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	<title>Archives des récifal - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
	<lastBuildDate>Mon, 04 Nov 2024 22:48:35 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des récifal - Reeflexions</title>
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	<item>
		<title>Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 23:36:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l&#8217;aquarium ou en bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l&#8217;aquarium présente [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l&rsquo;aquarium ou en   bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l&rsquo;aquarium présente quelques avantages.  Cet article explore les raisons qui peuvent conduire à ce type de traitement, les produits, leur champ d&rsquo;action et les modes opératoires à mettre en œuvre.</p>
<h2>1. Pourquoi traiter en bain  et quels organismes</h2>
<p class="align-j">Indépendamment de la maintenance régulière de l&rsquo;aquarium, on peut vouloir agir ponctuellement sur un spécimen de corail précis. Le trempage (ang. <em>Dip</em>) du corail infecté en bain annexe permet d&rsquo;agir vite, sans interférer avec l&rsquo;aquarium. Un même bain peut également répondre à plusieurs objectifs.</p>
<p class="align-j">Il est facile de tremper une petite bouture à son arrivée. Ça l&rsquo;est moins quand le corail a pris du volume dans l&rsquo;aquarium, et encore moins quand il est fixé au décor. Dans une logique de traitements en bains, il est intéressant de concevoir l&rsquo;agencement de manière démontable, par exemple avec des roches en éléments facilement retirés et remis en place, des plots simplement enchassés dans le décor&#8230;</p>
<p class="align-j">Les raisons  d&rsquo;un traitement en bain sont diverses, et peuvent impliquer des organismes aux comportements très différents. <a href="https://reeflexion.fr/choisir-un-microscope/">Un microscope</a> permet de mieux cibler l&rsquo;organisme à éliminer. Voyons les cas les plus fréquents&nbsp;:</p>
<h3>1.1. Traitement préventif d&rsquo;accueil</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Un bac de quarantaine pour coraux peut être très simple.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Il existe des parasites plus ou moins redoutés. Certains sont effectivement si redoutables qu&rsquo;ils peuvent conduire à l&rsquo;agonie d&rsquo;un aquarium et l&rsquo;abandon définitif du propriétaire. Ce risque  important devrait conduire tout aquariophile récifal à réaliser un traitement préventif à l&rsquo;accueil du corail avant sa mise en quarantaine dans un bac dédié, le temps d&rsquo;observer son comportement.</p>
<h3>1.2. Invasion de parasites</h3>
<p class="align-j">Une invasion  peut être récente, sans effet délétère encore perceptible, mais potentiellement  cause de stress dont les effets à plus long terme pourraient se traduire par la perte du spécimen.</p>
<p class="align-j"><strong>De  nombreux parasites</strong> peuvent être observés sur les coraux. On s&rsquo;intéresse ici, plutôt à ceux qui occasionnent des stress ou des maladies à leurs  hôtes&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Plathelminthes</strong> : ces <strong>vers plats</strong> tels que les turbellariés ou <strong>planaires</strong>, peuvent agresser les Acropora (ang. AEFW&nbsp; : <em>Acropora Eating Flatworms</em>) comme le planaire d&rsquo;Acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>. Ils se nourrissent du tissu corallien, provoquant des nécroses visibles sous forme de taches blanches, et peuvent sérieusement affaiblir, voire tuer les colonies infestées. Ces parasites sont difficiles à détecter en raison de leur mimétisme et de leur capacité à se dissimuler sous les branches de corail. <br />
    Certaines espèces de vers plats, <em>Pseudoceros</em> ou <em>Convolutriloba</em>, bien que non considérés comme de véritables parasites, peuvent  entraîner la dégradation des tissus  de coraux LPS affaiblis. </li>
<li> <strong>Nudibranches</strong> : ils se nourrissent du tissu externe des coraux  en le grattant. Les signes d&rsquo;infestation incluent des taches blanches ou décolorées, des zones dénudées  ou nécrosées  qui dénotent l&rsquo;affaiblissement des colonies, une baisse de vitalité du corail. On peut observer parfois des œufs sous forme de petites spirales blanches à la surface des coraux. Leur petite taille de quelques millimètres, et leur capacité à se fondre visuellement sur les tissus de leurs hôtes, rendent leur détection difficile. <br />
  On connait <em>Phestilla minor </em>parasite des Montipora (Cf. <a href="https://www.cap-recifal.com/articles.html/vivant/coraux-durs-et-invertébrés-parasitaires-r77/">Coraux durs et invertébrés parasitaires</a>),  ceux des Zoanthus et d&rsquo;autres inféodés aux coraux mous, tels que les <em>Sarcophyton</em> et <em>Sinularia</em>. </li>
<li> <strong>Gastéropodes</strong> : les escargots   du genre <em>Drupella</em>, sont souvent de petite taille, avec une coquille spiralée de  couleur  blanche à brune, avec des motifs   permettant leur camouflage. Carnivores, ils se nourrissent de tissus de coraux durs <em>Acropora</em>, <em>Montipora</em>, <em>Porites</em>, <em>Pocillopora, </em>voire <em>Fungia</em>. Ils grignottent la surface des coraux avec leur radula, provoquant  la  décoloration et la dégradation des tissus coralliens. Les coraux deviennent plus vulnérables à d&rsquo;autres stress ou infections. </li>
<li> <strong>Copépodes</strong> :  il existe une très grande diversité  de copépodes (ang. <em>bug</em> : puces) inféodés à leurs espèces de coraux hôtes, notamment des scléractiniaires (LPS, SPS). Les copépodes en question sont parasites et se développent au dépend de leur hôte, fixés sur le tégument (ectoparasites) par des crochets et/ou ventouse, ou plongés dans les cavités gastrovasculaires (endoparasites). Ils se nourrissent directement ou par l&rsquo;intermédiaire de pièces buccales qui peuvent s&rsquo;allonger en trompe suceuse ou piqueuse. Bien  moins fréquents que les nudibranches, on en trouve sur les <em> Acropora</em> (<em>red bug</em>, <em>black bug</em>, <em>white bug</em>) tels que <em>Tegastes acroporanus</em> et <em>Alteuthellopsis caorallina</em> et moins fréquemment sur <em>Stylophora</em>, <em>Pocillopora</em> et <em>Seriatopora</em>. Ils  s&rsquo;attaquent aux tissus et aux polypes des  coraux hôtes. De petite taille de  quelques dixièmes de millimètres, ils sont  invisibles à l&rsquo;œil nu. On détecte leur présence par la décoloration et la  perte de tissus  source de stress. 
  </li>
<li> <strong>Isopodes et amphipodes</strong><em> : </em>moins communément, certaines espèces  parasitent également les coraux.</li>
<li><strong>Araignée de zoanthus</strong> : ce sont des chélicères<strong>,</strong> proche des araignées, mesurant quelques millimètres, à corps plat segmenté, dotés de quatre paires de pattes. Ils vivent   près du littoral. La plupart  sont carnivores et mangent  éponges,  coraux,  anémones&#8230; aspirant les tissus avec leur trompe ou arrachant des petits morceaux avec leurs pinces chélicères.
  </li>
<li> <strong>Protozaires</strong> : ces microrganismes  sont essentiellement des prédateurs opportunistes, profitant  de l&rsquo;affaiblissement induit par une infection bactérienne. Par exemple : <em>Helicostoma nonatum</em> est associé à la maladie de la gelée brune, <em>Pseudomicrothorax</em> à des nécroses et <em>Philaster</em> sp. s&rsquo;observe dans les  nécroses rapides (RTN) des coraux durs. </li>
<li> <strong><a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Dinoflagellés</a></strong> : ils affectent les coraux par leur présence, certaines espèces libérant des toxines dans leur environnement. L&rsquo;envahissement est alors global et le bain ne sera pas la solution ultime, seulement un moyen  de traiter un corail que l&rsquo;on souhaite isoler de l&rsquo;invasion générale. </li>
<li> <strong>Champignons</strong> : des aspergiloses, actuellement non observées en aquarium, affectent régulièrement  des octocoralliaires<strong> </strong>dans les  Caraïbes, notamment les  gorgones <em>Gorgonia flabellum</em> et <em>G. ventalina</em>. </li>
<li> <strong>Polychètes</strong> : ces vers annélides (segmentés en anneaux) sont des prédateurs errants. Ils disposent d&rsquo;une trompe dévaginable pourvue de puissantes mâchoires chitineuses. Leur action prédatrice s&rsquo;exerce par taraudage, par ingestion de polypes ou encore par perforation des coraux dans lesquels ils creusent des tunnels. Les <em>Hermodice</em> spp. et <em>Eunice</em> spp. bien connu des aquariophiles s&rsquo;attaquent aux coraux scléractiniaires, aux anémones mais aussi aux octocoralliaires (coraux cuir, nephtéidés&#8230;). </li>
<li><strong>Anémones</strong> : par exemple les <em>Aiptasia</em> peuvent proliférer au point de stresser le corail.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5	,1fr);">
<div class="grille-titre ">Différents parasites des coraux</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/20.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Copépode d&rsquo;Acropora de 0,4 mm.</div>
<div class="copyright">Source : <a href="https://coraleverafter.org/?p=687">Coral Ever After</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/21.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Planaire d&rsquo;acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>, peu visible sur les tissus vivants.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://www.sgreefclub.com/home/7-ways-to-get-rid-of-unwanted-pests-in-your-tank/">Sg Reef Club</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/22.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Nudibranche de Montipora <em>Phestilla subodiosus</em>, et ses œufs  à la lisière des tissus.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://blog.captive-aquatics.com/captive_aquatics/2010/09/a-montipora-eating-nudibranch-primer.html">Captiv aquatics blog</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/23.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Araignée de <em>Zoanthus</em> &#x2248;&nbsp;3-4&nbsp;mm.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : inconnue</div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/24.jpg"></p>
<div class="grille-legende">Les escargots Duprella augmentent la pression sur des coraux affaiblis.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://theconversation.com/will-the-great-barrier-reef-recover-from-its-worst-ever-bleaching-67063">theconversation</a></div>
</figure>
</div>
<h3>1.3. Maladies bactériennes</h3>
<p class="align-j">Une infection bactérienne   se traduit par des nécroses tissulaires, lentes (STN) ou rapides (RTN), de la geléee brune ou d&rsquo;autres formes de dégradations (maladie de la bande blanche, bande noire&#8230;). Ces infections sont parfois aggravées par des microorganismes. <br />
&Agrave; l&rsquo;heure actuelle, nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;information sur des infections virales.</p>
<p class="align-j">Les <strong>bactéries pathogènes</strong> sont le plus souvent le vecteur d&rsquo;aggravation d&rsquo;un affaiblissement lié à un stress. Elles  se fixent à la surface des cellules hôtes, colonisent, pénètrent les tissus, dégradent les membranes cellulaires, inhibent les cellules immunitaires, se multiplient, produisent des toxines provoquant une inflammation des tissus coralliens et se propagent&#8230; La maladie s&rsquo;est installée.</p>
<p class="align-j">Des <strong>microorganismes opportunistes</strong> tels que des protozoaires, <em>Philaster lucinda</em> dans les RTN, amplifient et accélèrent la progression de la maladie au point de devenir virulente et anéantir un massif en quelques heures. Pour cette raison, le traitement par des bactéries probiotiques peut être amélioré par une désinfection préalable des zones lésées.</p>
<h3>1.4. Invasions algales</h3>
<p class="align-j"> Les algues génèrent des stress par contact des tissus corallien. De plus, dans leur lutte chimique allélopathique pour l&rsquo;espace, elles libèrent des substances toxiques de nature à agresser le corail et dégrader ses tissus, une autre source de stress qui affecte sa résistance. Les traitements consistent à  atteindre les cellules algales, contribuant à leur mort et, par exemple, à nettoyer un support de bouture.</p>
<p class="align-j">Il peut s&rsquo;agir d&rsquo;<strong>algues de toutes sortes</strong> : des algues vertes filamenteuses, des Valonia incrustées dans la roche, des formes gazonnantes peu accessibles, des algues brunes solidement fixées aux roches&#8230; 
</p>
<h3>1.5. Supports malsains</h3>
<p class="align-j">Un support rocheux colonisé par des  organismes divers potentiellement concurrents (éponges, <em>Aiptasia</em>, concrétions&#8230;) pour rendre au corail un espace sain non stressant.</p>
<h3>1.6. Cicatrisation de lésions</h3>
<p class="align-j">Le corail a pu subir un choc, un poisson a peut-être dégradé une zone tissulaire pour y déposer ses œufs, des organismes colonisent l&rsquo;espace dégagé&#8230; Un traitement activera la cicatrisation et pourra contribuer à une reprise plus rapide.</p>
<h3>1.7. Revitalisation du corail</h3>
<p class="align-j">Préventivement, des aquariophiles pratiquent des traitements avant qu&rsquo;un spécimen montre des signes de faiblesse. Le traitement est réalisé à l&rsquo;arrivée du corail avant sa mise en quarantaine, mais aussi dans le cadre d&rsquo;un post traitement    de désinfection. On peut utiliser des bactéries probiotiques pour renforcer la lutte contre les pathogènes, ainsi que des additifs (oligoéléments, vitamines&#8230;) contribuant à renforcer la santé du corail et ses fonctions immunitaires.</p>
<h2>2. Produits de traitements</h2>
<h3>2.1. Composants basiques</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile souhaitant connaitre exactement ce qu&rsquo;il utilise privilégiera  des composants de base dont il pourra ajuster les dosages selon ses observations. Le tableau 1 cite quelques produits   pour atteindre les buts suivants&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Déparasitage</strong> : ils sont variés et incluent généralement  les plathelminthes (vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), les nudibranches de Montipora, les copépodes d&rsquo;<em>Acropora</em> rouges et noirs (<em>bugs</em>) et certains protozoaires tels que le cilié <em>Philaster</em> sp. associé aux nécroses rapides (RTN).</li>
<li><strong>Traitement de nécroses tissulaires</strong> (TN) : le traitement peut être désinfectant et agir sur les bactéries pathogènes à l&rsquo;origine de nécroses tissulaires lentes (STN),  la gelée brune sur LPS et d&rsquo;autre infections liées à des lésions physiques.</li>
<li><strong>Eradication d&rsquo;algues </strong> : le produit peut agir sur les cellules de nombreuses algues, contribuant à nettoyer le squelette dégarni ou un support de bouture.</li>
<li><strong>Vitalisant </strong>du corail : l&rsquo;action de désinfection peut  traiter curativement les tissus  ou préventivement sur les parasites, des <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">bactéries probiotiques</a> peuvent renforcer la lutte contre les pathogènes&#8230; améliorant dans tous les cas la santé et la résistance des coraux. </li>
</ul>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Composants basiques et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Composants</th>
<th>Parasites</th>
<th>Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td>Chlorure de potassium (KCl)</td>
<td>Vers (plathelminthes, planaires) voire copépodes</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Produits iodés : bétadine jaune, lugol</td>
<td>Protozoaires ? planaires</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Eau oxygénée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3&nbsp;% (10 Vol)</td>
<td>OK y compris Aiptasia</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Permanganate de potassium</td>
<td>Nudibranches</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Extraits naturels (plantes, feuilles, fruits, agrumes&#8230;)</td>
<td>Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Méthode KFC : Combinaison de traitements complexes (oxydants, antibiotiques&#8230;). </td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Bactéries probiotiques</a></td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td>Acides aminés, vitamines, oligoéléments</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h3>2.2. Formules commerciales</h3>
<p class="align-j">Le commerce propose une grande variété de formules prêtes à l&#8217;emploi. Le tableau&nbsp;2 en cite quelques-unes. Les compositions et les modes d&rsquo;actions n&rsquo;étant pas connus, consulter les recommandations de dosages et  durées avant tout traitement. Il est essentiel de suivre attentivement les indications  pour éviter tout stress excessif ou dommages aux tissus des coraux. </p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 2 : Formules commerciales et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Formule</th>
<th>Parasites</th>
<th width="15%">Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer"><strong>Polylab Reef Primer coral dip</strong></a> (sels de potassium)</td>
<td align="left">Vers (plathelminthes, planaires)</td>
<td align="center">RTN, Gelée brune</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="Fauna marin Cili DIP">Fauna marin Cili DIP</a></strong> : Sels inorganiques, agents oxydants, stabilisant.</td>
<td align="left">Ciliés.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.seachem.com/reef-dip.php">Seachem Reef Dip</a></strong> <em>(produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Tropic Marin Pro Coral Cure</strong><em> (produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://coralrx.com/">Coral Rx</a></strong> (potentiellement : extraits de plantes, huile de lavande, agents surfactants).</td>
<td align="left">Plathelmintes  (AEFW),<br />
      nudibranches, araignée de <em>Zoanthus</em>, planaires, gastéropode Heliacus de <em>Zoanthus</em>.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">Bryopsis</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>DVH – Coral Protec</strong></td>
<td align="left">
<p>Vers d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranche de <em>Montipora</em>, araignées du <em>Zoanthus</em>, vers rouge. 
      </p>
</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Two Little Fishies ReVive Coral Cleaner</strong> : extraits de plantes, Oleum abietis 0,5%, Citrus limon 0,5%</td>
<td align="left">Plathelminthes, nudibranches.</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Aquaforest Protect DIP</strong> (potentiellement : extraits de plantes, agents surfactants).</td>
<td align="left">Vers.</td>
<td align="center">TN, gelée brune</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.faunamarin.de/en/the-dip/">Fauna marin The DIP</a></strong> : ingrédients naturels</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://g1.redseafish.com/fr/treatments/dipx/">Red Sea Dipx</a></strong> : huiles essentielles</td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer">Polylab Reef Primer coral dip</a></strong></td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.reef2reef.com/threads/interceptor-treatment-and-dosage.965987/">Interceptor</a></strong> (milbémycine  oxime) : antiparasite vétérinaire.</td>
<td align="left">Vers, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Coral restore</strong> (AA&#8230;)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong _istranslated="1"><a href="https://www.brightwellaquatics.com/products/frag-recover.php">Brightwell Aquatics Frag Recover</a></strong> : plantes</td>
<td align="left">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h2>3. Mode opératoire de trempage</h2>
<h3>3.1. Précautions préalables</h3>
<p class="align-j">Les coraux peuvent être plus ou moins sensibles à certains composants. Si des composants ont largement fait leurs preuves d&rsquo;autres, notamment ceux issus de plantes, méritent de plus amples confirmations. Dans le doute, il convient de  toujours rester prudent et de procéder par étapes&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Tester sur des échantillons du corail.</li>
<li>Commencer avec des concentrations  faibles. </li>
<li>Augmenter les doses progressivement.</li>
<li>Surveiller la réaction du corail.</li>
<li>Limiter la durée du bain (en général de 3 à 10 minutes) sauf indications approuvées.</li>
</ul>
<h3>3.2. Consignes de sécurité</h3>
<ul>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Réaliser les  bains  à l&rsquo;écart de l&rsquo;aquarium ou du bac de quarantaine</span>.</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas verser  le bain dans l&rsquo;aquarium en cas de doute.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne  pas ingérer les produits.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Se  protéger des </span>projections (yeux, muqueuses&#8230;).</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Tenir et stocker à l&rsquo;écart des enfants.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas réutiliser la solution. Son principe actif a diminué et  pour ne pas polluer</span>.</li>
</ul>
<h3>3.3. Réalisation d&rsquo;un bain désinfectant ou revitalisant</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Accessoires de traitement, H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> et KCl.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<ol>
<li><strong>Pré-nettoyage</strong> :  préalablement, au-dessus ou dans un récipient rempli d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium, retirer tous les macroorganismes qui seraient indésirables  (ex. algues, vers&#8230;), de quelconque manière  (scalpel, brossette, cure-dent&#8230;).</li>
<li><strong>Prélever l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium</strong> : dans le récipient propre destinée au bain de traitement.</li>
<li><strong>Doser la solution </strong> : incorporer le produit dans le bain au  ratio adéquat ci-après, puis homogénéiser.</li>
<li><strong>Tremper le corail</strong> : totalement dans  la solution.</li>
<li><strong>Surveiller</strong> : le comportement du corail, contraction des polypes, dégagement de bulles&#8230;</li>
<li><strong>Nettoyer</strong> : les zones inaccessibles des tissus   avec une pipette, et les supports rocheux à la brossette.</li>
<li><strong>Durée du bain</strong> : selon le produit de traitement ci-après.</li>
<li><strong>Rincer</strong> le corail à l&rsquo;eau de mer propre issue de l&rsquo;aquarium, l&rsquo;agiter légèrement pour éliminer tout résidu chimique de produit<span class="align-j">.</span></li>
<li><strong>Traitement probiotique</strong> : compléter éventuellement  par un traitement avec des bactéries probiotiques.</li>
<li><strong>Replacer</strong> le corail dans le bac principal ou  le bac de quarantaine afin de poursuivre l&rsquo;observation et, si besoin, le traitement.</li>
</ol>
<h3>3.4. Réalisation d&rsquo;un bain probiotique</h3>
<p class="align-j">Le bain probiotique augmente les chances pour les bactéries d&rsquo;atteindre le corail et de se fixer dessus.  Après avoir introduit les bactéries, immerger le spécimen,   idéalement durant au moins 6 heures le<br />
temps que les bactéries s&rsquo;installent sur le corail et dans sa cavité gastrique. Le bain peut consister en une culture préalable  de bactéries multipliées selon le protocole  détaillé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes</a>.</p>
<h2 class="align-j">4. Produits de trempage en bains</h2>
<h3>4.1. Chlorure de potassium KCl</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Chlorure de potassium.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;est développé ces dernières années dans le monde récifal après des expérimentations scientifiques et des témoignages positifs. Il  combine efficacité et sureté, sans présenter de grand risque pour les coraux. Une étude (1) très récente témoigne de l&rsquo;efficacité de bains à 1,5&nbsp;% (15&nbsp;g/l) pour  éradiquer en 90 secondes, sur <em>Goniopora</em>, le cilié  (<em>Philaster lucinda</em>) responsable de   RTN. &Agrave; concentration identique, elle  révèle la même efficacité  que l&rsquo;eau oxygénée, sans l&rsquo;agressivité de cette dernière. Par ailleurs une autre étude (2) montre un champ plus large d&rsquo;actions  de KCl par rapport à NaCl face aux bactéries pathogènes observées dans la préservation d&rsquo;aliments.  &Agrave; l&rsquo;achat, on choisira un produit de pureté 99&nbsp;%. Notons que  <em>Polylab Reef Primer coral dip</em> utilise des sels de potassium.</p>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;avère plus efficace avec un spectre plus large et moins  risqué que l&rsquo;insecticide <em>Bayer Advanced Insect Killer</em> parfois préconisé outre-Atlantique contre les copépodes, mais à l&rsquo;usage controversé. Je n&rsquo;en dirai pas plus.</p>
<p>  <strong>Protocole</strong>&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Traitement de parasites</strong> :   bain de<strong> 5 mn à 4 g/l</strong> (soit 0,4% ou 4000 mg/l). Les coraux les plus sensibles (<em>Acropora</em> lisses, LPS) sont préservés. Ce dosage recommandé   est  efficace contre les plathelminthes, vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranches et planaires. Les microcrustacés tels que les <strong>copépodes parasites</strong> d&rsquo;<em>Acropora</em> (red bug, black bug et white bug), semble nécessiter une concentration plus élevée 5&nbsp;mn à 10&nbsp;g/l en renouvelant les bains tous les 3 à 5 jours durant plusieurs semaines.<br />
    Par contre il n&rsquo;affecte pas les oeufs des parasites. Pour les éradiquer, il est nécessaire de couper les branches dans une zone saine avant traitement, ou bien recommencer le traitement toutes les semaines durant 8 semaines.
  </li>
<li><strong>Traitement des TN</strong> : bain de <strong>5&nbsp;mn  à 15&nbsp;g/</strong>l. Les coraux ne sont pas affectés par ce dosage  plus important. D&rsquo;ailleurs, <em>Polylab</em> préconise  d&rsquo;utiliser le <em>Reef Primer coral dip</em> contenant des sels de  potassium,  à une concentration de 12&nbsp;g/l en bain de 5 mn.</li>
</ul>
<h3>4.2. Bétadine</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bétadine dermique 10%.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La Bétadine (flacon jaune) est une solution  de povidone iodée à 10&nbsp;% dans de l&rsquo;eau (soit  1 % d&rsquo;iode libre actif). La povidone est un polymère   qui libère progressivement l&rsquo;iode, réduisant ainsi son caractère irritant et prolongeant son action antiseptique.  Le large spectre de cet antiseptique la rend plus efficace que d&rsquo;autres formes d&rsquo;iode. Agent oxydant elle agit sur les membranes cellulaires des microorganismes, entraînant leur mort. </p>
<p class="align-j">La bétadine a largement fait ses preuves pour désinfecter le tissu du corail et stopper la propagation d&rsquo;infections bactériennes, voire des champignons, des virus, des protozoaires causes de RTN, et d&rsquo;autres microorganismes. Son action rapide  permet de  traiter dans l&rsquo;urgence des coraux fragilisés. De part sa composition, la bétadine adhère bien aux tissus du corail durant le bain, augmentant son efficacité antiseptique sur les zones infectées. Cependant elle peut être irritante pour certains coraux délicats. Il convient de l&rsquo;utiliser avec parcimonie notamment sur les coraux aux tissus peu épais (coraux durs SPS). Le commerce propose des compositions iodées&nbsp;telles que <em>Seachem Reef Dip</em>, <em>Tropic Marin Pro Coral Cure</em> prêtes à l&#8217;emploi.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La bétadine 10&nbsp;% s&rsquo;utilise en dosage <strong>5 à 10 ml/l</strong> d&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium (0,5 à 1 %), en bain de <strong>5 à 10 minutes</strong>. Dans un cadre curatif, on préconise de suivre ce traitement par un bain de probiotiques pour maximiser les chances de guérison et  le rétablissement rapide.</p>
<h3>4.3. Lugol</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une solution  d&rsquo;iode et d&rsquo;iodure de potassium dans l&rsquo;eau. De concentration plus élevée que la bétadine,  et sous forme libre,  son action est plus rapide et puissante que celle de la bétadine. Mais plus irritant, il peut endommager les tissus si utilisé à des concentrations élevées ou de manière prolongée. Le Lugol est  utilisé pour ses propriétés antiseptiques contre les bactéries, les algues indésirables et potentiellement, certains les protozoaires. Les effets à long terme des traitements ne sont pas bien connus. Une étude (7) a cependant déterminé que le lugol n&rsquo;a pas d&rsquo;effet néfaste sur la croissance corallienne.
</p>
<p class="align-j">Il existe des solutions commerciales prêtes à l&rsquo;emploi, mais aux concentrations    variées. Il faut s&rsquo;en tenir aux recommandations du fabricant pour son produit.</p>
<h4 class="align-j">Préparation du lugol</h4>
<p class="align-j">Dans le cadre d&rsquo;une prophylaxie, on utilise généralement une concentration à 5 %. C&rsquo;est à dire 100 millilitre d&rsquo;eau osmosée, 10 grammes d&rsquo;iodure de potassium KI et 5 grammes de diiode I2 en cristaux.
</p>
<h4>Étapes de la préparation</h4>
<ol>
<li>Verser environ 30 ml d&rsquo;eau distillée dans la bouteille en verre ou plastique (PP, PET&#8230;) opaque, pour préserver sa stabilité.</li>
<li>Introduire 10&nbsp;gramme d&rsquo;iodure de potassium et agiter pour dissoudre. L&rsquo;iodure de potassium aidera l&rsquo;iode à se dissoudre dans l&rsquo;eau.</li>
<li>Ajoutez  5 g de <span class="align-j">diiode I2 en cristaux</span> dans la solution.     </li>
<li>Compléter avec   le reste de l&rsquo;eau distillée jusqu&rsquo;à atteindre  100 ml et mélanger doucement jusqu&rsquo;à dissolution complète.  </li>
<li>    Stocker  la solution dans un endroit sombre et frais.</li>
</ol>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong> <strong>5 à 10 gouttes de Lugol par litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain de <strong>5 à 15 minutes</strong>. Surveiller l&rsquo;action sur le corail. S&rsquo;il s&rsquo;éclaircit, stopper immédiatement. Réaliser un seul bain pour une prophylaxie avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un nouveau corail.   En cas d&rsquo;infection, selon la gravité renouveler le bain une à deux fois par semaine. <span class="align-j">Les coraux mous et certaines espèces de SPS comme les <em>Acropora</em> sont particulièrement sensibles. ⚠️ ne pas dépasser la durée recommandée et éviter les bains fréquents. </span></p>
<h3>4.4. Eau oxygénée </h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Traitement H2O2, phase d&rsquo;oxydation des MO.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;eau oxygénée est depuis longtemps utilisée pour aseptiser et désintégrer la matière organique. Tout est question de concentration. A très faible dosage elle permet de désinfecter  les tissus d&rsquo;un corail. A plus forte concentration elle agit sur des microorganismes, voire des parasites plus grands. On peut ainsi  traiter un support  avec son corail pour éliminer les algues, et avec elles la microfaune en place. Inutile de rappeler que l&rsquo;usage du peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> peut être agressif (pour l&rsquo;homme et les organismes), et se réalise en suivant scrupuleusement les consignes d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/peroxyde-hydrogene-aquariophilie-recifale/">Peroxyde d&#39;hydrogène en aquariophilie récifale</a> permet de mieux comprendre et d&rsquo;appréhender ce produit si décrié. Il précise les protocoles notamment les durées et les  dosages  avec <strong>H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10 vol (3%)</strong> dilué avec l&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium selon l&rsquo;usage souhaité. Appliquer strictement les préconisations selon le cas d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j"><strong>Protocole de base</strong>&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Coraux peu résistants </strong> (Acropora&#8230;) ≈ <strong>10 ml/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
<li><strong>Coraux moyennement résistants </strong>et<strong> leurs supports</strong> (algues&#8230;) &nbsp;≈ <strong>100 ml&nbsp;/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">4.5. Extraits naturels de végétaux </h3>
<p>Certains extraits naturels de plantes, de feuilles, de fruits, d&rsquo;agrumes&#8230; sont  utilisés lors de traitements en bain ou dans l&rsquo;aquarium, principalement pour leurs propriétés antimicrobiennes, antifongiques et antiparasitaires. Peu utilisés en aquariophilie récifale, <span class="align-j">les méthodes sont encore confidentielles, avec des effets généralement  moins radicaux que des traitements antibiotiques ou chimiques agressifs. Cependant, elles offrent une alternative pour traiter les coraux de manière douce et naturelle</span>. D&rsquo;ailleurs certaines marques aquariophiles en commercialisent   déjà.</p>
<p>Certains  composants  de ces extraits naturels s&rsquo;avèrent très actifs. Compte tenu du manque de recul, la prudence s&rsquo;impose et il convient particulièrement ici de respecter les précautions préalables et les consignes de sécurité évoquées ci-dessus. Parmi ces extraits végétaux on peut trouver :</p>
<ul>
<li> <strong>Hamamélis</strong> (<em>Hamamelis virginiana</em>) : c&rsquo;est une plante connue pour ses propriétés astringentes, antibactériennes, anti-inflammatoires et antioxydantes, grâce à des composés actifs comme les tanins, les flavonoïdes et l&rsquo;acide gallique. En aquariophilie récifale, l&rsquo;hamamélis est employé pour des traitements de bain doux destinés aux coraux. Son  utilisation spécifique pour traiter les parasites ou les infections coralliennes est  peu documentée. <br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>l&rsquo;hamamélis s&rsquo;utilise aux US  en bain de <strong>30 mn </strong>dans<strong> 10 ml/l</strong>; Ce dosage est établi spécifiquement avec  le produit <em>TN Dickinsons</em>, <em>Wich Hazel Astringent </em>étiquette bleue, un distillat d&rsquo;hamamélis pur à 14&nbsp;% d&rsquo;alcool. Tout autre produit impose de confirmer ces préconisations.</li>
<li><strong>Extrait de pépins de pamplemousse</strong> (<em>Citrus paradisi</em>) : Antibactérien, antifongique, antiviral et antioxydant. Il contient des composés bioactifs comme la naringine et la limonine, efficaces contre certains types de bactéries et de champignons. Il est plutôt utilisé comme désinfectant en traitement d&rsquo;accueil des boutures.<br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>ajouter<strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> issue de l&rsquo;eau du bac pour un bain  d&rsquo;environ <strong>5 à 10 minutes</strong>.</li>
<li> <strong> Extrait de thym</strong> (<em>Thymus vulgaris</em>) : Le thym contient des composés antimicrobiens puissants, notamment le thymol et le carvacrol, efficaces contre les pathogènes et certains parasites. <strong><br />
    Protocole</strong> : Une faible concentration est conseillée soit <strong>1 à 2 gouttes par litre</strong> d&rsquo;eau de mer durant quelques minutes.
  </li>
<li> <strong>Huile essentielle d&rsquo;arbre à thé</strong> (<em>Melaleuca alternifolia</em>) : l&rsquo;huile de tea tree, réputée pour ses propriétés antiseptiques et antifongiques, permet de  lutter contre les infections bactériennes et fongiques. <strong><br />
Protocole</strong> : En très faible dose <strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain  de<strong> 5 minutes</strong>. </li>
<li><strong>Extraits végétaux divers</strong> : l&rsquo;aquariophilie récifale a très tôt été attentive aux traitements à base de produits naturels et s&rsquo;appuie sur les pratiques avancées en aquacultuire. C&rsquo;est le cas de  l&rsquo;huile essentielle d&rsquo;arbre à thé. Dautres composés sont testés de manière plus ou moins confidentielle sur les coraux. Citons l&rsquo;algue brune (<em>Ascophyllum nodosum</em>) riche en composés bioactifs  immunostimulants, l&rsquo;eugenol extrait principalement du clou de girofle (<em>Syzygium aromaticum</em>) pour ses propriétés antiseptiques, analgésiques et anti-inflammatoires, des composés de l&rsquo;<em>Aloe vera</em>  pour leurs propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes et l&rsquo;extrait de neem, un arbre originaire d&rsquo;Inde  <em>Azadirachta indica</em>, pour contrôler les infections bactériennes et fongiques et immunostimulant. Certains de ces produits  ne peuvent être utilisés de manière inconsidérée. Très actifs, il sont dosés à la goutte près. Nombre d&rsquo;autres extraits ont également été testés (extrait de pépin de raisin, jus d&rsquo;ail&#8230;) moins efficaces ou sans effet.</li>
</ul>
<h3>4.6 Bactéries probiotiques</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Une formule commerciale à large spectre de bactéries.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;utilisation des bactéries probiotiques, bénéfiques en de nombreux aspects pour le corail, est en général réalisé en soutien d&rsquo;un premier traitement  destiné à éradiquer ou réduire des parasites opportunistes et désinfecter les plaies. Les bactéries viennent ensuite dans le cadre de la reconstruction des tissus, les défenses immunitaires, et l&rsquo;occupation du terrain occupé par les pathogènes.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole</strong>&nbsp;: Ce sujet est largement abordé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes.</a> On y trouvera tous les détails relatifs aux produits utilisés tels que <em>Microbe lift Special Blend ; Prodibio Biodigest ; Tropic Marin Nitribiotic</em>&#8230; le protocole et les dosages</p>
<h3>4.7. Acides aminés, vitamines et oligoéléments</h3>
<p class="align-j">De la même manière que les bactéries, ces éléments  servent au métabolisme du corail, notamment à la reconstruction tissulaire. Il est intéressant de tremper les coraux dans un bain concentré de manière à assurer la disponibilité des éléments au corail lui-même. Il s&rsquo;agit de produit commerciaux tels que: <em>Red Sea Coral Colors</em>, <em>Brightwell Aquatics Coral Amino et Replenish</em>, <em>Tropic Marin A- Elements et K+ Elements</em><em></em>.</p>
<h3>4.8. Permanganate de potassium KMnO<sub>4</sub></h3>
<p class="align-j"> Le permanganate de  potassium a été  testé contre les nudibranches de <em>Montipora</em> par Eric Borneman (4).</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>Eric Borneman relate l&rsquo;éradication en un seul traitement, des adultes  et des œufs  en  bain de <strong>2&nbsp;h </strong>maximum (voire moins) dans<strong> 50 mg/l</strong>. Le corail brunit mais retrouve  sa couleur  d&rsquo;origine quelques heures plus tard. </p>
<h3 class="align-j">4.9. Méthode KFC </h3>
<p class="align-j">Ce traitement décrit par <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">Kung Fu Corals</a> (5), utilisé pour traiter des <em>Euphyllia</em> s&rsquo;avère relativement lourd. Il exploite les conclusions d&rsquo;études utilisant des antibiotiques pour traiter des cas de nécroses tissulaires sur des SPS en le complétant par d&rsquo;autres actions. Il est d&rsquo;autant plus complexe que les antibiotiques cités ne sont délivrés en France que sur ordonnance médicale.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La méthode  se déploie en plusieurs étapes : désinfection du corail dans un bain de peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3% (10V). KFC préconise 5-10&nbsp;mn à 8-10&nbsp;ml/l (0,8 à 1&nbsp;%), suivi d&rsquo;un second bain de 2 à 6 heures contenant des antibiotiques (amoxicilline, ciprofloxacine), désinfectant (lugol) et un antioxydant (Chemiclean), en terminant par une seconde désinfection similaire à la première. Ne sachant pas retranscrire clairement ce protocole, par ailleurs susceptible d&rsquo;évoluer, je  laisse le soin de consulter le site.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Bons traitements, beaux coraux !</p>
<h2 class="align-j">En savoir plus</h2>
<ol>
<ol>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/356434630_Effects_of_Ciliate_Infection_on_the_Activities_of_Two_Antioxidant_Enzymes_SOD_and_CAT_in_Captive_Coral_Goniopora_columna_and_Evaluation_of_Drug_Therapy">Effects of Ciliate Infection on the Activities of Two Antioxidant Enzymes (SOD and CAT) in Captive Coral (Goniopora columna) and Evaluation of Drug Therapy</a></li>
<li><a href="https://dergipark.org.tr/en/download/article-file/497537">Growth and Cell Morphology of Listeria monocytogenes as Affected by Various Concentrations of NaCl and KCl </a></li>
<li><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3465780/">Ciliate and bacterial communities associated with White Syndrome and Brown Band Disease in reef-building corals</a> </li>
<li><a href="https://reefkeeping.com/issues/2007-09/eb/">Two  Potential Molluscicides Useful Against Pest Aeolid Nudibranchs Common on  Species of Montipora in Aquariums</a> &#8211; Eric Borneman &#8211; Reefkeeping.com</li>
<li> <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">The KFC Dip &#8211; A game changer in keeping healthy Euphyllia</a> </li>
<li><a href="https://www.vin.com/apputil/project/defaultadv1.aspx?pid=11375&#038;catid=&#038;id=5768620&#038;meta=&#038;authorid=">Effects of Disease Treatments on Captive Coral Health</a></li>
<li><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2023.1281691/full">Common aquarium antiseptics do not cause long-term shifts in coral microbiota but may impact coral growth rates</a></li>
</ol>
</ol>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Iode, iodure, iodate</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 16:59:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éléments de l'eau]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On sait l&#8217;importance de cet élément dans l&#8217;organisme humain où l&#8217;iode contribue à la synthèse des hormones thyroïdiennes qui jouent un rôle crucial dans le développement et la maturation du système nerveux ainsi que dans la régulation du métabolisme de nombreux tissus. Il en va de même des espèces marines et plus encore, des équilibres [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/iode-iodure-iodate/">Iode, iodure, iodate</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j"> On sait l&rsquo;importance de cet élément dans l&rsquo;organisme humain où l&rsquo;iode contribue à la synthèse des hormones   thyroïdiennes qui jouent un rôle crucial dans le développement et la   maturation du système nerveux ainsi que dans la régulation du métabolisme de nombreux tissus. Il en va de même des espèces marines et plus  encore, des équilibres au sein  des océans. Ses particularités chimiques, son impact biologique sur les écosystèmes et la biodiversité, son intérêt dans un aquarium marin et récifal, comment  mesurer iodures et iodates, comment interpréter les bioindicateurs d&rsquo;excès et de carence, comment le diminuer ou l&rsquo;augmenter&#8230; autant d&rsquo;aspects que cet article propose de développer.</p>
<p class="align-j">Peu présent sur la planète il contribue largement à la vie. Sa répartition est très inégale sur Terre, présent dans les sols à concentrations très variables d&rsquo;une région à l&rsquo;autre. Les plantes  absorbent l&rsquo;iode du sol et de l&rsquo;eau. De faibles quantités sont présentes dans l&rsquo;air sous forme d&rsquo;aérosols iodé, mais c&rsquo;est dans les océans qu&rsquo;il est le plus présent.</p>
<h2>1. L&rsquo;iode dans les océans</h2>
<p class="align-j">L&rsquo;eau de mer contient en moyenne 60 µg/l (0,06 mg/l) d&#8217;iode élémentaire I. Libéré dans l&rsquo;eau de mer par des processus géologiques et atmosphériques, l&rsquo;iode participe à diverses réactions chimiques contribuant à des processus plus globaux  dans les océans. Il joue ainsi un rôle dans le maintien de l&rsquo;équilibre de l&rsquo;écosystème. En effet les variations de sa concentration influencent la biodiversité et la composition des communautés biologiques. Il est concentré dans les algues et de nombreux organismes&nbsp;: fruits de mer, poissons, crustacés&#8230;, sources  d&rsquo;iode pour les humains (production d&rsquo;hormones thyroïdiennes). Plus largement, c&rsquo;est un composant des aérosols marins qui impactent les propriétés optiques de l&rsquo;atmosphère et   le climat.</p>
<h3>1.1. Aspects chimique de l&rsquo;iode</h3>
<p class="align-j">L’iode I (<em>angl : iodine</em>), un élément rare, appartient au groupe des halogènes comme le fluor, le chlore, le brome&#8230; Il partage des caractéristiques similaires avec une électronégativité forte, certes la plus faible des halogènes mais  suffisante pour faire de lui un agent oxydant. On ne trouve pas cet oligoélément à l&rsquo;état d&rsquo;atome I mais sous plusieurs états d&rsquo;oxydation, de –1 à +7, ce qui explique  la grande diversité des formes iodées existantes. Ce changement d&rsquo;état lié à une oxydation ou une réduction, dépend de nombreux paramètres physico-chimiques (pH, température, électronégativité, composition, taux de carbone, profondeur,  production primaire saisonnière du phytoplancton et selon l&rsquo;action des organismes vivants). Cette faculté à muter rend d&rsquo;autant plus difficile la compréhension des processu.&nbsp;</p>
<h4 class="align-j">1.1.1. Formes inorganiques de l&rsquo;iode en milieu marin</h4>
<h5 class="align-j">Formes inorganiques de l&rsquo;iode selon l&rsquo;état d&rsquo;oxydation</h5>
<ul class="align-j">
<li> <strong>iodure I<sup>&#8211;</sup></strong> (<em>angl&nbsp;: iodide</em>) état d&rsquo;oxydation (état d&rsquo;oxydation -1)&nbsp;:  les ions iodure sont la forme prédominante d&rsquo;iode à la surface des océans tropicaux, d&rsquo;autant plus en présence de phytoplancton (diatomées). <br />
    Le ratio iodure/iodate est fortement influencé, mais localement, par l&rsquo;advection des courants issus des couches profondes. L&rsquo;iode est également libéré dans l&rsquo;eau de mer par des processus géologiques tels que l&rsquo;érosion des roches et les éruptions volcaniques. Les ions iodure sont assimilés par les organismes marins, tels que les algues et les poissons, et sont également impliqués dans diverses réactions chimiques dans l&rsquo;eau de mer.
  </li>
<li><strong>iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup></strong><sup></sup> (<em>angl&nbsp;: iodate</em>) état d&rsquo;oxydation (état +5)&nbsp;: les ions iodate sont une autre forme stable d&rsquo;iode  au sein  des océans. Ils résultent de l&rsquo;oxydation des ions iodure par des processus microbiens et abiotiques (non biologiques). Les ions iodate peuvent être utilisés par certains micro-organismes marins, notamment les bactéries, comme source d&rsquo;énergie.<br />
    Les eaux des pofondeurs fortement chargées en iodates dans un rapport iodate/iodure supérieur à 10 peuvent remonter des eaux profondes et bousculer les ratios mesurés localement dans des nappes en surface.</li>
</ul>
<p>Dans une moindre mesure on trouve&nbsp;: </p>
<ul class="align-j">
<li><strong>diiode I<sub>2</sub></strong>(angl&nbsp;: diiodine), cette <span class="align-j">forme  moléculaire </span> <span class="align-j">diatomique </span>(état  0), au<span class="align-j">ssi évoquée par abus de langage sous le nom d&rsquo;iode (<em>iodine</em>), </span>est peu soluble dans l&rsquo;eau, bien moins que ses sels (iodures, iodates), <span class="align-j">et surtout très instable, donc peu présente. Elle s&rsquo;oxyde facilement comme on le verra.</span></li>
<li><strong>acide hypoiodeux HIO</strong> : peu présent, dans certaines conditions de pH.</li>
</ul>
<p class="align-j">Les deux formes stables iodure et iodate   représentent l&rsquo;essentiel de l&rsquo;iode inorganique total de l&rsquo;eau de mer. Le diagramme de Pourbaix (figure&nbsp;1) montre les différents états de l&rsquo;iode inorganique en solution à 25°C selon le pH et le potentiel redox. Dans la couche superficielle de l&rsquo;eau de mer (rond vert) l&rsquo;iodure serait majoritaire. La réalité est un peu différente.</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 1 : Diagramme de Pourbaix  pour l&rsquo;iode en solution</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/2-diagramme-pourbaix.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Diagramme de Pourbaix"  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/2-diagramme-pourbaix.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Diagramme de Pourbaix d&rsquo;équilibre  redox-pH  pour l&rsquo;iode en solution dans l&rsquo;eau à 10<sup>-6</sup>&nbsp;g/l et 25°C </figcaption><figcaption class="copyright"><a href="http://sunlight.caltech.edu/aic/pourbaix.pdf">Atlas of electrochemical equilibria in aqueous solutions</a></figcaption></figure>
<h5>Répartition iodure/iodate dans les eaux coralliennes </h5>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/3.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 2. Distrinbution verticale de l&rsquo;iodure et de l&rsquo;iode total jusqu&rsquo;à 10200 &nbsp;m sur la fosse des Tonga. L&rsquo;iode total reste constant alors que l&rsquo;iodure décroit avec la profondeur.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La concentration d&rsquo;iode total est à peu près constante dans les océans, variant peu selon la profondeur. La part d&rsquo;iodure étant compensée par des iodates et une part d&rsquo;iode organique. Mais l&rsquo;iode est il plus présent sous forme d&rsquo;iodure ou d&rsquo;iodate ? La réponse n&rsquo;est pas binaire et impose un certain  discernement. En effet  le ratio I<sup>&#8211;</sup>/IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> est très disparate  de 30&nbsp;% à 65&nbsp;%, les mesures  étant souvent rendues difficiles du fait de facteurs géologiques, biologiques et temporels.</p>
<p class="align-j">Quelles que soient les conditions, la teneur en iodure diminue depuis la surface avec la profondeur  où l&rsquo;iodate a  le monopole. Le taux  d&rsquo;iodure mesuré 10 &nbsp;µg/l en surface peut devenir indétectable au-delà de 500&nbsp;m, l&rsquo;iode total restant quasi constant (figure 2).</p>
<p class="align-j">Qu&rsquo;en est il dans les eaux superficielles ? La question est importante puisque la surface océanique est le grand fournisseur en iodure vers l&rsquo;atmosphère et, de plus, il s&rsquo;agit du lieu ou vivent nos coraux zooxanthellés. Là encore les situations sont diverses, largement influencées par l&rsquo;advection des courants issus des profondeurs venant se mélanger aux eaux superficielles. Shizuo TSUNOGAI dans son rapport <a href="https://www.jstage.jst.go.jp/article/kaiyou1942/27/2/27_2_67/_pdf/-char/ja">Iodine in the Surface Water of the Oceans</a> apporte quelques réponses. Globalement les eaux de surface recèlent  10 fois plus d&rsquo;iodates que d&rsquo;iodures. Cependant l&rsquo;écart diminue à l&rsquo;approche des latitudes tropicales par exemple 10&nbsp;µg/l dans le Pacifique nord et près de 30&nbsp;µg/l dans le Pacifique subtropical où les températures supérieures à 20&nbsp;°C favorisent notablement l&rsquo;activité biologique et les condition d&rsquo;oxydation, le ratio s&rsquo;approchant de 50&nbsp;%. </p>
<p class="align-j">Sur les récifs coralliens l&rsquo;oxydation en iodure s&rsquo;effectuant dans les couches très superficielles et tardivement au plus proche du plancton et des rayons solaires, les conditions sont réunies pour que les deux formes iodure et iodates se trouvent dans une proportion similaire.</p>
<h5>Réactions impliquant l&rsquo;iode inorganique en milieu marin</h5>
<div class="commentaire figfloat">
<p><strong>L&rsquo;oxydoréduction</strong> (redox) <br />
    C&rsquo;est une réaction chimique où une substance perd des électrons (chargés négativement)&nbsp;: l&rsquo;oxydation, tandis qu&rsquo;une autre en gagne&nbsp;: la réduction. Les transferts d&rsquo;électrons, impliquent des changements d&rsquo;état d&rsquo;oxydation, c&rsquo;est le cas de l&rsquo;iode.</p>
<p><strong>Dismutation</strong><br />
    Ce type de réaction chimique  peut se produire avec des réactions redox. Une  substance, à la fois oxydante et réductrice, réagit pour donner deux produits, dont l&rsquo;un est réduit et l&rsquo;autre, oxydé. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;acide hipoïodeux qui peut produire diiode et iodates.
  </p>
</div>
<p class="align-j">Du fait de ses charges ioniques, en milieu marin l&rsquo;iode peut subir plusieurs types de réactions chimiques dites iodométriques (figure 2)&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Oxydoréduction</strong> : les iodates se réduisent en iodure qui peuvent eux-même s&rsquo;oxyder en diiode I<sub>2</sub>. Ces réactions ont lieu sous l&rsquo;influence de microorganismes, de la lumière, de l&rsquo;oxygène, de l&rsquo;ozone et d&rsquo;autres facteurs environnementaux.</li>
<li><strong>Dismutation</strong>&nbsp;: un processus complexe par lequel, par exemple, l&rsquo;acide hypoiodique HIO se transforme en acide iodique 3HIO<sub>3</sub> et iode moléculaire I<sub>2</sub>. L&rsquo;acide iodique 3HIO<sub>3</sub> pouvant ensuite se dissocier pour former l&rsquo;ion iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>. On peut observer également une dismutation de l&rsquo;iodure en diiode I<sub>2</sub> et iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>. Ces réactions se produisent  naturellement dans l&rsquo;environnement, par exemple avec le rayonnement solaire, notamment les rayons ultraviolets (UV), qui induit des réactions photochimiques, selon la concentration d&rsquo;iode et d&rsquo;autres facteurs.</li>
</ul>
<h4>1.1.2. Formes organiques de l&rsquo;iode en milieu marin</h4>
<p class="align-j">Les molécules organiques (contenant du carbone C et de l&rsquo;iode I) sont issues des organismes marins, en particulier le phytoplancton qui produit le monoiodométhane CH<sub>3</sub>I, le diiodométhane CH<sub>2</sub>I<sub>2</sub> produit par des réactions biogéochimiques, le triiodométhane CHI<sub>3</sub><strong> </strong> et d&rsquo;autres composés organiques  plus complexes. L&rsquo;iode organique est peu présent dans la colonne d&rsquo;eau mais mesuré à fortes concentration à l&rsquo;approche des estuaires.</p>
<h3>1.2. Aspects biochimiques de l&rsquo;iode</h3>
<p class="align-j"> Bien que sa concentration soit faible en eau de mer il se trouve dans les tissus de nombreux organismes. De l&rsquo;ordre de 0,08 µg/g dans les plantes séchées, 0,05 µg/g chez les poissons et 0,3 µg/g chez des invertébrés. 
</p>
<h4>1.2.1. Consommation de l&rsquo;iode par les  organismes  marins</h4>
<ol class="align-j">
<li><strong>Nutriments pour les organismes marins :</strong> L&rsquo;iode est un nutriment essentiel pour de nombreux organismes, en particulier les algues et le phytoplancton qui l&rsquo;incorporent dans leurs tissus pour divers processus métaboliques, y compris la synthèse d&rsquo;hormones.
<ul>
<li><strong>Bactéries</strong>&nbsp;: Elles sont en mesure de réduire les iodates en iodures (réduction microbienne) selon l&rsquo;environnement et l&rsquo;espèce. <br />
        Dans les eaux de surface la réduction d&rsquo;iodates en iodure  est fortement correllée avec la réduction de nitrates en nitrites dans le processus de dénitrification opéré par les mêmes bactéries.<br />
        Dans les eaux profondes aux conditions anoxiques, dans les sédiments, il s&rsquo;agit plutôt de bactéries réductrices de fer et/ou de sulfate. L&rsquo;activité bactérienne peut réduire les iodures en diiode et vice versa.</li>
<li><strong>Phytoplancton</strong> : comme les algues, il concentre l&rsquo;iode à un taux supérieur à celui de l&rsquo;eau de mer. Des études ont mesuré des iodures et iodates de manière très variable selon l&rsquo;espèce. Les diatomées, l&rsquo;accumulent sous les deux formes bien que l&rsquo;iodure soit généralement la forme privilégiée dans le phytoplancton. La réduction par le phytoplancton de l&rsquo;iodate en iodure dans l&rsquo;eau s&rsquo;avère mineure et sans incidence  pour l&rsquo;environnement.</li>
<li><strong>Végétaux</strong>&nbsp;:  les algues supérieures,  synthétisent l&rsquo;iode à des concentrations supérieures au taux de l&rsquo;eau de mer, et ce de manière très importante par les algues brunes telles que certains laminaires qui le concentrent à un taux jusqu&rsquo;à 100000 fois supérieur.<br />
        Les algues assimilent essentiellement des iodures  après oxydation en diiode I<sub>2</sub> par une enzyme soluble, l’iodure-peroxydase, présente à leur surface. L&rsquo;iode moléculaire I<sub>2</sub> est ensuite hydrolysé en acide hypoiodeux HOI qui peut alors diffuser à travers les parois des cellules. L&rsquo;iode ainsi réduit serait finalement séquestré essentiellement sous forme inorganique iodure. Par réaction à des stress ou par simple diffusion, les algues génèrent des efflux vers l&rsquo;eau de mer sous forme d&rsquo;iodures, d&rsquo;iodates et de diiode associés à d&rsquo;autres composés volatiles. Les végétaux en mesure de réduire les iodates en iodures, contribuenr à augmenter le taux d&rsquo;iodures à la surface des océans.</li>
<li><strong>Invertébrés</strong>&nbsp;: selon leurs modes de nutrition ils peuvent absorber des iodures dissous, la forme la plus biodisponible, des iodates, ou des formes organiques via leur régime alimentaire. La préférence  dépend de plusieurs facteurs, notamment les conditions environnementales, les espèces d&rsquo;invertébrés et leurs besoins physiologiques spécifiques. Pour autant, les effets exacts ou l&rsquo;utilité de l&rsquo;iode pour ces organismes ne sont pas clairement compris et font toujours l&rsquo;objet d&rsquo;études.<br />
        Les<strong> invertébrés filtreurs</strong>&nbsp;: les bivalves (moules, huitres, bénitiers&#8230;), les gastéropodes, les éponges, les tuniciers assimilent, mais aussi accumulent  l&rsquo;iode par absorption d&rsquo;iodure et surtout par la capture des particules phytoplanctoniques. Les consommateurs d&rsquo;huitres et de  violets méditerranéens aux saveurs particulièrement iodées pourront confirmer. <br />
        Les <strong>autres invertébrés</strong>&nbsp;:         assimilent l&rsquo;iode  via leur alimentation. Les  crustacés (crevettes, crabes&#8230;) de même que les échinodermes (étoiles de mer,  oursins, concombres de mer), les vers marins&#8230; consomment des algues et d&rsquo;autres organismes riches en iode, déposés sur les substrats.</li>
<li><strong>Poissons</strong> :. Ils peuvent assimiler l&rsquo;iode directement par osmose à travers leurs membranes branchiales, mais de manière limitée. Leur principale source est   l&rsquo;alimentation à base d&rsquo;autres organismes marins&nbsp;: algues,  crustacés et d&rsquo;autres invertébrés ayant accumulé  de l&rsquo;iode à partir de l&rsquo;eau de mer ou de leur nourritures. Ils assimilent esentiellment des iodures, les iodates étant réduits en iodure lors de la digestion. </li>
</ul>
</li>
<li> <strong>Hormones thyroïdiennes :</strong> L&rsquo;iode est un composant crucial des hormones thyroïdiennes, telles que la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3), dont le rôle est essentiel dans l’oxydation cellulaire, la formation des cellules sanguines, la circulation, la reproduction et d&rsquo;autres métabolisme des poissons et d&rsquo;autres espèces marines.</li>
<li> <strong>Réponse immunitaire :</strong> L&rsquo;iode joue également un rôle dans la réponse immunitaire des organismes marins. Il peut être impliqué dans la protection contre les agents pathogènes et les stress environnementaux.</li>
</ol>
<h4>1.2.3. L&rsquo;iode et les coraux</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;iode est un oligo-élément essentiel pour le corail. Son rôle dans les récifs coralliens s&rsquo;avère complexe avec encore de nombreuses inconnues. Les coraux assimilent assimilent des composés iodés inorganiques (iodures et iodates) et organiques, de même que leurs zooxanthelles symbiotiques. Il suffit de sortir un corail de l&rsquo;eau pour en inhaler immédiatement la présence. Ils absorbent des composés dissous au travers de leur tissus et capturent des proies inertes ou vivantes, chargées d&rsquo;iode organique issu des bactéries, phytoplancton, zooplancton, neige marine, particules&#8230;. Leurs processus d&rsquo;assimilation ne sont pas à ce jour bien expliqués.</p>
<p class="align-j">On mesure dans les squelettes coralliens un certain pourcentage d&rsquo;iodate assimilé durant la calcification, les ions iodate se substituant aux carbonates, là encore, sans que l&rsquo;on sache exactement pourquoi. Pour l&rsquo;anecdote, la forme iodate  étant liée au taux d&rsquo;oxydation du milieu, on étudie aujourd&rsquo;hui le ratio calcium/iode des squelettes de coraux profonds comme traceurs, pour évaluer, par extrapolation, les conditions de production primaire (phytoplancton) et d&rsquo;oxydoréduction durant l&rsquo;évolution des océans. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;iode améliore la réponse immunitaire. C&rsquo;est un aspect particulièrement important pour les coraux SPS aux tissus fins, sensibles aux radiations lumineuses. Il assure une certaine protection contre le blanchissement. <br />
  A contrario, un niveau élevé associé à des conditions particulières d&rsquo;oxydation peut le rendre toxique pour les zooxanthelles, contribuant  au blanchissement du corail.</p>
<p class="align-j">Finalement, bien qu&rsquo;on  en sache peu sur l&rsquo;intérêt de l&rsquo;iode  en tant que nutriment, sa présence  dans l&rsquo;environnement corallien peut avoir des implications pour la santé des coraux et la symbiose avec leurs zooxanthelles.</p>
<h3>1.4. Le cycle de l&rsquo;iode</h3>
<p class="align-j"> L&rsquo;océan et les sédiments marins constituent le réservoir principal d&rsquo;iode,   essentiellement sous forme iodate et iodure. Contrairement au cycle de l&rsquo;azote que nous connaissons tous, le cycle biogéochimique de l&rsquo;iode repose sur d&rsquo;importants échanges entre les   compartiments océanique et atmosphérique. On peut le résumer ainsi&nbsp;:</p>
<ol class="align-j">
<li> <strong>Libération dans l&rsquo;atmosphère&nbsp;:</strong> L&rsquo;iode est libéré dans l&rsquo;environnement par des processus géologiques tels que l&rsquo;érosion des roches, les éruptions volcaniques, l&rsquo;activité humaine et les émissions des océans eux-mêmes. </li>
<li><strong>Transport&nbsp;terrestre</strong>&nbsp;:  l&rsquo;iode dissout s&rsquo;infiltre  et diffuse dans les terres, acheminé vers les mers via les cours d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Sédimentation</strong>&nbsp;: au fil du temps les composés iodés (algues,  organismes marins, apports atmosphériques&#8230;) s&rsquo;accumulent dans les sédiments. Ces derniers constituent un important réservoir dynamique d&rsquo;iode,   libérant dans l&rsquo;eau ou absorbant des ions iodures  selon les conditions environnementales  (pH, redox). </li>
<li><strong>Libération depuis les  sédiments</strong>&nbsp;:  L&rsquo;iode se libère par  la décomposition et dissolution de matières organiques iodées, par des réactions chimiques entre les minéraux et composés iodés ainsi que par l&rsquo;activité biologique de micro-organismes (bactéries spécifiques). Ces formes d&rsquo;iodes sont consommées  par les organismes marins et participent aux réactions d&rsquo;oxydoréduction iodométriques.</li>
<li><strong>Réactions chimiques iodométriques</strong>&nbsp;: l&rsquo;iode se transforme à travers  différents états d&rsquo;oxydation en prenant ou donnant des électrons.
<ul>
<li><strong>Réduction des ions iodate  IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> en ion iodure I<sup>&#8211;</sup></strong>&nbsp;:    elle peut être chimique via des substances organiques dissoutes ou microbienne via certaines  bactéries anaérobies qui utilisent l&rsquo;ion iodate comme accepteur d&rsquo;électrons. </li>
<li><strong>Oxydation de l&rsquo;ion iodure I<sup>&#8211;</sup> en ion iodate <span aria-hidden="true"> IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup></span></strong>&nbsp;: la réaction liée à l&rsquo;oxygène dissous est possible, mais lente sur plusieurs mois ou années et peu significative. Il semble bien que cette oxydation est réalisée  beaucoup plus efficacement et rapidement par les bactéries nitrifiantes (<em>Nitrosomonas</em> sp. et <em>Nitrosococcus oceani</em> oxydant NH<sub>4</sub> en NO<sub>2</sub>&#8211;<sup></sup>) et ce, non seulement dans le zone aphotique exempte de lumière, mais dans toute la colonne d&rsquo;eau.
      </li>
<li><strong>Oxydation de l&rsquo;ion iodure I<sup>&#8211;</sup> en diiode moléculaire I<sub>2</sub></strong>:    l&rsquo;ion iodure  s&rsquo;oxyde  en diiode pour former l&rsquo;ion triiodure I<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>, lui-même transfoormé ultérieurement.</li>
<li><strong>Dismutation spontanée</strong>&nbsp;: il s&rsquo;agit de réactions chimiques simultanées d&rsquo;auto-oxydation et de réduction     impliquant le diiode I<sub>2</sub>, l&rsquo;ion hypoiodite HIO, et l&rsquo;ion iodate  IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>. </li>
</ul>
</li>
<li> <strong>Assimilation par les organismes marins :</strong> Les ions iodure I- et  iodate IO<sup>3-</sup> présents dans l&rsquo;eau de mer sont absorbés par les organismes marins (bactéries, phytoplancton, algues, éponges&#8230;) entrant dans la chaîne alimentaire  des autres formes de vie marine (poissons, crustacés, invertébrés&#8230;). Les organismes marins jouent un rôle clé dans le cycle de l&rsquo;iode en assimilant et en libérant l&rsquo;iode au cours de leurs existence. Les processus métaboliques et de reproduction des organismes marins contribuent au transfert de l&rsquo;iode à travers la chaîne alimentaire marine.</li>
<li> <strong>Aérosolisation de l&rsquo;iode océanique  :</strong> Les algues et le phytoplancton  des zones côtières possèdent le matériel enzymatique nécessaire  à la capture   des iodures dans l&rsquo;eau de mer, et également à  l&rsquo;émission de   composés   volatils iodés (CVI) les iodocarbonyles CH<sub>3</sub>I, CH<sub>2</sub>I<sub>2</sub>… et d&rsquo;iode moléculaire I<sub>2</sub>. Dans l&rsquo;atmosphère les CVI sont oxydés par l&rsquo;ozone O<sub>3</sub> et les UV  en aérosols, un pool d&rsquo;espèces oxydées  OIO, I<sub>2</sub>O<sub>4</sub>, I<sub>2</sub>O<sub>5</sub>&#8230; constitué de particules de   l&rsquo;ordre du nanomètre (nucléation). </li>
<li><strong>Transport atmosphérique&nbsp;</strong>: les particules légères en suspension dans l&rsquo;air sont transportées par les vents sur de longues distances, durant quelques jours à plusieurs mois, et se condensent plus tard  contribuant  à la formation de nuages. Elles précipitent  avec   les pluies à la surface des continents et des océans, rendus biodisponibles  dans l&rsquo;eau, les sols et la flore.   L&rsquo;iode rejoint ainsi la chaine alimentaire. L&rsquo;océan, plus précisément ses algues supérieures, sont ainsi le plus grand pourvoyeur d&rsquo;iode vers l&rsquo;atmosphère.  Les aérosols d&rsquo;iode   influençent la chimie de l&rsquo;atmosphère et contribuent aux cycles de certains composés. Associé à d&rsquo;autres halogènes il serait responsable de 40&nbsp;% de la destruction de l&rsquo;ozone atmosphérique.</li>
</ol>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 3 : Cycle biogéochimique de l&rsquo;iode</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1-cycle-biogeochimique-iode.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Cycle biogéochimique de l'iode"  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1-cycle-biogeochimique-iode.jpg"></a> </figure>
<h2>2. L&rsquo;iode en aquarium marin</h2>
<p class="align-j">La compréhension des processus impliquant l&rsquo;iode dans les océans devrait permettre de mieux appréhender son comportement en aquarium marin et récifal. Son cycle y est bien évidemment simplifié mais beaucoup plus rapide et critique pour l&rsquo;équilibre de l&rsquo;aquarium et ses protégés.</p>
<h3>2.1. Le cycle de l&rsquo;iode en aquarium</h3>
<p><span class="align-j">L&rsquo;essentiel de l&rsquo;iode dissout dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium marin est inorganique. </span>Le cycle de l&rsquo;iode dans un aquarium récifal peut se résumer ainsi&nbsp;:</p>
<ol class="align-j">
<li> <strong>Importation</strong> : l&rsquo;iode entre dans l&rsquo;aquarium récifal via le sel   synthétique utilisé pour les changements d&rsquo;eau, les suppléments d&rsquo;iode, et surtout les aliments.</li>
<li><strong>Consommation par les organismes :</strong> les bactéries, les algues, la microfaune et méiofaune, les invertébrés et coraux, les poissons et d&rsquo;autres organismes  assimilent l&rsquo;iode  principalement sous forme d&rsquo;ions iodure I<sup>&#8211;</sup> et parfois d&rsquo;ions iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> pour leurs métabolismes.</li>
<li><strong>Réactions d&rsquo;oxydoréduction, dismutation :</strong> Dans l&rsquo;eau, les ions iodure I<sup>&#8211;</sup> vont essentiellement être  oxydés en ions iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> par l&rsquo;activité microbienne, l&rsquo;assimilation des végétaux  et selon les paramètres  de l&rsquo;eau (pH, redox, lumière, UV, ozone&#8230;). </li>
<li> <strong>Exportation</strong> l&rsquo;iode est extrait via&nbsp;des médias de filtration ou de traitement d&rsquo;eau comme nous l&rsquo;aborderons.</li>
</ol>
<h3 class="align-j">2.2. L&rsquo;alimentation, 1ère source d&rsquo;iode en aquarium</h3>
<p class="align-j">Les organismes aquatiques contiennent les plus grandes concentrations d&rsquo;iode, bien plus que les sources terrestres. Ils puisent ces éléments à la fois dans leur nourriture et dans l&rsquo;eau, puis les concentrent  dans  différents tissus.  Leur chair  contient plus de 60 micro-éléments,   plus ou moins indispensables, selon les espèces&nbsp;: potassium, phosphore, iode, selénium, fer, zinc&#8230;</p>
<p class="align-j">Les algues et les invertébrés comptent parmi les plus riches (tableau 1). Les poissons peuvent en contenir notablement s&rsquo;ils sont d&rsquo;origine sauvage, les spécimens d&rsquo;élevage   dépendant de leur alimentation.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:80%; max-width: 500px">
<caption class="tableau-titre">
	  Tableau 1 : Teneur en iode de quelques aliments en µg iode/100g<br />
	  </caption>
<tbody>
<tr>
<th rowspan="4" scope="row">Algues séchées</th>
<td>Kombu Breton</td>
<td>450000</td>
</tr>
<tr>
<td>Agar, dulse, wakamé</td>
<td>35000</td>
</tr>
<tr>
<td>Nori</td>
<td>5000 &#8211; 9000</td>
</tr>
<tr>
<td>Spiruline</td>
<td>&lt; 200</td>
</tr>
<tr>
<th rowspan="4" scope="row">Mollusques</th>
<td>Bigorneau</td>
<td>570</td>
</tr>
<tr>
<td>Moules, huitres, bulot</td>
<td>100 &#8211; 130</td>
</tr>
<tr>
<td>Praire, palourde</td>
<td>80</td>
</tr>
<tr>
<td>St Jacques</td>
<td>20</td>
</tr>
<tr>
<th rowspan="3" scope="row">Crustacés</th>
<td>Langoustine</td>
<td>400</td>
</tr>
<tr>
<td>Crevette</td>
<td>260</td>
</tr>
<tr>
<td>Crabe</td>
<td>100</td>
</tr>
<tr>
<th rowspan="4" scope="row">Poissons</th>
<td>Cabillaud</td>
<td>100 &#8211; 300</td>
</tr>
<tr>
<td>Lieu, anchois, maquereau</td>
<td>80</td>
</tr>
<tr>
<td>Saumon, thon</td>
<td>30</td>
</tr>
<tr>
<td>Surimi</td>
<td>7</td>
</tr>
<tr>
<th scope="row">Céphalopodes</th>
<td>Calamar, seiche, poulpe</td>
<td>20 &#8211; 30</td>
</tr>
<tr>
<th scope="row">Poissons eau douce</th>
<td>Truite, carpe</td>
<td>2 &#8211; 8</td>
</tr>
<tr>
<th scope="row">Légumes</th>
<td>Epinard</td>
<td>&lt;20</td>
</tr>
</tbody>
<caption class="tableau-legende">
	  Oligoélément iode I contenu dans la chair des organismes.<br />
	  </caption>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h3 class="align-j">2.3. Dérives d&rsquo;iode en aquarium récifal&nbsp;: causes, effets</h3>
<p class="align-j">Les effets de l&rsquo;iode sur les organismes dépendent de son état d&rsquo;oxydation, sa réactivité, sa concentration et de nombreux paramètres.  La chimie de l&rsquo;iode est complexe et malheureusement pour l&rsquo;aquariophile, difficilement prévisible. Plus qu&rsquo;en eau de mer, dans le milieu fermé, confiné et perfusé d&rsquo;un aquarium, les dérives peuvent être rapides et de nombreuses réactions susceptibles de s&rsquo;initier, s&rsquo;enchainer sans alerte, ajoutées à la formation de composés iodés organiques potentiellement toxiques à  concentrations élevées. La difficulté de cerner la situation impose   de maintenir l&rsquo;élément iode entre des valeurs admises que l&rsquo;on évoquera. </p>
<h4 class="align-j">2.3.1. Carence en iode&nbsp;: effets, bioindicateurs</h4>
<p>Les causes  d&rsquo;une carence, notamment en iodure, peuvent être liées à plusieurs facteurs&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Absorptions</strong>&nbsp;: par un traitement au charbon actif microporeux, ou  certaines zéolithes.</li>
<li><strong>Excès  d&rsquo;algues</strong>&nbsp;: en quantité, cultivées en refuge ou réacteur ou non, leur consommation réduit le taux dissous biodisponible.</li>
<li><strong>Activité bactérienne</strong> : elle peut être intense&nbsp;du fait d&rsquo;apports en carbone, azote et phosphore.</li>
<li><strong>Réactions chimiques</strong>&nbsp;: oxydation de iodures en iodates.</li>
<li><strong>Supplémentation</strong> : si elle est insuffisante, mal évaluée.</li>
<li><strong>Sels</strong> : mal dosés, ils ne permettent pas de  compenser les consommations d&rsquo;iode par les simples  changements d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Réacteur à hydroxyde de calcium</strong>&nbsp;: tout moyen susceptible d&rsquo;augmenter le pH favorise la dismutation de l&rsquo;iodure en iodate globalement moins assimilé par les organismes. C&rsquo;est le cas en sortie d&rsquo;un RAH à pH&nbsp;12,5 (figure 1). Cette situation de carence peut ne pas être détectée par certains tests.</li>
</ul>
<p>Bioindicateurs d&rsquo;une carence en iode&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><span class="align-j"><strong>Algues, phytoplancton</strong>&nbsp;: </span>
<ul>
<li><span class="align-j">Croissance réduite des  algues, notamment supérieures plus consommatrices.</span></li>
<li><span class="align-j">De même que les algues  calcaires (corallines) dont on ne perçoit plus le liseré extérieur clair, signe de croissance.</span></li>
<li> Gros consommateur, la croissance  du phytoplancton est  inhibée à faible  taux d&rsquo;iodure, son absence  sur les vitres est un signe.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Invertébrés</strong>&nbsp;: </li>
<ul>
<li>Absence de mues des crevettes, ou incomplète.</li>
<li>Antennes des crevettes déformées.</li>
</ul>
<li><strong>Coraux</strong>&nbsp;:
<ul>
<li><strong>Croissance ralentie</strong>&nbsp;:  les métabolismes (croissance, calcification&#8230;) liés au facteur limitant iode sont ralentis. Une carence serait plus visible sur <span class="align-j"> les coraux mous octocoralliaires  (X&eacute;nia, Anthelia, Clavularia, coraux cuirs, gorgones&#8230;), peut être en raison d&rsquo;une biomasse  et d&rsquo;un besoin supérieurs aux SPS et LPS. </span> </li>
</ul>
</li>
<ul>
<li><strong>Perte de l&rsquo;intensité de la couleur </strong>&nbsp;: comme pour le brome, une carence en iode  réduit la synthèse de pigments notamment protéiques tels que les chromoprotéines&nbsp;: cyanoprotéines (bleu),  chloroprotéines (vert),  rhodoprotéines (rouge),   cléroprotéines (orange), <span class="align-j">poccilloporines (une GFP Green Fluorescent Protein contribuant aux couleurs rose et bleue des coraux,</span> ainsi que les fluoroprotéines qui activent la fluorescence sous éclairage ultraviolet ou bleu.</li>
<li><strong>Blanchissement</strong>&nbsp;: du fait  d&rsquo;une plus faible densité de zooxanthelles en carence d&rsquo;iode.</li>
<li>
<p><span class="align-j"><strong>Brûlures et nécroses au sommet</strong>&nbsp;: très r&eacute;actif avec l&rsquo;oxygène, l&rsquo;iode comme le brome est sous sa forme iodure I<sup>&#8211;</sup> un antioxydant  qui permet de lutter contre le stress oxydatif, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs un rôle essentiel en aquarium. Il contribuerait ainsi à am&eacute;liorer la r&eacute;sistance des coraux  et corallines aux brûlures ou  à la  d&eacute;coloration lorsqu&rsquo;ils sont expos&eacute;s à une lumière forte, indépendamment  bien entendu d&rsquo;autres causes potentielles li&eacute;es à la qualit&eacute; de l&rsquo;eau. </span></p>
</li>
</ul>
</ul>
<h4>2.3.2. Excès en iode<span class="align-j">&nbsp;: effets, bioindicateurs</span></h4>
<p> <span class="align-j">Les différentes formes d&rsquo;iodes sont   plus ou moins toxiques. Une hiérarchie  placerait le diiode très toxique, mais rapidement dismuté sous une autre forme il n&rsquo;est  pas  le plus critique, puis l&rsquo;iodate  toxique à forte dose, enfin l&rsquo;iodure  présente un moindre  risque. </span>Le risque le plus important serait d&rsquo;accumuler des iodates moins consommés et ce jusqu&rsquo;à un niveau critique.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;iode  agirait pour la protection des coraux contre le blanchissement. A contrario, un niveau élevé associé à des conditions particulières d&rsquo;oxydation peuvent le rendre toxique, notamment pour les zooxanthelles, contribuant  au blanchissement des coraux.</p>
<p>Les causes d&rsquo;un excès pourraient se justifier de plusieurs manières&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Oxydation</strong> : importante, alors les iodures transformés en iodates  s&rsquo;accumulent parce que moins consommés. Elle peut être le fait d&rsquo;un éclairage intense, de l&rsquo;utilisation de traitements stérilisants tels que les UV, l&rsquo;ozone. De tels systèmes peuvent nécessiter d&rsquo;amplifier la supplémentation en iode. </li>
<li><strong>Alimentation</strong>&nbsp;: une suralimentation des poissons et invertébrés ou déséquilibrée.</li>
<li><strong>Chaîne alimentaire</strong> : l&rsquo;insuffisance ou la rupture de la chaîne aimentaire s&rsquo;oppose à la bonne réalisation du cycle en aquarium. Elle peut être liée à la microfaune (bactéries&#8230;), la méiofaune ou des détritivores insuffisants..</li>
<li><strong>Traitement des dégradation de MO</strong>&nbsp;: les matières organiques&nbsp;accumulées, issues des excréments, débris, nourritures,  algues du refuge non élaguées, et insuffisamment évacuées, filtrées, écumées&#8230;  libèrent de l&rsquo;iode lors de leur dégradation.</li>
<li><strong>Sels synthétique</strong> : sous dosés, les changements d&rsquo;eau accentuent le déséquilibre en iode.</li>
<li><strong>Supplémentation</strong> : mal calculée, la dérive s&rsquo;accule jusqu&rsquo;à l&rsquo;excès.</li>
</ul>
<p>Bioindicateurs d&rsquo;un excès en iode&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Bactéries</strong>&nbsp;:   la population et le spectre bactérien insuffisants, et le système se rompt. Ce symptôme est potentiellement masqué par bien d&rsquo;autres causes. La bonne connaissance de son aquarium contribue au dignostic.</li>
<li><strong>Végétaux</strong>&nbsp;:
<ul>
<li><strong>Algues</strong>&nbsp;: un excès d&rsquo;iode accentue leut croissance, les microalgues sur les vitres sont plus visibles. De plus, <span class="align-j"> sous  forme  organique ou inorganique l&rsquo;iode contribue à la d&eacute;fense des algues contre les herbivores, elles sont moins élaguées. Il peut être judicieux de suspendre les apports d&rsquo;iode en cas d&rsquo;invasion algale, conjointement aux autres moyens de lutte.</span></li>
<li>A contrario, la croissance  du phytoplancton n’est pas empêchée à des doses importantes d&rsquo;iodate et d&rsquo;iodure. Elle n&rsquo;est pas significative.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Invertébrés</strong>&nbsp;:  on a pu mesurer des problèmes de reproduction chez les invertébrés. il n’y a cependant pas  de donnée concernant le niveau de toxicité sur les organismes marins et le récifaliste ne sait rien des taux de iodate et iodure susceptibles d&rsquo;occasionner des problèmes.</li>
<li><strong>Coraux</strong>&nbsp;: selon les aquariophiles, des taux très importants au-delà de 150&nbsp;µg/l affectent les coraux de manière très inégale avec des symptômes variés au sein  d&rsquo;une même famille, sans possibilité d&rsquo;établir une hiérarchie entre coraux mous, LPS et SPS. Le constat peut s&rsquo;échelonner depuis une absence de symptôme jusqu&rsquo;à la mort de colonies. Indépendamment des mesures, l&rsquo;œil  critique de l&rsquo;aquariophile tentera de détecter des évolutions ciblées, parfois lentes. Elles peuvent se traduire de plusieurs manières&nbsp;:
<ul>
<li><strong>Rétraction des polypes</strong>&nbsp;: premier signe de stress oxydatif chez certains spécimens.</li>
<li><strong>Couleurs  pâlissent</strong> : l&rsquo;ensemble de la colonie devient terne.</li>
<li><strong>Nécroses locales de tissus</strong>&nbsp;: due à un stress oxydatif lequel, comme après tout stress,  peut ne plus répondre à l&rsquo;invasion de bactéries pathogènes et parasites opportunistes.</li>
<li><strong>Mort des coraux</strong>&nbsp;: c&rsquo;est le scénario classique d&rsquo;une faiblesse extrême, les tissus réduits au minimum se desquament  en totalité.</li>
</ul>
</li>
<li> <strong>Poissons</strong>&nbsp;: adultes ils supportent des taux relativement élevés, plus que ce qui est admissible en aquarium récifal. A l&rsquo;extrême ils occasionnent des problèmes de santé,  des troubles thyroïdiens ou respiratoires. Un excès perturbe le développement des larves aux premier stades de leur développement.</li>
</ul>
<h4>2.3.3. L&rsquo;iode impacte-t-il l&rsquo;équilibre redox de l&rsquo;aquarium ?</h4>
<p class="align-j">On évoque beaucoup les réactions d&rsquo;oxydation et de réduction dans lesquelles l&rsquo;iode est impliqué. Il est donc légitime de se poser la question s&rsquo;il est en mesure d&rsquo;influer sur le redox de l&rsquo;aquarium, et avec quelle importance. Ceci, d&rsquo;autant plus dans un espace en circuit clos où les réactions chimiques, même locales, ont toujours la probabilité d&rsquo;impacter rapidement le milieu, plus qu&rsquo;elles ne le feraient face à l&rsquo;immensité de l&rsquo;océan.</p>
<p class="align-j">En aquarium l&rsquo;iode   peut agir  comme  oxydant et  réducteur selon les conditions spécifiques.  L&rsquo;iodure peut être oxydé en formes d&rsquo;iode plus réactives et toxiques&nbsp;:  l&rsquo;ion iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>, mais surtout l&rsquo;iode moléculaire  I<sub>2</sub> et l&rsquo;ion hypoiodite IO<sup>&#8211;</sup>, et participer à des  réactions d&rsquo;oxydoréduction avec de nombreux composants de l&rsquo;eau&nbsp;: oxygène dissous, nitrates, métaux Cu, Mn, Zn&#8230;,  composés organiques&#8230; Mais est-ce suffisant pour impacter notablement le redox de l&rsquo;aquarium. </p>
<p class="align-j">Toute réaction d&rsquo;oxydoréduction se poursuit jusqu&rsquo;à un nouvel équilibre. Dans une eau de composition équilibrée et stable, tous autres paramètres gérés, en présence d&rsquo;un flux d&rsquo;apport et de consommation d&rsquo;iode régulier, il est peu probable qu&rsquo;il y ait matière à le déséquilibrer. D&rsquo;un autre côté le faible taux de cet oligoélément  ne constitue pas une offre importante d&rsquo;ions à mobiliser face à des composés beaucoup plus concentrés. Il est donc peu probable qu&rsquo;en restant dans la marge admise, les apports réguliers d&rsquo;iode génèrent un déséquilibre redox de l&rsquo;aquarium. L&rsquo;expérience montre que le redox d&rsquo;un aquarium n&rsquo;a pas fondamentalement évolué à des taux de 150&nbsp;µg/l.</p>
<p class="align-j">Il en serait autrement si cet apport d&rsquo;iode devenait excessif au point de d&rsquo;enclencher une oxydoréduction anormale. Tout est question de concentration et de paramètres physicochimiques environnants. Au delà de perturber l&rsquo;équilibre redox, des réactions indésirables peuvent se déclencher dont les effets sur les organismes marins (stress, dysfonctionnements biologiques&#8230;) dépasseraient la relative problématique d&rsquo;une dérive de quelques millivolts.</p>
<h3>2.4. L&rsquo;iode en traitement antiseptique des coraux et poissons</h3>
<p class="align-j">Les formes inorganiques  iodure I<sup>&#8211;</sup> et iodate IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> ont une action antimicrobienne très faible mais la forme diiode I<sub>2</sub> est un agent antibact&eacute;rien efficace. Le diiode I<sub>2</sub>, instable en eau de mer est vite dismuté sous une autre forme inorganique, il n&rsquo;a donc aucun effet antiseptique dans l&rsquo;aquarium. Son usage est réservé  aux traitements prophylactiques. On l&rsquo;utilise <strong>en bains</strong>, dissous dans l&rsquo;eau douce ou l&rsquo;alcool, comme antiseptique pour d&eacute;sinfecter un corail, le d&eacute;parasiter, pr&eacute;venir ou gu&eacute;rir une  infection bact&eacute;rienne.</p>
<figure class="figfloat"> <img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/4.jpg"><br />
</figure>
<p class="align-j">Les différentes formes   &nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Lugol</strong>&nbsp;: Le diiode I<sub>2</sub> est très peu soluble dans l&rsquo;eau, on améliore sa  solubilité par association : 1&nbsp;% de diiode I<sub>2</sub> et 2&nbsp;% d&rsquo;iodure de potassium KI en excès. La complexation des deux ions forme des ions  triiodure I<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> dans une solution de couleur brune.La masse de l&rsquo;élément iode I actif    dans le lugol représente 86,65&nbsp;%  du composé (I<sub>2</sub>  + 2KI).<br />
    Pour mémoire, dans l&rsquo;eau marine, selon le contexte, le triodure se décompose en iodure assimilable, et le diiode. Ce dernier beaucoup  plus toxique ne justifie pas l&rsquo;utilisation de lugol pour supplémenter la consommation dans l&rsquo;eau d&rsquo;un aquarium. On lui préfère l&rsquo;iodure, sous forme KI, moins risqué et plus stable. <span class="align-j"> <br />
    <em>Lugol commercial&nbsp;:</em> Il existe  des solutions commerciales prêtes à l&#8217;emploi. Elles diffèrent par leurs concentrations et l&rsquo;on doit s&rsquo;en tenir strictement à la posologie de la notice.<br />
    <em>Préparation de lugol</em> :<br />
    Dans le cadre de la prophylaxie, on utilise généralement une concentration à 5&nbsp;%. C&rsquo;est à dire   100&nbsp;millilitre d&rsquo;eau osmosée, 10 grammes d&rsquo;iodure de potassium KI et 5&nbsp;grammes de diiode  I<sub>2</sub></span> <span class="align-j">en cristaux.</span><br />
    <span class="align-j"><em>Traitement avec le lugol</em> des coraux ou lésion des poissons&nbsp;:   <strong>15&nbsp;mn</strong> dans un  bain   dos&eacute; à <strong>5 gouttes de lugol  par litre</strong> d&rsquo;eau de mer. </span><a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmars.2023.1281691/full">Ce rapport</a> mentionne un traitement de 3 bains  les jours 1, 3 et 6 dans une solution à 0,33 ml  (7 gouttes) de lugol pour 1 litres d&rsquo;eau salée. 
  </li>
<li><strong>Povidone iodée</strong> (Bétadine flacon jaune)&nbsp;: un antiseptique, complexe organique à  10 %  d&rsquo;iode actif, à large spectre, bactéricide, fongicide, virucide et par expérience  antihelminthique contre les planaires. ,. <br />
    Traitement des coraux&nbsp;:  15&nbsp;mn en bain à 2 ml par litre d’eau de mer, puis rincer à l&rsquo;eau de mer.<br />
    Traitement d&rsquo;une blessure de poisson&nbsp;: tamponner la lésion avec une solution à 5&nbsp;ml par litre d&rsquo;eau de mer.</li>
<li><strong>Teinture d&rsquo;iode</strong>&nbsp;: une solution de diiode dissous dans l&rsquo;&eacute;thanol.
  </li>
</ul>
<h2>3. Mesurer le taux d&rsquo;iode dissous</h2>
<h3>3.1. Taux recommandé</h3>
<p class="align-j">Compte tenu des risques inhérents à un excès d&rsquo;iode, et de la difficulté à déterminer l&rsquo;équilibre entre les différentes formes d&rsquo;iode il est essentiel de prévenir la dérive excessive de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre forme en maintenant la concentration de l&rsquo;élément I dans une marge admise entre 40 et 90&nbsp;µg/l (valeurs expérimentales) et viser la concentration moyenne de l&rsquo;eau de mer <strong>60&nbsp;µg/l</strong> (0.06&nbsp;mg/l).</p>
<p class="align-j">Tout ajout dans l&rsquo;aquarium devrait être réalisé en connaissance de la situation. Pour une bonne compréhension, ces mesures devraient distinguer les différentes formes d&rsquo;iode : diiode, iodures et iodates. Les actions à mener devraient s&rsquo;adapter aux  concentrations des diverses formes. </p>
<ul>
<li>Un taux de iodates  correct sans  iodure signifie que  le cycle biologique n&rsquo;est pas satisfaisant. </li>
<li>Un taux d&rsquo;iodure insuffisant pourrait, sans connaitre le taux de iodates, conduire à  en rajouter et atteindre un taux de iodates  critique. </li>
<li>La présence d&rsquo;iodures en l&rsquo;absence d&rsquo;ajout révèle une production probablement par les algues.</li>
</ul>
<h3>3.2. Tests colorimétriques</h3>
<p class="align-j">Il existe peu de tests dédiés à l&rsquo;aquariophilie récifale. Ils ne détectent qu&rsquo;une ou deux formes d&rsquo;iode, parfois les iodures I<sup>&#8211;</sup> et rarement les iodates IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>, ce qui rend impossible la comparaison avec le taux d&rsquo;iode I de l&rsquo;eau de merl. Par conséquent les valeurs obtenues sont souvent plus faibles que le total d&rsquo;iode contenu dans l&rsquo;aquarium. Elles peuvent masquer un taux excessif de iodates plus toxiques.<br />
  Le diiode étant instable, en cas d&rsquo;utilisation de lugol les mesures ne doivent pas se réaliser après introduction du produit mais plutôt entre deux apports.</p>
<p>  Nota : Les notices commerciales annoncent mesurer l&rsquo;iode <em>iodine</em> (I) dont on sait que cette forme n&rsquo;existe pas dans l&rsquo;eau de mer, ou de manière très transitoire, non significative. Plus précisémment, les anglophones évoquent <em>iodine</em> pour parler de l&rsquo;iode de manière générale. Un test colorimétrique aquariophile qui prétend mesurer l&rsquo;iode <em>iodine</em> sans autre précision est tout bonnement inutile puisque l&rsquo;on ne sait pas ce qu&rsquo;il mesure réellement.</p>
<ul>
<li><strong class="align-j">Salifert I2 PROFITEST Iodite Iodate Iodine</strong> : Ce test mesure les iodures d&rsquo;une part et d&rsquo;autre part la somme des autres formes d&rsquo;iodes lesquelles se constituent majoritairement de iodate. Il est donc pertinent pour nos aquariums, sous réserve de la fiabilité des résultats.</li>
<li><strong class="align-j">Seachem MultiTest Iodine/Iodide</strong> : mesure <em>iodine</em> (voir le commentaire ci-dessus) et  les iodures <span class="align-j">I<sup>&#8211;</sup> </span>dans une gamme 0,005 à 0,10&nbsp;mg/l. </li>
<li><strong class="align-j">Red Sea IODINE PRO TEST KIT </strong>: Mesure(rait) le taux d&rsquo;iode total. Aucun test colorimétrique aquariophile ne sait actuellement mesurer l&rsquo;iode total, c&rsquo;est à dire sous toutes ses formes. &nbsp;En l&rsquo;absence de précision on ne sait pas ce que mesure réellement ce test. Il ne doit surtout pas laisser croire que son résultat est comparable à celui d&rsquo;une analyse ICP.</li>
<li><strong>Colombo Iodine test</strong> : mesure <em>iodine</em>, donc globalement de l&rsquo;iode, mais plus précisémment que mesure-t-il ?</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 90%;">
<div class="grille-titre ">Tests des différentes formes de l&rsquo;iode</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/testsalifert.jpg"><figcaption class="figlegende">Test Salifert &asymp; 0.40&nbsp;€/test</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/testseachem.jpg"><figcaption class="figlegende">Test Seachem &asymp; 0,40&nbsp;€/test</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/testredsea.jpg"><figcaption class="figlegende">Test RedSea &asymp; 0,84&nbsp;€/test</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/testcolombo.jpg"><figcaption class="figlegende">Test Colombo &asymp; 0,30&nbsp;€/test</figcaption></figure>
</div>
<h3 class="align-j">3.3. Tests ICP</h3>
<figure class="figfloat"> <img  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="icp.png"><figcaption class="figlegende">Analyseur ARCOS II ICP-OES utilisé par ATI</figcaption></figure>
<p class="align-j">Il existe des méthodes beaucoup plus précises comme l&rsquo;analyse ICP-OES (In<em>ductively coupled plasma &#8211; optical emission spectrometry</em>). La solution est ionisée dans un plasma d&rsquo;argon. Un spectromètre d&rsquo;émission optique analyse ensuite les ions séparément, jusqu&rsquo;aux éléments  traces. Des laboratoires professionnels  (TritonLab, ATI, MarineLab, Fauna marin, Aquaforest&#8230;) proposent maintenant une offre adaptée aux aquariophiles marins. L&rsquo;analyse ICP mesure la somme de tous les éléments iode I, quelles que soient leurs formes d&rsquo;origine (diiode, iodures et iodates). </p>
<p class="align-j">La valeur &nbsp;ICP est  directement exploitable par rapport au taux de l&rsquo;eau de mer 60&nbsp;µg/l. Cependant, elle ne détermine pas le ratio entre les différentes formes d&rsquo;iode. Un résultat ICP correct pourrait masquer une carence en iodure biodisponible.</p>
<h3>3.4. Observation visuelle</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;observation régulière de l&rsquo;aquarium, notamment des bioindicateurs listés auparavant, est un excellent moyen de déceler l&rsquo;amorce de dérives à confirmer ou infirmer par un test ICP.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>4. Pr&eacute;venir, ma&icirc;triser les dérives de  concentration en iode</h2>
<h3>4.1. Augmenter le taux d&rsquo;iode</h3>
<p>Plusieurs voies s&rsquo;offrent à l&rsquo;aquariophile&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Compléments, suppléments</strong>&nbsp;: la forme iodure étant la  plus assimilée par les organismes, et stable, c&rsquo;est celle que  l&rsquo;on privilégie pour augmenter la concentration. Pour cela on utilise en  général de l&rsquo;iodure de potassium KI et, si la concentration de potassium dans  l&rsquo;eau est déjà haute, de l&rsquo;iodure de sodium NaI. Dans tous les cas il faut tenir  compte de la concentration réelle de l&rsquo;élément iode I, liée aux masses moléculaires des éléments.<br />
    Dans l&rsquo;eau de mer, en présence de sels, l&rsquo;iodure de  potassium se dissocie en ions iodure I⁻ et potassium (ou Na⁺ dans le cas de  NaI). Ces ions, stables, sont ensuite biodisponibles pour les organismes de  l&rsquo;aquarium. L&rsquo;iodure peut partiellement se transformer en d&rsquo;autres formes  d&rsquo;iode, notamment en iodate (IO₃⁻), par des processus biologiques ou chimiques  et, de manière très négligeable, en diiode I2 sous l&rsquo;action de l&rsquo;oxygène  dissout et de la photooxydation. Cette oxydation en diiode toxique est  transitoire puisqu&rsquo;il peut rapidement dismuter en iodate et également iodure.<br />
    L&rsquo;augmentation hebdomadaire maximum de l&rsquo;élément iode doit  être limitée à 10&nbsp;µg/l.<br />
    Le marché propose des solutions prêtes à l&#8217;emploi évoquées  plus loin. Il est également possible de préparer sa propre solution comme on le  verra.</li>
<li><strong>Aliments</strong> : les aliments pour poissons et coraux (phyto et zooplanctons,  nourritures pour poissons et invertébrés) contiennent de l&rsquo;iodure, de l&rsquo;iodate et d&rsquo;autres formes d&rsquo;iode organique tels que des acides aminés iodés. Les aliments comme <span class="align-j"> le krill, les macroalgues, les bivalves, le poisson&#8230; </span>sont plus riches et devraient constituer une part de la ration quotidienne.</li>
<li><strong>Sel synthétique</strong> riche en iode, utilisé pour les changements d&rsquo;eau.</li>
</ul>
<h3>4.2. Diminuer le taux d&rsquo;iode</h3>
<ul>
<li><strong class="align-j">Charbon actif :</strong> Le charbon actif est l&rsquo;absorbant couramment utilisé en aquariophilie pour extraire  l&rsquo;iode présent dans l&rsquo;eau par <span class="align-j">physisorption soit par chimisorption</span>. Bien que son affinité soit meilleure avec le diiode, l&rsquo;expérience montre que sont efficaité est bonne sur les autres formes d&rsquo;iode inorganique iodure et iodates. </li>
<li><strong class="align-j">Zéolites :</strong> on exploite ici la propriété d&rsquo;absorption des zéolites, des minéraux poreux qui, comme  d&rsquo;autres types de médias : <span class="align-j">alumine, magnésie, gel de silice, peuvent </span> retenir des  composés chimiques de petite taille. La  plus  efficace en présence d&rsquo;iode est la zéolithe de type A de structure spécifique, utilisée dans des applications industrielles de purification de l&rsquo;eau, elle ne semble pas proposée aux aquariophiles.<br />
    On évoque souvent sa remarquable facilité d&rsquo;adsorption par fixation des ions, laquelle dépend de la composition du minerai. Cependant, en aquariophilie marine la concentration en ions Na<sup>+</sup>, K<sup>+</sup>,  Mg<sup>2+</sup> et Ca<sup>2+</sup> de l&rsquo;eau de mer est telle que les ions minoritaires ont peu de chance de se fixer. Les anions  tels que nitrites NO<sub>2</sub><sup>&#8211;</sup>, nitrates NO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>, phosphates PO<sub>4</sub><sup>3-</sup>, iodure I<sup>&#8211;</sup>, iodates  IO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>&#8230; n&rsquo;ont pas d&rsquo;affinité avec les aluminosilicates. L&rsquo;adsorption n&rsquo;est donc pas le mode d&rsquo;action attendu en aquariophilie.</li>
<li><strong class="align-j">Résines échangeuses d&rsquo;ions :</strong> Des résines échangeuses d&rsquo;ions sont spécialement formulées avec des polymères spécifiques pour cibler l&rsquo;iode dans l&rsquo;eau. Cependant, elles ne semblent pas à ce jour destinée au marché aquariophile.</li>
<li><strong>Développer les algues et phytoplancton</strong>&nbsp;: ce sont de gros consommateurs d&rsquo;iode. Encore faut-il les élaguer avant dégradation.</li>
<li><strong>Développer la faune bactérienne</strong> : consommatrice d&rsquo;iode.</li>
<li><strong>Ecumage</strong>&nbsp;: afin d&#8217;empêcher les matières organiques (particules, décompositions, bactéries&#8230;) et les organismes morts de libérer  l&rsquo;iode assimilé. </li>
<li><strong>Evacuer les déchets</strong> : adapter le brassage, l&rsquo;évacuation des sédiments et déchets, le turn-over&#8230; avant traitements.</li>
<li><strong>Changements d&rsquo;eau</strong>&nbsp;: à condition que le sel utilisé  soit aprauvri.</li>
<li><strong>Elagage des algues</strong> : extraire les algues du bac et des refuges/réacteurs algaux avant qu&rsquo;elles ne relarguent l&rsquo;iode assimilé sous une autre forme ou lors de leur dégradation.</li>
<li><strong>Evaporation</strong> : l&rsquo;oxydation sous éclairage puissant génère des particules légères diffusées dans l&rsquo;air. Un moyen qui a ses limites pratiques en aquariophilie marine (éclairage adapté en priorité aux animaux, niveaux d&rsquo;eau, dêpots de sel, oxydations des matériaux)</li>
</ul>
<h3>4.3. Supplémenter en iode</h3>
<p class="align-j">A la fréquente question &quot;faut-il ajouter de l&rsquo;iode ?&quot;, compte tenu de tout ce qui a été évoqué, la réponse est bien évidemment oui, et quotidiennement, ne serait-ce que par la nourriture, et c&rsquo;est probablement la  voie à privilégier. Cet apport est cependant difficile à évaluer puisqu&rsquo;il dépend de nombreux facteurs (échanges internes, nature des organismes, biomasse du bac, algues&#8230;). Des coraux mous ont  des besoins en iodures beaucoup plus importants que des SPS dont les tissus vivants ne représentent qu&rsquo;une infime partie de l&rsquo;animal. Bref, chaque bac connait un niveau de consommation qui lui est propre. Ainsi, on a pu mesurer des taux importants dans des bacs non supplémentés en iode, et inversement. Rajouter de l&rsquo;iode, même à petites doses régulières, sans considération des risques serait la pire attitude, susceptible de vouer le bac à sa perte.  Chaque aquariophile doit en avoir conscience avant tout ajout. </p>
<p class="align-j">Des mesures en aquarium ont montré que  le taux pouvait  chuter en quelques jours d&rsquo;un taux normal à zéro. La consommation s&rsquo;avère parfois très rapide. Puisque les tests colorimétriques ne donnent qu&rsquo;une vision imparfaite et tronquée de la situation. Les récifalistes ont beaucoup évolué vers une démarche pragmatique incitée par le prix important des souches actuelles. Ils réalisent des tests ICP selon une fréquence adaptée à leurs constats.</p>
<h3>4.4. Compositions d&rsquo;iode : produits, dosage, utilisation</h3>
<h4>4.4.1. Produits commerciaux</h4>
<p class="align-j">Parmi les produits du commerce peu annoncent leur nature et concentration  (Tridacna anonce : Solution d&rsquo;iode 5% &#8211; iodure de Potassium). Certains précisent la forme d&rsquo;iode introduite, mais sans la concentration (Elos Extra iodide, Two Little Fishes Iodine Concentrate&#8230; ) d&rsquo;autres les concentrations sans les formes d&rsquo;iode (Seachem Reef Iodide&#8230;), d&rsquo;autres enfin ni les formes d&rsquo;iode, ni les concentration (Prodibio Iodi+, Mariscience, Tropic Marin Procoral Jode, ATI I&#8230;). Difficile avec ces derniers, d&rsquo;adopter une méthode de supplémentation, d&rsquo;autant plus que les produits peuvent contenir des adjuvants, acides organiques, chélatants et stabilisants, tels que l&rsquo;EDTA.</p>
<p class="align-j">Quand il s&rsquo;agit d&rsquo;iodure de potassium,  les solutions sont vendues à des concentrations très variables de 0,5&nbsp;% à 5% ( 50&nbsp;mg KI / litre). Les plus concentrées nécessitent une injection à la goutte près. Il est préférable d&rsquo;utiliser des dilutions de l&rsquo;ordre de 0,5 à 1&nbsp;% lesquelles présentent moins de risques en cas de surdosage malencontreux et sont plus adapatées au petit débit d&rsquo;une pompe doseuse. <br />
  Les recommandations préconisent  parfois des dosages. Elles sont toutefois très disparates,  dans un rapport 1 à 10, soit un équivalent de 7 à 70&nbsp;µg/l d&rsquo;iode injecté quotidiennement. Ces dernières sont forcément  dangereuses. Bref aucune recommandation n&rsquo;est bonne, chaque protocole doit résulter  de mesures préalables factuelles.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5,1fr);  width: 90%;">
<div class="grille-titre ">Additifs iodés</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1tridacna.jpg"><figcaption class="figlegende">Tridacna</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1elos.jpg"><figcaption class="figlegende">Elos</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1aquaforest.jpg"><figcaption class="figlegende">Aquaforest</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1reefiodide.jpg"><figcaption class="figlegende">Seachem reef iodide : iodure de potassium</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/iode/1tropicmarin.jpg"><figcaption class="figlegende">tropicmarin</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h4>4.4.2. Préparations personnelles</h4>
<h5 class="align-j"> Produits utilisés</h5>
<p class="align-j">Dans la pratique on   utilise deux produits&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Iodure de potassium</strong> KI&nbsp;:   c&rsquo;est le composé le plus utilisé.  Il se présente sous la forme d&rsquo;un solide cristallisé blanc Très soluble dans l&rsquo;eau, les ions potassium  K<sup>+</sup> et iodure  I<sup>&#8211;</sup> se dissocient dans l&rsquo;eau. L&rsquo;iodure en solution est ainsi directement biodisponible. La masse de l&rsquo;élément iode&nbsp;I actif qui nous intéresse représente 76,45&nbsp;% de la molécule KI.
  </li>
<li><strong>Iodure de sodium</strong>&nbsp;:  il est utilisé en remplacement de KI lorsque la concentration en potassium dans l&rsquo;eau est à son maximum. Il se présente sous forme de cristaux translucides ou blancs. Plus hygroscopique, il est moins facile à manipuler et conserver. Également  très soluble dans l&rsquo;eau, les ions sodium  Na<sup>+</sup> et iodure  I<sup>&#8211;</sup> se dissocient dans l&rsquo;eau, l&rsquo;iodure est ainsi facilement assimilable. La masse de l&rsquo;élément iode I actif    représente 84,66&nbsp;% de la molécule NaI.</li>
</ul>
<h5>Préparation, dosages</h5>
<p class="align-j">Les produits se trouvent couramment en pharmacie, dans le commerce aquariophile (qualité labo analyse) ou en droguerie où il conviendra d&rsquo;en vérifier la pureté. </p>
<p class="align-j">La préparation à réaliser dépend du pourcentage de l&rsquo;élément actif dans la molécule ou le composé (iode I), du volume du contenant, celui du bac, du taux de dilution&#8230; Les risques d&rsquo;erreur sont lourds de conséquence, il est préférable d&rsquo;utiliser une préparation diluée : plutôt 0,5 % que 5&nbsp;%. Cette dernière étant réservée à une incorporation ponctuelle au compte-goutte. </p>
<p class="align-j">Connaissant le taux d&rsquo;iode actuel,  et selon son évolution entre deux tests compte tenu des apports et des changements d&rsquo;eau intermédiaires on se fixe une règle d&rsquo;apport.  Il est pr&eacute;f&eacute;rable de réaliser des ajouts quotidiens plutôt qu&#8217;hebdomadaires. Le micro dosage s&#8217;av&egrave;re ici une m&eacute;thode tout à fait adapt&eacute;e.
</p>
<p class="align-j">La préparation de la solution peut nécessiter une dilution plus importante en cas de supplémentation quotidienne par pompe doseuse, en une, deux ou plusieurs distributions. Les risques d&rsquo;erreurs de calcul sont nombreux. je vous propose de vérifier les vôtres avec ce <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-supplementation-monoelement/">Calculateur de supplémentation mono-élément</a>.</p>
<h5>Manipulations, conservation<br />
</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;iode sous forme de cristaux est dangereux, nocif par inhalation ou contact avec la peau et attaque certains plastiques. Ne pas inhaler, ni toucher directement. Les produits doivent être manipulés avec les précautions d&rsquo;usage.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;iodure s&rsquo;oxyde en présence d&rsquo;air et surtout de  lumière,  chaleur et  acides. La composition du contenant n&rsquo;est alors plus celle prévue. Préparer la quantité pour une durée limitée de l&rsquo;ordre de 3 mois. Conserver les solutions  dans un récipient   opaque en verre, polypropylène (PP) ou polyéthylène haute densité (PEHD), étanche, &agrave; l&#8217;abri de l&#8217;air, de la lumi&egrave;re et au frais.</p>
<h4 class="align-j">4.4.3. Introduction de l&rsquo;iode dans l&rsquo;aquarium</h4>
<p class="align-j">Pour éviter des réactions d&rsquo;oxydation de l&rsquo;iodure, il est recommandé d&rsquo;injecter l&rsquo;iodure de potassium ou de sodium&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Régulièrement, plutôt chaque jour que chaque semaine ou mois.</li>
<li>Dans un lieu brassé pour dissolution immédiate, juste en amont ou en aval de la pompe de remontée.</li>
<li>La nuit, éclairage éteint pour éviter la photooxydation.</li>
<li>Matériel source d&rsquo;oxydation tels que UV, ozone, éteints une trentaine de minutes.</li>
<li>Loin du RAH et  décaler les injections d&rsquo;iode de celles d&rsquo;hydroxyde de calcium.</li>
</ul>
<h2>5. Synthèse de la maintenance de l&rsquo;iode</h2>
<p class="align-j">Pour clore cette publication, ce tableau résumé.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:95%; max-width: 95%">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1&nbsp;: L&rsquo;iode en aquarium récifal<br />
  </caption>
<tr>
<th rowspan="3" align="center">Taux</th>
<td colspan="2" align="center"><strong>Normal</strong>&nbsp;: 60&nbsp;µg/l</td>
</tr>
<tr>
<th>Carence</th>
<th>Excès</th>
</tr>
<tr>
<td width="45%" align="center">&lt;20&nbsp;µg/l</td>
<td width="45%" align="center">&gt; 90 mg/l</td>
</tr>
<tr>
<th align="center">Bio indicateurs</th>
<td>
<ul>
<li>Croissance réduite des  algues, notamment supérieures et   calcaires (corallines) sans liseré de croissance.</li>
<li>Absence de phytoplancton sur les vitres.</li>
<li>Mues des crevettes, incomplète, antennes  déformées.</li>
<li>Croissance des coraux ralentie, surtout sur les mous</li>
<li>Blanchissement des coraux</li>
<li>Perte d&rsquo;intensité des couleurs des coraux (bleu&#8230;) et de la fluorescence.</li>
<li>Brûlure et nécroses au sommet des SPS</li>
</ul>
</td>
<td>
<ul>
<li>Développement de microalgues (vitres, supports)</li>
<li>Coraux : polypes rétractés, couleurs pâles, nécroses locales voire morts de colonies.</li>
<li>Reproduction et croissance des alevins et invertébrés perturbées.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<th align="center">Causes</th>
<td>
<ul>
<li>Charbon actif, éventuellement zéolithes</li>
<li>Trop d&rsquo;algues (refuge, réacteur)</li>
<li>Activité bactérienne intense (trop de nutriments NCP)</li>
<li>Oxydations de l&rsquo;iodure (UV, ozone, RAH)</li>
<li>Insuffisance supplémentation</li>
</ul>
</td>
<td>
<ul>
<li>Suralimentation ou inadaptée.</li>
<li>Oxydation  des iodures en iodates.</li>
<li>Traitement des déchets&nbsp;: excès de MO (sédiments, nourriture, nécroses des algues.</li>
<li>Dégradation insuffisante par micro et méiofaune  (bactéries, détritivores), rupture de la chaine alimentaire.</li>
<li>Changements d&rsquo;eau excessifs avec sel surdosé.</li>
<li>Supplémentation excessive.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<th align="center">Actions</th>
<td class="textcolonne"><strong>Remonter&nbsp; le taux</strong></p>
<ul>
<li class="textcolonne">Complémenter (KI, NaI, produits commerciaux).</li>
<li class="textcolonne">Revoir les alimentations.</li>
<li class="textcolonne">Vérifier le sel synthétique.</li>
<li class="textcolonne">Stopper traitement au charbon.</li>
</ul>
</td>
<td><strong>Réduire le taux<br />
      </strong></p>
<ul>
<li>Traiter au charbon actif et renouveler.</li>
<li>Développer algues, phytoplancton, bactéries.</li>
<li>Elaguer les algues avant nécroses.</li>
<li>Traiter les déchets (brassage, évacuation, TO, écumage) </li>
<li>Changement d&rsquo;eau</li>
</ul>
</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>5. En savoir plus</h2>
<ul>
<li><a href="https://theses.hal.science/tel-00959056v2/document" class="align-j">Evolution des mécanismes d&rsquo;accumulation et de  transport de l&rsquo;iode dans les organismes marins : étude de  la structure/fonction des protéines du métabolisme iodé  chez la bactérie zobellia galactanivorans</a>, J-B Fournier &#8211; janvier 2014</li>
<li><a href="https://www.ens-lyon.fr/MasterSDM/sites/default/files/2022-03/iode-full.pdf">L&rsquo;iode : 210 ans de recherche au  service de la société</a>,  Antoine Brunel, Côme Cattin, Camille Chartier &#8211; Journal de physique et de chimie des étudiants, 01/2022</li>
<li><a href="https://www.jstage.jst.go.jp/article/kaiyou1942/27/2/27_2_67/_pdf/-char/ja">Iodine in the Surface Water of the Ocean</a>, Shizuo TSUNOGAI &#8211; Journal of the Oceanographical Society of Japan  04/1971</li>
<li> <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0304420321000852">Oxidation of iodide to iodate by cultures of marine ammonia-oxidising bacteria</a>, Claire Hughes &#8211; Science Direct, Marine Chemistry<br />
    08/2021 </li>
<li><a href="https://theses.hal.science/tel-00351112/document">Etude des mécanismes d&rsquo;accumulation de l&rsquo;iode chez  l&rsquo;algue brune Laminaria digitata et chez les mammifères</a>,  Elodie Verhaeghe &#8211; Thèse HAL open science, 01/2009</li>
<li> <a href="https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/bot-2020-0049/html">Iodine and fluorine concentrations in seaweeds of the Arabian Gulf identified by morphology and DNA barcodes</a>, Hanan Al-Adilah , &#8211; Botanic marina, 2020</li>
<li> <a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmars.2023.1281691/full">Common aquarium antiseptics do not cause long-term shifts in coral microbiota but may impact coral growth rates</a>, J. Grace Klinges &#8211; Frontiers in Marine Science &#8211; 11/2023 </li>
<li> <a href="https://www.mdpi.com/2076-2615/11/9/2711">Nutrition and Metabolism of Minerals in Fish</a>, Santosh P. Lall &#8211; Animals, 2021</li>
<li><a href="https://theses.hal.science/tel-01162629/document">Nucléation et formation de nouvelles particules à haute  altitude</a>, Clémence Rose &#8211; Université Blaise Pascal,Thèse HAL open science, 11/2014</li>
<li><a href="https://www.ens-lyon.fr/MasterSDM/sites/default/files/2022-03/iode-full.pdf">L&rsquo;iode : 210 ans de recherche au  service de la société</a>, Antoine Brunel, Côme Cattin, Camille Chartier &#8211; JPCE, 01/2022</li>
<li><a href="https://reefs.com/magazine/chemistry-and-the-aquarium-iodine-in-marine-aquaria-part-i/">Iodine in Marine Aquaria: Part   I</a> &#8211; Randy Holmes-Farley &#8211; Reef.com &#8211; (march 2003)</li>
<li><a href="http://web.archive.org/web/20010411194852/http://www.animalnetwork.com/fish2/aqfm/1997/dec/bio/default.asp">The Halogens — Part III: Iodine</a>    &#8211;  Craig Bingman &#8211;  Aquarium   Frontiers (December 1997) </li>
<li><a href="https://reefs.com/magazine/chemistry-and-the-aquarium-iodine-in-reef-tanks-2-effects-on-macroalgae-growth/">Iodine   in Reef Tanks 2: Effects on Macroalgae Growth</a><strong> &#8211; </strong>Randy Holmes-Farley &#8211; Advanced aquarist&rsquo;s Online Magazine &#8211; (april 2003)</li>
<li><a href="http://reefkeeping.com/issues/2004-05/rhf/index.php">Reef Aquarium Water Parameters</a> &#8211; Randy Holmes-Farley &#8211; Reefkeeping &#8211; (05-2004) </li>
<li><a href="http://sunlight.caltech.edu/aic/pourbaix.pdf">Atlas of electrochemical equilibria in aqueous solutions</a>,  Marcel Pourbaix &#8211; NACE International   Cebelcor : 1974</li>
<li>Strontium et iode en récifal  &#8211; Alain TORTEY &#8211; <a href="http://boutique.ocean-passion.com/index.php?cPath=22">Ocean Passion On The Road</a> &#8211; DVD n°31 (juillet 2010)</li>
</ul>
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