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	<title>Archives des marin - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
	<lastBuildDate>Tue, 10 Mar 2026 13:15:42 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des marin - Reeflexions</title>
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		<title>Bactéries en aquarium marin et récifal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 17:51:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La stabilité d&#8217;un aquarium récifal dépend de l&#8217;équilibre biologique entre les poissons, coraux, invertébrés, et surtout les micro-organismes. Les bactéries s&#8217;avèrent essentielles pour y maintenir la qualité de l&#8217;eau et la santé du vivant. Les interactions et les enjeux sont si nombreux, qu&#8217;il est important pour l&#8217;aquariophile de bien connaitre le rôle du microbiote récifal, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">La stabilité d&rsquo;un aquarium récifal dépend de l&rsquo;équilibre biologique entre les poissons, coraux, invertébrés, et surtout les micro-organismes. Les  bactéries s&rsquo;avèrent essentielles pour y maintenir la qualité de l&rsquo;eau et la santé du vivant. Les interactions et les enjeux sont si nombreux, qu&rsquo;il est important pour l&rsquo;aquariophile de bien connaitre le rôle du microbiote récifal, les types de bactéries, bénéfiques et pathogènes, les sources des souches, leur gestion dans l&rsquo;aquarium, quand et comment les introduire et les entretenir. Autant de sujets abordés dans cet article.</p>
<h2>1. Les bactéries</h2>
<p class="align-j">Les bactéries font partie des premières formes de vie  sur Terre. Omniprésentes dans presque tous les environnements, de l&rsquo;air à la terre, en passant par l&rsquo;eau douce et marine, et même à l&rsquo;intérieur des organismes vivants, elles ont une importance considérable dans les cycles biogéochimiques comme le cycle du carbone et la fixation de l&rsquo;azote de l&rsquo;atmosphère.</p>
<h3>1.1. Description</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/21.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 1 : Schéma d&rsquo;une bactérie.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://fr.khanacademy.org/science/high-school-biology/hs-cells/hs-prokaryotes-and-eukaryotes/a/prokaryotic-cells">Khan Academy</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Ces micro-organismes (figure 1), de l&rsquo;ordre de 0,1 à 50 micromètres, unicellulaires, appartiennent au règne des <strong>procaryotes</strong>, donc sans  noyau défini ni organites membraneux, ce qui les distingue de tous les autres organismes. </p>
<p class="align-j">Les cellules se présentent sous plusieurs formes&nbsp;: sphérique, les <strong>coques</strong> ou cocci (cyanobactéries <em>Synechococcus, Prochlorococcus)</em>&nbsp;; allongée ou en bâtonnet, les <strong>bacilles</strong> (<em>Bacillus</em>, <em>Nitrosomas, Vibrio</em>)&nbsp;; spiralée, les <strong>spirilles</strong> ou spirochètes (<em>Oceanospirillum</em>, <em>Helicobacter</em>). Une membrane plasmique entoure la cellule et régule les échanges avec l&rsquo;extérieur. Comme pour les cellules végétales, la membrane   est parfois enveloppée d&rsquo;une capsule protectrice plus ou moins épaisse dont la structure  permet de différencier les bactéries Gram positif (à paroi épaisse) des bactéries Gram négatif (à paroi fine). A l&rsquo;intérieur de la cellule flotte le matériel génétique, formé par un seul chromosome (molécule) d&rsquo;ADN libre, enchevêtré en cercle, et refermé sur lui-même, ainsi que diverses molécules vitales.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);">
<div class="grille-titre ">Formes des bactéries.</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/22.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Bacilles : allongés, en batônnets  (Pseudomonas).</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.biomerieux-industry.com/fr/pharmaceutique-cosmetique/ressources/bibliotheque-des-micro-organismes-pharma/2020-03-24-how-does-pseudomonas">Biomérieux</a></div>
</figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/23.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/23.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Coques ou cocci : de formes sphériques.</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/24.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Spirilles : en forme de spirale ou hélicoide.</figcaption></figure>
</div>
<h3>1.2. Particularités</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/32.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/32.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 2 : Source d&rsquo;énergie et nutrition des bactéries.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.nature.com/articles/nbt923">Naturebiotechnology</a></div>
</figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Mobilité</strong> : parfois immobiles, certaines espèces disposent de flagelles, de longs filaments fins dépassant de la surface cellulaire, qui permettent leur locomotion. On observe aussi des structures filamenteuses courtes, les fimbriae,  utilisées pour l&rsquo;adhérence aux surfaces ou pour l&rsquo;échange de matériel génétique entre bactéries.</li>
</ul>
<ul class="align-j">
<li><strong>Nutrition</strong> : Les bactéries interviennent dans divers processus et, selon les situations et les espèces, peuvent exploiter des nutriments organiques (déchets, nourriture), des composés azotés (ammoniac, nitrites, nitrates, voire directement l&rsquo;azote dissout), des composés carbonés (sucres, acides organiques : AA, acides gras), CO<sub>2</sub>, O<sub>2</sub>, des sulfates, des composés inorganiques (carbonates, phosphates&#8230;), des oligoéléments et même des métaux lourds. <br />
  Leurs modes de nutrition variés contribuent au brassage continuel de la matière entre les sol, leur milieu et les autres êtres vivants.</li>
<li><strong>Sources d&rsquo;énergie</strong> (figure 2) : certaines bactéries <strong>phototrophes</strong>, captent l&rsquo;énergie lumineuse, d&rsquo;autres <strong>chimiotrophes</strong><em>, </em>utilisent celle contenue dans des substances minérales ou des molécules organiques issues d&rsquo;êtres vivants. </li>
<li><strong>Oxygène</strong> : on caractérise les bactéries selon leurs besoins en oxygène pour vivre et se multiplier. Elles sont dites <strong>aérobies</strong> strictes lorsqu&rsquo;il leur est indispensable, et <strong>anaérobies</strong> strictes quand elles n&rsquo;en ont pas besoin  ou ne supportent pas sa présence. D&rsquo;autres sont  aéro-anaérobies facultatives lorsqu&rsquo;elles  vivent et se multiplient avec ou sans oxygène.
  </li>
<li><strong>Résistance</strong> : Il s&rsquo;agit de la forme de vie la plus résistante que l&rsquo;on connaisse. Les bactéries résistent  à des températures de 100&nbsp;°C, à certains désinfectants, aux rayonnements ultraviolets et plutôt bien aux UV-C, mais sont détruites par les rayonnements ionisants.  Lorsque les conditions environnementales sont difficiles (sécheresse excessive, manque de nutriments&#8230;), certaines espèces entrent en <strong>dormance</strong> et produisent des spores, une forme naturelle, inactive. Chaque spore germe en une bactérie active lorsque les conditions redeviennent favorables. </li>
<li><strong>Communautés</strong> : Elles vivent   en communautés, adhérant le plus souvent à des surfaces au sein d&rsquo;un gel muqueux, le biofilm. </li>
<li><strong>Reproduction</strong> : Les bactéries se reproduisent rapidement principalement de manière asexuée, par scissiparité, un processus simple  dans lequel une cellule se divise en deux cellules filles identiques. La division peut avoir lieu toutes les 20 minutes. C&rsquo;est à dire potentiellement 500 000 nouvelles cellules après 6 h.  Un tel rythme explique la fulgurance des maladies bactériennes. Elles peuvent également échanger du matériel génétique (conjugaison) pour brasser leurs gènes.</li>
<li><strong>Nombreuses</strong> : Le nombre d&rsquo;espèces dans les océans dépasse très probablement le million. On compte environ 10 millions de bactéries par millilitre d&rsquo;eau de mer dans les zones côtières. Si le bactérioplancton joue un rôle crucial dans les océans, tout autant que le phytoplancton et de manière complémentaire, on sous estime probablement son impact dans la nutrition de nombreux organismes marins.</li>
<li><strong>Nocivité</strong> : La plupart des bactéries n&rsquo;attaquent que la matière organique morte et sont inoffensives voire bénéfiques pour les organismes. Un petit nombre d&rsquo;espèces est pathogène, à l&rsquo;origine de maladies infectieuses.</li>
</ul>
<div class="commentaire pos-centre"> <strong>Terminologie<br />
  <strong><br />Hôte</strong></strong> : organisme qui héberge un parasite, partenaire mutuel ou commensal, nécessaire à son cycle de vie.<strong><br />
  <strong>Symbiose</strong> </strong>: association intime, durable entre deux organismes. Elle est bénéfique aux deux (mutualisme), bénéfique à l&rsquo;un et nuisible à l&rsquo;autre (parasitaire) ou bénéfique à l&rsquo;un et neutre sur l&rsquo;autre (commensalisme). <strong><br />
  Microbe</strong> : Organisme vivant visible qu&rsquo;au microscope (bactéries, microchampignons, protistes).<strong><br />
  Microbiote</strong> : ou &quot;microflore&quot;, ensemble des microbes d&rsquo;une communauté relative à un hôte animal.<br />
  <strong>Microbiome</strong> : ensemble regroupant le microbiote, son domaine d&rsquo;activité  (ex. un individu) et son environnement.<br />
  <strong>Holobionte</strong> : ensemble formé par les espèces hôtes et les autres espèces plus petites (micro-organismes) vivant à l&rsquo;intérieur, dessus ou à proximité. </div>
<h2>2. Rôles des bactéries en aquarium</h2>
<p class="align-j">Un aquarium  sain et stable pour les poissons, les coraux, et les autres habitants  contient probablement des bactéries  variées et en quantité suffisante pour assurer leurs fonctions. Voyons  leurs différents rôles :</p>
<h3 class="align-j">2.1. Rôles relatifs à la maintenance de l&rsquo;aquarium</h3>
<p><strong>Cycle  de l&rsquo;azote</strong> : (figure 3) les bactéries réalisent une <strong>filtration biologique</strong> essentielle à l&rsquo;équilibre de l&rsquo;aquarium marin. </p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/29.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/29.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 3 : Le cycle de l&rsquo;azote.</figcaption></figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Les bactéries  nitrifiantes</strong> : durant la nitrosation<em> Nitrosomonas</em>, <em>Nitrosococcus</em>, <em>Nitrosocystis</em>, <em>Nitrosospira</em>, <em>Nitrosogle </em>transforment l&rsquo;ammonium (NH<sub>3</sub>),  très toxique pour les poissons, en nitrites (NO₂⁻), également toxiques mais moins dangereux.<br />
    Ensuite, durant la nitratation, les bactéries<em> Nitrobacter </em>, <em>Nitrocystis</em>, <em>Bactoderma</em>, <em>Microderma</em>, <em>Nitrospira</em>, etc., convertissent les nitrites (NO₂⁻) en nitrates (NO₃⁻), bien moins toxiques, qui pourront être absorbés par les plantes ou éliminés lors des changements d&rsquo;eau. </li>
<li><strong>Les bactéries dénitrifiantes</strong> :  telles que <em>Pseudomonas</em>, <em>Flavobacterium</em>, <em>Alcaligenes</em>, <em>Achromobacter</em>, <em>Escherichia</em>, <em>Micrococcus, Aerobacter</em>, <em>Bacillus, Thiobacillus</em>, <em>Azotobacter</em>&#8230; se développent dans des zones pauvres en oxygène (anaérobies)&nbsp;:  dans les substrats ou au sein de certaines roches vivantes. Elles transforment les nitrates (NO₃⁻) en diazote gazeux (N<sub>2</sub>), relâché dans l&rsquo;atmosphère. La réduction du niveau de nitrates, prévient l&rsquo;accumulation de substances nocives pour les habitants marins.</li>
</ul>
<p class="align-j"><strong>Cycle du phosphore</strong> :    comme exposé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/phosphore-phosphates/">Phosphore, phosphates</a>, lors de la dégradation des  matières organiques (fèces, déchets, sédiments&#8230;), les  bactéries solubilisatrices de PO<sub>4</sub> (PSB) telles que <em>Pseudomonas fluorescens</em>, et les bactéries accumulatrices de PO<sub>4</sub> (PAB) telles que Candidatus <em>Accumulibacter phosphatis</em>, extraient les phosphates dissous dans l&rsquo;eau,  pour  leur propre métabolisme. A leur mort ces phosphates  piégés dans leur biomasse sont éliminés par la filtration et l&rsquo;écumeur. Par ailleurs, durant la dégradation de composés organiques phosphorés, elles sécrètent des enzymes assurant la minéralisation du phosphore organique en phosphate inorganique, un nutriment essentiel pour les coraux et les algues. La régulation du phosphore est un levier pour limiter la prolifération d&rsquo;algues indésirables. </p>
<p class="align-j"><strong>Cycle du soufre</strong> : dans les aquariums marins, notamment ceux comportant des zones anoxiques peu oxygénées, des &quot;bactéries pourpres&quot; pratiquent la photosynthèse anoxygénique (sans production d&rsquo;oxygène). Les <strong>bactéries pourpres sulfureuses</strong> (PSB) des gama-<em>Protéobactéries</em>), essentiellement des <em>Chromatiaceae</em>, transforment le sulfure d&rsquo;hydrogène (H<sub>2</sub>S)  toxique  en soufre ou en sulfates beaucoup moins nocifs pour l&rsquo;écosystème interviennent également dans le cycle du soufre.</p>
<p class="align-j"><strong>Cycle du carbone </strong>: des bactéries dégradent la matière organique dissoute, convertissant les substances organiques en dioxyde de carbone et d&rsquo;autres nutriments assimilables par les coraux et les autres habitants de l&rsquo;aquarium. Certaines espèces fixent le carbone organique dans le mucus et rendent cette source d&rsquo;énergie directement disponible pour le corail.</p>
<p class="align-j"><strong>Décomposition de la matière organique</strong> : les bactéries hétérotrophes décomposent les déchets organiques (nourriture, excréments, plantes mortes&#8230;), en substances plus simples à éliminer, évitant ainsi l&rsquo;accumulation de matière organique, le risque de pics d&rsquo;ammoniac toxique et celui d&rsquo;autres polluants.<br />
  Plus particulièrement, les <strong>bactéries pourpres non-sulfureuses</strong> (PNSB), des alpha-<em>Protéobactéries</em> telles que les <em>Rhodospirillaceae</em> et <em>Rhodobacteraceae</em>, pratiquent la photosynthèse anoxygénique comme les PSB, mais  utilisent des composés organiques (acides gras, alcools, glucides) ou des composés inorganiques pauvres en soufre (fer) comme source d&rsquo;électrons pour la photosynthèse. Si elles n&rsquo;entrent pas dans le cycle du soufre, elles contribuent au cycle de l&rsquo;azote, plus spécifiquement dans les zones hypoxiques, pauvres en oxygène, centrées sur la dégradation de la matière organique et la gestion des nutriments. Ce faisant elles sont performantes dans le traitement du mulm sédimenté sur et dans les substrats : sables et  roches vivantes.</p>
<p class="align-j"><strong>Clarification de l&rsquo;eau</strong> : En fixant les particules en suspension et en absorbant les substances dissoutes, les bactéries clarifient l&rsquo;eau, améliorant ainsi la qualité visuelle et la santé générale de l&rsquo;aquarium.</p>
<p class="align-j"><strong>Biofilm protecteur</strong> : les bactéries forment également un biofilm sur les surfaces (roches, substrat, parois de l&rsquo;aquarium..) empêchant les bactéries pathogènes de coloniser ces surfaces. Le biofilm agit également comme un réservoir de nutriments pour les microorganismes et, bien entendu, participe à la filtration biologique.</p>
<h3>2.2. Rôles relatifs aux organismes marins</h3>
<p class="align-j">Dans un aquarium récifal, les interactions entre les bactéries et les organismes vertébrés et invertébrés sont nombreuses, complexes et indispensables au maintien de son équilibre écologique. Elles incluent notamment la <strong>nourriture</strong> et la <strong>protection contre les maladies</strong> :</p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/28.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/28.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 4 : Tunicier <em>Polycarpa aurata</em>, un bactério-planctonophage..</figcaption></figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Réduction des toxines : </strong>Les bactéries du cycle de l&rsquo;azote et du soufre réduisent les risques toxiques. D&rsquo;autre bactéries probiotiques telles que <em>Bacillus</em>, <em>Rhodopseudomonas</em>, contribuent à neutraliser différentes toxines comme, par exemple, des toxines cyanobactériennes produites par les  algues. Dans une moindre mesure, certaines bactéries (<em>Pseudomonas</em>, <em>Bacillus</em>, <em>Shewanella</em>) peuvent bioaccumuler des métaux lourds, les précipiter sous forme de sels insolubles ou les réduire  (<em>Desulfovibrio</em>), voire les chélater en composés moins toxiques. Certaines<strong> </strong> espèces de poissons (poissons-anges) et d&rsquo;invertébrés (crevettes, étoiles de mer) sont extrêmement sensibles à des dérives  d&rsquo;ammoniac et nitrites. 
  </li>
<li class="align-j"><strong>Source de nourriture pour les invertébrés</strong> : de nombreux invertébrés  suspensivores microphages actifs ou passifs, zooxanthellés ou azooxanthellés, se nourrissent  de bactérioplancton. Les coraux (octocoralliaires et dans une moindre mesure les scléractiniaires SPS et LPS), les éponges,  les tuniciers (figure 4), les bivalves (moules, bénitiers, huitres), les vers tubicoles, les échinodermes filtreurs (comatules, holothuries&#8230;), piègent les bactéries en suspension   et s&rsquo;en nourrissent.  Les psammivores comme les holothuries (concombres de mer), étoiles de mer fouisseuses, gobies&#8230; et les détritivores (copépodes, amphipodes&#8230;) ingèrent les bactéries sédimentées dans le mulm  au sein du sable et des roches. </li>
<li><strong>Symbiose bactérienne  : </strong>Les bactéries symbiotiques occupent le mucus des coraux, assurant une prédigestion des proies, et le système digestif de nombreux organismes (poissons, coraux) pour décomposer les aliments et absorber les nutriments. De même   elles contribuent à métaboliser des composés chimiques (soufre, azote&#8230;) au sein des invertébrés (nématodes,  vers tubicoles, bivalves&#8230;) en les transformant en nutriments assimilables.</li>
<li><strong>Fixation directe d&rsquo;azote</strong> : certaines bactéries fixatrices d&rsquo;azote captent directement l&rsquo;azote dissous issu de l&rsquo;atmosphère ou de la décomposition de la MO. Associées aux coraux, elles convertissent via des enzymes le N<sub>2</sub> dissout en ammonium (NH<sub>4</sub><sup>+</sup>) et d&rsquo;autres formes d&rsquo;azote biologiquement disponibles pour le corail.  Il s&rsquo;agit là du quatrième mode de nutrition des coraux, indépendamment de la photosynthèse, de la capture ou de l&rsquo;adsorption cellulaire de matière dissoutes. </li>
<li><strong>Prophylaxie</strong> : certaines bactéries probiotiques comme <em>Lactobacillus</em>, occupent des niches écologiques et contiennent la prolifération de bactéries pathogènes. Elles préviennent les infections et maintiennent  le système immunitaire des poissons et invertébrés, dont les coraux.</li>
<li><strong>Production de substances antimicrobiennes</strong> : les bactéries de certains probiotiques sécrètent des substances antibiotiques naturelles qui inhibent la croissance des agents pathogènes, réduisant ainsi le risque d&rsquo;infections chez les poissons (maladie des points blancs) et les coraux (nécroses tissulaires).</li>
<li><strong>Réduction des algues et cyanobactéries</strong> : les bactéries entrent en compétition avec les algues pour l&rsquo;utilisation des nutriments (N, P), réduisant ainsi leur prolifération.  </li>
<li><strong>Stimulant de ponte</strong> : certaines bactéries peuvent libérer des composés  stimulant la reproduction chez les invertébrés.</li>
</ul>
<h2>3. Microbiote de l&rsquo;aquarium récifal</h2>
<p><span class="align-j">Les bactéries occupent tous les compartiments de l&rsquo;aquarium, depuis les biofilms des supports rocheux ou sableux,  en suspension dans la colonne d&rsquo;eau et au sein des coraux eux-mêmes.</span></p>
<h3>3.1. Biofilms et mulms  superficiels </h3>
<h4>3.1.1. Biofilms</h4>
<p class="align-j"><strong>Les biofilms</strong> sont des communautés de micro-organismes (bactéries, algues, champignons et parfois des protozoaires) qui adhèrent à une surface pour former une matrice composée principalement de substances polymériques extracellulaires  (EPS) constituée de polysaccharides, de protéines, d&rsquo;ADN extracellulaire et d&rsquo;autres composants. Cette matrice protectrice leur permet de résister aux stress environnementaux (chocs thermiques, produits chimiques, agents antimicrobiens, etc.) et de conserver l&rsquo;humidité dans certaines conditions, par exemple lors de l&rsquo;exondation des coraux à marée basse. </p>
<p class="align-j"><strong>Le développement des biofilms</strong> dans des environnements humides ou aquatiques procède en plusieurs étapes. Les bactéries libres (planctoniques) dans l&rsquo;eau adhèrent aux surfaces immergées  (<strong>adhésion primaire</strong>) de toutes sortes (roches vivantes, substrat, verre de l&rsquo;aquarium, coraux, équipements), puis se multiplient (<strong>colonisation</strong>). Elles  produisent des EPS, formant une matrice gluante qui consolide l&rsquo;adhésion et protège les bactéries des conditions extérieures. Le biofilm développe une structure plus complexe avec des canaux pour l&rsquo;échange de nutriments et l&rsquo;évacuation des déchets (<strong>maturation</strong>). Sa structure est multicouche avec moins d&rsquo;oxygène et plus de déchets organiques en profondeur. Les bactéries  communiquent entre elles (quorum sensing) pouvant ainsi coordonner leur activité,  se protéger ou déclencher la production de certaines substances en réponse aux changements environnementaux.  Plus tard, certaines cellules ou portions du biofilm  sont libérées (<strong>détachement</strong>) et colonisent de nouvelles surfaces (figure 5).</p>
<p class="align-j"><strong>Une prolifération excessive</strong> du biofilm peut poser des problèmes. Par exemple, un biofilm trop épais  réduit la lumière nécessaire organismes symbiotiques. Sa régulation impose une bonne gestion des bactéries (contrôle des nutriments, réacteur biologique, éclairage&#8230;) comme on le verra, et parfois le nettoyage des équipements encrassés (pompes, crépines, tuyaux&#8230;).</p>
<h4>3.1.2. Mulms</h4>
<p class="align-j"><strong>Les mulms</strong> sont des accumulations  de <strong>débris organiques</strong> en décomposition (déchets alimentaires, excréments&#8230;) <strong>et inorganiques</strong> (sable, boues)  déposées au fond de l&rsquo;aquarium ou dans les zones calmes. Contrairement à ce que l&rsquo;on nomme les sédiments, les mulms contiennent une grande proportion de matières organiques. Ils hébergent une quantité de bactéries décomposeuses ainsi que d&rsquo;autres micro-organismes et des particules non vivantes. </p>
<p class="align-j"><strong>Les effets du mulm</strong> sont ceux des bactéries, déjà évoqué, notamment dans la décomposition de la matière organique  et la libération des nutriments (nitrates, phosphates). C&rsquo;est  une <strong>source de nutriments</strong> pour les algues. Il contient une grande concentration de bactéries et d&rsquo;autres micro-organismes, et sert de <strong>réservoir biologique</strong> pour d&rsquo;autres bactéries bénéfiques. <br />
  Cependant, s&rsquo;il n&rsquo;est pas contrôlé il peut contribuer à une <strong>pollution</strong> avec de hauts niveaux de nitrates et phosphates, favorisant ainsi la croissance indésirable d&rsquo;algues et de cyanobactéries.</p>
<p class="align-j"><span class="align-j"><strong>Gérer le</strong></span><strong> mulm </strong> par différents moyens : siphonner régulièrement le substrat (figure 6) pour éviter son accumulation excessive, assurer un brassage dans les zones d&rsquo;accumulation,  le maintenir sous contrôle avec une équipe de détritivores (invertébrés et poissons fouisseurs,  crevettes,  escargots, poissons limivores) pour remuer le substrat et consommer les matières organiques.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<div class="grille-titre ">Biofilm et mulm  en aquarium marin</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/25.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 5 : Portion d&rsquo;un biofilm détaché.</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/26.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 6 : Siphonage du mulm déposé sur le sable.</figcaption></figure>
</div>
<h3>3.2. Bactéries de la colonne d&rsquo;eau : bactérioplancton</h3>
<p class="align-j">Les bactéries sont moins présentes dans la colonne d&rsquo;eau que dans les biofilms recouvrant les surfaces. Issues de la libération des biofilms et des échanges avec les substrats, leur action est  similaire. A l&rsquo;instar des océans, la population bactérienne de la colonne d&rsquo;eau constitue le bactérioplancton de l&rsquo;aquarium.</p>
<h4 class="align-j">3.2.1. Actions du bactérioplancton</h4>
<p class="align-j">Indépendamment des rôles attribués généralement aux  bactéries,  en suspension elles ont des effets plus spécifiques :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Clarification de l&rsquo;eau</strong> : L&rsquo;effet est quasi immédiat. Les bactéries éliminent les particules organiques fines et décomposent les matières dissoutes. L&rsquo;eau devient  limpide et stable, favorisant la pénétration de la lumière et contribuant à la bonne santé de tous les organismes photosynthétiques.</li>
<li><strong>Echanges bactériens</strong> : transporté par le brassage, le bactérioplancton se disperse en tous points de l&rsquo;aquarium, assurant des apports bactériens jusqu&rsquo;aux substrats, et les  échanges    constants entre les bactéries en suspension, les surfaces, les mucus coralliens et tous les organismes.</li>
<li><strong>Bactérioplancton nourricier</strong> : De nombreux invertébrés suspensivores microphages (filtreurs), se nourrissent de plancton. Coraux,  bivalves,  vers  à panaches, éponges, tuniciers, comatules&#8230; piègent les bactéries dans leur mucus ou les capturent avec leurs cils vibratiles. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs chez les <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">octocoralliaires</a> une source d&rsquo;alimentation bien plus importante que le phytoplancton, et vitale pour certains invertébrés tels que les tuniciers et les comatules.</li>
<li><strong><color style="color:red;">Risque d&rsquo;anoxie</color></strong> : un excès de matières organiques dans l&rsquo;eau peut toutefois entraîner   une <strong>prolifération bactérienne</strong> subite, non contrôlée, souvent visible sous forme d&rsquo;eau trouble : <strong>bloom bactérien</strong>. Les bactéries consomment alors de grandes quantités d&rsquo;oxygène dissous, mettant en danger les autres organismes, comme on l&rsquo;évoquera plus tard. Il est donc essentiel de surveiller et limiter la charge organique dans la colonne d&rsquo;eau.</li>
</ul>
<h4>3.2.2. Espèces bactériennes  en suspension</h4>
<p class="align-j">Il existe toujours des échanges entre l&rsquo;eau et les supports, et des biofilms se détachent dans la colonne d&rsquo;eau. Même si la concentration des espèces du bactérioplancton est différente de celle des biofilms superficiels, une analyse de la colonne d&rsquo;eau permet  d&rsquo;obtenir une cartographie approximative des bactéries présentes dans  l&rsquo;aquarium. Ainsi les analyses du microbiome telles que celles récemment proposées par le laboratoire Aquabiomics sont une avancée dans la compréhension de nos systèmes captifs. </p>
<p class="align-j">Les analyse ADN de ce laboratoire  révèlent   un mélange complexe dans l&rsquo;eau des aquariums testés, avec  une moyenne de 400 espèces  différentes par installation. Aquabiomics identifie 19 familles de bactéries représentant  l&rsquo;essentiel des communautés présentes dans l&rsquo;eau des aquariums récifaux sains, c&rsquo;est à dire dans lesquels invertébrés et poissons s&rsquo;épanouissent (figure&nbsp;7).</p>
<p class="align-j">Il existe aussi une grande disparité du spectre des populations entre différents aquariums, variant dans un rapport un à sept pour les populations les plus  diversifiées. Dans son étude <a href="https://aquabiomics.com/articles/how-aquarium-microbiomes-differ">How aquarium microbiomes differ</a>, Aquabiomics a ainsi pu observer quatre groupes de spectres bactériens présents dans des aquariums globalement sains (figure 8).</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<div class="grille-titre ">Analyses des bactéries en aquariums récifaux.</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/microbiome.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/microbiome.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 7 : Familles de bactéries des  aquariums récifaux</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/4.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/4.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 8 : Groupes de spectres bactériens observés en aquariums récifaux.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
</div>
<h3>3.3. Bactéries et coraux </h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/5.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 9 : Espèces bactériennes du mucus d&rsquo;<em>Acropora palmata</em> et de son environnement.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://typeset.io/pdf/regulation-of-microbial-populations-by-coral-surface-mucus-4de63t9fyh.pdf">Kim B Ritchie</a></div>
</figure>
<h4>3.3.1. Le microbiote du corail</h4>
<p class="align-j">Le corail forme avec les microorganismes qu&rsquo;il héberge (microbiote) un ensemble biologiquement cohérent (l&rsquo;holobionte) à l&rsquo;intérieur duquel s&rsquo;opèrent de relations symbiotiques vitales.</p>
<p class="align-j">Depuis les premières apparitions de maladies coralliennes à grande échelle, dans les Caraïbes, les chercheurs analysent le microbiote inféodé aux coraux. En effet, il impacte la vie du corail à plusieurs niveaux&nbsp;: notamment lors de la prédigestion, ainsi que pour ses défenses immunitaires puisque des pools bactériens sont en mesure de produire des antibiotiques contre les bactéries pathogènes. </p>
<h4>3.3.2. Bactéries du microbiote corallien</h4>
<p class="align-j">Un immense panel d&rsquo;espèces bactériennes peut être inféodé aux coraux. Pour autant leur spectre est  limité et spécifique à chaque espèce de corail. Les bactéries ont&nbsp; des fonctions différentes selon leur localisation (tissus, cavité gastrique, mucus, squelette). Rappelons que les bactéries ne sont pas les seuls microbiotes du corail. D&rsquo;autres microorganismes hôtes du corail, contribuent également à sa santé : archées, eucaryotes unicellulaires (dinoflagellés), champignons&#8230; </p>
<p class="align-j">Le microbiote du corail n&rsquo;est pas exactement le reflet du panel bactérien observé dans la masse d&rsquo;eau ou les surfaces. Par exemple, en milieu naturel, Kim B. Ritchie a observé la répartition  des différentes espèces  bactérienne relatives à <em>Acropora palmata</em> des Caraïbes : celles  inféodée au mucus du corail (symbiotes), celle des visiteurs&nbsp; pathogènes opportunistes, responsables de blanchiments dans l&rsquo;étude, et celle présente dans l&rsquo;eau de mer environnante (figure 9). Il s&rsquo;avère qu&rsquo;elles sont ici assez différentes.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;équilibre  bactérien du microbiote corallien est cependant très dépendant des conditions environnementales. Des différences dans la composition du mucus  peuvent  contribuer à réduire la capacité du corail à résister aux différents facteurs de  stress au point de le rendre vulnérable face aux organismes pathogènes. Aussi, l&rsquo;aquariophile doit tout mettre en œuvre  pour conserver cet équilibre.</p>
<h2>4. Espèces bactériennes marines</h2>
<p class="align-j">Toutes  les bactéries, en suspension, sur les substrats, en biofilms, ou sur les animaux, contribuent de manière bénéfique ou maléfique sur la santé générale de l&rsquo;aquarium et ses occupants. L&rsquo;aquariophile se pose donc légitimement la question de savoir  lesquelles son bonnes (bénéfiques), ou pas (pathogènes). La réponse à cette question ne lui permet malheureusement pas d&rsquo;avancer beaucoup aujourd&rsquo;hui, mais viendra le temps où les cartographies biologiques seront aussi courantes que les analyses chimique ICP.</p>
<h3>4.1. Bactéries bénéfiques, probiotiques</h3>
<h4>Bactéries bénéfiques, &quot;bonnes bactéries&quot;</h4>
<p class="align-j">Ce sont celles qui contribuent globalement à  la prospérité de l&rsquo;aquarium  : la qualité de l&rsquo;eau, la croissance saine des organismes vivants, l&rsquo;absence de maladies, l&rsquo;équilibre  biologique&#8230; Par exemple&nbsp;:</p>
<figure class="figfloat"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/27.jpg"><figcaption class="figlegende">Figure 10 : Bactérie Nitrosomas.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://commtechlab.msu.edu/sites/dlc-me/zoo/zdrs0232.html">Yuichi Suwa</a></div>
</figure>
<ul class="align-j">
<li>Des espèces agissant dans le <strong>cycle de l&rsquo;azote</strong> et pour certaines, du phosphore :
<ul class="align-j">
<li>celles <strong>oxydant l’ammoniac</strong> en nitrite : Nitrosomonadaceae : <em>Nitrosomonas  (figure 10)</em>, <em>Nitrosococcus</em> (environ 1,5 % du microbiome).</li>
<li> celles <strong>oxydant les nitrites</strong> en nitrates (<em>Nitrobacter</em>, Nitrospiraceae), 11 fois moins abondantes.<br />
        Il s&rsquo;agit ici de concentrations mesurées dans la colonne d&rsquo;eau, donc non représentatives et plus faibles que ce que peuvent abriter les substrats.</li>
<li> celles <strong>dénitrifiant les nitrates </strong>en azote comme <em>Pseudomonas, Paracoccus</em>.</li>
</ul>
</li>
<li> Des espèces omniprésentes dans les milieux marins, participant aux <strong>processus de dégradation</strong> de plusieurs manières. Citons<em> Thiobacillus denitrificans</em>, une bactérie chimioautotrophe, anaérobie oxydant<strong> </strong>le soufre en sulfates par exemple dans les dénitrateurs au soufre ou les DSB.</li>
<li>Des  <strong>bactéries pourpres sulfureuses</strong>, anaérobies; oxydant le soufre en sulfates dans les couches profondes : <em>Chromatium, Thiocapsa, Thiospirillum</em>, <em>Thiopedia</em>, <em>Lamprocystis</em>, <em>Marichromatium</em>, <em>Allochromatium</em>) .</li>
<li>Des <strong>bactéries pourpres non-sulfureuses</strong> contribuant à la dégradation des zones hypoxiques (sédiments, sable et substrats) : <em>Rhodopseudomonas (figure 11), Rhodobacter</em>, <em>Rhodovulum</em>, <em>Roseobacter</em>, <em>Rhodospira</em>, <em>Erythrobacter</em>, <em>Oceanibulbus</em>. N&rsquo;intervenant pas particulièrement, ni directement, dans le cycle de l&rsquo;azote, elles sont complémentaires, polyvalentes et efficaces dans la dégradation des MO sur un terrain qui leur est propre. Par exemple <em>Rhodopseudomonas palustris</em> (4), une espèce pas spécifiquement marine, peut basculer entre quatre types différents de métabolismes et s&rsquo;avère intéressante dans de nombreux domaines dont l&rsquo;aquariophilie marine.</li>
<li>Des bactéries du <strong>traitement des phosphates</strong>. Selon leur rôle on trouve les bactéries solubilisatrices de phosphates (PSB) telles que <em>Rhodobacter</em>, <em>Pseudomonas</em>, <em>Bacillus</em>, <em>Halomonas</em>, <em>Marinobacter</em>, <em>Alteromonas</em>, <em>Planococcus</em>, <em>Serratia</em>, <em>Acinetobacter</em>, <em>Klebsiella</em>, <em>Rhodobacter</em>, <em>Paracoccus</em>, <em>Thiothrix</em>&#8230; et/ou accumulatrices de polyhosphates (PAB) <em>Acinetobacter</em>, <em>Klebsiella</em>, <em>Burkholderia</em>, <em>Enterobacter</em>, <em>Bacillus</em>,  <em>Synechococcus</em>, <em>Thiothrix</em>&#8230;</li>
<li>Des <strong>cyanobactéries</strong> :  capables de fixer l&rsquo;azote atmosphérique, fournissant ainsi une source de nutriments importante pour d&rsquo;autres organismes dans l&rsquo;aquarium, ingérées par les coraux et d&rsquo;autres invertébrés, produisant de l&rsquo;oxygène bénéfique aux organismes ou formant des  biofilms,  habitat de micro-organismes bénéfiques et  nourriture pour les filtreurs. </li>
<li>Des <strong>bactéries du mucus</strong> des coraux : par exemple des souches de <em>Vibrio</em> non pathogènes jouent un rôle protecteur contre des agents pathogènes potentiels.</li>
</ul>
<h4>Bactéries probiotiques, bonnes pour la santé</h4>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/31.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/31.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 11 : <em>Rhodopseudomonas palustris</em> s&rsquo;assemble en étoiles puis forme un réseau de biofilm</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.hydrospace.store/">Hydrospace</a></div>
</figure>
<p class="align-j"> Une partie des bactéries  bénéfiques est dite probiotique.Ce sont des souches sélectionnées et isolées pour leurs caractéristiques spécifiques<strong>,</strong> aux effets ciblés,  plus facilement  mesurables. Il s&rsquo;agit plus particulièrement de celles <strong> nécessaires à la santé   des hôtes</strong> (poisson, coraux et autres invertébrés) lesquelles, par exemple, impactent le métabolisme ou réduisent la prolifération des pathogènes. Par extension, l&rsquo;aquariophilie y inclut les bactéries qui <strong>améliorent la santé générale de l&rsquo;aquarium</strong>, notamment celles agissant sur le cycle de l&rsquo;azote. La différence est ténue et finalement sans importance  tant les  interdépendances entre les microorganismes,   sont nombreuses, parfois méconnues, mais toutes impliquées dans le même objectif de  prospérité.</p>
<p>Les bactéries probiotiques  appartiennent à différentes  espèces parmi les genres  &nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><em>Bacillus</em> (<em>B. subtilis</em>, <em>B. licheniformis</em>) : favorisent la dégradation des déchets organiques et aident à stabiliser le cycle de l&rsquo;azote, </li>
<li><em>Lactobacillus (L. plantarum</em>, <em>L. rhamnosus</em>) : bactéries lactiques contribuant à la fermentation de matières organiques et à la suppression de pathogènes. </li>
<li><em>Enterobacter (E. cloacae</em>) : participent à la décomposition des matières organiques et  à la réduction des pathogènes.</li>
<li><em>Rhizobium (R. leguminosarum</em>)  : aident à la fixation de l&rsquo;azote et améliorent la qualité du substrat.</li>
<li><em>Corynebacterium (C. glutamicum</em>), <em>Rhodopseudomonas</em> : contribuent à dégrader les déchets organiques</li>
<li><em>Pseudomonas (P. fluorescens)</em> : dégradent des polluants.</li>
<li><em>Nitrosomonas</em> et <em>Nitrobacter</em> : essentielles au cycle de l&rsquo;azote. </li>
<li><em>Pseudoalteromonas, Alteromonas</em>, <em>Halomonas</em>, <em>Ruegeria</em>, <em>Rhodopseudomonas palustris, Bacillus&#8230; </em>: production d&rsquo;antibiotiques dans le mucus corallien, contre des pathogènes.</li>
</ul>
<h3>4.2. Mauvaises bactéries et pathogènes</h3>
<p class="align-j">Les bactéries dites &quot;<strong>mauvaises bactéries</strong>&quot; regroupent les espèces aux effets <strong>indésirables</strong>. Certaines sont <strong>pathogènes</strong> quand elles causent la maladie, ou <strong>opportunistes</strong> quand elles deviennent nocives dans certaines conditions, ou simplement <strong>nuisibles</strong> si elles déséquilibrent l&rsquo;écosystème.</p>
<p class="align-j">Parmi les espèces pathogènes au-delà d&rsquo;une certaine concentration.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Pathogènes de poissons</strong> : <em>Mycobacterium, Photobacterium damselae</em>, <em>Piscirickettsia salmonis, voire Pseudomonas et Aeromonas </em>qui peuvent provoquer des infections cutanées chez les poissons et des nécroses<em>.</em> Les concentrations détectées dans des aquarium sains n&rsquo;affectent pas leur santé. </li>
<li><strong>Pathogènes des coraux</strong> :
<ul>
<li>des espèces hôtes naturels de coraux (Vibrionaceae ex. <em>Vibrio corallilyticus</em>, <em>V. shiloi, V.&nbsp;vulnificus</em>) à une concentration  normale n&rsquo;affectant pas leur santé, mais potentiellement causes de  blanchiment, et nécrose tissulaire.</li>
<li>des espèces non détectées dans les aquariums sains, introduites, impliquées dans les maladies des coraux (nécroses, gelées brunes&#8230;). Par exemple <em>Serriata marcescens, Thalassomonas loyana</em> (bande blanche), </li>
</ul>
</li>
<li><strong>Pathogènes d&rsquo;autres invertébrés</strong>. Parmi celles-ci <em>Mycobacterium </em>ou<em> Aquarickettsia rohweri&nbsp;</em>détecté sur des anémones, éponges. On  sait cependant peu de leur présence  en aquarium.</li>
</ul>
<h3>4.3. Bactéries marines diverses</h3>
<p class="align-j">Le tableau 1 propose un inventaire, bien entendu non exhaustif, de  bactéries observées en milieu marin dans différents habitats, avec leurs rôles et fonctions dans l&rsquo;écosystème.</p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Quelques bactéries du milieu marin<br />
  </caption>
<thead>
<tr>
<th width="17%">Famille</th>
<th width="15%">Genre</th>
<th>Habitat</th>
<th>Fonction</th>
<th>Rôle</th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td>Acaryochloridaceae</td>
<td><em>Acaryochloris</em></td>
<td>Zones benthiques, biofilms</td>
<td>Cyanobactérie photosynthétique, utilisation de la chlorophylle d pour la photosynthèse</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Alteromonadaceae</td>
<td><em>Alteromonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilms, sédiments</td>
<td>Dégradation MO pollution marine et hydrocarbures. BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bacillaceae</td>
<td><em>Bacillus, Paenibacillus, Geobacillus</em></td>
<td>Eau, substrats, sédiments, biofilms</td>
<td>Dégradation des matières organiques, réduction des déchets. Cycle  N et P. Probiotique. BSP, BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bacteriovoracaceae</td>
<td><em>Bacteriovorax, Peredibacter</em></td>
<td>Sédiments, biofilms</td>
<td>Contrôle par prédation  d&rsquo;autres bactéries Gram-négatives</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Beggiatoaceae</td>
<td><em>Beggiatoa</em></td>
<td>Sédiments, substrat riche en soufre</td>
<td>Oxydation des sulfures, neutralisation de H<sub>2</sub>S dans les environnements anoxiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bradyrhizobiaceae</td>
<td><em>Nitrobacter</em></td>
<td>Eau, substrat</td>
<td>Oxydation des nitrites (NO₂⁻) en nitrates (NO₃⁻)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Burkholderiaceae</td>
<td>Burkholderia</td>
<td>Sédiments</td>
<td>BAP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Cenarchaeaceae</td>
<td><em>Cenarchaeum, Nitrosopumilus</em></td>
<td>Eau, sédiments, substrats</td>
<td>Archées. Oxydation de l&rsquo;ammoniac. Résistantes, elles contribuent à la résilience dusystème.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Chromatiaceae</td>
<td><em>Nitrosococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat</td>
<td>Oxydation de l&rsquo;ammoniac (NH<sub>3</sub>) en nitrites (NO₂⁻) dans les environnements marins</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Comamonadaceae</td>
<td><em>Comamonas, Acidovorax, Delftia, Hydrogenophaga, Polaromonas, Variovorax</em></td>
<td>Sédiments, substrats, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, contribution au cycle de l&rsquo;azote et de l&rsquo;hydrogène.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Cryomorphaceae</td>
<td><em>Cryomorpha</em></td>
<td>Eau</td>
<td>Dégradation des glucides (environnements marins froids)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Desulfovibrionaceae</td>
<td><em>Desulfovibrio</em></td>
<td>Sédiments, zones anaérobies</td>
<td>Réduction des sulfates, formation de sulfures métalliques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Enterobacteriaceae</td>
<td>Enterobacter,<br />
        Klebsiellia,<br />
      Serratia</td>
<td>Eau, substrat</td>
<td>Dégradation MO, Cycle N et P. BAP, BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Flammeovirgaceae</td>
<td><em>Flammeovirga, Lutibacter, Flexithrix</em></td>
<td>Eau, sédiments, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, formation de biofilms.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Flavobacteriaceae</td>
<td><em>Flavobacterium</em></td>
<td>Eau, substrat, mucus des coraux</td>
<td>Peut devenir pathogène chez les poissons stressés, sinon décomposition de matière organique</td>
<td>Opportuniste</td>
</tr>
<tr>
<td>Fusobacteriaceae</td>
<td><em>Fusobacterium</em></td>
<td>Sédiments, zones anaérobies, systèmes digestifs</td>
<td>Dégradation de matière organique, production d&rsquo;acides organiques, causes d&rsquo;infections</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Halomonadaceae</td>
<td>Halomonas</td>
<td>Sédiments</td>
<td>Dégradation sédiments. BSP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Hyphomicrobiaceae</td>
<td>
<p><em>Hyphomicrobium, Methylobacterium, Filomicrobium.</em></p>
</td>
<td>Eau, substrats, biofilms.</td>
<td>Acteur du cycle du carbone. Dégradation de matière organique, ixation de l&rsquo;azote.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Leptospirillaceae</td>
<td><em>Leptospirillum</em></td>
<td>Sédiments, substrat</td>
<td>Oxydation du fer, rôle dans le cycle du fer</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Mycobacteriaceae </td>
<td><em>Mycobacterium</em></td>
<td>Sédiments, eau, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, Pathogène d&rsquo;organismes marins, coraux et poissons (mycobactériose)</td>
<td>Bénéfique et Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Marinicelaceae</td>
<td><em>Marinicella, Marinilactibacillus</em></td>
<td>Sédiments, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique. Production de métabolites (antimicrobes). Equilibre des biofilms</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Marinobacteraceae</td>
<td><em>Marinobacter</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Moraxellaceae</td>
<td><em>Acinetobacter</em></td>
<td>Eau, substrat, sédiments</td>
<td>Opportuniste, rôle dans la dégradation MO, possible résistance aux antibiotiques. BAP, BSP.</td>
<td>Opportuniste</td>
</tr>
<tr>
<td>Nitrosomonadaceae</td>
<td><em>Nitrosomonas, Nitrosococcus</em></td>
<td>Eau (colonne d&rsquo;eau), substrat</td>
<td>Oxydation de l&rsquo;ammoniac (NH₃) en nitrites (NO₂⁻)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Oceanospirillaceae</td>
<td><em>Oceanospirillum</em></td>
<td>Eau, biofilms, zones côtières</td>
<td>Dégradation des hydrocarbures, résilience face à la pollution</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Oceanospirillaceae</td>
<td><em>Thalassomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation des hydrocarbures, rôle dans la résilience face à la pollution marine</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pelagibacteraceae</td>
<td><em>Pelagibacter</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau</td>
<td>Bactérie abondante dans les océans, rôle majeur dans la dégradation de composés organiques simples</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Phormidiaceae</td>
<td><em>Phormidium</em></td>
<td>Eau, substrat, zones benthiques</td>
<td>Cyanobactérie, production primaire par photosynthèse, peut former des tapis benthiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Piscirickettsiaceae</td>
<td><em>Piscirickettsia</em></td>
<td>Sédiments, zones polluées</td>
<td>Pathogène de poissons. Sans interêt écologique</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Planctomycetaceae</td>
<td><em>Planctomycetes</em></td>
<td>Biofilms, substrat</td>
<td>Dénitrification anaérobie de l&rsquo;ammoniac (Anammox)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Planococcaceae</td>
<td><em>Planococcus</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudanabaenaceae</td>
<td><em>Pseudanabaena</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat</td>
<td>Cyanobactérie filamenteuse, joue un rôle dans la fixation de l&rsquo;azote et la production primaire</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudomonadaceae</td>
<td><em>Pseudomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilm, sédiments</td>
<td>Dégradation de la matière organique complexe, participation au cycle du soufre. BSP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudoalteromonadaceae</td>
<td><em>Pseudoalteromonas</em></td>
<td>sédiments, eau, substrat, mucus corallien.</td>
<td>Dégradation de  matière organique, Probiotique, symbiote de coraux, protection contre pathogènes, production d&rsquo;antimicrobiens</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhodobacteraceae</td>
<td><em>Roseobacter<br />
        Rhodobacter<br />
      </em></td>
<td>Mucus corallien, biofilm, sédiments</td>
<td>Symbiote des coraux, protection contre pathogènes et production de composés antimicrobiens. Dégradation sédiments. PSB.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhodobacteraceae</td>
<td><em>Rhodopseudomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, sédiments</td>
<td>Bactérie photosynthétique, dégradation MO, toxines. BPNS. BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rickettsiaceae</td>
<td><em>Aquarickettsia</em></td>
<td>Mucus corallien</td>
<td>Symbiote ou pathogène potentiel des coraux, peut être impliqué dans la perte de tissu corallien</td>
<td>Opportuniste ou Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhizobiaceae</td>
<td><em>Paracoccus</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Saprospiraceae</td>
<td><em>Saprospira, Lewinella,  Haliscomenobacter.</em></td>
<td>Eau, sédiments, biofilms, substrats.</td>
<td>Dégradation de la matière organique complexe, décomposition des algues mortes, création facile de biofilms</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Synechococcaceae</td>
<td><em>Synechococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substra, sédiments</td>
<td>Cyanobactérie, production primaire, rôle clé dans la photosynthèse marine. BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Synechococcaceae</td>
<td><em>Prochlorococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau</td>
<td>Cyanobactérie photosynthétique, production primaire</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Thiobacillaceae</td>
<td><em>Thiobacillus</em></td>
<td>Sédiments, zones anoxiques</td>
<td>Oxydation des composés soufrés, cycle du soufre</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Thiotrichaceae</td>
<td><em>Thiothrix</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP, BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Vibrionaceae</td>
<td><em>Vibrio coralliilyticus, V.&nbsp;<em>shiloi</em>, <em>V. harveyi,</em>V.&nbsp;<em>vulnificus,</em><em> V. Owensii.</em></em></td>
<td>Mucus des coraux</td>
<td>Pathogène des coraux, cause le blanchiment et la nécrose des tissus coralliens</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Vibrionaceae</td>
<td><em>Photobacterium</em></td>
<td>Eau, sédiments</td>
<td>Bioluminescence, symbiose avec certains poissons, dégradation des matières organiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Xenococcaceae</td>
<td><em>Xenococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat, biofilms</td>
<td>Cyanobactérie, peut former des symbioses avec des éponges et autres invertébrés</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
</tbody>
<caption class="tableau-legende">BSP, BAP : bactérie solubilisatrice ou accumulatrice de phosphates. BPS, BPNS : bactérie pourpre sulfureuse et non-sulfureuse.<br />
  </caption>
</table>
<h2>5. Effets des bactéries indésirables</h2>
<p class="align-j">Un déséquilibre du spectre bactérien risque de libérer de l&rsquo;espace pour le développement de bactéries indésirables, parfois pathogènes, contenue jusque-là et sans effet  notable. L&rsquo;action des indésirables dans l&rsquo;aquarium peut se traduire de plusieurs façons&nbsp;:</p>
<h3>5.1. Déséquilibre de l&rsquo;aquarium</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Perturbation du cycle de l&rsquo;azote</strong> : les bactéries pathogènes  interférent avec les bactéries bénéfiques  du cycle de l&rsquo;azote entraînant des pics d&rsquo;ammoniac et de nitrites,  toxiques pour les poissons et autres habitants.</li>
<li><strong>Déséquilibre microbien</strong> : leur prolifération  conduire au déséquilibre dans la communauté microbienne de l&rsquo;aquarium perturbant les interactions  entre les différentes espèces de micro-organismes,  une réduction de la biodiversité microbienne et  la résilience de l&rsquo;écosystème.</li>
<li><strong>Production de toxines</strong> : Certaines bactéries produisent des toxines  affectant la santé des poissons et des coraux.</li>
</ul>
<h3> 5.2. Impact sur les occupants</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Stress, maladies  des poissons</strong> : Les bactéries pathogènes sont sources de stress chez les poissons. Leur système immunitaire affaibli, ils sont plus sujets  aux infections : maladie des points blancs (Cryptocaryon), ou de velours (Oodinium), pourriture des nageoires, infections cutanées&#8230;   jusqu&rsquo;à la mort des poissons.</li>
<li><strong>Maladies des coraux</strong> : les  infections bactériennes se traduisent par des nécroses tissulaires  lentes (STN Small Tissues Necrosis) et ouvrent la porte à certains parasites opportunistes responsables de dégradations rapides (RTN&nbsp;: Rapid&nbsp;Tissues Necrosis, gelées brunes&#8230;).</li>
<li><strong>Compétition pour les ressources</strong> : les  pathogènes entrent en compétition avec les communautés de bonnes bactéries  pour les nutriments et l&rsquo;espace,  entravant leur croissance et leur santé.</li>
<li><strong>Impact sur les invertébrés</strong> : crevettes, bivalves&#8230; peuvent être affectés par des infections entraînant des maladies et une mortalité.</li>
</ul>
<h2>6. Surveiller  la qualité biologique de l&rsquo;eau</h2>
<p class="align-j">Les moyens à notre disposition ne sont pas nombreux. L&rsquo;identification nécessite du matériel et une expertise hors de portée de l&rsquo;aquariophile moyen. Mais la haute technologie lui devient progressivement accessible. On peut toutefois rechercher quelques indices biologiques visuels..</p>
<h3>6.1 Observation visuelle, bioindicateurs</h3>
<p class="align-j">La connaissance de notre aquarium et le comportement de nos protégés révèlent parfois  quelques indications biologiques susceptibles de nous alerter :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Comportements anormaux des poissons</strong> : une nage erratique, des frottements intempestifs, une décoloration, un faible appétit, l&rsquo;isolement, une moindre dynamique et bien sûr des  lésions cutanées, des ulcères&#8230; sont parfois des signes d&rsquo;infection.</li>
<li><strong>Santé des coraux</strong> : des coraux avec polypes rétractés, des desquamations, de la gelée brune, des blanchiments&#8230; peuvent être le signe que des infections sont là et ont parfois déjà ouvert la porte à des parasites opportunistes.</li>
<li><strong>Cyanobactéries, dinoflagellés</strong> :   ces organismes se développent lors de la dérive de paramètres chimiques, et bien souvent à la faveur de l&rsquo;espace laissé vacant par les bactéries bénéfiques concurrentes.</li>
<li><strong>Film gras superficiel</strong> : il peut être révélateur d&rsquo;une surcharge organique non prise en charge par les bactéries.</li>
<li><strong>Accumulation de mulm</strong> : bien souvent d&rsquo;origine organique, l&rsquo;activité bactérienne  et les autres permet plus leur dégradation régulière.</li>
<li><strong>Prolifération d&rsquo;algues</strong> : consommatrices de phosphates et nitrates, les algues ne sont pas assez concurrencées par les bactéries.</li>
<li><strong>Effluent d&rsquo;écumeur </strong> : l&rsquo;essentiel des protéines écumées est issu de la dégradation des bactéries. L&rsquo;odeur des matières en décomposition est alors très forte, similaire à celle dégagée par une fosse septique. L&rsquo;absence d&rsquo;odeur, si elle n&rsquo;est pas due à l&rsquo;inefficacité de l&rsquo;appareil, révèle très probablement une faible activité bactérienne, potentiellement insuffisante.</li>
<li><strong>Eau cristalline</strong> : c&rsquo;est un signe d&rsquo;une bonne activité bactérienne.</li>
</ul>
<h3>6.2. Microscopie optique</h3>
<h4>Culture bactérienne</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;observation peut nécessiter de réaliser une culture préalable. Pour ce on utilise un milieu de culture (géloses nutritives ou spécifiques), déposé dans une boite   de Pétri. Le prélèvement est étalé  sur le milieu de culture. On laisse incuber la culture dans la boite,  dans un incubateur réglé à la température optimale pour les bactéries. Après quelques jours, des colonies bactériennes  apparaissent, visibles à l&rsquo;œil nu. On peut alors prélever ces colonies pour les observer au microscope. Malheureusement, la culture n&rsquo;est pas le reflet de la population puisqu&rsquo;une petite partie des bactéries présentes peut être cultivée.</p>
<h4>Observation au microscope optique</h4>
<p class="align-j">Observer des bactéries de l&rsquo;ordre de 1&nbsp;µm demande un matériel spécifique et une certaine préparation.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Matériel</strong> : Il faut disposer d&rsquo;un microscope doté d&rsquo;une optique d&rsquo;excellente qualité, de grossissement au moins 1000x,  muni d&rsquo;un objectif à immersion dans l&rsquo;huile pour une meilleure résolution, avec  lames et lamelles de verre. </li>
<li><strong>Préparation</strong> :<br />
    prélever (pipette&#8230;) un échantillon de l&rsquo;environnement (eau, sol, biofilm, mucus, etc.), déposer une goutte  sur la lame de verre et la couvrir d&rsquo;une lamelle.</li>
<li><strong>Observation</strong> : les différents réglages (mise au point, éclairage, contraste) nécessitent un certain apprentissage. Les bactéries étant souvent transparentes, il est conseillé d&rsquo;utiliser une coloration comme le Gram pour mieux les distinguer : Gram positif, les bactéries sont colorées en violet et Gram négatif, les bactéries sont colorées en rose. </li>
</ul>
<p class="align-j"> Le Gram permet une  classification des bactéries selon l&rsquo;épaisseur de leur paroi cellulaire pour en évaluer leur degré de résistance (antibiotiques, agents chimiques), leur capacité à survivre dans des environnements hostiles, et leur potentiel effet infectieux. La densité et la diversité d&rsquo;une population peut être évaluée par comptage ou avec des techniques plus sophistiquées. Dans l&rsquo;impossibilité de les identifie, ces informations ne sont  cependant pas d&rsquo;un grand intérêt en aquariophilie marine.</p>
<h3>6.3. Microscopie électronique</h3>
<p class="align-j">Plutôt que la lumière, cette technologie utilise des électrons d&rsquo;où une plus grande résolution. Elle nécessite un  microscope électronique à balayage (SEM) ou à transmission (TEM) qui permet d&rsquo;observer le détail des structures internes et superficielles jusqu&rsquo;à l&rsquo;échelle nanométrique. L&rsquo;échantillon est préparé selon des techniques spécifiques comme la fixation et la déshydratation avant l&rsquo;observation. </p>
<p class="align-j">Si le microscope électronique est un moyen d&rsquo;analyser la morphologie des bactéries, leurs structures, leurs interactions avec l&rsquo;environnement, ou l&rsquo;adaptation de pathogènes dans le milieu, il ne permet pas de  compter facilement les cellules ni d&rsquo;identifier les espèces. C&rsquo;est un instrument couteux exploité dans la recherche, mais inutile pour l&rsquo;aquariophilie récifale.</p>
<h3>6.4. Méthodes génétiques</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/16.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig. 12 : Séquenceur Illumina.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Bien que les bactéries ne soient pas observées directement, les méthodes génétiques comme la <strong>PCR</strong> (réaction en chaîne par polymérase), PCR en temps réel, séquençage de l&rsquo;ADN), sont parmi les plus précises et efficaces pour identifier et analyser les bactéries. Elles se basent sur l&rsquo;<strong>analyse de l&rsquo;ADN</strong> ou de l&rsquo;<strong>ARN</strong> des bactéries, permettant une identification précise même pour des espèces non cultivables en laboratoire.</p>
<p class="align-j">Avant l&rsquo;année 2023, ce paragraphe aurait pu être uniquement documentaire  pour nous simples amateurs aquariophiles. Ce n&rsquo;est plus le cas. Une technologie de pointe : le séquençage de nouvelle génération, est aujourd&rsquo;hui accessible aux aquariophiles marins.</p>
<p class="align-j">Le <strong>séquençage de nouvelle génération</strong> (NGS, Next-Generation Sequencing) est une technologie de séquençage qui permet de lire rapidement des millions de fragments d&rsquo;ADN ou d&rsquo;ARN, contrairement aux autres techniques beaucoup plus lentes. Il nécessite des plateformes spécialisées&nbsp;: séquenceur NGS (figure 12), préparation et réactifs spécifiques, stockage et analyse informatique. Le NGS permet notamment le séquençage de génomes entiers (génomes humains, végétaux, animaux, etc.), l<strong>&lsquo;</strong>analyse de l&rsquo;ADN ou de l&rsquo;ARN pour profiler  l&rsquo;expression des gènes, et la métagénomique. <br />
  A l&rsquo;instar de l&rsquo;analyse ICP qui détermine la cartographie des composants chimiques de l&rsquo;eau, le NGS établit celle des microorganismes. Une nouvelle porte pour une meilleure compréhension des systèmes de maintenance aquariophile.</p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/15.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 13 : Elément du rapport Aquabiomics de l&rsquo;analyse du micobiote d&rsquo;un aquarium.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
<p class="align-j">La <strong>métagénomique</strong> consiste à analyser de manière non ciblée des échantillons contenant l&rsquo;ADN de communautés microbiennes complexes (bactéries, virus, champignons et autres micro-organismes). Elle permet d&rsquo;obtenir des informations taxonomiques (identifier et caractériser la diversité microbienne) et d&rsquo;analyser les fonctions génétiques présentes, afin de comprendre les interactions entre les micro-organismes dans leur environnement.</p>
<p class="align-j">Ainsi, <strong>dans le cadre de l&rsquo;aquariophilie récifale</strong>, le laboratoire <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a> exploite depuis peu les équipements de séquençage de nouvelle génération (NGS) et l&rsquo;approche métagénomique. Pour une centaine d&rsquo;euros et un  délai de plusieurs semaines, le laboratoire identifie les bactéries présentes dans l&rsquo;eau  de l&rsquo;aquarium et leur concentration relative (figure 13) , il détermine sa normalité et propose des stratégies à engager. De plus, il est en mesure de séquencer l&rsquo;ADN environnemental de l&rsquo;aquarium pour analyser la communauté eucaryote (non bactérienne), y compris les parasites, notamment ceux impliqués dans les maladies des poissons et des coraux (RTN, STN).</p>
<h2>7. Maintenir la population bactérienne</h2>
<p class="align-j">Indépendamment des caractéristiques de maintenance optimales (environnementales,  chimiques, répartition spatiale, disponibilité des nutriments&#8230;), la qualité de l&rsquo;activité bactérienne dépend de princiopes essentiel&nbsp;: </p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Eviter le déséquilibre</strong> bactérien</li>
<li><strong>Diversité de la population </strong>bactérienne : les souches doivent être variées et complémentaires pour répondre à leurs différentes fonctions (dégradation de matières organiques, prophylaxie, cycles de N,P,C&#8230;).</li>
<li><strong>Densité de la population</strong> :  pour que l&rsquo;accomplissement de ces misions soit à la hauteur des nécessités (niveau de pollutions, de la prophylaxie&#8230;).</li>
</ul>
<h3>7.1. Eviter le déséquilibre bactérien</h3>
<p class="align-j">Les bactéries indésirables peuvent avoir des effets dévastateurs sur l&rsquo;équilibre de l&rsquo;écosystème de l&rsquo;aquarium et sur la santé de ses habitants. Bien évidemment,  la meilleure façon d&rsquo;éviter les dérives  est  d&rsquo;anticiper nos actions et de suivre quelques règles élémentaires&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Maintenir la qualité chimique de l&rsquo;eau</strong> : dans des conditions d&rsquo;eau optimales avec  des paramètres stables, à tous les niveaux (ammoniac, nitrites, nitrates, O<sub>2</sub>) et en stabilisant les facteurs environnementaux (température, oxygène, pH, salinité&#8230;) aux rôles cruciaux  dans la croissance et l&rsquo;activité des bactéries. Tous les principes de maintenance sont bons, parmi lesquels :
<ul>
<li><strong>Filtrations et traitements</strong> : Les systèmes  mécaniques (micron filtres, papier&#8230;), physiques (écumeur, UV, ozone&#8230;), biologiques (réacteurs à bactéries, refuges algaux..) peuvent contribuer à maintenir une population bactérienne stable dans  l&rsquo;eau et sur les surfaces.</li>
<li><strong>Qualité chimique</strong> : que ce soit par des changements d&rsquo;eau ou une supplémentation régulière des composants.</li>
<li><strong>Brassage</strong> : il contribue à la bonne dissolution des gaz (oxygène, gaz carbonique) et la distribution  des nutriments en tous points, jusqu&rsquo;aux  bactéries </li>
<li><strong>Alimentation raisonnée</strong> : un excédent  non consommé entraîne une surcharge organique, des déchets, favorisant la prolifération bactérienne incontrôlée.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Assurer l&rsquo;hygiène biologique</strong>
<ul>
<li><strong>Mains ou gants propres</strong> : les laver, les rincer voire les stériliser avant leurs manipulations dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Introduction  de poissons et coraux sains</strong> : éviter l&rsquo;apport de maladies et parasites (observations, quarantaine, traitements antiparasites, acclimatation,  introductions maitrisées). </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>7.2.  Maintenir  l&rsquo;activité bactérienne :  des bactéries</h3>
<h4>En maintenance de routine</h4>
<p class="align-j">Un aquarium sain,   équilibré, dont tous les habitants vivent et pospèrent de manière satisfaisante contient assurément toutes les bactéries nécessaires à son équilibre. Toutes les espèces indispensables son présentes, il est inutile d&rsquo;en rajouter inconsidérément. Pour autant, bien que de nature plutôt résistantes et adaptables, certaines espèces  peuvent  régresser plus rapidement que d&rsquo;autres en fonction de facteurs environnementaux (nutriments, compétion interspécifiques, prédation de protozaires, disponibilité en oxygène ou en zone anaérobies&#8230;).</p>
<p class="align-j">Aquabiomics a mesuré une diversité bactérienne rapidement importante. Deux semaines après le démarrage avec des pierres vivantes, le niveau de diversité atteint 400 espèces bactériennes, comme dans un bac mature. Cette diversité devient cependant plus disparate après 1 à 2 ans, on mesure alors du meilleur au moins bien, pour se stabiliser autour de 150-200 espèces dans des bacs vieillissants. D&rsquo;où l&rsquo;intérêt de soutenir préventivement cette diversité. <strong>Une distribution de bactéries 2 à 3 fois par an suffit</strong> et plus souvent selon des évènements particuliers.</p>
<h4>Après des évènements</h4>
<p class="align-j">Un certain nombre de situations de nature à déséquilibrer le spectre bactérien peuvent nécéssiter, au moins à titre préventif, de réintroduire ponctuellement des souches bactériennes selon les préconisations du fabricant.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Mise en route de l&rsquo;aquarium (cyclage)</strong> : Lors de la mise en place initiale de l&rsquo;aquarium récifal,  pour établir le cycle de l&rsquo;azote. </li>
<li><strong>Changements majeurs dans la filtration</strong> : après remplacement ou nettoyage important des systèmes de filtration biologique (pierres vivantes, filtres).</li>
<li><strong>Ajout  de pierres vivantes</strong> :  elles peuvent introduire des bactéries bénéfiques  mais aussi relarguer des matières organiques.</li>
<li><strong>Traitement médicamenteux</strong> : Certains traitements, en particulier les antibiotiques, peuvent tuer une partie des bactéries bénéfiques.</li>
<li><strong>Traitements oxydants</strong> : les UV, l&rsquo;ozone&#8230; détruisent une partie de la population bactérienne et plutôt certaines souches selon la localisation des traitements.</li>
<li><strong>Introduction  de poissons </strong> : l&rsquo;augmentation de  charge biologique peut nécessiter un soutien bactérien.</li>
<li><strong>Soupçons de pathogènes</strong> : l&rsquo;observation visuelle énumérée ci-dessus permet d&rsquo;envisager un rééquilibrage des espèces.</li>
<li><strong>Mortalité importante</strong> de la population&nbsp;: la décomposition rapide des matières organiques des poissons, coraux ou des autres invertébré décédés, peut provoquer une montée subite de l&rsquo;ammoniaque et des nitrites. </li>
<li><strong>Nettoyage intensif ou  changement d&rsquo;eau massif</strong> :  une partie de la population bactérienne peut être perturbée.</li>
<li><strong>Perturbation du sable vivant</strong> : ce qui libère des  matières organiques et déstabilise les colonies bactériennes établies.</li>
<li><strong>Biocontrôle des pathogènes et parasites</strong> : l&rsquo;invasion de microorganismes  (dinoflagellés, cyanobactérie&#8230;) laisse penser à une déficience de certaines souches indispensables. En effet :
<ul>
<li>Les bactéries bénéfiques entrent en compétition directe pour les nutriments et l&rsquo;espace avec les bactéries pathogènes et d&rsquo;autres microrganismes indésirables. Elles agissent sur la dégradation des matières organiques dissoutes disponibles occupant leurs niches écologiques. </li>
<li>Certaines souches sont aussi en mesure de sécréter des substances antimicrobiennes naturelles (bactériocines, enzymes) inhibant la croissance de bactéries pathogènes comme <em>Vibrio</em> spp. ainsi que des parasites (dinoflagellés&#8230;). </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>Comment introduire des bactéries dans l&rsquo;aquarium</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;introduction de bactéries en petit voume très concentré doit leur donner toutes les chances de se développer, sans perte. </p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Retirer toutes formes de filtration</strong> (mécanique, écumeur)</li>
<li><strong>Stopper ou désactiver</strong> les traitements (UV, O3&#8230;).</li>
<li><strong>Introduire les bactéries</strong>. Agiter les contenants. Le cas échéant, rincer l&rsquo;ampoule dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong>Stopper la circulation</strong> d&rsquo;eau, si posible.</li>
<li><strong>Laisser se déposer</strong> et se fixer les souches sur les substrats durant 1 heure.</li>
<li><strong>Remettre en route</strong>.</li>
</ol>
<h3>7.3. Maintenir la densité  bactérienne : du carbone</h3>
<p class="align-j">Les cellules des bactéries utilisent les nutriments pour se développer, parmi lesquels essentiellement azote (N), phosphore (P), et carbone (C) dans des ratios spécifiques. Il suffit que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux soit carencé (facteur limitant) pour que la population décline au point de ne plus répondre à ses missions. Un spectre bactérien complet et équilibré n&rsquo;y fait rien.</p>
<p class="align-j">D&rsquo;une manière générale, dans un bac non oligotrophe, l&rsquo;eau contient suffisamment d&rsquo;azote et de phosphore pour répondre aux besoins. Le carbone fournit l&rsquo;énergie nécessaire aux bactéries hétérotrophes pour leur croissance et leur activité métabolique. C&rsquo;est alors  la disponibilité de ce dernier  qui dicte la densité bactérienne.</p>
<p class="align-j">En aquarium, le  carbone est disponible sous les deux formes :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Carbone organique</strong> : les molécules organiques (restes de nourriture, excréments, microalgues et phytoplancton en décomposition, et  composés organiques dissous), toutes formées autour d&rsquo;une structure de carbone, sont utilisées par les <strong>bactéries hétérotrophes</strong> comme source d&rsquo;énergie pour leur métabolisme.</li>
<li><strong>Carbone inorganique CO<sub>2</sub></strong> : Le CO<sub>2</sub> dissout  est issu de la respiration cellulaire des organismes, de l&rsquo;absorption  du CO<sub>2</sub> issu des échanges avec l&rsquo;air atmosphérique, de la minéralisation (décomposition) des matières organiques par les bactéries elles-mêmes, éventuellement d&rsquo;un réacteur à calcaire. Les <strong>bactéries  autotrophes</strong> fixent le CO<sub>2</sub> dissout. </li>
</ul>
<p class="align-j"> <strong>Le carbone  s&rsquo;avère parfois insuffisant</strong> et devient le facteur limitant. Il convient de le maintenir à niveau nécessaire, éventuellement par ajouts, comme nous l&rsquo;aborderons. Cependant tout ajout de carbone doit être mesuré et maitrisé. En effet <strong>l&rsquo;ajout de carbone présente des risques</strong> non négligeables&nbsp;: le carbone doit être introduit de manière progressive et  surveillée d&rsquo;une part avec les tests de nutriments NO3 et PO4 de manière à <strong>tendre vers un système stable,</strong> et d&rsquo;autre part avec l&rsquo;observation attentive de la santé des coraux. Tout surdosage  peut provoquer une prolifération bactérienne excessive à l&rsquo;origine de <strong>blooms</strong> bactériens dangereux suivis d&rsquo;une <strong>anoxie</strong> générale du milieu, mortelle.</p>
<h4>7.3.1. En fonctionnement équilibré : pas d&rsquo;apport de carbone</h4>
<p class="align-j">Un aquarium sain et prospère  contient  la quantité de bactéries nécessaires. Dans cette situation les sources de carbone répondent aux besoins <strong>il est alors inutile d&rsquo;augmenter la population bactérienne</strong> par de quelconques ajouts. </p>
<h4>7.3.2. Population bactérienne insuffisante : supports et  carbone</h4>
<p class="align-j">Les effets énumérés plus haut d&rsquo;une insuffisance de l&rsquo;activité bactérienne, lorsqu&rsquo;ils deviennent chroniques, imposent de revoir la stratégie de la maintenance selon plusieurs axes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Augmenter les supports bactériens.</li>
<li>Piloter la production dans un réacteur biologique.</li>
<li>Entretenir la production par ajout  de carbone.</li>
</ul>
<h5>Supports bactériens</h5>
<p class="align-j">Lorsque l&rsquo;azote et le phosphore sont disponibles aux taux normalement admis en récifal (NO3 de 5 à 10 mg/l et PO4 de 0,04 à 0,10 mg/l), l&rsquo;ajout de supports poreux  augmente la surface colonisable par les bactéries  et donc, la densité de la population active, principalement pour réduire les nitrates et phosphates. Les matériaux sont variés, tels que :</p>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Substrats</strong> : <strong>sable et gravier</strong> : Les colonies se développent selon la granulométrie et l&rsquo;épaisseur de la couche de sables.</li>
<li><strong>Roches  :</strong> naturelles ou synthétiques, leur  microporosité doit être suffisante pour assurer les conditions aérobie et anaérobie. La porosité détermine également la surface colonisable.</li>
<li><strong>Médias de filtration : </strong> les bactéries colonisent les médias (sable, mousses, céramique, granulats de charbon, zéolithe&#8230;) à grande surface spécifique,  dans des filtres statiques ou des réacteurs biologiques. <br />
    <strong>Les bioballes</strong>, boules généralement creuses avec une surface perforée ou nervurées s&rsquo;avèrent d&rsquo;utilisation pratique et facile. Cependant leur surface spécifique ne rivalise pas avec les médias poreux. Elles peuvent être chargées en bactéries qui se libèrent progressivement à l&rsquo;usage. Utilisées en usage passif (dans un filet), dans un réacteur biologique et le plus souvent dans des filtres à ruissellement destinés à la nitrification.</li>
</ul>
<h5>Ajout de nutriments carbone</h5>
<p class="align-j">En présence de supports suffisants, si les bioindicateurs révèlent une activité bactérienne douteuse, il devient nécessaire d&rsquo;augmenter la production par ajouts de sources de carbone que nous détaillerons plus loin. Ces ajouts peuvent se réaliser dans l&rsquo;aquarium ou par injection dans l&rsquo;aquarium en amont de la pompe de remontée, ou à l&rsquo;entrée d&rsquo;un réacteur biologique.</p>
<h5>Réacteur biologique</h5>
<p class="align-j">Chargé de support bactérien,  un réacteur biologique permet de mieux maitriser la production bactérienne  à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;aquarium, comme l&rsquo;explique l »article  <a href="https://reeflexion.fr/reacteur-bacteries/">Réacteur à bactéries (RAB)</a>. Plusieurs types de réacteurs sont dédiés à des objectifs différents.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Réacteurs à bactérie  (RAB) à charbon</strong> : le substrat en grains de charbon est soulevé légèrement  en lit fluidisé</li>
<li><strong>Réacteur à zéolithe (RAZ)&#8230;)</strong> :  le substrat de granulats durs en zéolithe est périodiquement secoué, de telle sorte que le biofilm se décolle régulièrement. <br />
    La production bactérienne est soutenue par ajout régulier de sources de carbone telles que dans la méthode VSV (vodka, sucre, vinaigre), par  microdosage. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/carbone-aquariophilie-recifale/">Carbone et aquariophilie récifale</a> détaille le sujet.</li>
<li><strong>Réacteur à biopellets</strong> : les biopellets sont des granulés, polymères dégradables, contennant des sources de carbone. Les bactéries se développent, dégradent progressivement les pellets à leur contact  et  absorbent carbone inclus. La méthode est facile à mettre en oeuvre. Cependant, elle ne  permet pas un ajustement précis des nutriments selon le besoin.</li>
<li><strong>Dénitrateur autotrophe au soufre (DAS)</strong> :  il repose sur la dénitrification réalisée par des bactéries anaérobies (<em>Thiobacillus</em>), utilisant du soufre élémentaire comme source d&rsquo;énergie  et les nitrates pour produire de l&rsquo;azote gazeux,  libéré dans l&rsquo;atmosphère, et des sous-produits moins nocifs comme les sulfates (SO<sub>4</sub><sup>2-</sup>).  Le débit doit être maitrisé pour être efficace. Une seconde chambre contenant du calcaire (CaCO<sub>3</sub>)  compense l&rsquo;acidification produite par les sulfates en libérant des ions calcium (Ca²⁺) et des bicarbonates (HCO₃⁻), stabilisant ainsi le pH à la sortie du réacteur. Ce système est le plus souvent utilisé en présence d&rsquo;aquariums pollués par une densité importante de poissons. </li>
</ul>
<h2>8. Sources de bactéries</h2>
<p class="align-j">Peu de choix s&rsquo;offrent à l&rsquo;aquariophile et bien souvent nous ne savons pas exactement les bactéries que nous introduisons. Aussi, il peut être intéressant d&rsquo;utiliser des<strong> sources différentes</strong>, de toutes sortes. Plusieurs options se présentent  :</p>
<h3>8.1. Bactéries commerciales</h3>
<h4>Bactéries vivantes</h4>
<p class="align-j">Elles sont introduites sous forme de solutions liquides contenant des souches actives. Elles sont immédiatement prêtes à agir dès leur introduction dans l&rsquo;aquarium et colonisent rapidement le système. Cependant  il y a un risque plus élevé de les contaminer accidentellement avec des pathogènes ou des micro-organismes indésirables, depuis leur production, conditionnement, stockage, jusqu&rsquo;à l&rsquo;utilisation. Elles doivent être conservées au frais et utilisées rapidement après leur achat.</p>
<h4>Bactéries en dormance</h4>
<p class="align-j">La dormance est un état naturel durant lequel les bactéries suspendent leurs activités métaboliques, lorsque les conditions ne sont pas adéquates. Elles  restent vivantes et <strong>viables plusieurs années</strong>, supportant de fortes variations des conditions environnementales (température, lumière&#8230;).  La  mise en dormance des souches aquariophiles se fait est en général par lyophilisation (séchage par congélation), ou introduction dans des liquides isolants, protecteurs et conservateurs.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Forme lyophilisée, sèche </strong>: . Les bactéries sont congelées puis sublimées à l&rsquo;état gazeux pour perdent 98% de leur humidité puis totalement séchées. La déshydratation  les mets en état de dormance  permettant de les préserver  en une forme stable et sèche<br />
    Elles sont proposées sous forme de poudre ou de granulés facile à doser  selon les besoins. Elles peuvent être stockées  de longues périodes plusieurs années, à température ambiante, sans perte d&rsquo;efficacité, ce qui les rend plus pratiques à conserver et finalement d&rsquo;un coût plus abordable. Le processus de déshydratation  élimine les organismes indésirables et sont moins facilement contaminables. <br />
    Après introduction dans l&rsquo;aquarium elles mettent un certain temps, de l&rsquo;ordre  quelques heures,  pour se réhydrater et  sortir de leur dormance pour retrouver leur activité métabolique et commencer à se reproduire puis coloniser.</li>
<li><strong>Forme liquide en   ampoule de verre</strong> : les bactéries sont mises en dormance dans un milieu aqueux avec des substances protectrices (sucres,  agents cryoprotecteurs) préservant l&rsquo;intégrité des cellules bactériennes. Durant le processus de conditionnement les bactéries sont conservées sous argon dans l&rsquo;impossibilité de contamination ni contact avec un  oxydant, jusqu&rsquo;au scellement de l&rsquo;ampoule de verre par fusion. Ce qui garantit la parfaite intégrité du produit durant quelques années de conservations. Les ampoules sont pré-dosées. Déjà hydratées les bactéries sont  rapidement active en une heure.</li>
<li><strong>Formes gel</strong> : les cellules bactériennes sont stabilisées par ajout de stabilisant pour renforcer leur résistance aux traitements ultérieurs. Elles sont   ensuite encapsulées ou immobilisées dans un fluide    gélatineux protecteur tel que  l&rsquo;alginate issu d&rsquo;algues brunes. Le gel  préserve les bactéries de l&rsquo;environnement extérieur  et les maintenant en dormance jusqu&rsquo;à leur utilisation. Le fluide gélatineux est  plus ou moins solidifié sous forme semi liquide, gel semi solide ou microcapsules, par un traitement spécifique (ex. ions calcium). Puis il est conditionné en tubes, sachets ou pots, normalement sous atmosphère contrôlée. Les gels sont d&rsquo;utilisation facile et assurent une diffusion lente, et régulière dans l&rsquo;aquarium.</li>
</ul>
<h4>Produits commerciaux</h4>
<p class="align-j">Le choix est vaste, des plus dilués aux plus concentrés, contenant le plus souvent des bactéries en dormance, sous plusieurs formes mais au contenu souvent mystérieux. Les fabricants proposent des produits polyvalents ou au contraire spécialisés  pour une application donnée (démarrage rapide d&rsquo;un aquarium, maintenance générale, dégradation des matières organiques, action sur le cycle de l&rsquo;azote, clarification d&rsquo;eau, traitement des sables ou probiotiques. Il s&rsquo;agit de notions vagues qui laissent supposer que le produit contient des souches sélectionnées pour le travail en question.</p>
<p class="align-j">Mon avis personnel est pourquoi limiter le spectre bactérien quand un produit composé de nombreuses souches permet une action globale  et des actions diversifiées, d&rsquo;autant plus que les souches sont souvent polyvalentes. Quoi qu&rsquo;il en soit, les souches se développeront ou dépériront selon les conditions environnantes.</p>
<h4>Quelques marques</h4>
<p><span class="align-j">Conformisme, comportement grégaire, effet de mode&#8230; certains produits sont plébiscités par des aquariophiles sans argument tangible. Il faut reconnaitre qu&rsquo;une minorité de marques annonce la composition bactérienne. Contre l&rsquo;obscurantisme et pour la compréhension de notre maintenance je privilégie ces dernières. Je serais heureux de citer celles que j&rsquo;aurais omises.</span> Parmi les communicants, citons&nbsp;: </p>
<ul>
<li><em class="align-j"><strong>Tropic Marin</strong></em> <strong><em>Nitribiotic</em></strong> qui contient la bactérie polyvalente <em>Bacillus subtilis</em>, <em>Nitrobacter</em>,  la probiotique<em> Lactobacillus, des </em>anaérobies dites bactéries pourpres et des levures <em>Saccharomyces</em>.</li>
</ul>
<p>Des analyses ADN ont récemment été initiées par des particuliers. Le forum <a href="https://humble.fish/community/forums/biological-filtration.97/">Bottle bacteria result </a> du site <a href="https://humble.fish/community/">Humble.Fish </a>regroupe des analyses du microbiome de quelques références commerciales. Certains résultats sont surprenants et parfois décevants pour des marques renommées. Retenons les produits comportant un spectre  étendu de bactéries : </p>
<ul class="align-j">
<li><em><strong>Prodibio Biodigest</strong></em> contient plus de 20 souches (confirmé par la société) ce qui rend le produit polyvalent avec tous les avantages conférés par le conditionnement stérile en ampoules de verre.</li>
<li><em><strong>Tim&rsquo;s One and Only</strong></em> (sensé ne contenir que des bactéries nitrifiantes). </li>
<li><em><strong>Arka Microbe-Lift Special Blend</strong></em>  contient plusieurs souches dont des bactéries pourpres non-sulfureuses<em>Rhodopseudomonas palustris</em>, très polyvalentes et complémentaires, en de nombreux points bénéfiques, à  forte odeur nauséabonde.</li>
<li><em><strong>Hydrospace PNS ProBio</strong></em>, similaire au précédent.</li>
</ul>
<p class="align-j">La diversité de bactéries bénéfiques est toujours un atout. Il n&rsquo;y a aucun risque à mélanger plusieurs sources commerciales, avec l&rsquo;espoir que des  souches   complèteront celles présentes dans  l&rsquo;aquarium.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);">
<div class="grille-titre ">Quelques bactéries commerciales.</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/10.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/12.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/11.jpg"> </figure>
</div>
<h3>8.2. Prélèvement dans un bac sain</h3>
<p class="align-j">Prélever dans un aquarium mature et prospère permet  d&rsquo;obtenir avec assurance un spectre nécessaire et suffisant pour la maintenance. L&rsquo;aquarium doit présenter certaines garanties : des   animaux sains et en développement, de la biodiversité et une totale absence de maladies, parasites, nécroses.</p>
<p class="align-j"> Il suffit de prélever un peu d&rsquo;eau, des algues, et mieux une roche que l&rsquo;on plongera proche du décor dans son propre aquarium.</p>
<h3>8.3. Prélèvement dans la mer</h3>
<h4>Prélever sur les côtes locales</h4>
<p class="align-j">Sauf à considérer des conditions extrêmes (zones polaires, abysses&#8230;) on retrouve de nombreuses  espèces  marines  identiques dans tous les Océans. Bien que spécialisées pour certains environnements (Méditerranée, Mer Rouge, Pacifique&#8230;),  leur plasticité métabolique permet d&rsquo;ajuster leurs fonctions biologiques en fonction des nouvelles conditions environnementales, comme la température, la salinité ou la disponibilité des nutriments. </p>
<p class="align-j">Ainsi, prélever sur nos côtes méditerranéennes ou atlantiques garantit de trouver un large panel de souches tropicales marines, viables en aquarium récifal.</p>
<h4>Prélèvements et règlementation</h4>
<p class="align-j">La loi française n&rsquo;interdit pas les prélèvements d&rsquo;eau de mer en dessous d&rsquo;une limite très large, bien au-delà du besoin d&rsquo;un aquariophile. Sauf autorisations locales,  la règlementation interdit de prélever  des roches ou du sable vivant ou inerte, des roches, voire parfois des algues (le prélèvement des plantes posidonies est interdit) notamment dans les zones protégées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;éviter le déséquilibre des écosystèmes dus à des prélèvements importants. Se renseigner auprès des mairies de la règlementation locale relative à un prélèvement occasionnel à des fins personnelles.</p>
<p class="align-j">S&rsquo;agissant de bactéries un prélèvement raisonnable d&rsquo;eau, de sable vivant, de  boue, de coquilles d&rsquo;huitres, d&rsquo;algues semble parfois permis. </p>
<h4>Coloniser en mer un support inerte </h4>
<p class="align-j">Faute de prélever dans le milieu marin, on peut tout aussi bien lui demander de bien vouloir coloniser un support inerte qu&rsquo;on lui aura confié.</p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Choisir le substrat</strong> : inerte poreux (pierre morte, céramique, aragonite, médias de filtration&#8230;), ou une éponge naturelle ou synthétique</li>
<li><strong>Substrat propre</strong> : le nettoyer avant immersion.</li>
<li><strong>Proche des rochers</strong> : souvent riches en communautés microbiennes. L&rsquo;eau de mer naturelle contient  assez de nutriments pour favoriser la colonisation bactérienne.</li>
<li><strong>Emplacement</strong><strong> à moyenne modérée</strong> : le brassage doit être suffisant pour assurer le flux de nutriments, mais non violent. Les cellules se fixeront plus facilement.</li>
<li><strong>Zones à moindre éclairement</strong> : pour ne pas favoriser les algues.</li>
<li><strong>Laisser coloniser</strong> : une durée variable selon l&rsquo;objectif  à atteindre et le cycle détaillé ci-après.
<ul>
<li><strong>Pour seulement ensemencer </strong>l&rsquo;aquarium de destination : après quelques jours le substrat pourrait déjà être transféré vers une cuve temporaire pour parfaire l&rsquo;implantation, ou  dans l&rsquo;aquarium dans la mesure où les nutriments sont présents et suffisants. </li>
<li><strong>Pour préparer des supports bactériens</strong> vivants, destinés au démarrage d&rsquo;un nouvel aquarium, poursuivre l&rsquo;implantation en mer durant 2 semaines à un mois.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Nettoyer légèrement le substrat</strong> : éventuellement s&rsquo;il est colonisé de nuisibles, mais conserver leur population bactérienne naturelle, voire également la méiofaune, autant que possible.</li>
<li><strong>Récolter les bactéries</strong> : il n&rsquo;est pas question ici de collecter spécifiquement  telle souche  mais plutôt l&rsquo;ensemble de la colonie avec présente avec la biodiversité qui l&rsquo;entoure. Introduire le substrat dans l&rsquo;aquarium près des roches ou dans la cuve technique.</li>
</ol>
<h2>9. Cycle de colonisation des bactéries</h2>
<p class="align-j">La stabulation varie selon l&rsquo;état des bactéries (en dormance, ou pas), l&rsquo;objectif à atteindre. Il peut varier de quelques jours si l&rsquo;on souhaite juste réaliser un transfert de bactéries à quelques mois pour une situation stable de l&rsquo;aquarium.</p>
<ol>
<li><strong>Réhydratation (0 &#8211; 30&nbsp;mn)</strong>&nbsp;: les bactéries en dormance sous forme lyophilisées  se réhydratent dans un premier temps.</li>
<li><strong>Réactivation métabolique (0 &#8211; 6 heures)</strong> : le réveil des fonctions cellulaires minimales (perception du milieu, réparation des structures internes).</li>
<li><strong>Adaptation (6 &#8211; 12&nbsp;h)</strong> : la cellule s’ajuste au nouvel environnement, active les gènes utiles, détecte les sources de nutriments et prépare la division. Elle interagit avec les surfaces (sédimentation, interactions électrostatiques) le contact est alors transitoire, réversible.</li>
<li><strong>Adhérence  (12 &#8211; 24 h)</strong> : les structures d’adhésion entrent en jeu. L&rsquo;adhésion aux substrats est stable, irréversible. Les cellules sont actives  mais pas encore en division exponentielle.</li>
<li><strong>Colonisation</strong> :
<ol>
<li><strong>Formation du biofilm (&gt; 24 h)</strong> : le début de la colonisation  opère rapidement, surtout si l&rsquo;eau est riche en matières organiques dissoutes ou en particules fines.      </li>
<li><strong>Implantation (1 semaine)</strong> : les premières communautés bactériennes sont bien établies. À ce stade, les bactéries aérobies dominent souvent, notamment celles qui participent à la dégradation de la matière organique et au cycle de l&rsquo;azote.</li>
<li><strong>Densification (2 à 4 semaines)</strong> :  la colonisation bactérienne devient plus dense, et la diversité des espèces augmente.  Les biofilms bactériens se forment,  stabilisant  les colonies bactériennes. Des bactéries anaérobies commencent à coloniser les zones plus profondes  des substrats poreux, moins exposées à l&rsquo;oxygène.  Dans le cycle de l&rsquo;azote, la nitrification devient plus active. Les bactéries convertissent l&rsquo;ammoniaque en nitrite, puis en nitrate.</li>
<li><strong>Equilibre (4 à 8 semaines)</strong> : La colonisation bactérienne atteint un équilibre stable. Les bactéries nitrifiantes  et dénitrifiantes sont bien présentes dans les substrats poreux. La profondeur  de colonisation anaérobie peut varier de moins de 1 millimètre à plus d&rsquo;un centimètre selon la finesse de la porosité  et l&rsquo;épaisseur du biofilm captant l&rsquo;oxygène présent. À ce stade, le substrat est souvent suffisamment colonisé pour servir de base au maintien du cycle de l&rsquo;azote  dans un aquarium récifal. </li>
<li><strong>Résilience microbienne (2 à 3 mois)</strong> : dans la mesure où la population est augmentée progressivement, avec des polutions en rapport avec le développement bactérien, l&rsquo;activité  atteint son plein potentiel pour une maintenance stable et durable. Le microbiote de l’aquarium atteint une maturité fonctionnelle suffisante pour assurer la résilience microbienne, permettant d’absorber sans déséquilibre majeur les variations de charge organique ou les micro-pollutions.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p class="align-j">En aquarium on peut en déduire les points suivants&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Les bactéries commerciales (en dormance) nécessitent environ 12 heures pour  adhérer </strong>et s&rsquo;implanter  efficacement. Durant ce délai, nous devons  permettre aux souches de se fixer (écumeur et filtres déconnectés) et bien sûr sans  être dégradées (traitements oxydants UV, ozone&#8230; stoppés). Sans quoi la colonisation sera probablement  plus longue, à partir des quelques cellules épargnées.</li>
<li><strong>Introduire des biofilms</strong><strong> à partir d&rsquo;une préculture  de 1 à 3 jours</strong> permet  d&rsquo;obtenir une population immédiatement opérationnelle, de ne pas stopper trop longtemps les équipements de filration et d&rsquo;optimiser nos précieuses bactéries.</li>
</ul>
<h2>10. Sources de carbone</h2>
<p class="align-j">Des sources de carbone sont naturellement présentes dans l&rsquo;aquarium ou ajoutées intentionnellement pour augmenter la population bactérienne  :</p>
<h3>10.1. Sources de carbone issues de l&rsquo;aquarium</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Matières organiques dissoutes (DOM)</strong> : les déchets organiques produits par les poissons, les invertébrés et les coraux (excréments, déchets alimentaires, mucus), se décomposent en carbone organique dissous dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Photosynthèse des algues</strong> : les algues  (<em>Chaetomorpha</em>, <em>Caulerpa</em>) produisent des composés organiques (glucides&#8230;) constitués de carbone.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">10.2. Sources de carbone  ajoutées</h3>
<p class="align-j">Il existe un grand nombre de composés carbonés, les bactéries étant plus ou moins réceptives à certaines sources particulières. Le glucose semblerait plus efficace dans le dévelopement de bactéries fixant les phosphates. Des simulations en laboratoire ont révélé une prolifération de bactéries pathogènes  en présence d&rsquo;une forte augmentation de carbone organique. Bien évidemment, il n&rsquo;est pas ici question de surdoser le carbone plus que nécessaire, mais seulement de retrouver un équilibre biologique. Dans la pratique le glucose et l&rsquo;acétate sont souvent utilisés car facilement assimilables par une très grande variété de bactéries qui rencontrent régulièrement ces molécules issues de la lyse d&rsquo;autres cellules vivantes. </p>
<p class="align-j">Parmi les possibilités&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Alcools</strong> :  vodka à 40&nbsp;% éthano; </li>
<li><strong>Sucres</strong> :  monosacharides (glucose, fructose),   disacharides (saccharose ou sucre blanc) et polysacharides (agar, alginates, amidon&#8230;); </li>
<li><strong>Acides aminés </strong>: privilégier les acides aminés essentiels   (histidine, leucine, isoleucyne, lysine, méthionine, thréonine, valine) que les coraux ne synthétisent pas,  ainsi que ceux utiles dans le métabolisme (arginine, glutamine, glycine, cystéine, tyrosine); </li>
<li><strong>Acides organiques</strong> : acétique (vinaigre), maléique, lactique; </li>
<li><strong>Hydrolysats de protéines</strong> dérivés de la décomposition des protéines;</li>
<li><strong>Formules commerciales</strong><strong> </strong> telles que  Red Sea NoPox..
</li>
</ul>
<p class="align-j">La composition d&rsquo;une recette de sources de carbone (ex. méthode VSV) peut être modulée  pour obtenir une valeur énergétique cible. Il faut alors tenir compte de la quantité du composant et de sa valeur énergétique. Par exemple un carré de sucre de 6&nbsp;g est l&rsquo;équivalent de 96&nbsp;ml de vinaigre à 7° et à 8,5&nbsp;ml de vodka à 40°. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/carbone-aquariophilie-recifale/">Carbone et aquariophilie récifale</a> vous en dira plus.</p>
<h2>11. Bloom bactérien causes, risques</h2>
<p class="align-j">Un bloom bactérien est une prolifération rapide et massive de bactéries dans l&rsquo;eau, créant une apparence trouble ou blanchâtre. Ce phénomène est fréquent  lorsque l&rsquo;équilibre biologique est perturbé. Voyons ses causes et les risques associés en aquariophilie récifale :</p>
<h3>11.1. Causes d&rsquo;un bloom bactérien </h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Excès de nutriments nitrates, phosphates&nbsp;</strong>: Les bactéries se multiplient rapidement en présence d&rsquo;une surabondance de  nitrates et phosphates qui  peuvent provenir de suralimentation, de décomposition des déchets (aliments non consommés, excréments, etc.), des matières organiques en décomposition, comme des  poissons morts non retirés. </li>
<li><strong>Excès de nutriment carbone</strong> : suite à un ajout volontaire de sources de carbone pour stimuler la croissance des bactéries (sucre, éthanol, acide acétique&#8230;), un excès de CO<sub>2</sub> (réacteur à calcaire mal réglé, réduction du pH) ou dans un espace  mal ventilé, notamment quand le milieu est riche en nutriments.</li>
<li><strong>Ajout excessif de bactéries</strong> : quand il est massif, par exemple à partir d&rsquo;une culture de bactéries.</li>
<li><strong>Manque d&rsquo;oxygène ou déséquilibre chimique</strong> : Les niveaux d&rsquo;oxygène bas ou un déséquilibre des paramètres de l&rsquo;eau (pH, KH, température) peuvent provoquer instabilité et une mortalité laissant le champ à d&rsquo;autres bactéries se développant rapidement. </li>
<li><strong>Perturbation du cycle de l&rsquo;azote</strong> : dans aquarium  nouvellement installé ou après une intervention majeure  (changement d&rsquo;eau massif, nettoyage des filtres biologiques, etc.).</li>
</ul>
<h3>11.2. <span style="color:red;">Risques</span> et effets associés à un fort dévelopement bactérien</h3>
<p class="align-j">Une augmentation rapide et importante de l&rsquo;activité bactérienne, même sans relever de bloom prononcé, peut conduire aux effets suivants&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Trouble de l&rsquo;eau</strong> :  l&rsquo;eau trouble diminue la pénétration de la lumière dans l&rsquo;aquarium et affecte la photosynthèse des organismes photosynthétiques  (algues, zooxanthelles).</li>
<li><strong><span style="color:red;">Anoxie</span></strong> : Les bactéries consomment de l&rsquo;oxygène pour se développer. Un bloom bactérien se  traduit par la chute du redox. Il peut rapidement épuiser l&rsquo;oxygène dissous (anoxie) dans l&rsquo;eau et entrainer  une <span style="color:red;"><strong>asphyxie et la mort</strong></span> des poissons et des invertébrés, surtout la nuit quand les algues et les coraux n&rsquo;en produisent pas.<br />
    Dans un tel scénario, on devrait immédiatement augmenter le brassage, améliorer l&rsquo;oxygénation (écumage) voire injecter des agents oxydants (oxygène, ozone, eau oxygénée) mais de manière réfléchie et maitrisée.
  </li>
<li><strong>Déséquilibre du cycle de l&rsquo;azote et phosphore</strong> :  ce déséquilibre peut se traduire par une baisse drastique des nitrates, voire une inversion des taux de nitrates et phosphates, entrainant l&rsquo;apparition de cyanobactéries avec les effets collatéraux. Une baisse des bactéries nitrifiantes responsables de la décomposition de l&rsquo;ammoniac et des nitrites, élève rapidement les taux à un niveau toxique mortel. Par ailleurs, une carence en phosphore ne permet plus les métabolismes des organismes vivants.</li>
<li><strong><span style="color:red;">Mort subite de bactéries</span></strong> : Si les conditions changent soudainement (par exemple, une diminution rapide des nutriments), une partie des bactéries peut mourir massivement, relâchant des matières organiques dans l&rsquo;eau et augmentant les niveaux de toxines (ammoniac, nitrites) et de CO2 pouvant entrainer la <span style="color:red;"><strong>mort des organismes présents</strong></span>.</li>
</ul>
<p class="align-j">Toutes les dispositions précédemment citées pour éviter le déséquilibre bactérien sont de nature à éviter un bloom.</p>
<h2>12. Cultiver des bactéries massivement</h2>
<h3>12.1 Quand produire des bactéries en masse</h3>
<p class="align-j">La prolifération naturelle des bactéries dans un aquarium, avec les nutriments disponibles, de manière progressive et équilibrée, au rhytme des reproductions cellulaires, est préférable à toute autre méthode.  On peut pourtant vouloir cultiver des bactéries en grande quantité en certaines occasions&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Ensemencer des pierres inertes</strong> ou du sable lors du démarrage d&rsquo;un aquarium ou d&rsquo;un ajout de pierres sans perturber l&rsquo;équilibre installé.</li>
<li><strong>Produire du bactérioplancton</strong> : pour nourrir certains invertébrés filtreurs, parfois azooxanthellés.</li>
<li><strong>Lutter contre des microrganismes</strong> :  distibuer <strong>de façon  maitrisée, surtout en fin de traitement, </strong>des bactéries sélectionnées comme bénéfiques afin de réoccuper l&rsquo;espace conquis par des organismes indésirables (bactéries pathogènes, cyanobactéries, dinoflagellés&#8230;).</li>
</ul>
<p class="align-j">Produire des bactéries dans un récipient hors aquarium, quels que soient les dosages de carbone, na pas d&rsquo;impact sur l&rsquo;aquarium. En effet, on introduit dans ce dernier essentiellement des bactéries et peu de carbone proportionnellement au bac. <span style="color:red;">Attention ! Pratiquée de manière inconsidérée, l&rsquo;introduction massive de bactéries dans l&rsquo;aquarium présente toutefois les risques  précédemment cités</span>. Il convient de procéder par étapes en introduisant peu au début. Il est impértif d&rsquo;observer les effets à court terme sur le bac et les occupants (coraux&#8230;), de d&rsquo;observer la tendance du pH, de mesurer les taux de nitrates et phosphates, et de les maintenir à niveaux corrects. Dans ces conditions, cette méthode a contribué à éradiquer une forte invasion de dinoflagellés Prorocentrum et Amphidinium pour retrouver quelques jours plus tard une situation gérable évoquée dans <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Eliminer les dinoflagellés en aquarium récifal.</a>.</p>
<h3>12.2 Comment produire des bactéries en masse</h3>
<p class="align-j">Un protocole pour favoriser une croissance bactérienne importante tout en gardant un écosystème stable peut se dérouler ainsi&nbsp;:</p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Remplir d&rsquo;eau</strong> de l&rsquo;aquarium un récipient en matériau inerte.</li>
<li><strong>Le placer à température</strong> de l&rsquo;aquarium, dans la cuve technique ou chauffage individuel.</li>
<li><strong>Oxygéner</strong> avec un bulleur.</li>
<li><strong>Introduire des supports bactériens</strong> éventuellement : par exemple un produit que l&rsquo;on pourra essorer tel qu&rsquo;une mousse à cellules ouvertes, une éponge, un treillis en plastique compatible (PP, PS&#8230;). </li>
<li><strong>Ajouter</strong> une ou plusieurs compositions concentrées de <strong>bactéries</strong> du commerce ou prélevées par ailleurs.</li>
<li><strong>Ajouter quotidiennement</strong> des <strong>nutriments carbone</strong> pour multiplier les bactéries hétérotrophes
<ol>
<li><strong>Alcool</strong> : Une  dose régulière d&rsquo;alcool (vodka), 5 ml pour 5 litres d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Acide acétique</strong> : une dose régulière de vinaigre blanc, 5&nbsp;ml pour 5 litres d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Sucre</strong> : 6&nbsp;g de sucre blanc pour 5 litres</li>
<li><strong>Acides aminés</strong> : environ 5&nbsp;ml pour 5 litres d&rsquo;eau. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une base approximative   sans connaissance du contenu.</li>
<li><strong>Produits commerciaux</strong> contenant des sources de carbone, voire des enzymes (Bioptim, NoPox, UltraBack, </li>
</ol>
</li>
<li><strong>Prélever 1/3 de la culture</strong> : à partir de 3 jours la population est suffisamment développée pour utilisation. </li>
<li><strong>Utiliser la culture</strong> : selon l&rsquo;usage la culture peut être utilisée en totalité (ensemencement de pierres inertes) ou partiellement en dosant ou essorant l&rsquo;éponge. </li>
<li><strong>Entrenir la culture</strong> et, si besoin, poursuivre les étapes.</li>
<li><strong>Remplacer par 1/3 d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium </strong>pour entretenir la population.</li>
<li><strong>Ajouter  les nutriments</strong> quotidiennement :
<ol>
<li>Sources de carbone : comme ci-dessus</li>
<li>Sources de nitrates et de phosphates.  Par exemple : remplacer 1/3 de l&rsquo;eau par celle de l&rsquo;aquarium, ajouter  de petites quantités de nourriture, d&rsquo;engrais spécifiques pour bactéries ou bien des adjuvants tels que Nitrate+ et Phosphate+.</li>
</ol>
</li>
<li><strong>Surveiller  la production</strong> : présence de biofilm sur les parois et supports, trouble de l&rsquo;eau, agrégats bactériens flottant&#8230; La production étant dissociée de l&rsquo;aquarium, il n&rsquo;y a pas de risque en cas de surproduction.</li>
<li><strong>Ajuster les dosages</strong> de nutriments dans la culture en conséquence.</li>
<li><strong>Surveiller  les effets dans l&rsquo;aquarium</strong> : observer le comportement des occupants, l&rsquo;état des décores. Mesurer régulièrementlesles taux de NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> et ajuster la quantité de bactéries en conséquence.</li>
</ol>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr); ">
<div class="grille-titre ">Culture de bactéries en bac annexe.</div>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/1.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">La culture se développe en bac annexe, indépendant, oxygéné.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Prélèvement après 3 jours, la culture est opaque et des agrégats flottent.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Sujet complexe et vaste, j&rsquo;espère que ces microorganismes auront moins de secrets pour vous.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li>1: <a href="https://aquabiomics.com/articles/core-aquarium-microbiome">The Core Microbiome of a Saltwater Aquarium</a> &#8211; Aquabiomics</li>
<li>2 : <a href="https://aquabiomics.com/articles/how-aquarium-microbiomes-differ">How Aquarium Microbiomes Differ</a> &#8211; Aquabiomics.</li>
<li>3 : <a href="https://website.whoi.edu/gfd/wp-content/uploads/sites/14/2018/10/Coral_Microbiome_269025.pdf">Insights into the coral microbiome: Underpinning the health and resilience of reef ecosystems</a> &#8211; David G. Bourne, Kathleen M. Morrow, Nicole S. Webster</li>
<li>4 : <a href="https://bmcbioinformatics.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12859-019-2844-z">System-level analysis of metabolic trade-offs during anaerobic photoheterotrophic growth in <em>Rhodopseudomonas palustris</em></a> </li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<item>
		<title>Alimentation des poissons marins en aquarium</title>
		<link>https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-aquarium/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 22:30:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[marin]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[nutrition]]></category>
		<category><![CDATA[poisson]]></category>
		<category><![CDATA[proteine]]></category>
		<category><![CDATA[recette]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La maintenance des organismes marins impose de connaitre leurs besoins nutritionnels et les aliments permettant de les assurer. Le précédent article Alimentation des poissons marins en milieu naturel définit déjà quelques pistes. Il s&#8217;agit ici de répondre à ces besoins, avec les moyens à disposition, l&#8217;objectif étant d&#8217;assurer la croissance, la santé et le bien-être [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j"> La maintenance des organismes marins impose de connaitre  leurs besoins nutritionnels et les aliments permettant de les assurer.  Le précédent article <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-milieu-naturel/">Alimentation des poissons marins en milieu naturel</a> définit déjà quelques pistes. Il s&rsquo;agit ici  de répondre à ces besoins, avec les moyens à disposition, l&rsquo;objectif étant d&rsquo;assurer la  croissance, la  santé et le bien-être du poisson hébergé en aquarium. Ces principes de nutrition valent quels que soient les animaux captifs, en intégrant les particularités de l&rsquo;espèce depuis le stade de larve pour les éleveurs, ou juvénile lors de l&rsquo;acquisition d&rsquo;un spécimen, jusqu&rsquo;à celui d&rsquo;adulte. Les préparations  culinaires peuvent s&rsquo;écarter des produits issus du milieu marin tant que les objectifs en apports nutritifs sont atteints. C&rsquo;est ce que nous allons développer.</p>
<h2>1. Nutrition des poissons </h2>
<h3>1.1. Modes de nutrition des poisons</h3>
<p class="align-j">Les poissons assimilent les éléments nutritifs par deux moyens : </p>
<ul>
<li><strong>Branchies :</strong> ces organes respiratoires  jouent également un rôle dans l&rsquo;absorption de  nutriments dissous. L&rsquo;eau  pénètre par la bouche et traverse les branchies pourvues de membranes  riches en vaisseaux sanguins dont la grande  surface d&rsquo;échange permet l&rsquo;absorption de l&rsquo;oxygène et de  nutriments dissous dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Système digestif :</strong> constitué de l&rsquo;estomac, l&rsquo;intestin grêle et le gros intestin. L&rsquo;intestin grêle est le lieu essentiel de l&rsquo;absorption. La nourriture ingérée contient les  nutriments&nbsp;:  protéines,  graisses, glucides,  vitamines et  minéraux,  décomposés en fines particules  par les enzymes digestives. Ces particules  absorbées à travers la paroi intestinale sont transportées via la circulation sanguine et distribuées aux cellules de l&rsquo;organisme.</li>
</ul>
<h3>1.2. Nutrition des poissons en aquaculture</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/02.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dépenses d'énérgie"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/02.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 1 : Aquaculture en pleine mer.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile dispose de peu de données sur les exigences des poissons sauvages. Par contre, les impératifs économiques de l&rsquo;aquaculture à des fins alimentaires humaines ont nécessité des recherches sur leurs  besoins  nutritionnels. Ces travaux constituent une formidable source d&rsquo;informations pour tous, les objectifs étant cependant particuliers à ce secteur&nbsp;:   nourrir  les  animaux  au  moindre  coût,  assurant une bonne  croissance, en conservant une bonne  santé  du  poisson  et  la qualité  de la chair. L&rsquo;industrie aquacole a dû également se pencher sur l&rsquo;impact écologique de l&rsquo;élevage intensif pour minimiser, via la nourriture, l&rsquo;impact des rejets sur  l&rsquo;environnement.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;aquaculture s&rsquo;est concentrée sur quelques groupes  de  poissons  les  moins  demandeurs en matières premières peu disponibles   ou  onéreuses. En  occident elle privilégie les espèces carnivores (truite) et surtout marines (saumon, bar, daurade royale, turbot&#8230;) appréciées par le consommateur. Ainsi les recherches récentes constituent une base riche de données en partie transposables à nos poissons marins d&rsquo;aquarium sous quelques réserves.</p>
<p>  L&rsquo;aquaculture mesure son rendement par un <strong>indice de conversion alimentaire</strong> <em>(IC&nbsp;= aliment distribué (kg) / gain de masse corporelle (kg)</em>.  Un poisson d&rsquo;élevage nécessitait de 2 à 4 kg de poissons pour obtenir 1 kg de poisson. Il a diminué pour avoisiner 1,5 voire 0,8  dans certains cas.<br />
  La forte demande en protéines des espèces carnivores avec, de plus, l&rsquo;objectif d&rsquo;une croissance rapide, n&rsquo;a pu être résolue qu&rsquo;avec l&#8217;emploi de  farines  de poissons produites à partir de petites espèces sauvages (sprat, anchois…). Ces farines concentrent des taux importants de protéines, de 50&nbsp;% à plus de 70&nbsp;%. Face à la forte pollution engendrée par les déjections et à l&rsquo;apprauvrissement des ressources marines, d&rsquo;autres voies ont vu le jour. Par exemple l&rsquo;augmentation des lipides (voire des glucides digestibles) pour minimiser l&rsquo;énergie puisée dans les  protéines, l&#8217;emploi de farines d&rsquo;animaux terrestres ou à base de larves d&rsquo;insectes. Des choix qui imposent parfois la stabulation des poissons pour retrouver des qualités nutritives acceptables, compatibles avec leur commercialisation. Les  poissons consommés  (bar, daurades) contiennent entre 45 et 48% de protéines pour 12 à 22% de lipides. </p>
<h3>1.3. Nutrition des poissons en aquarium</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/01.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dépenses d'énérgie"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/01.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 2 : MaastiK pâte autocollante à fixer sur un support.</figcaption><div class="copyright">Source : Easyreefs</div>
</figure>
<p class="align-j">Maintenir des poissons récifaux en bonne santé dans l&rsquo;environnement artificiel d&rsquo;un aquarium est aujourd&rsquo;hui facilité  par les progrès des méthodes et des moyens aquariophiles. Il est maintenant possible de conserver des espèces autrefois impensables.</p>
<p class="align-j">Pourtant la nutrition  est l&rsquo;un des aspects les plus mal compris du récifaliste. Il fait une obsession des paramètres chimiques de l&rsquo;eau. A l&rsquo;affut de la moindre innovation technologique il investit dans du matériel à peine éprouvé, il dépense sans compter pour un corail remarquable à ses yeux, mais il ignore le besoin nutritionnel de ses compagnons. Il oublie  qu&rsquo;un poisson en bonne santé, bien nourri, est plus résistant aux stress et qu&rsquo;il  tolère mieux les dérives  du milieu. L&rsquo;aquariophile se contente, bien souvent, de suivre aveuglément les discours léchés des pubs commerciales de produits alimentaires. Heureusement, les fabricants ont beaucoup évolué avec une nourriture mieux équilibrée qu&rsquo;autrefois ou au contraire plus ciblée. Mais  les besoins réels sont-ils réellement assouvis, les formes adaptées et les quantités ajustées aux individus et aux espèces variées ?</p>
<p><span class="align-j">Si  les résultats très instructifs des recherches aquacoles permettent de mieux comprendre la nutrition en captivité,  les orientations de cette industrie ne sont pas  toutes recommandables pour notre hobby. En  effet,  les taux importants de protéines ci-dessus concernent  des poissons actifs pour lesquels on souhaite une croissance rapide avec un minimum de nourriture. Cette situation est bien loin de nos spécimens essentiellement omnivores, parfois à connotation herbivores, ou plutôt alguivores puisque qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;herbe en milieu marin. Les dépenses d&rsquo;énergies dans leur espace clos y sont moindres, les animaux sont acquis au stade post juvénile voire adulte dont la croissance est quasi stabilisée, et la vitesse de croissance n&rsquo;est pas un objectif. </span></p>
<h2>2. Besoins énergétiques des poissons</h2>
<p class="align-j">Le rôle de chaque macronutriment, nutriment, oligoélément, vitamine a largement été abordé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-milieu-naturel/">Alimentation des poissons marins en milieu naturel</a>. Ne seront développés ici  que les aspects particuliers à la maintenance en captivité des poissons marin en aquarium de présentation.</p>
<p class="align-j">Les éléments nutritionnels  doivent-ils provenir seulement du milieu marin ? La question n&rsquo;est plus à l&rsquo;ordre du jour&nbsp;: tout ce qui répond aux besoins, nutritifs, quelle que soit son origine, marine ou terrestre, qui est accepté, peut répondre aux objectifs de développement, de santé et de bien-être du poisson.  Une fois passé, souvent rapidement, le stade de l&rsquo;acclimatation, le poisson accepte des végétaux terrestres (céréales, légumes, voire des épices) comportant acides aminés, minéraux et  vitamines,  appréciés et correctement assimilés. La difficulté pour l&rsquo;aquariophile réside plus à proposer  des aliments adaptés à sa morphologie et des  nutriments de manière équilibrée. On le verra, un amateur qui réalise sa nourriture atteindra plus facilement cet objectif avec des produits issus de la mer.</p>
<h3>2.1. Facteurs impactant les besoins énergétiques </h3>
<p class="align-j">L&rsquo;alimentation doit permettre le fonctionnement de nombreux processus biologiques. L&rsquo;énergie alors dépensée est liée à plusieurs facteurs tels que&nbsp;: </p>
<ul>
<li><strong>Métabolisme de base :</strong> il s&rsquo;agit de l&rsquo;énergie  pour maintenir les fonctions vitales  au repos (respiration, circulation sanguine, régulation de la température corporelle&#8230;).</li>
<li><strong>Taille et poids corporel :</strong> les  plus gros poissons dépensent plus d&rsquo;énergie pour  leur métabolisme de base et  les activités quotidiennes.</li>
<li><strong>Activité physique :</strong> les poissons de pleine eau, qui nagent constamment dépensent plus que ceux inféodés au récif.</li>
<li><strong>Température de l&rsquo;eau :</strong> les poissons sont des animaux à sang froid (ectothermes), dont la température corporelle est  liée à   leur environnement. Des températures plus élevées  accélèrent le métabolisme et  la dépense énergétique.</li>
<li><strong>Disponibilité de la nourriture :</strong> moins disponible,  le poisson doit se déplacer plus pour la trouver.</li>
<li><strong>Croissance</strong> : la dépense énergétique en phase de croissance est proportionnellement 3 à 4 fois supérieure qu&rsquo;au stade adulte.</li>
<li><strong>Reproduction :</strong> c&rsquo;est une activité énergivore qui impose parfois la construction de nids, la fécondation des œufs et la protection des alevins.</li>
<li><strong>Stress</strong> : ils sont nombreux, environnementaux, relationnels inter ou intraspécifiques, luttes contre les parasites, maladies etc.</li>
</ul>
<p><span class="align-j">L&rsquo;inventaire est long et le calcul du besoin énergétique rendu difficile dans un contexte qui évolue dans le milieu naturel. </span></p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/energiepoissons.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dépenses d'énérgie"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/energiepoissons.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 3 : Devenir de l&rsquo;énergie chez les poissons.</figcaption></figure>
<h3>2.2. Besoin énergétique en aquaculture</h3>
<p class="align-j">Dans le cadre maitrisé d&rsquo;une aquaculture le calcul des besoins énergétiques devient possible. La quantité d&rsquo;énergie thermique libérée lors de la combustion des aliments dans le corps s&rsquo;exprime en  kilojoule   (kJ) ou mégajoule (MJ). L&rsquo;ancienne unité  kilocalorie (kcal), parfois nommée calorie, reste très employée avec la relation 1&nbsp;kJ =  4,184&nbsp;kcal.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;énergie brute fournie par les aliments (figure ci-contre) est évacuée en partie en   déjections, le reste environ 75&nbsp;% disponible sous forme d&rsquo;énergie digestible. En aquaculture de poissons marins, l&rsquo;énergie digestible des  aliments   se situe entre 16 et 22&nbsp;MJ/kg. Environ 50&nbsp;% de cette dernière est disponible sous forme d&rsquo;énergie métabolisable utilisée pour les processus métaboliques et l&rsquo;activité du poisson. Connaissant le besoin  on peut déterminer la capacité énergétique permise par la composition de nourriture. C&rsquo;est toutefois une démarche complexe qui nécessite l&rsquo;accès à des données.</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/ic-ombrine.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Indice de conversion"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/ic-ombrine.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 4 : Evolution de l&rsquo;indice de conversion d&rsquo;un élevage d&rsquo;ombrine <em>Sciaenops ocellatus</em>.</figcaption></figure>
<p class="align-j"> Une autre approche consiste, pour une préparation connue, à alimenter quotidiennement selon un <strong>taux d&rsquo;alimentation</strong> ou de nutrition <strong>(TA)</strong>, ratio  poids  sec de nourriture / poids de poisson vif (ou biomasse), de déterminer celui qui fournit le meilleur indice de conversion alimentaire (IC) pour en déduire   un profil de nourrissage idéal pour la production. Par exemple la figure&nbsp;4 représente l&rsquo;évolution du taux de nutrition selon la masse de l&rsquo;ombrine <em>Sciaenops ocellatus, </em> une espèce carnivore, dans un élevage à la Martinique. Comme toujours le taux est beaucoup plus important en présence de juvéniles, puis se stabilise après quelques mois à une valeur variable de l&rsquo;ordre de 1,5 à 3&nbsp;% selon l&rsquo;espèce, voire plus de 10&nbsp;% selon les objectifs des fermes aquacoles.</p>
<h3>2.3. Besoin énergétique en aquarium</h3>
<p class="align-j">Dans le contexte de l&rsquo;aquarium d&rsquo;ornement, à température tropicale, sans souci de productivité et en présence de poissons essentiellement omnivores ayant une activité très moyenne,    selon l&rsquo;estimation d&rsquo;un aquariophile biologiste marin aquaculteur, nous pourrions viser  un TA de 0.8&nbsp;% à 1,0&nbsp;% avec du granulé très protéiné. Cette valeur n&rsquo;est pas exploitable en aquariophilie avec des recettes multi-ingrédients beaucoup plus humides   (tableau 1). Nous pouvons par contre la traduire en taux de protéines Tprot, c&rsquo;est à dire en poids de protéines par poids de poisson vif (Pvif) ou biomasse. Par exemple,  un taux d&rsquo;alimentation (TA) de 1,0&nbsp;% avec des granulés à 45&nbsp;%  de protéines et 10&nbsp;% d&rsquo;humidité représente, Tprot = 0,01 x 0,45 x 0,90 = 0,4&nbsp;%. Ce taux de protéines permet de déduire en calcul inverse la ration journalière de notre recette, qu&rsquo;elle soit mono ou multi-ingrédients.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="max-width: 700px">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Taux de protéines des poissons en aquarium<br />
  </caption>
<tr>
<th width="18%">Régime</th>
<th width="40%">Nourriture</th>
<th>Taux alimentation (nutrition) TA</th>
<th>Taux protéine Tprot</th>
</tr>
<tr>
<th>Carnivore</th>
<td>Granulé (45% protéines, 10 % eau)</td>
<td align="center">1,2 %</td>
<td align="center">0,54 % Pvif</td>
</tr>
<tr>
<th>Omnivore</th>
<td>Granulé (45% protéines, 10 % eau)</td>
<td align="center">1,0&nbsp;%</td>
<td align="center">0.4 % Pvif</td>
</tr>
<tr>
<th>Omnivore</th>
<td>Préparation surgelée (20% protéines, 75% eau)</td>
<td align="center">0,25 %</td>
<td align="center">0,4% Pvif</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">Ce taux est un objectif. L&rsquo;atteindre, nécessite de connaitre la valeur protéinique de la recette, c&rsquo;est à dire celle de chaque ingrédient. Cet aspect, complexe en soi, est résolu avec le <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-nourriture-poissons-marins-aquarium/">Calculateur Nourriture des poissons marins d&rsquo;aquarium</a>. Il permet de déterminer les valeurs nutritives (macronutriment : protéines, lipides, glucide puis fibres, ainsi que vitamines et minéraux) d&rsquo;une composition d&rsquo;ingrédients, ainsi que  la ration journalière selon la biomasse à nourrir. Cette dernière étant évaluée avec le calculateur <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-poids-poissons-marins-aquarium/">Poids des poissons marins d&rsquo;aquarium</a>.</p>
<p class="align-j">Bien entendu il s&rsquo;agit ici de la ration totalement capturée, destinée aux seuls poissons. Il y a toujours quelques pertes. L&rsquo;aquariophile l&rsquo;adaptera, si besoin, en fonction de  ses objectifs de nutrition pour l&rsquo;ensemble des habitants de l&rsquo;aquarium, notamment les  invertébrés (crustacés détritivores,  omnivores opportunistes&#8230;).</p>
<h2>3. Apports  nutritifs en aquarium</h2>
<p class="align-j">La  part des éléments nutritifs dissous dans l&rsquo;eau de mer  (ions,  minéraux&#8230;)  absorbée par les branchies est probablement insuffisante pour subvenir au besoin des poissons. La nourriture est donc un complément indispensable. Son équilibre à tous les niveaux : macronutriments, vitamines, minéraux, dépend des ingrédients utilisés. Le tableau 2 résume les rôles et les sources des apports relatifs aux principaux. Pour plus de détails vous pourriez consulter l&rsquo;article <span class="align-j"> <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-milieu-naturel/">Alimentation des poissons marins en milieu naturel</a>.</span>
</p>
<h3>3.1. Eléments nutritifs et leurs sources</h3>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 2 : Principes et sources de nutriments<br />
  </caption>
<tbody>
<tr>
<th width="15%" scope="col">Elément</th>
<th width="50%" scope="col">Principes</th>
<th scope="col">Sources</th>
</tr>
<tr>
<th>Protéines<br />
        (AA)</th>
<td>Facilement digérées, les protéines sont la base de  la nourriture des poissons,  essentiellement calculée selon son taux protéinique. Le commerce propose des granulés à fort taux de protéines  40 à 50&nbsp;%. Il en faut peu pour subvenir aux besoins des poissons en aquarium.</p>
<ul>
<li>Limiter au nécessaire : chargées de 16&nbsp;% d&rsquo;azote, les protéines non assimilées   (déchets) conduisent à la production d&rsquo;ammoniaque et  de nitrates.</li>
<li>Ajuster les  nourritures DIY : exemptes d&rsquo;additifs protéinés elles avoisineront plutôt 18 à 25&nbsp;% de protéines. La ration sera plus importante, distribuée en plusieurs fois, dans la limite de la satiété du poisson et de la pollution.</li>
<li>Ajuster au régime : réduire l&rsquo;apport pour les herbivores.</li>
<li>Un excès de protéines exacerbe l&rsquo;agressivité du poisson.</li>
</ul>
</td>
<td>Toutes formes d&rsquo;alimentation  naturelle&nbsp;:  algues,  poissons,  gastéropodes (escargots), bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques), céphalopodes (calmars,  seiches), crustacés (crevettes, crabes&#8230;), plancton (krill), faune benthique (vers)&#8230;<br />
        Eventuellement : farines  de   poissons très concentrées en protéines, microalgues (spiruline).</td>
</tr>
<tr>
<th>Lipides</th>
<td>
<p>L&rsquo;aquaculture  augmente le taux de lipides réduisant ainsi celui de protéines plus pollueuses. <span class="align-j">Les plus énergétiques sont les phospholipides.<br />
          </span>En aquarium où l&rsquo;activité est moindre, un excès génère vite <span class="align-j"> des problèmes hépatiques et digestif. Le </span><span class="align-j">syndrome du poisson gras, trop nourri, avec une nourriture trop riche, est fréquent en aquarium.<br />
          Le</span> taux doit rester faible  (tableau 3) sans jamais dépasser  10% chez les omnivores et herbivores.<br />
          Assurer un apport en acides gras polyinsaturés (AGPI) particulièrement important chez les poissons (oméga-3).</p>
</td>
<td><span class="align-j"> Phospholipides et AGPI ω3 : huiles de poisson (foie de morue) voire de céréales (soja), dans une moindre mesure : poissons gras et leurs farines,  œufs  de poissons.</span></td>
</tr>
<tr>
<th>Glucides</th>
<td> Sans grand intérêt  chez les poissons, leur taux doit rester bas.</td>
<td>Végétaux, carapace chitineuse des crustacés.</td>
</tr>
<tr>
<th>Minéraux</th>
<td>L&rsquo;absorption des minéraux dissous par les branchies est importante mais peut ne pas répondre totalement  aux besoins, d&rsquo;où l&rsquo;intérêt d&rsquo;une  nourriture  équilibrée à base d&rsquo;algues et de produits marins. <br />
        Le poisson est en mesure de réguler son absorption, cependant des concentrations excessives de certains minéraux peuvent entraîner des perturbations osmotiques, des troubles métaboliques ou des dommages aux tissus. Un oligoélément en excès    peut devenir toxique.</td>
<td>Minéraux en solution dans l&rsquo;eau de mer.<br />
        Poissons maigres ou gras,  crustacés (crevettes,  crabes), mollusques (palourdes, moules, huîtres), zooplancton (krill)<br />
        Algues, phytoplancton, spiruline<br />
        Eventuellement des végétaux terrestres.</td>
</tr>
<tr>
<th>Vitamines</th>
<td>
<p>Vitamines A, B2, B3, B5, B6, B9, B12, D, E&#8230; <br />
          La vitamine C peu présente  est bénéfique (antistress) à plus haute dose qu&rsquo;en milieu naturel. Elle contribue à éviter nombre de problèmes dont les plus visibles : décoloration, cicatrisation, déformations osseuses, affaiblissement.  <br />
          Vit. C et E nécessitent un appoint. La vitamine C ne présente pas de risque en surdosage.</p>
</td>
<td>Quasi toutes apportée  par la nourriture. <br />
        Poissons gras riches en vitamine D. Nourritures marines ci-dessus, spiruline.<br />
        Solution polyvitaminée.</td>
</tr>
<tr>
<th>Fibres</th>
<td>Selon le régime alimentaire  les fibres régulent le transit.</p>
<ul>
<li>Carnivores : néfaste au delà de 10&nbsp;% du fait d&rsquo;un tube digestif court, et faible flore intestinale limitant la dégradation.</li>
<li>Herbivores jusqu&rsquo;à 15&nbsp;%</li>
</ul>
</td>
<td>Algues, microalgue (spiruline).<br />
        Potentiellement farines de poissons, de céréales.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3>3.2. Principes  de nutrition en aquarium selon le régime alimentaire</h3>
<p><span class="align-j">Le régime alimentaire des poissons dépend de leurs habitudes, selon qu&rsquo;ils se nourrissent essentiellement de  chair, d&rsquo;algues ou des deux. La fréquence de nourrissage est liée au type de proies, vivantes ou inertes, de leur disponibilité, de la qualité nutritionnelle des aliments. A ces éléments il faut rajouter la taille des aliments essentiellement liée à la bouche et l&rsquo;âge du spécimen. Le tableau&nbsp;3  résume quelques principes permettant de mieux cibler la nourriture à proposer. </span></p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 3 : Régimes alimentaires des poissons tropicaux en aquarium<br />
  </caption>
<tr>
<th width="15%">Régime alim.</th>
<th align="center">Carnivore</th>
<th align="center">Herbivore</th>
<th align="center">Limivore</th>
<th align="center">Omnivore</th>
<th align="center">Planctonivores</th>
</tr>
<tr>
<th>Estomac &#8211; Intestin</th>
<td align="center">Gros &#8211; Court</td>
<td align="center">Petit &#8211;  Long</td>
<td align="center">Petit &#8211; Long</td>
<td align="center">Moyen</td>
<td align="center">Moyen</td>
</tr>
<tr>
<th>Fréquence</th>
<td align="center">1 à 2 / jour</td>
<td align="center">Continu</td>
<td align="center">Continu</td>
<td align="center">1 à 3 / jour</td>
<td align="center">2 à 5  / jour</td>
</tr>
<tr>
<th>Type</th>
<td align="center">Poissons, crustacés</td>
<td align="center">Algues, animalcules</td>
<td align="center">Matières organiques, animalcules</td>
<td align="center">Proies et végétaux</td>
<td align="center">Planctons, particules fines</td>
</tr>
<tr>
<th>Protéines</th>
<td align="center"> 40 &#8211; 55&nbsp;%</td>
<td align="center">25 -30&nbsp;% </td>
<td align="center">25 &#8211; 40&nbsp;%</td>
<td align="center">30 &#8211; 40&nbsp;%</td>
<td align="center">35  &#8211; 50&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Taux prot.</th>
<td align="center">0,54&nbsp;%</td>
<td align="center">0,36&nbsp;%</td>
<td align="center">0,45&nbsp;%</td>
<td align="center">0,45&nbsp;%</td>
<td align="center">0,50&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Lipides</th>
<td align="center">5 &#8211; 15&nbsp;%</td>
<td align="center">0,2 &#8211; 5&nbsp;%</td>
<td align="center">5 &#8211; 20&nbsp;%</td>
<td align="center">1- 8&nbsp;%</td>
<td align="center">5 &#8211; 15&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Glucides</th>
<td align="center">5 &#8211; 10&nbsp;%</td>
<td align="center">2 &#8211; 10&nbsp;%</td>
<td align="center">2 &#8211; 10&nbsp;%</td>
<td align="center">2 &#8211; 10&nbsp;%</td>
<td align="center">2 &#8211; 10&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Fibres</th>
<td align="center">1 -5&nbsp;%</td>
<td align="center">5-15&nbsp;%</td>
<td align="center">0 &#8211; 5&nbsp;%</td>
<td align="center">3 &#8211; 8&nbsp;%</td>
<td align="center">&lt;&nbsp;5&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Cendres</th>
<td colspan="5" align="center">&lt;&nbsp;10%</td>
</tr>
<tr>
<th>Vitamines</th>
<td colspan="5" align="center">A, B1, B2, B3, B4, B5, B6, B9, B12, C, D, E, K1</td>
</tr>
<tr>
<th>Minéraux</th>
<td colspan="5" align="center">&nbsp;Ca, Cu, Fe, I, Mg, Mn, P, K, Zn, Se</td>
</tr>
<caption class="tableau-legende">
  Valeurs moyennes.<br />
  </caption>
</table>
<h2>4. Aliments pour aquarium</h2>
<h3>4.1. Caractéristiques demandées aux aliments en aquarium</h3>
<p><span class="align-j">On peut résumer  l&rsquo;objectif de la nourriture en aquarium amateur </span>&nbsp;: </p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Répondre au besoin des espèces : </strong>
<ul>
<li><strong>Régimes alimentaires</strong> des espèces hébergées (omnivores, herbivores&#8230;). Eviter les aliments contenant des charges inutiles sources de pollution de l&rsquo;eau. </li>
<li><strong>Morphologie</strong> :   selon la position de sa bouche il gobe, déchiquette, picore dans les anfracttuosités avec un rostre&#8230;</li>
<li><strong>Température</strong>&nbsp;: elle est sans effet dans la plage restreinte autorisée par la maintenance des poissons tropicaux. Elle peut être un facteur en présence d&rsquo;espèces d&rsquo;eaux froides (Méditerranée, Atlantique).</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Répondre au besoin des individus : </strong></li>
<ul>
<li><strong>Taille</strong> :  aliments adaptés à la taille des poissons marins, leur bouche et leur biomasse.</li>
<li><strong>Âge :</strong> les juvéniles nécessitent une alimentation plus fréquente, des particules plus petites et des apports protéiniques, vitaminiques et minéraux  plus important que les  adultes.</li>
<li><strong>Acclimatation</strong> : un nouvel arrivant encore stressé risque de jeuner et accroitre  son affaiblissement. Il faut faire preuve d&rsquo;imagination et parfois adopter temporairement  des aliments peu équlibrés destinés à enclencher le réflexe de manger (huitre, algue maintenue sur un caillou&#8230;).</li>
<li><strong>Reproducteurs</strong> : ils nécéssitent des attentions spécifiques.</li>
</ul>
<li><strong>Protéines et suppléments</strong> :  les nourritures hyper protéinées ne sont pas indispensables et peuvent être remplacées par d&rsquo;autres qui le sont moins. Le tableau 3 définit les lignes directrices. L&rsquo;énergie étant essentiellement issue des protéines et en moindre mesure des lipides, ce sont les premières cibles. La recette peut nécessiter des suppléments nutritionnels tels que des vitamines, des minéraux et des acides gras essentiels. Le calculateur <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-nourriture-poissons-aquarium-marin/">Nourriture des poissons marins en aquarium</a> permet de vérifier la valeur nutritive nécessaire à la biomasse des poissons issue du Calculateur <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-poids-poissons-marins-aquarium/">Poids des poissons marins d&rsquo;aquarium</a></li>
<li><strong>Acceptés facilement</strong> : l&rsquo;appétence dépend de plusieurs facteurs : gout, forme, taille des particules, texture&#8230;</li>
<li><strong>Flottabilité</strong> : permettant l&rsquo;alimentation selon les espèces, en surface (rarement) dans la colonne d&rsquo;eau ou sur le fond.</li>
<li><strong>Non polluant</strong> : un aliment n&rsquo;est jamais polluant. Il peut être inadapté ou mal distribué, la pollution est alors le fait de l&rsquo;aquariophile.</li>
<li><strong>Aliments sains</strong>&nbsp;:
<ul>
<li>Secs :  l&rsquo;aliment  ne devrait présenter aucune trace de moisissure et  stocké moins de trois mois.</li>
<li>Surgelés : le  respect de la chaine du froid est essentiel, bien que difficile à vérifier par l&rsquo;aquariophile. L&rsquo;introduction de <strong>bactéries pathogène</strong> peut conduire à la naissance de maladies pour tous les organismes de l&rsquo;aquarium, poissons et coraux inclus.</li>
<li>Les fruits de mer devraient  être cuits ou congelés pour éliminer les parasites potentiels.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Conditionnements</strong> :  étanches, permettant une distribution aisée (ouverture facile, dosages&#8230;).</li>
</ul>
<h3>4.2. Principes de nourrissage</h3>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Variété alimentaire, ou pas</strong>&nbsp;: aucun aliment ne remplissant toutes les cases, ont peut varier les aliments pour assurer l&rsquo;équilibre nutritif ou d&rsquo;autres exigences. Ceci dit, il est préférable de s&rsquo;en tenir à un seul aliment bien équilibré et adapté (c&rsquo;est le choix de l&rsquo;aquaculture) que de varier avec des produits  nutritionnellement déficients tels que des artémias peu nutritifs parfois vidés de leur contenu. </li>
<li><strong>Ration</strong> :   le poids distribué varie dans un rapport 1 à 10 selon que l&rsquo;aliment est sec ou frais. Le calculateur de nourriture permet d&rsquo;en tenir compte. Elle devrait se limiter à ce qui est consommé dans les premières minutes, les détritivores se chargeant du reste.</li>
<li><strong>Fréquence </strong> : les aliments très protéinés peuvent répondent rapidement aux besoins nutritionnels, même en faible quantité  distribuée en une seule fois. Ce principe répond au besoin des carnivores dont certains peuvent passer des distributions. Les herbivores sauvages, quant à eux, doivent paître toute la journée  pour subvenir à leurs besoins, leurs déchets sont constants, dilués dans la masse océanique, plus régulièrement traités que dans un aquarium.  Il est donc  fortement conseillé de répartir avec de petites quantités, sur 2 à 4 distributions par jour, voire plus en présence de planctonivores. C&rsquo;est aussi la garantie d&rsquo;une moindre pollution. <br />
  Les aliments secs, peu lubrifiés en l&rsquo;absence d&rsquo;adjuvants spécifiques, imposent une distribution plus répartie que d&rsquo;autres humides.</li>
<li><strong>Taille  des aliments</strong> : pour la raison qui précède, on peut s&rsquo;orienter vers des granulés de petite taille que même nos plus gros poissons acceptent en général.</li>
<li><strong>Mode de distribution</strong> : La forme de la présentation dépend du<br />
    mode d&rsquo;alimentation des poissons essentiellement lié à la taille et la forme de la bouche (bouche en avant, ventrale, rostre&#8230;), de la vitesse de préhension : certains prenant le temps de cibler la proie, du milieu : la proie flottant en pleine en pleine eau ou posée sur le substrat. Les aliments peuvent nécessiter une découpe appropriée, parfois dispersés ou liés par un  gélifiant.</li>
<li><strong>Accessoires</strong> : adapter les modes de distribution aux habitudes des spécimens. Cela peut passer par des lests, des grilles pour faciliter la mise à disposition, l&rsquo;accessibilité et la capture par les poissons, comme par exemple <a href="https://reeflexion.fr/nourrir-chelmon-rostratus/">Nourrir Chelmon rostratus</a>.</li>
<li><strong>Comportement alimentaire</strong> : la hiérarchie inter et intraspécifique peut limiter l&rsquo;accès de certains spécimens à la nourriture. La distribution est le bon moment pour observer  leur comportement alimentaire, qu&rsquo;ils soient timides ou agressifs.</li>
</ul>
<p class="align-j">Et quelques réflexes&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Péremption</strong> : <span class="align-j">acquérir  des petites quantités permettant de </span>respecter la date de péremption</li>
<li><strong>Intégrité&nbsp;(cohésion et  graisses)</strong> des granulés : Alain Duday suggère d&rsquo;introduire une languette de papier dans le récipient pour vérifier que les matières grasses ne diffusent pas, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas  désagrégation, signe que le granulé n&rsquo;a pas une qualité nutritive homogène.<span class="align-j"><br />
    La présence de granulés partiels dénote une inadéquation entre farines et  taille du granulé,  des granulés étant volontairement « brisés » pour obtenir la  taille souhaitée.</span></li>
<li><strong>Stockage</strong> des nourritures sèches :  dans un endroit frais et sec pour éviter qu&rsquo;elles se détériorent. <span class="align-j">Conserver  les récipients fermés pour éviter  l&rsquo;oxydation des graisses</span>.</li>
<li><strong>Choix des marques et aliments</strong>
<ul>
<li>Le circuit de distribution doit respecter  la chaine du froid pour le surgelé (commercial ou préparé soi-même).</li>
<li>Certains fabricants intègrent  l&rsquo;appétence, la texture  (la palatibilité) pour les poissons plus difficiles. </li>
<li> S&rsquo;orienter vers les marques qui conçoivent  pour les poissons marins. </li>
<li>Les aliments de haute qualité sont généralement plus digestibles, ce qui minimise les déchets non consommés. </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>4.3. Produits commerciaux</h3>
<h4>4.3.1. Nourritures du commerce</h4>
<p class="align-j">Le commerce aquariophile propose  aujourd&rsquo;hui un choix important de nourritures en flocons, sachets ou sous d&rsquo;autres formes (surgelés,  gels&#8230;). Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;objet de les passer tous en revue. Personnellement je privilégie les marques qui annoncent la composition du produit et leurs valeurs nutritives. On peut regretter l&rsquo;absence de directives sur les quantités chiffrées à distribuer.</p>
<p class="align-j">Les fiches techniques dévoilent globalement un bon équilibre des macronutriments PLG.  Toutefois ces compositions issues de l&rsquo;aquaculture sont fortement protéinées et répondent plutôt aux régimes carnivores. Ces taux sont bien souvent obtenus avec des farines concentrées. Les lipides y sont parfois importants, plus que besoin compte tenu de la faible activité des poissons en aquarium tropical. De toute évidence, il en faut très peu pour subvenir aux besoins des poissons, plus encore aux omnivores et herbivores. Gare à ceux qui ne dosent pas leurs apports en fonction des recommandations&#8230; que le fabricant ne fournit malheureusement pas.</p>
<p><strong>⚠ Prémix industriels et métaux poisons</strong></p>
<p class="align-j">Les aliments commerciaux aquariophiles sont fréquemment issus des préparations aquacoles. Ces dernières contiennent des  prémixs. Un mélange concentré d&rsquo;additifs nutritionnels  afin de garantir un profil nutritionnel complet et équilibré. On y trouve des vitamines, minéraux, oligoéléments, acides aminés, enzymes, probiotiques dont parfois des métaux&nbsp;: zinc (sulfate et d&rsquo;oxyde de zinc), fer (sulfate ferreux), cuivre (	sulfate cuivrique),<br />
manganèse (sulfate de manganèse), sélénium (sélénite de sodium),<br />
iode (iodure ou iodate de potassium), cobalt (chlorure ou sulfate de cobalt),<br />
molybdène.</p>
<p class="align-j">Dans le circuit fermé d&rsquo;un aquarium, certains de <strong>ces métaux</strong> Cu, Zn&#8230; <strong>peuvent atteindre un niveau extrêmement toxique</strong> pour les invertébrés. Les préparations commerciales proposées s&rsquo;avèrent disparates. Heureusement des fabricants semblent aujourd&rsquo;hui attentifs aux exigences du récifal. Mon expérience se limite aux granulés Tropical Bionautic qui ne génèrent pas de dérive particulière. D&rsquo;autres marques sont appréciées des utilisateurs: Océan Nutrition gamme Formula, Elos, Baasler&#8230;
</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);">
<div class="grille-titre ">Figure 5 : Granulés commerciaux</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/20.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/21.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/22.jpg"> </figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/23.jpg"> </figure>
</div>
<h4>4.3.2. Additifs du commerce </h4>
<p>Le commerce aquariophile propose aujourd&rsquo;hui des additifs visant à améliorer les caractéristiques de la nourriture parmi lesquels&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li>Nourritures pour <strong>juvéniles</strong></li>
<li><strong>Caroténoïdes</strong> : <span class="figlegende"> &#x3B2;-carotènes, </span>astaxanthine pour renforcer la couleur et l&rsquo;immunité des poissons.</li>
<li><strong>Superoxyde dismutase</strong> : il s&rsquo;agit de protéines riches en métaux (ex. Cu, Zn, Mn, Fe, Ni), des enzymes aux effets antioxydants et anti-inflammatoires renforçant la protection contre les stress oxydatifs.</li>
<li><strong>Vitamines, minéraux, acides aminés</strong> : ces complexes multivitaminés associés parfois à des minéraux,  AA, prébiotiques, probiotiques&#8230; en complément aux apports algaux renforcent le système immunitaire, la santé et la résistance des poissons.</li>
<li><strong>Allicine</strong> : un principe actif de l&rsquo;ail, antibactérien, antiseptique, vermifuge, antifongique, améliore la résistance aux maladies et l&rsquo;appétibilité de la nourriture.</li>
<li><strong>Liants, gélifiants, floculants</strong> :  végétaux (agar-agar, amidons&#8230;), minéraux (bentonite, montmorillonite), synthétique (polyacrylate de sodium)	permettent d&rsquo;obtenir des gels agglomérant les   aliments. Citons aussi les produits floculants parfois nommés  &quot;neige marine&quot; (Tropic marin Pro Coral Reef snow) qui agglomèrent des particules de nourriture. Sans valeur nutritionnelle propre,   ils  modifient la forme de la nourriture et réduisent sa dispersion et les pertes.</li>
<li><strong>Bactéries</strong> :  les bactéries lactiques  convertissent les carbohydrates complexes, peu-digestes, favorisent l&rsquo;équilibre du microbiote, la maturité intestinale, et l&rsquo;efficacité digestive.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);">
<div class="grille-titre ">Figure 6 : Additifs commerciaux</div>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/10.jpg"><figcaption class="figlegende">Aquaforest AF Protéin Power adapté aux poissons juvéniles</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/11.jpg"><figcaption class="figlegende">DKI  β-carotènes : caroténoïdes à ajouter à la nourriture pour renforcer les couleurs.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/12.jpg"><figcaption class="figlegende">Easy reefs dKI Superoxide dismutase contre les stress oxydants.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/13.jpg"><figcaption class="figlegende">Fauna Marin essence d&rsquo;ail</figcaption></figure>
</div>
<h2>5. Préparation de recettes personnelles</h2>
<p class="align-j">La nécessité de préparer soi-même sa nourriture peut se justifier par la recherche d&rsquo;un équilibre nutritionnel plus adapté, le besoin de contrôler la qualité des ingrédients, rechercher une forme particulière de nourriture, le doute pesant sur certains circuits de distribution, l&rsquo;absence d&rsquo;informations&#8230; Pour ce, l&rsquo;aquariophile doit bien comprendre la relation entre les composants d&rsquo;aliments à disposition et leurs intérêts.</p>
<h3>5.1. Choix des ingrédients, leurs apports</h3>
<p class="align-j">Le tableau 4 liste les principaux ingrédients utilisés et leurs apports nutritionnels. Il est préférable d&rsquo;utiliser des produits frais et si possible bio. </p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 4 : Caractéristiques de quelques ingrédients<br />
  </caption>
<tbody>
<tr>
<th width="12%" scope="col">Aliment</th>
<th width="45%" scope="col"> Propriétés, sources</th>
<th scope="col">Intérêts, apports</th>
</tr>
<tr>
<th>Poissons</th>
<td>Selon l&rsquo;objectif de nutrition on peut privilégier les chairs de poissons maigres ou gras, chacun ayant des avantages :</p>
<ul>
<li>Poissons maigres&nbsp;: morue, merlu,   merlan, raie, sole, limande, églefin, colin, cabillaud, julienne etc. </li>
<li>Poissons  mi-gras :  rouget, bar, truite, daurade, turbot etc. </li>
<li> Poissons gras : saumon, hareng, sardine, maquereau, anguille etc. </li>
</ul>
<p>Le calcul des apports nutritifs des composants de    la nourriture permet de privilégier l&rsquo;un, l&rsquo;autre ou les deux. </p>
</td>
<td>Protéines de haute qualité, lipides tels que les acides gras oméga-3 et oméga-6,  minéraux (Ca, P, Mg)  et des oligo-éléments (Zn, Cu, Fe, Mn&#8230;) . Vitamines notamment A, D, E et K et  du groupe B. <strong><br />
        </strong>Poissons maigres</p>
<ul>
<li>Source de protéines de haute qualité.</li>
<li>Faible teneur en matières grasses.</li>
<li> Minéraux essentiels (P, K, Se).
          </li>
<p>          Poissons gras :</p>
<li> Plus riches en acides gras oméga-3.</li>
<li> Plus riches vitamines liposolubles (A et D). </li>
<li> Plus d&rsquo;énergie (due aux lipides) à portion égale.</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<th>Farines de poisson</th>
<td>
<p>Incontournables dans les   préparations très protéinées. Leurs performances sont celles des chairs de poissons, équilibrées et concentrées.<br />
          Disponibles dans le commerce piscicole professionnel. Eviter les farines  de composants inconnus, destinées aux appâts de pêche.</p>
</td>
<td>Très riches en protéines, avec   les AA  essentiels, acides gras dont oméga-3, vitamines (B12&#8230;) et minéraux essentiels.<br />
        Apporte appétibilité<strong>, </strong>digestibilité</td>
</tr>
<tr>
<th>Huiles de poisson</th>
<td>Issues de   poissons gras (huile de foie de morue),   proposées dans le  commerce alimentaire.</td>
<td>Riches en AG notamment AGPI oméga-3</td>
</tr>
<tr>
<th>Céphalopodes</th>
<td>Calmars,  seiches, poulpes cuits ou surgelés mais non crus pour éliminer bactéries et parasites.</td>
<td> Riches en protéines et AA  essentiels. AG  oméga-3  (moins que les poisons gras). Minéraux Fe, Zn, Cu</td>
</tr>
<tr>
<th>Crustacés</th>
<td>
<p>Les crevettes  ont un<br />
          profil nutritionnel  intéressant. Facilement disponibles utiliser les formes cuites ou surgelées exemptes de parasites. <br />
          Elles sont appétentes. La chair est très digeste. La chitine fibreuse de la carapace   contribue au renforcement de l&rsquo;exosquelette mais elle est  difficile à digérer par les plus petites espèces. </p>
</td>
<td> Protéines,  acides gras essentiels oméga-3 oméga-6,  minéraux P, Zn, Cu, Se et vitamines (B12&#8230;).</td>
</tr>
<tr>
<th>Micro-crustacés</th>
<td>Le zooplancton (krill, calanus, mysis,  copépodes&#8230;) est une  alternative intéressante, proposés vivant ou surgelé.  Il est souvent utilisé pour améliorer la couleur des poissons et maintenir leur santé.</td>
<td>Protéines,  lipides, acides gras oméga-3, caroténoïdes (astaxanthine).</td>
</tr>
<tr>
<th>Gastéropodes</th>
<td> Escargots (turbo), bivalves (palourdes, moules, huîtres, Saint-Jacques) apportent un certain nombre d&rsquo;éléments mais moins que d&rsquo;autres nourritures (crustacés, céphalopodes) ne présentant    pas le  risque de bioaccumulation de métaux lourds.</td>
<td>
<p>Protéines, lipides,  minéraux Ca</p>
</td>
</tr>
<tr>
<th>Algues</th>
<td> Nori, wakamé, dulse&#8230;<br />
        Les algues : contribuent à la santé générale, la croissance et  le développement&nbsp;; renforcent le système immunitaire (maladies, infections)&nbsp;; favorisent la digestion et le transit intestinal&nbsp;; renforcent la coloration (rouge)&nbsp;;  réduisent le stress en tant que nourriture naturelle.</td>
<td>Nutriments essentiels :  protéines,  acides gras essentiels (oméga-3),  vitamines (C,  K, B), minéraux (Ca, Fe, Mg), polysaccharides et  antioxydants,  fibres. Pigments naturels (chlorophylle, caroténoïdes phycobiliprotéines).</td>
</tr>
<tr>
<th>Microalgues</th>
<td>Spiruline : micro algue d&rsquo;eau douce en  poudre  pour  la pigmentation,   avec antioxydants pour le système immunitaire, stimule la croissance.</td>
<td>Protéines de haute qualité, acides aminés essentiels nécessaires, acides gras essentiels oméga-3,  nombreuses vitamines (A, K&#8230;) et minéraux (Fe, Ca, Mg) et pigments naturels</td>
</tr>
<tr>
<th>Légumes</th>
<td>
<p>Epinards :    antioxydant (antistress oxydatif), renforce la pigmentation (rouge).<br />
          Les végétaux terrestres présentent peu d&rsquo;intérêts comparativement aux algues. </p>
</td>
<td>Vitamines (A, K) et minéraux (Fe, Ca&#8230;).<br />
        Caroténoïdes (bèta carotène, canthaxantine, astaxanthine)</td>
</tr>
<tr>
<th>Ail, allicine</th>
<td>
<p>Antioxydant, antibactérien, purgatif, antiparasite (vers intestinaux). Renforce le système immunitaire. Il apporte de l&rsquo;appétence à la nourriture. <br />
          Cet élément d&rsquo;origine non marine s&rsquo;avère incontournable.
        </p>
</td>
<td>Composés soufrés  (allicine, ajoènes, allylsulfides&#8230;) antioxydants. L&rsquo;allicine possède  des propriétés  antibactériennes, antivirales et antifongiques.<br />
        Ail du marché  dosé à environ 3 à 8&nbsp;% des matières sèches.<br />
        Produit aquariophile concentré d&rsquo;allicine.</td>
</tr>
<tr>
<th>Solutions vitaminées</th>
<td>Solution multivitaminée aquariophile. <br />
        Elles ne devraient être apportées que si nécessaire, pour compléter les apports assurés par les aliments, notamment les algues.</td>
<td>Vitamines A, B2, B3, B5, B6, B9, B12, D, E&#8230; sont apportée  par la nourriture. Plus particulièrement les poissons gras pour la vitamine D. <br />
        La vitamine<br />
        C peu présente  est bénéfique (antistress) à plus haute dose qu&rsquo;en milieu naturel. Vit. C et E nécessitent un appoint.<br />
        Limiter les vitamines liposolubles A, D, E, K  pouvant  s&rsquo;accumuler dans l&rsquo;organisme jusqu&rsquo;à des taux toxiques.</td>
</tr>
<tr>
<th>Paprika</th>
<td>Intensifie les couleurs (rouges, oranges ou jaunes), appétant, vitaminé. </td>
<td>Pigments caroténoïdes (capsanthéine) et  béta-carotène. Vitamines (A, E), antioxydants.</td>
</tr>
<tr>
<th>Gélifiant</th>
<td>L&rsquo;agar-agar puissant gélifiant polysaccharide extrait  d&rsquo;algues rouges, rend la nourriture moins  dispersable.</td>
<td>Agar-agar en poudre (sachet 2&nbsp;g). Pas d&rsquo;apport nutritif.</td>
</tr>
<tr>
<th>Adjuvants</th>
<td>Caroténoïdes (carotène, canthaxantine, astaxanthine)</td>
<td>confèrent la couleur rouge. L&rsquo;astaxanthine, est un puissant antioxydant (antistress oxydatif).</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3>5.2. Peu de protéines en recette maison</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/30.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Indice de conversion"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/30.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 7 : Calculateur de nourriture.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La principale difficulté d&rsquo;une nourriture faite maison est d&rsquo;atteindre un niveau de protéine suffisant. En effet, le taux protéique des aliments issus de la mer est faible, même pour les plus concentrés, d&rsquo;autant plus  qu&rsquo;une partie de l&rsquo;énergie brute fournie par les protéines est perdue dans les fèces, les excrétions branchiales et   urinaires, non métabolisée par le poisson.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;aquaculture utilise des farines de poisson (anchois) et d&rsquo;autres formes concentrées (graines d&rsquo;oléagineux : soja, colza, tournesol ;  céréales : maïs, blé) et bientôt des farines d&rsquo;insectes.  De tels produits ne sont pas distribués par le commerce aquariophile. On pourra compenser par une quantité de nourriture plus importante, en évitant toutefois les problèmes digestifs ou de comportement et la pollution de l&rsquo;eau.</p>
<h3>5.3. Calculer l&rsquo;équilibre nutritionnel</h3>
<p>Le <span class="align-j"> <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-nourriture-poissons-marins-aquarium/">Calculateur Nourriture des poissons marins d&rsquo;aquarium</a> </span>(figure 7) est l&rsquo;outil idéal pour concevoir sa propre recette maison parmi une liste d&rsquo;ingrédients. Il exploite les caractéristiques de chaque élément (taux d&rsquo;humidité, valeurs énergétiques&#8230;) pour déterminer les caractéristiques finales de la recette. De plus il calcule le poids de la ration quotidienne selon l&rsquo;objectif de nutrition.</p>
<p>Dans l&rsquo;impossibilité de  satisfaire toutes ses recommandations le calculateur permet de situer le niveau des carences et des excès et de répondre à un compromis.</p>
<h3>5.4. Peser </h3>
<p class="align-j">Un poids est toujours difficile à apprécier et très différent selon le type de nourriture (figure 8). Peser au moins une fois, ne serait-ce que pour évaluer le volume de la ration nécessaire sans risque  d&rsquo;une envolée des nitrates et phosphates.  Dans le cas d&rsquo;un dosage automatique,  utiliser un distributeur fiable, régulier dans le temps et l&rsquo;étalonner. </p>
<h3>5.5. Modes de préparation des ingrédients </h3>
<figure   class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/03.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Indice de conversion"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/03.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Figure 8 : Poids différents pour une même valeur protéique.</figcaption></figure>
<ul>
<li><strong>Agar-agar</strong> : diluer la poudre dans l&rsquo;eau osmosée tempérée, légèrement préchauffée, à raison de 4 à 6 g/l. Remuer fortement jusqu&rsquo;à dilution complète. Introduire progressivement la dilution au cours de la préparation en remuant rapidement, elle gélifiera en refroidissant. </li>
<li><strong>Crustacés, crevettes</strong> : le squelette des crustacés en chitine est source de fibres. Il est cependant très difficile à broyer au risque de dénaturer la chair, les morceaux non broyés se dispersent et sédimentent, aussi il est préférable de les décortiquer. </li>
<li><strong>Eau</strong> : elle est nécessaire au broyage de certains aliments et doit être juste adaptée pour pouvoir verser la recette dans les sacs de congélation. </li>
<li><strong>Légumes frais</strong> :  cuire les légumes (épinards, courgettes, pois, carottes) jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;ils soient tendres pour faciliter la digestion des poissons.</li>
<li><strong>Huitres</strong> : une huitre fine classe 3 de moyenne 75&nbsp;g contient environ 9 grammes de chair.</li>
<li><strong>Vitamines</strong>  : elles s&rsquo;oxydent rapidement à la chaleur et en présence de lumière ainsi qu&rsquo;au moment où elles sont remises en solution dans l&rsquo;eau. Il convient de les incorporer en dernier lieu et de préférence imprégnées dans un support, par exemple un peu de granulés secs.</li>
<li><span class="align-j"><strong>Produits surgelés</strong> : ils seront certes <strong>décongelés, puis recongelés</strong>, ce qui n&rsquo;est pas recommandé pour des raisons sanitaires liées au risque d&rsquo;infection bactérienne. Toutefois, la pratique montre que, s&rsquo;agissant de produits congelés sur le bateau juste après la pêche, cela ne pose pas de problème pour nos poissons et invertébrés.</span> Il faudra limiter le réchauffement lors du malaxage et recongeler sans délai.</li>
</ul>
<h3>5.6. Recette pour poissons marins omnivores </h3>
<h4>5.6.1. Ingrédients </h4>
<p>Recette   1,5&nbsp;kg destinée à   200&nbsp;grammes de poissons sur 2 à 3&nbsp;mois.</p>
<ul>
<li>250 g de filets de poisson gras  (saumon),</li>
<li> 250 g de filets de poisson  maigre (cabillaud)</li>
<li>100 g de calamars surgelés</li>
<li> 100 g de moules surgelées</li>
<li> 100 g de crevettes surgel&eacute;es décortiquées4</li>
<li>0 g de nori</li>
<li> 40 g de gousses d&rsquo;ail haché</li>
<li>15 g de spiruline en poudre</li>
<li>20 ml  Multivitamines  (    JBL Atvitol  ) imprégnées dans un peu de nourriture granulée sèche.</li>
<li> 1 cuiller&eacute;e &agrave; caf&eacute; (4&nbsp;g) d&rsquo;agar agar en poudre
  </li>
<li> 600 ml d&rsquo;eau osmosée.</li>
<li>5 sacs cong&eacute;lation 18 x 20&nbsp;cm &agrave; fermeture zip ou sachets ou bacs à glaçons.</li>
</ul>
<h4>5.6.2 Pr&eacute;paration</h4>
<figure class="figfloat" >
  <video poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/04.jpg"  controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/vid01.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-aqua/vid01.mp4"></video><figcaption class="figlegende">En général, ils apprécient ! </figcaption></figure>
<ol>
<li><strong>Diluer l&rsquo;agar-agar</strong> en poudre dans l&rsquo;eau osmosée tempérée, légèrement préchauffée. Remuer fortement jusqu&rsquo;à dilution.</li>
<li><strong>Hacher les ingr&eacute;dients</strong> au niveau de finesse adapté à la population de poissons, en commençant par les plus rigides&nbsp;: nori, ail, fruits de mer, poissons, puis spiruline.</li>
<li><strong>Ajouter l&rsquo;eau + agar-agar,</strong> progressivement, à la quantité nécessaire pour faciliter le mixage.</li>
<li><strong>Ajouter les vitamines</strong> préalablement <strong>imprégnées</strong> dans un peu de nourriture granulée sèche.</li>
<li><strong>Homogénéiser</strong> l&#8217;ensemble, compléter avec le restant de l&rsquo;eau pour<br />
    obtenir une pur&eacute;e fluide, homogène.</li>
<li><strong>R&eacute;partir</strong> dans le conditionnement prévu (sachet, bac&#8230;). S&rsquo;il s&rsquo;agit de plaques, elles  seront fines, environ 5 mm, pour une découpe aisée.</li>
<li><strong>Empiler</strong> les conditionnements, éventuellement à plat dans un récitent plastique.</li>
<li><strong>Congeler</strong> au plus vite.<br />
    &#8230;
  </li>
<li> <strong>D&eacute;couper</strong> la ration congelée du jour.</li>
<li><strong>Distribuer</strong> selon le besoin : congel&eacute; ou d&eacute;congel&eacute;,<br />
    en morceaux plus ou moins fins, fixés ou en pleine eau.</li>
</ol>
<h3>5.7. Recette pour planctonophages, poissons et invert&eacute;br&eacute;s marins</h3>
<p>Une pr&eacute;paration destinée aux poissons planctonophages pourrait être constituée d&rsquo;ingrédients pouvant être broyés très fins, en évitant les bivalves potentiellement chargés de métaux lourds. La charge protéinique est obtenue avec  poisson gras et  spiruline. Cette préparation, suffisamment fine pourrait satisfaire aussi les invertébrés essentiellement zooplanctonophages tels que les coraux scléractiniaires (SPS et LPS)  ainsi que des organismes hétérotrophes.</p>
<h4>5.7.1. Ingrédients</h4>
<ul>
<li>100&nbsp;g de crevettes fraîches d&eacute;cortiqu&eacute;es, avec leurs œufs.</li>
<li> 100 g de sardines en boite, égouttées.</li>
<li> 70 g de spiruline en poudre.</li>
<li>10&nbsp;g de multivitamines aquariophile.</li>
<li>250 ml d&#8217;eau osmos&eacute;e.</li>
</ul>
<h4>5.7.2. Pr&eacute;paration et administration</h4>
<ul>
<li><strong>Broyer</strong> tr&egrave;s finement en présence d&rsquo;eau<br />
    osmos&eacute;e jusqu&#8217;&agrave; obtenir un lait épais.</li>
<li><strong>Remplir les contenants</strong>, par exemple des sacs à glaçon avec un entonnoir.</li>
<li> <strong>Congeler</strong>.</li>
<li>Introduire des <strong>acides amin&eacute;s</strong> 2 h avant le nourrissage d&rsquo;invertébrés</li>
<li><strong>Arr&ecirc;ter la pompe</strong> de circulation</li>
<li><strong>Décongeler</strong> dans un récipient </li>
<li><strong>Disperser</strong> dans l&rsquo;eau pour les poissons, ou &agrave; proximit&eacute; des invertébrés sessiles (coraux), si besoin<br />
    avec une seringue, voire sous cloche.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cet article peut ne rien changer au nourrissage habituel, peut-être permettra-t-il simplement de mieux le comprendre. C&rsquo;est le but.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li><a href="https://www.fao.org/3/af014f/AF014F11.htm">Alimentation des poissons marins besoins des espèces méditerranéennes</a>, J. Guillaume</li>
<li><a href="https://hal.science/hal-01607152v1/document">Bases de la nutrition et formulation en aquaculture</a>,   Christine Burel</li>
<li><a href="http://www.aquaculture-engineering.com/aquaculture-engineering/les-grands-principes-de-la-nutrition-des-poissons-a-11.html">Les grands principes de la nutrition des poissons</a>, Aqualog.</li>
<li><a href="https://revues.cirad.fr/index.php/cahiers-agricultures/article/view/30777/30537">Les sources protéiques dans les aliments pour les poissons d&rsquo;élevage</a>, Françoise Médale, Sadasivam Kaushik</li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/1931/publication-5899.pdf">Valeur alimentaire du poisson de mer des crustacés et mollusques marins comestibles</a>,  Gustave Hinard</li>
<li><a href="https://ciqual.anses.fr/">Ciqual (anses.fr)</a> (composition nutritive des aliments)</li>
<li><a href="https://www.feedspectrum.com/nutriti">Facts About Fish Nutrition </a>&#8211;  New Life Spectrum </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/281456067_Tamaru_and_Ako_109_USING_COMMERCIAL_FEEDS_FOR_THE_CULTURE_OF_FRESHWATER_ORNAMENTAL_FISHES_IN_HAWAI'I">Using commercial feeds for the culture of freshwater ornamental fishes in hawaï</a>, Clyde S. T amaru</li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/226118713_Feeding_Electivity_Indices_in_Surgeonfish_Acanthuridae_of_The_Florida_Keys">Feeding Electivity Indices in Surgeonfish (Acanthuridae) of The Florida Keys</a>, G. Christopher Tilghman &#8211; 01/2001</li>
<li><a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers11-10/010018552.pdf">Régimes alimentaires et réseaux trophiques, Les poissons des eaux continentales africaines</a>,  Didier Paugy, Christian Lévêque</li>
<li><a href="https://hal.science/hal-01019139/">Des aliments à base de végétaux pour les poissons   d&rsquo;élevage</a>,  Françoise Médale, Richard Le Boucher, Mathilde Dupont-Nivet, Edwige Quillet, Joël Aubin, et al &#8211;  INRA Productions Animales, 2013, 26   (4), pp.303-316. </li>
<li><a href="https://productions-animales.org/article/view/3593/11399">Domestication et fonction nutrition chez les poissons</a>, Chantal Cahu &#8211; Ifremer, 2004</li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/2006/rapport-2086.pdf">Nutrition, digestion et développement    des larves de crevettes et poissons marins</a>,  Chantal Cahu &#8211; Université de Bretagne Occidentale,- Ifremer- 06/2006</li>
<li>Nutrition et alimentation des poissons et crustacés, J. Guillaume, S. Kaushik, P. Bergot, R. Métailler &#8211; Ifremer 1999</li>
<li><a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2006sa0035Ra.pdf">Consommation des poissons, mollusques et crustacés : aspects nutritionnels et sanitaires pour l&rsquo;Homme</a>, </li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/00487/59912/63093.pdf">Poissons de manche et sud mer du nord courbes de croissance en longueur totale et poids entier âge de maturité sexuelle</a> &#8211; IFREMER</li>
<li> <a href="https://www.ocl-journal.org/articles/ocl/pdf/2010/04/ocl2010174p209.pdf">Les lipides des poissons d&rsquo;aquaculture et leurs facteurs de variation</a>, Stéphanie Fontagné-Dicharry,   Françoise Médale &#8211; OCL VOL. 17 N° 4 07/2010</li>
<li> <a href="https://hal.inrae.fr/hal-02662628/document">Pratiques d&rsquo;élevage et qualité nutritionnelle des lipides des poissons</a>, Françoise Médale &#8211; INRA 09/2010</li>
<li><a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_6/divers1/010025474.pdf">Couverture des besoins énergétiques    des poissons tropicaux    en aquaculture</a>, Yann MOREAU &#8211; Thèse Univesité Aix-Marseille, 02/2001</li>
<li> <a href="https://coastfish.spc.int/News/MRC/11/RMC11.pdf#page=19">Aptitude à l&rsquo;élevage des post-larves de poissons   coralliens</a>, Patrick Durville1, Pierre Bosc, René Galzin, Chantal Conand &#8211; Ressources marines et commercialisation , 09/2003</li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/00712/82434/87257.pdf">L&rsquo;élevage de l&rsquo;ombrine (Sciaenops ocellata)   en Martinique :   II &#8211; Grossissement   en cages flottantes</a> J.C. Falguiere, B.Rosine, E.Goyard &#8211; Ifremer , 1992</li>
<li><a href="https://borea.mnhn.fr/sites/default/files/thèse_Marie_Robert.pdf">Développement d&rsquo;hydrolysats pour l&rsquo;alimentation des   animaux d&rsquo;aquaculture : caractérisation moléculaire et   fonctionnelle</a>, Marie Robert &#8211; Thèse, Université de Caen 11/2014
  </li>
</ul>
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		<title>Calculateur Nourriture des poissons marins d&#8217;aquarium</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2024 22:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Calculateurs]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[calculateur]]></category>
		<category><![CDATA[marin]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[nutriment]]></category>
		<category><![CDATA[poisson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Calcul des composants nutritionnels d&#8217;une recette de nourriture. Mode d&#8217;emploi du calculateur Ce calculateur exploite des données issues de l&#8217;aquaculture, généralement intensive, de poissons marins carnivores d&#8217;eaux froides. Il est adapté pour un contexte d&#8217;aquariophilie marine tropicale de poissons adultes dont la croissance est stabilisée, avec l&#8217;activité permise dans un milieu captif, à une température [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Calcul des composants nutritionnels d&rsquo;une recette de nourriture.</p>
<h2>Mode d&#8217;emploi du calculateur</h2>
<p class="align-j">Ce calculateur exploite des données issues de l&rsquo;aquaculture, généralement intensive, de poissons marins carnivores d&rsquo;eaux froides. Il est adapté pour un contexte d&rsquo;aquariophilie marine tropicale de poissons adultes dont la croissance est stabilisée, avec l&rsquo;activité permise dans un milieu captif, à une température tempérée.</p>
<ol>
<li>Renseigner le <strong>régime alimentaire</strong> des poissons (omnivore, herbivore ou carnivore stricts&#8230;).</li>
<li>Renseigner  (cases jaunes) <strong>l&rsquo;aliment</strong>, ou un aliment similaire de la liste.</li>
<li>Renseigner le <strong>poids</strong> de l&rsquo;aliment. </li>
<li>S&rsquo;affichent le pourcentage de macronutriments (protéines, lipides, glucides et le taux de fibres ainsi que le taux de vitamines et minéraux de la recette.</li>
<li>Ajuster si besoin la recette pour répondre aux valeurs recommandées.<br />
    Nota : un taux de protéines important ne peut être obtenu qu&rsquo;avec des ingrédients hautement protéinés (farines de poissons).<br />
  Un taux plus faible sera compensé par une ration plus importante répartie au cours de la journée.</li>
<li>Renseigner le <strong>poids des poissons</strong> vifs (biomasse) au moyen du calculateur <a href="https://reeflexion.fr/calculateur-poids-poissons-marins-aquarium/">Poids des poissons  marins d&rsquo;aquarium</a>.</li>
<li>Renseigner le <strong>taux de protéines</strong> quotidien souhaité selon le cas. <br />
  La recommandation concerne le régime alimentaire sélectionné, dans les conditions énumérées ci-dessus. </li>
<li>S&rsquo;affiche le poids, humidité incluse, de la <strong>ration quotidienne</strong> correspondant à la recette.</li>
<li>Pour info, le taux d&rsquo;alimentation correspond au poids quotidien d&rsquo;aliments par rapport au poids vif.<br />
    Cet indicateur d&rsquo;aquaculture  perd son intérêt  en aquariophilie, compte tenu du taux d&rsquo;humidité très variable des  recettes.
  </li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour de plus amples renseignements consulter l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-aquarium/">Alimentation des poissons marins en aquarium</a>.</p>
<h2>Calculateur</h2>
<p>Conçu pour écran PC. Contactez moi pour inclure un ingrédient de composition définie.</p>
<div style="text-align:center">
  <!-- https important --><br />
  <iframe  width="650" height="1400" border="0" frameborder="0" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/calc_nourriturepoissons/nourriture/nourriture.htm"></p>
<p>Your browser does not support iframes.</p>
<p>  </iframe>
</div>
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		<item>
		<title>Alimentation des poissons marins en milieu naturel</title>
		<link>https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-milieu-naturel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Feb 2024 22:43:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[lipide]]></category>
		<category><![CDATA[marin]]></category>
		<category><![CDATA[nutriment]]></category>
		<category><![CDATA[poisson]]></category>
		<category><![CDATA[proteine]]></category>
		<category><![CDATA[regime alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[sauvage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme tout animal, les organismes marins font de la quête de nourriture l&#8217;une de leurs activités essentielles. En effet, leurs besoins nutritionnels conditionnent leur croissance, leur reproduction et leur survie. Chaque espèce, du plus petit planctonophage au plus grand prédateur, a développé des exigences en nutriments. Des protéines de qualité aux acides gras essentiels, ces [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Comme tout animal, les organismes marins font de la quête de nourriture l&rsquo;une de leurs activités essentielles.  En effet, leurs besoins nutritionnels conditionnent  leur croissance, leur reproduction et leur survie. Chaque espèce, du plus petit planctonophage au plus grand prédateur, a développé des exigences  en nutriments. Des  protéines de qualité aux acides gras essentiels, ces créatures marines dépendent d&rsquo;une alimentation spécifique pour soutenir leurs processus biologiques complexes et maintenir leur équilibre. Cet article évoquera les besoins nutritionnels des poissons marins tropicaux,  comment ils façonnent leur comportement, leur santé. Cet autre article <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-aquarium/">Alimentation des poissons marins en aquarium</a> expose plus spécifiquement les conditions liées au milieu captif.</p>
<h2>1. La chaîne alimentaire marine</h2>
<p> En milieu marin, les poissons dépendent  des ressources alimentaires naturelles présentes dans leur environnement&nbsp;: plancton,  invertébrés marins, poissons plus petits&#8230; La disponibilité de ces ressources  influence directement leur nutrition. Tantôt consommateurs et tantôt consommés, ils sont des maillons de la chaîne alimentaire. Cette dernière définit les relations de nutrition entre les espèces   et illustre la manière dont l&rsquo;énergie et les nutriments se déplacent à travers les différents niveaux trophiques.  Les interactions  dynamiques entre les trois niveaux trophiques&nbsp;: producteurs, consommateurs et  décomposeurs (figure 1) sont complexes. Leur hiérarchie peut être simplifiée ainsi &nbsp;:</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/plancton.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/plancton.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Zooplancton, constitué d&rsquo;une variété d&rsquo;animaux, un consommateur primaire, base de la nutrition des poissons consommateurs secondaires.</figcaption><div class="copyright">NOAA Fisheries.</div>
</figure>
<ol>
<li> <strong>Producteurs primaires</strong> :  c&rsquo;est la base de la chaîne alimentaire marine,&nbsp; constituée&nbsp; des organismes autotrophes en mesure de produire leurs propres nutriments par photosynthèse. Il s&rsquo;agit essentiellement du <strong>phytoplancton</strong> constitué des micro-organismes   en suspension  dans l&rsquo;eau tels que diatomées,  dinoflagellés,  cyanobactéries, d&rsquo;<strong>algues</strong> et plus localement de quelques <strong>plantes</strong> (posidonies, zostères). </li>
<li> <strong>Consommateurs</strong> : organismes  se nourrissant d&rsquo;autres organismes. Ils occupent différents niveaux trophiques dans la  hiérarchie de la chaîne alimentaire  :
<ol>
<li> <strong>Consommateurs primaires </strong>: ils se nourrissent  directement de la production primaire dont les algues ne constituent qu&rsquo;une partie. Il s&rsquo;agit essentiellement du <strong>zooplancton</strong> (copépodes, méduses, larves de crustacés et poissons, krill), des <strong>échinodermes</strong> (oursins), des <strong>mollusques</strong> (gastéropodes, moules, huitres), de <strong>petits poissons</strong> partiellement alguivores (siganidés, chirurgiens, nasons, poissons-perroquets).</li>
<li> <strong>Consommateurs secondaires (carnivores, zoophages) :</strong> Ces <strong>petits prédateurs</strong> se nourrissent de zooplancton, de petits poissons et autres organismes herbivores. Il s&rsquo;agit de  <strong>petits poissons</strong> (anchois, sardines, harengs), échinodermes  (étoiles de mer), <strong>crustacés</strong> (crevettes). </li>
<li><strong>Consommateurs tertiaires</strong> : ces <strong>prédateurs intermédiaires</strong>&nbsp; consomment  petits poissons, crustacés et  d&rsquo;autres prédateurs intermédiaires. On y trouve les <strong>poissons benthiques</strong> (poissons-scorpion, congre, murène), inféodés au récif (mérous, poisons perroquet, balistes) ou <strong>pélagiques</strong> (maquereaux, barracudas, caranges, thons) ainsi que  les céphalopodes (calmars, pieuvres).<br />
      On peut inclure les oiseaux marins, prédateurs de  poissons. Leurs déjections   produites par de fortes colonies côtières  enrichissent l&rsquo;environnement en nutriments, participant à la croissance locale d&rsquo;algues  et de phytoplancton. </li>
<li><strong>Grands prédateurs :</strong> ils occupent le niveau trophique supérieur, se nourrissant de prédateurs intermédiaires ou petits. Il s&rsquo;agit des  <strong>mammifères marins</strong> (orques,  cachalots), de <strong>grands poissons</strong> (requins, thons, espadons), d&rsquo;invertébrés (calamar géant).
      </li>
</ol>
</li>
<li><strong>Décomposeurs :</strong> ils incluent ceux qui mangent (invertébrés détritivores) et qui décomposent (bactéries aérobies,  champignons) les matières organiques  mortes, les sécrétions d&rsquo;autres organismes, et  les minéralisent sous forme de nutriments azotés, phosphorés et minéraux. Ces éléments retournent dans l&rsquo;écosystème marin, de nouveau  disponibles pour les producteurs primaires.</li>
</ol>
<p>Dans cette chaîne alimentaire naturelle  l&rsquo;impact de l&rsquo;Homme n&rsquo;est plus négligeable. Sa surpêche  épuise des stocks de poissons, mettant en péril les espèces dépendantes. Ses activités polluantes, contribuent aux perturbations climatiques, amplifiant encore les déséquilibres qu&rsquo;il a initiés, sans aucun profit pour le monde animal.</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 1 : Réseaux trophiques en milieu marin</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/chaine-alimentaire.jpg" data-ipsLightbox><img alt="chaine alimentaire marine"  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/chaine-alimentaire.jpg"></a> </figure>
<h2>2. Régimes alimentaires  des poissons marins en milieu naturel</h2>
<p class="align-j">Equilibre des écosystèmes marins et nutrition des poissons  sont étroitement liés&nbsp;: Les poissons  contribuent au contrôle des populations d&rsquo;autres espèces, et la disponibilité en nourriture leur permet de maintenir leur position dans la chaîne alimentaire.</p>
<h3>2.1. Différents régimes alimentaires</h3>
<p class="align-j"> Les régimes alimentaires des poissons sont variés selon l&rsquo;espèce, leur habitat et  leur stade de vie. On distingue principalement&nbsp;les régimes suivants :</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/maquereau.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/maquereau.jpg"></a><figcaption class="figlegende">En banc serré, ces maquereaux des Indes <em>Rastrelliger kanagurta</em> avancent gueules grandes ouvertes en quête du zooplancton de Mer Rouge.</figcaption></figure>
<ul>
<li><strong>Planctonivores</strong>
<ul>
<li><strong>Alimentation</strong> : Leur alimentation consiste  en phytoplancton, zooplancton et des matières organiques inertes en suspension.</li>
<li><strong>Habitat</strong> :  variable,  dans les zones pélagiques, les remontées de courants de fond,  les zones côtières où le plancton se concentre.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Détritivores</strong>
<ul>
<li><strong>Alimentation</strong> :  organismes en décomposition déposés dans les anfractuosités des substrats rocheux. En milieu marin ils exploitent plutôt les déchets inclus entre et sur les grains de sable (limivores) comme le font certains gobies, les raies, parfois les mulets.</li>
<li><strong>Habitat</strong> :   souvent associés aux fonds marins, les zones de sédimentations et les récifs coralliens rocheux chargés de débris organiques et de particules alimentaires.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Herbivores, alguivores</strong>
<ul>
<li><strong>Alimentation</strong> : principalement à base de végétaux, d&rsquo;algues et d&rsquo;animalcules. Le broutage des algues   (ex. labres,  poissons-lapin) permet de capturer également  des nourritures carnées constituées de petits invertébrés, et  des matières organiques particulaires, ce qui impose de relativiser la notion d&rsquo;alguivore : les alguivores sont bien souvent des omnivores.</li>
<li><strong>Habitat</strong> :  associés aux zones riches en végétation marine, les substrats rocheux des zones  côtières, les récifs,  les herbiers.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Omnivores</strong>
<ul>
<li><strong>Alimentation</strong> : opportunistes,  leur alimentation est mixte, végétale et animale. Leur préférence peut être indifférente ou avec une certaine préférence (mulet…). Ils représentent l&rsquo;essentiel des poissons, même ceux qui pourraient donner l&rsquo;impression d&rsquo;être spécialisés. O<span class="align-j">n évoque plutôt la tendance à appartenir à une   catégories, par exemple &quot;omnivore à tendance alguivore&quot;.</span> Par exemple les Balistes ingèrent algues,  crustacés et  petits poissons, les poissons-chirurgiens se nourrissent d&rsquo;algues, de débris organiques et parfois d&rsquo;invertébrés, certains poissons-anges s&rsquo;alimentent d&rsquo;éponges, d&rsquo;algues, de polypes de coraux et de petits invertébrés. </li>
<li><strong>Habitat</strong> :  ils occupent une variété d&rsquo;habitats :  récifs coralliens, zones rocheuses,  herbiers marins et zones intertidales. </li>
</ul>
</li>
<li><strong>Carnivores</strong>
<ul>
<li><strong>Alimentation</strong> : ils s&rsquo;alimentent  d&rsquo;autres poissons (piscivores) et d&rsquo;invertébrés (crustacés, mollusques). Par exemple véritables prédateurs, les bars, barracudas, scorpénidés, chassent principalement d&rsquo;autres poissons. Les saumons, les thons  se nourrissent de petits poissons, calamars et  crevettes. Les requins chassent poissons,  phoques,  calamars et d&rsquo;autres animaux marins, les daurades apprécient les mollusques, <br />
        Au sommet de la pyramide alimentaire, ils ont besoin d&rsquo;une grande quantité de proies issues des niveaux trophiques inférieurs. Leur présence est donc le signe d&rsquo;une forte biodiversité.<br />
        Bien que se nourrissant essentiellement de chair animale, les carnivores  obtiennent des nutriments d&rsquo;origine végétale à partir du contenu du tube digestif de leurs proies parfois chargées d&rsquo;éléments organiques issus du phytoplancton et du zooplancton.</li>
<li><strong>Habitat</strong> : ils occupent des espèces où la proie est abondante : récifs coralliens,  zones rocheuses,  estuaires,  mangroves ainsi que les zones pélagiques où ils peuvent chasser  poissons plus petits, crustacés et céphalopodes. </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>2.2. Le régime alimentaire d&rsquo;une espèce peut	évoluer </h3>
<p class="align-j">En effet, on  peut constater une certaine variabilité dans le régime alimentaire au sein d&rsquo;une même espèce, en fonction de plusieurs facteurs  essentiellement liés à la disponibilité des proies, par exemple&nbsp;:</p>
<ol>
<li><strong>Stade de développement :</strong> Le poisson a  des besoins nutritionnels différents à ses différents stades  vie, juvénile ou adulte. La larve d&rsquo;un poisson herbivore pouvant s&rsquo;alimenter en zooplancton. Proportionnellement à sa biomasse, en période de croissance le  besoin est très supérieur en quantité et qualité énergétique. </li>
<li> <strong>Migration :</strong> <span class="align-j">selon les saisons, certaines espèces migrent   en suivant les courants océaniques, entre  différents écosystèmes, pour trouver des zones de reproduction, de nourrissage riches en proies, ou de repos.  A</span>u long de leur parcours et sur place, ils doivent  ajuster temporairement leurs besoins nutritionnels selon la disponibilité des proies.
  </li>
<li> <strong>Concurrence alimentaire :</strong> la concurrence alimentaire peut conduire à des ajustements dans le régime alimentaire pour éviter la compétition directe. </li>
<li><strong>Facteurs environnementaux :</strong> Des changements dans les conditions environnementales telles que la température de l&rsquo;eau, la salinité, et la qualité de l&rsquo;eau influencent la distribution des proies et, par conséquent, le régime alimentaire des poissons.
<ul>
<li><strong>Les courants océaniques</strong> déplacent les masses d&rsquo;eau, redistribuant ainsi les larves, le plancton et d&rsquo;autres proies. Les <strong>courants issus des eaux profondes</strong> riches en nutriments  (upwelling)  sont propices à la croissance du phytoplancton. Les  herbivores ou  planctonivores peuvent ainsi ajuster leur régime alimentaire pour tirer parti de l&rsquo;abondance  de ces proies. </li>
<li><strong>La saison</strong> : En hiver certaines espèces réduisent leur activité alimentaire. Les poissons  se déplacent vers des zones plus profondes dont la température est plus stable et  la disponibilité des proies,  différente de la surface. Au printemps les poissons   profitent de  la disponibilité des larves, des petits crustacés et  zooplanctons.</li>
<li><strong>Les conditions météorologiques</strong> :  les tempêtes, les précipitations entraînent le ruissellement des nutriments vers les écosystèmes marins, stimulant la croissance de phytoplanctons.  </li>
</ul>
</li>
</ol>
<h2>3. Morphologies liées aux régimes alimentaires</h2>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/12-requin-mako.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/12-requin-mako.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Requin mako, une dentition de carnivore.</figcaption><div class="copyright"><a href="https://animauxmarins.fr/requins/gros-plan-dent-de-requin/">Animaux marins</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Les poissons marins ont développé des adaptations physiologiques de capture, d&rsquo;ingestion, de digestion et d&rsquo;assimilation des proies, pour répondre aux variations nutritionnelles dans leur environnement. Certains peuvent migrer sur de longues distances à la recherche de zones riches en nutriments, tandis que d&rsquo;autres ont des régimes alimentaires spécifiques selon les saisons ou les conditions environnementales.</p>
<ul>
<li>Un estomac<br />
    puissant permet de traiter des viandes,  un petit estomac suffit à traiter de petites quantités plus fréquentes.</li>
<li> L&rsquo;intestin peut être court compte tenu de la bonne digestibilité des viandes permettant de consommer des quantités substantielles  de nourriture à de fréquences espacées. Un intestin  long s&rsquo;impose pour la digestion plus lente des aliments fibreux. Ces fibres  jouent plusieurs rôles dans la nutrition. Elles stimulent l&rsquo;activité intestinale,  favorisent la croissance de bactéries bénéfiques à la digestion, préviennent la constipation en améliorant le transit intestinal. Certaines fibres sont également fermentées dans le côlon, produisant des acides gras à chaîne courte, source d&rsquo;énergie.</li>
</ul>
<p class="align-j">Cet éventail de situations se résume  en général à cinq catégories (tableau 2).</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:95%;">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Morphologie adaptée aux régimes alimentaires<br />
  </caption>
<tr>
<th width="10%">Régime</th>
<th width="40%" align="center"><strong>Bouche</strong></th>
<th align="center"><strong>Dentition</strong></th>
<th width="12%" align="center"><strong>Estomac-<br />
      Intestin</strong></th>
</tr>
<tr>
<td><strong>Carnivore</strong></td>
<td align="left">Très variable selon les proies</p>
<ul>
<li> Terminale ou inférieure&nbsp;:    proies en pleine haut ou proches de la surface. </li>
<li> Large et extensible : proies de grande taille.</li>
<li>Supérieure  : poissons statiques à l&rsquo;affut.</li>
<li>Protactile : surprendre les proies</li>
<li>Etroite et allongée :    capture dans des fissures.</li>
</ul>
</td>
<td align="left">
<ul>
<li>Pointue pour perforer, saisir et retenir leurs  proies,</li>
<li>Acérée pour déchirer la chair.</li>
<li>Plate : quand il s&rsquo;agit de broyer des mollusques (moules, escargots&#8230;).</li>
</ul>
</td>
<td align="center">Gros-Court</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Herbivore</strong></td>
<td align="left">
<ul>
<li>Bec ou lèvres larges pour brouter, arracher ou couper les végétaux.</li>
<li>Orientée vers le bas pour un meilleur accès aux algues.</li>
</ul>
</td>
<td align="left">Plate ou en  peigne : râcler les surfaces dures et extraire les algues.</td>
<td align="center">Petit-Long</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Détritivore</strong></td>
<td align="left">
<ul>
<li> Inférieure : capture de proies de fond, parfois pourvue de barbillons sensoriels de détection des particules.</li>
<li>Rostre : capturer dans les anfractuosités</li>
</ul>
</td>
<td align="left">
<p><strong> </strong> Plate ou en  brosse : rassembler et consommer débris organiques,  particules et algues  sur les surfaces.</p>
</td>
<td align="center">Petit-Long</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Omnivore</strong></td>
<td align="left"> En général terminale,  capable de gérer une gamme de proies et de matières végétales.</td>
<td align="left"> Polyvalente : combinaison de dents pointues (capture) et   plates (broyage)</td>
<td align="center">Moyens</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Planctonivore</strong></td>
<td align="left"> Large pour filtrer le plancton, parfois  dotée de structures de filtration (fanons branchiaux).</td>
<td align="left"> Peu développée</td>
<td align="center">Moyen-Long</td>
</tr>
</table>
<h2>4. Macronutriments : rôles et sources alimentaires</h2>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-parupenus.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Poisson rouget"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-parupenus.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Les rougets limivores du genre <em>Parupenus </em> fouinent la surface du sable avec leurs barbiches et s&rsquo;enfoncent profondément pour en extraire les particules nutritives.</figcaption></figure>
<h3> 4.1. Dépenses d&rsquo;énergie chez les poissons</h3>
<p> Le monde vivant dépense au quotidien de l&rsquo;énergie pour le fonctionnement de ses processus biologiques. Les dépenses énergétiques du poisson  sont nettement inférieures à celle des vertébrés supérieurs terrestres. Ceci est dû à leur flottabilité qui limite le travail musculaire quasi nul à l&rsquo;état de repos, et au fait qu&rsquo;ectothermes, ils ne produisent pas ou peu de chaleur. Il en est autrement en période de croissance durant laquelle les dépenses énergétiques sont beaucoup plus importantes, similaires aux vertébrés terrestres.</p>
<h3>4.2. Sources d&rsquo;énergie : les macronutriments PLG</h3>
<p class="align-j">Comme tous les animaux, les poissons tirent leur énergie de trois types de molécules, formant l&rsquo;organisme, les macronutriments&nbsp;: <strong>protéines</strong>, <strong>lipides</strong> et <strong>glucides</strong>. Leur digestion  assurée par des   enzymes similaires à ceux des mammifères,    conduit aux mêmes molécules, respectivement&nbsp;: les acides aminés, les acides gras et les sucres simples. Les principales sources d&rsquo;énergie des poissons sont les protéines et lipides et dans une moindre mesure les glucides. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;humain, qui consomme essentiellement le filet du poisson,  a l&rsquo;habitude d&rsquo;évoquer les pourcentages des macronutriments dans les poissons selon le contenu de leurs muscles (tableau 2).	 C&rsquo;est une vision de consommateur, elle ne reflète pas toujours la répartition et la quantité des sources d&rsquo;énergie  dans le poisson. </p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:80%; max-width: 600px">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 2 : Macronutriments dans les muscles (filets) des poissons<br />
  </caption>
<tr>
<th width="10%">Molécules</th>
<th width="45%">Constituants</th>
<th>Concentration</th>
</tr>
<tr>
<th>Protéines</th>
<td align="center">Matières azotées (acides aminés)</td>
<td align="center">16 à 22&nbsp;%<br />
      moyenne 18,5&nbsp;% <br />
      extrêmes  6 à 28&nbsp;%</td>
</tr>
<tr>
<th>Lipides</th>
<td align="center">Matières grasses (acides gras)</td>
<td align="center">0,2 à 25&nbsp;%<br />
      extrêmes 0,1 à 67 %</td>
</tr>
<tr>
<th>Glucides</th>
<td align="center">Matières hydrocarbonées (sucres)</td>
<td align="center">&lt;&nbsp;0,5&nbsp;%</td>
</tr>
</table>
<p>Les processus d&rsquo;assimilation des invertébrés terrestres sont en grande partie extrapolables aux poissons. La protéine du poisson a sensiblement   la même composition élémentaire que celle des animaux à sang chaud (16&nbsp;% d&rsquo;azote) avec un pouvoir calorifique  à peine plus élevé. Toutefois leur aptitude  à digérer les macronutriments,  variable   selon l&rsquo;espèce, n&rsquo;est pas la même : les   poissons digèrent très bien les protéines alimentaires, de façon plus variable les   lipides (les lipides saturés, solides à basse température étant mal digérés) et de   façon médiocre, quoique très variable selon les espèces, certains glucides complexes issus des algues.</p>
<p>Les poissons sont constitués essentiellement d&rsquo;eau (70 à 80&nbsp;%). Elle n&rsquo;est pas source d&rsquo;énergie mais, bien plus qu&rsquo;un simple milieu dans lequel évoluent les poissons. Elle joue des rôles fondamentaux dans les processus biologiques et physiologiques. Parmi lesquels le transport des nutriments et l&rsquo;élimination des déchets  sous forme d&rsquo;ammoniac par leurs branchies. Sa qualité  est  cruciale pour assurer la santé et la prospérité des populations de poissons.</p>
<h4>4.2.1. Protéines</h4>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-requin-baleine.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-requin-baleine.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Le requin baleine, zoo planctonivore, doté de dents minuscules, ne peut que filtrer le plancton (1&nbsp;t/j) dont des microcrustacés  (krill).</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les protéines sont des macromolécules biologiques dont la structure tridimensionnelle complexe est constituée par l&rsquo;agencement de séquences d&rsquo;une ou plusieurs chaînes (briques élémentaires) <strong>d&rsquo;acides aminés</strong>.  Les protéines étant le macronutriment le plus facilement digéré, les acides aminés (azotés) qui les constituent majoritairement, sont  des nutriments essentiels  pour  la production d’énergie.  Cependant, une partie de l&rsquo;énergie peut également être puisée dans les lipides si les protéines devaient diminuer.<br />
La chair des animaux marins est donc avant tout une source d&rsquo;azote, élément essentiel de la structure des protéines. Celle de   nombreux  poissons est presque uniquement constituée de matières protéiques (protides)  sous la forme d&rsquo;un gel colloïdal gorgé d&rsquo;eau. </p>
<h5>Rôle des  acides aminés</h5>
<p> Les protéines interfèrent dans de nombreux processus biologiques étant étroitement liés à la structure tridimensionnelle formée par les acides aminés. Parmi les fonctions impliquées &nbsp;:</p>
<ul>
<li> <strong>Synthèse des protéines</strong>&nbsp;: les AA  contribuent à la formation des cellules (tissus,  synthèse des organes) à leur croissance, au développement durant la vie et plus particulièrement  au satde larvaire, et au maintien des tissus. Ils sont nécessaires à la synthèse des protéines musculaires, des enzymes, des hormones et d&rsquo;autres protéines fonctionnelles.</li>
<li><strong>Production d&rsquo;énergie</strong>&nbsp;: décomposés pour produire de l&rsquo;énergie. Cela est particulièrement important dans des situations de stress, comme lors de changements de température, de salinité ou d&rsquo;autres conditions environnementales.</li>
<li><strong>Fonction musculaire</strong>&nbsp;: contraction et  mouvement des muscles. </li>
<li><strong>Système immunitaire</strong>&nbsp;: certains AA jouent un rôle important dans le soutien du système immunitaire contre les infections et les maladies (agents pathogènes,  cicatrisation des plaies&#8230;).</li>
<li> <strong>Transport des nutriments</strong>&nbsp;: intracellulaires,  oxygène dans le sang, dans les intestins.</li>
<li> <strong>Réactions chimiques métaboliques</strong> : digestion des aliments, production d&rsquo;énergie.</li>
<li><strong>Osmorégulation</strong>&nbsp;: participent à la régulation osmotique, aidant les poissons à maintenir l&rsquo;équilibre hydrique dans leur corps.</li>
<li><strong>Adaptation  à l&rsquo;environnement</strong>&nbsp;: salinité,  eaux froides. </li>
<li> <strong>Pigmentation</strong>&nbsp;: formation de pigments, qui peuvent influencer la couleur et la pigmentation des poissons marins. </li>
</ul>
<h5>Sources des acides aminés</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;énumération qui précède suffit à prendre conscience de l&rsquo;importance des apports protéiniques. Les acides aminés sont tous indispensables à des degrés divers selon les fonctions : synthèse des protéines, croissance,  reproduction,  développement, réparation tissulaire, immunité&#8230; Cependant, les poissons marins ne peuvent pas produire tous les acides aminés nécessaires. Les acides aminés dits essentiels, ne sont pas synthétisés par le poisson et doivent être impérativement fournis par l&rsquo;alimentation.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:80%; max-width: 600px">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 3 : Acides aminés<br />
  </caption>
<tr>
<th width="12%" height="15%">AA</th>
<th width="40%">Rôle</th>
<th>Sources</th>
</tr>
<tr>
<th align="center">10 AA<br />
      Essentiels</th>
<td>Arginine, Histidine, Isoleucine, Leucine, Lysine, Méthionine, Phénylalanine, Thréonine, Tryptophane, Valine. </td>
<td>Toutes formes d&rsquo;alimentation  naturelle&nbsp;: essentiellement algues, puis  poissons,  gastéropodes (escargots), bivalves (moules, huîtres, coquilles Saint-Jacques), céphalopodes (calmars,  seiches), crustacés (crevettes, crabes&#8230;), plancton (krill), faune benthique (vers)&#8230;</td>
</tr>
<tr>
<th align="center">AA<br />
      Non essentiels</th>
<td>Alanine, Asparagine, Aspartate (acide aspartique),      Cystéine, Glutamate (acide glutamique), Glutamine, Glycine, Proline, Serine, Tyrosine</td>
<td> Synthétisés par le poisson à partir des autres AA essentiels</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">Les poissons carnivores en milieu naturel répondent à des besoins nutritionnels élevés en protéines. La manière dont ils subviennent à leurs besoins est   complexe et non entièrement comprise. Les  carnivores  compenseraient leurs besoins nutritionnels en ajustant la quantité de nourriture consommée. Cela signifie qu&rsquo;ils peuvent avoir besoin de manger plus fréquemment ou en plus grande quantité pour obtenir les nutriments nécessaires, y compris les protéines,  si la proie individuelle ne répond pas aux exigences.</p>
<h4>4.2.2. Lipides</h4>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-labre.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-labre.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Les dents pointues en peigne de nombreux labres omnivores oportunistes leur permet de racler les algues rases ainsi que les animalcules et détritus qui s&rsquo;y trouvent.</figcaption><div class="copyright"><a href="https://www.tetiaroasociety.org/fr/nature-notes/les-poissons-herbivores-et-le-recif-corallien">Tetiaroa Society</a></div>
</figure>
<h5>Rôle des lipides</h5>
<p class="align-j">La chair des   poissons  contient une proportion plus ou moins abondante de matières grasses, celle   des crustacés et des mollusques étant généralement très pauvre. Les lipides sont également<strong> source d&rsquo;énergie</strong>. Il s&rsquo;agit des graisses parmi lesquelles les acides gras essentiels oméga-3 et potentiellement oméga-6 que le poisson ne sait pas fabriquer, indispensables pour <strong>synthétiser les autres AG</strong> et essentiels à la synthèse d&rsquo;hormones et à la structure des membranes cellulaires.  Les phospholipides interviennent dans les transports intracellulaires, sur la structure et  la flexibilité des membranes en fonction de la température et de la pression hydraulique.</p>
<p class="align-j">La teneur en lipides varie de manière importante dans les tissus, essentiellement liée à l&rsquo;alimentation du poisson, selon les espèces : dans le foie (morue, bar), le muscle  (anguille, maquereau, salmonidés), les tissus adipeux sous-cutané (turbot). Les poissons  de consommation humaine sont d&rsquo;ailleurs classés de maigres à gras selon le taux lipidique de leurs muscles (les filets). Cette classification utile pour le consommateur, ne représente en rien les besoins des poissons. Néanmoins, elle  sera  exploitée lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira de réaliser des nourritures pour poissons.</p>
<ul>
<li><strong>Poissons maigres</strong> ou blanc&nbsp;(0,2 à 2&nbsp;% de lipides dans le muscle) : morue, merlu,   merlan, raie, sole, limande, églefin, colin, cabillaud, julienne etc. Ils déposent massivement les lipides dans le tissu hépatique (jusqu&rsquo;à 75% du poids du foie). C&rsquo;est ainsi que les lipides  concentrés dans le foie de la morue représentent 60&nbsp;% d&rsquo;huile,  soit 30&nbsp;% du poids de son corps. C&rsquo;est un poisson maigre, mais globalement très gras.</li>
<li><strong>Poissons intermédiaires</strong> ou mi-gras (2 % à 8 % de lipides) :  rouget, bar, truite, daurade, turbot etc.   Ils déposent les lipides dans le muscle mais aussi dans d&rsquo;autres sites tels que le tissu adipeux péri viscéral, c&rsquo;est le cas des salmonidés</li>
<li> <strong>Poissons gras</strong> (lipides &gt;&nbsp;8&nbsp;% de lipides) : saumon, hareng, sardine, maquereau, anguille etc. Le taux de lipides varie selon  l&rsquo;espèce, la période de frai,&nbsp; &nbsp;l&rsquo;âge. Ainsi la sardine est constituée de 3 % de lipides au stade alevin et 5 à 15&nbsp;% adulte. Les poissons gras sont particulièrement riches en&nbsp; AG&nbsp; oméga 3.</li>
</ul>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-baliste.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Dentition du requin Mako"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-baliste.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Balistoides viridescens</em> ou baliste titan, carnassier, se nourrit de petits poissons et d&rsquo;invertébrés benthiques. Ses puissantes mâchoires brisent les coquilles des mollusques, crustacés, oursins, étoiles de mer et les coraux.</figcaption></figure>
<p class="align-j">
Chez toutes les espèces, la teneur en lipides du muscle augmente avec l&rsquo;âge et la taille des individus alors que la teneur en eau diminue. Les réserves lipidiques musculaires varient également au cours du cycle sexuel, diminuée de 50&nbsp;% chez les saumons avant la ponte.</p>
<h5>Lipides chez les poissons tropicaux </h5>
<p class="align-j">Les espèces des eaux  tempérées exigent moins de graisses. Le besoin des espèces pélagiques ou les plus actives constamment en mouvement (Acanthurus&#8230;) étant plus important  que celles inféodées à un lieu (poissons-clowns, blennies). Une surcharge entraînerait des complications : la mort  à la suite d&rsquo;une dégénérescence graisseuse du foie.</p>
<p class="align-j"> Les poissons sont les principales sources d&rsquo;<strong>acides gras longs polyinsaturés</strong> (AGP) <strong>oméga 3</strong> dans l&rsquo;alimentation humaine. La concentration des AG augmente avec la teneur en lipides de la chair. </p>
<h5>Sources des lipides</h5>
<p class="align-j">Poissons, invertébrés, microalgues   planctoniques fixent les lipides et les  poissons gras, le krill, les bivalves, tout comme les algues : des  acides gras polyinsaturés omega-3.
</p>
<h4>4.2.3. Glucides</h4>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-poisson-perroquet.jpg" data-ipsLightbox><img alt="Poisson perroquet"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourriture-mer/11-poisson-perroquet.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Scarus ferrugineus, un poisson-perroquet herbivore dont la forte dentition permet de racler le substrat et les algues qui le colonisent, et accessoirement de grignoter du corail.</figcaption><div class="copyright"><a href="https://www.goodplanet.info/2016/04/07/diminuer-peche-poisson-perroquet-sauver-recifs-coralliens/">Tarik TINAZAY</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Peu présents chez les poissons, un excès de sucres lents  et rapides   entraine la dérégulation de la glycémie, une hypertrophie du foie, un ralentissement de la croissance etc. Les glucides constituent peu d&rsquo;intérêt, leur taux doit rester faible.</p>
<p class="align-j">En tant qu&rsquo;aliments des poissons, chez les mollusques l&rsquo;aliment de réserve n&rsquo;est plus l&rsquo;huile mais le glycogène accumulé dans le foie et variable (8 à 2&nbsp;% chez les huitres en fin de frai).  La chair des   crustacés en contient une petite quantité. Ainsi, avec quelques poissons  herbivores qui tirent une partie de leur énergie des algues, le taux de glucides est plus élevé chez  les espèces consommatrices de mollusques riches en glycogène (daurade, baliste&#8230;). </p>
<h5>Sources de glucides</h5>
<p class="align-j">Végétaux, algues, mollusques, carapace chitineuse des crustacés</p>
<h2>5. Micronutriments essentiels : minéraux, vitamines</h2>
<h3>5.1. Minéraux</h3>
<p class="align-j">Les poissons assimilent les macro-minéraux (Ca, Na, K, Cl) et les oligoéléments (Mg, I,  Fe, Zn,  Cu, Mn, Se), essentiels pour leurs fonctions physiologiques. Les minéraux dissous dans l&rsquo;eau, absorbés par les branchies, sont  la source principale.  La  nourriture pouvant compléter, notamment en cas de variation des paramètres environnementaux. Le poisson assure une certaine régulation même en cas de dérive supérieure, mais ceci dans une certaine limite.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:95%; ">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 4 : Rôles et sources des minéraux chez les poissons marins<br />
  </caption>
<tbody>
<tr>
<th width="15%" scope="col">Minéraux</th>
<th scope="col">Rôle</th>
<th scope="col">Sources</th>
</tr>
<tr>
<th>Calcium</th>
<td>Formation des os et  écailles, fonctionnement des muscles,  transmission nerveuse et  coagulation sanguine. </td>
<td>Sardines (arêtes), saumon, crevettes, krill, huîtres, algues.</td>
</tr>
<tr>
<th>Phosphore</th>
<td>C&rsquo;est l&rsquo;élément le plus important pour de nombreux processus métaboliques du poisson&nbsp;: formation de l&rsquo;ADN, de l&rsquo;ARN, des os, production d&rsquo;énergie&#8230;</td>
<td>Poissons gras (saumon, thon, morue), moules, crevettes, krill, algues. </td>
</tr>
<tr>
<th>Sodium</th>
<td>Equilibre osmotique et  régulation de l&rsquo;eau, essentiellement assimilé   à partir de l&rsquo;eau de mer.</td>
<td>Composant de tous les organismes marins.</td>
</tr>
<tr>
<th>Potassium</th>
<td>Equilibre osmotique et ionique des cellules, régulation du pH, fonctionnement des cellules musculaires et nerveuses.</td>
<td>Poissons gras (morue, saumon, thon), huîtres, moules, crevettes, krill.</td>
</tr>
<tr>
<th>Chlore</th>
<td>Les chlorures sont essentiellement absorbé par les branchies, pour l&rsquo;équilibre hydrique et la régulation osmotique.</td>
<td>Chlorures  issus de l&rsquo;eau de mer. Nourriture d&rsquo;algues, saumon, mollusques (moules, huîtres), crustacés (crevettes, krill).</td>
</tr>
<tr>
<th>Magnésium</th>
<td>Formation des os et  dents, et métabolisme cellulaire.</td>
<td>
<p>Crustacés (crevettes,  crabes), mollusques (moules, huîtres, petits poissons, algues, phytoplancton et zooplancton.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<th>Iode</th>
<td>L&rsquo;iodure agit dans la production d&rsquo;hormones thyroïdiennes qui régulent des processus métaboliques. </td>
<td>Très forte concentration dans les algues (varech, wakamé, nori), poissons gras (morue, saumon), crevettes.</td>
</tr>
<tr>
<th>Fer</th>
<td>Besoin faible mais indispensable   pour la formation de l&rsquo;hémoglobine  (transport d&rsquo;oxygène  sanguin), et autres processus biologiques.</td>
<td>Moules, palourdes, crevettes, sardines, thon.</td>
</tr>
<tr>
<th>Cuivre</th>
<td>Composant des enzymes impliqués dans des processus métaboliques vitaux.</td>
<td>Huîtres, moules, crustacés (crabes&#8230;).</td>
</tr>
<tr>
<th>Zinc</th>
<td>Oligoélément utilisé dans  diverses fonctions métaboliques.</td>
<td>Huîtres, crevettes, crabes, thon, sardines.</td>
</tr>
<tr>
<th>Manganèse</th>
<td>Oligoélément utilisé dans  diverses fonctions métaboliques.</td>
<td>Algues, moules, saumon</td>
</tr>
<tr>
<th>
<p>Sélénium</p>
</th>
<td>Antioxydant, système Immunitaire, fonction thyroïdienne, croissance,  détoxification des métaux lourds.</td>
<td>Poissons gras (thon, morue, sardines),  fruits de mer (crevettes,  crabes,  moules,  palourdes, huîtres), algues.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3>5.2. Vitamines </h3>
<p class="align-j">De nombreuses vitamines sont utilisées avec des rôles bien différents (tableau 5), certaines synthétisables par les poissons (vit. A, D, K) et d&rsquo;autres peu ou non synthétisées  qu&rsquo;il faut impérativement apporter via la nourriture ou en solution dans l&rsquo;eau (vit. C, B9, B12&#8230;). Même si l&rsquo;on sait  peu  sur les besoins quantitatifs, ces vitamines s&rsquo;avèrent   indispensables avec quelques incertitudes sur le rôle direct des  vitamines D et K.</p>
<table class="tableau"  align="center" style="width:95%; ">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 5 : Rôles et sources des vitamines pour les poissons marins<br />
  </caption>
<tbody>
<tr>
<th width="10%" scope="col"><strong>Vitamine</strong></th>
<th width="50%" scope="col">Rôle</th>
<th scope="col">Sources</th>
</tr>
<tr>
<th>A</th>
<td>Agit sur la <strong>vision</strong> (formation de la rétine, synthèse de pigments visuels), la <strong>croissance</strong> et le <strong>développement</strong> des poissons, y compris  organes internes,  os et de  peau, le <strong>système Immunitaire </strong> (résistance aux infections),<br />
        réparation des <strong>tissus</strong>, régulation cellulaire, <strong>reproduction</strong> et  développement  des œufs et des larves. </td>
<td>Petits crustacés,  krill, zooplanctons et  poissons. Certains poissons marins peuvent également stocker la vitamine A dans leur foie.</td>
</tr>
<tr>
<th>B</th>
<td><strong>B1 (Thiamine) :</strong> production d&rsquo;énergie à partir des glucides, importante pour le système nerveux. <br />
        <strong>B2 (Riboflavine) :</strong> métabolisme des glucides, lipides et protéines, production d&rsquo;énergie, croissance et développement. <br />
        <strong> B3 (Niacine) :</strong> métabolisme des glucides,  lipides et protéines, production d&rsquo;énergie et santé de la peau. <br />
        <strong>B5 (Acide pantothénique) :</strong> synthèse des acides gras et métabolisme des protéines, production d&rsquo;énergie et croissance. <br />
        <strong>B6 (Pyridoxine) :</strong> métabolisme des acides aminés et  synthèse des neurotransmetteurs, soutient le métabolisme des protéines, importante pour le système nerveux. <br />
        <strong>B7 (Biotine) :</strong> métabolisme des glucides,  lipides et protéines, pour la production d&rsquo;énergie et la santé de l&rsquo;épiderme. <br />
        <strong>B9 (Acide folique) :</strong> synthèse de l&rsquo;ADN et la division cellulaire. Rôle dans la croissance, le développement embryonnaire et la santé cellulaire. <br />
        <strong>B12 (Cobalamine) :</strong> formation des globules rouges et fonctionnement du système nerveux.</td>
<td>Vitamines B : Algues, poissons  maigres, bivalves (moules, huîtres, palourdes), coquillages (turbos…), crustacés (crevettes,  krill, crabes)<br />
        Vitamines B2, B3, B5, B6, B9, B12 : poissons gras (thon, morue, saumon, maquereau).</td>
</tr>
<tr>
<th><strong> C</strong></th>
<td>
<p>Les poissons synthétisent leur  vitamine C, mais leur besoin peut augmenter en situation de  stress, maladies ou de mauvaise maintenance. Elle améliore  le <strong>système immunitaire</strong> contre les infections. En tant qu&rsquo;<strong>antioxydant</strong> elle neutralise les radicaux libres  prévenant les dommages cellulaires, facilite la cicatrisation des plaies et maintien  la santé des tissus.
        </p>
</td>
<td>
<p>Pauvre dans les produits  de la mer. Présente dans l&rsquo;huile de foie de morue  avec vit. D. Un peu dans les huîtres, crabes et crevettes. <br />
          Plus  présente dans les fruits et légumes frais (agrumes, poivrons,  épinards&#8230; <br />
          On peu enrichir la nourriture avec des solutions multivitaminées.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<th>D</th>
<td>D2, D3 :  absorption intestinale du calcium et du phosphore pour la minéralisation des os et la croissance des  poissons, amélioration du système immunitaire&nbsp;et résistance aux  infections et  maladies. </td>
<td>Les poissons  synthétisent la vitamine D lorsqu&rsquo;ils  sont exposés à la lumière UV et solaire. <br />
        Concentrée dans les poissons gras (saumon, thon, maquereau)  et l&rsquo;huile extraite de ces poissons (morue). Faible quantité dans les crustacés (crevettes, krill).</td>
</tr>
<tr>
<th>E</th>
<td>Antioxydant contre les  radicaux libres, soutient le  système immunitaire pour résister aux infections et  maintenir la santé,  impliquée dans la reproduction le développement  des œufs et des larves. </td>
<td>En quantités modérées dans les poissons gras (saumon, thon, maquereau), l&rsquo;huile de foie  (morue),<br />
        alevins de crustacés (crevettes, krill), moules.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Cet article a résumé les grands principes d&rsquo;alimentation des poissons marins, sauvages, dans leur milieu naturel. Peut-être permettra-t-il  de mieux appréhender le nourrissage des poissons dans nos aquariums marins, un sujet développé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/alimentation-des-poissons-marins-en-aquarium/">Alimentation des poissons marins en aquarium</a>.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li><a href="https://www.fao.org/3/af014f/AF014F11.htm">Alimentation des poissons marins besoins des espèces méditerranéennes</a>, J. Guillaume</li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/1931/publication-5899.pdf">Valeur alimentaire du poisson de mer des crustacés et mollusques marins comestibles</a>,  Gustave Hinard</li>
<li><a href="https://www.feedspectrum.com/nutriti">Facts About Fish Nutrition </a>&#8211;  New Life Spectrum </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/226118713_Feeding_Electivity_Indices_in_Surgeonfish_Acanthuridae_of_The_Florida_Keys">Feeding Electivity Indices in Surgeonfish (Acanthuridae) of The Florida Keys</a>, G. Christopher Tilghman &#8211; 01/2001</li>
<li><a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers11-10/010018552.pdf">Régimes alimentaires et réseaux trophiques, Les poissons des eaux continentales africaines</a>,  Didier Paugy, Christian Lévêque</li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/2006/rapport-2086.pdf">Nutrition, digestion et développement    des larves de crevettes et poissons marins</a>,  Chantal Cahu &#8211; Université de Bretagne Occidentale,- Ifremer- 06/2006</li>
<li>Nutrition et alimentation des poissons et crustacés, J. Guillaume, S. Kaushik, P. Bergot, R. Métailler &#8211; Ifremer 1999</li>
<li><a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2006sa0035Ra.pdf">Consommation des poissons, mollusques et crustacés : aspects nutritionnels et sanitaires pour l&rsquo;Homme</a>, </li>
<li><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/00487/59912/63093.pdf">Poissons de manche et sud mer du nord courbes de croissance en longueur totale et poids entier âge de maturité sexuelle</a> &#8211; IFREMER</li>
<li><a href="https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/2021-05/42544.pdf">Ecologie   et biologie marines   Introduction a l&rsquo;halieutique</a>,  Jean Collignon  &#8211; Masson 1991
  </li>
</ul>
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		<title>Nourrir Chelmon rostratus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2016 23:00:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[Vivant]]></category>
		<category><![CDATA[chelmon]]></category>
		<category><![CDATA[marin]]></category>
		<category><![CDATA[nourrir]]></category>
		<category><![CDATA[poisson]]></category>
		<category><![CDATA[rostratus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chelmon, besoin d&#8217;attentions Chelmon Rostratus est un poisson réputé difficile &#224; maintenir. Les bacs ne sont pas toujours suffisamment fournis en méiofaune pour subvenir &#224; leurs besoins. La premi&#232;re difficult&#233; est celle de trouver en magasin un spécimen déjà acclimaté à une première nourriture de substition. C&#8217;est en effet le rôle du vendeur de démontrer [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2> Chelmon, besoin d&rsquo;attentions</h2>
<p class="align-j">Chelmon Rostratus est un poisson réputé difficile &agrave; maintenir. Les bacs ne sont pas toujours suffisamment fournis en méiofaune pour subvenir &agrave; leurs besoins. </p>
<p class="align-j">La premi&egrave;re difficult&eacute; est celle de trouver en magasin un spécimen déjà acclimaté à une première nourriture de substition. C&rsquo;est en effet le rôle du vendeur de démontrer que le spécimen est commercialisable, c&rsquo;est à dire acclimaté pour la vente,  par exemple en procédant à une distribution d&rsquo;artémias devant le futur acheteur. </p>
<p class="align-j">Il convient à ce dernier d&rsquo;acclimater le nouvel arrivant une vie en communauté, et la tâche n&rsquo;est pas facile. Les artémias ne sont pas très riches en protéines. Certes le poisson a de l&rsquo;appétit, mais il ne pourra pas  vivre sur ses réserves. Chelmon doit pouvoir assimiler une nourriiture plus riche, mais il doit aussi pouvoir s&rsquo;alimenter de manière autonome dans un bac communautaire. En présence  de poissons véloces, <em>Chelmon rostratus</em> a peu de chance de survie. En effet <em>Chelmon</em> avant tout,  picore sur le substrat. Il  observe sa proie, l&rsquo;analyse, se met à bonne distance, oriente son rostre&#8230; Ce protocole prend du temps. Une fois décidé  &agrave;  gober ce qu&rsquo;il convoite, un autre poisson  l&rsquo;aura probablement subtilisé.</p>
<p class="align-j"> Il est donc indispensable d&rsquo;aider ce poisson à se nourrir de manière plus variée et ce, dès les premiers jours. Une fois bien rétabli, il saura tirer parti des nourrissages collectifs. Je présente ici une méthode simple qui a fait ses preuves. Elle donne plus de chance au spécimen de s&rsquo;accoutumer à des conditions nouvelles pour lui. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: 1fr 50%; width:90%; ">
<div class="grille-titre">Mangeoire pour Chelmon rostratus</div>
<div class="textrangee">Voici un petit montage qui laissera à votre poisson tout le loisir de manger à son rythme.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img01.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Un tube d&rsquo;aspirine ou tout autre tube en plastique opaque. Une grille concave dans le couvercle pour maintenir la nourriture légèrement en arrière de l&rsquo;orifice.Une grille au fond pour maintenir la nourriture proche de la grille précédente. (l&rsquo;article est ancien, je me suis amélioré avec un système impression 3D au bout d&rsquo;un tube convoyeur depuis la surface du bac). </p>
<p>    Ça rappelle une fable de La Fontaine !</p></div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img02.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Une fois le tube coincé dans le décor, ouverture vers le bas, Chelmon curieux s&rsquo;interroge sur les vertus de l&rsquo;acide salicylique, surtout quand il est remplacé par un cube d&rsquo;artémias congelés.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img03.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">En général il comprend vite l&rsquo;intérêt du système.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img04.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Les autres un peu moins,</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img05.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Ils récupèrent cependant quelques miettes.&nbsp;</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img06.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Les poissons sont bien intéresssés par ce qui sort du tube, mais seul C. rostratus peut aller à la source.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/aspirine.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/aspirine.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption><div class="textrangee">Après quelques temps, ainsi bien nourri et acclimaté peut être acceptera t-il votre préparation maison congelée.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/chelmon.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/chelmon.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption><div class="textrangee">Après un certain temps, ainsi bien nourri et acclimaté, peut être acceptera t-il votre préparation maison congelée, même posée  sur le raidisseur, à l&rsquo;extérieur du bac. La vidéo est courte, mais cet  instant furtif est réel, capté par mon ami Fred.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/videofred.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/videofred.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Fred SCHOTTER</figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">On l&rsquo;a déjà vu,  Chelmon correctement acclimaté à un nourrissage communautaire peut même se nourrir de paillettes en pleine eau. Mais n&rsquo;en demandons pas trop ! </p>
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