balaye sur le fond de l&rsquo;aquarium, par étapes durant lesquelles on l&rsquo;immobilise quelques secondes, et de répéter ce scénario sur toute la surface et plusieurs jours.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;irradiation UV-C n&rsquo;atteint pas les organismes enfouis. Ainsi, ce traitement n&rsquo;assure  pas d&rsquo;éradiquer définitivement les cellules, mais s&rsquo;il les réduit progressivement, ce n&rsquo;est pas négligeable. Il a l&rsquo;avantage de ne pas introduire de produits chimiques parfois contestables. Son usage superficiel et local ne devrait pas non-plus déstabiliser notablement la méiofaune benthique. La faune bactérienne non atteinte occupera vite de nouveau le terrain perdu.</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/26.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Accessoires 3DReefing et Lampe UV-C 11W compatible</figcaption></figure>
<h2 class="align-j">4. Offre commerciale et DIY</h2>
<p class="align-j">Cet type d&rsquo;équipement est proposé aux US par la société&nbsp; <a href="https://3dreefing.com/collections/frontpage/products/sand-bed-uv-sweeper?fbclid=IwY2xjawEozbxleHRuA2FlbQIxMAABHReBXtEPckUazZ99Ro7gFibumFaBR9fwECtJcdFFA90YOyPgiFVhWmGpvA_aem_wQjUPKoVcTqVUMER2KYq1w">3DReefing</a>. Celle-ci peut maintenant livrer en Europe, pour un tarif très modique, en commandant sur sa <a href="https://3dreefing.com/products/uv-sweeper-housing-and-extensions">page de commandes destinées à l&rsquo;international</a>,  les accessoires : le boitier et l&rsquo;extension. Pour obtenir le balai complet, il suffit de commander en VPC, pour une quinzaine d&rsquo;euros, une lampe UV-C 11&nbsp;ou 13 W, longueur 23&nbsp;cm avec prise EU 230V (ci-contre) adaptable au boitier.</p>
<p class="align-j">Le concepteur Moe Kayed propose une video du mode d&#8217;emploi ainsi que  les fichiers pour impression 3D  <a href="https://www.printables.com/fr/model/984034-sand-bed-uv-sweeper-by-3dreefing"></a> <a href="https://www.printables.com/fr/model/984034-sand-bed-uv-sweeper-by-3dreefing">Sand Bed UV Sweeper by 3DReefing</a>   sous licence <em>Creative Commons</em> (non commerciale).</p>
<h2>5. Réalisation DIY</h2>
<p class="align-j">Aucun équipement n&rsquo;étant disponible au moment de mes tests sur le marché européen, j&rsquo;ai bricolé le mien.</p>
<h3>5.1. Choix de réalisation</h3>
<p class="align-j">Pour un volume de 1000&nbsp;litres j&rsquo;ai souhaité traiter la plus grande surface possible. L&rsquo;encombrement doit cependant permettre d&rsquo;accéder entre les éléments du décor. L&rsquo;appareil doit être maniable, léger et permettre de s&rsquo;approcher au plus près du décor, voire sous les roches. </p>
<p class="align-j">Je soumets ici une version de mon prototype réalisé en partie avec de la tuyauterie PVC et quelques pièces en impression 3D. Le balai UV-C est constitué d&rsquo;un carter d&rsquo;encombrement de longueur 247&nbsp;&nbsp;mm, largeur  70&nbsp;mm et 37&nbsp;mm de hauteur, et d&rsquo;un manche, en deux parties emboitées de 400 mm, pouvant s&rsquo;orienter selon le besoin.</p>
<h3>5.2. Composants</h3>
<figure class="figfloat" >
  <video style="width:100%; height:auto;" poster="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/balaiuv.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/balaiuv.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/balaiuv.mp4"></video><figcaption class="figlegende">CAO du Balai UV<em></em></figcaption></figure>
<p class="align-j">Reconnaissant envers Moe Kayed,  concepteur du système,  pour sa communication, et respectueux de ses efforts de développement et  de commercialisation, je me limiterai ici à la description de ma réalisation, sans fichier d&rsquo;impression 3D.</p>
<p class="align-j"> Le PETG est préférable pour sa meilleure tenue aux UV (carter, embouts) et indispensable pour les éléments mécaniques sollicités (vis, écrou, serre-câble).</p>
<div style="clear:both;"></div>
<table class="tableau"  align="center" >
<caption class="tableau-titre">
  Composants du Balai UV<br />
  </caption>
<tr>
<th width="70%">Composant</th>
<th>Couleur</th>
</tr>
<tr>
<td><strong>Lampe UV-C :</strong>  &nbsp; pour traiter l&rsquo;aquarium de 1000 litres, j&rsquo;ai opté pour un modèle 13 W, 230 V, longueur 240&nbsp;mm, étanche IP68. C&rsquo;est un compromis entre surface traitée et encombrement pour passer entre le décor. Une lampe de 11, 9 ou 7&nbsp;W pourra convenir pour un aquarium plus petit. L&rsquo;efficacité sera la même, la surface traitée à chaque application seulement plus restreinte.  Le câble 1,80 m, un peu court pour 63&nbsp;cm de hauteur d&rsquo;eau, avec prise EU est doté d&rsquo;un interrupteur marche / arrêt. La durée de vie d&rsquo;une lampe, de 3500 à 10000 heures n&rsquo;est évidemment pas un point critique.</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/18.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Carter</strong> : réalisé à partir d&rsquo;un tube  évacuation PVC 40 mm ép. 2 mm. Il est scié sur la longueur, ramolli au pistolet à air chaud, puis  conformé en V pour s&rsquo;insérer dans  les deux flasques latéraux ci-dessous. J&rsquo;ai préféré utiliser un tube PVC,  facilement disponible et économique plutôt qu&rsquo;une longue impression 3D.</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/15.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p><strong>Deux embouts</strong> : </p>
<ul>
<li>un (fichier Embout.STL) pour fermer un bout du carter.</li>
<li>un fichier  Embout-fil.STL avec une bride percée pour fixer la canne de maintien. </li>
</ul>
<p>Le carter est pincé et collé à la colle cyanoacrylate dans les rainures. Ils assurent le maintien de la lampe UV en position.</p>
<p>        Impression 3D : PETG, qualité 0,3 mm ; face pleine sur plateau ; sans support.
    </p>
</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/11.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p><strong>Carter alternatif</strong> :  option remplaçant le carter et les embouts ci-dessus.</p>
<p>Impression 3D : PETG, qualité 0,3 mm ; ouverture sur plateau ; sans support ; 9&nbsp;h à 80&nbsp;mm/s </p>
</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/23.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Manchon  </strong> : pour insérer le manche de maintien.</p>
<p>    Impression 3D : PETG ; qualité 0,3 mm ; ouverture sur plateau ; sans support.</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/14.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Vis  M8 </strong>de serrage : maintien le manche en position inclinée.<br />
    Impression 3D : PETG ; qualité 0,3 mm ; tête de vis sur plateau ; sans support.</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/16.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Ecrou M8</strong> moleté.<br />
    Impression 3D : PETG ; qualité 0,3 mm ; molette sur plateau ; sans support.</td>
<td>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/10.jpg"></figure>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p><strong>2 Manches de maintien</strong> </p>
<ul>
<li>un premier tube PVC électricité IRL diamètre 16&#215;14 mm longueur 350 mm est emmanché et coulisse dans le second tube.</li>
<li>un second tube PVC rond diamètre 18 x 16 mm longueur 400 mm (magasin de bricolage) lui-même bloqué (collé) dans le manchon.</li>
</ul>
</td>
<td><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/13.jpg"></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>3 fixe-câbles</strong> :  pour le maintien du câble électrique<br />
    Impression 3D : PETG ; qualité 0,3 mm ; sans support.</td>
<td><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/12.jpg"></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Joint plat élastomère</strong> : diamètre 24 x 8&nbsp;mm ép. 1&nbsp;mm. Placé entre la bride et le manchon il améliore le coefficient de frottement et  maintien plus facilement le manche en position inclinée par un  serrage  modéré des vis et écrou en  plastique. Un élastomère SBR ou mieux EPDM convient au contact d&rsquo;eau de mer. On pourra également découper le joint dans une chambre à air en élastomère butyl qui convient tout autant.</td>
<td><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/19.jpg"></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Connecteur étanche IP68</strong> : Afin d&rsquo;augmenter la longueur du fil en amont de l&rsquo;interrupteur en présence d&rsquo;aquariums de grande hauteur. La référence LD12 ci-contre, pour câble électrique diamètre 3 à 6,5&nbsp;mm, s&rsquo;avère étanche à l&rsquo;usage. </td>
<td><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/25.jpg"></td>
</tr>
</table>
<h2>6. Mode d&#8217;emploi</h2>
<h3>6.1. Sécurité</h3>
<p class="align-j"><span style="color: red;">Les UV-C présentent des risques particulièrement importants</span> pour tout individu du monde vivant : humains, animaux et algues, même en utilisation occasionnelle. Il convient de respecter impérativement quelques règles.</p>
<ul>
<li><strong><span style="color: red;">Ne jamais exposer les yeux</span></strong>. Ils sont particulièrement sensibles aux rayons UV. Une exposition de quelques secondes peut provoquer des affections temporaires : conjonctivite et photokératite douloureuse  Pour ce, utiliser, non pas des lunettes de soleil, même classe 4 ni UV400 qui ne filtrent pas suffisamment, mais des lunettes spécifiquement prévues contre les UV-C.</li>
<li><strong>Opérer en l&rsquo;absence de toute autre personne</strong> ou animal de compagnie. </li>
<li><strong>Eviter les expositions à la lumière  directe</strong> voire celle réfléchie. La peau est sensible une exposition légère peut provoquer un érythème, des rougeurs de type coup de soleil, et affecter le système immunitaire après des expositions répétées. Utiliser des vêtements couvrants (manches&#8230;).</li>
<li><strong><span style="color: red;">Eteindre la lampe avant  déplacement</span></strong>.</li>
<li><strong>Appliquer la lampe   totalement</strong> sur le fond avant son allumage<strong>.</strong></li>
<li><strong>Ménager  les poissons</strong> ainsi que toute la faune et la végétation non concernées par le traitement.</li>
</ul>
<h3>6.2. Durée d&rsquo;exposition du balai sur chaque surface à traiter</h3>
<p class="align-j">Le mode de traitement UV-C peut prendre deux options :</p>
<ul>
<li><strong>Désactiver la reproduction des dinoflagellés</strong> : la durée d&rsquo;exposition  est courte, la durée du traitement plus longue, présente un moindre risque de tuer la méiofaune.</li>
<li><strong>Tuer les dinoflagellés</strong>&nbsp;: la durée d&rsquo;exposition plus longue dans un traitement plus court permet d&rsquo;assurer plus rapidement une forte mortalité au risque de tuer une partie de la méiofaune.</li>
</ul>
<h4>6.2.1 Durée de désactivation des dinoflagellés</h4>
<p><span class="align-j">Selon les retours d&rsquo;aquariophiles, une exposition de l&rsquo;ordre de 10 à 20 secondes avec des lampes bon marché, permettrait d&rsquo;atteindre l&rsquo;objectif de désactivation/stérilisation des cellules. Les dinofflagellés atteints n&rsquo;étant pas en mesure de se reproduire dans les jours qui suivent, leur poulation diminue au fil du temps. Un balayage régulier, très lent de la lampe au dessus du sable semble suffire pour éradiquer l&rsquo;invasion en moins d&rsquo;un mois.</span></p>
<h4>6.2.2 Durée d&rsquo;exposition létale </h4>
<h5>6.2.2.1. Durée létale théorique</h5>
<p class="align-j">Les microorganismes marins ne peuvent mourir qu&rsquo;après une exposition à une dose létale d&rsquo;irradiation UV-C. Cette dernière dépend   de la radiation inhérente au matériel et de la durée que l&rsquo;on doit adapter en conséquence. Passons  en revue les divers paramètres en jeu avec la lampe UV 13&nbsp;W décrite ci-dessus comme exemple.</p>
<ul>
<li><strong>Puissance lumineuse</strong> (W) émise par la lampe. Elle dépend de deux facteurs :
<ul>
<li><strong>Rendement lumineux de la lampe</strong>. Environ 30&nbsp;% de la puissance électrique est transformée en lumière. Ainsi une lampe de 13&nbsp;W électrique délivre 13 x 0,30 = 3,9 W de lumière.</li>
<li><strong>Proportion de lumière</strong>  utilisée : le tube illumine sur 360° mais n&rsquo;éclaire directement que suivant un angle  de 110° permis par le carter, soit 30 % de l&rsquo;éclairement total. </li>
</ul>
<p>  Ainsi, du tube UV-C de 13&nbsp;W nous exploitons une puissance lumineuse de 13 W x 0,30 x 0.30 = 3,9 x 0,30 = 1,17 W.</li>
<li><strong>Irradiation atténuée</strong> (I) : elle dépend de la puissance lumineuse répartie sur la surface éclairée, atténuée par  la transparence de l&rsquo;eau.
<ul>
<li><strong>Surface éclairée</strong> :<br />
      La lumière directe issue du tube UV-C, sur une longueur de 15&nbsp;cm, couvre une largeur de 5&nbsp;cm soit une surface  de 15 x 5 cm soit 0,0075 m<sup>2</sup> . </li>
<li><strong>Irradiation initiale</strong> : (I<sub>0</sub>) est  1,17&nbsp;W / 0,0075 m<sup>2</sup> = 156 W/m<sup>2</sup>.</li>
<li><strong>Atténuation</strong><br />
        L&rsquo;irradiation (I<sub>x</sub>) atténuée  du faisceau initial (I<sub>0</sub>) à la distance (x) peut  s&rsquo;évaluer par la loi de Beer-Lambert (I<sub>x</sub>) &nbsp;=&nbsp;I<sub>0</sub>.e<sup>-kx</sup> .        <br />
        Le coefficient d&rsquo;atténuation (k)   pour une eau relativement cristalline est de l&rsquo;ordre de 0,2 cm⁻¹  (20 m⁻¹).        <br />
        La distance (x) de la source de lumière à l&rsquo;organisme avec cet équipement est en moyenne 1,7 cm (0,017&nbsp;m). </p>
</li>
</ul>
<p>    Dans notre cas, <strong>l&rsquo;irradiation atténuée</strong> est donc (I<sub>1,7&nbsp;cm</sub>) = 156 x e<sup>-0.2&#215;1,7 </sup> = 156 x 0,71 = 111  W/m<sup>2</sup>.
  </li>
<li> <strong>Dose létale</strong> (D) : Elle est le produit de l&rsquo;irradiation par la durée d&rsquo;exposition. L&rsquo;effet létal peut donc être obtenu par une irradiation faible et longue ou plus forte et courte. Concernant les dinoflagellés dont la biomasse est nettement supérieure à une bactérie,  la liste citée auparavant permet de viser  une dose létale cible  1000&nbsp;J/m<sup>2.</sup> </li>
<li><strong>Temps d&rsquo;exposition létal</strong> (t)  : la durée d&rsquo;exposition minimale pour atteindre la dose d&rsquo;irradiation létale   dépend de la dose létale divisée par l&rsquo;irradiation. Le temps d&rsquo;exposition en secondes est t&nbsp;(s) = D​ (J/m<sup>2</sup>) /     I(x)  W/m<sup>2</sup>.<br />
    Soit dans notre cas pour des dinoflagellés t = 1000&nbsp;J/m<sup>2 </sup>/ 111&nbsp;W/m<sup>2</sup> = 9&nbsp;s.<br />
  Des temporisations de dix secondes devraient théoriquement suffire. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une approximation.</li>
</ul>
<h5 class="align-j">6.2.2.2. Vérification pratique de la durée d&rsquo;exposition létale</h5>
<p class="align-j">Les premières observations au microscope ont déterminé qu&rsquo;une exposition de 10 à 20 secondes n&rsquo;affecte en rien les <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">dinoflagellés</a> à court terme. Les caractéristiques de la lampe seraient-elles erronées, ou bien les dinoflagellés plus résistants ? </p>
<p class="align-j">La durée létale a donc été déterminée expérimentalement au microscope après plusieurs durées d&rsquo;exposition. Le prélèvement liquide déposé sur la lamelle du microscope a été irradié hors eau, en trois endroits du tube : au milieu (A), en position intermédaire (B) et en bordure du tube UV-C (C). Le taux de mortalité a été évalué approximativement sur plusieurs tests reproduits.</p>
<p class="align-j">La figure  montre qu&rsquo;une <strong>durée d&rsquo;exposition de 2 minutes</strong> est finalement nécessaire pour garantir un taux de mortalité de 90 % mini en tous points du tube. J&rsquo;ai pu noter qu&rsquo;à cette exposition, des organismes plus gros tels que des nématodes et ostracodes sont restés en vie.</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure : Taux de mortalité selon la durée d&rsquo;exposition et le placement sous le tube UV-C</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/20.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/20.png"></a><br />
</figure>
<p class="align-j">Après exposition de 2 minutes au point B, l&rsquo;observation au microscope dévoile que les cellules sont devenues inertes à plus de 95%.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);  width: 95%; max-width:600px; ">
<div class="grille-titre ">Observation  de l&rsquo;efficacité de l&rsquo;irradiation UV-C</div>
<figure class="figcolonne" >
<video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid0mn.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid-0mn.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid-0mn.mp4"></video><figcaption class="figlegende">Avant traitement, les cellules sont très actives.<em></em></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
<video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid2mn.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid-2mn.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/vid-2mn.mp4"></video><figcaption class="figlegende">Après exposition de 2 mn  les cellules sont presque toutes inactives.<em></em></figcaption></figure>
</div>
<h3>6.3. Fréquence du traitement</h3>
<p><span class="align-j">Contrairement à un traitement biocide tel que le chlore, l&rsquo;UV n&rsquo;a pas d&rsquo;effet de rémanence. C&rsquo;est à dire que si le matériel génétique du microorganisme est peu endommagé, il aura la capacité de le réparer et  alors se multiplier à nouveau. D&rsquo;où l&rsquo;intérêt de respecter une durée d&rsquo;exposition suffisante (selon le choix de désactiver ou de tuer les dinoflagellés) plutôt que plusieurs trop courtes qui resteront sans effet.</span><span class="align-j"><br />
  Par ailleurs les microorganismes non directement éclairés, protégés par des grains de sable, ne sont pas exterminés.</span> Tous les organismes visés ne seront donc pas atteints. Il faut  renouveler le traitement plusieurs fois selon le niveau d&rsquo;infestation. 
</p>
<h2>7. Test  sur les dinoflagellés</h2>
<p class="align-j">Le dinoflagellé du genre Prorocentrum a la particularité de se regrouper sur le fond du bac (sur le sable, mais pas dans le sable). Les regroupements  forment alors des taches sombres  très visibles. <em>Prorocentrum</em> sp. est un bon candidat pour ce type de traitement. Les observations au microscope dévoilent également sur le sol une forte quantité  de cellules  d&rsquo;<em>Ostréopsis</em> sp. </p>
<h3>7.1. Le matériel</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/21.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Le balai accède au plus près du décor.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le modèle 13&nbsp;W s&rsquo;avère nécessaire pour traiter la surface d&rsquo;une cuve de 1000 litres. Une lampe à deux tubes pourrait être  envisagée. Les manœuvres  autour du décor aéré ne sont pas toujours faciles, mais possibles. La forme du carter en V permet  de bien s&rsquo;en approcher.  La longueur du fil est un peu courte pour un aquarium  de 63&nbsp;cm de hauteur d&rsquo;eau. J&rsquo;ai ajouté une rallonge avec connexion IP68. La canne de maintien emmanchée et l&rsquo;articulation s&rsquo;avèrent pratique. Le carter couvre bien le sol sableux de telle sorte qu&rsquo;il n&rsquo;en sort aucun rayon. Associé à l&rsquo;interrupteur, le risque d&rsquo;exposition aux radiations UV-C s&rsquo;avère finalement très faible. Cela ne doit pas altérer notre vigilance.</p>
<h3>7.2. Utilisation</h3>
<p class="align-j">S&rsquo;assurer que l&rsquo;installation électrique est aux normes et dispose notamment de sécurité indispensable pour protéger l&rsquo;humain (interrupteur différentiel).</p>
<ol>
<li>Opérer au plus fort du développement des dinoflagellés, c&rsquo;est à dire en milieu  d&rsquo;aprés midi, avant que la lumière décline. </li>
<li>Avant de procéder à la désinfection du sol, évacuer les dinoflagellés des supports,  avec une pompe. Procéder de manière inverse contribuerait à recoloniser le sol trop rapidement. </li>
<li>Appliquer la lampe sur les taches et l&rsquo;allumer :
<ul>
<li>durant 20 secondes pour les désactiver (non testé)</li>
<li>durant  2 minutes minimum pour tuer un maximum de dinoflagellés</li>
</ul>
<p>    puis l&rsquo;éteindre. Dans la pratique, j&rsquo;ai fréquemment réglé le minuteur à 5 minutes. Les taches de dinoflagellés ternissent après traitement. Dans mon cas la couleur vire de marron rougeâtre à brun mat.  </li>
<li>Progresser ainsi : </li>
<ul>
<li>balayer lentement pour désactiver les dinoflagellés.</li>
<li>par étapes pour les tuer.</li>
</ul>
<li>Renouveler le traitement plusieurs  jours et dès l&rsquo;apparition d&rsquo;ilots. Les dinoflagellés reviennent mais beaucoup plus lentement et bien moins nombreux. </li>
<li>Verifier l&rsquo;éfficacité du traitement au microscope.&nbsp;Il faut compter environ 1 mois pour une quasi éradication d&rsquo;un aquarium bien envahi.</li>
</ol>
<h3>7.3. Efficacité</h3>
<ul>
<li>Un traitement journalier durant une semaine a permis de <strong>réduire très notablement les tâches de dinoflagellés</strong>. Les jours qui suivent révèlent quelques réaparitions vite maitrisées. Les traitements deviennent plus brefs et bien moins fréquents.</li>
<li>Contre toute attente, après 10 jours je constate également une <strong>nette régression des Ostreopsis sur les roches</strong>. Les filaments longs et bulleux ont quasi disparu. Les séances de tempête avec la pompe sur le décor soulèvent bien moins de résidus. Le décor devient plus clair ou recouvert par des algues vertes enfin visibles. Ce phénomène a également été relaté par des utilisateurs aux US.</li>
<li>Je n&rsquo;ai pas constaté d&rsquo;évolution des NO3 et PO4. <strong>L&rsquo;activité bactérienne n&rsquo;a pas dû évoluer notablement</strong>. </li>
<li><strong>Le redox a augmenté progressivement</strong> depuis le début du traitement passant en 10 jours de 250&nbsp;mV à 380&nbsp;mV. Signe d&rsquo;une réduction des déchets, semble-t-il en liaison avec la réduction des cellules en décomposition de dinoflagellés.</li>
<li>Après 10 jours, je constate une nette <strong>reprise des coraux en meilleure santé</strong> : les LPS se gonflent mieux, les tissus de ceux maltraités lors des traitements antérieurs se reconstruisent, ils retrouvent leurs couleurs. Les polypes des SPS s&rsquo;ouvrent plus facilement, je constate  un front de croissance et des polypes terminaux naissants.</li>
<li>De même que <strong>les chirurgiens</strong> Acanthurus leucosternon, Zebrazoma desjardini et Z. scopas <strong>se remettent à brouter</strong> les algues du décor.</li>
<li>&#8230;</li>
<li>Après une absence de 10 jours, j&rsquo;ai pu constater à mon retour une forte recrudescence des dinoflageléls sur le sable et le décor. Ce, malgré l&rsquo;ajout régulier  de bactéries. </li>
<li>La reprise du traitement UV-C a vite permis de retrouver une situation gérable. En complément, la culture de bactéries selon l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/cultiver-bacteries-aquarium-recifal/">Cultiver des bactéries pour aquarium récifal</a>, introduites massivement s&rsquo;est soldée par la quasi éradication  des dinoflagellés sur le sable et les décors, comme jamais depuis 1 an.</li>
</ul>
<p>D&rsquo;après mes lectures, les retours d&rsquo;utilisateurs du balai UV aux US, dans des conditions similaires, semblent plus optimistes, avec une éradication en seulement 3 semaines. Je ne sais quoi en penser. Même si la bataille n&rsquo;est jamais acquise, le seul fait de passer régulièrement le balai UV, associé aux bactéries, a redonné à mon aquarium un aspect que je n&rsquo;avais pas connu depuis logntemps et l&rsquo;espoir de pouvoir enfin revivre  les plaisirs de l&rsquo;aquariophilie récifale.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr); ">
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/22.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Dinoflagellés Prorocentrum et Ostreopsis à éliminer.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/24.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/balai-uv/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Après 7 jours les taches ont été bien réduites.</figcaption></figure>
</div>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li><a href="http://www.aqualog-international.com/aquaculture-et-fermes-aquacoles/resistance-de-differents-micro-organismes-aux-uvc--254-nm--a-90.html">Résistance de différents micro-organismes aux UV-C (254 NM)</a></li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/balai-uv-c-germicide/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/balai-uv-c-germicide/">Balai UV-C germicide DIY</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dinoflagellés, traitement de l&#8217;aquarium à l&#8217;eau oxygénée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2024 15:10:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[dino]]></category>
		<category><![CDATA[dinoflagelles]]></category>
		<category><![CDATA[eau oxygénée]]></category>
		<category><![CDATA[eradiquer]]></category>
		<category><![CDATA[peroxyde hydrogene]]></category>
		<category><![CDATA[traitement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les dinoflagellés se sont parfois si bien installés que leur éradication devient un calvaire qui peut durer des mois et provoquer la perte de nombreux habitants de l&#8217;aquarium. Cet article propose une méthode inhabituelle, basée sur l&#8217;eau oxygénée (ou peroxyde d&#8217;hydrogène), efficace pour réduire en quelques jours la population de toute espèce de dinoflagellé. Il [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Les dinoflagellés se sont parfois si bien installés que leur éradication devient un calvaire qui peut durer des mois et provoquer la perte de nombreux habitants de l&rsquo;aquarium. Cet article propose une méthode inhabituelle, basée sur l&rsquo;eau oxygénée (ou peroxyde d&rsquo;hydrogène),  efficace pour réduire en quelques jours la population de toute espèce de dinoflagellé. Il s&rsquo;adresse à ceux qui ont tout tenté sans véritable succès.</p>
<p class="align-j">On a beaucoup dit ou écrit sur les dinoflagellés. Les espèces susceptibles d&rsquo;envahir un aquarium récifal sont diverses et leur éradication a pu parfois être menée sans trop de difficulté, rapidement et  avec de seuls <strong>moyens biologiques, que nous engageons chacun à privilégier</strong>.</p>
<p class="align-j">Pour autant, ces organismes, si petits soient-ils, et plus fréquemment qu&rsquo;on le pense,  envahissent parfois l&rsquo;aquarium au point que les méthodes classiques s&rsquo;avèrent inefficaces sur le long terme. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Eliminer les dinoflagellés en aquarium récifal</a> permet de mieux appréhender ces organismes et définit les différents moyens habituellement mis en œuvre. L&rsquo;eau oxygénée en est un. J&rsquo;ai voulu l&rsquo;expérimenter dans ses retranchements.</p>
<h2>1. Risques liés à l&rsquo;utilisation de <span class="align-j">H<sub>2</sub>O<sub>2</sub></span> en aquarium communautaire</h2>
<p>Est il besoin d&rsquo;alerter sur le fait que l&rsquo;usage du peroxyde d&rsquo;hydrogene H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> n&rsquo;est pas  d&rsquo;usage courant en aquariophilie, et qu&rsquo;il <strong>présente des risques pour l&rsquo;aquarium</strong>, ses habitants et l&rsquo;aquariophile lui-même. Je vous conseille de lire l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/peroxyde-hydrogene-aquariophilie-recifale/">Peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> en aquariophilie récifale</a> avant d&rsquo;aller plus loin.</p>
<p class="align-j">Non H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> ne tue pas tout&nbsp;! Le corail étant un peu plus résistant à l&rsquo;eau oxygénée que les dinoflagellés, il existe une petite marge exploitable pour leur lutte. L&rsquo;eau oxygénée est un moyen d&rsquo;action ulttime, quand tout ce qui est possible est resté sans succès, lorsque les options biologiques sont sans effet, que l&rsquo;on a beaucoup perdu et que l&rsquo;on atteind  un niveau de désespoir  proche de l&rsquo;abandon.</p>
<p>Le risque majeur est de perdre les organismes les plus sensibles qui focalisent notre maintenance : les invertébrés et notamment les coraux. </p>
<h5>Les coraux réagissent aux stress environnants. </h5>
<ul>
<li>Ils sont en mesure de <strong>produire une activité antioxydante</strong> et de l&rsquo;augmenter en présence de stress oxydatifs.</li>
<li><em>A contrario</em> ils peuvent également <strong>produire H<sub>2</sub>O<sub>2</sub></strong> en réaction à des agressions diverses (parasites,  algues allélopathiques&#8230;). </li>
</ul>
<p class="align-j">On retiendra que la présence de peroxyde d&rsquo;hydrogène n&rsquo;est pas étrangère au corail. Ce produit chimique fait partie de son arsenal biochimique naturel. Il sait le gérer en partie et présente un certain niveau de résistance. Cet aspect permet d&rsquo;ailleurs aux aquariophiles de traiter leurs boutures contre les parasites et algues, en bain concentrés et brefs. </p>
<p class="align-j">La résistance du corail reste toutefois limitée. Au-delà d&rsquo;un certain seuil de stress oxydatif lié à la concentration et la durée d&rsquo;exposition,  on peut constater un blanchissement des coraux, leur affaiblissement, un déséquilibre microbiologique et des dommages aux tissus entraînant   des nécroses les tissus coralliens se dégradent de manière parfois  irréversible pouvant conduire à sa mort.</p>
<h5>D&rsquo;autres organismes sont affectés</h5>
<p class="align-j">Même si les tests préliminaires permettent d&rsquo;envisager une plage de concentration acceptable pour de nombreux organismes, il est probable que des bactéries (non détectables au microscope) sont affectées. Les cycles de l&rsquo;azote, du phosphore sont alors déstabilisés. Le microbiome hébergé par le corail est potentiellement affecté.</p>
<h2>2. Observations préalables</h2>
<figure class="figfloat" >
 <video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/vid1.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/vid1.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/vid1.mp4"></video><figcaption class="figlegende">Observations, comptages&#8230; ici dinoflagellés <em>Ostreopsis sp.</em>, <em>Prorocentrum sp.</em> et diatomées.</figcaption></figure>
<p><span class="align-j">Aucun aquariophile ne souhaite s&rsquo;engager dans un traitement chimique et ce, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucun retour sur l&rsquo;utilisation du H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> très oxydant dans un aquarium hébergeant poissons et invertébrés. De nombreuses lectures ont orienté mes premiers tests   en bains annexes. J&rsquo;ai dû les recommencer  plusieurs fois pour en vérifier la reproductibilité, la fiabilité et améliorer les méthodes. </span></p>
<h3>2.2. Observations au microscope sur la résistance des dinoflagellés</h3>
<p class="align-j">Les observations sous microscope ont permis de quantifier les concentrations létales selon la durée d&rsquo;exposition.</p>
<p class="align-j">Pour une meilleure compréhension par les aquariophiles, <strong>tout ce qui suit est exprimé en pourcentage d&rsquo;eau oxygénée 10 volumes</strong> (H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V). Il s&rsquo;agit d&rsquo;eau oxygénée à concentration  3&nbsp;%. Rien n&#8217;empêche d&rsquo;utiliser une eau oxygénée ayant un pouvoir oxydant plus important : 30V (9%), 40V (12&nbsp;%)&#8230; 130V (35&nbsp;%). Par exemple, pour  utiliser de l&rsquo;eau oxygénée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 30V (9%) il suffit de diviser la dose préconisée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub>10V par 3. Dose H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 30V = dose H<sub>2</sub>O<sub>2&nbsp;</sub>10V&nbsp;/&nbsp;3. Autrement dit, 30 ml H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V = 10 ml H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 30V</p>
<h4>2.2.1. Méthode habituellement préconisée, inefficace</h4>
<p class="align-j">Le traitement à l&rsquo;eau oxygénée habituellement     proposé en aquariophilie est 2,7&nbsp;ml H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> à 3% (10 Vol)  par 100 litres par jour (1&nbsp;ml&nbsp;/&nbsp;10 gal) soit 0,0027&nbsp;% H<sub>2</sub>O<sub>2&nbsp;</sub>10V. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un  très faible dosage qui ne présente pas de risque de manipulation et  ne nuit pas aux organismes. Malheureusement les observations au microscope montrent que <strong>ce dosage est inefficace sur les dinoflagellés</strong>, quels qu&rsquo;ils soient. En effet, on ne relève aucune mortalité. Il faut le considérer plutôt comme une  simple contribution à l&rsquo;assainissement général.</p>
<h4 class="align-j">2.2.2. Tests de H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> sur des micro-volumes</h4>
<p class="align-j">Fort du constat ci-dessus, en l&rsquo;absence d&rsquo;informations, j&rsquo;ai voulu savoir si des dosages plus concentrés pouvaient être efficaces sans nuire au fonctionnement du bac et à la santé des autres habitants. De  longs mois j&rsquo;ai observé au <a href="https://reeflexion.fr/choisir-un-microscope/">microscope</a>, sur de petits volumes, la résistance des dinoflagellés (Procentrum et Ostreopsis) à des concentrations diverses d&rsquo;eau oxygénée 10V. A ce stade, les observations sont liées à des conditions particuilières. Elles diffèreront des dosage en aquarium comme on le verra. Je  les résumerais  ainsi  :</p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Effets du taux H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V sur les organismes en microtests<br />
  </caption>
<tr>
<th width="20%">Dosage</th>
<th>Microtest</th>
</tr>
<tr>
<td>&lt; 0,08&nbsp;%  (0,8 ml /  L)</td>
<td>Aucun effet en 24 heures</td>
</tr>
<tr>
<td>&#x7E; 0,10&nbsp;% (1 ml /  L)</td>
<td>
<ul>
<li>Les dinoflagellés sont affectés, montrant des spasmes (Ostreopsis), on constate une nette réduction de leur mobilité et la mort d&rsquo;une majorité durant les heures qui suivent. Je confirme qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de cellules de dinoflagellés et non de dinokystes.</li>
<li>La microfaune (nématodes, ostracodes, larves de crustacés et d&rsquo;autres organismes non identifiés) et la méiofaune (copépodes, mini-ophiures&#8230;) restent bien en vie au-delà de 24 h, quand le traitement n&rsquo;agit plus.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td>&#x7E; 0,15 % (1,5 ml /  L)</td>
<td>
<ul>
<li>100% des dinoflagellés meurent dans les 15 minutes qui suivent </li>
<li>La microfaune et la méiofaune ci-dessus ainsi qu&rsquo;ophiures, bernard-l&rsquo;hermite, gastéropodes (turbo, astrea) restent en vie.</li>
</ul>
</td>
</tr>
</table>
<h3 class="align-j">2.2.3. Observations en aquarium</h3>
<p><span class="align-j">Ces données ont permis des premiers tests grandeur nature dans des aquariums de volumes plus importants et peuplés d&rsquo;une faune représentative&#8230; </span></p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Effets du taux H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V sur les organismes<br />
  </caption>
<tr>
<th width="20%">Dosage</th>
<th>En aquarium</th>
</tr>
<tr>
<td>&#x7E; 0,10&nbsp;% (1 ml /  L)</td>
<td>
<ul>
<li>Les dinoflagellés meurent en partie &#x7E;50&nbsp;% après 24h </li>
<li>Certains coraux durs se rétractent ou se décolorent  après 24 h.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td>&#x7E; 0,15 % (1,5 ml /  L)</td>
<td>
<ul>
<li>Les dinoflagellés meurent  &#x7E;80&nbsp;% après 24h</li>
<li>Certains coraux  se rétractent ou se décolorent  après 24 h sans que l&rsquo;on puisse déterminer une règle. Par exemple des Caulastrea ont moins bien réagi que d&rsquo;autres); Un Montipora foliosa orange a perdu de sa couleur alors que ça n&rsquo;a pas été le cas pour un autre placé à côté. Les couleurs reviennet après 2 semaine à 2 mois.</li>
<li>Quelques coraux ne supportent pas le traitement notamment ceux  mal en point du fait des épisodes de dinoflagellés antérieurs.
      </li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td>&#x7E; 0,25 %  (2,5 ml /  L)</td>
<td>
<ul>
<li>100% des  dinoflagellés meurent dans les premières heures.</li>
<li>La microfaune et la méiofaune ci-dessus ainsi qu&rsquo;ophiures, bernard-l&rsquo;hermite, gastéropodes (turbo, astrea) restent en vie.</li>
<li>Non testé sur coraux.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td>&gt; 0,25&nbsp;%</td>
<td>
<ul>
<li>Selon les rapports scientifiques de nombreux organismes et poissons résistent à des concentrations supérieures, dans des bains qui restent limités dans la durée. Les copépodes par exemple résistent plus de 3 jours à 0,75 mg H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> soit 2,5&nbsp;% H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> V10. </li>
</ul>
</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">Les effets  s&rsquo;avèrent moins importants  sur les dinos en aquarium que dans les petits volumes de test. Cela peut s&rsquo;expliquer par le fait que la biomasse dans un aquarium est  proportionnellement plus importante. Elle mobilise le peroxyde d&rsquo;hydrogène qui atteint moins les dinoflagellés, lesquels ne représentant qu&rsquo;une infime partie de cette biomasse. D&rsquo;autre part les dinoflagellés, agglomérés en mucilages sont  mieux protégés de l&rsquo;eau oxygénée. Cet aspect soulève l&rsquo;importance de bien brasser dans tous les recoins lors du traitement.</p>
<p class="align-j">Ce tableau révèle que la meilleure chance d&rsquo;éradiquer les dinoflagellés directement en aquarium au taux 0,15&nbsp;% s&rsquo;avère  risquée pour une partie des coraux. Le taux de 0,10&nbsp;% semble plus raisonable, à moindres risques dans les conditions du protocole qui suit.</p>
<h2>3. Traitement de l&rsquo;aquarium</h2>
<h4>1.2.1. Objectifs  et naissance de la méthode</h4>
<p class="align-j">Ce protocole de traitement  a pour objectif  de tuer les dinoflagellés, quels qu&rsquo;ils soient, sans nuire à la majorité des autres organismes de l&rsquo;aquarium, ni à son  fonctionnement.  Et tant mieux s&rsquo;il peut permettre de s&rsquo;affranchir d&rsquo;autres traitements tels que l&rsquo;usage de silicates, fastidieux, long, inesthétique, au effets inégaux et parfois décevants. <br />
Le traitement a pour effet secondaire  de faire régresser de nombreuses algues envahissantes sans toutefois agir à long terme sur les filamenteuses.</p>
<h4>1.2.3. Situation avant traitement dans l&rsquo;aquarium communautaire</h4>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino5.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ostreopsis sur le fond, les vitres, la gorgone&#8230; partout !</figcaption></figure>
<p class="align-j">Au moment de décider  d&rsquo;utiliser le peroxyde d&rsquo;hydrogène à un taux inhabituel et relativement important, malgré 20 ans de récifal, j&rsquo;étais confronté depuis  6 mois à un déséquilibre général du bac de 1000 litres. Une première dérive chimique lié à un taux de nitrates régulièrement bas, proche du zéro, et trop longtemps. Un déséquilibre biologique  a suivi et s&rsquo;est installé, même après avoir retrouvé des paramètres chimiques très satisfaisants à l&rsquo;ICP. Ainsi se sont enchaînées des invasions de cyanobactéries, d&rsquo;une succession d&rsquo;épisodes de dinoflagellés avec Ostreopsis, puis Prorocentrum puis les deux.</p>
<p class="align-j">Il va sans dire que j&rsquo;ai tenté d&rsquo;y remédier, biologiquement avec les brouteurs ; physiquement avec un entretien constant et épuisant. Si les black-out et l&rsquo;UV ont permis de contenir Ostreopsis (sans l&rsquo;éradiquer vraiment sur le long terme), Prorocentrum n&rsquo;a jamais fléchi avec les traitements aux silicates. Le moindre relâchement se soldant par un retour au point de départ. J&rsquo;ai béni mes choix de réaliser des décors et des coraux facilement démontables. Maigre consolation ! Les corvées de nettoyage, grattage avec les coraux dépérissant, même les plus vaillants, j&rsquo;étais finalement sur le point d&rsquo;abandonner ou de refaire le bac à zéro&#8230; sans garantie pour la suite, bien évidemment. </p>
<p class="align-j">Durant cette période j&rsquo;ai rempli une poubelle ménagère de squelettes de coraux qui alimenteront mont réacteur à calcaire. Perdu un <em>Zebrasoma nigricans</em> affaibli par le broutage répété d&rsquo;Ostreopsis et  finalement mort  de Cryptocaryon, failli perdre un <em>Acanthurus leucosternon</em> pour la même raison. J&rsquo;ai vu maigrir puis dépérir une holothurie. Je ne compte plus les tests d&rsquo;oursins et les coquilles vides de gastéropodes divers. Rien à voir avec la pratique du récifal que  souhaite un récifaliste normalement constitué.</p>
<p class="align-j">J&rsquo;ai profité de cette longue errance pour me documenter et tenter des solutions diverses parmi lesquelles H<sub>2</sub>O<sub>2</sub>. J&rsquo;aspirait à trouver un moyen de traiter l&rsquo;ensemble de l&rsquo;aquarium en allégeant les corvées de tous ordres. Avant de connaitre les effets du traitement, j&rsquo;aurais tendance à dire qu&rsquo;une réfection totale de l&rsquo;aquarium doit faire partie des solutions à envisager, rapide et à moindre cout, surtout concernant un bac de volume faible à moyen.</p>
<p class="align-j">Vous l&rsquo;avez compris, mes espoirs mis dans ce traitement H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> étaient alors ceux d&rsquo;une dernière chance sans état d&rsquo;âme avec le caractère chimique de la méthode.</p>
<h4 class="align-j">1.2.4. Aspects importants du traitement H<sub>2</sub>O<sub>2</sub></h4>
<p class="align-j">Compte tenu de ce qui est exposé, le traitement  considère plusieurs aspects&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Limiter le stress oxydatif à celui envisagé : traiter sous très faible lumière et stopper les matériels oxydants qui peuvent multiplier l&rsquo;effet escompté du traitement (ozone, UV&#8230;).</li>
<li>Durant  le traitement isoler  les coraux déjà stressés, affaiblis, dans un bain annexe.</li>
<li>Isoler le refuge algal, les effets des dosages envisagés n&rsquo;ayant pas été vérifiés sur les algues.</li>
</ul>
<h2 class="align-j">2. Protocole de traitement des dinoflagellés avec  eau oxygénée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> dans l&rsquo;aquarium </h2>
<p class="align-j">L&rsquo;eau oxygénée utilisée se présente sous de nombreuses formes. Il faut lire la composition exacte sur l&rsquo;étiquette et sélectionner de l&rsquo;eau oxygénée sans les additifs parfois ajoutés pour les besoins de la situation (pharmaceutique, cosmétique, algicides&#8230;).</p>
<p class="align-j">Ce protocole  est le fruit d&rsquo;observations personnelles et du traitement de mon bac communautaire grandement infecté durant plusieurs mois par les dinoflagellés Ostreopsis et Prorocentrum. Il pourra évoluer selon d&rsquo;autres observations.</p>
<h3>2.1 Protocole</h3>
<p class="align-j">Ce descriptif de traitement avec H2O2 10 volumes (3%) a peu de recul. Il pourra évoluer selon d&rsquo;autres observations.</p>
<ol>
<li>Remettre à niveau les éléments de l&rsquo;eau : le taux de phosphates, de nitrates et les oligoéléments essentiels au métabolisme, notamment ceux pour la formation et le développement des cellules des coraux (Cr, Co, Cu, Fe, Mn, Mo, Ni, V, Zn).</li>
<li>Procéder aux actions habituelles contre les dinoflagellés, exposées dans l&rsquo;article  <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Eliminer les dinoflagellés en aquarium récifal, </a>notamment par brossage des pierres, brassage, évacuation, filtration sur micron filtre  (50 à 200 µm).</li>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Multiplication des bactéries.</figcaption></figure>
<li>Préparer une concentration de bactéries 72 h avant le traitement (photo). Elle permettra de compenser la déstabilisation de la population après traitement.
<ul>
<li>Remplir un récipient avec l&rsquo;eau du bac à la température du bac. Par exemple dans la cuve technique.</li>
<li>Aérer cette eau avec une pompe à air. </li>
<li>Introduire des bactéries du commerce (plusieurs souches) dans ce récipient. J&rsquo;ai utilisé Tropic Marin Nitribiotic.</li>
<li>Réaliser un apport de carbone : sucre, vinaigre, alcool (vodka), acides aminés&#8230; Sans connaissance des concentrations de bactéries, cette préparation est réalisée au juger. En 2 à 3 jours les parois se recouvrent d&rsquo;un film bactérien, plus ou moins épais, constituant une réserve de bactéries.</li>
</ul>
</li>
<li>Siphonner les dinoflagellés dans la couche superficielle du sable :</li>
<ul>
<li>Laisser rapidement décanter l&rsquo;eau siphonnée  (sable et des matières  lourdes au fond).</li>
<li>Récupérer et désinfecter l&rsquo;eau   décantée 5&nbsp;mn avec 0,15&nbsp;% H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V (15 ml / 10&nbsp;L). Les dinoflagellés seront détruits, la méiofaune restant en vie.</li>
<li>Vider cette eau dans le filtre de l&rsquo;aquarium.</li>
<li>Le sable pourra
<ul>
<li> être réintroduit avec sa méiofaune après rincage avec l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium,<br />
          ou bien</li>
<li>lavé, rincé en bain dans de l&rsquo;eau douce (du réseau). la méiofaune sera détruite, le sable se recolonisera avec le sable de l&rsquo;aquarium resté en place. </li>
</ul>
</li>
<li>Remettre dans l&rsquo;aquarium le sable ainsi traité.</li>
</ul>
<li><strong>Conserver quelques litres d&rsquo;eau non traitée pour isoler des coraux</strong> ou autres organismes durant le traitement, le cas échéant.</li>
<li>Isoler le refuge algal.</li>
<li>Stopper tout équipement oxydant (ozone, UV&#8230;), conserver filtration et écumeur actifs.</li>
<li>Eteindre l&rsquo;éclairage ou le réduire à environ 15&nbsp;% du maximum, une demi heure avant le traitement afin de stopper la production d&rsquo;O<sub>2</sub> par photosynthèse. Toutefois s&rsquo;assurer de pouvoir observer les effets du traitement sur les coraux et les autres animaux.</li>
<li>Traiter avec  H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V</li>
<ul>
<li>Doser  0,10% H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V, soit <strong>100&nbsp;ml H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10V pour 100 litres</strong> d&rsquo;eau du bac (ou  33ml H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 30V / 100L). </li>
<li>Diluer dans environ un demi litre d&rsquo;eau du bac.</li>
<li>Verser  progressivement  dans une zone brassée, idéalement en amont de la pompe de remontée, </li>
<li><strong>Observer les effets immédiats du peroxyde d&rsquo;hydrogène  sur les coraux</strong>. Certains se rétracteront, d&rsquo;autres  peuvent dégager du mucus. <strong>Isoler dans le récipient d&rsquo;eau non traitée</strong> <strong>ceux montrant des signes de suroxydation</strong> (bulles importantes sur LPS, énorme production de mucus voire décollement tissulaire&#8230;). Le protocole  bien suivi, les coraux  ne sont pas ou peu affectés. La majorité sera en forme le lendemain, les autres reprendront leur volume et leurs couleurs dans les jours qui suivent. </li>
</ul>
<li>Le lendemain, injecter une partie du bain de bactéries dans  l&rsquo;aquarium. Compléter le reste avec de l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium pour d&rsquo;autres injections quotidiennes si besoin.</li>
<li>Le décor retrouve rapidement une situation visuelle encourageante. Certains coraux seront rétractés ternis. Ils retrouveront leur forme normale dans les jours qui suivent et leur pigmentation reviendra dans les 10 jours sous éclairage normal. Tous les dinoflagellés ne sont pas éradiqués mais leur diminution permet d&rsquo;espérer plus d&rsquo;efficacité avec les traitements habituels</li>
<li>Remonter progressivement l&rsquo;éclairage de 20 a 30% par jour.</li>
<li>Nettoyer le décor et le sable les jours qui suivent. Cette opération se  réduit progressivement. Des dinoflagellés affaiblis meurent les jours qui suivent. L&rsquo;observation montre que la quasi totalité des dinoflagellés sont inertes les jours qui suivent ou fortement affaiblis à en juger par leur faible dynamisme.</li>
<li>L&rsquo;action du peroxyde d&rsquo;hydrogene diminuant après quelques heures,  une invasion importante ne peut  se résoudre  en un seul traitement. Il est probable que le  traitement puisse être renouvelé après  quelques jours de convalescence. A confirmer.
  </li>
</ol>
<h3>2.2. Observations après 1er traitement dans l&rsquo;aquarium communautaire</h3>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino7.jpg"><figcaption class="figlegende">Tissus de Caulastrea fortement lésés, oxydés, trop près de l&rsquo;éclairage réduit tardivement. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino10.jpg"><figcaption class="figlegende">Les tissus, ici rétractés,  sont en partie reconstruits 2 mois plus tard. Il faudra plusieurs mois pour qu&rsquo;un pied retrove son aspect naturel avec les polypes bien gonflés.</figcaption></figure>
</div>
<ul>
<li>Jour 0 :
<ul>
<li>Lors du traitement, <strong>un Caulastrea a émis une forte quantité de mucus, les polypes localement gonflés, signe d&rsquo;une hyperoxydation</strong>. Je ne les avais pas cochés comme particulièrement sensibles. Très exposés sous un spot, je n&rsquo;avais pas pris la précaution d&rsquo;abaisser la lumière. Je l&rsquo;ai réduite à 10 % une heure plus tard, trop tardivement. Autre hypothèse,  les polypes gonflés durant la photosynthèse impliquent une production d&rsquo;O<sub>2</sub> s&rsquo;ajoutant à l&rsquo;effet  H<sub>2</sub>O<sub>2</sub>. Raison de plus pour réduire l&rsquo;éclairage avant le traitement.</li>
<li>Pas de dérive pH et redox.</li>
<li>Pas  d&rsquo;autres signes inquiétants.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 1
<ul>
<li><strong>Les deux Caulastrea conservent les stigmates d&rsquo;un grand stress</strong> (photo). Leurs polypes sont rétractés, et quelques tissus lésés. Je ne m&rsquo;inquiète pas plus pour eux sachant que les bonnes conditions revenues, ils reprendront lentement vigueur. Un Echinophyllia sur les deux s&rsquo;avère avoir perdu de sa couleur. C&rsquo;est aussi un peu le cas d&rsquo;un Montipora, pas autant que je le craignais. Le Psammocora paru sensible lors des essais préliminaires n&rsquo;est pas affecté.</li>
<li>D&rsquo;autres coraux comme  Duncanopsammia, Blastomussa s&rsquo;épanouissent déjà.</li>
<li>Les quelques coraux auparavant affaiblis par les envahissements de dinoflagellés : Turbinaria sont dans leur état initial.</li>
<li>Les anémones Aiptasia sont restées intactes.</li>
<li>Les poissons n&rsquo;ont rien subi du traitement.</li>
<li>Les autres invertébrés : crevettes, oursins, ophiures, turbos&#8230; sont restés en forme.</li>
<li>Le sable et les pierres sont partiellement recouverts de dinoflagellés, bien moins que d&rsquo;habitude.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 2<br />
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino8.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/dinoflagelles-h2o2/dino8.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Le bac renait 2 jours après traitement.</figcaption></figure>
<ul>
<li>Les coraux stressés sont en état stable, pas encore gonflés.</li>
<li>La couleur de quelques Acropora ternis revient.</li>
<li>Le sable n&rsquo;est pas plus recouvert que la veille, signe qu&rsquo;il ne semble pas y avoir eu de prolifération durant les dernières 24&nbsp;h.</li>
<li>A l&rsquo;observation et comptage au microscope il apparait que  Prorocentrum sont en très grande partie inertes (&#x7E; 98&nbsp;%) et Ostreopsis (&#x7E; 80&nbsp;%). Les survivants voient leur mobilité très diminuée.</li>
<li>Il n&rsquo;y a plus de  filaments comme en produit habituellement Ostreopsis.</li>
<li>Les pierres sont moins brunes qu&rsquo;auparavant. Les jets de pompe soulèvent moins de dinoflagellés. A leur grattage, les algues, même les filamenteuses, se retirent plus facilement, laissant des pierres plus propres, claires comme elles ne l&rsquo;ont pas été depuis des mois.</li>
<li>Je n&rsquo;ai pas nettoyé le sable pour vérifier son évolution. La fine couche résiduelle  de dinoflagellés, matte, pouvant être celles de cellules mortes. </li>
<li>Les micron filtres sont moins chargés. Nécessité de les nettoyer 2 fois dans la journée au lieu de 4 ou 5 fois auparavant.</li>
<li>L&rsquo;écumeur se charge plus rapidement d&rsquo;une couleur beaucoup plus brune et surtout malodorante, signe que l&rsquo;activité bactérienne (peut être liée aux bactéries ajoutées) se poursuit et s&rsquo;est même amplifiée.</li>
<li>Le bac retrouve la clarté d&rsquo;un bac récifal.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 3
<ul>
<li>Les coraux continuent à reprendre progressivement leurs couleurs et formes. Les deux Caulastrea les plus atteints également.</li>
<li>De légère taches brunes recouvrent toujours très partiellement le sable et quelques zones du décor, sans déceler de forte prolifération. Le microscope révèle une faible population de Prorocentrum vivants sur le sable. Les prélèvements sur le décor dévoilent  Prorocentrum et Ostreopsis. </li>
<li>L&rsquo;observation au microscope montre que la microfaune est bien en vie. Je fonde beaucoup d&rsquo;espoir sur sa reprise en main.</li>
<li>Les NO3 : 20&nbsp;mg/l et PO4  : 0,08 &nbsp;mg/l sont restés à leur niveau avant traitement. L&rsquo;ajout de bactéries a peut être contribué au maintien des cycles de N et P.</li>
<li>Je poursuis  nettoyage, brossage du décor, siphonage et lavage de la couche superficielle de sable. Ce travail en deviendrait presque un plaisir tant il est devenu facile. Une première bataille est gagnée, mais pas la guerre. Je n&rsquo;exclue pas de renouveler le traitement.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 4, 5, 6
<ul>
<li>Identique</li>
<li>Les lésions des deux Caulastrea  ont diminué, ils déploient timidement de nouveau leurs tentacules.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 7
<ul>
<li>Les Caulastrea récupèrent, ils se regonflent et les tentacules sortent.</li>
<li>Les dinoflagelés sont toujours là, en bien moin grande quantité. Les netoyages sont nécessaires. </li>
<li>Les chirurgiens se remettent à brouter le décor et les deux <em>Valenciennea puellaris</em> contribuent à conserver le sable blanc.</li>
<li>La situation se stabilise.</li>
</ul>
</li>
<li>Jour 30
<ul>
<li>Les dinoflagellés   regagnent du terrain. Je n&rsquo;ai pas trouvé les copépodes adéquats, ni d&rsquo;autre méthode en mesure de prendre le relais. Je n&rsquo;ai pas souhaité injecter du silicate qui n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;effet positif chez moi..</li>
<li>Les coraux rétablis durant cette période de répis luttent maintenant mieux naturellement contre les dinoflagellés et les algues. Ils ont golobalement repris de la croissance.</li>
</ul>
</li>
<li>6 mois plus tard
<ul>
<li>L&rsquo;un des 2 <strong>Caulastrea a mis beaucoup plus de temps pour retrouver un aspect gonflé, naturel</strong>.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p> <strong>Ce traitement  n&rsquo;aura pas permis à lui seul, d&rsquo;éradiquer  totalement les dinoflagellés</strong>, <span class="align-j"> notamment Prorocentrum. </span>Il aura permis de revenir à un niveau gérable par une maintenance classique. La lutte biologique doit se poursuivre  avec réintroduction de brouteurs (oursin, turbos, salarias, valenciennea&#8230;). On pourra cultiver massivement des bactéries selon l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a>. Elles s&rsquo;avèrent de bonnes concurentes, essentielles en soutien lorsque la population de dinoflagellés est réduite.  <strong>Avant l&rsquo;utilisation de <span class="align-j"> H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> en bac, contre <em>Prorocentrum, </em></span></strong><strong>je conseille aujourd&rsquo;hui d&rsquo;utiliser un <a href="https://reeflexion.fr/balai-uv-c-germicide/">Balai UV-C germicide DIY</a> </strong>qui a  contribué  à éradiquer cette espèce sans séquelles.</p>
<h3>2.3. Améliorer la méthode</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;utilisation de H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> en bac communautaire récifal est rare. J&rsquo;ai voulu partager mon expérience, avec tous ses déboires inhérents à une démarche non documentée, pour son bilan déjà positif et encourageant. Les séquelles sur quelques coraux sont plutôt à mettre sur le compte d&rsquo;une mauvaise anticipation pour une première. Il s&rsquo;agit notamment  de la lumière réduite trop tardivement et un affaiblissement de certains coraux avant même le traitement.. </p>
<p class="align-j">Cette méthode    mérite de l&rsquo;attention. Elle  exploite aux limites l&rsquo;utilisation de  H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> en aquarium. Cependant elle conserve un <strong>intérêt dans la situation d&rsquo;une invasion massive</strong>, compte tenu de son efficacité rapide, son faible coût et les effets collatéraux mineurs sans relation avec  les pertes importantes occasionnées par les dinoflagellés. ceci, sans compter les investissements imposés en argent, temps et moral. <strong>Elle permet <em>a minima</em> de juguler l&rsquo;envahissement des dinoflagellés</strong> à un niveau qui devient gérable dans le cadre d&rsquo;une maintenance classique, avec une chaine alimentaire complète, depuis les bactéries aux poissons en passant par la micro et méiofaune.</p>
<p class="align-j">A ce stade il y a trop peu d&rsquo;expérimentations  pour proposer des  améliorations à ce protocole. J&rsquo;invite les récifalistes à  partager leurs expériences, satisfaisantes&#8230; ou pas.</p>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/dinoflagelles-eau-oxygenee/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/dinoflagelles-eau-oxygenee/">Dinoflagellés, traitement de l&rsquo;aquarium à l&rsquo;eau oxygénée</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<item>
		<title>Eliminer les cyanobactéries avec l&#8217;acide salicylique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Mar 2024 18:23:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[acide salicylique]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[cyanobactérie]]></category>
		<category><![CDATA[traitement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;éradication des cyanobactéries et des algues invasives est une préoccupation récurrente de l&#8217;aquariophile récifaliste. Ce dernier ajuste sa maintenance pour éviter qu&#8217;elles apparaissent, et au moins pour les réguler. Malheureusement, il arrive parfois que leur prolifération prend une tournure ingérable que les moyens biologiques traditionnels sont inefficaces. Alors, quand les chamanes et les rituels de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">L&rsquo;éradication des cyanobactéries et des algues invasives est une préoccupation récurrente de l&rsquo;aquariophile récifaliste. Ce dernier ajuste  sa maintenance pour éviter qu&rsquo;elles apparaissent, et au moins pour les réguler. Malheureusement, il arrive parfois que leur prolifération  prend une tournure ingérable que les moyens biologiques traditionnels sont inefficaces. Alors, quand les chamanes et les rituels de désenvoutement de l&rsquo;aquarium restent sans effet, on passe en revue toutes les potions du commerce, prêt à  tout tenter. L&rsquo;acide salicylique est un moyen parmi d&rsquo;autres.</p>
<h2>1. L&rsquo;acide salicylique</h2>
<p class="align-j">L’acide salicylique C<sub>7</sub>H<sub>6</sub>O<sub>3</sub> (AS) est un acide phénolique métabolisé par les plantes, l&rsquo;écorce de saule dont il tire son nom, mais aussi l&rsquo;amande, la tomate, le melon, la framboise, la cerise&#8230;</p>
<p class="align-j">Une évolution proche de cet acide : l&rsquo;acide acétylsalicylique (aspirine) anti-inflammatoire, antipyrétique et analgésique, est utilisé comme traitement médicamenteux parce que mieux toléré par l&rsquo;Homme, présentant moins d&rsquo;effets secondaires gastro-intestinaux. Il est probable que son efficacité soit similaire, mais non utilisé comme algicide.</p>
<p><span class="align-j">Il s&rsquo;agit  d&rsquo;une poudre solide cristalline lipophile, donc attirée par les corps gras et très peu soluble dans l&rsquo;eau à température ambiante. A l&rsquo;état de poudre micronisée elle flotte en surface sans jamais absorber l&rsquo;eau.   Pour améliorer sa solubilité on peut la dissoudre au préalable dans un de ses </span>  solvants organiques, (éthanol 4&nbsp;ml/g&nbsp;AS, vodka 40° 7&nbsp;ml/g&nbsp;AS) compatibles avec notre usage aquariophile, augmenter la température (figure 1) ou bien utilisée  une eau rendue basique par ajout de 3&nbsp;g/l de carbonate de sodium, de bicarbonate de sodium,  le salicylate de sodium obtenu serait, semble-t-il, tout aussi efficace que l&rsquo;acide salicylique. </p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:95%; max-width: 500px">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Solubilité de l&rsquo;acide salicylique<br />
  </caption>
<tr>
<th width="15%">Liquide</th>
<th>20°C</th>
<th>25°C</th>
<th>40°C</th>
<th>60°C</th>
</tr>
<tr>
<td>Eau</td>
<td align="center">2,0g/l</td>
<td align="center">2,4 g/l</td>
<td align="center">4,2 g/l</td>
<td align="center">9 g/l</td>
</tr>
<tr>
<td>Ethanol</td>
<td align="center">348 g/l</td>
<td align="center">370 g/l</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Vodka 40°</td>
<td align="center">139 g/l</td>
<td align="center">148 g/l</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
</table>
<h2>2. L&rsquo;acide salicylique comme algicide</h2>
<p><span class="align-j">Il existe de nombreux modes de traitement contre les cyanobactéries en aquarium récifal : biologiques, physiques ou chimiques. Ces derniers sont malheureusement parfois  proposés de manière énigmatique, avec une efficacité variable.</span> L&rsquo;acide salicylique a l&rsquo;avantage d&rsquo;avoir prouvé son efficacité dans maintes occasions.</p>
<h3>2.1. Principes de l&rsquo;AS  anti cyano, anti algues</h3>
<p class="align-j">Lors d’une agression, certains végétaux, algues incluses, produisent de l’acide salicylique. A  faible concentration  l&rsquo;AS protège les cellules   contre les intoxications par métaux lours (cadmium&#8230;), l&rsquo;AS pouvant les chélater, réduisant ainsi le niveau de toxicité.  L&rsquo;amélioration de la capacité antioxydante  inhible le stress induit par les agents pathogènes tels que les virus et cyanobactéries. C&rsquo;est donc naturellement que l&rsquo;AS est exploité dans le cadre de traitement anti cyanobactéries. Ainsi,   en Asie l&rsquo;AS  extrait de paille de riz est utilisé   en remplacement d’algicides chimiques, toxiques, néfastes aux poissons, comme moyen de traitement des étangs d’eau douce eutrophisés par l’accumulation de polluants agricoles et envahis par les cyanobactéries.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;acide salicylique  affecte les végétaux à plusieurs niveaux notamment au niveau des cellules. Il induit un stress cellulaire qui déclenche des mécanismes de protection. Il inhibe des enzymes  impliquées dans la synthèse de  composés essentiels à la  division cellulaire (mitose), la réception de signaux endogènes enclenche le processus de mort cellulaire (apoptose).  Il affecte la résistance de la membrane cellulaire en agissant sur sa composition. L&rsquo;acide salicylique réduit la photosynthèse des cyanobactéries par modification de protéines (phycobiliprotéines) et inhibition de pigments photosynthétiques (chlorophylle a), la croissance des algues est alors réduite, conduisant à leur mort. <br />
Ce processus a également été décrit en présence de l&rsquo;acide fumarique, un algicide efficace, non documenté en aquariophilie ainsi qu&rsquo;avec l&rsquo;eugénol (clou de girofle) pour le même usage.</p>
<p>On l&rsquo;imagine, si l&rsquo;acide salicylique peut avoir des effets salutaires pour les végétaux photosynthétiques, pour les mêmes raisons, à plus haute dose il peut devenir délétère   pour ces mêmes organismes.
</p>
<h3 class="align-j">2.2. Autres effets de l&rsquo;acide salicylique</h3>
<ul>
<li><strong>Antibactérien</strong> : l&rsquo;AS est  un antimicrobien à large spectre, actif contre les bactéries et les champignons. Il agit sur des processus cellulaires et donc le développement des bactéries. S&rsquo;il permet de réguler la prolifération de cyanobactéries, il peut également contribuer à la prolifération d&rsquo;autres espèces bactériennes et théoriquement perturber l&rsquo;équilibre de l&rsquo;aquarium. Cet aspect ne semble pas le cas en aquarium avec les doses prescrites, ou à un niveau  non détectable. </li>
<li><strong>Toxicité</strong> : l&rsquo;AS est potentiellement toxique s&rsquo;il est <span class="align-j">ingéré en grande quantité</span>.  Pour autant, bien que ce ne soit pas un composant de l&rsquo;eau de mer, des études on montré que les poissons restent insensibles à de très fortes concentrations.  </li>
<li><span class="align-j"><strong>Inhibition sur les algues</strong> : </span> phytotoxique il peut inhiber la croissance des algues supérieures. Cependant, après quelques premiers retours, au dosage indiqué le traitement ne semble pas affecter la Chaetomorpha.
  </li>
</ul>
<h3>2.3. L&rsquo;acide salicylique algicide et anti-cyano  en aquarium</h3>
<p class="align-j">Plusieurs études ont montré  que  l&rsquo;usage de l&rsquo;AS ne provoque pas d&rsquo;augmentation des toxines  cyanobactériennes dans l&rsquo;eau en milieu confiné des tests. Son usage est peu répandu en aquariophilie récifale. Pourtant il est utilisé depuis longtemps en aquariophilie d&rsquo;eau douce, les bassins extérieurs, les étangs, notamment pour réduire les proliférations de cyanobactéries. L’acide salicylique est une option déjà adoptée par certains fournisseurs aquariophile en eau douce et marine (Fauna Marin RedX, Aquatic nature Alg control B, Easy Life AlgExit, Easy Life BlueExit&#8230; ).</p>
<p class="align-j">En aquarium l&rsquo;acide salicylique est plus ou moins efficace selon les espèces&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Cyanobactéries</strong> vertes et rouges : c&rsquo;est la principale utilisation  de l&rsquo;AS..</li>
<li> <strong>Algues filamenteuses</strong> : efficace selon de nombreux témoignages. Lors d&rsquo;un traitement personnel, il n&rsquo;a pas éradiqué totalement des touffes filamenteuses.</li>
<li>Chaetomorpha : sans effet néfaste.</li>
<li> Dinoflagellés (<em>Ostreopsis</em> sp., <em>Amphidinium</em> sp., <em>Prorocentrum</em> sp) : quand l&rsquo;invasion est à son début. Il n&rsquo;y a pas de retours sur ce sujet. Lors d&rsquo;un traitement personnel, il est resté sans effet sur <em>Prorocentrum</em> sp. </li>
<li> Diatomées&nbsp;: cette information issue d&rsquo;un fabricant a propos de ces algues également unicellulaires ne semble pas relayée par le monde scientifique ou amateur.</li>
</ul>
<h2>3. Traitements dans l&rsquo;aquarium</h2>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/1.jpg" data-ipsLightbox><img alt="acide salicylique"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Acide salicylique à 90&nbsp;% de pureté pour usage cosmétique.</figcaption></figure>
<p><span class="align-j">Par nécessité, les  études exploitant les propriétés de l&rsquo;AS en tant qu&rsquo;algicide on poussé les concentrations à des niveaux très élevés. Pour autant, des effets positifs ont été obtenus en aquarium à des doses beaucoup plus faibles,  sans danger pour les poissons et invertébrés (crevettes, gastéropodes, échinodermes, méiofaune). Il s’agit d’un traitement relativement simple, sans grande contrainte,    sans  changement d’eau, mais déployé sur plusieurs jours durant lesquels il faut aider par quelques siphonages.</span></p>
<h3>3.1. Où trouver l&rsquo;acide salicylique</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;acide salicylique  pharmaceutique est (de moins en moins) disponible en sachet de 1&nbsp;g, le produit à usage cosmétique, pur à 99 &#8211; 99,5&nbsp;%, est disponible en VPC sous forme vrac de 10&nbsp;g à plus de 200 g).
</p>
<h3>3.2. Protocole</h3>
<p class="align-j">Il consiste à préparer une première solution concentrée qui sera administrée ensuite dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium.</p>
<h4>3.2.1. Préparation de la pré-solution</h4>
<p>Il faut réaliser une pré-solution qu&rsquo;il faudra distribuer dans l&rsquo;aquarium. Le caractère hydrophobe de l&rsquo;AS le rend  difficile à dissoudre dans l&rsquo;eau osmosée, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il est fortement micronisé&nbsp;: il flotte en surface sans jamais être absorbé. Sa solubilité augmente en présence d&rsquo;alcool et dans une moindre mesure avec la température. Cependant, après plusieurs tentatives,  l&rsquo;alcool  ne s&rsquo;avère pas la meilleure solution, la poudre restant partiellement en surface ou sous forme de floculats. Seule une eau préchauffée au-dessus de 50&nbsp;°C a permis une dissolution rapide et parfaite (figure&nbsp;1).</p>
<ol>
<li><strong>Peser</strong> la poudre d&rsquo;acide salicylique   avec une balance de précision à 0,01&nbsp;g (figure 2).<br />
  <strong>Concentration</strong> : 2 gramme d&rsquo;acide salicylique par litre d’eau osmosée (2&nbsp;g AS/l)<br />
  <strong>Besoin</strong> : pour traiter 1000 litres sur 10 jours il faut 500&nbsp;ml de solution, soit  1&nbsp;gramme&nbsp;d&rsquo;&nbsp;AS </li>
<li><strong>Chauffer</strong> le volume d&rsquo;eau osmosée dans un récipient en verre à environ 60&nbsp;°C (ex&nbsp;:  four microonde 5&nbsp;mn à 600&nbsp;W). Utiliser un récipient transparent (verre) pour évaluer la qualité de la dissolution d&rsquo;acide salicylique.</li>
<li><strong>Verser </strong>la pesée d&rsquo;AS dans le récipient. A ce stade, la poudre hydrophobe reste en surface.</li>
<li><strong>Agiter fortement</strong> le récipient une à deux minutes jusqu&rsquo;à dissolution totale.</li>
<li><strong>Conserver</strong> la  solution  dans un récipient opaque, étanche.</li>
</ol>
<h4>3.2.2. Préparatifs du traitement</h4>
<ol>
<li>Déconnecter le <strong>refuge algal</strong> (en attente de plus de retours utilisateurs). </li>
<li><strong>Stopper les traitements</strong> : retirer  les matériaux d’adsorption (charbon actif, zéolithe), arrêter les équipements oxydants (UV, ozone…).</li>
<li><strong>Conserver l’écumage</strong></li>
<li>Mettre en place un <strong>filtre mécanique</strong> : ouate ou micron filtres de préférence en maille polyamide 200&nbsp;µm, plus facile à nettoyer que le polyester intissé. La quantité de matières en suspension impose de le nettoyer  fréquemment  pour limiter la diffusion de cyanotoxine produite par certaines cyanobactéries. </li>
<li><strong>Décoller les tapis de cyano</strong>,   le flux d&rsquo;une pompe à eau, dirigé sur le décor. <strong>Siphonner</strong> la surface du décor et le fond.</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);">
<div class="grille-titre ">Figure 1 : Préparation de la solution d&rsquo;acide salicylique dans l&rsquo;eau préchauffée</div>
<figure class="figcolonne">
	 <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/5.jpg" data-ipsLightbox><img alt="acide salicylique"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Pesée sur balance à 0,01&nbsp;g.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne">
	 <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/6.jpg" data-ipsLightbox><img alt="acide salicylique"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/6.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Chauffage de l&rsquo;eau à 60°C au microonde 5mn 600W</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne">
	 <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/7.jpg" data-ipsLightbox><img alt="acide salicylique"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/7.jpg"></a><figcaption class="figlegende">La poudre d&rsquo;acide salicylique stagne en surface avant agitation..</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne">
	 <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/8.jpg" data-ipsLightbox><img alt="acide salicylique"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/8.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Après agitation, la poudre est totalement dissoute et elle le reste à température ambiante.</figcaption></figure>
</div>
<h5>&nbsp;</h5>
<h4>3.2.3. Traitement curatif journalier</h4>
<ol>
<li><strong>Agiter </strong> la solution.	</li>
<li><strong>Doser</strong> 10 ml de solution pour 100 litres d&rsquo;eau (0,2&nbsp;mg&nbsp;AS/l).</li>
<li><strong>Introduire chaque <strong>soir</strong> </strong>après extinction de l&rsquo;éclairage pour limiter toute forme d&rsquo;oxydation.</li>
<li>Renouveler <strong>5 jours</strong>. Les cyanobactéries disparaissent progressivement parfois au premier jour, généralement à partir de 3 jours, n<span class="align-j">e pas s’inquiéter d’absence d’amélioration perceptible avant ce délai. </span></li>
<li>Renouveler  les <strong>nettoyages</strong> (préparatifs ci-dessus). L&rsquo;élimination régulière des matières mortes évite la dérive des paramètres.</li>
<li>En cas d’infestation importante poursuivre plusieurs jours, jusqu&rsquo;à 15 jours.</li>
<li>Durant 5 jours après traitement à l&rsquo;AS&nbsp;:
<ul>
<li>Ne pas  renouveler l&rsquo;eau, </li>
<li>Ne pas traiter avec des produits absorbants ni adsorbants (charbon actif, zéolithe&#8230;).</li>
<li>Si besoin, éliminer les nids de cyanobactéries résiduels. </li>
</ul>
</li>
<li><strong>Filtrer sur charbon actif</strong> après traitement, </li>
<li>Rajouter des <strong>bactéries</strong>. </li>
<li>Reprendre l‘<strong>entretien normal</strong>, pas besoin de changement d&rsquo;eau.</li>
</ol>
<h4>3.2.4. Traitement préventif hebdomadaire</h4>
<p><span class="align-j"><strong>Dosage</strong> : même dosage 10 ml de solution pour 100 litres d&rsquo;eau (0,2&nbsp;mg/l AS)</span>, chaque <strong>semaine</strong>. Adapter  la fréquence selon les signes d&rsquo;apparition des cyanobactéries.</p>
<h2>4. Mon expérience</h2>
<p class="align-j">La décision du traitement des cyanobactéries fait suite à une situation assez désespérée après plusieurs mois de galères successives : cyanos, dinos, crypto, bactéries, protozoaires, STN, RTN&#8230; Bien entendu les solutions biologiques ont été mises en œuvre  (bactéries, équilibre  PO4/NO3, écumage, nourrissage&#8230;), physiques aussi (blackout) et à ce stade, la voie chimique s&rsquo;impose. Je n’ai pas osé tenter des produits mystères, vendus à des tarifs décourageants (&#x2248;100&nbsp;€   pour 1000 litres) aux résultats souvent aléatoires à en juger les avis contradictoires. J&rsquo;avais précédemment réalisé un traitement des cyanos à l&rsquo;acide salicylique. Les résultats étaient plutôt positifs mais la relation de cause à effet était faussée par la variation d&rsquo;autres paramètres. Le bon moment pour confirmer&#8230; ou pas. Durant ce traitement, mon moral  étant tellement bas, je n&rsquo;ai pas pris de photos de la situation.</p>
<h3>4.1. Situation de l&rsquo;aquarium</h3>
<h5>Algues en présence </h5>
<p class="align-j">L&rsquo;aquarium de 1000 litres contenait alors plusieurs souches envahissantes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Une<strong> algue brune</strong>, non identifiée, plus ou moins raide, se développant en tapis peu épais à l&rsquo;image d&rsquo;un treillis non tissé. Apparue dès la mise en eau, elle a proliféré sur 3 ans pour recouvrir une grande partie du décor. Aucun animal, gastéropode, oursin ou poisson ne la broutait. Elle partait difficilement par grattage à la brosse, pour revenir rapidement. Une algue  à l&rsquo;origine de stress et de nécroses au contact des  coraux SPS et LPS. Elle était surtout devenue un bon réservoir à sédiments pour les cyanobactéries.</li>
<li>Des<strong> cyanobactéries</strong> rouges avaient fini par envahir le décor, recouvrant ce tapis d&rsquo;algues brunes ainsi que le sable  que je clochais de temps à autre. Ce sont elles qui ont décidé de ce  traitement à l&rsquo;acide salicylique.</li>
<li>Quelques touffes d&rsquo;algues <strong>filamenteuses</strong> dans les zones plus ombragées.</li>
<li>Des <strong>valonia</strong> éparses qui ne m&rsquo;inquiétaient guère.</li>
</ul>
<h5>Paramètres de l&rsquo;eau</h5>
<p class="align-j">&Agrave; ce stade les ICP étaient au beau fixe. Les carences de Mn, Mo, Ni et V remises à niveau sans effet sur les algues. Les PO<sub>4</sub> évoluant entre 0,02 et 0,08&nbsp;mg/l,  NO<sub>3</sub> entre 5 et 15&nbsp;mg/l, pH  8,3 à 12&nbsp;h, redox 380&nbsp;mV.</p>
<h3>4.2. Observations</h3>
<p>Le protocole a été celui décrit ci-dessus.</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/acide-salicylique/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Brosses fatales pour nettoyer le décor.</figcaption></figure>
<ul>
<li>J0&nbsp;: Première dose et suivantes (100&nbsp;ml solution pour 1000&nbsp;L),  introduites après extinction de l&rsquo;éclairage.</li>
<li>J1&nbsp;:  Dès le lendemain matin, les algues filamenteuses ont pris une couleur marron, signe d&rsquo;un début de mort. Le même constat avait été fait lors du premier traitement mais moins rapidement. Les cyanobactéries ont également légèrement bruni. Un petit coup de brosse m&rsquo;a rapidement confirmé qu&rsquo;elles se grattaient plus facilement ainsi que le tapis d&rsquo;algues brunes qui se décollait sans grand effort. <br />
  J&rsquo;ai donc entrepris un <strong>brossage général</strong> du décor, avec d&rsquo;autant plus d&rsquo;entrain que je n&rsquo;avais pas observé les roches aussi dénudées depuis longtemps. J&rsquo;ai régulièrement soufflé à la pompe à eau pour  décoller les cyanos, avec plus de facilité qu&rsquo;autrefois, pour nettoyer  le décor et libérer les coraux des particules redéposées. Et ainsi de suite. Tout n&rsquo;est pas parti, mais l&rsquo;espoir est revenu.<br />
  Ecumeur en fonctionnement. Les <strong>microns filtres nettoyés</strong> tous les quarts d&rsquo;heure. A 200&nbsp;µm ils se colmatent rapidement. Les plus gros amas sont retirés à <strong>l&rsquo;épuisette</strong>. Le soir ajout 2ème dose.
  </li>
<li>J2&nbsp;: Les micron filtres ne débordent plus comme auparavant après chaque nuit. Moins de particules mortes en suspension, signe que  de l&rsquo;activité des algues régresse déjà, du moins son ampleur.<br />
  Le sable partiellement remué la veille est localement recouvert de cyanobactéries. J&rsquo;entreprends de <strong>siphonner</strong> la couche supérieure. Le sable est fortement brassé et <strong>rincé </strong>plusieurs fois à l&rsquo;eau douce jusqu&rsquo;à ce que le jus rouge initial ne prenne que la teinte légèrement beige du sable. Le sable est pauvre en microfaune compte tenu des nettoyages antérieurs de cyanos. Trempage du sable dans de l&rsquo;eau oxygénée 12&nbsp;% diluée à 20% dan l&rsquo;eau du réseau durant 1&nbsp;heure. Remise du sable dans le bac. Il sera je l&rsquo;espère rapidement de nouveau colonisé à partir de la couche de sable restante.<br />
  Le soir ajout 3ème dose.  
  </li>
<li>J3 : Le sable nettoyé de la veille est encore blanc. Le décor n&rsquo;a plus cette couche épaisse d&rsquo;algues, et les cyanobactéries ont quasiment disparu là où elles avaient été décollées. Cependant de nombreuses zones demandent à être nettoyées, il reste quelques ilots d&rsquo;algues filamenteuses. De plus, de nombreuses particules d&rsquo;algues marron, en suspension, se sont redéposées la nuit sur le décor. Brossage du décor avec les brosses fatales emmanchées au bout d&rsquo;un tube PVC. Durant ce nettoyage, les micron filtres sont nettoyés dès que nécessaire.<br />
  Le soir ajout 4ème dose.    </li>
<li>J4&nbsp;: Les cyanobactéries ont totalement disparu. Quelques algues filamenteuses n&rsquo;ont pas été éradiquées. L&rsquo;algue marron en tapis n&rsquo;est plus présente. Toutefois les substrats, sable et roches, se recouvrent après nettoyage de ce qui semble être une  algue plus ou moins brune et visqueuse sur laquelle  le microscope dévoile des agglomérats   dinoflagellés  <em>Prorocentrum</em> sp. Un dernier fléau à combattre.</li>
<li>J5 : Nettoyage des substrats, beaucoup plus facilement qu&rsquo;avant le traitement. Quelques bulles vides de valonia mortes se détachent ça et là. Il en reste encore, inacessibles dans les anfractuosités, apparemment épargnées par le traitement. <br />
    Arrêt du traitement à l&rsquo;AS.
</li>
</ul>
<h3 class="align-j">4.3. Bilan</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;acide salicylique  :</p>
<ul>
<li> Est très efficace contre l&rsquo;espèce de cyanobactérie rouge présente.</li>
<li>Est efficace contre une algue rase brune non identifiée.</li>
<li>Est peu efficace contre les valonia.</li>
<li>Est inefficace contre les dinoflagellés <em>Prorocentrum sp.</em></li>
<li>Il n&rsquo;affecte pas  les coraux, poissons, vers filtreurs, ophiures ni les éponges. </li>
<li>Est sans effet sur le pH et le redox tout deux restés stables. </li>
</ul>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Ce traitement présente de nombreux avantages par rapport à d&rsquo;autres solutions. Il serait intéressant que d&rsquo;autres aquariophiles puissent faire part de leur expérience selon ce protocole afin de l&rsquo;améliorer si besoin. </p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2 class="align-j">En savoir plus</h2>
<ul>
<li>
    <a href="https://www.cabidigitallibrary.org/doi/full/10.5555/20173124381">Allelopathy inhibition of salicylic acid on <em>Microcystis aeruginosa</em></a>,  Hu LiJing et All.  Journal of Southern Agriculture, 2017, Vol. 48, No. 1, 169-173 ref. 31.</li>
<li>    <a href="https://ami-journals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1472-765X.2006.01951.x">Growth inhibition of bloom-forming cyanobacterium <em>Microcystis aeruginosa</em> by rice straw extract</a>, M.-H. Park et all. &#8211;    <span xml:lang="EN-US" data-contrast="auto" lang="EN-US"><span data-ccp-charstyle="Strong"><span xml:lang="EN-US" data-contrast="auto" lang="EN-US">Applied Microbiology</span></span></span>, 02/2006.</li>
<li>    <a href="https://www.mdpi.com/1660-4601/19/20/13415">Effects of Salicylic Acid on Heavy Metal Resistance in Eukaryotic Algae and Its Mechanisms</a>,    Tingting Zhang et All.  &#8211; Environ. Res. Public Health , 10/2022.</li>
<li>    <a href="https://www.mdpi.com/1660-4601/19/20/13415">Existing and emerging cyanocidal compounds: new perspectives for cyanobacterial bloom mitigation</a>, Hans C.  et all. &#8211; Aquat Ecol, 11/2016.</li>
<li><a href="file:///D:/Users/Denis Tournassat/Downloads/coraliechuberre3.pdf">Les microalgues : nouvelles sources de molécules élicitrices pour la   santé et la défense des plantes</a>, Coralie Chuberre &#8211; Thèse, 10/2019.</li>
<li><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0045653520311280">Influence of eugenol on algal growth, cell physiology of cyanobacteria Microcystis aeruginosa and its interaction with signaling molecules</a>, Pengcheng Zhao &#8211; 10/2020.</li>
<li><a href="https://www.mdpi.com/1660-4601/19/10/6320">Algal Inhibiting Effects of Salicylic Acid Sustained-Release Microspheres on Algae in Different Growth Cycles</a>, Ziqi Fan &#8211; Environ. Res. Public Health, 05/2022.</li>
<li><a href="https://aurore.unilim.fr/theses/nxfile/default/82354669-4494-47ae-8266-f601e4450b96/blobholder:0/2013LIMO4025.pdf">Evaluation de l&rsquo;impact des blooms algaux et d&rsquo;efflorescences bactériennes sur les caractéristiques de la matière organique des eaux naturelles</a>, Maud Lelou &#8211; Thèse, Université de Limoges, 12/2013</li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/eliminer-cyanobacteries-acide-salicylique/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-cyanobacteries-acide-salicylique/">Eliminer les cyanobactéries avec l&rsquo;acide salicylique</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Cyanobactéries en aquarium</title>
		<link>https://reeflexion.fr/cyanobacteries-aquarium/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2010 23:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[algue]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[cyanobacterie]]></category>
		<category><![CDATA[cyanophycée]]></category>
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		<category><![CDATA[traitement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les cyanobactéries, organismes vivants, autrefois appelées cyanophycées car les premières espèces découvertes étaient bleues, forment un embranchement au même titre que les bactéries, dans le grand groupe des procaryotes (dépourvus de noyau). Elles constituent un groupe très hétérogène dans leurs caractéristiques morphologiques et génétiques. Leur aptitude à réaliser la photosynthèse et donc de tirer leur [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Les cyanobactéries, organismes vivants, autrefois appelées cyanophycées car les premières espèces découvertes étaient bleues, forment un embranchement au même titre que les bactéries, dans le grand groupe des procaryotes (dépourvus de noyau). Elles constituent un groupe très hétérogène dans leurs caractéristiques morphologiques et génétiques. Leur aptitude à réaliser la photosynthèse et donc de tirer leur énergie à partir de la lumière (photoautotrophes), les différencie des bactéries strictes et les fait parfois injustement assimiler à des algues.</p>
<h2 class="align-j">1. Au commencement du monde</h2>
<p class="align-j">Les cyanobactéries,&nbsp; organismes primaires, sont apparus sur terre il y a plus de 3 milliards d&rsquo;années. Elles ont joué depuis et jouent encore un rôle primordial sur l&rsquo;évolution de notre planète :</p>
<figure class="figfloat"><img  alt="" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano3.jpg"></figure>
<ul class="align-j">
<li>La diversité des espèces de cyanobactéries leur a permis de coloniser de façon massive la grande majorité des écosystèmes terrestres ou aquatiques, des plus chauds aux plus froids, hypersalés, alcalins. Ce faisant, au fil des âges, la production massive de dioxygène (O<sub>2</sub>) par leur activité photosynthétique a contribué à modifier la constitution de l&rsquo;atmosphère terrestre, à l&rsquo;origine hostile, et permis l&rsquo;évolution de la vie vers des formes plus évoluées, algues, plantes, animaux ainsi que l&rsquo;existence même de l&rsquo;Homme.</li>
<li>Les cyanobactéries, constituant une bonne part du phytoplancton, contribuent fortement à la fixation en surface des océans, du dioxyde de carbone (CO<sub>2</sub>) atmosphérique. Ce rôle prend une importance majeure, aujourd&rsquo;hui, en raison de l&rsquo;accroissement de la production de ce gaz à effet de serre par les activités humaines.</li>
<li>Comme maillon essentiel dans les circuits de nutrition (réseaux trophiques) océaniques, elles contribuent grandement à la transformation du CO<sub>2</sub> en carbone (la pompe organique) et à son stockage dans les sédiments en profondeur des océans (les puits de carbone), en réserve pour les besoins futurs de la planète.</li>
</ul>
<p class="align-j">Pour l&rsquo;avenir, leurs propriétés permettent d&rsquo;entrevoir des débouchés capitaux tels que l&rsquo;utilisation à grande échelle des bactéries du genre <em>Arthrospira</em> (spirulines), très riches en protéines, en compléments alimentaires pour le traitement de la malnutrition ou la production de biocarburants dans des réacteurs dont les rendements surpasseront les cultures terrestres d&rsquo;oléagineux comme le tournesol ou le colza.</p>
<p class="align-j">Les cyanobactéries n&rsquo;auraient donc pas que des défauts comme les aquariophiles le laissent entendre ? Voyons ce qu&rsquo;il en est dans le milieu qui nous préoccupe.</p>
<h2>2. Les reconnaître dans nos aquariums</h2>
<p class="align-j">Photosynthétiques, les cyanobactéries suivent donc le cycle de la lumière mais à un rythme de reproduction extrêmement rapide propre aux bactéries. Ainsi, elles apparaissent le matin, recouvrent le substrat rapidement en cours de journée, la photosynthèse dégageant des bulles étincelantes enrichies d&rsquo;oxygène, et elles disparaissent le soir avec l&rsquo;atténuation de l&rsquo;éclairage. D&rsquo;aspect visqueux, parfois filamenteuses, leur couleur du jaune terne au noir en passant par différentes teintes de bleu-vert, bordeaux, brun, résulte de la présence de pigments variés : chlorophylles vertes, carotènes rouges et oranges, xanthophylles jaunes, phycocyanine bleue et phycoérythrine rouge. Elles se développent en formant des plaques plus ou moins denses sur le sable, les pierres et tout l&rsquo;espace environnant.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr); width: 70%;">
<figure class="figcolonne"><img  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano1.png"><figcaption class="figlegende">En aquarium, cyanobactéries rouges&#8230;</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano5.jpg"><figcaption class="figlegende">&#8230;vertes&#8230;</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano6.jpg"><figcaption class="figlegende">&#8230; marrons.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano7.jpg"><figcaption class="figlegende">Cyanobactéries en eau douce.</figcaption></figure>
</div>
<h2>3. Gênantes&#8230;</h2>
<p class="align-j">Leur effet visuel est désastreux et justifie que l&rsquo;on s&rsquo;en inquiète. Les cyanobactéries ne sont pas particulièrement gênantes pour la faune, cependant leur concentration augmentant, les toxines (cyanotoxines) libérées dans l&rsquo;environnement immédiat finissent par freiner la croissance des coraux et par les étouffer définitivement, tout comme les coraux entre eux mais on va le voir, de façon bien plus rapide.</p>
<h2>4. Modes d&rsquo;apparition et de développement</h2>
<p class="align-j">Les Cyanobactéries sont très tolérantes aux conditions extrêmes (chaleur, froid, pH, lumière, composition de l&rsquo;eau, dessication&#8230;) et lorsqu&rsquo;elles sont trop sévères, les souches peuvent entrer en dormance pour réapparaître bien plus tard. Elles sont donc certainement présentes dans tous les bacs, déjà à l&rsquo;introduction des pierres vivantes ou peuvent tout simplement, au profit d&rsquo;un courant d&rsquo;air, provenir de l&rsquo;espace extérieur environnant.</p>
<figure class="figfloat"><img  alt="" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano4.jpg"></figure>
<p class="align-j">Elles apparaissent fréquemment au démarrage du bac pour disparaître alors assez vite, naturellement, dans le cycle de démarrage. Mais on les observe également dans des bacs matures, elles sont alors beaucoup plus difficiles à éradiquer. En effet, comme l&rsquo;essentiel des organismes elles ont besoin d&rsquo;azote, celui issu du cycle de l&rsquo;azote (ammoniaque, nitrites, nitrates), mais contrairement à beaucoup d&rsquo;autres, elles sont capables de capter directement dans l&rsquo;eau le diazote (N<sub>2</sub>) qui leur est nécessaire, et mieux encore de le stocker plusieurs jours lorsqu&rsquo;elles en disposent en excès. C&rsquo;est la raison pour laquelle elles prolifèrent même dans des milieux sains, exempts de nitrates. Elles peuvent aussi synthétiser naturellement leurs propres chélateurs permettant de rendre les oligo-éléments nécessaires directement biodisponibles, et de manière plus ou moins régulée dans le temps, quand les organismes concurrents ont besoin de trouver ces chélateurs dans d&rsquo;autres sources. On le comprend, même dans un bac oligotrophe apparemment exempt de nutriments, les cyanobactéries disposent de certains avantages qu&rsquo;il est préférable de ne pas solliciter.</p>
<div class="commentaire pos-centre"><strong>Aller plus loin</strong>&#8230;Les Cyanobactéries disposent d&rsquo;une enzyme la nitrogénase. La propriété de cette enzyme est de réduire N<sub>2</sub> en NH<sub>3</sub>. Cette dernière est une ferroprotéine sensible à l&rsquo;oxygène, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;elle a besoin d&rsquo;oligoéléments tels que le Fer et le Molybdène (ou le Vanadium pour certaines) pour fonctionner.</p>
<p>L&rsquo;adjonction d&rsquo;oligo-éléments par le biais de sels, souvent en concentration élevée, ou de certaines solutions à corallines, peut favoriser le développement des cyanobactéries. D&rsquo;autant plus que la quantité de métaux nécessaire à la réaction enzymatique est très faible.</p>
<p>De même cette enzyme est sensible à de fortes proportions d&rsquo;oxygène. L&rsquo;activité de la nitrogénase est contrôlée par la concentration en oxygène qui peut endommager de manière irréversible l&rsquo;enzyme par oxydation. Ceci pourrait expliquer l&rsquo;efficacité d&rsquo;une augmentation du brassage par la sursaturation de l&rsquo;eau en oxygène (bien que l&rsquo;enzyme soit protégée par des cellules spécialisées). De la même façon, l&rsquo;augmentation du potentiel redox inhibe la nitrogénase. Cette augmentation peut être réalisée soit par adjonction d&rsquo;ozone soit par l&rsquo;ajout de permanganate de potassium. Toutefois, cette augmentation artificielle du potentiel redox peut induire, sur le plus ou moins long terme, une concurrence des bactéries qui participent au cycle de l&rsquo;azote. Après arrêt des traitements, cela peut se traduire par un développement&nbsp; des cyanobactéries.</p>
</div>
<p class="align-j">Elles se reproduisent rapidement de multiples manières : par division cellulaire, par bourgeonnement, par fragmentation ou scission multiple. De plus, elles produisent des fragments végétatifs spécialisés qui assurent leur flottaison pour faciliter leur propagation à tous les niveaux de la colonne d&rsquo;eau, là où les conditions sont favorables. Dans le milieu naturel, par temps calme, leur accumulation en surface sous formes d&rsquo;efflorescences est si importante que les eaux paraissent colorées, ce qui a valu son nom à la Mer Rouge. Elles sont également capables de se déplacer et de se déployer sur les supports par un mouvement de glissement. Cette situation est d&rsquo;autant plus préoccupante que, toxiques, elles sont délaissées par les animaux habituellement dédiés au nettoyage du substrat. D&rsquo;une manière générale, les cyanobactéries ont une «rétro-influence» chimique, physique et biologique sur l&rsquo;environnement (lumière, CO<sub>2</sub>, O<sub>2</sub>, N<sub>2</sub>, température, pH&#8230;), leur impact sur leur propre environnement est de nature à favoriser encore leur persistance et leur dominance dans le milieu. Cette capacité de développement est telle que l&rsquo;aquariophile aura tout intérêt à éviter les conditions de leur apparition.</p>
<table class="tableau" style="width: 60%;" align="center">
<caption class="tableau-titre">Leurs atouts pour l&rsquo;occupation du territoire</caption>
<tbody>
<tr>
<th scope="col" align="middle">Atouts</th>
<th scope="col" align="middle" width="15%">Algues</th>
<th scope="col" width="15%" aria-align="middle">Bactéries</th>
<th scope="col" align="middle" width="15%">Cyanobactéries</th>
</tr>
<tr>
<td>Tolérance aux dérives du milieu</td>
<td align="middle">**</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Capter directement l&rsquo;azote de l&rsquo;eau</td>
<td align="middle">**</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Stocker l&rsquo;azote</td>
<td align="middle">*</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Photosynthèse</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Capter la faible énergie lumineuse</td>
<td align="middle">*</td>
<td align="middle">*</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Modes de reproduction</td>
<td align="middle">***</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Modes de propagation</td>
<td align="middle">***</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Rapidité de propagation</td>
<td align="middle">***</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Capacité à décourager les prédateurs</td>
<td align="middle">*</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
<tr>
<td>Entrer en dormance pour se régénérer</td>
<td align="middle">**</td>
<td align="middle">*****</td>
<td align="middle">*****</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h2>5. Stratégie de lutte</h2>
<p class="align-j">Elles ont des atouts, déployons les nôtres de façon la plus cohérente possible. Leur apparition n&rsquo;échappe pas aux règles de la lutte entre les espèces : elle résulte d&rsquo;un déséquilibre qui leur devient favorable, soit qu&rsquo;on ait créé les conditions favorisant leur développement, soit que les conditions nuisent aux autres organismes avec lesquels elles entrent en compétition, c&rsquo;est-à-dire prioritairement les bactéries et dans une moindre mesure les algues. La place laissée par les unes profite aux autres.</p>
<p class="align-j">La guerre contre cette « peste rouge » consistera donc essentiellement à lutter contre les conditions de leur survie : <strong>les sources d&rsquo;énergie,</strong> tout en évitant de nuire, ou mieux, en développant les organismes concurrents, créant ainsi une <strong>concurrence alimentaire</strong>. Connaissant les interactions entre tous les organismes de notre mini bio-univers, le schéma qui suit le montre bien, c&rsquo;est un exercice d&rsquo;équilibriste, mais que l&rsquo;on se doit de réussir.</p>
<figure class="figcolonne pos-centre" style="width: 95%; max-width: 800px;"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano2.png" data-ipslightbox=""><img  alt="" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/cyanobacterie/cyano2.png"></a></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h2>6. Recherche des causes potentielles</h2>
<p class="align-j">Pas de panique, puisque le bac tournait convenablement avant leur venue, la situation actuelle est forcément liée à une dérive plus ou moins rapide d&rsquo;un ou plusieurs paramètres. Pour les éradiquer il faut faire le bilan de tout ce qui a pu évoluer. L&rsquo;apparition des bactéries n&rsquo;est pas soudaine, il ne faut pas négliger les évolutions qui ont pu naître au moins dans les 3 mois qui précèdent. Les courbes des tests seront les bienvenues, l&rsquo;analyse visuelle également à condition qu&rsquo;elle soit impartiale. On le voit dans le schéma, les causes potentielles sont multiples, à nous d&rsquo;identifier les plus probables ou au moins d&rsquo;évacuer les plus improbables.</p>
<p>Les causes sont variées, de manière non exhaustive on peut les lier à la dérive de la qualité de l&rsquo;eau, à des déséquilibres bactériens ou au système de maintenance lui-même. Comme tout fléau, la lutte contre les cyanobactéries ne se gagnera pas par des actions, certes nécessaires, menées dans l&rsquo;urgence. Ces algues reviendront et de plus belle manière encore, tant que ne seront pas trouvées les causes réelles de leur apparition. Trop souvent l&rsquo;aquariophile se contente d&rsquo;un plan d&rsquo;action standard et se désespère plus tard de son inefficacité. Non, le bac n&rsquo;est pas resté stable, non les paramètres ne sont pas tous bons, oui certains ont évolué, oui il s&rsquo;est passé quelque chose. Les pistes qui suivent sont données à titre indicatif, elles recèlent très probablement la solution, mais pas obligatoirement, chaque bac étant différent. A chacun ses investigations, la quête de ce Graal là mérite toute notre attention et toutes nos énergies.</p>
<h3>6.1. Supports et sédimentation</h3>
<p class="align-j">Les sédiments sont la principale cause d&rsquo;apparition des cyanobactéries. Ils s&rsquo;accumulent au fil du temps lorsque la maintenance se relâche et principalement dans des zones difficiles à atteindre, sur les pierres, dans leurs anfractuosités, sur le sable, et bien souvent sous le décor. Les cyanobactéries ne sont pas particulièrement gênantes pour la faune, cependant, piégeant de plus en plus de sédiments, la concentration de phosphates augmente localement, amplifiant leur croissance. A cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;action des bactéries, lesquelles, par libération d&rsquo;acide organique, peuvent faire diminuer le pH au niveau du sable et donc libérer le phosphate précipité, amplifiant ainsi la sédimentation.<br />
Ces phosphates sont malheureusement nocifs pour les coraux qui finissent par dépérir. Leurs tissus nécrosés viendront augmenter encore les nutriments azotés dont profitera l&rsquo;algue. On le voit, un cycle s&rsquo;installe de façon pernicieuse, et les cyanobactéries progressent. Sachant les difficultés à se débarrasser de ce fléau, la vigilance s&rsquo;impose.</p>
<h3>6.2. Qualité de l&rsquo;eau&#8230; C/N/P</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;eau doit bien entendu répondre aux exigences d&rsquo;un bac récifal et particulièrement les paramètres de nature à favoriser la croissance des coraux. Des aquariophiles ont pu remarquer qu&rsquo;il était préférable de maintenir l&rsquo;alcalinité vers 9-11 dKH, et le pH vers 8.2. On sait dans le milieu de la culture de la cyanobactérie <em>Arthrospira</em> (spiruline), que le calcium et le magnésium gênent sa croissance, ce qui confirmerait certaines recommandations de maintenir leur taux à des valeurs fortes : Ca &gt; 450 mg/l et Mg &gt; 1400 mg/l.</p>
<p class="align-j">La charge organique, a contrario, favorise leur prolifération, que son taux élevé soit dû à une pollution, aux processus métaboliques normaux, à des déficiences dans le traitement de l&rsquo;eau ou à l&rsquo;absence de concurrence végétale. Le taux de nitrates devrait être inférieur à 5 mg/l et les phosphates en deçà de 0.08 mg/l.</p>
<p class="align-j">Le métabolisme des organismes est en relation avec les nutriments à leur disposition, notamment le carbone (C), l&rsquo;azote (N) et le phosphore (P). On peut comprendre qu&rsquo;une dérive de ces derniers dans l&rsquo;eau de mer est de nature à carencer les organismes tout en profitant à d&rsquo;autres, auparavant contenus, comme les cyanobactéries. Les scientifiques ont pu mesurer cette relation dans les cellules des organismes, par exemple dans la composition du plancton marin (ratio de Redfield).<br />
En aquarium récifal la situation est moins précise. On retiend qu&rsquo;il est préférable de conserver un certain équilibre entre C/N/P. Une inversion de N et P dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium reflète un dysfonctionnement souvent traduit par l&rsquo;apparition de cyanobactéries. L&rsquo;expérience conseille de maintenir un ratio N/P de 100/1 à 150/1 exprimé en mg/l, comme le précise l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/">C:N:P Redfield est-il aquariophile</a>.</p>
<h3>6.3. Éclairement</h3>
<p class="align-j">Le caractère photosynthétique des cyanobactéries ne peut échapper, tant leur propagation au cours de la journée est perceptible. On l&rsquo;a vu, l&rsquo;énergie de la lumière est utilisée par ces bactéries pour synthétiser chimiquement le dioxyde de carbone et les sels minéraux (nitrates, phosphates) présents dans l&rsquo;eau en glucides nécessaires à leur survie. Les pigments photosynthétiques (chlorophylle <em>a</em> et <em>b</em> et des caroténoïdes) absorbent certaines longueurs d&rsquo;ondes plus efficacement que d&rsquo;autres. D&rsquo;ailleurs, certains de ces pigments étant plus adaptés à la profondeur, les cyanobactéries réagissent différemment selon l&rsquo;intensité ou le spectre délivré.</p>
<h3>6.4. Population bactérienne</h3>
<p class="align-j">Pour son bon fonctionnement, le bac nécessite une flore bactérienne variée. Même si au démarrage les pierres vivantes apportent les souches assurant son équilibre, les aléas durant son évolution conduisent à réduire le spectre des espèces bactériennes. De faibles dérives suffisent pour que ces souches indésirables, contenues jusqu&rsquo;alors, prennent le dessus.</p>
<h2>7. Plan d&rsquo;action</h2>
<p class="align-j">Voici une liste d&rsquo;actions donnée dans le désordre, sans distinction du caractère curatif ou préventif ou des priorités propres à chaque installation et à l&rsquo;urgence. Peu importe, l&rsquo;essentiel est l&rsquo;éradication des cyanobactéries. Mais comme je l&rsquo;ai rappelé plus haut, au-delà de leur simple mise en œuvre, il faut profiter de ce plan d&rsquo;action pour en déceler les effets, hiérarchiser les impacts pour déterminer la ou les causes principales à l&rsquo;origine du désordre. C&rsquo;est la condition pour en éviter le renouvellement et améliorer la maîtrise de son aquarium.</p>
<h3>7.1. Equilibre N et P</h3>
<p class="align-j">Si besoin remonter les nitrates avec du nitrate de calcium ou de potassium, ou des produits du commerce de type nitrate plus. Baisser les phosphates avec des traitements ferriques (oxyde de fer) et les conserver à bas niveau avec une nourriture adaptée.</p>
<h3>7.2. Réacteur à hydroxyde</h3>
<p class="align-j">Parmi les moyens de supplémentation en calcium et carbonates, l&rsquo;ajout d&rsquo;hydroxyde permet d&rsquo;augmenter le pH et donc diminue la concentration en CO<sub>2</sub>. Mais attention, la qualité de l&rsquo;hydroxyde peut induire une accumulation d&rsquo;éléments indésirables et les dérives de fonctionnement du RAH peuvent amplifier la précipitation. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de passer en revue le réacteur, de le nettoyer et vérifier que l&rsquo;eau de chaux en sortie atteint bien les caractéristiques attendues.</p>
<h3>7.3. Réacteur à calcaire</h3>
<p class="align-j">Le réacteur à calcaire, on le sait, sait se faire oublier. Mais le substrat contient-il des phosphates et la charge est-elle suffisante ? Le RAC ne délivre t&rsquo;il pas un excès de CO2 indétectable, dont vont se repaître nos cyanobactéries, à l&rsquo;occasion par exemple d&rsquo;une augmentation du débit du gaz, de celui de la circulation d&rsquo;eau, d&rsquo;une fuite de l&rsquo;électrovanne, ou plus simplement d&rsquo;un déréglage du pH-mètre ?</p>
<h3>7.4. Chauffage et refroidissement</h3>
<p class="align-j">On a pu constater que les cyanobactéries se développaient plus en été. Les hausses de température en cette saison sont de nature à déclencher leur apparition et leur prolifération. En effet, leur optimum de croissance est meilleur que les autres organismes photosynthétiques à des températures plus élevées. La température moyenne n&rsquo;est-elle pas excessive, et n&rsquo;y a t&rsquo;il pas de brusques variations ou des amplitudes importantes ? La régulation de la température est un paramètre important que l&rsquo;on confie pourtant à des thermoplongeurs bien souvent peu fiables. Connaissez vous seulement vos fluctuations jour-nuit ?</p>
<h3>7.5. Faune détritivore</h3>
<p class="align-j">On ne connaît malheureusement pas d&rsquo;animal, disponible dans le commerce, se nourrissant des cyanobactéries, cependant on peut s&rsquo;assurer que la faune utile détritivore, celle qui remue ou nettoie le sable (étoiles de mer, holothuries, escargots, gobies, …), celle qui nettoie les pierres et leurs anfractuosités (Bernard l&rsquo;Hermite, crabes, Parupenus…), est encore présente, variée et en quantité suffisante.</p>
<h3>7.6. Clochage, tempêtes</h3>
<p class="align-j">On a pu miser sur l&rsquo;action biologique des détritivores pour nettoyer les sédiments, le résultat est il seulement atteint ? Que ce soit pour traiter l&rsquo;invasion ou préventivement, on peut nettoyer les sédiments partout où ils se localisent préférentiellement : à la surface du décor, tout autant qu&rsquo;à l&rsquo;intérieur de celui-ci, dans les anfractuosités ou au bord du décor, c&rsquo;est à dire à proximité des pierres vivantes. Les décors aérés verticaux sont, sur ce point, préférables aux pierres plates horizontales, les poissons se chargeant de faire tomber les dépôts à chaque passage.</p>
<p class="align-j">Avec une pompe, on peut réaliser des mini « tempêtes » sur les décors. Puis dégager les sédiments accumulés sous les pierres. Les installations de bacs berlinois pourront, pour cette raison, être conçues avec des décors surélevés (plots naturels) permetttant l&rsquo;action des détritivores limivores. Contrairement à l&rsquo;utilisation de DSB ou à la méthode Jaubert, la méthode berlinoise permet d&rsquo;aspirer le sable par clochage, selon le besoin, localement ou en profondeur et en plusieurs étapes afin de ne pas trop déséquilibrer la population bactérienne. Le sable cloché, concentré en bactéries pathogènes, ne doit pas retourner directement dans l&rsquo;eau. Le sable infesté pourra être lavé plus intensément. L&rsquo;opération, bien que fastidieuse, devra être répétée régulièrement durant l&rsquo;invasion. On pourra selon la régression, siphonner uniquement les îlots d&rsquo;algues.</p>
<h3>7.7. Filtration</h3>
<p class="align-j">Durant la lutte, procéder à des nettoyages fréquents des filtres mécaniques.</p>
<h3>7.8. Brassage</h3>
<p class="align-j">Le brassage doit être suffisant pour maintenir en suspension les sédiments qui pourront être évacués vers la cuve technique. Les flux larges qui traitent de grands volumes sont préférables. Nettoyer les pompes encrassées devenues moins efficaces. Repenser si besoin le brassage en fonction de la pousse des coraux de façon à atteindre toutes les parties du décor sans laisser de zones mortes. Les systèmes dynamiques, permettant de modifier l&rsquo;intensité, la fréquence et l&rsquo;orientation des flux de brassage tels que les contrôleurs, programmateurs, oscillateurs ou répartiteurs de flux automatiques s&rsquo;avèrent ici bien utiles.</p>
<h3>7.9. Révision des équipements</h3>
<p class="align-j">On en a repoussé un peu trop l&rsquo;échéance, c&rsquo;est le moment de nettoyer le système de brassage et de filtration, la cuve technique et plus particulièrement son compartiment de décantation.</p>
<h3>7.10. Nourrissage</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;alimentation doit être juste suffisamment dosée. Dans cette période critique, privilégier les nourritures non polluantes. Entre nourriture en paillettes, granulés ou congelés, choisir celle qui sera consommée totalement par la faune et la microfaune. Le congelé semble globalement mieux assimilé. Limiter l&rsquo;apport d&rsquo;acides aminés, en effet, l&rsquo;azote présent dans ces molécules est très facilement assimilable par les bactéries et de nature à développer leur population.</p>
<h3>7.11. Population importante</h3>
<p class="align-j">La biomasse d&rsquo;animaux pollueurs a pu augmenter au fil du temps. Si l&rsquo;équipement (ou plus globalement le système de maintenance) devient inadapté, il est peut être bon de la revoir à la baisse en offrant un autre habitat plus approprié aux quelques poissons devenus imposants.</p>
<h3>7.12. Repenser le système de maintenance</h3>
<p class="align-j">Nous pensons avoir mis en place un système suffisamment fiable pour répondre aux exigences de nos coraux, et pourtant les équipements vieillissent, leurs performances évoluent, les appareils de mesure se dérèglent, les régulateurs ne compensent pas les fortes fluctuations saisonnières… La lumière et les variations de température sont connues pour influer sur la prolifération des cyanobactéries, elles ne sont probablement pas les seules.</p>
<h3>7.13. Écumage</h3>
<p class="align-j">C&rsquo;est dans ces moments de lutte que l&rsquo;on se félicite d&rsquo;avoir choisi un écumeur correctement dimensionné et réglé. Encore faut-il conserver ses performances&nbsp;en&nbsp;nettoyant régulièrement le godet, la chambre d&rsquo;assèchement puis les rotors, sans oublier l&rsquo;aspiration et les tubes du circuit d&rsquo;air qui se colmatent progressivement.</p>
<h3>7.14. Changements d&rsquo;eau</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;eau se charge de matières organiques pas forcément prises en charge par l&rsquo;écumeur, surtout si la fréquence des renouvellements d&rsquo;eau est faible. Le nettoyage du bac étant effectué, on pourra procéder à un bon changement d&rsquo;eau avec un sel non enrichi en oligo-éléments.</p>
<h3>7.15. Eau d&rsquo;appoint</h3>
<p class="align-j">En l&rsquo;absence de traitement de filtration adapté, l&rsquo;eau d&rsquo;appoint (eau de mer, eau de pluie, eau de puisage, eau de ville&#8230;) peut évoluer selon les conditions de prélèvement (marées, tempêtes, bacs de récupération&#8230;) , les lieux (estuaires, zones agricoles&#8230;), les saisons (été / hiver) et peut être chargée de matières organiques dissoutes.</p>
<h3>7.16. Osmoseur</h3>
<p class="align-j">Au-delà des préconisations des constructeurs sur la durée des filtres et membranes, seuls les tests seront nos juges de paix. Au fait, quels sont les taux des PO4 et NO3 en sortie ?</p>
<h3>7.17. Anti-phosphates</h3>
<p class="align-j">Durant la phase de nettoyage du bac, des phosphates seront inévitablement relargués dans l&rsquo;eau, on pourra donc judicieusement utiliser un produit anti-phosphates. Le traitement pourra être maintenu durant 2 à 3 mois, le temps de la crise. L&rsquo;excès de phosphates étant l&rsquo;une des principales causes de l&rsquo;apparition des cyanobactéries, on peut aussi traiter préventivement et régulièrement tous les mois selon un protocole (référence du matériau, durée, fréquence, usage passif, circulation forcée, lit fluidisé…) adapté à son installation. Le taux bien inférieur à 0.1 mg/l devra tendre vers zéro, il en restera toujours assez pour les algues supérieures et les zooxanthelles de nos coraux. Même si aucun de nos tests aquariophiles ne mesure la totalité des phosphates présents dans le bac, ce suivi reste instructif pour suivre l&rsquo;efficacité des traitements&#8230; encore faut-il que le test soit suffisamment sensible et reproductible, le protocole de mesure fiable et rigoureusement respecté pour en tirer des enseignements. Autant dire que les tests colorimétriques ne sont dans le cas présent d&rsquo;aucune utilité.</p>
<h3>7.18. Ampoules et photopériode</h3>
<p class="align-j">Les cyanobactéries préféreraient les lumières faibles. La solution de couper l&rsquo;éclairage plusieurs jours n&rsquo;est pas satisfaisante, outre que cela indisposerait les coraux photosynthétiques, les cyanobactéries disparaîtraient pour revenir plus tard. La réduction de la photopériode peut contribuer à réduire la source d&rsquo;énergie des cyanobactéries. A contrario, la source lumineuse aura peut-être vieilli, son spectre aura évolué, on pourra changer les ampoules pour des neuves en adaptant progressivement l&rsquo;aquarium à la nouvelle ambiance, sans perdre de vue que le soleil plus ou moins direct peut avoir des effets saisonniers sur l&rsquo;illumination du bac.</p>
<h3>7.19. Ensemencement bactérien</h3>
<p class="align-j">Un réensemencement de souches variées de bactéries permettra, en rééquilibrant la faune bactérienne, de concurrencer les cyanobactéries indésirables.</p>
<h3>7.20. Espace algual</h3>
<p class="align-j">La concurrence alimentaire suppose le développement des algues. C&rsquo;est le moment d&rsquo;implanter si besoin des souches d&rsquo;algues supérieures en masse, dans un refuge dédié ou dans le bac, et pourquoi pas de favoriser la pousse des micro-algues, sur les vitres par exemple, avec l&rsquo;iode et la nourriture juste nécessaires. Le magnésium au-delà de 1300 mg/l favorise la pousse des algues calcaires, coralline ou Halimeda qui contribueront à la compétition.</p>
<h3>7.21. Traitements chimiques</h3>
<p class="align-j">Ultime recours lorsque l&rsquo;invasion met en péril la population corallienne. Les traitements chimiques sont controversés tant les risques de dérégler plus encore l&rsquo;équilibre bactérien du bac sont importants. Même si le traitement réussit avec des antibiotiques à spectre étroit, le déséquilibre sera réel et quelques mois seront parfois nécessaires pour retrouver une situation stable. Les souches auront peut être disparu, mais pas les causes d&rsquo;apparition&#8230;</p>
<p class="align-j">Rappelons que les antibiotiques ne devraient pas être utilisés à outrance, les bactéries devenant résistantes. Ils ne doivent pas être rejetés sans désactivation, par exemple avec de l&rsquo;eau de javel.</p>
<p class="align-j"><strong>Antibiotique érythromycine</strong> : en se fixant sur les ribosomes bactériens, l’érythromycine inhibe la synthèse protéique des bactéries, y compris les cyanobactéries, affectant ainsi leur survie et leur reproduction. L&rsquo;antibiotique est efficace en un seul traitement contre de nombreuses espèces de cyanos. Ce serait également le principe actif du produit Chemiclean.</p>
<ol>
<li style="list-style-type: none;">
<ol>
<li><strong>Doser&nbsp;l&rsquo;érythromycine</strong> à raison de 2&nbsp;mg/l (2 g pour 1000 litres), en poudre ou comprimés 500&nbsp;mg. Á ce faible dosage, les bactéries ne sont quasiment pas impactées, seules les cyanobactéries plus sensibles.</li>
<li><strong>Stopper les traitements</strong> UV, ozone et tout procédé oxydant.</li>
<li><strong>Verser l&rsquo;érythromycine</strong> devant la pompe de remontée. La poudre est très hydrophobe, elle se disperse après quelques minutes.</li>
<li>L’érythromycine modifie la tensioactivité de l’eau et l’écumeur s’emballe vite envahissant la cuve technique d&rsquo;écume. <strong>Réduire la formation d&rsquo;écume</strong> dans le godet par différents moyens : couper l’écumeur ; le surélever ; entrouvrir légèrement la base du godet ; pincer l’arrivée d’air pour contenir le niveau d&rsquo;écume.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p>Après 24h</p>
<ol>
<li><strong>Remettre en route l&rsquo;écumeur, </strong> ou dans sa configuration d&rsquo;origine quand l’écumage redevient normal.</li>
<li><strong>Remettre en fonction les traitements</strong> divers. L&rsquo;UV détruit l’érythromycine fragile.</li>
<li>Placer du <strong>charbon actif</strong> neuf en mode passif.</li>
<li>Si besoin, <strong>remettre à niveau NO3/PO4</strong>.</li>
<li><strong>Reconstituer le panel de bactéries</strong> probiotiques en combinant plusieurs marques.</li>
</ol>
<p>Les cyanobactéries disparaissent après 2 à 3 jours; Sans danger pour le bac. Aucun effet visible sur les organismes vivants (coraux, autres invertébrés).</p>
<p class="align-j"><strong>Acide salicylique</strong> : le <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-cyanobacteries-acide-salicylique/">traitement à l&rsquo;acide salicylique</a> sur 5 jours s&rsquo;avère simple, efficace, durable, sans perte apparente d&rsquo;invertébré.</p>
<p class="align-j"><strong>Chloramphénicol : </strong>Des aquariophiles, suivant les préconisations de Peter Wilkens, ont pu obtenir des résultats satisfaisants sans effet néfaste pour les coraux selon le protocole suivant : Chloramphénicol pour injection, 750 mg pour 100 litres d&rsquo;eau, suivi au bout de trois jours d&rsquo;un traitement au charbon activé et d&rsquo;une aspiration jour après jour des plaques de cyanobactéries qui blanchissent et d&rsquo;un changement d&rsquo;eau de 30%. Puis renouvellement du traitement 4 semaines plus tard. Cet antibiotique présentant un risque d&rsquo;allergie grave en cas d&rsquo;inhalation ou de piqûre, il ne peut être utilisé que par des personnes averties.</p>
<p class="align-j"><strong>Permanganate de potassium</strong> : Contre les <strong>dinoflagellés</strong> et <strong>cyanobactéries</strong>, on préconise l&rsquo;utilisation d&rsquo;une solution à 1‰ de permanganate de potassium (1&nbsp;gramme KMnO4 par litre d&rsquo;eau osmosée) à raison de 5 x 5 ml par 100 L d&rsquo;eau du bac, c&rsquo;est à dire toutes les 3 heures. Le total quotidien 25 millitres de solution représente 0,25&nbsp;mg KMnO4 / l / j. La duré du traitement de 4 à 5 jours peut se poursuivre si besoin. Son pouvoir oxydant sur les matières organiques est observable par l&rsquo;encrassement rapide du filtre, sur le potentiel redox et la disparition des cyanobactéries. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;une méthode curative, à ne pas renouveler souvent ni surdoser au risque de dégâts irréversibles. Arrêter lorsque le redox retrouve le niveau habituel du bac. Malheureusement elle ne résout en rien le problème de fond, les algues reviendront tôt ou tard si les vraies causes ne sont pas résolues.</p>
<p class="align-j"><strong>Peroxyde d&rsquo;hydrogène</strong> : 2.7 ml H<sub>2</sub>0<sub>2</sub> à 3% (10&nbsp;vol) par 100 litres durant 5 jours.</p>
<p class="align-j"><strong>Antired d&rsquo;Aquamedic</strong> semble puissant avec une efficacité toute relative à long terme, les coraux et poissons peuvent souffrir fortement de la toxicité des cyanobactéries se désintégrant en masse. D&rsquo;autres produits du commerce ont été utilisés tels que Mycosidol de Colombo Cerfopor.</p>
<h2>8. Efficacité du plan d&rsquo;action</h2>
<p class="align-j">Le plan d&rsquo;action arrive à son terme. Les plaques se font déjà moins grandes, les algues commencent à pâlir et s&rsquo;étirer en filaments, signes que leur énergie devient insuffisante pour coloniser le substrat… La victoire est donc proche. On ne sort pas indemne de ce genre de long combat, mais certainement plus fort. En effet, après une telle expérience, les causes d&rsquo;apparition et de développement étant mieux comprises, les cyanobactéries deviennent un formidable bio-indicateur visuel du fonctionnement du bac. N&rsquo;oublions pas que les souches entrent en « dormance » pour mieux réapparaître le moment venu.</p>
<h2>9. Mon expérience</h2>
<h3>Premier cas</h3>
<p class="align-j">Une première prolifération de cyanobactéries est apparue au début de l&rsquo;année 2009, le sol a été très progressivement envahi d&rsquo;un tapis rouge. Il aura fallu un mois pour me rendre à l&rsquo;évidence : le phénomène n&rsquo;était pas passager et allait en empirant. Les nombreuses recherches, qui me valent cette synthèse, ont pris plusieurs semaines durant lesquelles mes actions étaient assez dispersées, sans résultat probant. J&rsquo;étais prêt à employer les dernières cartouches, chimiques. Puis un jour, au retour d&rsquo;une semaine de vacances, quelle ne fut pas ma surprise de ne plus voir une seule trace de cyanobactéries ! A postériori, l&rsquo;enchaînement des événements devenait un peu plus clair et je percevais mieux les raisons de mes tâtonnements et les effets de mes actions. Bon sang, mais c&rsquo;est bien sûr, pourquoi n&rsquo;avais-je pas été plus méthodique ?</p>
<p class="align-j">J&rsquo;avais pu identifier une série d&rsquo;événements avant l&rsquo;invasion : j&rsquo;avais changé mes ampoules HQI puis plus tard les tubes T5, en ces fêtes de fin d&rsquo;année j&rsquo;avais reporté mon changement d&rsquo;eau mensuel d&rsquo;un mois, et comme je n&rsquo;introduis des bactéries qu&rsquo;après mes changements d&rsquo;eau&#8230; Les détritivores ne se bousculaient plus vraiment, l&rsquo;introduction d&rsquo;un <em>Ostracion meleagris</em> m&rsquo;avait aussi poussé à augmenter les distributions de nourriture. Bref, les tests donnant des valeurs étales, je ne pouvais incriminer la qualité de l&rsquo;eau. Je pensais tenir dans cet inventaire les causes potentielles de mon malheur.</p>
<p class="align-j">Les changements d&rsquo;eau qui ont suivi, l&rsquo;adjonction de bactéries, la mort de l&rsquo;Ostracion et parallèlement la réduction de nourriture, le passage à mes anciennes ampoules, les tempêtes, les clochages du sable&#8230; rien n&rsquo;y faisait. Quelques temps plus tard, pour tester l&rsquo;idée lue ça et là que nos bacs étaient parfois sur-éclairés, je réduisais la photopériode de 20% puis en désespoir de cause j&rsquo;arrêtais tout ajout et notamment les acides aminés. La quinzaine qui a suivi a sonné le glas des cyanobactéries.</p>
<p class="align-j">Qu&rsquo;en déduire ? Que mon inventaire initial avait été incomplet. Je n&rsquo;avais pas évoqué le changement d&rsquo;acides aminés que je distribuais régulièrement. La nouvelle marque utilisée était bien plus concentrée et j&rsquo;en avais, sans m&rsquo;en apercevoir, plus que doublé le volume. L&rsquo;arrêt des ajouts et la réduction de la photopériode avait certainement réduit les sources d&rsquo;énergie de mes cyanobactéries au point de les faire régresser. Le métabolisme des bactéries est rapide, leur disparition a donc été brutale. Depuis, j&rsquo;ai repris une distribution ajustée des acides aminés, remis mes ampoules neuves tout en conservant une photopériode réduite. Elles ne sont pas réapparues un an plus tard, mais ma vigilance reste aiguë.</p>
<p>Dans votre propre lutte, cette synthèse vous sera j&rsquo;espère utile, peut être avez-vous décelé des facteurs importants. Je serais heureux de compléter cet article avec vos suggestions.</p>
<h3>Second cas</h3>
<p>Le dernier cas en 2023 a été dramatique. L&rsquo;invasion de cyanobactéries s&rsquo;est poursuivie par des épisodes de dinoflagellés puis la mort de quelques brouteurs (poisson et invertébrés) et de coraux du fait des stress prolongés. C&rsquo;est dire que les cyanobactéries ne sont pas à prendre à la légère. L&rsquo;invasion est apparu après un redémarrage du bac avec pierres mortes et un taux très faible et prolongé de phosphates et nitrates. L&rsquo;équilibre N et P a été très long à retrouver, même après ajouts de nitrate de calcium. Aujourd&rsquo;hui, les cyanos ont disparu et es réapparition sont toujours liées à une baisse des nitrates proches de zéro, le taux de phospahates oscillant entre 0.03 et 0,08&nbsp;mg/l.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>En savoir plus</strong></h3>
<ul>
<li>Alain Tortey. <em>Les cyanobactéries. </em> DVD <a href="http://www.opontheroad.com/">Océan Passion On the Road n° 20</a>, Les Productions de la Lanterne, juin 2009</li>
<li>J. Charles Delbeek et Julian Sprung. <em>L&rsquo;aquarium Récifal</em> vol 1, 2 et 3 &#8211;</li>
<li>Dr Annick Wilmotte. <a href="http://www2.ulg.ac.be/sciences/pedagogique/dossierpds2007/cyano1.pdf"><em>Les cyanobactéries : comment exploiter au mieux la lumière ?</em></a> CIP, Université de Liège</li>
<li>Fabrice Poiraud-lambert. <a href="http://www.recif-france.com/Articles/FPL/ExplosionAlgues.php"><em>Les explosions d&rsquo;algues, une fatalité</em></a><em> ?</em> Récif france (2007)</li>
<li>Isabelle Lavoie, Isabelle Laurion, Warwick Vincent. <a href="http://www.ete.inrs.ca/doc/Cyanobacteries_revue_litterature_vulgarisee.pdf"><em>Les fleurs d&rsquo;eau de cyanobactéries</em></a>. INRS, Université du Québec (2007)</li>
<li><a href="http://www-cyanosite.bio.purdue.edu/index.html">Cyanosite</a> &#8211; A Webserver for Cyanobacterial Research</li>
<li>S. Fournier. <em>Le rapport de Redfield</em>. ZebrasO&rsquo;mag n° 34. Animalia Editions, aout, septembre, octobre 2015.</li>
</ul>
<h3>&nbsp;</h3>
<p class="align-j">Tous mes remerciemenst à Olivier SOULAT pour son expertise et à Bruno MAGLIANO et Régis LAPORTE pour leurs photos.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p align="right">&nbsp;</p>
<p class="align-c"><em>Article publié sur Cap Récifal le 17 novembre 2010</em></p>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/cyanobacteries-aquarium/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/cyanobacteries-aquarium/">Cyanobactéries en aquarium</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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