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	<title>Archives des Vivant - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
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	<title>Archives des Vivant - Reeflexions</title>
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		<title>Classification des coraux scléractiniaires (SPS, LPS)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Apr 2024 20:40:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien de tel que la classification scientifique pour identifier précisément les espèces qui occupent notre aquarium. Ce langage commun facilite la communication entre aquariophiles, sans les quiproquos causés par des dialectes imprécis. Un nom de genre et d&#8217;espèce permet de retrouver plus facilement les données qui caractérisent leur maintenance. Cette classification&#160; évolue, voici une mise [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Rien de tel que la classification scientifique pour identifier précisément les espèces qui occupent notre aquarium. Ce langage commun facilite la communication entre aquariophiles, sans les quiproquos causés par des dialectes imprécis. Un nom de genre et d&rsquo;espèce permet de retrouver plus facilement les données qui  caractérisent leur maintenance. Cette classification&nbsp; évolue, voici une mise à jour. </p>
<h2>1. Evolution de la classification</h2>
<p>Depuis des siècles  naturalistes et  scientifiques ont classé les coraux scléractiniaires selon leur  morphologie externe comme l&rsquo;explique l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/identification-des-scleractiniaires-sps/">Identification des scléractiniaires (SPS)</a>. Bien que fondé sur des observations précises, ce classement était souvent limité par la subjectivité et la complexité de la diversité des formes coralliennes. Au fil du temps il a subi une transformation remarquable intégrant les découvertes de la génétique moléculaire.</p>
<p>L&rsquo;avènement de cette dernière révolutionne la compréhension de l&rsquo;évolution des espèces. Les techniques de séquençage de l&rsquo;ADN définissent les codes génétiques des espèces coralliennes, permettent  d&rsquo;établir des  relations évolutives entre  celles-ci. Histoires de familles recomposées, d&rsquo;enfants échangés, perdus, retrouvés&#8230; les ADN parlent, de vieux secrets enfouis ressurgissent, les arbres généalogiques subissent des révisions. La cartographie des scléractiniaires s&rsquo;en trouve bouleversée. </p>
<p>Le schéma qui suit résume les  évolutions de ces dernières années. Des familles ont disparu (rouge) tandis que de nouvelles voient le jour. Certaines espèces sont réparties au sein de plusieurs genres, parfois conservées (flèches pleines), ou remaniées (flèches en tirets). <br />
  Par exemple, si les <em>Favia</em> des Caraïbes restent dans une même famille, ceux de l&rsquo;Indopacifique deviennent cousins, rebaptisés <em>Dipsastraea</em>. <em>Platygira</em> et <em>Trachyphyllia</em> d&rsquo;apparence si différente sont placés dans la même famille. <em>Psammocora</em> devient enfant unique d&rsquo;une famille d&rsquo;accueil qui a pris son nom.</p>
<h2>2. Synoptique de la classification des scléractiniaires.</h2>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Evolution de la classification des scléractiniaires</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/classification-scleractiniaires/synoptique.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/classification-scleractiniaires/synoptique.jpg"></a></p>
<div class="copyright">Source : Denis Tournassat</div>
</figure>
<p>&nbsp;</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li><a href="https://www.marinespecies.org/index.php">World Register of Marine Species</a>, </li>
<li><a href="https://biologie.ffessm.fr/uploads/media/docs/0001/07/61345925eeffcf00d065933bb99ceb3c6c4ef1d5.pdf">La classification du vivant</a>, Michel Munier &#8211; Mémoire FFESSM 07/2021</li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/classification-des-coraux-scleractiniaires-sps-lps/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/classification-des-coraux-scleractiniaires-sps-lps/">Classification des coraux scléractiniaires (SPS, LPS)</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Croissance du corail</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Dec 2023 20:02:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vivant]]></category>
		<category><![CDATA[biomineralisation]]></category>
		<category><![CDATA[calcification]]></category>
		<category><![CDATA[corail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le but du récifaliste sinon de développer des petites boutures de coraux en colonies plus imposantes qui transformeront son aquarium en un bout de récif? La croissance des coraux hermatypiques (constructeurs de récif) en captivité est possible depuis quelques années, pour autant elle n&#8217;est pas toujours telle qu&#8217;espérée, au grand désespoir des amateurs. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Quel est le but du récifaliste sinon de développer des petites boutures de coraux en colonies plus imposantes qui transformeront son aquarium en un bout de récif? La croissance des coraux hermatypiques (constructeurs de récif) en captivité est possible depuis quelques années, pour autant elle n&rsquo;est pas toujours telle qu&rsquo;espérée, au grand désespoir des amateurs. Elle nécessite des conditions de maintenance et une compréhension de la formation du squelette que cet article tentera d&rsquo;expliquer en s&rsquo;appuyant sur des travaux de recherche destinés à percer les secrets de la bio minéralisation. </p>
<h2>1. Croître pour survivre</h2>
<p class="align-j">En milieu naturel le corail construit une structure squelettique fixée au substrat et support des polypes. Son but essentiel est de contribuer à la survie de l&rsquo;espèce :</p>
<ul>
<li> Les formes : branchues elles offrent une bonne exposition des polypes au courant nourricier tout en les protégeant des prédateurs. Les encroûtantes permettent de résister aux agressions des vagues tandis que les formes plates proposent une grande surface d&rsquo;exposition des polypes à la lumière.</li>
<li>La densité du squelette détermine la robustesse de la colonie au sein du récif, pour une meilleure résistance aux agressions climatiques (cyclones, vagues). Ou au contraire sa fragilité lui permet de s&rsquo;éparpiller se développer ailleurs.</li>
<li>Une vitesse de calcification rapide permet coloniser plus facilement l&rsquo;espace au détriment d&rsquo;autres espèces coralliennes ou d&rsquo;algues.</li>
<li>Mutualisme : le récif héberge des espèces dont il profite en retour (dispersion, apports en nutriments&#8230;) </li>
</ul>
<p class="align-j">En aquarium la croissance est exploitée à d&rsquo;autres fins : </p>
<ul>
<li>Signe de santé : un spécimen se développe s&rsquo;il dispose de l&rsquo;énergie nécessaire ; </li>
<li>Bioindicateur de maintenance : les coraux ne peuvent se développer que dans des conditions adaptées ;</li>
<li> Esthétique : l&rsquo;expansion des colonies contribue largement à l&rsquo;harmonie du décor ;</li>
<li> Equilibre du biotope : dans l&rsquo;aquarium les coraux sont des lieux de vie pour les poissons et d&rsquo;autres invertébrés ;</li>
<li>Propagation de boutures : un moyen de faire plaisir ou de financer le budget de maintenance. </li>
</ul>
<h2>2. Biologie et anatomie des scléractiniaires (SPS, LPS)</h2>
<p class="align-j">Un bref appel de l&rsquo;anatomie du corail permettra de mieux comprendre, les processus en jeu pour la croissance de la colonie corallienne. </p>
<p class="align-j">Le corail hermatypique, se compose de deux parties principales chacune jouant leur rôle dans le développement et la santé du corail en :</p>
<ul>
<li>Les tissus coralliens constitués de polypes reliés entre eux, hébergent des zooxanthelles symbiotiques. Le corail fournit aux zooxanthelles une protection et les ressources telles que l&rsquo;eau et le dioxyde de carbone, sous-produit de sa respiration cellulaire. En échange, les zooxanthelles produisent des nutriments énergétiques pour le polype.</li>
<li>La structure squelettique, support de la colonie. </li>
</ul>
<h3>2.1. Tissus organiques : polypes et coenosarc</h3>
<p class="align-j">Les coraux hermatypiques sont constitués de polypes similaires, à symétrie radiaire, comportant des tentacules au centre desquels une bouche se prolonge à l&rsquo;intérieur par la cavité gastrique. Le tissu coenosarc (du grec  » commun  » et  » chair « ) s&rsquo;étend entre chaque polype en recouvrant le squelette. </p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" >
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/1_structure.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/1_structure.png"></a><figcaption class="figlegende"  >
    <em>(A) Histologie d&rsquo;un tentacule  composé des tissus oraux. (B) Histologie du coenosarc composé des tissus oraux  et aboraux.<br />
      La partie vivante du corail est constituée par les polypes et entre eux le  coenosarc. Les coraux sont des organismes diploblastiques, donc organisés en  deux feuillets cellulaires, l&rsquo;ectoderme et l&rsquo;endoderme, séparés par une mince  couche de gelée (mésoglée). Lorsque les feuillets cellulaires font face à l&rsquo;eau  de mer on parle de tissus oraux (ectoderme oral, mésoglée orale et endoderme  oral). Lorsque ces feuillets font face au squelette on parle de tissus aboraux  (ectoderme aboral ou calicoblastique, mésoglée aborale et endoderme aboral).</em><br />
  </figcaption><div class="copyright"><a href="http://www.aims.gov.au/docs/publications/bookshop.html" target="_blank" rel="noopener">Corals of the world vol 1</a> &#8211; J. Veron (2000) &#8211; <a href="http://www.aims.gov.au/index.html">AIMS</a></div>
</figure>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le coenosarc est composé de deux feuillets embryonnaires (diploblastiques) très fins, les épithéliums, d&rsquo;épaisseur totale environ 50 µm, constitués de cellules juxtaposées. Un épithélium oral (côté eau de mer) et un épithélium aboral (du côté du squelette). Chacun d&rsquo;eux est composé d&rsquo;une couche cellulaire externe, l&rsquo;ectoderme (du grec  » en dehors  » et  » peau « ), et d&rsquo;une autre interne, l&rsquo;endoderme (du grec  » en dedans  » et  » peau « ). Ectoderme et endoderme sont séparés par un réseau de collagène, la mésoglée, contenant des cellules (cellules nerveuses&#8230;). </p>
<p class="align-j">Les deux couches endodermiques au centre, délimitent entre-elles un réseau de canaux, le coelentéron (du grec : creux et intestin) ou cavité gastrovasculaire. Le coelentéron, tapissé de cellules ciliées, assure deux fonctions principales : gastrique et circulatoire. Il relie tous les polypes assurant ainsi une répartition des nutriments dans la colonie. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;ectoderme oral est épais, environ 15 µm, pourvu de cellules sensorielles, les cnidocils. Dans la couche inférieure, l&rsquo;endoderme oral héberge la plupart des zooxanthelles. </p>
<p class="align-j">À la surface du squelette l&rsquo;ectoderme aboral, encore plus fin, inférieur à 3 µm, prend le nom d&rsquo;épithélium calicoblastique ou encore calicoderme (tissu calcifiant). Il est exempt de zooxanthelles et comporte des cellules différentes :</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/2_cellules.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/2_cellules.png"></a> </figure>
<ul>
<li> Les cellules calicoblastes assurent la formation du squelette et de la matrice organique. Elles contiennent de nombreuses structures spécialisées dans le stockage du calcium (mitochondries), dénotant une grande activité. Ces cellules sont reliées par des jonctions septées, plus ou moins perméables, permettant et régulant le passage d&rsquo;ion spécifiques entre les cellules.</li>
<li>Les cellules desmocytes assurent l&rsquo;ancrage des tissus sur le squelette au moyen de nombreuses connexions (hemidesmosomes) qui se lient aux protéines de la matrice organique (MO) du squelette. L&rsquo;adhésion est dynamique. Les desmocytes peuvent se détacher et se rattacher au squelette, sporadiquement, selon des phases de croissance ou en réponse à des stress. Ainsi, un polype peut être exclu après des sédimentations chroniques. Errant, ses tissus semblent se régénérer avec la possibilité de se rattacher plus tard au substrat et reconstruire des septes, marquant la reprise de la minéralisation d&rsquo;un nouveau squelette. * On y trouve aussi des vésicules destinées à l&rsquo;export du CO<sub>2</sub> de la MO. </li>
</ul>
<h3>2.2. Espace subcalicoblastique, lieu de calcification</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/3_espace_subcalicoblastique.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/3_espace_subcalicoblastique.png"></a><figcaption class="figlegende"> Espace subcalicoblastique de Stylophora pistillata au microscope électronique à balayage. </figcaption><div class="copyright">Source&nbsp;: Tambutté  et al., 2007a)</div>
</figure>
<p class="align-j">L&rsquo;espace subcalicoblastique définit la zone limitée par l&rsquo;épithélium calicoblastique et le squelette. De largeur variable, son épaisseur varie dans la journée. </p>
<p class="align-j">Le tissu calicoblastique y sécrète un liquide gélatineux, le milieu calcifiant extracellulaire (MCE), de quelques nanomètres d&rsquo;épaisseur, chargé de protéines hydratées et de mucopolysaccharide (enchainement de sucres), dans lequel s&rsquo;effectue la calcification. </p>
<p class="align-j">Dans le MCE le pH est basique (de 8,1 la nuit à 9.2 le jour) supérieur à celui des tissus (7,3 à 8.6) et toujours supérieur à celui de l&rsquo;eau de mer avec un écart relativement constant de 0,2 à 1,6 pH selon l&rsquo;espèce. La concentration en Ca²⁺  y est également supérieure à celle de l&rsquo;eau de mer. Ces écarts impliquent des mécanismes de transports actifs, et donc une consommation d&rsquo;énergie. Le MCE s&rsquo;avère être 7 fois plus saturé en aragonite que la valeur prise par l&rsquo;eau de mer. Il est donc évident que le corail contrôle la composition du MCE et que l&rsquo;épithélium isole le squelette du milieu extérieur mais avec une légère perméabilité entre les cellules permettant des échanges. </p>
<h3>2.3. Structure squelettique </h3>
<p class="align-j">Le squelette recouvert par les tissus peut être très dense et suffisamment dur pour constituer des récifs par amoncellements successifs. Il est constitué de deux éléments dont les proportions peuvent varier légèrement selon les espèces :</p>
<ul>
<li>Le squelette en carbonate de calcium CaCO<sub>3</sub> : support et protection des polypes ;</li>
<li>Une matrice organique, présente à l&rsquo;intérieur du squelette. </li>
</ul>
<h4>2.3.1. Le squelette</h4>
<figure class="figfloat" style="float:left;"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/4_squelette.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/4_squelette.jpg"></a> </figure>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/5_micrographie.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/5_micrographie.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Micrographie électronique à balayage montrant une texture nanoparticulaire d&rsquo;aragonite de de Stylophora pistillata </figcaption><div class="copyright"> Source&nbsp;: <a href="https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.abl9653">Sciences advance</a> </div>
</figure>
<p class="align-j">Le squelette est constitué d&rsquo;éléments : corallites, avec leur muraille, septes, côtes&#8230; hébergeant le polype et le cœnosteum recouvert du tissu coenosarc et reliant les polypes. Il se compose de cristaux de carbonate de calcium sous sa forme aragonite, c&rsquo;est à dire cristallisés dans un système orthorhombique à la différence de la calcite rhomboédrique.</p>
<p class="align-j"> La structure au niveau microscopique et centimétrique (forme, orientation cristalline, taille et minéralogie) varie considérablement, également au sein d&rsquo;un même individu. Son agencement est régi par la matrice organique en mesure de contrôler la croissance cristalline ainsi que son ralentissement par inhibition, pour façonner la croissance des cristaux carbonatés, contrôler leur inclinaison, leur orientation et ainsi donner une structure et une forme au squelette particulière à chaque espèce, selon l&rsquo;expression de ses gènes</p>
<p class="align-j"> Le squelette poreux et ses éléments comportant des zones plus ou moins denses se constituerait en deux processus :</p>
<ul>
<li> Un premier processus modifie l&rsquo;agencement des aiguilles cristallines qui représentent l&rsquo;unité fondamentale de l&rsquo;architecture squelettique, avec ses variations de densité</li>
<li>Un second processus formerait les éléments squelettiques (calices, lobes&#8230;) par une double calcification&nbsp;:
<ul>
<li>Une première phase d&rsquo;extension rapide et linéaire du calice, se déroulant à l&rsquo;apex des éléments squelettiques,</li>
<li>Une seconde phase d&rsquo;épaississement des calices se déroulant au niveau proximal. Cette phase étant identique pour tous les scléractiniaires, compte tenu de la similitude des microstructures. </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>2.3.2 La matrice organique (MO), essentielle à la biominéralisation </h4>
<p class="align-j">La biominéralisation conduite par une matrice organique est une forme de minéralisation dite « minéralisation biologiquement contrôlée ». </p>
<h5> Composition de la MO </h5>
<p class="align-j">Des molécules sont sécrétées dans les vésicules des calicoblastes puis libérées au travers de leur membrane (exocytose) dans le MCE pour constituer la matrice organique (MO). Selon les estimations, elle représente de 0,01 à 1% du poids total du squelette. Elle joue cependant un rôle majeur dans la formation de cristaux de CaCO<sub>3</sub> : la biominéralisation. Elle lui confère sa rigidité et structure sa forme tant au niveau microscopique (du cristal), qu&rsquo;au niveau macroscopique (du squelette). Elle contribue ainsi à la diversité morphologique des 1500 espèces de coraux. </p>
<p class="align-j">On sait peu sur le métabolisme de la matrice organique. Elle se compose de substances dans des ratios qui varient selon l&rsquo;espèce : </p>
<ul>
<li>De nombreuses protéines riches en acides aminés. Elles peuvent être sulfatées ou glycosylées. La galaxine est la seule parfaitement identifiée dans des scléractiniaires à ce jour. L&rsquo;acide aspartique aurait un rôle majeur dans la calcification, on a pu montrer que la photosynthèse ne suffisant pas aux besoins cela nécessite des apports hétérotrophes. </li>
<li>De glucides : un ensemble de sucres simples et plus complexes : acides hyaluroniques, glycosaminoglycanes et de polysaccharides comme la chitine, un matériau résistant et souple, mais dur quand il est associé à du carbonate de calcium. </li>
<li>De phospholipides. </li>
<li>D&rsquo;une enzyme, l&rsquo;anhydrase carbonique, qui permet de transformer le carbone inorganique CO<sub>2</sub> en une forme utile à la calcification CO<sub>3</sub>. </li>
<li>D&rsquo;eau. </li>
</ul>
<p class="align-j">Elle serait séparée en matrices solubles et insolubles. La fraction soluble étant très riche en acides aminés, pouvant représenter près de la moitié des protéines. </p>
<h5> Contribution de la matrice organique à la calcification </h5>
<figure class="figfloat" style="float:left;"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/6_matrice_organique.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/6_matrice_organique.png"></a> </figure>
<p class="align-j">La microscopie à force atomique (AFM) permet d&rsquo;observer les structures organiques à l&rsquo;échelle de quelques nanomètres. Les carbonates biogéniques apparaissent alors constitués de grains étroitement jointifs, sans apparence cristalline (à facettes angulaires). La phase initiale de minéralisation se produit en étroite association avec des substances organiques sécrétées par les cellules calicoblastiques. Elle débute par une phase transitoire amorphe précédant l&rsquo;état cristallin sans qu&rsquo;on puisse actuellement en expliquer le mécanisme. Au stade final de formation les composés organiques sont exclus du réseau cristallin en formation. Ils se trouvent ainsi compactés à la périphérie des grains cristallisés, produisant une enveloppe irrégulière riche en composés organiques. </p>
<p class="align-j">Sa composition forme une sorte d&rsquo;hydrogel avec des acides aminés qui permettent une fixation importante d&rsquo;une quantité de Ca<sup>2+</sup>. Les faibles forces de liaison avec les composés sont réversibles. Ainsi elle permet de concentrer les ions Ca<sup>2+</sup> avant de les relâcher selon le besoin de la calcification. Les phospholipides de la MO fixent à leur tour le calcium pour consolider la cristallisation du CaCO<sub>3</sub>. </p>
<p class="align-j">On prête à la MO plusieurs effets sur la biominéralisation : </p>
<ul>
<li>Agir comme un facteur limitant de la calcification. </li>
<li>Réguler la vitesse de calcification, par sa vitesse de production. </li>
<li>Contrôler la croissance en général.</li>
<li> Agir sur la morphologie : des inhibiteurs sont en mesure de stopper presque instantanément le processus de calcification en cas de précipitation trop importante, sans affecter la photosynthèse ni la respiration du corail. Cette capacité permet de répartir la MO et former des limites physiques au développement du squelette pour lui conférer sa forme. </li>
</ul>
<p class="align-j">La calcification des coraux hermatypiques est ainsi contrôlée à la fois par l&rsquo;apport cellulaire d&rsquo;ions (Ca<sup>2+</sup>, HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>) et par la matrice organique. Le délai de transport d&rsquo;ions, de synthèse de matrice organique et de production de macromolécules est très élevé, inférieur à 2 mn. La calcification est donc un mécanisme biologiquement hautement contrôlé. </p>
<h2>3. Sources d&rsquo;éléments pour les métabolismes du corail </h2>
<p class="align-j">Pour assurer ses différents processus métaboliques, dont la calcification, le corail exploite différents éléments aux fonctions distinctes.</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/7_éléments.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/7_éléments.png"></a></p>
<div class="copyright">Source&nbsp;: Denis TOURNASSAT</div>
</figure>
<ul>
<li>Les minéraux nécessaires à la formation du squelette : calcium Ca et carbonates essentiellement sous forme hydrogénocarbonate (bicarbonate) HCO<sub>3</sub>.</li>
<li>Les éléments utiles au processus de calcification : oligoéléments à l&rsquo;état de traces : Li, B, Na, Mg, Sr et Ba, issus de l&rsquo;eau de mer. * Et bien sûr les éléments nécessaires aux différents métabolismes du corail, sans lesquels la calcification ne saurait se réaliser. </li>
</ul>
<p>Le corail utilise différents modes de nutrition : l&rsquo;hétérotrophe par ses zooxanthelles, et autotrophe par la capture ou l&rsquo;adsorption :</p>
<ul>
<li>Photosynthèse des zooxanthelles qui fournissent aux cellules du corail du carbone organique (le carbone des acides aminés, glucides&#8230; en échange de nutriments.</li>
<li>Capture et transformation : le corail utilise différents outils (tentacules, pièges muqueux&#8230;) pour capturer et assimiler des proies vivantes (larves diverses, planctons&#8230;) ou inertes (aliments, fèces, algues décomposées, sédiments&#8230;) plus ou moins décomposés dans la chaine alimentaire. Les bactéries, cyanobactéries, levures&#8230; inféodées au mucus corallien et à sa cavité gastrovasculaire, transforment les particules en matières assimilables.</li>
<li>Diazotrophie : les bactéries spécialisées diazotrophes réduisent directement l&rsquo;azote N2 en ammonium NH4 directement assimilable par le corail.</li>
<li>Adsorption de matières dissoutes : les matières organiques et inorganiques dissoutes (calcium Ca, dioxyde de carbone CO<sub>2</sub>, dioxygène O<sub>2</sub>, carbonates, acides aminés, glucides, vitamines&#8230;) au travers de l&rsquo;ectoderme. Ces éléments dissous sont issus de l&rsquo;érosion terrestre, de la minéralisation par la chaine alimentaire jusqu&rsquo;aux bactéries, essentielles, qui réduisent en azote N<sub>2</sub>, nitrates NO<sub>3</sub>, ammonium NH<sub>4</sub>&#8230; Le CO<sub>2</sub> dissous combiné à l&rsquo;hydrogène de l&rsquo;eau fournit les carbonates, notamment le bicarbonate HCO<sub>3</sub> indispensable à la calcification. </li>
</ul>
<h2>4. Rappels de physique et chimie </h2>
<h3 class="align-j">4.1 Stabilité des états </h3>
<p class="align-j">Pour que les minéraux existent dans un état stable, leur charge doit être neutre. Un élément stable qui perd un électron (négatif) devient un ion instable positif, et négatif s&rsquo;il en gagne. L&rsquo;ion calcium se trouve avec une charge +2, et s&rsquo;écrit Ca<sup>2+</sup>. L&rsquo;ion carbonate est CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> avec une charge +2. L&rsquo;ion calcium peut se lier à la charge -2 de l&rsquo;ion carbonate formant le carbonate de calcium CaCO<sub>3</sub> dans un état stable. </p>
<p class="align-j">Le carbonate existe sous plusieurs formes dont le carbonate CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> et le bicarbonate HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> nécessaire à la calcification. </p>
<h3>4.2. Potentiel hydrogène (pH) et états du carbone inorganique</h3>
<figure   class="figcolonne pos-centre" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/8_etatcid.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/8_etatcid.png"></a></p>
<div class="copyright">Source&nbsp;: Denis TOURNASSAT</div>
</figure>
<p class="align-j">L&rsquo;eau est constituée d&rsquo;ion hydrogènes H<sup>+</sup> et d&rsquo;anion hydroxydes OH<sup>&#8211;</sup>.(H<sup>2</sup>O &lt;=&gt; H<sup>+</sup> + OH<sup>&#8211;</sup>). Le pH mesure la concentration d&rsquo;ions hydrogène H<sup>+</sup>. Inférieur à 7 l&rsquo;eau est acide, au-delà de 7 elle est basique. Le pH est important : il agit sur la biodisponibilité des nutriments et donc sur les métabolismes, de plus il influence la forme de certaines molécules.</p>
<p class="align-j"> C&rsquo;est le cas pour les formes de carbone inorganique dissout (CID) (figure). En effet, le gaz carbonique atmosphérique CO<sub>2</sub>, quand il est solubilisé (CO<sub>2</sub> aqueux), n&rsquo;est pas la seule forme de carbone inorganique dissous dans l&rsquo;eau. Les autres formes sont l&rsquo;acide carbonique (<sub></sub><sub>3</sub>) et les ions hydrogénocarbonates (HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>) (ou bicarbonates) et les ions carbonates (CO<sub>3</sub><sup>2-</sup>). Ces formes réagissent avec l&rsquo;hydrogène de l&rsquo;eau ou son ion (H<sup>+</sup>) selon la valeur du pH. L&rsquo;équation ci-contre aboutit à plus de carbonates quand le pH augmente, facteur essentiel pour assurer la formation et la conservation du carbonate de calcium. </p>
<p class="commentaire"><strong>pH en aquarium récifal<br />
  </strong>Une faible diminution du pH augmente très fortement  le taux d&rsquo;ions H<sup>+</sup> perturbant l&rsquo;équilibre du milieu calcifiant. Le récifaliste  assurera plus facilement de bonnes conditions calcifiantes en stabilisant ce pH  toujours au-dessus de 8,0 plutôt qu&rsquo;ajouter inconsidérément des</p>
<p class="align-j">Plusieurs formes de carbonate peuvent exister. Leur ratio dépend du pH de l&rsquo;eau environnante (pH eau de mer environ 8,1). Le graphique d&rsquo;équilibre carbonaté (ci-contre) dans l&rsquo;océan montre que le carbonate sous forme de  CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> existe et augmente si le pH augmente au-dessus de pH 8,0, au détriment de H<sub>2</sub>CO<sub>3</sub> inexistant au-delà de pH 8,4. Cela qui signifie que le squelette en carbonate de calcium se forme de manière fiable au-delà de pH 8,4. Cette valeur est toutefois limitée par la biodisponibilité des nutriments elle mettrait tout simplement le corail en péril. Tout changement radical du pH peut entraîner une diminution de la fonctionnalité ou une perte complète de la fonction des enzymes. </p>
<p class="align-j">En aquarium récifal, les carbonates sont introduits sous différentes formes. Au pH du bac toutes aboutissent à l&rsquo;hydrogénocarbonate HCO<sub>3</sub>.assimilable par les coraux : </p>
<ul>
<li>Le réacteur à calcaire avec du CO<sub>2</sub> et en présence d&rsquo;eau H<sub>2</sub>0, dissout la calcite ou l&rsquo;aragonite CaCO<sub>3</sub> en acide carbonique H<sub>2</sub>CO<sub>3</sub>. Puis de l&rsquo;hydrogénocarbonate HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>.</li>
<li>La méthode Balling utilise de l&rsquo;hydrogénocarbonate HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> , ou du carbonate CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> dans sa version  » base carbonate  » ;</li>
<li>Le réacteur à hydroxyde de calcium Ca(OH)<sub>2</sub> produit de l&rsquo;hydroxyde OH<sup>&#8211;</sup> lequel combiné avec le CO<sub>2</sub> du bac forme de l&rsquo;hydrogénocarbonate HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> et une part de carbonates CO<sub>3</sub><sup>2-</sup>. </li>
</ul>
<h3>4.3. Saturation et solubilité</h3>
<p class="align-j">La solubilité est la capacité d&rsquo;une substance à être dissoute dans une autre (sucre dans l&rsquo;eau). La saturation est l&rsquo;étendue de la quantité dissoute d&rsquo;une substance dans une autre (le sucre non dissout en fond de tasse). La saturation et la solubilité dépendent entre autres facteurs, de la température et surtout du CO<sub>2</sub>. La température influe sur les échanges gazeux. Le CO<sub>2</sub> augmentant le pH diminue et en même temps l&rsquo;état de saturation en CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> de l&rsquo;eau de mer (O). </p>
<p class="align-j">Pour autant, l&rsquo;augmentation de CO<sub>2</sub> dans les océans (diminution du pH), ne doit faire craindre la théorie autrefois avancée d&rsquo;un appauvrissement de bicarbonate indispensable à la calcification, on sait maintenant qu&rsquo;il sera toujours supérieur au besoin. Par contre le taux de proton H<sup>+</sup> augmentant et la calcification produisant ces mêmes ions H<sup>+</sup> dans le fluide calcifiant, leur élimination sera rendue plus difficile du fait de l&rsquo;abaissement du gradient électrochimique entre le tissu corallien et les fluides intracellulaires. O ne sera plus maintenu à un niveau élevé dans le fluide calcifiant et la calcification sera devenue impossible. </p>
<h2>5. Mécanisme de calcification &#8211; biominéralisation </h2>
<p class="align-j">La recherche s&rsquo;est penchée il y a quelques années sur l&rsquo;analyse des mécanismes de biominéralisation. La technologie et les méthodes évoluant, la compréhension s&rsquo;améliore sans toutefois percer tous les secrets. </p>
<p class="align-j">Les biominéraux comprennent toujours deux fractions, une minérale et une faible part organique, la matrice organique, dont les proportions varient selon l&rsquo;espèce. </p>
<p><span class="commentaire"><strong>Croissance en aquarium vs océan<br />
</strong>La vitesse de croissance des  coraux en aquarium est comparable à ce qui se passe dans le milieu naturel si  l&rsquo;on compare des tailles identiques. C&rsquo;est à dire des animaux pour la plupart  non matures sexuellement et donc mettant toute leur énergie dans la croissance</span></p>
<p class="align-j">La partie minérale du squelette du corail scléractiniaire est essentiellement du carbonate de calcium (CaCO<sub>3</sub>) cristallisé dans l&rsquo;aragonite (système orthorhombique). On peut y trouver d&rsquo;autres éléments à l&rsquo;état de traces selon les perturbations climatiques ou anthropiques de l&rsquo;environnement : Mg, Sr, S, Cl, Ni et Na, dont les effets sur la calcification (inhibiteurs, stabilisant ou promoteurs) restent à clarifier. Nous ne les évoquerons pas plus. </p>
<p class="align-j">Le processus de calcification débute au second stade larvaire, mature, dès lors que la planula auparavant pélagique, se fixe au substrat. Le corail doit donc fournir du calcium et du carbone inorganique issu de l&rsquo;eau de mer au site de calcification mais aussi éliminer les protons acides H<sup>+</sup> issus de la réaction : </p>
<p class="align-c"><strong>Ca<sup>2+</sup> + HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> &#8596; CaCO<sub>3</sub> + H<sup>+</sup></strong><sup></sup> </p>
<h4 class="align-j">5.1. Sources de calcium et de carbone inorganique</h4>
<h5>Source de calcium</h5>
<p class="align-j">Le Calcium issu de l&rsquo;érosion terrestre est abondant dans les océans. Il est absorbé dans le coelentéron sous la forme d&rsquo;ion Ca<sup>2+</sup> dans l&rsquo;eau ou par la nourriture. </p>
<h5>Source de carbone</h5>
<p class="align-j">Le carbone inorganique dissous (CID) peut provenir de l&rsquo;eau de mer et de la respiration des animaux et des algues. Il se présente sous plusieurs formes :</p>
<ul>
<li> Une forme non ionique, le gaz carbonique (CO<sub>2</sub>)
<ul>
<li>CO<sub>2</sub> dissous dans l&rsquo;eau de mer librement diffusable à travers les membranes. Il est issu de l&rsquo;atmosphère ou produit par la respiration cellulaire des organismes (poissons, algues&#8230;) dans l&rsquo;océan.</li>
<li> CO<sub>2</sub> absorbé dans le coelentéron avec l&rsquo;ingestion de nourriture, ou la production de CO<sub>2</sub> métabolique par la respiration cellulaire du corail. Cette source est d&rsquo;ailleurs 9 fois supérieure à la quantité de carbone inorganique nécessaire à la calcification. </li>
</ul>
</li>
<li>Deux formes ioniques nécessitant des protéines porteuses spécifiques. Leur proportion dans l&rsquo;eau de mer dépend de son pH :
<ul>
<li>Hydrogénocarbonate (bicarbonate) HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> , forme majoritairement présente au pH intracellulaire. Il est issu de la dissolution du CO<sub>2</sub> et des différentes réactions dans lesquelles il est impliqué au sein des océans (équations ci-dessus).</li>
<li>Carbonate CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> issu du CO<sub>2</sub>. Les dernières recherches tendent à écarter cette source. </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>5.2. Transfert des ions Ca<sup>2+</sup> et HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> </h3>
<p class="align-j">Ces ions doivent pénétrer les membranes cellulaires pour atteindre l&rsquo;espace calicoblastique. Le transport des molécules au travers des membranes serait réalisé selon les trois mécanismes ci-après, les uns privilégiés selon l&rsquo;espèce : </p>
<ol>
<li>(A) Une voie passive, par diffusion paracellulaire. Le transport de la molécule entre les cellules est produit par son gradient de concentration chimique.</li>
<li>(B) En apportant de l&rsquo;eau de mer concentrée, des contractions du polype permettant de sélectionner les molécules par charge et taille &lt; 20 nm telles que Ca<sup>2+</sup> et HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> . Cette méthode reste une voie paracellulaire passive.</li>
<li>(C) Une voie transcellulaire active. Ce transport utilise des protéines porteuses sélectives de type canal pour pénétrer la cellule, la traverser puis en sortir. L&rsquo;ion Ca<sup>2+</sup> est ainsi accumulé à sursaturation dans le MCE. </li>
</ol>
<p class="align-j">Très probablement ces 3 types de transport sont utilisés par le corail. </p>
<p class="align-j">Le coût énergétique de ces transferts est estimé assez important, dont une part majeure pour le seul transport de l&rsquo;ion Ca<sup>2+</sup>. Une estimation chiffre la calcification de 13 à 30 % de l&rsquo;énergie totale du corail, à comparer avec la croissance tissulaire qui n&rsquo;en représente que 8 %. </p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/9_transferts.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/9_transferts.png"></a></p>
<div class="copyright">Source&nbsp;: Denis TOURNASSAT</div>
</figure>
<h4>5.2.1. Transferts de Ca </h4>
<p class="align-j">Le calcium de l&rsquo;eau de mer transite rapidement dans le squelette, dans un délai de l&rsquo;ordre de 2 à 4 minutes. Ce transport se révèle d&rsquo;une grande efficacité, avec un fort taux de renouvellement de la petite réserve de calcium disponible dans la colonie. Des analyses montrent que le flux de calcium dans les cellules est plus de 10 fois supérieur au besoin de la minéralisation. Cette étape n&rsquo;est donc pas limitative pour la biominéralisation. </p>
<p class="align-j">Le transport transcellulaire, dont on ne connait pas le détail, utilise depuis le coelentéron une classe d&rsquo;enzymes, les Ca<sup>+</sup>ATPases en mesure de synthétiser les molécules d&rsquo;adénosine-triphosphate (ATP) et de transférer des ions Ca<sup>+</sup> à travers la membrane calicoblastique. </p>
<h4>5.2.2. Transfert de carbone inorganique </h4>
<p class="align-j">Le carbone est incorporé dans le squelette corallien avec la même efficacité que le calcium et un fort taux de renouvellement. L&rsquo;expression des gènes impliqués dans les transports ioniques associés à la calcification (CID), comme pour de nombreux gènes associés à d&rsquo;autres métabolismes du corail, montre une activité plus soutenue le jour. On peut en déduire une autorégulation de la consommation la nuit, quand la calcification est moindre. On ne sait rien de la composition du fluide dans l&rsquo;espace subcalicoblastique chez les coraux mais a teneur en CID y est supérieure à celle de l&rsquo;eau de mer. </p>
<p class="align-j">Selon la source de CID, on évoque 3 réactions envisageables pour la calcification : </p>
<ol>
<li>Réaction avec source de carbone inorganique <strong>CO<sub>2</sub> : Ca<sup>2+</sup> + CO<sub>2</sub> + H<sub>2</sub>O =&gt; CaCO<sub>3</sub> + 2H<sup>+</sup> </strong>(1) </li>
<li>Réaction avec source de carbone inorganique <strong>HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> : Ca<sup>2+</sup> + HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> =&gt; CaCO<sub>3</sub> + H<sup>+</sup></strong> (2) </li>
<li>Réaction avec source de carbone inorganique <strong>CO<sub>3</sub> : Ca<sup>2+</sup> + CO<sub>3</sub><sup>2-</sup> =&gt; CaCO<sub>3</sub> </strong>(3) </li>
</ol>
<p class="align-j">Il semble aujourd&rsquo;hui que les 2 sources de CID sont : </p>
<ul>
<li>CO<sub>2</sub> métabolique issu de la respiration (1). L&rsquo;enzyme anhydrase carbonique dans l&rsquo;épithélium calicoblastique s&rsquo;avère capitale pour la calcification. Elle améliore, selon l&rsquo;équilibre suivant, la transformation du CO<sub>2</sub> produit par la respiration cellulaire calicoblastique en HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> utilisé pour la précipitation du CaCO<sub>3</sub> constituant le squelette. </li>
</ul>
<p class="align-c"><strong>CO<sub>2</sub> + H<sub>2</sub>O &#8596; HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> + H<sup>+</sup> (4) </strong></p>
<ul>
<li> HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> (2) issu de l&rsquo;eau de mer, directement adsorbé par les cellules calicoblastiques par un mécanisme encore inconnu</li>
</ul>
<p class="align-j"> Dans le cas des équations (1) et (4) des ions acides H<sup>+</sup> sont libérés, le pH diminue. Ils sont pompés pour être rejetés de la MCE et maintenir des conditions de pH optimales (l&rsquo;énergie pour éliminer un seul H est bien moindre que pour deux H). En effet, si la concentration en H<sup>+</sup> est trop importante, les réactions de calcification vont être inversées vers la gauche. La production de CaCO<sub>3</sub> va ralentir et la croissance avec. </p>
<h4>5.2.3. Calcification</h4>
<p class="align-j">Calcium et hydrogénocarbonate transférés dans l&rsquo;espace calicoblastique, se combinent pour précipiter sous forme de carbonate de calcium et assurer la croissance du squelette. L&rsquo;ion hydrogène qui en résulte est extrait comme nous l&rsquo;avons vu précédemment pour conserver un environnement au pH élevé constant, permettant d&rsquo;assurer cette réaction chimique. </p>
<p class="align-c"><strong>Ca<sup>2+</sup> + HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup> &#8596; CaCO<sub>3</sub> + H<sup>+</sup></strong></p>
<p class="align-j"> La calcification dégage des ions H<sup>+</sup>. La photosynthèse dégage des ions hydroxyde OH-. Tous deux se combinent en H<sub>2</sub>O. Grâce au recyclage de quelques réactions biochimiques qui servent à gérer les variations de pH, et à transporter calcium et bicarbonates, le corail hermatypique couple efficacement ces réactions à son avantage. Le corail symbiotique peut ainsi continuer à prospérer en absence de ressources organiques externes vivant de carbonates, de calcium et de lumière. La contrepartie est que métabolisme et croissance sont dangereusement liés. L&rsquo;intrication est tellement poussée que le moindre stress affectant la calcification ou la symbiose et la photosynthèse met en danger tout l&rsquo;animal. Sans croissance de son squelette minéral, ses tissus crient famine. La bonne santé  est autant à l&rsquo;origine de la croissance de l&rsquo;animal, que sa croissance  conditionne sa bonne santé.</p>
<h2>6. Interactions entre lumière, photosynthèse et calcification </h2>
<p class="align-j">La lumière améliore jusqu&rsquo;à 3 fois plus la calcification diurne de coraux zooxanthellés par rapport à leur calcification nocturne. On parle de stimulation de calcification par la lumière (<em>light-enhanced calcification</em> ou LEC). Pour autant, de nombreux coraux calcifient fortement en profondeur et, qu&rsquo;ils soient photosynthétiques ou non, dans l&rsquo;obscurité des coraux calcifient de manière identique. Il s&rsquo;agirait donc plutôt d&rsquo;une inhibition (déficit d&rsquo;O<sub>2</sub> et augmentation de CO<sub>2</sub> en l&rsquo;absence de lumière) que d&rsquo;une stimulation par celle-ci. </p>
<h3>6.1. Photosynthèse </h3>
<figure class="figfloat" style="float:left;"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/10_photosynthese.png" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/croissancecorallienne/10_photosynthese.png"></a> </figure>
<p class="align-j">Plusieurs hypothèses impliquent les zooxanthelles, dinoflagellés symbiotiques, dans la biominéralisation. Cette dernière suit le profil de la respiration du corail (échanges O<sub>2</sub> et CO<sub>2</sub>) lié à l&rsquo;activité photosynthétique, elle-même dépendante de la lumière et de la température, avec une amélioration de calcification diurne et estivale :</p>
<ul>
<li>Production d&rsquo;énergie et d&rsquo;O<sub>2</sub> par la photosynthèse pour les métabolismes du corail ;</li>
<li>Absorption de substances inhibitrices de la calcification, telles que les phosphates.</li>
<li>Synthèse de molécules ou de précurseurs pour la formation de la matrice organique. </li>
<li>Absorption de CO<sub>2</sub> permettant d&rsquo;augmenter le pH et ajuster l&rsquo;équilibre du CID dans les tissus coralliens. </li>
<li>Dans ce dernier cas, le mode de modification de l&rsquo;équilibre du CID n&rsquo;est toujours pas clair. L&rsquo;effet tardif de la lumière sur la calcification, 10 minutes après le début du processus photosynthétique, permet de privilégier une hypothèse récente (fig. ci-contre). La production d&rsquo;anions hydroxyde OH- par la photosynthèse dans la cavité cœlentérique, dont le taux est largement supérieur au besoin du corail, neutralise les cations H<sup>+</sup> issus de la précipitation du CaCO<sub>3</sub>, permettant ainsi à la calcification de se poursuivre. Calcification et photosynthèse peuvent ainsi se dérouler indépendamment : la calcification peut être inhibée sans altérer la photosynthèse. </li>
</ul>
<p class="align-j">Dans l&rsquo;obscurité l&rsquo;acidification de la cavité cœlentérique due à l&rsquo;augmentation de CO<sub>2</sub> conjointement à une baisse d&rsquo;O<sub>2</sub> et d&rsquo;ATP, inhibe la calcification. En présence de lumière la pression d&rsquo;O<sub>2</sub> augmente la vitesse respiratoire et, avec elle, la production de CO<sub>2</sub> pour la calcification ainsi que la production d&rsquo;ATP pour les transporteurs dépendants d&rsquo;énergie, avec une remontée du pH dans la cavité cœlentérique, neutralisant les ions H<sup>+</sup> produits de la calcification.</p>
<p class="align-j"> Une autre hypothèse, indépendante de l&rsquo;équilibre en CID, suggère que les symbiotes des coraux photosynthétiques produisent une composition d&rsquo;acides aminés et une teneur en sucres différente des non symbiotiques, pouvant affecter la synthèse des précurseurs de la matrice organique. </p>
<h3>6.2. Lumière </h3>
<p class="align-j">La calcification des coraux symbiotiques s&rsquo;accélère à partir de faibles niveaux d&rsquo;éclairement (PAR env. 200 µmol m<sup>-1</sup> s<sup>-1</sup>) elle s&rsquo;améliore jusqu&rsquo;à des valeurs importantes selon les espèces (800 µmol m<sup>-1</sup> s<sup>-1</sup>).</p>
<p class="align-j"> La lumière aurait un effet direct (sans effet des zooxanthelles) sur la calcification. La calcification serait alors découplée de la photosynthèse, des protéines photoréceptrices activant des transporteurs membranaires. </p>
<h3>6.3. Spectre lumineux </h3>
<p class="align-j">Une étude récente montre que la photosynthèse est inférieure sous lumière bleue que sous un spectre complet (lumière du jour). Cependant la calcification serait tout aussi élevée. Si la photosynthèse peut se produire sur une large gamme de longueurs d&rsquo;onde, il a été mesuré que la calcification améliorée par la lumière (LEC) est maximale dans une bande d&rsquo;onde très étroite de la gamme bleue : 455 nm. Ce n&rsquo;est pas le cas des autres longueurs d&rsquo;ondes de bleu proches.</p>
<p class="align-j"> Cette étude propose que plusieurs photorécepteurs de cette longueur d&rsquo;onde bleue provoquent le « découplage » entre photosynthèse et calcification. Ils permettent d&rsquo;activer des pompes à protons et canaux ioniques (cation et anion) pour le transport transmembranaire du calcium et des carbonates, indépendamment de la photosynthèse. Ce constat peut expliquer le fait que des coraux proches de la surface ne poussent que 3 fois plus vite que dans l&rsquo;environnement bleu de 30 m de profondeur, alors que l&rsquo;énergie lumineuse PAR est 8 fois plus élevé. </p>
<p class="align-j">Les Acropora utilisent également des signaux lumineux, lumière bleue de 408 à 508 nm, pour orienter la croissance axiale des polypes. </p>
<h2>7. Maintenance en aquarium et calcification</h2>
<p class="align-j">Il est maintenant bien établi qu&rsquo;un changement dans les paramètres environnementaux affectent directement la calcification des coraux sur le récif. Il en est de même en aquarium. Les stress subits par le corail durant les fluctuations de paramètres, tout comme par les pollutions de l&rsquo;eau (sédiments, toxines, eutrophisation propice au développement algal, maladies bactériennes et virales) sont de nature à réduire la calcification ainsi que d&rsquo;autres métabolismes.</p>
<h3>7.1. Paramètres physiques et environnement</h3>
<ul>
<li> pH : Il affecte la disponibilité des ions calcium Ca<sup>2+</sup> et bicarbonates HCO<sub>3</sub><sup>2-</sup> et le niveau électrochimique dans l&rsquo;espace calcifiant. Il doit être maintenu à un niveau suffisamment élevé, la calcification étant favorisée dans une plage 8 à 8,4, et perturbée voire inhibée en dehors. La calcification est très altérée à pH 7,4, produisant des squelettes poreux.</li>
<li>Température : Paramètre important, la température influe sur la vitesse des métabolismes. En mer la calcification optimale mesurée est très variable, même d&rsquo;une espèce à l&rsquo;autre, de 22 à 31°C selon l&rsquo;origine éco-géographique et le biotope du corail. Elle se réduit très rapidement au-delà de cet optimum. Son augmentation estivale accélère la minéralisation, influencée aussi par d&rsquo;autres paramètres tels que les apports de plancton marin à cette période. Le corail n&rsquo;est cependant pas en mesure de réguler sa température, les changements ou les épisodes prolongés à haute température induisent des stress dont le blanchissement est un premier signe. Sauf espèce ou origine particulière, pour une bonne calcification en aquarium et compte tenu des aléas de maintenance, la température moyenne visée ne devrait pas être trop haute, de l&rsquo;ordre de 25 à 28°C. </li>
<li>Lumière : l&rsquo;énergie lumineuse permet aux zooxanthelles (hétérotrophie) de photo synthétiser les éléments nécessaires aux métabolismes : calcification, production de matrice organique) et pour alimenter les pompes de transport des ions (CO<sub>3</sub>+, HCO<sub>3</sub><sup>2-</sup>, Ca<sup>2+</sup>, H<sup>+</sup>) pour la calcification. Elles fournissent de 75 % à près de 100% des besoins. La lumière améliore la calcification des coraux zooxanthellés. Cependant les radicaux libres oxydants (ROS) sous-produits de la photosynthèse sont très toxiques pour la cellule. Coraux et algues sont équipés de protéines détoxifiantes pour les éliminer moyennant une dépense d&rsquo;énergie qui progresse au cours de la journée. Dès lors, une exposition adaptée et une phase nocturne sont indispensable aux coraux pour réduire ce taux de ROS au niveau d&rsquo;acceptable pour leur survie. La limpidité de l&rsquo;eau de même qu&rsquo;une sédimentation conditionnent également la pénétration de la lumière et la croissance corallienne.
<ul>
<li>Quantité de lumière : PAR entre 150 à 600 µmol m<sup>-1</sup> s<sup>-1</sup> ; adapté aux espèces. Une lumière excessive provoque stress oxydatifs et blanchiments ; </li>
<li>Photopériode environ 10h, une phase nocturne suffisante est essentielle. </li>
<li>Spectre : large pour assurer tous les métabolismes, avec une pointe de bleu 455 nm efficace sur la calcification, notamment en profondeur.</li>
</ul>
</li>
<li>Brassage : il favorise les échanges gazeux et l&rsquo;apport en O<sub>2</sub>. </li>
<li>Sédiments : outre que des particules en suspension réduisent significativement la pénétration de la lumière, les dépôts sur les tissus des coraux génèrent des stress qui déstabilisent la calcification. </li>
</ul>
<h3>7.2. Paramètres chimiques (macro éléments, nutriments) </h3>
<p class="align-j">Ils sont indispensables aux métabolismes du corail, comme source d&rsquo;énergie et pour leur réalisation, bien que leurs effets sur la calcification soient encore mal connus. Les nourritures complémentaires, sans excès, en solution ou particulaires, vivantes ou mortes, constituent un complément de nutriments organiques disponibles pour le corail. Les nutriments améliorent la croissance des algues ; Leur carence peut aussi perturber la symbiose, et en particulier le couplage entre la photosynthèse et la calcification.</p>
<ul>
<li>Macroéléments : carbonates, calcium, magnésium, potassium, strontium, baryum&#8230;) participent directement à la calcification :
<ul>
<li>Carbonates : KH 7 à 9 dKH. Le milieu calcifiant régule les apports qui sont toujours suffisants quand la dureté carbonatée (KH) est maintenue dans les valeurs habituelles. La calcification se produisant aussi de nuit, il faut donc supplémenter sur 24 heures, et d&rsquo;autant plus régulièrement que la consommation est forte. La réserve de carbonates est alors suffisante pour que ces apports se fassent périodiquement sans être continus. La distribution dans la période nocturne peut être ralentie du fait que la consommation diminue, environ 3 fois inférieure la nuit. Une distribution nocturne permet de compenser l&rsquo;acidification et de stabiliser le pH la nuit.</li>
<li>Calcium : de 380 à 450 mg/l, plage suffisante pour toujours subvenir aux besoins sans risque de précipitation.</li>
<li>Mg, Sr, S, Cl, Ni et Na peuvent être présents en faible quantité dans le squelette sans que leurs effets soient parfaitement établis.</li>
</ul>
</li>
<li> Nutriments
<ul>
<li> Azote et phosphore sont indispensables pour la construction des protéines. Une concentration excessive épaissit les tissus et masque les pigments colorants.</li>
<li>PO4 : 0.02 à 0.10 mg/l : indispensables comme source d&rsquo;énergie, ils inhibent la croissance à forte dose</li>
</ul>
</li>
<li>Oligoéléments :
<ul>
<li>Absence de carence : Dans un milieu clos la croissance du squelette peut consommer un élément jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il devienne le facteur limitant de la calcification. Il y a peu de risque avec les composants essentiels mesurés et gérés par la supplémentation pour autant que l&rsquo;on reste dans les limites admises : carbonates, calcium. D&rsquo;autres éléments sont plus difficilement mesurés : oligoéléments, vitamines quand d&rsquo;autres encore sont non quantifiables, parfois produits par le polype : tels que les enzymes facteurs de transport membranaires.</li>
<li>Certains oligoéléments sont présents dans le squelette Li, B, Na, Mg, Sr et Ba&#8230; sans en connaitre tous les impacts. D&rsquo;autres encore tels que le manganèse, molybdène, fluor, bore, brome, vanadium&#8230; ainsi que les vitamines&#8230; agissant tels quels ou après transformation influent sur le métabolisme ou le catabolisme (catalyseurs, transporteurs d&rsquo;énergie ou membranaires, stockage, antioxydants, oxydants&#8230;) et plus globalement à la croissance des cellules. Leur carence devient un facteur limitant la calcification.</li>
</ul>
</li>
<li>Eléments poisons :
<ul>
<li> Des éléments en excès, inhibent, voire peuvent stopper la calcification, même à faible dose : aluminium, chrome, étain, iode, vanadium&#8230; </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>7.3. Génétique et sélections </h3>
<p class="align-j">L&rsquo;ADN des zooxanthelles et du corail affectent leurs fonctionnalités. Un environnement différent nécessite une adaptation qui impacte la vitesse de calcification. L&rsquo;incapacité des zooxanthelles ou du corail à s&rsquo;adapter à un nouvel environnement (éclairage, pH&#8230;) affecte son développement. </p>
<p class="align-j">Les souches importées d&rsquo;une même espèce peuvent être issues de spécimens aux gènes plus ou moins résistants. Des chimères ont aussi pu se former pour donner des individus supportant mieux les stress d&rsquo;un milieu clos. Au contraire, le maintien d&rsquo;un spécimen peut s&rsquo;avérer difficile malgré des conditions acceptables. Les souches issues de spécimens déjà maintenus en aquarium, ont subi une sélection de nature à faciliter leur adaptation au nouvel aquarium. </p>
<p class="align-j">Le  tableau  qui suit synthétise les règles à respecter pour une croissance satisfaisante.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: 15% 1fr; width: 90%; ">
<div class="grille-titre">Paramètres    pouvant affecter la croissance des coraux scléractiniaires</div>
<div class="grille-entete">&nbsp;</div>
<div class="grille-entete">Exemple</div>
<div class="grille-entete">Physiques</div>
<div class="textrangee">
<p><strong>pH</strong> : 8 à 8,4 
    </p>
<p> <strong>Température</strong>&nbsp;: 23 à 26°C selon l&rsquo;origine    éco-géographique. </p>
<p>    <strong>Lumière</strong> :</p>
<li> Quantité de lumière : PPFD de 150 &#8211; 600 µmol m-1 s-1 adapté aux espèces. Photopériode : ≈ 10 h. </li>
<li>Spectre : complet ou bleu dont longueur d’onde 455 nm. Paramètres : stables</li>
</ul></div>
<div class="grille-entete">Chimiques</div>
<div class="textrangee">
<p><strong>PO4</strong> 0.02 à 0.10mg/l ; <strong>NO3</strong> ≈ 3 mg/l ; éviter <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/2197.png" alt="↗" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>PO4</strong> + <img src="https://s.w.org/images/core/emoji/16.0.1/72x72/2197.png" alt="↗" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>NO3</strong> </p>
<p><strong>Macroéléments</strong> : Ca, carbonates, Na, Mg, Ca, K, Sr dans limites admises Ca 380 – 450ppm, KH 7 à 9 dKH, </p>
<p><strong>Oligoéléments</strong> nécessaires aux métabolismes vitaux et photosynthèse (Mn, Mo, F, B, Br, V, Fe), et la calcification (Li, Ba, B, Ni …) dans les fourchettes admises. Carence = facteur limitant la calcification. </p>
<p><strong>Eléments poisons</strong> : en excès (PO4, Al, B, Br, I, Ni, V, Zn…) ou à faible dose ils peuvent réduire ou inhiber la calcification (Ag, As, Cd, Sn).</p>
</p></div>
<div class="grille-entete">Génétique</div>
<div class="textrangee">Génotypes résistants, sélectionnés</div>
</div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">De l&rsquo;océan à l&rsquo;aquarium, cet article a tenté de mieux faire comprendre la croissance des coraux. A chacun de mettre en œuvre, selon ses orientations, une maintenance permettant l&rsquo;épanouissement des colonies. La prudence serait d&rsquo;assurer une maintenance stable, à l&rsquo;intérieur des limites établies, sans omettre les bénéfices d&rsquo;un système équilibré, avec sa biodiversité. </p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>Références </h2>
<ul>
<li><strong>Biominéralisation </strong><strong> </strong><br />
    <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1631068304001368?via%3Dihub"><em>Biomineralisation in reef-building  corals: from molecular mechanisms to environmental control</em></a>ScienceDirect</li>
<li><em>Coral calcification in a changing World and the  interactive dynamics of pH and DIC upregulation</em>, <a href="https://www.nature.com/articles/ncomms15686">Nature Communications</a></li>
<li> <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5310029/"><em>Coral calcifying fluid pH is  modulated by seawater carbonate chemistry not solely seawater pH</em></a></li>
<li>Calcification  des coraux scléractiniaires &#8211; Du polype aux molécules,<a href="https://www.cap-recifal.com/articles.html/actubiorecif/calcification-des-coraux-scl%C3%A9ractiniaires-du-polype-aux-mol%C3%A9cules-r34/"> Cap Récifal</a> </li>
<li>La biominéralisation, <a href="https://recifscoralliens.wixsite.com/monsite/la-biomineralisation">Recifscoralliens</a> </li>
<li><em>Calcification of SPS Corals in the Reef Aquarium Hobby</em>,<a href="https://reefs.com/calcification-of-sps-corals-in-the-reef-aquarium-hobby/"> Reefs.com</a> </li>
<li>Études  moléculaire et physiologique des mécanismes permettant l&rsquo;utilisation du carbone  inorganique chez le corail Scléractiniaire, Anthony BERTUCCI , 2010, Thèse <a href="https://www.researchgate.net/profile/Anthony-Bertucci/publication/330737847_Molecular_and_physiological_studies_of_inorganic_carbon_utilization_mechanisms_in_the_scleractinian_coral_Stylophora_pistillata_Esper_1797/links/5c51a510a6fdccd6b5d4d5a9/Molecular-and-physiological-studies-of-inorganic-carbon-utilization-mechanisms-in-the-scleractinian-coral-Stylophora-pistillata-Esper-1797.pdf">pdf</a> </li>
<li><a href="https://journals.biologists.com/jeb/article/199/5/1029/7271/A-compartmental-approach-to-the-mechanism-of"><em>A compartmental approach to the  mechanism of calcification in hermatypic corals</em></a>, <a href="https://cob.silverchair-cdn.com/cob/content_public/journal/jeb/199/5/10.1242_jeb.199.5.1029/1/1029.pdf?Expires=1672342744&#038;Signature=v1EHDcy~MQLzWAHYUK9VZoHpVNeGCy8kGjiiKa~hw01JmUns1CzZUe~JF3Hq8Xk82Pamkp59LzdINTuk0vQaspwGC64t16fDKc30nsmh~VOAv5umCLqKVsL6WAcJSnATmIXyl0l1C6KUwKiCpbzQBbqRjEGgbrygZI92KiHxphAYI88o3XT2yFC02R-fWgOJoFFn48wbqnsNOeYHHiCLGIU8xLOjyQWqsU4rEBMOh8AofzhxD0-UvTKHG3KiA~gzkk45bWj~g0zHapoBWc4Vrn87Axx~SKty4IVfPqloygDd4x6SSj5ChT5gA5vXlvegd9ieLSNfXinzsNddxrSlCw__&#038;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA"><em>Document PDF </em></a>,  The Journal of Experimental Biology 199, 1029–1041 (1996) 1029 Printed in Great  Britain © The Company of Biologists Limited 1996 JEB0062</li>
<li><a href="https://www.synchrotron-soleil.fr/fr/actualites/comment-les-etres-vivants-fabriquent-ils-des-structures-minerales-sur-tempo-la">Comment  les êtres vivants fabriquent-ils des structures minérales ? Sur TEMPO, la  photoémission X appliquée aux coquilles et aux coraux apporte une information à  l&rsquo;échelle moléculaire</a>  </li>
<li><a href="https://bmcgenomics.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2164-15-1133">The genetics of colony form and function in Caribbean Acropora corals</a> </li>
<li><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2224230/"><em>Extracellular matrix production and  calcium carbonate precipitation by coral cells&nbsp;in vitro</em></a></li>
<li><a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2012025117"><em>From particle attachment to space-filling coral  skeletons</em></a>, <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2012025117#con1">Chang-Yu&nbsp;Sun</a>,&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2012025117#con2">Cayla A.&nbsp;Stifler</a>,&nbsp;<a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2012025117#con3">Rajesh V.&nbsp;Chopdekar</a>,  PNAS <a href="https://www.pnas.org/topic/bio-sci" title="Biological Sciences landing page">Biological Sciences</a>, November  13, 2020 </li>
<li><a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.14912"><em>How corals made rocks through the  ages, Jeana</em></a> L. Drake,&nbsp;Tali  Mass,&nbsp;Jarosław Stolarski,&nbsp;Stanislas Von Euw,&nbsp;Bas van de  Schootbrugge,&nbsp;Paul G. Falkowski, Wiley Online Library, 11/2019 </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/330737847_Molecular_and_physiological_studies_of_inorganic_carbon_utilization_mechanisms_in_the_scleractinian_coral_Stylophora_pistillata_Esper_1797"><em>Molecular and physiological studies  of inorganic carbon utilization mechanisms in the scleractinian coral  Stylophora pistillata</em></a>(Esper, 1797) </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/224837319_Observations_of_the_tissue-skeleton_interface_in_the_scleractinian_coral_Stylophora_pistillata"><em>Observations of the tissue-skeleton  interface in the scleractinian coral Stylophora pistillata</em></a></li>
<li><a href="https://academic.oup.com/icesjms/article/73/3/558/2457920"><em>The Omega myth: what really drives  lower calcification rates in an acidifying ocean</em>&nbsp;</a>, <a href="javascript:;">Tyler Cyronak</a>,&nbsp;<a href="javascript:;">Kai G. Schulz</a>,&nbsp;<a href="javascript:;">Paul L. Jokiel</a>, <em>ICES Journal of Marine Science</em>,  Volume 73, Issue 3, February/March 2016, Pages 558–562, </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/226843456_Morphology_of_coral_desmocytes_cells_that_anchor_the_calicoblastic_epithelium_to_the_skeleton"><em>Morphology of coral desmocytes,  cells that anchor the calicoblastic epithelium to the skeleton</em></a> , L. Muscatine , E. Tambutte, D. Allemand, December 1997, Coral Reefs&nbsp;16(4):205-213, , <a href="https://www.researchgate.net/profile/Eric-Tambutte/publication/226843456_Morphology_of_coral_desmocytes_cells_that_anchor_the_calicoblastic_epithelium_to_the_skeleton/links/56a766fa08ae997e22bbdae8/Morphology-of-coral-desmocytes-cells-that-anchor-the-calicoblastic-epithelium-to-the-skeleton.pdf">PDF</a> </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/225293034_Cell_Biology_of_Cnidarian-Dinoflagellate_Symbiosis"><em>Cell Biology of  Cnidarian-Dinoflagellate Symbiosis</em></a>, Simon K Davy, Denis Allemand, Virginia M Weis, Microbiology and molecular  biology reviews, juin 2012 </li>
<li><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022098104002394"><em>Short term viability of soft tissue  detached from the skeleton of reef-building corals</em></a>,  Isabelle  Domart-Coulon,&nbsp;Sylvie&nbsp;Tambutté,&nbsp;Eric&nbsp;Tambutté,&nbsp;Denis&nbsp;Allemand. <a href="https://www.sciencedirect.com/journal/journal-of-experimental-marine-biology-and-ecology">Journal of Experimental Marine  Biology and Ecology</a>, 10/2004 </li>
<li><a href="https://journals.biologists.com/jeb/article/223/17/jeb227074/225956/Paracellular-transport-to-the-coral-calcifying"><em>Paracellular transport to the coral  calcifying medium: effects of environmental parameters</em></a>,  Alexander A. Venn, Coralie Bernardet, Apolline Chabenat, Eric Tambutté, Sylvie  Tambutté, Research article, 09/2020, <a href="https://cob.silverchair-cdn.com/cob/content_public/journal/jeb/223/17/10.1242_jeb.227074/3/jeb227074.pdf?Expires=1682274736&#038;Signature=W-omXzw1E~6fciEvvNwtlcdaFP-1J8Wh7~q7J9Jl~wxOmt4~B95X56hJOUWP-VMRKTsaZGoCQjDvtBVyVkA6jfFPn5wCuA-8HQ7mZEixfCd3yNzHafyKaKxPgs62GokbrkvHvvk4hESgz2l0dNw9ICKFzl8b3~VbNnPjHAl-M-yStuOQXJrkY93ps1VN-yjwQ~BZvlUtMkTpq6CRleTqBCehnPPgjin67JGySTAUAzf8GB3FF1bm~GjJLKS6MzeKfMQrOXJAe6lUP-UuWRGUX~e8bwW~uiCEGyxLoqxantO~JjlVC9QQNXimiSDMr-dOyGeWuiMJdFnmPxGBs-hgRw__&#038;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">pdf</a>. </li>
<li><a href="https://theses.hal.science/tel-03423244v1/document">Physiologie des  transports ioniques et moléculaires chez les coraux, implications  environnementales</a>. Coralie Bernardet. Thèse de doctorat, Biochimie,  Biologie Moléculaire. Sorbonne Université, 2019. Français.  ffNNT : 2019SORUS496ff. fftel-03423244 </li>
</ul>
<p>
  <strong>Matrice organique</strong> </p>
<ul>
<li>
    <a href="https://cob.silverchair-cdn.com/cob/content_public/journal/jeb/201/13/10.1242_jeb.201.13.2001/1/2001.pdf?Expires=1672185868&#038;Signature=WIRxM9FrtlQO7tRxDBHhNnL2hDRvtPaHt70hE2xZRpXs4qHc7RjFMpq9WxdIlAYB18-HeB4y1k1F7npGPZFee7C68T1mftWeaPHYIfsCvMi5YW~pZexHiT~ripnabi4Fkpe0co8hBN-GpCXrcmeilF2zkaUzhuD-TRHnaIR8SLdEK45bdP87VdPxJedpTM6BocmE8DvMWbQEUb67K4sfepwmHtX53Vo9ZIYgYl7ianvubgZxT3N2t8dTH7MhSMt-L5B8Aj8TTfPWRmP0cq6BWz4x8GUiwy0LvWM78NJEATroJ4JIWFpeOJEdnz4T1DvrQuJ~dv9F7yD5C~eFKqsAdQ__&#038;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA"><em>Organic matrix synthesis in the  scleractinian coral stylophora pistillata: role in biomineralization and  potential target of the organotin tributyltin </em></a> 
  </li>
</ul>
<p><strong>Photosynthèse, lumière</strong><strong> </strong></p>
<ul>
<li><a href="https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmars.2015.00122/full"><em>Light Enhanced Calcification in  Hermatypic Corals: New Insights from Light Spectral Responses</em></a></li>
<li><a href="https://journals.physiology.org/doi/full/10.1152/ajpregu.2000.278.4.r870"><em>Involvement of H<sup>+</sup>-ATPase and  carbonic anhydrase in inorganic carbon uptake for endosymbiont photosynthesis</em></a>,  Am J Physiol Regulatory Integrative Comp Physiol 278: R870–R881, 2000 <a href="https://journals.physiology.org/doi/pdf/10.1152/ajpregu.2000.278.4.R870"><em>PDF</em></a>,<strong> </strong></li>
<li><a href="https://academic.oup.com/icb/article/39/1/160/124585"><em>Photosynthesis and Calcification at  Cellular, Organismal and Community Levels in Coral Reefs: A</em></a></li>
<li><a href="https://academic.oup.com/icb/article/39/1/160/124585"><em>Review on  Interactions and Control by Carbonate Chemistry </em></a>  <a href="https://watermark.silverchair.com/39-1-160.pdf?token=AQECAHi208BE49Ooan9kkhW_Ercy7Dm3ZL_9Cf3qfKAc485ysgAAAsEwggK9BgkqhkiG9w0BBwagggKuMIICqgIBADCCAqMGCSqGSIb3DQEHATAeBglghkgBZQMEAS4wEQQMjovHoaPN6uZYmSS8AgEQgIICdNDUHc00CE9D_fR8ojcqfVr1RjiTETvtyj3bF1QAzLYU3U7-jCrrIPxCNpxEDM-WlTSchDpocmWFOFEG0gu-ZmAUBL5vCF2OdPlSCpYsjMuOV0i9AaNoSVIpaRppvcOK0q3uVMzfagIom1X9E5pSOvaAvar9d3GbNIQz4794c_W9eNVZ8cIxyUUIuXU9AOkxLUn9EBItcGZQwNTBGyOb9OQzQAG585s5K-ut_swzKtpUP2SNiBtyX_cXZA65eFXnMfbt10dNEhCEhk2DO<sub>2</sub>m-s6aZMZnGky_V6a2HYJyPX7r_mKxmzGZtioZjW4PUPi95QGj3hn18Fn1Oqi0vKDgRDI3RkWsbU7uG-7iclSqKtMXvn8pEUysiaIIraGcE28mJC9dnNqPeOHLD8MVrMHzUmbbUkMni60KbbUl08UQP-SJK9m83MEHc63NEnk46Fic9Ep9ExBCjWkAljeL_Qcm7OSYhsc-LMEr6yxtiwe5zRXqJ89YglyQ7_PIRbS2Ds-dSqdsRhynuHCHP34Dd43VodZGn5GKwDsv7VQEJbSD6d6ZjJeVPl_Je9QSmDN6r702uzLe0CsC4Xq5TboMRz3OtC_Odd4sAs-0y529Ir-l5uNyFdKrpOmDIKyeOc2oein2UMAGKoIfdVuZaknGN0hdB6Esubj8AFEAOANsLwxv45DECzpzmql2_PoRwgzRkXy4LpiLB3D9T-ECqY5cwGuQLd3Gjc8NZz3GLgG-jgfOl7WwX3_XAYce0bP4-E0jw0HLZtbjH_a_FcyxxLb4iDKXA0VBf2xy44Qq0jzS-wwuoq8Ga7_hs2vTnmKd0ZFG4ARU8KPdQcBQ »>Pdf</a> 1999 </li>
<li><a href="https://journals.biologists.com/jeb/article/203/22/3445/8575/Sources-and-mechanisms-of-inorganic-carbon"><em>Sources and mechanisms of inorganic  carbon transport for coral calcification and photosynthesis</em></a> ,Journal of Experimental Biology, The Company of Biologists, <a href="https://cob.silverchair-cdn.com/cob/content_public/journal/jeb/203/22/10.1242_jeb.203.22.3445/1/3445.pdf?Expires=1671286447&#038;Signature=QVc3bH3umQ8o3dDkFTpKOYQVa7tVkGtNaZ1YFmQJ-7Rx9swnoZ9t7eWWFDm2o3ExdR2wpr7097~gj7uROCsIOtobkJnT4OhT95gNklzM3BPuILW5n3spjMfLHviPMKCTyEihDQWSqclyVIe9Y-oMni2-LepSVYnqStYTh86LF0sPhQlY7T1zBg8hMimLNodrcF~zpWbX-cJG7T2zHjh6emCbssc0QawUws3K3CvaX3xJLCtk8VP0ubjSZco6QUyJ4LvFmCmpLuhx1YS14QEKOlwNgJg5x8tD1q~kaYOvynwethBK1xsLfnv0V9HU67p7LV5dnW1nrRxtqGzrzcunNw__&#038;Key-Pair-Id=APKAIE5G5CRDK6RD3PGA">Pdf</a> 
  </li>
</ul>
<p><strong>Nutriments</strong><strong> </strong></p>
<ul>
<li><a href="http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/bibliographies/m1-12-13-biosci-reviews-fournier-a-1c-m.xml"><em>The story of symbiosis with  zooxanthellae, or how they enable their host to thrive in a nutrient poor  environment</em></a><em>.</em></li>
<li><a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s003380000078"><em>Effect of  nutrient enrichment on growth and photosynthesis of the zooxanthellate coral  Stylophora pistillat</em>a</a> : les ingénieurs des océans sont menacés, <a href="https://www.encyclopedie-environnement.org/vivant/coraux-ingenieurs-oceans-menaces/">Encyclopédie  de l&rsquo;environnement</a> </li>
<li><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022098101002416"><em>Response of a scleractinian coral,  Stylophora pistillata, to iron and nitrate enrichmen</em>t</a> , ScienceDirect </li>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/325012839_ELEMENTAL_ANALYSIS_OF_THE_CORAL_STYLOPHORA_PISTILLATA_INCUBATED_ALONG_THE_JORDANIAN_COAST_OF_THE_GULF_OF_AQABA"><em>Elemental analysis of the coral </em><em>stylophora </em><em>pistillata</em><em> incubated along the jordanian coast  of the gulf of aqaba</em></a></li>
<li><a href="https://www.nature.com/articles/s41467-018-04285-7"><em>Minerals in the pre-settled  coral&nbsp;Stylophora pistillata&nbsp;crystallize via protein and ion changes</em></a>
  </li>
</ul>
<p><strong>Environnement</strong></p>
<ul>
<li><a href="https://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/10970/Theriault_Gauthier_Maude_MSc_2017.pdf?sequence=1&#038;isAllowed=y">L&rsquo;évolution  assistée pour favoriser la résilience et la résistance des récifs coralliens  face aux changements climatiques</a>, Maude Thériault-Gauthier, faculté des  sciences université de Sherbrooke, mai 2017</li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/croissance-du-corail/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/croissance-du-corail/">Croissance du corail</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Ostraciidae &#8211; Poissons coffres</title>
		<link>https://reeflexion.fr/ostraciidae-poissons-coffres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Sep 2018 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vivant]]></category>
		<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[coffre]]></category>
		<category><![CDATA[lactoria]]></category>
		<category><![CDATA[ostraciidae]]></category>
		<category><![CDATA[ostracion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Ostraciidae, ou poissons coffres, sont des poissons fascinants et atypiques, souvent convoités par les aquariophiles récifaux. Leur morphologie les distingue des autres espèces. De plus, ils arborent des couleurs vives et des motifs variés qui ajoutent à leur intérêt. Cependant, ces poissons demandent une attention particulière en captivité. Un environnement adapté, des compagnons non [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Les Ostraciidae, ou poissons coffres, sont des poissons fascinants et atypiques, souvent convoités par les aquariophiles récifaux. Leur morphologie les distingue des autres espèces. De plus, ils arborent des couleurs vives et des motifs variés qui ajoutent à leur intérêt. Cependant, ces poissons demandent une attention particulière en captivité. Un environnement adapté, des compagnons non agressifs et une alimentation variée. Cet article en résume les grandes lignes pour ieux les connaître.</p>
<h2>Identité</h2>
<p class="align-j"><strong>Ordre : </strong>Tetraodontiformes. <br />
  <strong>Famille :</strong> Ostraciidae  (poissons-coffres)<strong><br />
  </strong><strong>Genres</strong> : La famille  des<strong> </strong>Ostraciidae  poss&egrave;de une dizaine de genres dont les plus connus sont les Lactoria et Ostracion.</p>
<h2>Espèces</h2>
<p class="align-j">Parmi les espèces les plus communes en aquariophilie.</p>
<h3><em>Ostracion cubicum</em></h3>
<p class="align-j">Autrefois nommé <em>Ostracion cubicus</em>, cette appellation ne respectait pas les règles taxonomiques actuelles régissant les accords grammaticaux latins. Ainsi le nouveau nom <em>Ostracion cubicum</em> est reconnu comme le nom valide dans les bases de données taxonomiques (ex. WoRMS).</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cubicum_juvenile.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion cubicum</em> juvénile.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cubicum_adulte.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion cubicum</em> adulte.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cubicum_vieux.jpg"><figcaption class="figlegende">Vieux spécimen d&rsquo;<em>Ostracion cubicum</em> adulte.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://doris.ffessm.fr/Especes/Ostracion-cubicum-Poisson-coffre-jaune-2245">Doris, Renat VAGNOTTI</a></div>
</figure>
</div>
<p class="align-j"><strong>Distribution g&eacute;ographique</strong> : Indo-Pacifique; Nouvelle-Z&eacute;lande, jusqu&rsquo;&agrave; Hawa&iuml;, Afrique  orientale, Mer rouge, Afrique du Sud jusque dans l&rsquo;Atlantique <br />
  <strong>Taille adulte</strong> : 45 cm.<br />
  <strong>Couleurs communes, formes</strong> : Les juv&eacute;niles  sont jaune lumineux et couverts de points noirs et d&eacute;veloppent des anneaux  blancs en grandissant. La coloration devient jaune p&acirc;le, jusqu&rsquo;&agrave; devenir gris  bleu. Les vieux sp&eacute;cimens peuvent d&eacute;velopper une bosse saillante au-dessus de  leur l&egrave;vre sup&eacute;rieure. &nbsp;<br />
  <strong>Particularit&eacute;s :</strong> parmi les  plus commun dans le commerce.
</p>
<h3><em>Ostracion meleagris</em></h3>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_meleagris_juvenile.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion meleagris</em> juvénile.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_meleagris_adulte.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion meleagris</em> adulte mâle.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j"><strong>Nom commun fran&ccedil;ais</strong> : poisson-coffre pintade, poisson-coffre noir ou &agrave;  taches blanches.<strong><br />
  Distribution g&eacute;ographique</strong> : Indopacifique, Japon, <strong><br />
  Taille adulte</strong> : 15 cm<br />
  <strong>Couleurs communes, formes</strong> : les couleurs  varient selon le sexe. Les m&acirc;les sont bleu &agrave;  taches lat&eacute;rales et points orange et le dos noir  ponctu&eacute; de blanc. Les juv&eacute;niles et les femelles  sont noires &agrave; points blancs.<br />
  <strong>Particularit&eacute;s</strong> : parmi les plus petits des poissons-coffres.</p>
<h3 class="align-j"><em>Lactoria cornuta</em></h3>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/lactoria_cornuta_juvenile.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Lactoria cornuta</em> juvénile.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/lactoria_cornuta_adulte.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Lactoria cornuta</em> adulte.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j"><strong>Nom commun</strong> <strong>fran&ccedil;ais </strong>: Poisson-Vache &agrave; longues cornes&nbsp;<strong><br />
  Distribution g&eacute;ographique</strong> : Indo-Pacifique, Mer rouge, Afrique  orientale.<strong><br />
  Taille adulte</strong> : 40 cm.<strong><br />
  Couleurs communes, formes</strong> : L.  cornuta poss&egrave;de 2 paires de cornes souvent plus petites en captivit&eacute;. Pas de livr&eacute;e juv&eacute;nile, pas de dimorphisme sexuel. Selon le r&eacute;gime, l&rsquo;&acirc;ge, l&rsquo;&eacute;clairage, la  qualit&eacute; de l&rsquo;eau, et l&rsquo;humeur la coloration varie de jaune p&acirc;le ou fonc&eacute; jusqu&rsquo;&agrave;  l&rsquo;olive avec des points blancs ou bleus.<strong> <br />
  Particularit&eacute;s</strong> : La  forme, le comportement de ce poisson attendrissant a la faveur de nombreux  aquariophiles. </p>
<div style="clear:both;"></div>
<h3><em>Ostracion cyanurus</em></h3>
<p class="align-j"><strong>Nom commun fran&ccedil;ais</strong> : Poisson-coffre  bleu<strong><br />
  Distribution g&eacute;ographique</strong> : Mer Rouge<strong><br />
  Taille adulte</strong> : &asymp;15 cm.<strong><br />
  Couleurs communes, formes :</strong> Les m&acirc;les sont magnifiquement ponctu&eacute;s de petites taches noires sur les flancs  bleu ciel (d&rsquo;o&ugrave; son nom de cyanurus). La femelle, plus petite est jaune à points noirs. Le  dimorphisme sexuel est lié à leur patron de couleur.<br />
  <strong>Particularit&eacute;s</strong> :</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cyanurus_juvenile.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion cyanurus</em> juvénile mâle.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://reeflifesurvey.com/species/ostracion-cyanurus/">Rick Stuart-Smith</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cyanurus_adulte.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion cyanurus</em> mâle adulte.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://redsealife.com/nl/hurghada/duikplaatsen/small-giftun/ostracion-cyanurus-ruppell-1828-ostraciidae/">RedSeaLife</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/ostraciidae/ostracion_cyanurus_femelle.jpg"><figcaption class="figlegende"><em>Ostracion cyanurus</em> femelle adulte.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://fishbase.mnhn.fr/photos/PicturesSummary.php?resultPage=1&#038;ID=12743&#038;what=species">Fishbase, Field, R.</a></div>
</figure>
</div>
<div style="clear:both;"></div>
<h2>Description</h2>
<p class="align-j">Dans la litt&eacute;rature, on cite souvent les ostracionid&eacute;s en se r&eacute;f&eacute;rant, parfois par erreur, au  seul genre Ostracion. Dans cet article, j&rsquo;&eacute;voquerai la  famille enti&egrave;re  des ostracid&eacute;s, puisque les observations sur les  esp&egrave;ces qui la composent sont   similaires. </p>
<p class="align-j">Les  Ostraciidae, dont le nom vient du grec &laquo;&nbsp;ostracum&nbsp;&raquo; qui signifie &quot;coquille&quot;,  ont des formes anguleuses  &agrave; tendance cubique. Ils se caract&eacute;risent par la pr&eacute;sence  sous la peau, de plaques osseuses rigides qui constituent un moyen de d&eacute;fense  contre leurs pr&eacute;dateurs. Les ou&iuml;es sont de simples fentes sans opercule, qui  les rendent plus sensibles aux parasites branchiaux. Leurs dents sont soud&eacute;es  en une tr&egrave;s solide plaque dentaire. Comme les balistes, les yeux sph&eacute;riques se meuvent ind&eacute;pendamment  l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Les petites nageoires lat&eacute;rales donnent aux poissons-coffres l&rsquo;impression particuli&egrave;re  de flotter et glisser dans l&rsquo;eau. </p>
<p class="align-j">Les Ostraciidae dont  la taille peut atteindre 50 cm  pour certains, sont souvent vendus tr&egrave;s petits et grandissent rapidement jusqu&rsquo;&agrave; 25 &ndash; 30 cm en captivit&eacute;</p>
<h2>Comportement et maintenance</h2>
<p class="align-j">Surgissant du d&eacute;cor, comme par magie et de surcro&icirc;t peu farouches, ils s&rsquo;offrent &agrave; la vue  comme des petits paquets cadeaux et sont toujours tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;s des aquariophiles.</p>
<p class="align-j">Les Ostraciidae occupent les lagunes, les prairies d&rsquo;algues et les r&eacute;cifs jusque dans la zone des 35m  de profondeur. Les  jeunes forment de petits groupes, mais les adultes deviennent solitaires. Ils  sont calmes peu rapides mais tr&egrave;s mobiles et capables de tourner sur eux-m&ecirc;mes.  Ils nagent en pleine eau et se propulsent par mouvements ondulatoires des  nageoires dorsale et anale, la caudale servant de gouvernail. </p>
<p class="align-j">Lorsqu&rsquo;ils  sont effray&eacute;s stress&eacute;s ou malades, ils sont capables de s&eacute;cr&eacute;ter par la peau  une substance chimique toxique, l&rsquo;ostracitoxine, un autre moyen de repousser les  pr&eacute;dateurs.</p>
<p class="align-j">Pour &eacute;viter les d&eacute;gagements de toxine, il faut  porter une attention particuli&egrave;re lors des transferts et durant&nbsp; l&rsquo;acclimatation&nbsp;: &eacute;viter de le brusquer  le poisson, utiliser une glaci&egrave;re opaque ferm&eacute;e et l&rsquo;introduire calmement, &eacute;clairage  &eacute;teint jusqu&rsquo;au lendemain.</p>
<p class="align-j">Ce poisson n&rsquo;est ni particuli&egrave;rement  agressif ni paisible. Sauf en couple, leurs relations intra sp&eacute;cifiques sont  mauvaises. Les esp&egrave;ces n&rsquo;ont malheureusement pas un dimorphisme sexuel marqu&eacute;,  donc &agrave; moins de les introduire dans un grand volume il est pr&eacute;f&eacute;rable de s&rsquo;en  tenir &agrave; un sp&eacute;cimen puisque les&nbsp;  ostracionid&eacute;s d&rsquo;esp&egrave;ces diff&eacute;rentes se supportent bien. Leurs relations  inter sp&eacute;cifiques sont bonnes mais ne pas les&nbsp;  introduire avec des hippocampes qu&rsquo;ils agressent en les confondant avec  des algues et dont le r&eacute;gime alimentaire est similaire. </p>
<p class="align-j">Les  Ostraciidae se maintiennent &nbsp;sans  difficult&eacute; lorsque les conditions sont respect&eacute;es. Pr&eacute;voir un bac de 500 litres minimum avec  de grands espaces et des PV am&eacute;nag&eacute;es en grottes pour cr&eacute;er des caches. Ces poissons effray&eacute;s peuvent sauter hors de l&rsquo;eau. On peut  pr&eacute;voir une protection, ou bien un&nbsp; bac  profond et &eacute;viter de  les associer avec des poissons turbulents en&nbsp;  conservant une densit&eacute; de population raisonnable.&nbsp; Dans  la nature ils ne s&rsquo;exposent&nbsp; pas &agrave; de  forts ensoleillements, un &eacute;clairage fluorescent en lumi&egrave;re du  jour est id&eacute;al et un bac &eacute;clair&eacute; en HQI disposera de zones d&rsquo;ombres. </p>
<p class="align-j">Dans  l&rsquo;aquarium, l&rsquo;ostracitoxine peut incommoder les autres poissons et m&ecirc;me  provoquer leur mort ainsi que celles des autres poissons-coffres. En cas de  s&eacute;cr&eacute;tion abondante  d&rsquo;ostracitoxine on peut constater la pr&eacute;sence d&rsquo;&eacute;cume en  surface et un e opacification de l&rsquo;eau.&nbsp; Cette  situation est toutefois assez rare et concerne plut&ocirc;t les poissons de grande  taille, confin&eacute;s dans un petit volume. Les poissons intoxiqu&eacute;s, perdent leur  &eacute;quilibre, planent ou d&eacute;vient sur le fond en pr&eacute;sentant des signes  d&rsquo;essoufflement. il faut les sortir de l&rsquo;eau, les placer rapidement dans une eau  saine et puis proc&eacute;der &agrave; un changement d&rsquo;eau de 50% avec filtration sur charbon  actif durant deux &agrave; trois jours au terme desquels le charbon sera jet&eacute;.&nbsp;</p>
<h2>Alimentation</h2>
<p class="align-j">Leur  nage lente et surtout l&rsquo;attention qu&rsquo;ils portent &agrave; la nourriture avant de  l&rsquo;avaler les rend sensibles &agrave; la concurrence alimentaire.</p>
<p class="align-j">Leurs  dents sont soud&eacute;es en une tr&egrave;s solide plaque dentaire permettant de fendre les coquilles des bivalves et des Bernard l&rsquo;ermite. Ils se nourrissent aussi d&rsquo;&eacute;ponges, de  tuniciers, de vers, algues, gast&eacute;ropodes, mollusques, &eacute;toiles de mer, crustac&eacute;s (crevettes, certains crabe) et parfois des petits poissons (demoiselles,  labres&hellip;).  Omnivores ils ne sont pas difficiles &agrave; alimenter, mais compte tenu de leur  lenteur, il faut &ecirc;tre attentif &agrave; ce qu&rsquo;ils se nourrissent suffisamment,  notamment lors de l&rsquo;acclimatation, si besoin par&nbsp; par des distributions&nbsp; fr&eacute;quentes, cibl&eacute;s avec des mysis, art&eacute;mias  ou des vers. Ils acceptent assez rapidement des morceaux de poisson, calmar, poulpe,  moule, de tubifex, krill ou de crevettes fra&icirc;ches ou lyophilis&eacute;es. Les poison-coffre  appr&eacute;cient aussi les v&eacute;g&eacute;taux qui doivent constituer la moiti&eacute; des apports alimentaires&nbsp;:  algues du refuge ou s&egrave;ches, spiruline, &eacute;pinards, salade. </p>
<p class="align-j">Constamment &agrave; la  recherche de micro faune, amphipodes et cop&eacute;podes, ils projettent un jet d&rsquo;eau  sur le sable pour mettre &agrave; jour les invert&eacute;br&eacute;s &agrave; picorer, et font de m&ecirc;me &agrave; la  surface. &Eacute;galement corallivores, ils ne sont pas recommand&eacute;s en bac r&eacute;cifal. Cette  notion est &agrave; relativiser selon l&rsquo;esp&egrave;ce et on le voit, le risque devient&nbsp; important avec les grands sp&eacute;cimens.</p>
<h2>Maladies</h2>
<p class="align-j">Leur  peau d&eacute;nu&eacute;e d&rsquo;&eacute;caille les rend plus sensibles aux parasites, champignons, maladies  virales et notamment &agrave; &nbsp;<em>Cryptocaryon  Irritans</em>, <em>Amyloodinium ocellatum</em>. Ils sont fr&eacute;quemment sujet aux infections  intestinales en cas d&rsquo;affaiblissement ou d&rsquo;agressions r&eacute;p&eacute;t&eacute;es. Ils sont  sensibles &agrave; la qualit&eacute; de l&rsquo;eau. Les renouvellements doivent &ecirc;tre respectueux,  avec une eau proche de l&rsquo;eau du bac. </p>
<p class="align-j">Le traitement de l&rsquo;eau doit &ecirc;tre d&rsquo;autant  plus efficace qu&rsquo;ils &nbsp;produisent une forte  charge organique et qu&rsquo;il plane toujours le risque de s&eacute;cr&eacute;tion d&rsquo;ostracitoxine. Les param&egrave;tres d&rsquo;un aquarium r&eacute;cifal sont id&eacute;als  mais bien difficile &agrave; obtenir avec les grands sp&eacute;cimens. Ammoniaque et de  nitrite avoisineront z&eacute;ro et les nitrates inf&eacute;rieurs &agrave; &nbsp;40 ppm avec un pH sup&eacute;rieur &agrave; 8.&nbsp; Il est pr&eacute;f&eacute;rable de mettre en place une  filtration efficace, de traiter l&rsquo;eau sur charbon actif &agrave; titre pr&eacute;ventif et  d&rsquo;opter pour des renouvellements r&eacute;guliers de l&rsquo;eau. On s&rsquo;assurera de faibles  &eacute;carts de temp&eacute;rature et si besoin un traitement UV.</p>
<h2>Reproduction</h2>
<p class="align-j">La  reproduction n&rsquo;est pas r&eacute;alis&eacute;e &agrave; ce jour. Dans la nature, les Ostraciidae vivent  en harem. Le m&acirc;le garde jalousement plusieurs femelles soumises, dispers&eacute;es sur  son territoire.&nbsp; Il leur rend visite  quotidiennement, et vers le mois d&rsquo;octobre en p&eacute;riode de frai, les couples remontent  de 30 m&egrave;tres plusieurs fois vers la surface pour s&rsquo;accoupler, et ainsi de suite  avec chaque femelle. Les conditions naturelles sont difficiles &agrave; reproduire tant  du point de vue de l&rsquo;alimentation que de la maintenance (&eacute;clairement&hellip;), et m&ecirc;me  dans un grand bac et il est peu probable que l&rsquo;on voit un jour des poissons-  coffres d&rsquo;&eacute;levage.</p>
<h2>Mon exp&eacute;rience</h2>
<p class="align-j">Malgr&eacute;  les avertissements habituels de la communaut&eacute; r&eacute;cifale, j&rsquo;ai fais  l&rsquo;acquisition d&rsquo;un <em>Ostracion cubicum</em> juv&eacute;nile. Le caract&egrave;re attrayant du  poisson autant que le d&eacute;sir d&rsquo;en savoir plus sur ce poisson m&rsquo;ont d&eacute;cid&eacute;. </p>
<p class="align-j">Introduit dans un bac de 700 litre mature, j&rsquo;ai rapidement constat&eacute; l&rsquo;aisance  de ce poisson &agrave; se mouvoir dans les courants des pompes à large flux. &Ccedil;a concordait avec les  observations que j&rsquo;avais pu faire un peu plus t&ocirc;t d&rsquo;un petit <em>Lactoria cornuta</em> dans les remous, d&rsquo;un r&eacute;cif frangeant de Mer rouge. Le poisson, ballott&eacute; dans  les vagues pr&egrave;s du bord, ne semblait pas le moins du monde incommod&eacute; pour  chercher sa pitance. <em>O. cubicum</em>,  a pris tr&egrave;s rapidement ses rep&egrave;res en ignorant  les autres qui sont venus l&rsquo;observer tour &agrave; tour. Il cherchait sa nourriture  sur le d&eacute;cor, s&rsquo;est int&eacute;ress&eacute;, sans plus, &agrave; quelques &eacute;ponges et mangeait tout  ce que je lui offrais, &agrave; condition de le distribuer pompes &eacute;teintes. Il faut  avouer que s&rsquo;il &eacute;tait pugnace pour poursuivre et avaler sa p&acirc;t&eacute;e surgel&eacute;e &agrave;  base de poisson, v&eacute;g&eacute;taux, bivalves et c&eacute;phalopode, dans le m&ecirc;me temps il en absorbait dix fois moins que  les autres. Le petit <em>O. cubicum</em> semblait s&rsquo;&ecirc;tre parfaitement adapt&eacute; dans son  nouvel environnement&#8230; et pourtant j&rsquo;ai constaté sa disparition un mois plus  tard, sans signe apparent de maladie ou d&rsquo;affaiblissement. Avec du recul je  suppose que, nourrissant moyennement&nbsp; une  fois par jour, il a dû succomber &agrave; une insuffisance alimentaire que sa carapace n&rsquo;a pas laiss&eacute; para&icirc;tre.</p>
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		<title>Eclosoir distributeur automatique de nauplii d&#8217;artémias</title>
		<link>https://reeflexion.fr/eclosoir-distributeur-automatique-de-nauplii-dartemias/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Apr 2018 22:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Bricolage]]></category>
		<category><![CDATA[Vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lancé dans la maintenance de suspensivores microphages, notamment d’invertébrés filtreurs, après le nourrissage automatique de plancton lyophilisé il me fallait proposer une nourriture vivante destinée à certaines espèces, dont quelques-unes&#160; non symbiotiques. Taille des particules, facilité d’éclosion, faible mobilité… après quelques essais préalables, les nauplii d’artémies semblaient un bon choix pour ces animaux sessiles et [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/eclosoir-distributeur-automatique-de-nauplii-dartemias/">Eclosoir distributeur automatique de nauplii d&rsquo;artémias</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Lancé dans la maintenance de suspensivores microphages,  notamment d’invertébrés filtreurs, après le nourrissage automatique de plancton  lyophilisé il me fallait proposer une nourriture vivante destinée à certaines  espèces, dont quelques-unes&nbsp; non symbiotiques. Taille des particules, facilité d’éclosion, faible  mobilité… après quelques essais préalables, les nauplii d’artémies semblaient  un bon choix pour ces animaux sessiles et piètres chasseurs. Ma constance étant  très inégale, j’opte toujours, autant que possible, pour des systèmes automatisés. C&rsquo;est ainsi que nait la réalisation de cet éclosoir automatique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="commentaire pos-centre"><strong>Artemia, artémie, nauplius, nauplie, comment dire…</strong><br />
  Les biologistes nomment <em>Artemia</em> spp. les petits crustacés appartenant au genre <em>Artemia</em>,  famille Artemiidae. Un nom masculin bien qu&rsquo;ils l&rsquo;évoquent sous une forme  neutre «&nbsp;<em>Artemia salina</em>&nbsp;est  constitué de…». Les dictionnaires définissent son écriture vernaculaire « artémie&nbsp;»  ou « artémia&nbsp;» toujours au féminin. Son œuf est le «&nbsp;cyste&nbsp;». Sa  larve primaire se nomme le «&nbsp;nauplius&nbsp;» ou les «&nbsp;nauplii&nbsp;».  Le langage courant, et même scientifique, lui attribue parfois le féminin «&nbsp;nauplie&nbsp;»,  mais Nauplie n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un port Grec</div>
<p>&nbsp;</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/identification_sps/elnabaa.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/schema.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Schéma du distributeur avec ses 4 fonctions : dosage ; éclosion des cystes ; concentration ; prélèvement des nauplii.</figcaption></figure>
<h2>1. Cahier des charges</h2>
<ul>
<li><strong>Cycle de fonctionnement</strong>&nbsp;:  Pour leurs élevages de nauplii, les aquariophiles utilisent généralement une  bouteille inversée, brassée au moyen d&rsquo;un bulleur. Cet éclosoir est  alors alimenté quotidiennement en cystes. Les nauplii éclosent dans les 24 h,  ils sont ensuite concentrés près d&rsquo;une source lumineuse avant d&rsquo;être siphonnés.  Le principe est éprouvé, j&rsquo;en conserve les quatre étapes dans le schéma  ci-contre : dosage puis éclosion des cystes, concentration et prélèvement des  nauplii.</li>
<li><strong class="align-j">Autonomie 20 jours</strong>&nbsp;:  mes absences imposent cet objectif. Aucune intervention, cela suppose plus  qu&rsquo;un simple programmateur journalier&nbsp;: un système automatisé et fiable. Le point crucial est d&rsquo;évidence la distribution régulière de cystes dont la taille est particulièrement petite.</li>
<li><strong class="align-j">Faible entretien</strong>&nbsp;:  l&rsquo;encrassement inhérent à l&rsquo;éclosion des œufs et à l&rsquo;accumulation de coquilles  vides ou non écloses doit être faible et non polluant.</li>
<li><strong class="align-j">Sécurité</strong>&nbsp;: si  possible l&rsquo;équipement est en courant continu 12 V.</li>
<li><strong class="align-j">Connecté</strong>&nbsp;:  pour son intégration dans un système de gestion d&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong class="align-j">Coût&nbsp;</strong>:  modéré, environ 100&nbsp;€.</li>
</ul>
<p class="align-j">Je tiens à préciser qu&rsquo;il n&rsquo;est pas dans mes intentions de faire grossir des artémias dans ce réacteur, mais de les délivrer à leur premier stade après éclosion, alors qu&rsquo;ils sont de petite taille de 0,5 à 0,7&nbsp;mm.</p>
<h2>2. Distributeur de nauplii</h2>
<p class="align-j">Les accessoires sont issus de tubes PVC et plaques PMMA  collés et étanchés avec de la colle PVC ou cyanoacrylate. Les éléments  critiques (fond&nbsp;…) étant assurés par des vis. Les matériaux sont usinés ou  découpés manuellement.</p>
<h3>2.1. Dosage des cystes</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit ici de doser et de distribuer de manière précise 1  ml/j d&rsquo;œufs de diamètre 0,25 mm, conservés secs plusieurs jours au-dessus d&rsquo;une  ambiance chaude et humide, sans qu&rsquo;ils se colmatent. Cette fonction, la plus délicate, a  été finalement résolue tardivement. Après quelques modifications infructueuses,  de divers distributeurs de nourriture du commerce, trop volumineux, imprécis,  non étanches… j&rsquo;ai opté pour un système inédit finalement simple. L&rsquo;ensemble  est constitué ainsi&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong class="align-j">Un moteur pas à pas</strong>,  piloté au tour près. Le modèle bipolaire 35BYGHM302-07YK  en 12 V s&rsquo;avère plus fiable et plus puissant que d&rsquo;autres à premiers prix. Un  boitier de connexion électrique accueille le moteur et son module de pilotage relié  au boitier de commande placé non loin.</li>
<li><strong class="align-j">Une vis d&rsquo;Archimède</strong> de modèle réduit Ø&nbsp;12&nbsp;mm,  emmanchée sur l&rsquo;arbre de sortie. Le dosage est paramétré à 25 tours  pour 1&nbsp;ml quotidien de cystes.</li>
<li><strong class="align-j">Un corps parallélépipédique</strong> en PMMA fixé au boitier et transparent pour une meilleure observation. Il  est percé d&rsquo;un trou Ø  12,5&nbsp;mm pour le passage de la vis, de deux cônes à 60° pour l&rsquo;évacuation  et la trémie, et d&rsquo;un trou d&rsquo;aération. </li>
<li><strong class="align-j">Une</strong><strong> mini trémie</strong>,  ici une seringue découpée et fermée par un bouchon percé d&rsquo;un évent,  dont l&rsquo;angle inférieur à 60° conditionne l&rsquo;absence d&rsquo;engorgement par les œufs.</li>
<li><strong class="align-j">Une entrée d&rsquo;air</strong> face à la vis, sur laquelle se connecte <strong>un  filtre à charbon</strong> assurant le maintien des cystes à l&rsquo;état sec.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Système de dosage des cystes par vis d’Archimède</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/3.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Doseur : trémie, moteur pas à pas et son module de commande.</figcaption></figure>
</div>
<h3>2.2. Éclosoir</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;éclosoir, chauffé et oxygéné, fournit les conditions  propres à l&rsquo;éclosion et au maintien des larves. Les parois s&rsquo;encrassent facilement  de coquilles vides et d&rsquo;œufs non éclos, elles doivent donc être verticales et  sans aspérité. Il est impératif d&rsquo;éliminer toute zone stagnante et de limiter le  nombre d&rsquo;équipements internes.<strong></strong></p>
<ul>
<li><strong class="align-j">Le corps</strong> de  l&rsquo;éclosoir en plexiglass transparent Ø&nbsp;125 x&nbsp;119&nbsp;mm, de hauteur 450&nbsp;mm  est fermé par un couvercle percé pour l&rsquo;introduction des cystes. Il contient la  sonde, un tuyau d&rsquo;aération et le concentrateur de nauplii.</li>
<li><strong class="align-j">Le chauffage</strong> céramique  12 V &#8211; 10W &#8211; 110°C est maintenu par une patte métallique contre une plaque de  diffusion en aluminium, sous le fond de l&rsquo;éclosoir. La puissance permet d&rsquo;entretenir  une température de 25 à 28°C, sans risque de déformation du fond en PMMA de 4&nbsp;mm. <strong>La sonde de température</strong> DS18B20 rendue  étanche par adjonction de silicone, s&rsquo;avère fiable au degré près.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr); ">
<figure class="figcolonne"><img class="imgratio11 lws-optimize-lazyload"  alt=""  / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/4.jpg"><figcaption class="figlegende">L’agitateur dans le support du corps.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><img class="imgratio11 lws-optimize-lazyload"  alt="" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/5.jpg"><figcaption class="figlegende"> Fond tronconique et barreau magnétique.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"> <img class="imgratio11 lws-optimize-lazyload"  alt=""  / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/6.jpg"><figcaption class="figlegende">Chauffage céramique 110 °C, nécessaire  pour tempérer l&rsquo;eau.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j"><strong>Le brassage</strong> de  l&rsquo;eau de salinité S35, provenant du bac, est assuré par deux systèmes&nbsp;: </p>
<ul>
<figure class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/7.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/7.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Schéma de connexion des composants.</figcaption></figure>
<li> <strong>Une pompe à air,</strong> nécessairement en 220 V pour mettre en mouvement  la masse de 5&nbsp;litres dans toute sa hauteur.</li>
<li> <strong>Un agitateur  magnétique</strong> empêche toute décantation des œufs au fond. Ce dernier, tronconique,  recentre le barreau magnétique au démarrage. Le barreau est emmanché d&rsquo;une  gaine en PVC souple, limitant l&rsquo;usure du fond en plastique. L&rsquo;agitateur en  partie basse est réalisé à partir d&rsquo;un ventilateur de PC, surmonté de deux  aimants de racloir à vitre. Les 4 vis de fixation permettent d&rsquo;ajuster en  hauteur le positionnement des champs magnétiques. Le programme assure une  montée progressive de la tension d&rsquo;alimentation jusqu&rsquo;à environ 7&nbsp;V, évitant  tout décrochement du barreau au redémarrage. </li>
</ul>
<h3>2.3. Concentration des nauplii</h3>
<p class="align-j"><strong>Le concentrateur</strong> d&rsquo;environ 400&nbsp;ml est composé par&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Un tube en PVC</strong> opaque de Ø 63&nbsp;mm et de hauteur 150&nbsp;mm, Au  niveau de l&rsquo;eau, le tube de sortie du concentrateur s&rsquo;emmanche dans celui de  l&rsquo;éclosoir, facilitant son démontage et son nettoyage.</li>
<li> <strong>Une</strong> <strong>ampoule </strong><strong>LED</strong> 12 VCC jaune, noyée dans une résine époxy transparente et étanche emmanchée  dans le couvercle, percé d&rsquo;un évent., du concentrateur.</li>
</ul>
<p class="align-j">A une heure prédéterminée, le brassage et le chauffage  s&rsquo;arrêtent. La LED du concentrateur s&rsquo;active alors 45 à 60&nbsp;mn, les nauplii  remontent en eau calme vers la source lumineuse et se rassemblent en surface  près de la sortie.</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/8.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/8.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Boitier de commande et ses composants.</figcaption></figure>
<h3 class="align-j">2.4. Prélèvement des nauplii</h3>
<p class="align-j">Passé ce stade, <strong>une  pompe à eau </strong>de 12 VCC et 300&nbsp;l/h prélève l&rsquo;eau du bac à alimenter et  la rejette en partie haute de l&rsquo;éclosoir. Archimède, encore lui, voit son  principe des vases communicants vérifié&nbsp;: l&rsquo;eau en excès s&rsquo;échappe. Plus  exactement, l&rsquo;eau contenue dans le concentrateur retourne dans le bac,  entrainant avec elle les nauplii éclos vers le bac à nourrir. La durée de pompage  est paramétrée à 20 secondes, temps nécessaire pour évacuer le volume du  concentrateur.<br />
  Le cycle recommence ensuite après l&rsquo;extinction de  l&rsquo;éclairage et la remise en fonction du brassage et du chauffage.</p>
<h2>3. Système de commande</h2>
<h3>3.1. Boitier de commande</h3>
<p class="align-j">Un boitier de connexions rassemble les composants électriques  et les modules électroniques. Ces derniers, démontables, sont assemblés sur une  plaque de connexion (<em>shield</em>)  enfichable sur la carte du microcontrôleur. L&rsquo;ensemble se compose de&nbsp;:</p>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/10.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/10.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Interface Smartphone de pilotage conçu avec l&rsquo;App. Virtuino.</figcaption></figure>
<ul>
<li> <strong>L&rsquo;alimentation 12&nbsp;VCC</strong> dessert le microcontrôleur et les  équipement 12V. Le courant 5 ampères de cette alimentation permet le chauffage.  L&rsquo;objectif d&rsquo;un équipement exclusivement en 12V n&rsquo;a malheureusement pu être  atteint en l&rsquo;absence de modèle de pompe à air suffisamment puissant.</li>
<li> <strong>Deux régulateurs</strong> LM2596 abaissent cette tension à 5V (commandes de  relais et accessoire) et 3.3 V pour un module Wifi. </li>
<li> <strong>Un microcontrôleur</strong> Arduino. Le modèle UNO suffit pour les fonctions  principales. Le modèle Mega2560 proposant plus de mémoire et plus d&rsquo;entrées/sorties  est finalement utilisé. En cas de coupure, les paramètres sont mémorisés dans  l&rsquo;EEPROM du processeur.</li>
<li> <strong>Un encodeur rotatif</strong> à poussoir et <strong>un afficheur LCD</strong> 2&nbsp;x&nbsp;16, de faibles coûts, assurent  l&rsquo;interface homme-machine. L&rsquo;aquariophile peut ainsi ajuster le temps, les  paramètres du programme et des modes manuels.</li>
<li> <strong>Une résistance</strong> 4,7&nbsp;kΩ associée à la sonde de température.</li>
<li> <strong>Une diode LED</strong> 12&nbsp;V incluse dans une résine époxy, de signalement  de chauffe.</li>
<li> <strong>Un module horloge RTC</strong> DS3231 i2C assure la conservation de l&rsquo;heure même en cas d&rsquo;arrêt.</li>
<li> <strong>Un module moteur</strong> ULN2003 dédié à la variation de vitesse de l&rsquo;agitateur  magnétique.</li>
<li> <strong>Un module moteur</strong> L293D de pilotage du moteur pas à pas bipolaire.</li>
<li> <strong>4 relais</strong> pour la pompe à air, la pompe à eau du prélèvement des  nauplii, le chauffage et l&rsquo;éclairage. </li>
<li><strong>Un module Wifi ESP8266-01</strong>, optionnel, pour intégrer l&rsquo;éclosoir dans  un système communicant plus global. Il assure la connexion à un serveur de  temps UTC ainsi que le pilotage via un Smartphone ou une tablette. L<strong>&rsquo;App. Virtuino</strong> permet très aisément de  personnaliser l&rsquo;écran d&rsquo;interface et les communications sans fil sur appareil  Android.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">3.2. Programme</h3>
<p class="align-j">Ce n’est pas l’objet de détailler ici le programme d’un  millier de lignes qui gère les séquences, le chauffage, les moteurs,  l’éclairage, les connexions internet… . Bien que performant, il ne nécessite que des  connaissances basiques. Les novices, comme moi qui ai découvert le langage  Arduino 6 mois plus tôt, disposent de bibliothèques conçues par des experts, des sous  programmes <em>open source </em>facilement  exploitables.</p>
<figure class="figcolonne" style="max-width:400px"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/logigramme.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/logigramme.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Logigramme du programme de déroulement.</figcaption></figure>
<h2>4. Tests et fonctionnement&nbsp;</h2>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/12.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Phase de tests</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/13.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Composants du pilotage.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/14.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Avec les moyens du bord.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/15.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Composants du dosage en kit.&nbsp;</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">Ce distributeur a délivré durant une année des nauplies à un petit aquarium de 200 litres dans lequel j&rsquo;observais des invertébrés divers, filtreurs (gorgones non symbiotiques, bivalves, tuniciers, scleronephthya&#8230;). Vidéo à l&rsquo;appui, certains d&rsquo;entre eux profitaient manifestement de cette manne tombée régulière.</p>
<figure class="figcolonne" style="max-width:400px"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/9.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/9.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Distributeur de nauplii en fonction sur un bac d’invertébrés filtreurs.</figcaption><div style="clear:both;"></div>
</figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure class="figfloat" style="max-width:200px;"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/couts.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/couts.jpg"></a> </figure>
<p class="align-j">Le concept s&rsquo;avère fiable, déjà à ce stade de prototype. Le système de stockage et de transfert des cystes n&rsquo;a pas posé de problème particulier, sans bourrage, ni colmatage. </p>
<p class="align-j">Les distributions, et donc la concentration des nauplies, ayant lieu le soir, je n&rsquo;ai pas trouvé la nécessité d&rsquo;isoler le corps du réacteur de la lumière du jour.</p>
<h2>5. Objectifs atteints&nbsp;?</h2>
<p class="align-j">Le bricolage permet parfois de mettre en œuvre des solutions  quand le commerce n&rsquo;en propose aucune, mais répond-il aux attentes&nbsp;?</p>
<p class="align-j">Pour une centaine d&rsquo;Euro, deux mois d&rsquo;utilisation sans  intervention et un seul nettoyage démontrent que ce dispositif, totalement  paramétrable, fonctionne plutôt bien. La pompe à eau est mise en fonction  durant une heure toutes les semaines pour assurer un renouvellement de l&rsquo;eau et  l&rsquo;évacuation des coquilles vides, vers l&rsquo;aquarium, sans effet néfaste apparent  pour ce dernier. Le nettoyage mensuel éventuellement complété d&rsquo;une désinfection  à l&rsquo;eau de javel, permet de prévenir une contamination.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left;"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/11.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/eclosoirartemia/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Quantité de nauplii correspondant à un    prélèvement. Le taux d&rsquo;éclosion est satisfaisant, avec un minimum de    coquilles vides ou non écloses.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le taux d&rsquo;éclosion est satisfaisant (photo). Il suffit de  constater comment les deux gorgones azooxanthellées ouvrent maintenant  régulièrement leurs polypes au contact des petites proies vivantes, pour  espérer une efficacité nutritionnelle.</p>
<p class="align-j">Un tel distributeur pourrait servir à d&rsquo;autres élevages de proies  vivantes. Le principe du doseur, quant à lui, peut convenir pour un <a href="https://reeflexion.fr/distributeur-de-nourriture-pour-poissons-diy/">distributeur automatique</a> de tous types de  nourritures granulées de moyenne à petite taille pour poissons planctonivores ou encore à  l&rsquo;approvisionnement régulier de levures lyophilisées pour l&rsquo;élevage de rotifères. </p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Cet équipement prototype, avec ses imperfections, servira-t-il de tremplin pour des dispositifs plus élaborés ? Bricoleurs imaginatifs… à vos outils&nbsp;!</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-c">Article paru dans une précédente version dans ZebrasO&rsquo;mag  n°45 mai 2018.</p>
<h3>Images liées:</h3><p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/eclosoir-distributeur-automatique-de-nauplii-dartemias/">Eclosoir distributeur automatique de nauplii d&rsquo;artémias</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Crinoïdes et comatules</title>
		<link>https://reeflexion.fr/crinoides-comatules/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Sep 2016 23:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vivant]]></category>
		<category><![CDATA[comatule]]></category>
		<category><![CDATA[crinoïde]]></category>
		<category><![CDATA[échinoderme]]></category>
		<category><![CDATA[lys de mer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lys de mer&#160;! Ce nom évocateur donné aux premiers crinoïdes fossiles, traduit bien la beauté et l&#8217;élégance dégagées par cet animal. Les Grecs y voyaient en effet une fleur, crinoïde venant de krinon, «&#160;lys&#160;», et eidos «&#160;forme&#160;». Les paléontologues ont décliné krinon, pour les nommer Encrines. De tous ces crinoïdes, l&#8217;aquariophile ou le plongeur ne [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Lys de mer&nbsp;! Ce nom  évocateur donné aux premiers crinoïdes fossiles, traduit bien la beauté et  l&rsquo;élégance dégagées par cet animal. Les Grecs y voyaient en effet une fleur, <em>crinoïde</em> venant de <em>krinon</em>,  «&nbsp;lys&nbsp;», et <em>eidos</em> «&nbsp;forme&nbsp;». Les paléontologues  ont décliné <em>krinon</em>,  pour les nommer <em>Encrines</em>. De tous ces  crinoïdes, l&rsquo;aquariophile ou le plongeur ne pourra observer qu&rsquo;une forme  particulière, la comatule du latin <em>comatula</em>, <em>coma</em> signifiant  «&nbsp;chevelure&nbsp;» d&rsquo;où son autre qualificatif <em>étoile plumeuse</em> cher aux anglo-saxons. Du lys à la chevelure, du  crinoïde à la comatule… qu&rsquo;ont donc ces animaux de si particulier&nbsp;?</p>
<p class="align-j">Si la littérature regorge  d&rsquo;informations sur les formes fossiles, on trouve peu d&rsquo;informations concernant  leur vie. Peu étudiés parce que présentant peu de retombées économiques  potentielles,  l&rsquo;intérêt qu&rsquo;on leur porte évolue. En effet, les chercheurs  étudient de plus près certaines particularités, notamment l&rsquo;extraordinaire  aptitude des crinoïdes à se régénérer. L&rsquo;Homme devra-t-il un jour aux crinoïdes  le fait d&rsquo;être devenu immortel&nbsp;? Nous n&rsquo;en sommes pas encore là. En  attendant, plus modestement cet article synthétise quelques informations parmi  les plus récentes avec le regard d&rsquo;un aquariophile récifaliste. </p>
<h2>1. Évolution </h2>
<h3>1.1. Origines</h3>
<p class="align-j"> Les crinoïdes disposent d&rsquo;une structure  fortement calcifiée, ce qui explique que l&rsquo;on trouve de nombreux exemplaires  fossilisés, permettant d&rsquo;en retracer l&rsquo;évolution. Ils font partie de ces rares  animaux préhistoriques que l&rsquo;on peut observer encore aujourd&rsquo;hui dans leur  apparence proche de leurs débuts il y a quelques centaine de millénaires.</p>
<figure class="figfloat" alt=""><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/01.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/01.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Chez les crinoïdes, en général, le lys de mer est  pédonculé, la comatule ne l&rsquo;est pas.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Apparus au précambrien  il y a 525&nbsp;Millions d&rsquo;années (Ma), bien avant les dinosaures, leur forme est alors  constituée d&rsquo;un pédoncule, jusqu&rsquo;à 20&nbsp;mètres de long à l&rsquo;époque, et d&rsquo;un corps (la  thèque) prolongé par des bras. Ces animaux, les <strong>lys de mer</strong>, sessiles, abondent  alors en couvrant de véritables prairies sous-marines. Ils passent avec succès  les épreuves du temps notamment les grandes perturbations climatiques  (température, anoxie des océans…) dont la plus meurtrière, celle du Permien-Trias (-&nbsp;252 Ma), qui voit l&rsquo;extinction de  la quasi-totalité des espèces marines. C&rsquo;est alors que se développent, au cours du  Jurassique (-150 à -200 Ma), les formes mobiles, dont le pédoncule s&rsquo;est réduit au  stade post larvaire et qui constituent ce que l&rsquo;on nomme aujourd&rsquo;hui les <strong>comatules</strong>. En mesure de fuir leurs prédateurs et de trouver des biotopes plus  propices faces aux caprices des millénaires, les comatules se sont développées  considérablement pour supplanter il y a -5&nbsp;Ma, les espèces pédonculées dont peu  ont survécu, cantonnées aujourd&rsquo;hui aux grandes profondeurs. Noter qu&rsquo;il existe  de rares exceptions à la notion de comatules mobiles et de lys de mer fixes, en  effet certains genres de Comatulida ont restauré l&rsquo;usage d&rsquo;une tige.</p>
<p class="align-j">Fossilisés ou vivants,  les crinoïdes ont subi de nombreuses évolutions. Leurs morphologies très  variables rendent leurs identifications taxonomiques complexes qui imposent  l&rsquo;analyse détaillée du squelette. Les paléontologues étudient notamment les entroques,  des  éléments fossiles composant les tiges et bien conservés dans  certains marbres. Ainsi, conservation et variations  font  des crinoïdes, d&rsquo;excellents traceurs permettant  de dater les couches géologiques où on les trouve.</p>
<h3>1.2. Classification</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes  appartiennent à l&rsquo;embranchement des échinodermes, au même titre que les  oursins, les étoiles de mer, les ophiures et les holothuries (Fig.&nbsp;1).</p>
<p class="align-j">Si le langage courant a pris  l&rsquo;habitude de nommer <strong><em>comatules</em></strong> les crinoïdes dépourvus de  tige, vagiles, et <strong><em>lys de mer</em></strong> les autres, pédonculés,  en général sessiles,  ces appellations n&rsquo;ont rien de scientifique. Les  taxinomistes se sont penchés assez tardivement sur leur identification et leur classement&nbsp;: on doit un premier inventaire  aux travaux d&rsquo;Austin H.&nbsp;Clark  en 1915, fortement révisé par Charles Messing en 2014.</p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/02.png" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/02.png"></a><figcaption class="figlegende"><strong>figure 1 : Classement phylogénétique des crinoïdes.</strong> Les rubriques en vert correspondent aux espèces vivantes actuelles.</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">La plupart des quelques  milliers de crinoïdes fossiles connus sont pédonculés. On identifie aujourd&rsquo;hui  environ 650 espèces de crinoïdes vivants, c&rsquo;est à dire peu par rapport aux  autres échinodermes ou l&rsquo;on compte, par exemple, plus de 2000 espèces d&rsquo;ophiures.  La grande majorité, soit un peu moins de 600, appartient à l&rsquo;ordre Comatulida,  lesquelles comatules, sauf de rares exceptions, sont non fixées, vagiles. Elles perdent en effet leur pédoncule  à un stade précoce et ne conservent que le segment le plus haut de leur tige. Les quelques autres  espèces, pédonculées, vivent pratiquement toutes en eaux profondes, au-delà de  200 m.</p>
<h3>1.3. Identification des espèces </h3>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/67.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/67.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Collecte de comatules   avec scaphandre autonome. Les sacs plastiques conservent l’intégrité des spécimens, nécessaire aux observations.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Longtemps, les  taxinomistes ne disposaient pour leurs études que des fossiles plus ou moins  désagrégés, des produits de cueillettes en bord de mer et des spécimens  arrachés du fond par chalutage. Autant dire que leur tâche n&rsquo;était pas aisée  avec ces spécimens en général fragmentés. La collecte des  échantillons en scaphandre autonome, en apnée ou dans les eaux profondes au moyen  des submersibles, permet de recueillir des spécimens intacts. Dès lors, leurs  observations ont amélioré les identifications que les analyses  génétiques reconsidèrent parfois aujourd&rsquo;hui. Il n&rsquo;est pas rare de voir des  noms de genres renommés dans d&rsquo;autres  familles. </p>
<p class="align-j">Les crinoïdes subissent  divers traitements pour leur conservation et pour mettre en évidence leur  squelette.</p>
<h4>1.3.1. Clés d&rsquo;identifications</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse du squelette  reste encore aujourd&rsquo;hui une base de l&rsquo;identification. C.&nbsp;G.&nbsp;Messing  a ainsi établi une <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/artificial_key_crinoids.pdf" rel="noopener">clé d&rsquo;identification</a> des familles de crinoïdes vivants. On pourra  trouver sur le Net, d&rsquo;autres clés d&rsquo;identification, dont certaines en Français,  spécifiques à certaines régions. Il est certain que les récifalistes ne  pousseront pas leur curiosité jusqu&rsquo;à traiter leurs protégés au formol ou à  l&rsquo;alcool. Cependant, les tissus étant très fins, les agencements du squelette  peuvent se révéler sur des animaux vivants. Bien sûr, les manipuler présente  trop de risque de rompre leurs membres, mais pourquoi ne pas tenter des macro-photos  précises permises avec les appareils d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;?</p>
<h4>1.3.2. Espèces vivantes</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse des espèces  dépasse le cadre de cet article.  Pour aller plus loin avec celles qui nous intéressent, le tableau 1 propose une galerie de photos de quelques-unes. Une fois cerné le genre  de la comatule il sera plus aisé de  collecter, si elles existent, les informations précises sur l&rsquo;espèce en question. On pourra aussi consulter  les rares sites d&rsquo;identifications répertoriés  en  fin d&rsquo;article.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5,1fr);  width: 80%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 1 : Sélection de comatules (ordre Comatulida) vivants (classement selon <a href="http://www.marinespecies.org/index.php">WoRMS)</a></div>
<div class="grille-titre ">Famille Antenoidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/71.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/71.jpg"></a><figcaption target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antedon_mediterranea" title="Antedon mediterranea" class="figlegende"><em>Antedon mediterranea</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/elisina76/" title="Accéder à la galerie de Elisa Possenti" rel="noopener">Elisa Possenti</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/87.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/87.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Ctenantedon kinziei </em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Romain Ferry, <a target="_blank" href="http://doris.ffessm.fr/Especes/Comatule-nageuse-nocturne2" rel="noopener">Doris</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/90.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/90.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Dorometra parvicirra</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=UKFSNKq1" rel="noopener">Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/111.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/111.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Florometra celtica</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comatule#/media/File:Leptometra_celtica_7080.jpg" rel="noopener">Bernard Picton &#8211; Wikipedia</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/91.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/91.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Florometra serratissima</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/fr/Crinoidea" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Calometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/104.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/104.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Reometra mariae</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/underwater-foto/Sulawesi-photos.html" rel="noopener">Starfish</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Charitometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/92.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/92.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Glyptometra lateralis</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Glyptometra_lateralis.png" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Colombometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/73.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/73.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Cenometra bella</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cenometra_bella_Maldives.JPG" rel="noopener">Frédéric Ducarme</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/75.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/75.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Colobometra    perspinosa</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://nsunews.nova.edu/oceanographic-center-expedition-finds-new-species-in-indonesian-waters/" rel="noopener">Nova Southeastern University</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/95.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/95.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Oligometra carpenteri</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=H8UIutib" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/96.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/96.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Oligometra    serripinna</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=bDtjZpGG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/102.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/102.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Pontiometra    andersoni</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=PXdpoudF" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Comatulidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/68.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/68.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Alloeocomatella pectinifera</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=I4E7YuXI" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/114.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/114.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Alloeocomatella polycladia</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.mdpi.com/1660-3397/10/4/744">Marine Drugs</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/69.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/69.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Anneissia bennetti (</em>ex<em> Comanthus bennetti</em>).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Comanthus_bennetti1.jpg" rel="noopener">Anders Poulsen</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/70.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/70.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Anneissia japonica</em> (ex <em>Oxycomanthus japonicus</em>).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://sakanso.wordpress.com/category/%E6%BD%9C%E6%B0%B4%E6%8E%A1%E9%9B%86%E8%AA%BF%E6%9F%BB/%E3%82%A6%E3%83%9F%E3%82%B7%E3%83%80%E8%AA%BF%E6%9F%BB/" rel="noopener">Shimoda    Marine Research Center</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/72.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/72.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Capillaster multiradiatus</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Capillaster_multiradiatus.JPG" rel="noopener">Frédéric Ducarme</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/115.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/115.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Capillaster </em>sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=1uEGKYrl&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/116.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/116.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus albinotus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=eJ79P6Oj&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/117.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/117.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthu littoralis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=HGnE3Vyl&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/118.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/118.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus  luteofuscum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=yqHvGArj&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/97.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/97.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus    mirus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=BoDLQny3&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/74.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/74.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus mirabilis.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Frédéric Ducarme, <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Clarkcomanthus_mirabilis.JPG" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/77.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/77.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus briareus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Philippe Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=900918" rel="noopener">Poppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/78.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/78.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus    parvicirrus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;:<a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=QqtaMIKl" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/79.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/79.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus suavia</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=UpcKOQ2s" rel="noopener">Anne Hogget</a>t</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/80.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  a / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/80.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    audax</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=LW5FBgeS" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/81.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/81.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    multifidus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Philippe Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=907910" rel="noopener">Poppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/82.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/82.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster nobilis</em> (ex. Comanthina).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=Fc49NIpA" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/83.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/83.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    schlegelii</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/en/Comaster_schlegelii" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatella    stelligera</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.ljaxphotos.com/photoGalleries/search" rel="noopener">Larry Jackson</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84b.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula pectinata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=VyTXHKLQ&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/85.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/85.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula purpurea</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=68STjOnc&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/86.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/86.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula (Validia) rotalaria </em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/c-invertebrates/federsterne.html" rel="noopener">Starfish</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/88.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/88.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Davidaster rubiginosa</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/fr/Crinoidea" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/100.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/100.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Phanogenia gracilis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Phanogenia#/media/File:Phanogenia_gracilis.jpeg" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/101.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/101.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Phanogenia    multibrachiata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Henning Wiese, <a target="_blank" href="http://www.reeflex.net/tiere/4833_Phanogenia_multibrachiata.htm" rel="noopener">Reeflex</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Mariametridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/89.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/89.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Dichrometra flagellata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://picasaweb.google.com/110029555997916059481/Echinos#5741385967920155618" rel="noopener">mda photos</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/94.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/94.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Lamprometra palmata (ex.  L.&nbsp;klunzingeri)</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/es/Lamprometra_palmata" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/105.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/105.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Sarametra triserialis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zenometridae#/media/File:Sarametra_triserialis.jpg" rel="noopener">NOAA    Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/106.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/106.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Stephanometra indica</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Guido Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=906791" rel="noopener">Popppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/107.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/107.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Stephanometra tenuipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=rAn7u7sC&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Himerometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/113.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/113.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra bartschi</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="https://nl.wikipedia.org/wiki/Himerometra_bartschi#/media/File:Feather_Star_(Himerometra_Bartschi)_(15_cm).png">Samuel Chow</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/119.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/119.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra magnipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=a1mAl8aX&amp;hierarchyId=PVWrQCLG">Marianne Pearce</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/93.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/93.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra robustipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=9yvwuv6E" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Pentametrocrinidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/98.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/98.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paratelecrinus_conifer&amp;action=edit&amp;redlink=1" title="Paratelecrinus conifer (page inexistante)" rel="noopener"><em>Paratelecrinus conifer</em></a>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paratelecrinus_conifer.png" rel="noopener">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/99.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/99.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentametrocrinus" title="Pentametrocrinus" rel="noopener"><em>Pentametrocrinus</em> sp</a>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentametrocrinus#/media/File:Pentametrocrinus_sp.png" rel="noopener">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Ptilometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/103.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/103.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Ptilometra australis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Richard Ling , <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ptilometra_australis_Passion_Flower_feather_star.jpg" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Thalassometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/112.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/112.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Thalassometridae </em>sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="http://www.ncddc.noaa.gov/okeanos-animal-guide/Featherstars043.html">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Tropiometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/108.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/108.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Tropiometra afra</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=1EM5ahsa" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/109.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/109.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Tropiometra carinata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Pbsouthwood, <a target="_blank" href="https://www.ispotnature.org/node/760730" rel="noopener">Isospot</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Zygometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/110.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/110.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Zygometra microdiscus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=mJatrU7M&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure><figcaption class="grille-legende">L’identification proposée par leurs auteurs, surtout quand il ne s’agit pas de scientifiques, mérite d’être confirmée. </figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>2. Biologie </h2>
<p class="align-j">L&#8217;embranchement des échinodermes  est constitué par des animaux exclusivement marins. Ce sont des  métazoaires, c&rsquo;est-à-dire que leur corps est formé de plusieurs cellules. Ce  sont des invertébrés, ils n&rsquo;ont donc pas de colonne vertébrale. Ce sont aussi des  coelomates&nbsp;: leur corps comporte une cavité embryonnaire appelée <em>cœlome</em> aux fonctions multiples et essentielles, comme on  le verra plus loin. </p>
<p class="align-j"> Comme tout échinoderme, un  crinoïde se distingue par&nbsp;: </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/04.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/04.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Échinodermes  :  crinoïdes,  oursins, étoiles de mer,  ophiures et  holothuries.</figcaption></figure>
<ul>
<li>Une <strong>symétrie secondaire pentaradiaire</strong> au  stade adulte&nbsp;: Cette symétrie centrale d&rsquo;ordre cinq est observable chez  les crinoïdes par la présence de cinq rayons initiaux éventuellement ramifiés,  soit cinq bras ou un multiple de cinq et ce, jusqu&rsquo;à 200 bras. Noter que la larve des  échinodermes a une symétrie bilatérale qui se modifie plus tard, le côté gauche  devenant la face orale et le côté droit devenant la face opposée, aborale.</li>
<li>Un<strong> système aquifère (ambulacraire)</strong>&nbsp;: il s&rsquo;agit d&rsquo;un réseau hydraulique, élaboré, utilisé pour la  respiration, la circulation, la nutrition et souvent, la locomotion. </li>
<li>Un endosquelette&nbsp;le <strong>stéréome</strong> : un squelette interne calcaire  constitué d&rsquo;éléments (articles) individuels, jointifs, formés<strong> </strong>de monocristaux de calcite hautement chargée en  magnésium, conférant une structure finement poreuse.</li>
<li>Un <strong>système tégumentaire</strong> : formé de tissu collagénique  (constitué de protéines qui confèrent aux tissus une résistance mécanique à  l&rsquo;étirement), le MCT, <em>mutable collagenous tissue,</em> dont la rigidité modulable, commandée  par influx nerveux, permet de lier les pièces squelettiques et rigidifier ou  ramollir le corps à volonté, notamment pour maintenir des positions contractées  sans effort musculaire.&nbsp; </li>
</ul>
<p class="align-j">Les crinoïdes se  distinguent des autres échinodermes par&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Un <strong>calice</strong>&nbsp;: formé de petites plaques  calcaires (ossicules) fusionnées ensemble en cercle, en forme de coupelle contenant les viscères.</li>
<li>Cinq <strong>rayons</strong><strong> flexibles</strong>&nbsp;: extensions de la  paroi du corps, habituellement ramifiés en bras&nbsp;; ils comportent  des rainures pour le transport alimentaire et d&rsquo;autres fonctions.</li>
<li>La <strong>bouche et l&rsquo;anus disposés sur la même face orale</strong>&nbsp;:  La surface orale contient la bouche en général relativement centrée chez les  comatules, ainsi que l&rsquo;anus, excentré, élevé à la pointe d&rsquo;un cône ou d&rsquo;un  tube.</li>
</ul>
<h3>2.1.  Morphologie</h3>
<h4> 2.1.1. De la symétrie bilatérale à la symétrie radiaire. </h4>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/05.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/05.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 2 : Morphologie d&rsquo;un crinoïde.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les  échinodermes sont des bilatériens, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;ils ont une symétrie bilatérale. Mais celle-ci, acquise au stade larvaire, évolue. Leur plan  d&rsquo;organisation corporelle subit quelques changements radicaux au cours de  leur  développement, ce qui fait  toute leur  originalité dans le règne animal. </p>
<div class="commentaire"> <strong>Définitions</p>
<p>        </strong><strong>Oral</strong>&nbsp;: du côté de la bouche.<br />
        <strong>Aboral</strong>&nbsp;: à l&rsquo;opposé de la  bouche.<br />
        <strong>Apex</strong>&nbsp;: (au pluriel&nbsp;:  apices) sommet d&rsquo;une protubérance.<br />
        <strong>Apical</strong>&nbsp;: près de l&rsquo;apex, du  sommet ou d&rsquo;une extrémité.<br />
        <strong>Distal</strong>&nbsp;: éloigné du corps  central, vers l&rsquo;extrémité<strong>.<br />
        Proximal</strong>&nbsp;: vers le centre.<strong><br />
        </strong></div>
<p class="align-j">Ils acquièrent une symétrie secondaire  pentaradiaire (en cinq parties), qui prédomine au stade adulte. Du fait de  cette symétrie radiaire, les termes descriptifs habituels ne sont pas  applicables : dorsal, ventral, antérieur ou postérieur n&rsquo;ont pas de sens en  l&rsquo;absence de tête ou de queue. On se réfère donc à l&rsquo;emplacement de la bouche et  l&rsquo;on parle de surface orale et aborale.</p>
<p class="align-j">Un crinoïde typique se  compose d&rsquo;un système d&rsquo;accrochage, les <strong>crampons</strong>,  qui peut prendre plusieurs formes, d&rsquo;un <strong>pédoncule</strong> constitué d&rsquo;une tige (absente chez les comatules) et d&rsquo;une partie terminale, le <strong>centrodorsal</strong>. Ce dernier est surmonté d&rsquo;une <strong>couronne </strong>formée d&rsquo;un petit corps central, la <strong>thèque</strong> d&rsquo;où partent les <strong>bras</strong> le plus souvent ramifiés et fournis de <strong>pinnules</strong>.</p>
<h4>2.1.2. Morphologie  squelettique</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/06.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/06.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ossicules      composant la structure squelettique des crinoïdes, parfois percés pour loger les extensions (nerfs,      vaisseaux…) des fonctions vitales. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/2%20Morphology%20Intro.html">C. G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le corps des crinoïdes comporte un endosquelette  (squelette interne) mésodermique qui représente environ 80&nbsp;% de la biomasse. D&rsquo;aspect rugueux, il  est recouvert de fins téguments mous vivement et diversement colorés.</p>
<p class="align-j">Le squelette consiste en une série  de  pièces calcaires de formes très diverses, les <strong>ossicules</strong>,   irrégulièrement réticulées, soudées ou articulées, maintenues  ensemble par des ligaments et des muscles. Un élément  squelettique est composé du stéréome, la partie dure minérale formant un  maillage très fin, et du stroma, le vide rempli par du tissu. Il est  percé d&rsquo;un ou de plusieurs canaux axiaux, traversés par les extensions des  systèmes cœlomiques (ambulacraire, sinusaire, hémal) et nerveux, que l&rsquo;on  abordera plus loin.</p>
<p class="align-j">Le squelette des  crinoïdes détermine la forme du corps et constitue la base d&rsquo;une grande partie  de la taxonomie des crinoïdes. En effet, ce squelette est essentiellement constitué  de calcaire rigide, la calcite, qui se conserve bien à l&rsquo;état de fossile. Généralement  couvert d&rsquo;un mince épiderme il reste clairement visible sous microscope pour qui  veut se lancer dans des identifications. Étant donné l&rsquo;importance  du squelette dans la définition des espèces, les spécialistes lui ont associé une  syntaxe très précise et exhaustive que cet article se doit d&rsquo;aborder, ne  serait-ce que partiellement, même s&rsquo;il est destiné aux humbles  aquariophiles récifalistes que nous sommes. </p>
<h4>2.1.3. Système d&rsquo;accrochage, crampons</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  pourvus de systèmes d&rsquo;accrochage au substrat qui diffèrent suivant le biotope  occupé par l&rsquo;espèce. </p>
<h5>Disque de fixation</h5>
<p class="align-j">De nombreux crinoïdes pédonculés  disposent d&rsquo;une terminaison élargie de la tige, le <strong>disque de fixation</strong> (photo a) qui peut encroûter des substrats  irréguliers.</p>
<h5>Cirres</h5>
<p class="align-j">Certains  crinoïdes,  dont les comatules sont pourvus de cirres, ou cirrhes (photos b et c). Ce sont des appendices non  ramifiés, segmentés, généralement crochus, souvent préhenseurs. Les ossicules qui les composent se nomment  cirrales. La  cirrale terminale prend en principe la forme d&rsquo;une griffe<strong> </strong>terminale incurvée et l&rsquo;avant-dernière porte une épine vertébrale<strong> </strong>opposée<strong>.</strong> Les cirres sont robustes ou au contraire, minces et délicats. Ils peuvent compter  une dizaine à plus d&rsquo;une centaine de cirrales. Ces dernières augmentent  généralement en taille, depuis la base&nbsp;: elles sont plus longues dans la  moitié proximale du cirre, les segments distaux devenant ensuite plus courts.  Les cirrales peuvent également être toutes uniformément courtes ou, chez  certaines espèces aux bases longues et droites, se terminer en une pointe  effilée droite.</p>
<p class="align-j"><strong>Chez les crinoïdes pédonculés</strong></p>
<p class="align-j">Ces structures d&rsquo;ancrage peuvent être  développées sur les ossicules modifiés du squelette, réparties le long de la  tige (photo b). Sur les fonds meubles, la tige est alors couchée et les cirres pénètrent  à l&rsquo;intérieur du sédiment, assurant un meilleur ancrage. Ces crinoïdes peuvent  libérer leurs cirres du substrat, soit partiellement pour élever ou abaisser la  couronne, ou complètement afin de nager avec leurs bras. Certaines espèces développent  des cirres réduits à des radicelles non ramifiés, regroupés de manière  désordonnée sur l&rsquo;ossicule le plus éloigné (distal) permettant également  l&rsquo;ancrage sur des substrats meubles.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);  width: 70%;"><figcaption class="grille-titre">Tableau 2 : Systèmes de fixation des crinoïdes</figcaption><figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/07.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/07.jpg"></a><figcaption class="figlegende">a : Accrochage d&rsquo;un crinoïde pédonculé par un disque de fixation adhésif.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www.photolib.noaa.gov/htmls/expl5456.htm" rel="noopener">NOAA</a></figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/08.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/08.jpg"></a><figcaption class="figlegende">b : fixation  d&rsquo;un lys de mer  par des cirres répartis sur le pédoncule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : NOAA</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/10.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/10.jpg"></a><figcaption class="figlegende">c : les cirres des  comatules sont concentrés sur la centrodorsale</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j"><strong>Chez les comatules</strong></p>
<p class="align-j">Les cirres non ramifiés se rattachent par des  ligaments, à la pièce calcaire inférieure du calice (le centrodorsal), à la  base de la thèque (photo c). Les comatules développent cinq cirres initiaux, orientés  radialement, qui se multiplient ensuite. On compte en moyenne de 15 à 35 cirres  avec un maximum de 80 cirres. Les cirres des espèces de fond sont fragiles et  se cassent facilement, ceux des individus proches de la surface sont plus  résistants. Les comatules régénèrent rapidement les cirres perdus.</p>
<h4>2.1.4. Pédoncule </h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/11.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ossicules      composant la structure squelettique des crinoïdes, parfois percés pour loger les extensions (nerfs,      vaisseaux…) des fonctions vitales. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : howard_l, <a target="_blank" href="http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/60049-very-tiny-crinoid-stem-segment/" rel="noopener">The Fossil Forum</a></figcaption></figure>
<p>Chez les crinoïdes pédonculés, on observe une tige, de longueur variée, jusqu&rsquo;à 50&nbsp;cm  chez certaines espèces vivantes. Elle relie le système d&rsquo;ancrage à la couronne et   la soutient dans le courant nourricier. Les crinoïdes ont donc leur face  orale à l&rsquo;opposé du substrat, contrairement aux autres échinodermes. </p>
<p class="align-j">Le squelette du pédoncule est composé d&rsquo;une succession de segments calcaires assemblés&nbsp;entre  eux : les <strong>articles</strong> ou  <strong>columnales </strong>(nommés <em>entroques</em> par les  paléontologues)<strong>.</strong> On distingue différents types de liaisons entre les articles&nbsp;:  synostose&nbsp;(empilement osseux), symplexie (denticulée), synarthrie (union  fibreuse). <br />
        Chaque columnale est articulée à la suivante grâce à des fibres ligamentaires,  en synarthrie&nbsp;; les ossicules basculent entre–eux sur une crête d&rsquo;appui  (crête fulcrale). Les articles sont de section circulaire, pentagonale, étoilée  ou elliptique mais rarement hexagonale. Leur forme est très variable&nbsp;:  mince ou épaisse, discoïde, cylindrique, en tonneau, bobine ou sablier. </p>
<p class="align-j">Les tiges mesurent de  quelques centimètres à plus d&rsquo;un mètre de longueur et même 20 m chez certaines  espèces fossiles. Les colonnes comportent des columnales qui s&rsquo;agencent de plusieurs  manières. Elles sont <strong>homéomorphes</strong> quand les columnales sont pratiquement semblables&nbsp;;  <strong>hétéromorphes</strong> en présence de columnales particulières appelées nodales (nœuds). Les nodales portent  les cirres et sont dispersées régulièrement entre les columnales non porteuses  de cirres nommées inter nodales. Enfin, les colonnes <strong>xénomorphes,</strong> présentent trois sections (proximale, intermédiaire et  distale) de columnales à la forme individualisée, appelées respectivement proxistèle,  mésistèle et dististèle. Chacune de ces sections peut  être soit homéomorphe ou hétéromorphe. La situation n&rsquo;est cependant pas toujours  si tranchée pour le plus grand bonheur des taxinomistes, d&rsquo;autant que les  articles sont plus ou moins fusionnés entre eux ou avec le calice. </p>
<h4>2.1.5. Centrodorsale</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/12.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Diverses centrodorsales aux formes variées. Remarquer l&rsquo;absence  d&rsquo;orbite d&rsquo;accrochage, au sommet (apex) du cône.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : howard_l, <a target="_blank" href="http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/60049-very-tiny-crinoid-stem-segment/" rel="noopener">The Fossil Forum</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les crinoïdes développent  tous un pédoncule au cours de leurs stades post larvaires. Contrairement aux espèces  de crinoïdes pédonculées qui conservent une tige tout au long de leur vie (sauf  rares exceptions), les comatules la rejettent pour devenir libres au stade  juvénile. </p>
<p class="align-j">Plus précisément, elles ne conservent que le segment proximal (près de la bouche), ou plusieurs  fusionnés, formant un grand ossicule modifié, centré sur la surface aborale&nbsp;:  il s&rsquo;agit de la plaque centrodorsale dite centrodorsale.<br />
        Les centrodorsales  des comatules prennent  des formes très variées : disques, étoiles, dômes, cônes ou cylindres. Elles portent  habituellement les nombreux <strong>cirres</strong> d&rsquo;ancrage. 
      </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/13.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Face aborale d’une comatule dont on perçoit la plaque centrodorsale (flèche rouge) sur laquelle s’arriment les cirres d’accrochage.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : inconnu</figcaption></figure>
<p class="align-j">La centrodorsale grandissant, des  cirres supplémentaires s&rsquo;ajoutent en bordure, parfois décalés en une spirale  double, ou alignés en colonnes, du sommet vers le bord, séparés par des crêtes inter  radiales. Le schéma d&rsquo;addition des cirres reste le même. Certains petits cirres  apicaux développés au stade juvénile sont conservés près du sommet de la  centrodorsale. Ils peuvent aussi être perdus, conservant des traces des orbites  d&rsquo;accrochage. Dans les deux cas, il reste une petite zone dépourvue de cirre  et d&rsquo;orbite&nbsp;: le <strong>pôle aboral</strong>, à l&rsquo;apex (sommet) de la centrodorsale. Cette zone peut être  plate, convexe ou conique, lisse, papilleuse ou épineuse. Chez de nombreuses  autres comatules, les cirres apicaux sont perdus et leurs orbites d&rsquo;accrochage  restent oblitérées durant la croissance de la centrodorsale, de telle sorte que le pôle  aboral est élargi et les cirres se limitent à une ou deux rangées. Plusieurs  espèces de comatules des genres <em>Phanogenia,</em> <em>Comanthus,</em> <em>Capillaster…</em> portent une réduction, mince, non centrodorsale, réduite, avec peu de cirres, ou  pas du tout. La plupart semblent développer quelques cirres au stade juvénile,  mais les perdent avec la croissance. La surface aborale de la centrodorsale  peut former une colonne vertébrale, en forme de carène ou de crête. </p>
<h4>2.1.6. Thèque</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/14.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Le calice des comatules,  est très peu développé.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">C&rsquo;est la  portion squelettique, au-dessus du pédoncule (chez les lys de mer) ou de la centrodorsale (chez les comatules). Elle supporte  les bras et contient les parties vitales de l&rsquo;animal. Elle se compose d&rsquo;un <strong>calice</strong> qui entoure ou supporte les viscères, et d&rsquo;un recouvrement  par un tégument, une membrane parfois calcifiée&nbsp;: le <strong>tegmen</strong>. </p>
<h5>Calice </h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Plaques formant le calice.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Nommé aussi <strong>coupelle aborale</strong>, le calice se compose d&rsquo;un, deux ou trois petits  ossicules plats ou plaques (3 à 5 chez les espèces fossiles), en  cercles ou en anneaux rigidement fixés immédiatement au-dessus du pédoncule.  Les plaques sont nommées selon leur position&nbsp;: radiales, interradiales,  basales, infrabasales… (schéma).  Cinq radiales, auxquelles  sont liés les bras, forment un cercle au-dessus des basales. Chacune est associée  à l&rsquo;un des cinq canaux radiaux internes du système aquifère. Radiales et  basales peuvent être délimitées par une soudure ou fusionnées. Sur certaines  espèces, on observe une troisième série d&rsquo;ossicules entre les basales et la  tige, les infrabasales,         toujours réduites.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Plaques basales métamorphosées en rosette.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Chez les comatules  existantes (sauf Atelecrinidae), les plaques basales  métamorphosent au début du développement en une rosette interne délicate qui  chapeaute la cavité de la centrodorsale (Photo). </p>
<p class="align-j">Les ossicules du calice  varient énormément. Leur morphologie, leurs proportions et le niveau de leur fusion  contribuent grandement à l&rsquo;identification de l&rsquo;ordre, de la famille et de  l&rsquo;espèce.<br />
        Le calice peut supporter les  viscères, il compte alors souvent des ossicules supplémentaires. Cependant,  chez les comatules et les isocrinidés, qui représentent la grande majorité des  crinoïdes vivants, le calice est très réduit par rapport aux espèces  fossiles (Photo)&nbsp;; il ne forme pas de coupe et n&rsquo;entoure pas la masse  viscérale&nbsp;; cette dernière reste au-dessus du cercle radial et des ossicules proximaux des rayons. </p>
<h5>Tegmen</h5>
<p class="align-j">La surface orale de la thèque, le <strong>tegmen</strong> (ou disque), peut être recouverte  d&rsquo;un tégument (une protection qui peut être mécanique, hydrique, thermique et  qui limite les échanges avec l&rsquo;extérieur) ou dénudée, parfois très colorée, formée  de petites pièces calcaires, complètement ou partiellement recouverte de  petites plaques ou nodules. <br />
        Chez les comatules  actuelles, le tegmen prend la forme d&rsquo;une plaque continue. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Le tegmen</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/18.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/18.jpg"></a><figcaption class="figlegende">b : Tegmen de la comatule <em>Lamprometra palmata</em>. L&#8217;embouchure est située  au centre du tegmen, l&rsquo;anus est excentré, protubérant.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lamprometra_palmata_hgsus03.JPG" rel="noopener">Keisotyo</a>, Wikimedia</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/17.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/17.jpg"></a><figcaption class="figlegende">a : Tegmen d&rsquo;un lys      de mer&nbsp;; l&rsquo;embouchure est située latéralement à la réunion des      rainures ambulacraires&nbsp;; l&rsquo;anus est au centre..</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :<a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/4 Morphology crown &amp; calyx.html" rel="noopener"> C.G. MESSING</a></figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j">Le  tegmen porte <strong>l&rsquo;anus</strong>, situé au sommet d&rsquo;un petit tube ou d&rsquo;une papille. On y  observe également cinq <strong>rainures ambulacraires</strong> qui convergent depuis la  base des bras vers la <strong>bouche</strong>, ainsi  que les <strong>hydropores</strong>, de minuscules ouvertures  munies de valves filtrantes, débouchant dans le système aquifère. La bouche des  crinoïdes (Photo&nbsp;a) est généralement excentrée sur le tegmen, l&rsquo;anus étant  centré. Cependant cette disposition est inversée  chez la plupart  des comasteridés (Photo&nbsp;b), qui représentent la famille des comatules récifales.</p>
<h4>2.1.7. Bras et pinnules</h4>
<h5> Bras</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/19.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/19.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bras et pinnules  forment un réseau dense de nature à capter les particules de nourriture.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Steve Parish, <a target="_blank" href="https://www.steveparish-natureconnect.com.au/nature-centre/tropical-coasts-reefs-cays-and-islands/" rel="noopener">Nature Connect</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Ils<strong> </strong>représentent<strong> </strong>à la fois  la série d&rsquo;ossicules habituellement ramifiée et les tissus associés qui  rayonnent à partir du corps central. Pour être précis, le <strong>radial</strong> étant le premier ossicule au-delà du calice, on nomme <strong>rayon</strong> la portion qui débute par un  radial alors que le bras commence après lui. On a pris l&rsquo;habitude de nommer le  premier rayon A qui se situe à l&rsquo;opposé de la plaque interradiale comportant  l&rsquo;anus&nbsp;; les autres rayons B, C, D, E se suivent ensuite dans le sens  horaire. La détermination n&rsquo;est pas aisée avec certaines espèces dont le calice  est réduit, notamment avec les comatules dont le radial et les ossicules qui  suivent sont si semblables que le rayon désigne la partie qui va jusqu&rsquo;au  dernier embranchement, et le bras, la partie non branchue qui s&rsquo;étend au-delà. <br />
        La description du squelette à ce niveau est suffisamment importante aux yeux des taxinomistes pour qu&rsquo;une syntaxe définise  précisément les diverses formes d&rsquo;ossicules brachiaux (<em>secundibrachiales</em>, <em>tertiobrachiales</em> …), déterminant ainsi les sections du bras, suivant un  schéma d&rsquo;embranchement représentatif de chaque espèce. Sans entrer dans les  détails, retenons simplement que, quoi qu&rsquo;il en soit, les ossicules brachiaux  suivent toujours les radiaux. <br />
        Bien que certains  crinoïdes disposent de rayons non ramifiés, la plupart débutent avec 10 bras,  soit une ramification par rayon. Des bras supplémentaires se développent plus  tard, à la place d&rsquo;un rayon perdu. Quantité d&rsquo;espèces de crinoïdes n&rsquo;ont que 10  bras parfois jusqu&rsquo;à 40 ou 50 et même jusqu&rsquo;à 250 chez certaines espèces des  récifs tropicaux.
      </p>
<p> Les rayons et bras portent des  extensions des systèmes cœlomiques (nerveux et aquifère), ainsi que les  pinnules. </p>
<h5>Pinnules</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/15.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Pinnules orales très développées formant un véritable bouclier protecteur de la face orale</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les <strong>Pinnules</strong> sont les petits appendices segmentés mais non ramifiés, disposés en alternance de chaque côté des bras, ce  qui leur confère l&rsquo;apparence de plumes. Elles servent aux échanges gazeux et constituent l&rsquo;organe principal de collecte de nourriture.<br />
        Les bras des comatules comportent  trois zones de pinnules aux caractéristiques particulières&nbsp;: </p>
<ul>
<li>A la base du bras, on distingue une ou plusieurs paires de  pinnules&nbsp;: les <strong>pinnules orales</strong>.  Selon les espèces, elles sont soit plus longues et plus flexibles soit plus  robustes et de forme plus épineuse que les suivantes. Elles se caractérisent  par l&rsquo;absence de sillon ambulacraire. Les plus flexibles ont pour fonction de  balayer la surface orale, les autres celle de la défendre, les plus robustes se positionnent, comme pour protéger la  surface orale. </li>
<li>Suivent plusieurs paires de <strong>pinnules  génitales</strong>. Leur voute est chargée  de gonades mais elles n&rsquo;ont  pas d&rsquo;architecture spécifique&nbsp;; elles peuvent être similaires aux pinnules plus distales dédiées à l&rsquo;alimentation  ou parfois plus courtes et plus grosses. </li>
<li>Les pinnules qui suivent, sans qualificatif, ont pour unique fonction la  capture et l&rsquo;acheminement de la nourriture vers la bouche.</li>
</ul>
<p class="align-j">Comme toute autre partie squelettique  du crinoïde, elles comportent des ossicules&nbsp;: les <strong>pinnulaires</strong>, articulées entre elles comme on va le voir ci-après. Nous aborderons également,  comment les bras et pinnules interviennent dans le système ambulacraire,  notamment avec leurs cils ambulacraires, les podia.</p>
<h4>2.1.8. Articulations</h4>
<h5>Systèmes d&rsquo;articulations</h5>
<p class="align-j">Certains ossicules s&rsquo;articulent  entre eux par des ligaments ou des combinaisons de muscles à fibres lisses et  de ligaments qui s&rsquo;ancrent dans des petits creux (fosses) sur les faces  articulaires (facettes). Les crinoïdes vivants  semblent posséder quatre types de liaisons de base: synostose, symplexie,  syzygie et synarthrie.  Cette dernière se modifie souvent au cours de la croissance en une des  formes précédentes.</p>
<figure class="figfloat" style="width:120px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/21.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Syzygie</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La <strong>synostose</strong>. C&rsquo;est une liaison rigide avec contact intime des faces opposées  des ossicules. Elles sont planes ou faiblement concaves, et unies par des fibres  ligamentaires relativement courtes et peu nombreuses. Elle apparaît  extérieurement comme une suture droite ou légèrement incurvée. On la trouve  entre les ossicules des pédoncules (columnaires), des bras (brachiales) ou du calice (plaques).</p>
<p class="align-j"> <strong>La syzygie</strong> est une liaison relativement  rigide des articulations brachiales, très répandue chez les comatules. Des  crêtes, des dépressions ou des rainures rayonnent sur les faces en contact et  s&rsquo;opposent à leurs mouvements relatifs plutôt que de les verrouiller. La suture  externe ressemble à une ligne perforée.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left; width:220px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/22.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Symplexies.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"><strong>La symplexie,</strong> s&rsquo;observe uniquement entre les columnaires, donc pas sur  les comatules. Les crêtes d&rsquo;une face<strong> </strong>se  verrouillent dans les rainures correspondantes de la face opposée. La suture apparaît  extérieurement ondulée. Selon les espèces, au stade adulte, les crénelures se  répartissent autour du trou canal axial, en cinq pétales (pentacrinitidés), ou  radialement. </p>
<figure class="figfloat" style="width:120px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/23.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/23.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Synartthrie.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"><strong>La synarthrie</strong> se distingue normalement par une crête centrale fulcrale formant pivot, qui sépare deux petites fosses semi-circulaires logeant chacune  un grand faisceau ligamentaire. Extérieurement, on observe que les extrémités  des ossicules adjacents convergent tandis que les crêtes fulcrales (flèche blanche) atteignent le bord. Les crêtes fulcrales des columnaires peuvent  s&rsquo;orienter angulairement, permettant à la tige de plier dans des directions  multiples tandis que celles des brachiales permettent au bras de pivoter en  direction orale / aborale. On le verra, cette mobilité  autorise des postures de nourrissage particulières.<br />
        Les articulations entre brachiales  successives qui contiennent à la fois muscles et ligaments (articulations  musculaires), disposent de larges fosses semi-circulaires ou viennent se loger,  de part et d&rsquo;autre de la crête diagonale, le ligament aboral et une paire de  ligaments interarticulaires ainsi que les faisceaux musculaires insérés sur le  côté de l&rsquo;arête. </p>
<p class="align-j">Dans tout type  d&rsquo;articulation, à la dépression sur une facette d&rsquo;ossicule correspond une  protubérance&nbsp;: symmorphie<strong>.</strong> Chez  de nombreux crinoïdes le stéréome (squelette microporeux) varie selon le tissu  articulaire. Les fosses d&rsquo;ancrage des ligaments, s&rsquo;ouvrent plus profondément en  perforations alignées. En revanche, les fosses des fibres musculaires sont  superficielles avec stéréome plus labyrinthique et éventuellement des saillies.  À contrario on ne perçoit pas ces particularités sur quelques crinoïdes  pédonculés. La configuration des articulations n&rsquo;est cependant pas figée, elle peut  évoluer au cours de la croissance  du  crinoïde.
      </p>
<h5>Ligaments et muscles</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/20.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/20.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 3&nbsp;: Coupe      du bras d&rsquo;une comatule au niveau d&rsquo;une articulation musculaire liée par les      structures fibreuses (muscles et ligaments). Les      ossicules sont percées pour passer les canaux vitaux.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les ligaments des  crinoïdes se composent de tissu collagénique modifiable (le collagène, secrété  par les cellules des tissus conjonctifs, est une famille de protéines de forme  plutôt fibreuse, qui confère aux tissus une résistance mécanique à  l&rsquo;étirement). Ces tissus   collagènes mutables  (MCT) sont uniques chez les échinodermes en ce sens qu&rsquo;ils sont  capables de varier entre des états souple et raide très rapidement.<br />
        Par exemple, concernant les mouvements des bras, la contraction des muscles  du côté oral (bouche) de l&rsquo;arête formant pivot, courbe ou enroule le bras à  l&rsquo;intérieur, vers la bouche, et fléchit les pinnules en direction de l&rsquo;axe  brachial. Lorsque les muscles se détendent, l&rsquo;élasticité du grand ligament antagoniste,  du côté aboral de la crête, a pour effet d&rsquo;étendre les bras et les pinnules à  l&rsquo;extérieur. Une fois étendus, les ligaments se raidissent pour maintenir les  bras et pinnules dans une posture figée contre le courant, pour collecter la  nourriture. Les articulations individuelles ont une faible amplitude, mais un  bras constitué de plus de 200 segments, 50 pour les pinnules, dispose finalement d&rsquo;une  grande flexibilité.</p>
<h4>2.1.9. Syntaxe relative au squelette</h4>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/24.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 4&nbsp;: Syntaxe associée aux éléments squelettiques des crinoïdes.</figcaption><figcaption class="copyright">Illstration : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Parce que le squelette  des crinoïdes est très répétitif, les descriptions taxinomiques sont fortement  condensées en utilisant des symboles pour les pièces squelettiques différentes.  Cette syntaxe  clos de nombreux  quiproquos scientifiques, que l&rsquo;on peut lire encore dans les documents anciens.</p>
<p class="align-j">Pour ne pas anéantir les  vaillants lecteurs, on peut se  limiter à quelques généralités sur les  comatules.&nbsp;Chaque ossicule brachial successif est indiqué par «Br»  suivi d&rsquo;un indice en chiffre arabe. Les ossicules des brachitaxes (série de brachiales depuis le rayon jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrémité du bras) sont  précédés d&rsquo;un chiffre romain. Par exemple, IIBr3 définit  le troisième osselet de la seconde  brachitaxe&nbsp;; Br3 la troisième brachiale du bras indivisé. Le signe <em>plus</em> indique une articulation non-musculaire. <br />
        De même, la syntaxe  concerne les cirres. Elles sont indiquées par un «&nbsp;C&nbsp;» suivi de la  position de la cirrale, en chiffre arabe, à partir de la base (C5, C6). Contrairement aux  crinoïdes pédonculés les comatules présentent des pinnules plus différenciées entre  pinnules orales (proximales), génitales (portant des gonades) et distales. Si  besoin on les répertorie avec un  P suivi  de leur ordre&nbsp;: un chiffre arabe ou une lettre selon qu&rsquo;il s&rsquo;agit,  respectivement, des pinnules intérieures ou extérieures successives. Quel est  le côté intérieur d&rsquo;un bras, vous demandez-vous logiquement&nbsp;? L&rsquo;alignement  des pinnules n&rsquo;étant pas équidistant, sont intérieures celles qui sont le plus  proche de l&rsquo;axe médian du bras. Le schéma ci-contre devrait suffire aux   lecteurs non-inscrits au stage du petit taxinomiste.</p>
<h3>2.2. Anatomie, physiologie</h3>
<p class="align-j">Il faut le reconnaitre, les  crinoïdes ont fait l&rsquo;objet de peu d&rsquo;études. Certaines fonctions sont  supposées être similaires à celles d&rsquo;autres  échinodermes; D&rsquo;autres, plus particulières comme l&rsquo;organe axial, conservent  beaucoup de mystères. Le texte qui suit se limite aux principales fonctions  reconnues.</p>
<h4>2.2.1. Organisation interne&nbsp;: cœlome</h4>
<p class="align-j">Les échinodermes  possèdent un système de cavités cœlomiques internes unique. Mais de quoi  s&rsquo;agit-il&nbsp;? L&#8217;embryon des organismes bilatériens possède trois feuillets de cellules (deux feuillets  chez les cnidaires ou les spongiaires). Pour simplifier, le premier,  l&rsquo;ectoderme donnera les tissus externes (épiderme)&nbsp;; le second, le  mésoderme (absent chez les non bilatériens) donnera les muscles et d&rsquo;autres  tissus&nbsp;; le troisième l&rsquo;endoderme donnera le tube digestif. Chez les échinodermes, au stade embryonnaire le  mésoderme se creuse et forme une cavité extrêmement développée appelée cœlome, ou  plus exactement trois cavités cœlomiques&nbsp;parcourant le corps, impliquées  dans trois appareils hydro vasculaires :</p>
<ul>
<ul>
<li>L&rsquo;appareil aquifère  / ambulacraire (transport) : il est rempli d&rsquo;eau de mer et communique avec  l&rsquo;extérieur par plusieurs pores aquifères.</li>
<li>L&rsquo;appareil hémal  (ou lacunaire) : il assure la circulation. </li>
<li>L&rsquo;appareil sinusaire  (ou périhémal) :   il entoure  le système  hémal et les organes génitaux et est parallèle au système ambulacraire&nbsp;;  il assure la circulation   et  la diffusion de nutriments. </li>
</ul>
</ul>
<p class="align-j">Les cavités débutent par  des anneaux péribuccaux emboîtés (Fig. 5) d&rsquo;où partent des canaux pour chaque  système dans chaque zone radiaire. Les appareils hémal et sinusaire sont étroitement  accolés.</p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/25.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  width="800" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende">figure 5 : Anatomie des comatules. Structure interne de la comatule <em>Anneissia japonica</em>. Le calice non représenté, maintient la masse viscérale. Les systèmes cœlomiques sont représentés par couleurs. Les canaux cœlomiques des bras se connectent à l&rsquo;intérieur du cœlome. Le tegmen couvre la masse viscérale. Les rainures ambulacraires des bras se réunissent à la bouche. Les positions de l&rsquo;anus et la bouche diffèrent selon les espèces, mais sont situés du côté oral .</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT d&rsquo;après Nichols (1962)</figcaption></figure>
<h4>2.2.2. Appareil ambulacraire et aquifère</h4>
<p class="align-j">Ambulacraire du latin <em>ambulacrum</em> et <em>ambulare</em>  «&nbsp;se  promener&nbsp;» exprime bien que le système du même nom a pour fonction le  transport. Chez les crinoïdes, contrairement aux autres échinodermes, il ne  sert pas à la locomotion de l&rsquo;animal, mais il assure des fonctions nutritives,  circulatoires, respiratoires, motrices, et assure la turgescence des podia.</p>
<p class="align-j">Le système ambulacraire dont on perçoit la majeure partie sur la face orale des  crinoïdes, est mis en œuvre par un système aquifère sous-jacent, à l&rsquo;intérieur  de l&rsquo;animal. «&nbsp;Aquifère&nbsp;» parce qu&rsquo;il utilise des chambres plus ou  moins communicantes remplies d&rsquo;un liquide proche de l&rsquo;eau de mer, dont le rôle  essentiel semble bien de réguler la pression interne et la turgescence de  l&rsquo;organisme. Le tout forme un système cohérent aux objectifs multiples&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Pompage&nbsp;de l&rsquo;eau externe</strong>&nbsp;: l&rsquo;eau  traverse les cinq plaques ambulacraires qui rayonnent depuis la bouche centrale,  via  des hydropores aquifères visibles  sous grossissement. Contrairement aux autres échinodermes, ces 500 à 1500 pores  aquifères ne sont pas concentrés dans une (ou plusieurs) zone poreuse nommée <em>madréporite</em>, mais répartis sur les  plaques inter radiales. Les hydropores sont des valves filtrantes qui assurent  la communication depuis l&rsquo;eau de mer vers les cavités internes de l&rsquo;organisme. Ils sont utiles à la respiration, ainsi que la régulation de la pression hydrostatique du  circuit aquifère.</li>
<li><strong class="align-j">Distribution de l&rsquo;eau et commande des organes</strong>&nbsp;: les hydropores débouchent sous le tegmen au niveau de la bouche,  via des canalicules, dans l&rsquo;anneau aquifère qui contourne l&rsquo;œsophage, et d&rsquo;où  partent cinq canaux aquifères. Ces derniers bifurquent et se prolongent à  l&rsquo;intérieur des bras pour se terminer en cul de sac, dans les pinnules et leurs podia. La pression est ainsi distribuée dans toutes les zones fonctionnelles.</li>
<li><strong class="align-j">Transport&nbsp;de nourriture</strong>&nbsp;: Depuis les pinnules, partent des   gouttières (canaux ou rainures ou sillons) ambulacraires (transporteurs)  qui se prolongent le long des bras jusqu&rsquo;à la bouche centrale. La longueur totale des gouttières varie suivant la dimension de l&rsquo;animal  et le nombre de ramifications branchiales&nbsp;; elle peut atteindre une  centaine de mètres.<br />
          Bras et pinnules sont  bordés de fines plaques formant un double feston membraneux lequel, en se relevant,  complète la gouttière et peut également se refermer au-dessus du sillon pour le  protéger. </li>
</ul>
<p class="align-j">Le canal ambulacraire est  également bordé de pieds digités, les podia ou tubes ambulacraires dont le rôle  est la collecte&nbsp; et le transfert de la nourriture. Les podia sont les  ramifications terminales du circuit aquifère. À la base de chaque podion se  trouve une vésicule musculeuse, l&rsquo;ampoule ambulacraire, remplie de liquide et  pourvue d&rsquo;une valve, laquelle se contractant, provoque le déploiement du  podion, le mettant ainsi en mouvement. Ces podia sont  très sensibles et se rabattent sur la rainure pour y transporter les particules  nourricières qui s&rsquo;y sont déposées, comme on va le voir plus loin. </p>
<h4>2.2.3. Appareil hémal</h4>
<p class="align-j">Le système hémal  (lacunaire ou circulatoire) a plusieurs fonctions dont celle de distribuer aux  organes vitaux, à partir des intestins, un liquide nourricier et celle  d&rsquo;évacuer des déchets.<br />
        Dépourvu de parois  propres, il est inclus dans l&rsquo;appareil périhémal parallèle au système  ambulacraire. Les crinoïdes n&rsquo;étant pas des organismes complexes, ni  volumineux, l&rsquo;essentiel des échanges peut se faire de cellules à cellules  proches. <br />
        Le système circulatoire ne dessert donc pas tout l&rsquo;organisme en nutriments, mais  seulement quelques organes&nbsp;:&nbsp;le centre vital et d&rsquo;autres un peu plus  éloignés&nbsp;comme les glandes génitales, le tube digestif et l&rsquo;appareil  ambulacraire. Pour ce, il reste simple&nbsp;: en cul-de-sac, de type  flux-reflux à partir de la cavité générale&nbsp;;  certaines structures ne sont pas du tout  irriguées. Il est rempli du liquide cœlomique mis en mouvement par la ciliature  du mésothélium, le tissu qui recouvre les parois. Constitué à 99% d&rsquo;eau purifiée  et de nutriments, il contient aussi des cellules immunitaires, les cœlomocytes.  Ces dernière jouent un rôle essentiel dans l&rsquo;immunité, mais collectent aussi  les déchets et les ôtent activement de l&rsquo;organisme à travers le système circulatoire/respiratoire  et les podia (Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;organe excréteur  différencié).</p>
<h4>2.2.4. Appareil périhémal</h4>
<p class="align-j">Le système sinusaire (cavités  cœlomiques) ou périhémal (il entoure le système hémal), sert également à la diffusion&nbsp;de  nutriments. Il comprend un sinus aboral pentagonal d&rsquo;où parent cinq sinus  génitaux se confondant avec les parois de la gonade, parallèles au système  ambulacraire et permet la diffusion de nutriments. </p>
<h4>2.2.5. Respiration</h4>
<p class="align-j">Cette fonction se  décline de différentes manières. La  cavité principale cœlomique est l&rsquo;organe essentiel du système vasculaire, elle  agit comme un pseudo cœur. Le   squelette dermique des échinodermes empêche les échanges respiratoires,  mais contrairement aux autres échinodermes qui disposent d&rsquo;organes dédiés aux  échanges gazeux (branchies chez les holothuries, bourses chez les ophiures…), chez  les crinoïdes, les échanges gazeux s&rsquo;effectuent par le jeu de pressions  osmotiques au niveau de papules qui se trouvent dans des téguments minces (la  perméabilité du tégument est sélective, elle permet le transfert  de certains nutriments tels que des acides aminés) et au niveau des podia. Les cils  vibratiles des cavités cœlomiques assurent la circulation de l&rsquo;eau qui  distribue l&rsquo;oxygène nécessaire  aux divers organes vitaux. La  contraction des podia génère des augmentations de pression qui font s&rsquo;évacuer  l&rsquo;eau vers l&rsquo;extérieur au travers du tube des podia.  Enfin, l&rsquo;anus est  continuellement en action, s&rsquo;ouvrant et se fermant alternativement assure une respiration anale.</p>
<h4>2.2.6. Système nerveux</h4>
<h5>Centres nerveux</h5>
<p class="align-j">Les crinoïdes n&rsquo;ont ni  tête ni cerveau. La coordination des fonctions n&rsquo;est pas centralisée mais ils  sont en mesure de réagir par des attitudes variées. Ils disposent d&rsquo;un système  nerveux relativement bien développé. On identifie 3 centres nerveux, logés à l&rsquo;intérieur  du calice.</p>
<ul>
<li><strong>Le centre nerveux épithélial</strong>&nbsp;: Il est réduit et superficiel&nbsp;; il se  compose d&rsquo;un ruban péribuccal, cerclant l&rsquo;œsophage, logé dans l&rsquo;épaisseur de  l&rsquo;épithélium (tissu cellulaire recouvrant les cavités), duquel partent de  nombreuses fibrilles dans l&rsquo;épithélium du tube digestif et d&rsquo;où partent également  cinq épais cordons qui bifurquent vers chaque bras pour former le nerf brachial  occupant toute la longueur du bras jusqu&rsquo;aux podia.</li>
<li><strong>Le centre nerveux oral profond</strong>&nbsp;: situé dans le tissu conjonctif (tissu  cellulaire comprenant une matrice non cellulaire) péribuccal, il émet de  nombreux nerfs : vers les tentacules buccaux, le tube anal, puis des cordons épais  qui se divisent vers les bras et les pinnules pour innerver les podia ainsi que  les muscles du canal radial.</li>
<li><strong>Le centre nerveux aboral</strong>&nbsp;: c&rsquo;est le centre de coordination des  mouvements natatoires et de marche&nbsp;; il est situé au fond du calice, dans  la plaque centrodorsale&nbsp;; plusieurs nerfs se dirigent vers les bras et  leurs pinnules, d&rsquo;autres vers l&rsquo;épiderme et enfin vers les cirres.</li>
</ul>
<h5>Cils sensitifs</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/26.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 6 : Coupe de l&rsquo;épiderme sur l&rsquo;un des festons bordant le sillon ambulacraire d&rsquo;une pinnule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : L. GUÉNOT</figcaption></figure>
<p>      Plusieurs organes  sont pourvus de terminaisons  tactiles. Par exemple, tous les podia portent une quantité de petites papilles  saillantes (fig. 6), munies de trois cils raides à leur extrémité et  renfermant une fibre musculaire centrale. Sur les téguments, notamment le long  des sillons et sur la face orale, il existe également de nombreuses terminaisons  sensitives munies de cils raides.</p>
<h5>Saccules</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/27.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/27.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><span class="align-j">Fig. 7 : Coupe      pratiquée près de la bouche montrant un saccule.</span></figcaption><figcaption class="copyright">Illustr. : L. GUÉNOT, adaptation Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les saccules  sont de petites sphères, logées dans le tissu  conjonctif immédiatement sous l&rsquo;épiderme, qui longent les sillons  ambulacraires&nbsp;; sur le disque il y en a une double et même une triple rangée,  mais sur les bras et les pinnules ils ne forment plus qu&rsquo;une seule rangée de  chaque côté du sillon, en alternant très régulièrement avec les triades de  tentacules. On en rencontre aussi à l&rsquo;intérieur du disque, dans la paroi du  tube anal et de l&rsquo;intestin.</p>
<p class="align-j">Le saccule  renferme un grand nombre de sphérules réfringentes (en mesure de réfracter les  rayons lumineux), incolores, groupées en amas pyriformes qui se terminent par  un filament grêle s&rsquo;attachant à la paroi sacculaire. Chaque amas est  probablement dérivé d&rsquo;une cellule, car on trouve à sa base, sur la paroi, une  cellule aplatie. Il a été suggéré que les saccules, principalement constitués  de protéines, pouvaient être des organes de réserve de nutriments.  Mais ces protéines sont fortement basiques&nbsp;; on estime aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;en  raison de leur étroite association avec le système nerveux hyponeural, chaque  saccule  constitue une lentille photo réceptive.</p>
<h4>2.2.7. Nutrition</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  suspensivores microphages, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils captent les particules en suspension dans  l&rsquo;eau et ces particules alimentaires (essentiellement de petits animaux et des  algues) sont plus petites que leur bouche.</p>
<h5>2.2.7.1. Capture des proies : le podion</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/28.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/28.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Les podia, ou cils ambulacraires, sont visibles sur les pinnules d’un bras de <em>Davidaster rubiginosus</em>. On ne distingue ici, que l’alignement des podia primaires.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :  Alain GOYEAU &#8211; <a target="_blank" href="http://doris.ffessm.fr/Especes/Comatule-doree3" rel="noopener">DORIS</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Comme chez un  grand nombre d&rsquo;organismes suspensivores les crinoïdes utilisent une combinaison  de mécanismes pour assurer leur nutrition. Les crinoïdes ne génèrent pas de  courant propre à filtrer, ce ne sont pas des filtreurs actifs comme on l&rsquo;entend  habituellement. Sont-ils passifs pour autant, laissent-ils simplement passer  l&rsquo;eau à travers leur corps ? Non. Les crinoïdes sont bel et bien  des filtreurs actifs, à leur manière, puisqu&rsquo;ils savent modifier leurs positions et attitudes pour rentabiliser  leurs quête et ce, de manière plus dynamique que d&rsquo;autres, comme on va le détailler  plus loin. Quelques auteurs  supposent même qu&rsquo;ils  sélectionnent  leurs proies, vraisemblablement à partir de la taille, de la densité, de la composition  ou l&rsquo;odeur. De quelle manière&#8230; cela reste à prouver. En tout cas cette sélection permettrait à l&rsquo;animal  d&rsquo;obtenir un bénéfice nutritionnel maximum pour une dépense d&rsquo;énergie minimum.</p>
<p class="align-j">La capture est réalisée au moyen des <strong>podia</strong>. Le podion est un petit tube digité ambulacraire parfois nommé <strong>cil ambulacraire</strong>, élastique. Contrairement aux autres échinodermes où les cils ambulacraires se  meuvent indépendamment les uns des autres et sont utilisés pour la locomotion,  chez les crinoïdes ils sont essentiellement dédiés à l&rsquo;alimentation ainsi qu&rsquo;à d&rsquo;autres fonctions&nbsp;annexes de respiration et de perception. Les podia sont répartis le long du canal  ambulacraire qui parcourt les bras et leurs pinnules. </p>
<p class="align-j"> Le podion des  échinodermes est constitué de quatre couches tissulaires dont l&rsquo;épiderme  (la couche externe) contient plusieurs types de cellules, associées différemment selon la fonction  prédominante&nbsp;: la locomotion ou la capture comme chez  les crinoïdes, et selon la situation du podion&nbsp;: </p>
<ul>
<li><strong>Des cellules de maintien</strong> traversées par une structure porteuse centrale  dont le faisceau, contrairement aux autres échinodermes, n&rsquo;est pas composé de  filaments mais de  plusieurs centaines de microtubules. Ces cellules seraient également en mesure  d&rsquo;absorber les nutriments solubles.</li>
<li><strong>Des cellules sensorielles</strong>, chémo-réceptrices et mécano-réceptrices.</li>
<li><strong>Des cellules de sécrétion</strong>, de plusieurs types, plus ou moins dispersées,  assurent la production de substances diverses aux fonctions parfois imprécises dont  une mieux connue&nbsp;: celle d&rsquo;excréter un mucus fortement adhésif sur la  couche externe de l&rsquo;épiderme du podion (la cuticule) dans certaines zones spécifiques. </li>
</ul>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/29.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/29.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Podia de la comatule <em>Antedon bifida</em> : PA, papille&nbsp;;  PP, podion primaire&nbsp;; SP,  podion secondaire.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :  Hammang &amp; Jangoux</figcaption></figure>
<p class="align-j">Comme les ophiures, mais  contrairement à la plupart des autres échinodermes existants, les podia des crinoïdes ne disposent pas de ventouse terminale. Ce type de podion utilise  exclusivement des voies chimiques, et non mécaniques, pour assurer l&rsquo;adhésion  des particules alimentaires. Si on a longtemps imaginé un simple mucus adhésif,  il semble bien que les cellules génèrent successivement, de manière plus  complexe, une sécrétion puis un type de neurosécrétion&nbsp;aux fonctions respectives  d&rsquo;adhésion et de désadhésion. Les cellules adhésives produisent des protéines  lesquelles, via leurs résidus, génèreraient des liaisons électrostatiques entre  des sites réactifs (polysaccarides) de la cuticule et la surface de la  particule ;  la désadhésion étant  provoquée par la diminution des résidus.</p>
<p class="align-j">Le podion est doté d&rsquo;une  excellente mobilité pour la capture. C&rsquo;est une structure hydraulique, élément  terminal du système aquifère qui se démultiplie dans les pinnules. Le mouvement des podia est assuré par les combinaisons de  trois mouvements de base&nbsp;: expansion, flexion et rétraction, qui résultent de  l&rsquo;action antagoniste de la pression hydrostatique du fluide ambulacraire et du  muscle rétracteur du podion. Chez les crinoïdes, il n&rsquo;existe pas de sac  ambulacraire&nbsp;; la mise sous pression et son maintien nécessaires à  l&rsquo;expansion  du podion, sont assurés par  la contraction de tout le canal aquifère brachial. La contraction et le relâchement  des muscles qui cerclent le podion s&rsquo;effectuent d&rsquo;une manière imprécise, via la  libération de neurotransmetteurs par le faisceau de  fibres nerveuses (plexus nerveux) qui coure sous l&rsquo;épiderme du podion.<br />
        Les podia agissent par six, en deux  groupes de trois dressés, situés de part et d&rsquo;autre du sillon ambulacraire (Fig. 8 ). Cet arrangement semble commun à toutes les comatules et probablement  tous les crinoïdes vivants. Chaque triade comporte un podion primaire long, de 0,4 à 0,8 mm, un podion  secondaire ou médian et un podion tertiaire, court. Chacun a une fonction  différente et donc  un comportement caractéristique. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/30.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/30.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 8 : Détail d’une pinnule et des groupements de podia.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : D. Tournassat, d’après D.R. Khanna</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le podion primaire très  mobile et innervé, porte plusieurs papilles ciliées, sensibles, contenant des  cellules sécrétant des filaments  muqueux. Quand une particule  alimentaire en suspension  entre en  contact, alerté par la cellule  sensorielle, il éjecte, parfois avec  force chez certaines espèces, des fils muqueux formant un filet adhésif.  L&rsquo;action des fils muqueux semble être le mode de capture typique et principal,  surement essentiel lors des proliférations de plancton.<br />
        Le podia plie et se  recourbe rapidement vers l&rsquo;intérieur, dirigeant la particule vers la triade opposée. Le podion secondaire récepteur, de forme incurvée et également pourvu de  filaments muqueux, attrape la particule et la force à pénétrer dans la  rainure ambulacraire. Les bases des podia secondaires fusionnent à la  surface intérieure en replis&nbsp;; leur contraction tire les plis vers  l&rsquo;intérieur, recouvrant la gorge.  Le podion tertiaire est court, Les podia tertiaires s&rsquo;étendent  verticalement à partir du bord de la gorge. La  fonction des podia courts varie quelque peu en fonction des espèces. Ils  peuvent capturer de la nourriture mais plus généralement, ils raclent les  particules au-delà des podias primaires et les retiennent dans la gorge. Certaines espèces, cependant, sont en mesure d&rsquo;enlever les  particules en se frottant aux cils du sillon. </p>
<p class="align-j">Il semble bien que certaines  espèces transmettent directement la nourriture des podia à la bouche,  cependant, d&rsquo;une manière générale elles utilisent leurs sillons ambulacraires.</p>
<p class="align-j">En bordure du sillon ambulacraire,  à la base des podia, se situent des papilles qui  sécrètent un mucus (une  glycoprotéine, combinaison de sucres et d&rsquo;acides aminés) liquide, gluant et  visqueux produit par des glandes sous-jacentes.  Ce mucus immobilise les petits animaux. Les podia se frottent ainsi les uns contre les autres et au fond de la  rainure amassant les particules capturées au sein des sécrétions muqueuses. Ils  forment ainsi des bolus (bol alimentaire ou boules formées par les amas de  particules et mucus).</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/31.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/31.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Surface orale typique d&rsquo;une comatule&nbsp;; les rainures alimentaires ambulacraires (AFG) convergeant vers ​​la bouche centrale (M) ; la papille anale (AP) est excentrée.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<h5>2.2.7.2. Transport alimentaire</h5>
<p class="align-j">Le sillon est également pourvu  de forts cils  vibratiles, fixés sur une cellule sensorielle qui porte des cercles ciliaires  constitués de minces fibrilles de protéine lesquelles font partie du système  nerveux. Les particules sont transportées dans les rainures des pinnules par l&rsquo;action des cils puis débouchent  dans les rainures des bras qui convergent vers la bouche. On ne sait pas  encore comment sont commandés les bras, pinnules et cils, ni comment sont  traitées les informations captées par cette cellule. Les particules  engluées de mucus, forment de larges amas acheminés vers la bouche qui s&rsquo;y  engloutissent, poussés par les mouvements des lèvres péribuccales.</p>
<h5>2.2.7.3. Digestion</h5>
<p class="align-j">La configuration  du système digestif est simple mais il existe des variations structurelles très  progressives dans le tube digestif qui laissent penser que les principales  fonctions d&rsquo;absorption, de digestion et de stockage des matières énergétiques  sont assurées dans la totalité de l&rsquo;appareil.   Spécificité parmi les échinodermes&nbsp;: chez les crinoïdes l&rsquo;anus  s&rsquo;ouvre sur la face orale. La bouche se situe le plus souvent à peu près centrée,  à la convergence des rainures ambulacraires. À l&rsquo;état normal le crinoïde capte  les particules en suspension&nbsp;;  les  bras sont écartés et la bouche est ouverte. De la bouche part un large  œsophage, continué par un intestin très volumineux, bosselé et plissé qui  décrit un tour de spire complet dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre. Dans  son premier tiers, l&rsquo;intestin émet des lobes volumineux dans lesquels les  aliments ne rentrent pas. L&rsquo;excrétion est en grande partie assurée par les  cellules péritonéales, qui tapissent l&rsquo;intérieur de l&rsquo;abdomen. Ces dernières  fabriquent et se chargent de gros granules brunâtres pour être ensuite ingérées  par les cellules phagocytes ou bien dispersées dans les tissus, à l&rsquo;état de  déchets qui seront éliminés. Revenu à son point de départ, l&rsquo;intestin se  redresse verticalement dont une petite partie terminale constitue le rectum. Ce  dernier, entouré de petites papilles, débouche en saillie, au sommet d&rsquo;un cône ou  d&rsquo;une forme globuleuse, sur la face orale, entre deux rayons. Comme pour  l&rsquo;œsophage, le tube anal dispose de fibres musculaires circulaires formant un  sphincter&nbsp;; ce dernier présente des contractions rythmiques en relation,  probablement, avec le rejet de l&rsquo;eau et des excréments.</p>
<h5>2.2.7.4. Régimes alimentaires</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse du contenu de  l&rsquo;intestin et des matières fécales des crinoïdes donne une idée de leur régime alimentaire.  On observe&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Du phytoplancton  depuis la taille de 15&nbsp;µm, composé de protistes (dinoflagellés), de  diatomées et d&rsquo;autres algues unicellulaires&nbsp;;</li>
<li>du  zooplancton varié, constitué de protozoaires ciliés (foraminifères, radiolaires,  tintinnidés) et d&rsquo;autres animaux en moyenne de 50 à 150&nbsp;µm et jusqu&rsquo;à  400&nbsp;µm, tels que des larves d&rsquo;invertébrés (au stade véligère), de petits  crustacés (copépodes, ostracodes)&nbsp;;</li>
<li>des  particules organiques d&rsquo;origine animale ou végétale&nbsp;;</li>
<li>des  particules détritiques. </li>
</ul>
<p class="align-j">Par exemple, le régime  alimentaire de <em>Lamprometra klunzing</em> étudié durant plus d&rsquo;un an s&rsquo;est révélé être constitué d&rsquo;environ 10&nbsp;% de  phytoplancton, 50&nbsp;% de protozoaires et 40&nbsp;% de crustacés et  mollusques. Les diatomées et tintinnidés étant représentés par des formes  benthiques. Cela confirme l&rsquo;importance des matières sédimentaires remises en  suspension. Le même type d&rsquo;analyse prolongée, sur la comatule <em>Antedon bifida</em> dans les eaux irlandaises,  détermine une grande proportion de matières issues du fond, remises en  suspension dont 65&nbsp;% de détritus organiques (principalement d&rsquo;origine  fécale), 17&nbsp;% de limon et frustules fragmentées de diatomée et 18&nbsp;% de  diatomées ou dinoflagellés.</p>
<p class="align-j">Cependant, il s&rsquo;agit là  probablement d&rsquo;une image incomplète de ce qui fournit en fait la nourriture. Il  semblerait cependant que les particules ingérées, peuvent transiter rapidement dans l&rsquo;intestin, et une heure  après l&rsquo;ingestion, s&rsquo;accumuler plus loin au niveau du rectum où l&rsquo;essentiel de  la digestion a lieu apparemment, et ainsi disparaitre des analyses. La rapidité  du  transit semble en relation avec la  densité de particules alimentaires. En effet, des mesures en laboratoire  déterminent qu&rsquo;en cas de suralimentation, les particules sont comme poussées  vers la sortie par les cils vibratiles et les contractions intestinales, sans  pour autant pouvoir en expliquer tout le mécanisme. Durant ce transit rapide,  la digestion n&rsquo;a pas lieu ou reste très incomplète au point de détecter des  nauplii d&rsquo;artémia vivants dans les matières fécales. On peut en conclure qu&rsquo;une  trop forte densité de particules peut nuire au métabolisme, au point  d&rsquo;affaiblir l&rsquo;animal lorsqu&rsquo;il est répété.</p>
<p class="align-j">Les excréments  contiennent souvent et en grande proportion, des particules clairement  indigestes comme des grains de sédiments et des spicules d&rsquo;éponge, ce qui suppose  que la capture des particules est non-sélective et peut ne pas refléter ce qui  est digéré. Par ailleurs, il est difficile de distinguer la part de produits  détritiques capturés des matières fécales produites. Les Crinoïdes peuvent  également capturer du plancton (tel que des ciliés libres), qui peut être  éliminé par digestion ou rendu non identifiable dans les fèces. <br />
        On peut supposer que le  carbone organique particulaire (POC), faiblement concentré dans l&rsquo;environnement  récifal, peut représenter une composante importante de l&rsquo;alimentation des  crinoïdes qui peuvent s&rsquo;en nourrir abondamment durant de brefs épisodes, par  exemple lors de la ponte d&rsquo;autres invertébrés. Par ailleurs, les études ont  montré qu&rsquo;<em>A.&nbsp;bifida</em> était incapable de  digérer la plupart des diatomées et dinoflagellés trouvés dans l&rsquo;intestin. On  estime que les populations microbiennes dans les détritus organiques pourraient  représenter l&rsquo;essentiel de l&rsquo;alimentation des comatules, mais leur contribution  reste à quantifier. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;absorption de nutriments  dissous (acides aminés, carbohydrates, glucose…) a été documentée. On sait que  la comatule <em>Leptrometra phalangium</em> est en mesure de d&rsquo;absorber de telles matières organiques dissoutes par les bras,  mais aussi par les cirres qui seraient en mesure de prélever des taux plus  importants au niveau du sol. Ce serait le mode principal de nutrition au stade  larvaire. Cependant la contribution des MOD à la nutrition des comatules reste  inconnue.</p>
<p class="align-j">Les composants  alimentaires identifiables varient considérablement selon les espèces de  crinoïdes, jusqu&rsquo;à un rapport de 1 à 2 sur certains composants. Ces différences  peuvent refléter la disponibilité variable (saisonnalité, localité et rythmes  d&rsquo;activité), la profondeur (les espèces vivant plus profond étant moins  sélectives et se nourrissant plus souvent de détritus, la morphologie (podion et  espacement et la largeur de la rainure ambulacraire). Ceci dit, on a pu constater que la composition  fécale pouvait également varier de manière non négligeable pour deux individus  de la même espèce et issus du même lieu.<br />
        La taille des particules  alimentaires varie selon les espèces. La largeur de la rainure ambulacraire  permet d&rsquo;évaluer la dimension des particules assimilables, étant entendu que ce  n&rsquo;est pas une règle absolue, que la longueur peut être plus importante que la  largeur acceptable et que certaines espèces transfèrent leur nourriture  directement à partir de leur pinnules, sans passer par la gorge brachiale.</p>
<p class="align-j">Plus rare, certaines  espèces très particulières, notamment de la famille des <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Holopodidae" title="Holopodidae" rel="noopener">Holopodidae</a> (en forme de «&nbsp;poing&nbsp;»), pourraient  être capables de piéger des poissons ou d&rsquo;autres animaux macroscopiques actifs. </p>
<h4>2.2.8. Locomotion</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont tous des  animaux aux mœurs fondamentalement sédentaires. Ils sont benthiques&nbsp;et  vivent sur le fond, posés ou fixés à un support. Mais certaines espèces ont su développer leur mobilité de plusieurs manières.</p>
<h5>Locomotion des lys de mer</h5>
<figure class="figfloat">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v1.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v1.webm"></video><figcaption class="figlegende"> Ce crinoïde <span class="align-j">Isocrinidae</span> s&rsquo;est libéré  après qu&rsquo;une étoile de mer s&rsquo;est approchée  pour le manger.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : Tomasz Baumiller, Univ. of Michigan</figcaption></figure>
<p class="align-j">On a longtemps supposé que  tous les lys de mer disposant d&rsquo;un pédoncule étaient fixés à une sous-couche de  substrat dur et, de fait, étaient forcément sessiles. Leur déplacement ayant  lieu fortuitement lors de la rupture de la tige, la relocation,  après  régénération du système d&rsquo;accrochage. </p>
<p class="align-j">Des observations <em>in situ</em> en bathyscaphe ont maintenant  prouvé que, pour se soustraire à un prédateur, les espèces appartenant à la  famille Isocrinidae, qui représentent près de 90% des espèces vivantes, sont fixées  dans les sols meubles par enfouissement de leurs cirres ou sur substrat par accrochage, mais sont en mesure de  s&rsquo;extraire du sol ou de se décrocher et de se déplacer, de manière maitrisée, à la même vitesse qu&rsquo;une comatule, en rampant avec leurs  bras, la tige trainant en arrière (Vidéo).</p>
<h5>Locomotion des comatules</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v2.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v2.webm"></video><figcaption class="figlegende"><em>Comaster schlegelii</em> se déplaçant sur ses bras, sur de courtes distances.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : <a target="_blank" href="https://www.youtube.com/channel/UCPLPJ8Vjh5fkJQsBiiU7cKw" rel="noopener">Branko Milovanovic</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules sont  vagiles, capables de se déplacer mais à  la différence des autres échinodermes elles  n&rsquo;utilisent pas leurs cils ambulacraires pour se déplacer.</p>
<p class="align-j">Sur de très courtes  distances, elles peuvent se déplacer, par exemple pour s&rsquo;abriter ou pour trouver  une meilleure orientation dans le courant. Elles marchent alors de manière très  lente en se servant de leurs cirres qu&rsquo;elles décrochent du support et déplacent  de manière ordonnée. </p>
<p class="align-j">Lors de déplacements sur des distances plus importantes,  de quelques mètres, par exemple pour trouver un meilleur site de nourrissage,  elles se déplacent parfois au niveau du sol, en prenant appui sur leurs bras (Vidéo).</p>
<figure class="figfloat" >
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v3.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v3.webm"></video><figcaption class="figlegende">Nage gracieuse et atterrissage en douceur.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : <a target="_blank" href="https://www.youtube.com/channel/UCis_2UB2Li0mrHE-F6Mt0gQ" rel="noopener">Tiana Reimann</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Lors des déplacements  rapides,  pour échapper à un prédateur ou un plongeur <em>Homo sapiens</em> irrespectueux, les  comatules peuvent également nager en eau libre (Vidéo), même à contre-courant&nbsp;: Certaines  espèces de colobometridés, antedonidés, atelecrinidés et thalassometridés  nagent spontanément pour se déplacer, bien que cette méthode soit rarement  utilisée. De manière particulièrement gracieuse, elles évoluent la face orale en  avant, les bras articulés s&rsquo;élèvent et s&rsquo;abaissent alternativement de façon  synchronisée, bras pairs et impairs en opposition. Comme on l&rsquo;a vu  précédemment, les muscles et tendons dont la rigidité est mutable,  permettent de maintenir le squelette rigide dans le courant, ou l&rsquo;assouplir  pour permettre le mouvement.</p>
<p class="align-j">Pour se poser sur un  nouveau support, la comatule relève alors tous ses bras simultanément ce qui la  fait descendre en quelques brasses, et atterrir sur la pointe des cirres. Ces  mouvements ont l&rsquo;air parfaitement délibérés dans son environnement, ce qui  laisse penser que la comatule dispose de capteurs visuels, les saccules que  l&rsquo;on a évoqué plus haut, pour détecter l&rsquo;approche du prédateur et pour se  diriger vers une cible.</p>
<h4>2.2.9. Autotomie et régénération</h4>
<h5>2.2.9.1. Autotomie</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;autotomie est une auto  amputation volontaire d&rsquo;une partie du corps. C&rsquo;est un phénomène courant et même  naturel. Par exemple, la comatule <em>O.&nbsp;japonicus</em> augmente le nombre de ses bras au cours de sa croissance par l&rsquo;autotomie d&rsquo;un  bras qui est suivie de la régénération de deux nouveaux bras. </p>
<div class="commentaire">
        <strong>Modes de régénération</strong></p>
<p>        <strong>Régénération morphallactique</strong> : chez des organismes simples, des tissus restants sont  remaniés et permettent le processus de régénération.</p>
<p><strong>Régénération épimorphique</strong> : chez des organismes plus complexes, une      prolifération cellulaire  forme un bourgeon (blastème de régénération), début de la régénération. Cela implique un renouvellement coordonné de      nombreux types cellulaires à partir d’un petit groupe de cellules. Interviennent des cellules souches, appelées ainsi pour leur propriété fondamentale d’auto-renouvèlement. Ces dernières      sont dites aussi «&nbsp;différenciées&nbsp;», car elles ne sont pas      spécialisées&nbsp;&nbsp;: elles peuvent produire de la peau, du muscle, etc. Ces      cellules souches migrent au niveau de l&rsquo;amputation et prolifèrent pour      former un amas de cellules à partir duquel se reformera la partie manquante.      Elles peuvent être totipotentes&nbsp; &nbsp;(aptes à engendrer n’importe      quel type de tissu), ou pluripotentes (quelques-uns).</div>
<p class="align-j">L&rsquo;autotomie a lieu quand  l&rsquo;organe est soumis à une excitation très forte&nbsp;; la coupure a lieu au  niveau d&rsquo;une zone de moindre résistance. Concernant le bras, elle est produite  par balancement de ce dernier au niveau d&rsquo;articulations spécifiques, les  syzygies, où les ligaments sont très courts. Le sectionnement peut être  provoqué de manière subite, lors d&rsquo;une prédation par exemple. Les tissus collagènes mutables (MCT) entre les brachiales (ligaments, muscles…)  permettent à l&rsquo;organisme de changer rapidement leurs propriétés mécaniques  sous une stimulation nerveuse. La diminution drastique de leur  résistance à la traction permet à l&rsquo;animal à de sectionner son bras avec un  minimum d&rsquo;effort. Il s&rsquo;ensuit la régénération de la partie perdue qui est alors  plus rapide que lorsque la rupture a lieu sur un autre type d&rsquo;articulation.</p>
<h5>2.2.9.2. Régénération</h5>
<p class="align-j">La régénération est un  phénomène biologique habituel chez de nombreux animaux, d&rsquo;autant plus que leur  organisation est simple. Les échinodermes sont connus pour leur pouvoir de  régénération, mais les crinoïdes ainsi que les ophiures, possèdent un potentiel  particulièrement élevé puisqu&rsquo;ils sont capables de régénérer la plupart de  leurs organes et, pour certaines espèces, jusqu&rsquo;à la reconstitution totale de  la couronne, nerfs et viscères inclus. </p>
<p class="align-j">Cette régénération complète des  structures perdues peut se produire rapidement après une blessure, une  prédation ou l&rsquo;autotomie. Elle  implique différents types de cellules et, chez les crinoïdes, les processus  sont nombreux (morphallactique&nbsp;et épimorphique, avec ou sans  blastème)&nbsp; et les plus variés parmi les échinodermes. Les processus de  régénération du système nerveux, des pédoncules des lys de mer et plus  fréquent, celui des bras… intéressent les chercheurs depuis longtemps. Ces  derniers ont mis récemment en évidence l&rsquo;augmentation de neurotransmetteurs dopamine et sérotonin lors du  processus de régénération des bras. Détaillons le cas de ce dernier.</p>
<p class="align-j"> On distingue trois phases  principales de régénération&nbsp;: la réparation, le début de régénération et  la régénération avancée mettant en œuvre différentes cellules. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/33.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/33.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Régénération d’un bras sur <em>A.&nbsp;mediterranea.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=AH9JghsCN0gC&amp;pg=PA79&amp;lpg=PA79&amp;dq=automutilation+crinoide&amp;source=bl&amp;ots=kmq7-Y8STY&amp;sig=G5ECSnVBeFbhBrfjMNAxF5s0Cgs&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjq1K-z9uTNAhUDbRQKHb2wDB4Q6AEIJzAB#v=onepage&amp;q=automutilation%20crinoide&amp;f=false" rel="noopener">Junying Chen,Chuguang Guô</a></figcaption></figure>
<ul>
<li><strong>Phase de réparation</strong>&nbsp;: durant les 24 premières heures après l&rsquo;amputation,  le tissu superficiel (épithelium) se forme rapidement sur le moignon. Différentes  cellules (phagocytes, amibocytes et granulaires) mobiles migrent depuis le  cortex du nerf brachial, via ce dernier, vers le tissu cicatriciel. En même  temps, un matériau fibreux, le blastème, formé de substances amorphes dérivées  des amibocytes, s&rsquo;épandent entre les éléments ou à la surface des tissus. Les  cellules cœlomocytes quant à elles, se propagent via les canaux cœlomiques vers  les tissus blessés des cœlomes,  espaces vitaux multifonctionnels.</li>
<li><strong>Phase de régénération précoce</strong>&nbsp;: entre 24 et 72 h après l&rsquo;amputation ces  cellules régénératrices prolifèrent. Multipotentes, elles peuvent se  transformer en d&rsquo;autres cellules régénérées. Apparaissent alors des cellules  nerveuses, et on observe un petit bourgeon signe du début de croissance. </li>
<li><strong>Phase de régénération avancée</strong>&nbsp;: de 72 h à 4 semaines après l&rsquo;amputation,  le bras prend sa forme, les tissus se développent, nerfs et muscles se  régénèrent jusque dans les ramifications. Après 3 semaines, un petit bras s&rsquo;est  formé, fonctionnel.</li>
</ul>
<p class="align-j">Bien entendu, la  recherche se penche de plus en plus sur l&rsquo;analyse et l&rsquo;identification de ces  cellules souches, propres à régénérer de nombreux tissus qui pourraient bien  intéresser l&rsquo;Homme. Ces études sont entreprises notamment sur des spécimens d&rsquo;<em>Oxycomanthus&nbsp;japonicus</em>, maintenant reproduits et élevés à grande échelle.</p>
<h4>2.2.10. Reproduction</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes  peuvent se multiplier par voie asexuée et sexuée. </p>
<h5>Reproduction asexuée&nbsp;: autotomie  et régénération</h5>
<p class="align-j">Le processus de  reproduction asexué met en jeu l&rsquo;autotomie et la régénération développées  ci-dessus. Dans ce cas, la section d&rsquo;une partie du corps est engagée en  relation avec des signes extérieurs tels qu&rsquo;une dégradation des conditions du  milieu ambiant. La multiplication des tissus et la régénération d&rsquo;un clone en  un autre lieu, répond au besoin de survie de l&rsquo;individu.</p>
<h4>Reproduction sexuée</h4>
<p class="align-j">La reproduction sexuée répond au besoin  de survie de l&rsquo;espèce. Comme tous les échinodermes, les crinoïdes sont  essentiellement gonochoriques (dioïques), bien qu&rsquo;on ait noté quelques cas  d&rsquo;hermaphrodisme synchrone. Leurs sexes sont donc séparés&nbsp;; ils sont soit  mâles, soit femelles, mais il n&rsquo;y a pas de dimorphisme sexuel, il est en effet  impossible de distinguer leur sexe extérieurement.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont ovipares. Il  s&rsquo;agit donc pour les femelles, de pondre des œufs fécondés ou non, dont la  croissance embryonnaire se termine hors de leur organisme. Cette  stratégie de  reproduction sexuée implique l&rsquo;utilisation d&rsquo;organes de reproduction&nbsp;: les  gonades (testicules et ovaires), où a lieu la production (gamétogénèse) de  cellules sexuées&nbsp;: les gamètes (spermatozoïdes ou ovules). Les gamètes  mâle et femelle se rencontrent pour fertiliser (fécondation) et former un œuf (zygote)  duquel, après plusieurs divisions cellulaires, éclora une larve qui se  métamorphosera en crinoïde juvénile (Fig.&nbsp;9). </p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/34.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  width="800" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/34.jpg"></a><figcaption class="figlegende">figure 9  : Cycle de reproduction sexuée des crinoïdes. La fécondation a lieu au niveau des pinnules ; la division embryonnaire donne lieu à un stade larvaire de type auricularia, la larve doliolaria se développe ensuite dans le plancton pélagique ; suivent enfin deux phases larvaires benthiques, la phase cystidéenne sans bras puis la phase pentacrinoïde ou le crinoïde acquiert son allure définitive et, selon ses gènes, conserve son pédoncule ou acquiert ses cirres de fixation.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration&nbsp;: Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h5>Organes de reproduction</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/35.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/35.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Région intermédiaire proximale du bras (A) d’un crinoïde avec ses pinnules latérales (P) contenant les gonades. Plusieurs œufs (flèches) restent accrochés en surface.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=AH9JghsCN0gC&amp;pg=PA79&amp;lpg=PA79&amp;dq=automutilation+crinoide&amp;source=bl&amp;ots=kmq7-Y8STY&amp;sig=G5ECSnVBeFbhBrfjMNAxF5s0Cgs&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjq1K-z9uTNAhUDbRQKHb2wDB4Q6AEIJzAB#v=onepage&amp;q=automutilation%20crinoide&amp;f=false" rel="noopener">Junying Chen,Chuguang Guô</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;un système de cordons  (cordons génitaux) composé de cellules à gros noyau nucléolé (qui contient les  données génétiques). Les cordons partent d&rsquo;un anneau central autour de l&rsquo;œsophage <br />
        Depuis l&rsquo;anneau central,  les cordons parcourent l&rsquo;une des cavités cœlomiques, la lacune génitale, qui se  ramifie vers les bras en suivant les rainures ambulacraires ou chaque cordon  émet une branche latérale jusqu&rsquo;aux pinnules génitales.</p>
<p class="align-j">On compte plusieurs  paires de pinnules génitales, celles-ci se situent après les pinnules orales.  Elles n&rsquo;ont pas architecture particulière sauf qu&rsquo;elles portent les gonades.</p>
<p class="align-j">A la base de chacune de  ces pinnules, le cordon génital latéral se termine pour former une gonade. Les  gonades (ovaires el testicules) sont des glandes de forme ovoïde allongée, qui  gonflent considérablement les pinnules au moment de la maturité sexuelle. Elles  remplissent alors toute la cavité cœlomique aborale du bras à ce niveau.  (Photo)</p>
<h5>Gamétogénèse</h5>
<p class="align-j">Les cellules sexuelles se  différencient à partir de l&rsquo;anneau central. Elles se multiplient et se  déplacent le long des cordons génitaux. Il est très probable qu&rsquo;elles  n&rsquo;arrivent à maturité qu&rsquo;en fin de parcours, au niveau des pinnules génitales  pour devenir les cellules mères (ovules ou spermatozoïdes).</p>
<h5>Fécondation</h5>
<p class="align-j">La maturité  sexuelle est atteinte après environ 2 ans. Cette durée reste approximative  comme toutes les durées qui suivent dans ce chapitre, du fait du peu  d&rsquo;informations et du nombre important de facteurs. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accouplement  chez les crinoïdes. En période de reproduction les individus mobiles se  rassemblent en période de reproduction. Le regroupement augmente les chances de  fécondation. La dispersion des gamètes est précédée par un important  développement des gonades. Mâles et femelles évacuent simultanément leurs  produits génitaux. Le sperme est toutefois expulsé dans un premier temps dans  l&rsquo;eau ce qui stimule, grâce à un  signal phéromonal, la décharge des ovules. <br />
        Selon les espèces, les  ovules sont expulsés dans l&rsquo;eau ou, plus fréquemment semble-t-il, comme chez <em>Antedon</em>, ils restent attachés par une  sécrétion visqueuse sur la pinnule&nbsp;; ainsi les œufs de  certaines espèces quitteraient les pinnules une fois fécondés. La fécondation externe, par les  spermatozoïdes, se produit rapidement dès l&rsquo;expulsion. Cette fusion ovocyte &#8211; spermatozoïde donne  l&rsquo;œuf fécondé (zygote). </p>
<p class="align-j">L&rsquo;œuf dispose  d&rsquo;une membrane vitelline transparente et renferme une certaine quantité de  vitellus, réserve énergétique utile pour le développement ultérieur de la larve  qui ne se nourrira pas. Au premier stade embryonnaire, il contient une cellule  unique qui se divise durant les premières 48&nbsp;heures. </p>
<h5>Ponte</h5>
<p class="align-j">Les œufs  développés provoquent la rupture de la mince paroi pinnulaire en un ou  plusieurs points de moindre résistance et sortent par ces orifices artificiels.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/36.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/36.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 10&nbsp;:      Portion de bras d&rsquo;Antedon bifida, montrant des pinnules génitales au moment      de la ponte des œufs.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration&nbsp;: <a target="_blank" href="https://ia800203.us.archive.org/28/items/zoologiedescrip00aposgoog/zoologiedescrip00aposgoog.pdf" rel="noopener">L. Cuénot</a></figcaption></figure>
<p>      La ponte a lieu à  une période déterminée différente, même pour des espèces identiques, selon les  mers et les fluctuations de température qui influent également sur la vitesse  de maturation sexuelle. Chez <em>Antedon  bifida,</em> par exemple, elle se produit vers juin-juillet sur la côte ouest  européenne, et avril-mai en Méditerranée. Ainsi, dans les mers tropicales  tempérées, les pontes s&rsquo;échelonnent de mars à octobre. Des espèces différentes  d&rsquo;un même lieu pouvant pondre à des périodes différentes. Selon les espèces,  elle peut se produire en une seule  fois, ou en plusieurs à quelques jours d&rsquo;intervalle et s&rsquo;étendre sur 1 à 2 mois.
      </p>
<p class="align-j">Après la ponte, Le  volume des gonades régresse&nbsp;; les œufs non évacués sont résorbés à  l&rsquo;intérieur des gonades et leurs constituants récupérés.</p>
<p class="align-j">Dans les œufs fécondés (encore  attachés aux pinnules chez <em>Antedon</em>&nbsp;), le développement embryonnaire aboutit après quelques  heures, à une larve de type auricularia (de même forme que la larve  d&rsquo;holothurie). Cette dernière a alors atteint sa morphologie bilatérale et un  sac entérique, futur intestin est formé. </p>
<h5>Développement larvaire</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/37.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/37.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 11 : Larve libre de crinoïde.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : D. Tournassat, d’après D.R. Khanna</figcaption></figure>
<p class="align-j">Environ 2 à 5 jours après fécondation, la larve a évolué à un stade doliolaria parfois appelé vitellaria. Elle est devenue cylindrique et s’est allongée en forme de tonnelet (fig. xx) ; une touffe de cils s’est formée à l&rsquo;un des pôles (touffe apicale) ; ainsi qu’une dépression (fosse adhésive) qui servira à la fixation ; des pièces calcaires commencent à apparaitre dans les tissus et surtout, elle est pourvue de quatre ou cinq bandes ciliées qui permettent de nager dans le plancton.</p>
<p class="align-j">Elle est devenue pélagique et rompt alors la membrane de l&rsquo;œuf avec une  sécrétion enzymatique. Elle ne se nourrit pas et nage activement dans le plancton, ce qui  permet une bonne dispersion de l&rsquo;espèce. Les cils battent vigoureusement, la  touffe apicale dans la direction du déplacement tout en réalisant un mouvement  de rotation autour de son axe. <br />
        Durant la phase <em>doliolaria</em>, de nombreux changements  internes se poursuivent et les ossicules précurseurs de l&rsquo;endosquelette  prennent forme (fig.&nbsp;34). La nage  ralentit au fur et à mesure du développement. Après 2 à 10 jours, la larve coule finalement comme  une feuille et, avant d&rsquo;atteindre le fond, réalise une rotation pour se  positionner, le lobe préoral adhésif (fossette de fixation) dirigé vers le  fond.</p>
<p class="align-j">Elle forme un  disque de fixation adhérant au substrat au moyen d&rsquo;un ciment secrété au niveau  de la fosse adhésive. Le corps est relativement couché sur le substrat. La  fixation marque le début d&rsquo;une nouvelle phase sédentaire dite <em>cystidéenne</em>, (exempte de bras). La surface orale  présente une bouche centrale entourée de cils, puis de 5 tentacules et de 5  saccules identiques à ceux de l&rsquo;adulte ; l&rsquo;anneau ambulacraire ne porte qu&rsquo;un  seul tube aquifère qui s&rsquo;ouvre au dehors dans l&rsquo;inter-rayon anal. Les bandes  ciliées disparaissent rapidement ; les cavités cœlomiques et entériques ont  fortement évolué et se sont réorganisées&nbsp;; il se produit une rotation des  organes internes à 90°. La partie  supérieure renflée deviendra le disque, la partie inférieure la tige. Les plaques orales s&rsquo;atrophient et  disparaissent à mesure que les brachiales prennent plus d&rsquo;importance, et la  rosette du calice finit par se constituer. L&rsquo;enveloppe en forme de tonnelet est  résorbée et disparaît&nbsp;; l&rsquo;animal se présente alors sous l&rsquo;apparence d&rsquo;un  crinoïde pédonculé mais dépourvu de bras. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Larve pentacrinoïde de la comatule <em>Tropiometra carinata</em> ;  des cirres sont formées alors que le pédoncule n’est pas encore détaché.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cifonauta.cebimar.usp.br/photo/4641/" rel="noopener">Alvaro E. Migotto</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Trois à six  semaines après fixation, débute la phase dite <em>pentacrinoïde, </em>une nouvelle forme larvaire à symétrie  pentamère.  La larve mesure  environ 3&nbsp;mm&nbsp;; le pédoncule a grandi et le corps s&rsquo;est redressé  verticalement encore balancé par le courant&nbsp;; les bras se développent sur cinq  plaques radiales, prolongements creux du disque,  qui bifurquent pour donner les bourgeons brachiaux&nbsp;;  ceux-ci se développent et se divisent encore  pour donner les pinnules.</p>
<p class="align-j">Peu  après ce stade, s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une  comatule, la  larve développe des cirres sur la centrodorsale puis, environ  2 mois après la fécondation, les juvéniles abandonnent leur pédoncule et  commencent leur nouvelle vie de crinoïde libre. Les bras mesurent environ 1&nbsp;cm&nbsp;; le développement est à peu près de 1&nbsp;cm par mois et ralentit après  15&nbsp;cm de longueur. À ce stade, les juvéniles  de crinoïdes n&rsquo;ont que 5 bras, les autres se développeront par autotomie et  régénération de deux bras à sa place, comme on l&rsquo;a vu précédemment, pour  atteindre en un an et demi le nombre de bras définitif.</p>
<h4>2.2.11. Élevage</h4>
<p class="align-j">Les études des  pontes et du développement des larves de comatules notamment <em>d&rsquo;Anneissia  japonica (ex. Oxycomanthus japonicus)</em> permettent aujourd&rsquo;hui d&rsquo;en élever  en milieu naturel en quantité importante, suffisante pour alimenter les centres  de recherche en embryons, larves, juvéniles jusqu&rsquo;à des adultes matures. L&rsquo;élevage  nécessite de placer les paniers dans le courant et de nettoyer fréquemment les  algues et parasites. Le milieu naturel permet seul, actuellement, de répondre  aux besoins des juvéniles en planctons divers.</p>
<h2>3. Écologie </h2>
<h3>3.1. Répartition géographique</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes occupent toutes  les eaux&nbsp;: tropicales, tempérées ou polaires, même s&rsquo;ils abondent plus  dans les récifs coralliens de l&rsquo;Indopacifique tropical et dans une moindre  mesure dans les Caraïbes. </p>
<p class="align-j">Les lys de mer, sauf  quelques espèces observées à des profondeurs de 60 à 150&nbsp;m, vivent en eaux  profondes. Ils occupent trois grands domaines de biodiversité&nbsp;: le  Pacifique sud tropical où trois membres de l&rsquo;ordre Isocrinida  prédominent&nbsp;: les pentacrinidés de 200 à 600 m et les bathycrinidés et Hyocrinidés  de1500 à 3000&nbsp;m&nbsp;; l&rsquo;Atlantique ouest tropical, à des profondeurs moindres  et le nord-est de l&rsquo;Atlantique, essentiellement en eaux plus profondes.<br />
        Les comatules, non  pédonculés, habitent toutes les mers ouvertes à l&rsquo;exception de la mer Noire et  de la mer Baltique. Les espèces actuelles occupent principalement les mers  tropicales&nbsp;; elles abondent aux Philippines et en Indonésie. Il existe quelques  espèces d&rsquo;eaux tempérées voire froides&nbsp;: deux espèces en Méditerranée, <em>Antedon  mediterranea</em> et <em>Leptometra phalangium</em>, et une espèce <em>Antedon  bifida,</em> dans l&rsquo;Atlantique nord, depuis le Portugal jusqu&rsquo;en Norvège.</p>
<h3>3.2. Habitat</h3>
<p class="align-j">Comme tous les échinodermes, les crinoïdes  sont strictement marins. On ne connaît pas à ce jour d&rsquo;espèce, même fossile,  fluviale ou lacustre. Leur répartition en profondeur est très étendue, depuis  les zones supérieures subtidales, c&rsquo;est-à-dire en deçà du niveau des plus  basses mers, donc toujours immergés, jusqu&rsquo;à des profondeurs extrêmes.<br />
        Les crinoïdes vivants  pédonculés, sauf de rares espèces observées autour de 100&nbsp;m, vivent majoritairement  en eaux profondes, dans la zone bathyale, entre 200 et 1000&nbsp;m  (famille Pentacrinidae). Certaines espèces (famille Hyocrinidae) vivent plus  profond entre 1500 et 3000&nbsp;m&nbsp;; dans les fosses océaniques du  Pacifique nord, des espèces de la famille Bathycrinidae ont été observées bien  au-delà, dans la zone hadale, jusqu&rsquo;à 9000&nbsp;m de  profondeur. Leur diversité et densité est variable, elle dépend de leur  résistance à l&rsquo;hydrodynamique régnant au fond et bien entendu, à l&rsquo;abondance  des particules de nourriture pouvant atteindre le fond. Dans de bonnes  conditions, ils forment des «&nbsp;prairies&nbsp;» importantes.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Communauté de comatules diverses occupant le même espace &#8211; Alor, Indonésie.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">René Cazalens</a> &#8211; <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules, mobiles,  occupent des zones moins profondes, de 10 à 80&nbsp;mètres en Méditerranée, et jusqu&rsquo;à  100 mètres dans les eaux tropicales, bien que l&rsquo;on observe certaines espèces  au-delà de 300 mètres.</p>
<p class="align-j">Les comatules vivent  essentiellement sur des substrats durs, dans les récifs coralliens accidentés,  dans les anfractuosités où se cacher, et sur les reliefs (roches, coraux,  éponges ou algues) sur lesquels s&rsquo;accrocher avec leurs cirres, exposées dans le  courant nourricier. Dans la mesure où la nourriture est abondante, on observe cependant de  vastes populations sur tous types de terrains, y compris des sols meubles,  vaseux, sableux ou des prairies d&rsquo;algues. Il semble que la diversité de la  population dépend plutôt de la complexité du terrain,&nbsp;indépendamment du  débit d&rsquo;eau : un relief accidenté abrite une communauté à haute diversité,  tandis qu&rsquo;un substrat homogène rassemble peu d&rsquo;espèces, parfois en grande  quantité.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h3>3.3. Postures de nourrissage</h3>
<p class="align-j">On a longtemps cru que  les Crinoïdes étendaient leurs bras en bol renversé et, dans un balancement  rythmé, se nourrissaient de la lente pluie de détritus qui tombait dessus.  Cependant toutes les espèces, depuis celles rhéophiles qui recherchent les  courants forts, jusqu&rsquo;aux rhéophobes et même abyssales qui préfèrent les  environnements calmes, semblent dépendre, pour la nourriture, plutôt des flux  horizontaux que des pluies de particules détritiques.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes, pédonculés  ou pas, capturent pourtant des particules plus petites que les espaces entre  les podia. Les chercheurs expliquent une certaine biomécanique d&rsquo;alimentation  et le comportement des crinoïdes, notamment la modification de la structure et  le fonctionnement des filtres en fibres adhésives, par la «&nbsp;théorie des  aérosols&nbsp;». Cette théorie explique comment les différents réseaux de  filtres peuvent fonctionner de manière optimale sous plusieurs régimes  d&rsquo;écoulement. </p>
<p class="align-j">C&rsquo;est ainsi que, loin d&rsquo;attendre passivement le  passage des particules en suspension, les crinoïdes sont en mesure d&rsquo;adopter les meilleures postures, selon leur environnement du moment et d&rsquo;adapter la longueur, l&rsquo;espacement et la  position des podias primaires, des pinnules et bras pour créer des courants de  convection et ajuster leur vitesse en fonction du type et de la vitesse  d&rsquo;écoulement pour capter le plancton le  plus efficacement possible et avec la moindre énergie. Non, le crinoïde, même  s&rsquo;il ne génère pas son propre courant, n&rsquo;est pas franchement un filtreur  passif&nbsp;!</p>
<p class="align-j">A l&rsquo;instar des polypes  des gorgones, ils orientent leur rainure ambulacraire vers l&rsquo;aval du courant, à  l&rsquo;abri d&rsquo;un impact direct, ce qui permet de la maintenir ouverte, créant ainsi  des micro-turbulences favorables à la capture. Les bras et pinnules des  crinoïdes représentent une grande partie de la structure de l&rsquo;animal.  D&rsquo;ailleurs, la morphologie squelettique de l&rsquo;animal est déjà un indicateur de  la vitesse du courant acceptée et donc de son biotope. Les formes graciles  supportent mieux les courants faibles, les plus robustes acceptant des vitesses  de l&rsquo;ordre de 50 à 100&nbsp;cm/s. Outil essentiel pour la capture de  nourriture, les différentes postures et les stratégies d&rsquo;alimentation adoptées  par ces animaux ont fait l&rsquo;objet de nombreuses études écologiques. Il existe  cependant des spécificités dans les espèces au point que les attitudes aident aussi  à leur identification, notamment dans l&rsquo;Indo-Ouest Pacifique où un même récif  peut réunir des dizaines d&rsquo;espèces.</p>
<h4>3.3.1. Postures des lys de mer</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/39.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/39.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Groupement de Neocrinus decorus (Isocrinidae) dans leur position arquée, caractéristique des Crinoïdes pédonculés des grandes profondeurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La plupart des crinoïdes  pédonculés qui occupent des eaux cal mes, profondes, adoptent une posture  caractéristique&nbsp;: la tige est arquée au-dessus de la surface orale telle  un méridien (posture méridienne). Le panache orienté vers l&rsquo;aval,  les bras recourbé paraboliquement dans le courant et organisent leurs pinnules  suivant deux ou plusieurs plans le long de chaque bras.<br />
        Les lys de mer  asterometridés <em>Pterometra venusta</em> et <em>Pontiometra andersoni</em> ont une posture  méridienne inversée, leurs bras courbés vers la face aborale, une posture à peu  près semblable à celle d&rsquo;isocrinidés digités dans des conditions similaires.  Cependant, dans un environnement calme, <em>P.</em>&nbsp;<em>andersoni</em> boucle ses bras vers la face  orale en plusieurs boules denses. Certains petits crinoïdes pédonculés, d&rsquo;eaux  profondes répartissent leur bras en rayon, dans un seul plan.</p>
<h4>3.3.2. Postures des comatules</h4>
<p class="align-j">Malgré la variété  des postures  selon les courants, plusieurs formes sont reconnaissables inventoriées  par Charles Messing suivant différents modèles de panaches. Dans les quatre  premiers, les pinnules s&rsquo;orientent dans un seul plan perpendiculaire à  l&rsquo;écoulement le long de chaque bras, comme les barbes d&rsquo;une plume. </p>
<h5> Postures arquées</h5>
<figure    class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/40.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/40.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 12 : Postures arquées</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/41.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/41.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture arquée d&rsquo;une   Mariametridae.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans la posture arquée, les bras sont  alignés sur deux plans perpendiculaires à l&rsquo;écoulement (Fig.&nbsp;12a). </p>
<p class="align-j">Dans les courants  unidirectionnels, les bras en aval pivotent de sorte que la rainure  ambulacraire soit dirigée vers l&rsquo;aval. Cette posture est typique des  mariametridés sciaphiles (<em>Lamprometra, Liparometra, Stephanometra)</em> munis  de nombreux bras (20 à 50),  qui s&rsquo;accrochent à des promontoires exposés&nbsp;:  rochers ou colonies coralliennes. Parfois, les bras s&rsquo;incurvent régulièrement  paraboliquement pour former un éventail qui s&rsquo;évase en entonnoir (Fig.12b) ou en bol (Fig.&nbsp;12c). <br />
        Chez la comatule <em>Oxycomanthus bennetti,</em> fournie de plus de bras, jusqu&rsquo;à  60 bras, l&rsquo;éventail est plus épais, touffu et les bras s&rsquo;intercalent en des  plans successifs inférieurs. </p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>Posture rayonnée</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/43.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/43.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture rayonnée d&rsquo;<em>Amphimetra tesellatta</em> ; les bras se répartissent  tels les rayon d’une roue.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/42.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/42.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 13 : Posture rayonnée</figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans cette posture, les bras rayonnent  sur un seul plan, la surface orale se situe vers l&rsquo;aval, présentant habituellement  une légère concavité vers l&rsquo;amont du courant. Cette disposition présente au  courant un réseau de pinnules espacées. Elle est typique chez les  colobometridés, asterometridés et himerometridés (<em>Amphimetra</em>) qui s&rsquo;accrochent aux cnidaires arborescents, aux  gorgones ou aux éponges, au-dessus du fond. Les Mariametridés (<em>Stephanometra</em> <em>echinus)</em> forment parfois de telles postures, ou des bols peu profonds,  non obligatoirement orientés perpendiculairement à l&rsquo;écoulement. Certaines  espèces accrochées, en particulier les comasteridés (<em>Capillaster  multiradiatus</em> et colobometrid <em>Cenometra bella),</em> interrompent souvent  cet agencement en rayons avec plusieurs bras répartis irrégulièrement ou frisés. </p>
<h5>Postures paraboliques</h5>
<figure   class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/44.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/44.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 14 : Postures paraboliques.</figcaption></figure>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/45.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/45.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache parabolique de <em>Zygometra microdiscus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans cette posture, les bras sont  perpendiculaires au courant; les rainures ambulacraires toujours orientées  vers l&rsquo;aval du courant (sauf, bien sûr, lorsque le flux est bidirectionnel). Les  bras s&rsquo;incurvent en forme de parabole, la face convexe aborale vers l&rsquo;amont,  formant aux extrémités une légère concavité (Fig.&nbsp;14a). Cette disposition  permet de présenter dans le courant un réseau plus séré de pinnules que dans le  modèle d&rsquo;éventail rayonné. <br />
        Dans les courants forts, les bras sont ouverts (Fig.&nbsp;14a) mais se referment  (Fig.&nbsp;14b) d&rsquo;autant plus que la force du courant augmente. Certaines  comatules adoptent cette posture, soit en se cramponnant sur des perchoirs peu  élevés comme le font les thalassometridés (<em>Stylometra</em> <em>spinifera)</em>,  ou par l&rsquo;intermédiaire de cirres extrêmement longs comme les colobometridés (<em>Pontiometra  andersoni)</em> et zygometridés (<em>Zygometra  microdiscus)</em>.<br />
        Quand les courants sont moyens, réguliers, laminaires et horizontaux, la  posture parabolique évolue comme celle caractéristique des lys de mer&nbsp;: la  parabole s&rsquo;inverse, la face orale convexe et donc, les rainures ambulacraires, est  orientée vers l&rsquo;aval (Fig.&nbsp;14c). En présence de courants faibles ou  inexistants, quand les pluies de particules deviennent la principale source de  nourriture en suspension, les bras peuvent se déployer horizontalement  (Fig.&nbsp;14d). </p>
<h5>Posture en bras d&rsquo;éventail</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/47.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/47.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 45 : Posture en bras d’éventail chez <em>Tropiometra afra</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/46.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/46.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 15 : Posture en éventail.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Certains comasteridés <em>(Comactinia  echinoptera, Alloeocomatella pectinifera)</em> et tropiometridés <em>(Tropiometra),</em> s&rsquo;insinuent dans des  fentes ou sous des         rebords et étendent leurs bras  individuellement ou en petits groupes épars, la surface de  filtration étant discontinue.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>Postures multicouches</h5>
<figure   class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/48.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/48.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 16 : Postures multicouches.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Cet arrangement est  caractéristique des comasteridés comportant de nombreux bras, environ 80. Le  panache forme une masse épaisse, broussailleuse plus ou moins complètement  touffue, certains bras contribuant à l&rsquo;ancrage. </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/49.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/49.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multicouches chez <em>Comaster audax</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">En présence de courants faibles, on&nbsp;peut observer une  posture  où les bras prennent une <strong>organisation  méridienne</strong> en plusieurs plans parallèles, les bras arqués vers la face orale. (Fig.&nbsp;16a),  ou en masse enchevêtrée, les extrémités recourbées vers l&rsquo;intérieur et se  chevauchant (Fig.&nbsp;16b). Cette  posture est fréquente chez <em>Comanthus alternans </em>ou comme sur la photo à droite, chez <em>Comaster audax</em> dont certains bras sont levés  en éventail, sur plusieurs couches et d&rsquo;autres enroulés en boule. </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/50.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/50.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multicouches&nbsp;;          les bras en amont du courant sont repliés, ceux en aval sont tendus.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.messersmith.name/wordpress/tag/comantheria-briareus/" rel="noopener">Madog</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans des courants forts,   unidirectionnels,  les bras en amont du courant peuvent former un éventail  multicouche régulier (photo à gauche), tandis que les         bras en aval effectuent une  torsion orientant la rainure ambulacraire vers l&rsquo;aval (Fig.&nbsp;16c). On  parle alors d&rsquo;<strong>arrangement multidirectionnel</strong>. Certaines espèces orientent  leurs bras et pinnules au hasard, selon plusieurs directions et espacent plus  leurs podias que lorsqu&rsquo;ils sont plus exposés. Cette posture multidirectionnelle,désordonnée, est caractéristique des comasteridés récifaux semi-cryptiques  tels que <em>Comanthus parvicirrus, C. gisleni,</em> <em>Phanogenia gracilis</em>, <em>Davidaster</em> spp. et les antedonidés cryptiques tels que <em>Ctenantedon</em> et parfois les <em>Antedon</em>.</p>
<p class="align-j">En présence de courants très importants, l&rsquo;ancrage par les bras permet de résister aux efforts exercés sur  la surface de la comatule (Fig.&nbsp;16d).</p>
<h5>Variantes de postures</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/51.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/51.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multidirectionnel, <em>Phanogenia gracilis.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les postures ne sont pas  une règle pour une situation ou une espèce. Par exemple, les  comasteridés de 40 à 60 bras comme <em>Comanthus mirabilis </em>et<em> Comatella stelligera</em> peuvent avoir un arrangement  multidirectionnel (photo de gauche) en situation semi-cryptique puis adopter une posture en  bols multicouches ou en buissons irréguliers lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;exposent à la  lumière.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/52.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/52.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Comatula rotalaria en appui sur ses bras externes.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;:<a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=UVuDd5qF&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"> A l&rsquo;instar des lys de mer, on observe  parfois une variation de la posture multicouche sur les substrats meubles,  adoptée par les comatules possédant moins de bras mais disposant de peu ou pas  de cirres comme <em>Comatula rotalaria</em>.  Le crinoïde se maintient alors au-dessus du fond <strong>en appui</strong> sur quelques bras  extérieurs recourbés (Fig.&nbsp;16a). Ses bras intérieurs nettement plus longs s&rsquo;organisent en  une touffe centrale dressée (photo à droite).</p>
<p class="align-j"> En présence de courants  importants, certaines comatules prennent des formes plus ou moins arquées ou <strong>en  entonnoirs</strong> (<em>Clarkcomanthus littoralis,</em> <em>Comanthus wahlbergii).</em> Certains himerometridés <em>(Himerometra</em> spp.) forment également  des bols multicouches, des éventails et des boules. À quelques exceptions où  l&rsquo;alignement des pinnules est monoplan (<em>Oxycomanthus  bennetti</em>, <em>Nemaster</em> <em>grandis</em> et <em>Himerometra</em> spp.), les pinnules successifs le long des bras en  panaches multicouches, sont décalées d&rsquo;environ 30° dans les conditions de haute  énergie des crêtes récifales et jusqu&rsquo;à 90° dans les eaux plus calmes plus  profondes ou protégées.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/54.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/54.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture conique chez <em>Florometra serratissima</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans des conditions  d&rsquo;eaux calmes, les bras des comatules s&rsquo;orientent de façons variées. <em>Antedon</em> et <em>Florometra</em> adoptent une <strong>posture conique</strong>. Cependant, on a observé  que <em>Florometra serratissima</em> ouvre ses bras en éventail partiel quand le courant est moyen (photo).</p>
<h3>3.4. Comportements</h3>
<p class="align-j">Filtreurs dynamiques, on  imagine bien que l&rsquo;essentiel de la vie des crinoïdes consiste à capter leur  nourriture, pour leur métabolisme ou pour accumuler des réserves. <br />
        Les lys de mer sont souvent regroupés en grand  nombre. Inféodés à un lieu&nbsp;; leur comportement se limite donc aux postures  de nourrissage telles qu&rsquo;elles ont été abordées plus haut.</p>
<p class="align-j">Les comatules quant à  elles, disposent de moyens de locomotion qui étendent leur champ d&rsquo;actions  au-delà des postures de nourrissage.</p>
<h4>3.4.1. Positions dans le courant</h4>
<p class="align-j">Les comatules forment des  éventails bidirectionnels en réponse à des mouvements oscillants de l&rsquo;eau. Autre exemple de réorientation passive, elles adoptent  une posture où certains sillons ambulacraires font face à une direction tandis  que d&rsquo;autres sont à l&rsquo;opposé. Il n&rsquo;y a pas de pivotement du bras à 180°. L&rsquo;orientation vers l&rsquo;aval, caractéristique des sillons  ambulacraires pinnulaires est néanmoins maintenue, parce que les pinnules avec  leurs podia étendus pivotent passivement près de la base, comme des girouettes  miniatures, de sorte que les rainures ambulacraires sont toujours à l&rsquo;abri.  C&rsquo;est le cas chez les <em>Antedon</em> où on a  pu observer des pinnules suivant différents degrés de torsion basale.</p>
<p class="align-j">Les postures des bras et  des pinnules adoptées par les crinoïdes dans les courants faibles ont déjà été  discutées, mais certains crinoïdes, préfèrent des micro-habitats exposés à des  flux multidirectionnels entretenus. C&rsquo;est le cas des comatules semi-cryptiques <em>Comaster</em> vivant dans les récifs et des  antedonidés tels que le cryptique <em>Ctenantedon</em> et <em>Antedon</em> qui occupe des  micro-habitats turbulents. Les comasteridés semi-cryptiques étendent leurs bras  au hasard sans former d&rsquo;éventail et maintiennent leurs pinnules fixes en deux  ou plusieurs plans le long de chaque bras. Le basculement des pinnules est  également possible. Les antedonidés sont capables de modifier l&rsquo;arrangement de  leurs pinnules en fonction des conditions d&rsquo;écoulement. Ces postures maximisent  probablement l&rsquo;exposition des réseaux de podia.</p>
<p class="align-j">Dans certaines situations, une comatule peut utiliser une combinaison de  postures de filtration en éventail et multidirectionnelle. Par exemple, la  majeure partie des bras dans un courant linéaire, peut former un éventail arqué  et les bras proches du substrat peuvent agencer leurs pinnules en quatre rangs,  en réponse aux turbulences qui s&rsquo;y trouvent. Ainsi, chez <em>Antedon</em>, dans un courant léger, les pinnules des bras situés en  aval peuvent s&rsquo;aligner dans un arrangement triplan en réponse aux turbulences  générées sous le flux des bras en éventail positionnés en amont.</p>
<h4>3.4.2. Rythme nycthéméral</h4>
<div class="commentaire"> <strong>Définitions<br />
        </strong><strong>Cryptique</strong>&nbsp;: qui habite les grottes,   vit caché, dissimulé.<br />
        <strong>Nocturne</strong>&nbsp;: qui s&rsquo;active la nuit.<br />
        <strong>Diurne</strong>&nbsp;: qui s&rsquo;active le jour.<br />
        <strong>Sciaphile</strong>&nbsp;: qui apprécie  l&rsquo;ombre, les zones cryptiques.<br />
        <strong>Photophile</strong>&nbsp;:  qui apprécie les zones éclairées. <br />
        <strong>Nycthémère</strong> : cycle sur 24&nbsp;h incluant une nuit et un jour. </div>
<p class="align-j">On ne connait pas  d&rsquo;espèce sciaphile, vivant exclusivement dans l&rsquo;obscurité. Les comatules ont  une activité plus ou moins variable selon le niveau de luminosité quotidien.<br />
        Certaines diurnes  préfèrent la quête de nourriture en pleine lumière mais peuvent tout aussi bien  se nourrir la nuit lors des remontées de plancton. D&rsquo;autres, nocturnes,  préfèrent la faible luminosité d&rsquo;une anfractuosité le jour&nbsp;; ces espèces semi-cryptiques  commencent à s&rsquo;activer à la tombée de la nuit. Les unes comme les autres  adaptent leurs déplacements quotidiens selon le rythme nycthéméral lié à  luminosité. </p>
<h5 class="align-j"><strong>Comatules nocturnes</strong></h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/56.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/56.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Certaines Comatules semi-cryptiques s&rsquo;activent hors de leur abri, la nuit venue.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://travelswithtam.com/wordless-wednesday-diving-st-lucia/" rel="noopener">Travel with Tam</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Il n&rsquo;est pas facile de connaitre  l&rsquo;emploi du temps de tels animaux. Cependant, Meyer qui a suivi durant  plusieurs mois une dizaine de spécimens de la famille Mariametridae  nous fait part de ses observations. <br />
        Les comatules de la  famille Mariametridae qui habitent les récifs coralliens tropicaux peu profonds  de l&rsquo;Indopacifique ouest, semblent être strictement nocturnes&nbsp;???????  en dépit d&rsquo;autres observations sur <em>Stephanometra</em> spp de la même famille. De  ce fait, semble-t-il, elles sont plus mobiles que beaucoup d&rsquo;autres espèces  diurnes. Normalement fixées au substrat par leurs cirres et/ou leurs bras,  elles rampent le plus souvent en utilisant leur bras mais nagent parfois sur de  courtes distances. Sciaphiles, pendant la journée elles se cachent dans les  crevasses du récif, et le crépuscule venu elles se dirigent vers des  promontoires exposés aux apports nourriciers&nbsp;: sous un surplomb, sur une  éponge ou bloc de corail…. Bien que ces crinoïdes soient dotés d&rsquo;organes  sensoriels, on ne sait pas les raisons exactes qui poussent les mariametridés  observés à quitter leur lieu de nourrissage nocturne la lumière du jour venue.<br />
        Les spécimens étudiés  n&rsquo;ont pas suivi chaque fois les mêmes itinéraires pour rejoindre, une heure  avant le coucher du soleil, leurs promontoires nocturnes pour un trajet évalué  de 15 à 35 minutes, ni pour le quitter. L&rsquo;analyse a pu déterminer une certaine  fidélisation à leur site pour 80&nbsp;% des individus. Sur les 13 spécimens  suivis durant plusieurs mois, certains ont quitté les lieux, définitivement ou  pour revenir après 3 semaines, puis disparaitre et revenir encore, chaque fois  sans raison déterminée, sans relation avec les cycles lunaires ou de marées.</p>
<h5 class="align-j"><strong>Comatules diurnes</strong></h5>
<p class="align-j">Bien souvent, les crinoïdes  diurnes paraissent actifs tout au long du cycle nycthéméral. Leurs postures  d&rsquo;alimentation semblent dépendre plutôt de leur régime alimentaire du moment,  qu&rsquo;aux cycles jour-nuit. Ils ne se déplacent pas vers des perchoirs  spécifiques de nourrissage et peuvent rester sur le même promontoire durant  de longues périodes. Les comatules diurnes seraient inféodées au même lieu  puisqu&rsquo;on a relevé une fidélité de 6 mois à 5 ans sans aucune mortalité  observable.</p>
<h4>3.4.3. Vie sociale</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/55.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/55.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Communauté de comatules en milieu naturel.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: inconnu</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les lieux de vie sont  variés, depuis le sommet de roches exposées ou sous les surplombs jusqu&rsquo;aux  éponges ou les coraux branchus, scléractiniaires ou gorgones, de nature à les  élever dans le courant. Selon le courant et la densité de nourriture véhiculée,  les comatules ne recherchent pas systématiquement des promontoires hautement  surélevés&nbsp;; elles peuvent se satisfaire de zones rocheuses pourvu qu&rsquo;elles  soient suffisamment exposées. Diurnes ou nocturnes, les comatules peuvent  partager les espaces entre plusieurs espèces.</p>
<p class="align-j">On observe souvent des  groupements de plusieurs comatules conspécifiques entrelacées. Il semble que  cette pratique soit plus fréquente chez les petits spécimens, les individus de  grande taille étant plus solitaires. On a supposé que ces agrégations  améliorent la capture des particules en densifiant le réseau formé par les bras  et en augmentant les turbulences de nature à mieux capter et à retenir les  proies. Mais l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une lutte intraspécfique n&rsquo;est pas exclue, selon des  observations sur la comatule <em>Florometra serratissima</em> de la famille Antedonidae  que l&rsquo;on a vu repousser un autre spécimen de la même espèce. Si le motif de  l&rsquo;espace ne peut être retenu pour les espèces diurnes moins exigeantes, il est  plus probable pour les mariametridés nocturnes qui  doivent rivaliser pour l&rsquo;occupation du promontoire au début de chaque nuit.</p>
<h3>3.5. Dangers et prédation</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  sensibles à lumière mais ça ne semble pas être systématique pour toutes les  espèces&nbsp;; elles réagissent également au contact physique et aux stimuli  chimiques. Ainsi, elles sont en mesure de réagir à des dangers (un plongeur  indélicat), un prédateur, une évolution du milieu… suivant des mécanismes que  l&rsquo;on commence tout juste à comprendre.</p>
<h4>3.5.1. Stratégies face à la prédation</h4>
<p class="align-j">Tout aussi  fragiles semblent-ils, les crinoïdes disposent  de moyens de protection lesquels, apparemment, ont contribué à la préservation  des espèces dans les eaux peu profondes à la suite aux rayonnements xxx  réchauffement xx de la fin du Mésozoïque, contre les prédateurs durophages. Ces moyens sont :</p>
<ul>
<li><strong>La nage</strong> au moyen des bras qui permet un déplacement de plusieurs mètres et de se  soustraire au risque&nbsp;;</li>
<li><strong>l&rsquo;autotomie</strong>&nbsp;: cette amputation volontaire, réflexe, d&rsquo;une partie du bras permet  de se libérer et de fuir&nbsp;; l&rsquo;animal régénère ensuite la partie manquante,  comme on l&rsquo;a vu.</li>
<li><strong>le</strong> <strong>pouvoir de régénération</strong> important&nbsp;:  la masse viscérale de l&rsquo;espèce tropicale <em>Himerometra</em> <em>robustipinna </em>peut  se régénérer complètement dans les trois semaines qui suivent l&rsquo;éviscération <em>Florometra</em> <em>serratissima </em>d&rsquo;eaux froides tempérées  régénère complètement en 9 mois, un bras de 200 mm de long&nbsp;;</li>
<li><strong>l&rsquo;isolement diurne</strong>&nbsp;: la plupart des poissons qui se nourrissent  de proies calcaires sont actifs le jour&nbsp;; les espèces cryptiques et semi cryptiques s&rsquo;avèrent moins  atteintes que les espèces diurnes&nbsp;;</li>
<li><strong>les grandes pinnules</strong> qui se développent densément dans la zone orale  agissent comme de véritables armes défensives protégeant les parties  viscérales&nbsp;;</li>
<li><strong>les composés repoussants</strong> ou toxiques inclus dans les tissus.</li>
</ul>
<h4>3.5.2. Prédation</h4>
<p class="align-j">Le squelette des  crinoïdes est essentiellement constitué de calcite, un calcaire rigide qui a  d&rsquo;ailleurs permis la conservation des fossiles à travers les âges. Ce sont donc  des animaux coriaces, qui n&rsquo;ont pas vraiment d&rsquo;ennemis intentionnels et qui attirent  occasionnellement quelques prédateurs opportunistes durophages à la «&nbsp;mâchoire&nbsp;»  solide, tels que crabes, homards, poulpes, balistes poisons globes. Il semble  que bien des mutilations causées par les poissons sont plutôt des effets  collatéraux de la capture des animaux qui se cachent à l&rsquo;intérieur du panache.<br />
        La prédation n&rsquo;est jamais létale car les dommages qu&rsquo;ils causent aux bras et  même à la partie viscérale sont réparés par régénération. <br />
        Parmi les poissons on  retrouve surtout de gros spécimens&nbsp;: les familles Balistidae (Balistes)&nbsp;; <em>Balistoides conspicilum</em> est un grand  amateur de comatules, Lutjanidae (Vivaneaux), Ephippidae (Poissons-bêches), Chaetodontidae  (poissons-papillons), Labridae (labres), Monacanthidae (poissons-limes),  Tetraodontidae (Poissons-globes), Notacanthidae (Poissons-tapirs à épines) et Sparidae  dont le Pagre <em>Chrysophrys auratus</em> qui  se nourrit de nombreux comatules entières. <br />
        On compte aussi certains  crabes comme le Crabe décorateur <em>Oregonia gracilis</em> et des  étoiles de mer comme le genre <em>Pycnopodia</em> que l&rsquo;on trouve sur la comatule <em>Florometra  serratissima</em> d&rsquo;eaux froides ainsi que des oursins.
      </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 3 : Quelques prédateurs de crinoïdes</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/57.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/57.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Balistoides conspicilum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="http://www.informationng.com/" rel="noopener">Information Nigeria</a>&gt;</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/58.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/58.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Pagre <em>Chrysophrys auratus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="///D|/Denis Tournassat/Documents/1 Denis/images-articles/crinoides/flagstaffotos.com.au" rel="noopener">fir0002</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/59.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/59.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Crabe <em>Oregonia gracilisphoto</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www.flickr.com/people/7232133@N08" rel="noopener">Minette Layne</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/60.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/60.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Pycnopodia serratissima</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www8.nos.noaa.gov/onms/park/Parks/SpeciesCard.aspx?refID=4&amp;CreatureID=1485&amp;pID=15" rel="noopener">National Marine Sanctuaries</a></figcaption></figure>
</p></div>
<h3>3.6. Symbiose et parasites</h3>
<h4>3.6.1. Symbioses</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes, on l&rsquo;a vu, attirent peu  les prédateurs. Ils représentent d&rsquo;autant plus un refuge idéal pour de nombreux  petits animaux, qui se dissimulent parfois par mimétisme, entre leurs bras et pinnules.  on ne sait s&rsquo;il  s&rsquo;agit de symbiose ou de parasitisme. On y observe plusieurs espèces de crevettes nettoyeuses de la famille des <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Palaemonidae" title="Palaemonidae" rel="noopener">Palaemonidae</a> (notamment des genres <em>Laomenes</em> (<em>L. cornutus</em>) et <em>Periclimenes</em> (<em>P.  pilipes</em> ou <em>P. ceratophthalmus</em>), dont la couleur mime généralement  celle de l&rsquo;hôte. Des galathées (<em>Galathea  inflata, G. amboinensis</em>), comme la  Galathée élégante des crinoïdes (<em>Allogalathea  elegans</em>) vivent également en symbiose avec les crinoïdes, qu&rsquo;elles  débarrassent des parasites en échange d&rsquo;un abri entre les bras&nbsp;; certains Gobies  du genre <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Discotrema" title="Discotrema" rel="noopener"><em>Discotrema</em></a> (<em>D.&nbsp;crinophilum</em>)  s&rsquo;y retrouvent également, notamment les juvéniles, ainsi que le <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Solenostomus_paradoxus" title="Solenostomus paradoxus" rel="noopener">poisson-fantôme  arlequin</a>, dont le corps  imite les pinnules des comatules. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 4 : Quelques cas de symbioses</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/61.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/61.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Galathée<span class="artimg-bloc" style="width:189px; vertical-align:top ">commensale</span> <em>Allogalathea elegans,</em>&nbsp;planctonophage,  au pattern   en accord avec celui de son hôte.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://scinthewater.blogspot.fr/2015/09/third-muck-diving-trip-in-dauin.html" rel="noopener">Simon Chiu</a> sur <a target="_blank" href="http://scinthewater.blogspot.fr/2015/09/third-muck-diving-trip-in-dauin.html" rel="noopener">SCinthewater</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/62.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/62.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Gobie <em>Discotrema crinophilum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="///D|/Denis Tournassat/Documents/1 Denis/images-articles/crinoides/flagstaffotos.com.au" rel="noopener">fir0002</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/63.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/63.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Solenostomus paradoxus</em>, le Poisson-fantôme arlequin se cache, en quête de microcrustacés.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://murexdive.com/the-ultimate-guide-to-ghost-pipefish/" rel="noopener">Johan Amerijckx</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/64.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/64.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Crevette commensale <em>Laomenes cornutus</em> dans  une comatule à Bali ; noter la similitude des couleurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/15300676321" rel="noopener">René Cazalens</a> sur <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
</p></div>
<h4>3.6.2. Parasites</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/65.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/65.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Myzostoma fuscomaculatum</em> vers parasite crinoïde de 2mm de long, sur sa comatule commensale, <em>Tropiometra carinata</em>, généralement bien camouflés sur leur hôte.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Myzostoma#/media/File:Myzostoma_fuscomaculatum_at_Percys_Hole_detail.jpg" title="User:Pbsouthwood" rel="noopener">Pbsouthwood</a>, Wikipedia</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les crinoïdes peuvent  aussi être victimes de parasites, notamment de la part de vers marins comme <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Myzostoma_fuscomaculatum&amp;action=edit&amp;redlink=1" title="Myzostoma fuscomaculatum (page inexistante)" rel="noopener"><em>Myzostoma fuscomaculatum</em></a><a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crinoidea#cite_note-Mah_Fossil_Parasites_.26_Commensals-16" rel="noopener">[16]</a>. <br />
        Dans la couronne  de pratiquement chaque lys de mer se trouvent un à deux myzostomes. Ce sont des  vers annélidés de 1 à 2 mm de diamètre qui ont une dizaine de petits «&nbsp;crochets&nbsp;» sur leur ventre qui leur permettent de s&rsquo;accrocher au bras de la comatule, juste  au-dessus du sillon ambulacraire. Cela leur permet d&rsquo;aspirer les particules  alimentaires qui se trouvent dans le mucus. Ces vers ont longtemps été  considérées comme parasites mais il a été constaté qu&rsquo;ils ne semblent pas nuire  à leur hôte. Il apparaît plutôt qu&rsquo;il s&rsquo;agit de symbiose mais l&rsquo;avantage que  retire le lys de mer n&rsquo;est pas encore établi.
      </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/66.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/66.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Escargot parasite de la famille Eulimidae. Peut-être <em>Melanella</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/arne/" title="Accéder à la galerie de Arne Kuilman" rel="noopener">Arne      Kuilman</a>, <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/arne/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le ver <em>Fallocohospes inchoatus</em> parasite les intestins de la comatule <em>Florometra serratissima</em></p>
<p class="align-j">Parmi les parasites les  plus gênants, il y a les petits escargots de la famille  Eulimidae des genres <em>Stilifer</em>, <em>Stylina</em>, <em>Sabinella</em> et <em>Melanella</em>. Ils s&rsquo;installent sur leur hôte et de leur trompe, forent  les parties dures du squelette à travers le calice, les brachiales et les  pinnulaires ou les cirrales, pour atteindre lles tissus qu&rsquo;ils dévorent.<br />
        Comme pour de nombreux organismes, on note la présence de copépodes à la  surface du corps ou dans le tube digestif de certaines comatules. </p>
<div style="clear:both"></div>
<h2>4. Maintenance </h2>
<p class="align-j">La maintenance de ces  animaux indéniablement difficiles est un sujet qui fait débat sur les forums  récifalistes. La recommandation première est de laisser ces animaux sauvages où  ils sont et de ne pas les acquérir afin de ne pas entretenir la chaine d&rsquo;importation. <br />
        Il faut reconnaitre que les témoignages de réussites dépassant l&rsquo;année, sont extrêmement  rares si l&rsquo;on excepte ceux des récifalistes enthousiastes à l&rsquo;acquisition et  muets quelques semaines plus tard. La maintenance semble possible dans un grand  volume mais dont la proximité du littoral permet d&rsquo;introduire de l&rsquo;eau de mer  naturelle avec ses composants chimiques et    planctoniques.</p>
<p class="align-j">Tout cela ne contribue  pas à progresser dans la maigre connaissance de ces animaux, et les  incertitudes restent nombreuses. Dans ce contexte, évoquer la maintenance des  crinoïdes peut sembler périlleux, voire prétentieux. Il faut plutôt considérer ce  chapitre comme une simple réflexion, sans parti pris, en considérant les  quelques informations collectées dans le monde amateur et celui de la  recherche.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes étant des  suspensivores microphages, Il ne sera pas inutile de consulter les principes de  maintenance évoqués dans l&rsquo;article <a target="_blank" href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires%c2%a04-maintenance-zoox-et-azoox-r89" rel="noopener"><em>Octocoralliaires&nbsp;4  &#8211; Maintenance (zoox et azooxanthellés)</em></a> qui vaut pour tous les organismes filtreurs.</p>
<h3>4.1. Qualité de l&rsquo;eau</h3>
<p class="align-j">Les valeurs de carbone  organique particulaire (POC) mesurées dans les zones d&rsquo;habitat des comatules  sont faibles, de l&rsquo;ordre de 50 à 70&nbsp;µg/l. Bien que parfois soumises à des  épisodes de charge organique comme la ponte simultanée des coraux, les eaux y  sont le plus souvent oligotrophes. </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/124.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/124.jpg"></a><figcaption class="figlegende">L&rsquo;aquarium de Glenn Fong  sous sytème DyMico et DSR, dédié aux coraux NPS et invertébrés  filtreurs, hébergeant plusieurs comatules.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=myZs22uKJYk" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Glenn FONG</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La qualité de l&rsquo;eau est  primordiale et donc un prérequis avant toute tentative d&rsquo;introduction d&rsquo;une  comatule. Les paramètres doivent être bien sûr du niveau récifal et équilibrés  mais surtout stables dans la durée, notamment les PO4, la salinité et  le pH. La stabilité suppose que l&rsquo;aquarium est mature, les micro-organismes qui  s&rsquo;y sont développés et leurs larves contribuant à l&rsquo;alimentation des individus,  et que toute évolution, notamment les changements d&rsquo;eau, doit être progressive. Compte tenu des  fluctuations quotidiennes de charge organique dues à la nutrition, le  traitement de l&rsquo;eau doit être imaginé en conséquence&nbsp;: écumeur, adsorbeurs  de PO4, réacteur à bactérie, filtres à algues…sans compter les   changements d&rsquo;eau. De plus, on peut éventuellement prévoir un simple filtre interne destiné à collecter rapidement les plus grosses particules (algues en suspension&#8230;) de nature à s&rsquo;accrocher sur les invertébrés qui se déploient dans le courant. Certains modes de maintenance innovants semblent donner des résultats encourageants parmi lesquels le système DyMiCo qui autorégule quelques paramètres et préserve les microorganismes, citons aussi   la méthode DSR (Dutch Synthetic Reefing), développée par Glenn Fong, dans laquelle l&rsquo;absence de changement d&rsquo;eau est compensée par la gestion rigoureuse d&rsquo;une quinzaine de composants  (sans réacteur à hydroxyde ou carbonates). Nous manquons toutefois de sérieuses informations quant à la durée des réussites et aux modes d&rsquo;alimentation.</p>
<h3>4.2. Éclairage</h3>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/123.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/123.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bac communautaire abritant quelques invertébrés  non symbiotiques et filtreurs telle cette comatule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Tt4SxJhIGqs" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Glenn FONG</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Puisqu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de  comatule sciaphile vivant exclusivement dans l&rsquo;obscurité, même en profondeur,  un éclairage minimum semble nécessaire. Certaines espèces sont diurnes et  s&rsquo;activent le jour venu, qu&rsquo;elles s&rsquo;exposent en pleine eau ou se cachent  partiellement (semi-cryptiques). D&rsquo;autres, nocturnes, sortent de leurs caches de  la journée (cryptiques ou semi-cryptiques) pour rejoindre les sites de nourrissage  à la nuit tombante. Cela suppose de connaitre les mœurs de l&rsquo;espèce pour  proposer les éclairements adaptés; L&rsquo;aquarium pourra offrir  plusieurs niveau d&rsquo;exposition à la  lumière, mais la quantité  maximum n&rsquo;est pas nécessairement élevée.  Les éclairages variés pourront être obtenus par spots  et/ou en jouant  avec les éléments  du décor.</p>
<h3>4.3. Température</h3>
<p class="align-j">On trouve des comatules dans des mers chaudes tropicales, parfois modérées et même  froides, dans une gamme étendue de profondeurs et donc de températures. Les espèces tropicales évoluent depuis le bas des tombants jusqu&rsquo;aux crêtes de récifs  frangeants parfois exposés aux courants saisonniers chauds, à des températures avoisinant  les 28° dans les premiers mètres.  Ne connaissant pas l&rsquo;habitat exact des spécimens concernés, la précaution impose de se situer en dessous des extrêmes, autour de 24 ou 25 degrés. Des informations sur le lieu et la profondeur du prélèvement seraient  bien évidemment les bienvenues.</p>
<p class="align-j">Plus qu&rsquo;à  la température nominale, les comatules s&rsquo;avèrent sensibles à ses fluctuations.  Une bonne régulation du chauffage et du refroidissement s&rsquo;imposent.</p>
<h3>4.4. Brassage</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes ne génèrent  pas leur propre courant d&rsquo;eau, ils sont soumis à celui qui circule dans leur  environnement proche. Cette situation a conduit à affirmer un peu vite, qu&rsquo;à  l&rsquo;instar de nombreux filtreurs passifs tels que les Octocoralliaires, ils ne  peuvent capter les particules que dans une gamme réduite de vitesses. C&rsquo;est  sans compter sur leur mobilité pour trouver un emplacement plus approprié et  surtout, comme on l&rsquo;a vu plus haut, sur leur extraordinaire faculté à adapter  leurs postures en fonction de la direction et du débit de l&rsquo;eau. Face à un  courant trop important, ils savent réorienter leurs bras et leurs pinnules pour  réduire le débit et générer des micro-cavitations au niveau de leurs podia de  capture. Aussi le flux d&rsquo;eau dans l&rsquo;aquarium n&rsquo;est probablement pas aussi  critique que ce qui a été supposé. Cependant, il existe des situations extrêmes  en deçà et au-delà desquelles le taux de capture devient insuffisant. Une telle  situation, si elle s&rsquo;installe, risque de nuire à la santé de l&rsquo;animal.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/120.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/120.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Un flux giratoire,  laminaire horizontal, variant  selon le rythme des marées  doit répondre aux besoins des  comatules.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://www.coralvue.com/maxspect-xf150-gyre-generator" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Coralvue Aquarium products</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules semblent  également avoir quelques préférences&nbsp;; si certaines privilégient les flux  laminaires d&rsquo;une passe récifale, variant avec les marées, d&rsquo;autre occupent des  cavités rocheuses ou les flux sont plus turbulents multidirectionnels.  L&rsquo;organisation des bras variant en conséquence. Selon besoins de l&rsquo;espèce,  l&rsquo;aquarium devra surement offrir plusieurs types d&rsquo;exposition au courant et une  variété de débits. </p>
<p class="align-j">Un brassage laminaire  général variant en direction et en intensité, comme le produisent les marées liées  aux cycles lunaires, semble un bon choix. En effet, les affaiblissements  permettent de générer un gradient de vitesses dont une part conviendra aux  animaux, et de proposer des phases d&rsquo;accalmies propices à la récupération. Le brassage laminaire peut être obtenu au moyen de pompes de type <em>Gyre</em> ; l&rsquo;objectif peut être également atteint avec des pompes à large flux associé à un agencement réfléchi du décor.  Si besoin, des  zones de turbulences locales peuvent être également obtenues avec le décor. il existe aujourd&rsquo;hui des automates permettant de varier le débit des pompes entre des valeurs maximum et minimum sur des périodes de 6 heures. Les particules alimentaires ayant rarement une flottabilité nulle, le  brassage pourra lécher le fond et être légèrement ascendant pour les remettre  en suspension. Bien entendu, il est préférable de synchroniser la  délivrance de nourriture  avec le cycle de brassage. </p>
<h3>4.5. Décor</h3>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/121.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/121.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Dans un décor adapté, la comatule saura trouver la place qui lui convient.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.oregonreef.com/sub_coldwater.htm" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Oregon reef</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Compte tenu de ce qui  précède, le décor joue un rôle important. En effet, il doit résoudre une  équation relativement complexe dont les variables sont la lumière, le brassage  et l&rsquo;alimentation. Cette équation mérite une mûre réflexion et la connaissance,  autant que possible, des besoins des espèces. </p>
<p class="align-j">Il doit s&rsquo;adapter au  courant souhaité. Par exemple,  être relativement centré dans la cuve si  l&rsquo;on souhaite reproduire un courant général laminaire, tournant sur un plan  horizontal&nbsp;; quelques obstacles plans, verticaux (failles) ou horizontaux  (surplombs), permettront d&rsquo;obtenir à leur passage une accélération locale de la  vitesse&nbsp;; de même quelques pierres isolées ou non peuvent générer des  turbulences en aval. <br />
        Face à l&rsquo;inconnue des flux réellement obtenus, on peut imaginer un décor  facilement démontable que l&rsquo;on peut réaménager, selon le besoin, avec des  promontoires, des tombants, des surplombs&#8230;</p>
<p class="align-j">Les plateaux horizontaux  sont propices aux dépôts sédimentaires, ils seront donc évités dans les zones  calmes. La question de la présence de sable de fond dépend, comme bien souvent,  de son efficacité&nbsp;: il peut gêner la remise en suspension des particules  alimentaires mais <em>a contrario</em> bien  exploité, il peut contribuer au développement de la faune détritivore, à  l&rsquo;équilibre du bac et à l&rsquo;assainissement de l&rsquo;eau. C&rsquo;est par ailleurs, un bon  réservoir à bactéries que l&rsquo;on peut remettre en suspension lors des périodes de  nourrissage.</p>
<h3>4.6. Nourrissage</h3>
<p class="align-j">C&rsquo;est une évidence, le  nourrissage est la clé de la réussite. Cependant les avis divergent sur la  qualité de la nourriture et les modes d&rsquo;administration. Ces avis  devraient cependant prendre en compte les habitudes spécifiques des espèces  hébergées. C&rsquo;est bien là un problème&nbsp;: nous en savons peu sur les besoins des crinoïdes. En effet, les biologistes se sont penchés  seulement ces dernières années, sur l&rsquo;alimentation des comatules pour commencer à nous en  délivrer les premiers témoignages.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/122.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/122.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Distributeur automatique de nauplii d&rsquo;artémies  vivants, équipant un aquarium d&rsquo;organismes filtreurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans la pratique, et  surtout dans l&rsquo;inconnu, les aquariophiles proposent des aliments variés d&rsquo;ailleurs  pas toujours judicieux. Dans le chapitre <em>Régimes  alimentaires</em>, nous avons vu qu&rsquo;un mélange de phytoplancton, de zooplancton  de taille 10 à 200&nbsp;µm, semble être une bonne base. Les crinoïdes absorbant  des matières particulaires variées, une forme lyophilisée doit pouvoir convenir  à condition que leur valeur énergétique soit réelle. Bien évidemment, les  produits frais, et si possible vivants, sont préférables.</p>
<p class="align-j">Il ne faut pas négliger  les apports bactériens liés aux particules détritiques. Aussi, tout système  manuel ou automatique en mesure de libérer régulièrement des bactéries devrait  être bénéfique. Remuer le sable occasionnellement est probablement un bon  réflexe&nbsp;; délivrer plusieurs fois par jour des bactéries au moyen d&rsquo;un  réacteur dédié, l&rsquo;est surement.</p>
<p class="align-j">Face à la difficulté de  maintenance et au sentiment que ces animaux mourraient de faim, les  récifalistes ont initialement privilégié l&rsquo;idée qu&rsquo;il était préférable de  nourrir de temps en temps mais beaucoup, afin d&rsquo;augmenter la probabilité de  capture. Ce principe du «&nbsp;<em>Qui peut  le plus, peut le moins&nbsp;»</em> a malheureusement de fâcheux effets sur la  pollution de l&rsquo;eau au point que l&rsquo;on peut se demander si ses dommages  collatéraux ne sont pas la vraie cause de mortalité. Les systèmes de  dépollution étaient-ils prévus en conséquence&nbsp;? Quoi qu&rsquo;il en soit, on  peut limiter la pollution et augmenter les chances de capture en favorisant la  mise en suspension des particules alimentaires&nbsp;: en privilégiant les  nourritures à flottabilité nulle, qui repasseront plus souvent au niveau des  organes de capture&nbsp;; en proscrivant celles à forte flottabilité qui ne  seront pas exploitées&nbsp;; en remettant en suspension les plus denses qui  sédimentent, avec un brassage légèrement ascendant&nbsp;; le reste étant pris  en charge par les organismes détritivores d&rsquo;un bac mature.</p>
<figure class="figfloat">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v4.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v4.webm"></video><figcaption class="figlegende"> Observation de la capture de nourriture par <em>Himerometra robustipinna</em>, dans un aquarium test.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">À la lecture des rapports scientifiques, les comatules sont en mesure de capter énormément de  particules diverses, nutritives ou pas, et leur transit intestinal  peut être extrêmement rapide, inférieur à une heure. Elles sont bien sûr en  mesure d&rsquo;exploiter le meilleur, mais il semble bien que la sélection interne  nécessite du temps sans lequel tout est rapidement évacué, sans distinction.  Autrement dit, s&rsquo;il y a trop de nourriture et si le transit est trop rapide, la  digestion est alors incomplète et l&rsquo;animal dépérit. Suivant ces constats, il  est préférable de nourrir peu mais souvent. L&rsquo;expérience montre que ce <em>peu</em> et ce <em>souvent</em> restent à définir puisque les crinoïdes captifs meurent encore bien  trop rapidement.</p>
<p class="align-j">Cette fréquence de  nourrissage, probablement grande, ne souffre pas l&rsquo;oubli ou l&rsquo;à-peu-près. Elle conduit  à mettre en place un système de distribution automatique de nourriture en  poudre ou liquide, tempérée ou fraiche, inerte ou vivante… l&rsquo;imagination ne  doit pas connaitre de limite pour ces animaux exigeants.</p>
<p class="align-j">Toutes les incertitudes  qui planent au-dessus du nourrissage des crinoïdes et les difficultés à mettre  en place des moyens efficaces et fiables, imposent de ne pas se lancer dans la  maintenance de ces animaux sans une farouche volonté de tout mettre en œuvre,  qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;information, de moyens, d&rsquo;argent et de temps. </p>
<p class="align-j"> Pour s&rsquo;en convaincre et, si besoin, se décourager, l&rsquo;exemple  de Lukaczyn est révélateur de la difficulté et  de la rigueur nécessaires pour maintenir des crinoïdes au-delà d&rsquo;un an. Certains  de ses spécimens ont vécu deux ans et demi. Dans un article <a target="_blank" href="https://reefs.com/magazine/a-journey-in-crinoid-keeping-51.html/" title="Permalink to A Journey in Crinoid Keeping" rel="noopener"><em>A Journey in Crinoid  Keeping</em></a> paru dans le  webzine <em>Reefs magazine summer 2010</em>, Lukaczyn expose le détail de sa maintenance et  notamment le régime d&rsquo;alimentation (planning et  types de nourritures) pour une population de dix comatules. Le programme  consiste en une douzaine de composants, des zooplanctons et phytoplanctons  lyophilisés, du Cyclop-eeze, des additifs énergétiques (acides aminés,  carbohydrates, acides gras insaturés, vitamines oligoéléments), des œufs  d&rsquo;huitres, des mysis, des rotifères et des bactéries. Il remue régulièrement le  substrat du bac ainsi qu&rsquo;un sac de zéolithe pour en libérer les détritus et du bactérioplancton.  Le tout est administré en neuf distributions quotidiennes réparties de  6&nbsp;h&nbsp;30 à 20&nbsp;heures. Par ailleurs, il maintient la qualité de  l&rsquo;eau par deux gros changements de 25&nbsp;% par semaine, réalisés  lentement à raison de 3 à 4&nbsp;litres à chaque fois. </p>
<h3>4.7. Manipulations</h3>
<p class="align-j">Les  crinoïdes sont pourvus de podia fragiles et rapidement adhésifs. Ils sont en  mesure d&rsquo;adhérer à tout&nbsp;:  aux vitres,  au décor, aux   mains… et   de se détériorer dès lors que l&rsquo;on tire un peu dessus. Leurs  bras sont fragiles et le crinoïde s&rsquo;automutilera à la moindre traction. De la  même manière, ils se cramponnent vigoureusement à leur support avec leurs  cirres qu&rsquo;ils sectionneront si besoin. Depuis la collecte jusqu&rsquo;à l&rsquo;aquarium,  les occasions de détériorer un animal sont nombreuses. Certes il est mesure de  régénérer ses membres, mais l&rsquo;expérience montre que le processus de régénération est plus rare en  captivité. </p>
<p class="align-j">Quelques précautions pour  conserver l&rsquo;intégrité de l&rsquo;animal &nbsp;:</p>
<ul>
<li>Limiter les manipulations du crinoïde au strict  nécessaire&nbsp;;</li>
<li>ne pas le prendre à pleine main mais provoquer son  décrochement naturel, suivi d&rsquo;une brève nage, par exemple avec un léger toucher  ou de préférence, sans contact, par un mouvement de la main à proximité&nbsp;;</li>
<li>lui proposer un objet (branche de corail,  gorgone…) sur lequel il pourra s&rsquo;accrocher rapidement après s&rsquo;être décroché ou  mieux, lui offrir l&rsquo;ouverture du sac ou du récipient de transport&nbsp;;</li>
<li>ne pas le sortir hors de l&rsquo;eau&nbsp;;</li>
<li>le laisser s&rsquo;évacuer librement du récipient de  transport&nbsp;;</li>
<li>en attente du bac définitif, l&rsquo;isoler dans un espace  exempt d&rsquo;aspérité et d&rsquo;obstacle pour faciliter sa capture.</li>
</ul>
<h3>4.8. Signes de dépérissement</h3>
<p class="align-j">Il y a peu de symptômes  de dépérissement ou de mal être. Une position trop  longtemps recroquevillée n&rsquo;est assurément pas bon signe pour un animal qui doit  capter sa nourriture dans l&rsquo;espace environnant. Trop de brassage, une eau de  mauvaise qualité, des parasites… il faut s&rsquo;en inquiéter.</p>
<p class="align-j">Le signe le plus marquant  est la perte progressive de morceaux plus ou moins importants des bras&nbsp;;  le bout du bras ne présente plus sa forme arrondie. La perte peut concerner des cirres  quand ce n&rsquo;est pas des bras entiers, sectionnés à leur base. Cette automutilation  n&rsquo;est alors pas due à une attaque passagère mais une réaction de survie face à  une cause plus profonde. Malheureusement, les conditions de régénération  n&rsquo;étant pas réunies, à ce stade il y a peu de chance que l&rsquo;animal s&rsquo;en remette.  Tous les bras se raccourcissent ou se sectionnent sur une période variable, de  une à quelques semaines. L&rsquo;animal ne peut plus capter la moindre nourriture et  sa mort est proche.</p>
<h3>4.9. Acquisition</h3>
<p class="align-j">S&rsquo;il est un animal qui exclue  l&rsquo;achat compulsif, le crinoïde est dans la tête de liste. On en trouve  aujourd&rsquo;hui peu dans les commerces et c&rsquo;est bien ainsi&nbsp;; les vendeurs en  approvisionnent rarement par crainte de voir dépérir ces animaux dans leurs  installations inadaptées. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;acheter chez des vendeurs  compétents, en mesure d&rsquo;informer le client dès la réception. Il est préférable  d&rsquo;établir une relation de confiance avec le vendeur qui sera d&rsquo;autant plus  enclin à réaliser une commande spéciale, que le récifaliste l&rsquo;aura convaincu du  sérieux de sa démarche. </p>
<p class="align-j">Parmi les points à  respecter&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Privilégier  l&rsquo;achat, là où l&rsquo;on peut observer l&rsquo;animal&nbsp;;</li>
<li>éviter tout animal  qui présenterait des signes de faiblesse&nbsp;;</li>
<li>limiter le  délai d&rsquo;attente dans le magasin au strict minimum&nbsp;;</li>
<li>éviter les  périodes de chaleur ou de froid&nbsp;;</li>
</ul>
<h3>4.10. Acclimatation</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;introduction suppose  que l&rsquo;aquarium a été réfléchi en fonction des besoins de ces animaux (nous ne  les connaissons malheureusement que trop peu). Le système doit être équilibré,  stable et les paramètres de l&rsquo;eau du niveau de ce que l&rsquo;on attend d&rsquo;un aquarium  marin, quel que soit le biotope reconstitué d&rsquo;eau tropicale ou tempérée.</p>
<p class="align-j">Le bon sens impose  d&rsquo;introduire les animaux dans un espace calme sous une lumière atténuée durant  plusieurs heures. L&rsquo;animal pourra évoluer, s&rsquo;il le souhaite, vers l&rsquo;espace qui  lui conviendra le mieux.</p>
<h3>4.11. La maintenance&nbsp;des crinoïdes est-elle raisonnable ?</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes, espèces sauvages,  ne sont pas en voie d&rsquo;extinction et n&rsquo;appartiennent pas non-plus spécifiquement  à des listes de protection. Cependant, l&rsquo;inventaire des risques pour eux, liés à  leur maintenance difficile, conduit légitimement à se demander s&rsquo;il est  raisonnable de tenter encore de les héberger dans nos aquariums. Pourtant, cette même  question se posait il y a 20 ans avec les scléractiniaires que l&rsquo;on maintient facilement  aujourd&rsquo;hui. Entre l&rsquo;arrêt de tout  import et les acquisitions inconscientes qui conduiraient une quantité de spécimens  à une mort certaine, il y a peut-être une  moyenne mesure, ou plutôt des mesures de bon sens.</p>
<p class="align-j">La première mesure serait  de s&rsquo;interdire toute acquisition qui ne serait pas longuement réfléchie et qui  ne donnerait pas un seul espoir de survie. Les aquariophiles qui méconnaissent  ces animaux, ne serait-ce que théoriquement, et qui ne sont pas rompus aux  techniques de maintenances récifales ont bien souvent aujourd&rsquo;hui,  l&rsquo;intelligence de s&rsquo;intéresser à d&rsquo;autres espèces qui comblent leurs  satisfactions. Saluons en même temps, l&rsquo;éthique de vendeurs de plus en plus  nombreux qui se refusent à approvisionner inconsidérément ces animaux.</p>
<p class="align-j">Les échecs antérieurs doivent-ils  pour autant, anéantir tous les espoirs permis par l&rsquo;amélioration des  équipements, les méthodes innovantes et les nouveaux produits spécifiquement  mis au point par les laboratoires des sociétés en relation avec des biologistes&nbsp;?  Ces dernières années, par exemple, sont apparus des aliments prometteurs, destinés  aux coraux non zooxanthellés ou aux organismes filtreurs. Par ailleurs, si les  amateurs sont friands des découvertes faites par les chercheurs, il n&rsquo;est pas  rare que les professionnels s&rsquo;appuient sur les observations d&rsquo;amateurs éclairés  pour perfectionner leurs produits. Ainsi, il serait dommage de barrer la porte  à cette voie d&rsquo;amélioration. Pourquoi ne pas permettre à des amateurs  expérimentés de tenter la maintenance des crinoïdes à condition qu&rsquo;ils mettent  tout en œuvre pour donner le maximum de chance aux animaux, notamment que leurs  tentatives soient bâtie sur autre chose que ce qui a déjà été essayé et reconnu  inefficace&nbsp;? Ce serait la seconde mesure.</p>
<p class="align-j">Si cet article permet de  diminuer la maltraitance des fragiles crinoïdes et s&rsquo;il contribue à quelques  avancées dans leur maintenance, je ne regretterai pas de l&rsquo;avoir dédié aux  lecteurs de Cap récifal.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>Références</h2>
<ul>
<li>C.G. Messing.  Site Internet <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener"><em>Charles Messing  Crinoid&rsquo;s pages</em></a></li>
<li>P. Escoubet. <a target="_blank" href="http://www.institut-paul-ricard.org/IMG/pdf/2004-ALIMENTATION_ANX_SAUVAGES_150dpi.pdf#page=56" rel="noopener"><em>Régimes  alimentaires chez les échinodermes</em></a>. L&rsquo;alimentation des animaux sauvages en captivité. Mémoires de l&rsquo;Institut  océanographique Paul Ricard. Journées Biologiques du Parc Phoenix – Nice, 1 et  2 avril 2004. Mém. Inst. Océano. P. Ricard 2004, pp : 47-54<br />
          Site Internet <a target="_blank" href="http://www.echinodermes.org/index.htm" rel="noopener"><em>Le monde des  échinodermes</em></a><em> – </em><a target="_blank" href="http://www.echinodermes.org/divers/glossaire.htm" rel="noopener"><em>Glossaire</em></a> – </li>
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</ul>
<h2> Identifications </h2>
<ul>
<li><a target="_blank" href="http://www.pageconcept.org/invertebres/echinos/comatules/comatules.htm" rel="noopener">Les comatules&nbsp;; Comatulida &#8211; Feather  stars</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://www.gaiaguide.info/Group.html?groupId=cnkDRQ8O&amp;hierarchyId=jAwBC5eR" rel="noopener">Gaia guide &#8211; Feather Stars</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=rOnBsoI7" rel="noopener">Lizard Island Field Guide</a></li>
<li>Page <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/c-invertebrates/federsterne.html" rel="noopener"><em>Feather Stars &#8211; Crinoidea &#8211; Haar- oder  Federsterne</em></a>. Site  Internet <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/" rel="noopener">Starfish</a> au 06/2016.</li>
<li>A. Guille, P.  Laboute, J. L. Menou. <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=-TX-DKLJJCsC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q&amp;f=false" rel="noopener"><em>Guide  des étoiles de mer, oursins et autres échinodermes de Nouvelle-Calédonie</em>.</a> Ed. de l&rsquo;Orstom. Paris 1986.</li>
</ul>
<p align="center"><em>Article publié sur Cap récifal le 13 septembre 2016</em></p>
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		<title>Nourrir Chelmon rostratus</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2016 23:00:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chelmon, besoin d&#8217;attentions Chelmon Rostratus est un poisson réputé difficile &#224; maintenir. Les bacs ne sont pas toujours suffisamment fournis en méiofaune pour subvenir &#224; leurs besoins. La premi&#232;re difficult&#233; est celle de trouver en magasin un spécimen déjà acclimaté à une première nourriture de substition. C&#8217;est en effet le rôle du vendeur de démontrer [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2> Chelmon, besoin d&rsquo;attentions</h2>
<p class="align-j">Chelmon Rostratus est un poisson réputé difficile &agrave; maintenir. Les bacs ne sont pas toujours suffisamment fournis en méiofaune pour subvenir &agrave; leurs besoins. </p>
<p class="align-j">La premi&egrave;re difficult&eacute; est celle de trouver en magasin un spécimen déjà acclimaté à une première nourriture de substition. C&rsquo;est en effet le rôle du vendeur de démontrer que le spécimen est commercialisable, c&rsquo;est à dire acclimaté pour la vente,  par exemple en procédant à une distribution d&rsquo;artémias devant le futur acheteur. </p>
<p class="align-j">Il convient à ce dernier d&rsquo;acclimater le nouvel arrivant une vie en communauté, et la tâche n&rsquo;est pas facile. Les artémias ne sont pas très riches en protéines. Certes le poisson a de l&rsquo;appétit, mais il ne pourra pas  vivre sur ses réserves. Chelmon doit pouvoir assimiler une nourriiture plus riche, mais il doit aussi pouvoir s&rsquo;alimenter de manière autonome dans un bac communautaire. En présence  de poissons véloces, <em>Chelmon rostratus</em> a peu de chance de survie. En effet <em>Chelmon</em> avant tout,  picore sur le substrat. Il  observe sa proie, l&rsquo;analyse, se met à bonne distance, oriente son rostre&#8230; Ce protocole prend du temps. Une fois décidé  &agrave;  gober ce qu&rsquo;il convoite, un autre poisson  l&rsquo;aura probablement subtilisé.</p>
<p class="align-j"> Il est donc indispensable d&rsquo;aider ce poisson à se nourrir de manière plus variée et ce, dès les premiers jours. Une fois bien rétabli, il saura tirer parti des nourrissages collectifs. Je présente ici une méthode simple qui a fait ses preuves. Elle donne plus de chance au spécimen de s&rsquo;accoutumer à des conditions nouvelles pour lui. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: 1fr 50%; width:90%; ">
<div class="grille-titre">Mangeoire pour Chelmon rostratus</div>
<div class="textrangee">Voici un petit montage qui laissera à votre poisson tout le loisir de manger à son rythme.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img01.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Un tube d&rsquo;aspirine ou tout autre tube en plastique opaque. Une grille concave dans le couvercle pour maintenir la nourriture légèrement en arrière de l&rsquo;orifice.Une grille au fond pour maintenir la nourriture proche de la grille précédente. (l&rsquo;article est ancien, je me suis amélioré avec un système impression 3D au bout d&rsquo;un tube convoyeur depuis la surface du bac). </p>
<p>    Ça rappelle une fable de La Fontaine !</p></div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img02.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Une fois le tube coincé dans le décor, ouverture vers le bas, Chelmon curieux s&rsquo;interroge sur les vertus de l&rsquo;acide salicylique, surtout quand il est remplacé par un cube d&rsquo;artémias congelés.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img03.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">En général il comprend vite l&rsquo;intérêt du système.</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img04.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Les autres un peu moins,</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img05.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Ils récupèrent cependant quelques miettes.&nbsp;</div>
<figure class="figrangee"> <img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/img06.jpg"> </figure>
<div class="textrangee">Les poissons sont bien intéresssés par ce qui sort du tube, mais seul C. rostratus peut aller à la source.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/aspirine.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/aspirine.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption><div class="textrangee">Après quelques temps, ainsi bien nourri et acclimaté peut être acceptera t-il votre préparation maison congelée.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/chelmon.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/chelmon.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption><div class="textrangee">Après un certain temps, ainsi bien nourri et acclimaté, peut être acceptera t-il votre préparation maison congelée, même posée  sur le raidisseur, à l&rsquo;extérieur du bac. La vidéo est courte, mais cet  instant furtif est réel, capté par mon ami Fred.</div>
<p>  <video style="width:100%; height:auto;" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/videofred.webm"><source type="video/mp4" data-src="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/nourrirchelmon/videofred.mp4"></video><figcaption class="copyright">Vidéo : Fred SCHOTTER</figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">On l&rsquo;a déjà vu,  Chelmon correctement acclimaté à un nourrissage communautaire peut même se nourrir de paillettes en pleine eau. Mais n&rsquo;en demandons pas trop ! </p>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/nourrir-chelmon-rostratus/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/nourrir-chelmon-rostratus/">Nourrir Chelmon rostratus</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Octocoralliaires 4 &#8211; Maintenance</title>
		<link>https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2015 23:00:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[Vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Forts de ce que l&#8217;on aura pu retenir à la lecture des précédents articles sur la biologie et l’écologie des Octocoralliaires, sommes-nous suffisamment parés pour envisager leur maintenance ? On l’a vu, leurs exigences sont variées selon les espèces, et leur milieu captif devra y répondre au mieux. Le récifaliste dispose aujourd’hui de nombreux moyens [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">Octocoralliaires 4 &#8211; Maintenance</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Forts de ce que l&rsquo;on aura pu retenir à la lecture des  précédents articles sur la biologie et l’écologie des Octocoralliaires, sommes-nous suffisamment parés pour envisager leur maintenance ? On l’a vu, leurs exigences sont variées selon les espèces, et leur milieu captif devra y répondre au mieux. Le récifaliste dispose aujourd’hui de nombreux moyens et de méthodes pour y parvenir, mais sont-ils tous adaptés et suffisants ? Ce quatrième volet sur la maintenance des Octocoralliaires propose de faire le point sur la situation actuelle.</p>
<p class="align-c"><a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-1-biologie-classification-et-anatomie/">1 : Classification, anatomie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">2 : Nutrition, reproduction</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/">3 : Écologie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">4 : Maintenance</a></p>
<p class="align-j">La lecture des articles précédents ne réserve aucun suspens : la maintenance des Octocoralliaire est essentiellement liée à leur nourrissage.  &quot;Comme tout être vivant&quot; direz-vous&nbsp;: oui, sauf que ces   coraux, se nourrissent plus ou moins facilement selon qu&rsquo;ils sont  photosynthétiques ou pas. </p>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires zooxanthellés, reçoivent l&rsquo;essentiel de  leurs nutriments via les zooxanthelles qui utilisent l&rsquo;énergie lumineuse. Un  aquarium récifal doté d&rsquo;un éclairage adapté à la maintenance de poissons suffit  à leur fournir cette énergie, le complément de nutriments étant facilement  obtenu par le produit de la dégradation des matières organiques et/ou la  présence de plancton qui s&rsquo;y développe. Sauf rares exceptions,  l&rsquo;aquariophile n&rsquo;a pas nécessité de réaliser des apports particuliers de  nourriture, et ces Octocoralliaires, un peu privilégiés, ne sont pas en quête  constante de nourriture. Mais la situation est bien différente avec les espèces  non photosynthétiques (NPS), sessiles, suspensivores pour lesquels le nourrissage  est le cœur de leur maintenance. Cet article traitera donc des dispositions à mettre en œuvre en réalisant un <strong>focus sur les Octocoralliaires azooxanthellés</strong>.</p>
<h2>1. Conditions préalables</h2>
<p class="align-j">La vie de ces animaux à l&rsquo;état sauvage dépend de la trilogie&nbsp;:  facteurs extérieurs / biocénose / biotope. Tout naturellement, ces règles doivent être respectées de la  même manière pour notre écosystème captif : aquariophile  / vivant / système de maintenance.</p>
<h3>1.1. Facteurs extérieurs  →  l&rsquo;aquariophile </h3>
<p class="align-j">Les facteurs extérieurs réunissent tous les évènements subits par les animaux et leur environnement. Dans un système captif, c&rsquo;est bien par  l&rsquo;aquariophile que tout commence et c&rsquo;est aussi lui qui agit et réagit aux évènements.  Comme pour tout ce qui touche à la maintenance du vivant, les choix initiaux  sont suivis d&rsquo;effets qui dépassent notre simple satisfaction personnelle. Notre responsabilité est encore  plus grande quand il s&rsquo;agit d&rsquo;espèces sauvages, prélevées dans leur milieu  naturel, comme il en existe encore de nombreuses, proposées à la vente. </p>
<p class="align-j">Si certaines espèces disposent d&rsquo;une capacité d&rsquo;adaptation  aux variations du milieu environnant, d&rsquo;autres supportent bien moins les  fluctuations. Le système doit donc être conçu de manière à assurer tous les besoins  des espèces et de manière régulière et pérenne. Concernant l&rsquo;aquariophile, il ne  s&rsquo;agit pas seulement du budget  pour la mise en place et la  maintenance, mais aussi du temps qu&rsquo;il peut y consacrer, de l&rsquo;attention qu&rsquo;il  peut porter ou de sa réactivité… au début et dans les années qui suivent. En captivité, la cause principale des dérives est bien… l&rsquo;aquariophile,  lui-même. La santé et le bien-être  d&rsquo;un aquarium et ses  habitants sont fondamentalement liés à  sa connaissance de la biologie des organismes  et à son niveau d&rsquo;expérience. La lecture de revues, d&rsquo;articles,  le soutien des membres des forums spécialisés ou de ceux d&rsquo;un club aquariophile  sont indispensables. Le risque est fortement réduit quand  l&rsquo;aquariophile conçoit de manière réfléchie son installation (volume de cuve,  éclairage, brassage, nourrissage, traitements…) pour des objectifs donnés  (espèces hébergées, esthétique, ambiance…) en incluant l&rsquo;ensemble des risques  (dérives, pannes…) et les ressources (budget, disponibilité, rapidité  d&rsquo;intervention…), qu&rsquo;il est prêt à consacrer, ceci depuis le début du projet et durant l&rsquo;hébergement des individus. </p>
<p class="align-j">Bref, la décision de se lancer dans l&rsquo;aventure récifale et  la mise en œuvre des moyens pour qu&rsquo;elle soit une réussite, méritent d&rsquo;y  réfléchir posément, auparavant. La première question s&rsquo;impose : suis-je  réellement prêt pour l&rsquo;aventure ?</p>
<h3>1.2. Biocénose → le  vivant</h3>
<p class="align-j">La biocénose est l&rsquo;ensemble des êtres vivants coexistant dans un même milieu&nbsp;: faune, flore et microorganismes. Parmi les critères de choix des habitants de l&rsquo;aquarium, il y a bien  évidemment la difficulté de leur maintenance telle qu&rsquo;elle est reconnue par les  récifalistes, selon leur caractère symbiotiques ou pas et la capacité pour le  polype à ingurgiter des proies variées. Mais d&rsquo;autres paramètres comme le régime alimentaire, la qualité de l&rsquo;eau, leur  positionnement, l&rsquo;origine mariculture ou sauvage…, pourront amplifier la tâche. </p>
<p class="align-j">Les articles qui précèdent nous ont aidés à mieux connaître  leur fonctionnement et leurs besoins généraux. Ce qui suit donnera des pistes  pour assurer leur bien-être en harmonie avec les autres animaux hébergés et  pour les multiplier. Mais il restera à s&rsquo;interroger sur les exigences  spécifiques de chaque individu, afin de déterminer  la nourriture optimale.  Certaines espèces ont un régime particulièrement restreint et les données  n&rsquo;étant pas toujours disponibles, l&rsquo;aquariophile devra parfois s&rsquo;investir dans  de vraies recherches… ou passer son chemin.</p>
<h3>1.3. Biotope → le système de maintenance </h3>
<p class="align-j">Le biotope détermine les conditions de vie du vivant. Parmi les biotopes envisageables pour les Octocoralliaires, il  est rarement question de crête récifale mais d&rsquo;environnements plutôt protégés  des vagues, soit par la configuration du milieu ou du fait de la profondeur,  avec des flux hydrodynamiques relativement réguliers. Ils seront plus ou moins éclairés  et chargés en nutriments&nbsp;: pente récifale, début du plateau continental,  lagons, passes avec des configurations locales adaptées (grottes, failles,  tombants, surplombs…). </p>
<p>    L&rsquo;aquarium ne peut, encore aujourd&rsquo;hui, répondre à toutes  les exigences de toutes les espèces. Il suffit d&rsquo;observer les aquariums  publics, soucieux de recréer les biotopes spécifiques des espèces hébergées (eaux  froides, eaux tropicales, lagon, crête, pente récifale, etc.). Soyons honnêtes,  le choix du biotope est parfois d&rsquo;abord esthétique, conditionné par le décor  imaginé, en harmonie avec le salon ou par l&rsquo;ambiance qu&rsquo;il dégage (une plage de  sable lagonaire ne dégage pas la même sensation que le tombant d&rsquo;une passe  récifale). De manière plus naturelle, il peut aussi émaner de l&rsquo;envie  d&rsquo;héberger certaines espèces particulières.</p>
<p class="align-j">Mais quel que soit l&rsquo;écosystème naturel choisi, ses éléments  (décor, lumière, brassage, nutrition…) doivent être conçus en relation avec le  monde vivant qui l&rsquo;occupe. Les coraux n&rsquo;échappent pas à la règle. L&rsquo;article <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires%c2%a03-%c3%a9cologie-r87"><em>Octocoralliaires&nbsp;3 – Écologie</em></a> donne un  aperçu de la répartition des espèces et les publications spécifiques  permettront de déterminer au mieux le couple biotope/espèces.</p>
<p class="align-j">Finalement cela ne parait pas si compliqué&nbsp;! Alors entrons  dans le cœur du sujet.</p>
<h2>2. Système de maintenance</h2>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/11.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Aquarium de 680&nbsp;l avec quelques Octocoralliaires azooxanthellés.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://www.reefthreads.com/?p=399" target="new">Reef threads, G. L. Parr</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">On a pu constater de nombreuses avancées technologiques  débouchant, de la part des fabricants, sur des équipements de plus en plus  performants et fiables&nbsp;; les chercheurs communiquent mieux sur les organismes  marins&nbsp;; les processus de maintenance s&rsquo;améliorent de même que les tests de  contrôle ainsi que la compétence des récifalistes amateurs. De  nombreuses espèces sont maintenues alors qu&rsquo;elles semblaient inaccessibles il y a  quelques années. Mais tout n&rsquo;est pas encore possible. L&rsquo;aquarium futur doit  être réfléchi, aussi nous allons passer en revue les dispositions connues à ce  jour pour proposer un système épanouissant, plus précisemment, un milieu dont tous les éléments  (brassage, éclairage, paramètre de l&rsquo;eau…) seront conçus   pour que le polype ait envie de s&rsquo;épanouir. </p>
<h3>2.1. Température </h3>
<p class="align-j">Pour les espèces tropicales de surface, d&rsquo;une manière  générale les températures de 24 à 25°C conviennent&nbsp;; pour les coraux  azooxanthellés de profondeur une température inférieure, de 20 à 22°C, est  préférable. Les températures plutôt basses limitent la dépense énergétique  consacrée au déploiement des polypes et à la capture. La concentration  d&rsquo;oxygène y est aussi plus importante. Elles limitent également les  contaminations par les virus et les bactéries. Selon le biotope (tropical ou eau froide), le type  d&rsquo;installation, la production de chaleur par l&rsquo;éclairage (HQI, T5, LED),  l&rsquo;isolation de l&rsquo;habitation, le lieu géographique… un moyen de refroidissement  pourra permettre de passer les canicules. Un aquarium dédié aux  Octocoralliaires azooxanthellés, moins éclairé, nécessitera un équipement de  moindre puissance.</p>
<h3>2.2. Hydrodynamique  et brassage&nbsp;</h3>
<h4>2.2.1. Vitesse d&rsquo;écoulement</h4>
<p class="align-j">La circulation de l&rsquo;eau est essentielle pour les organismes  sessiles surtout si ce sont des filtreurs comme les Octocoralliaires&nbsp; ; elle apporte  les nutriments dissous ou sous forme particulaire&nbsp; ; elle assure les  échanges gazeux&nbsp; : l&rsquo;apport de dioxygène comme l&rsquo;évacuation du dioxyde de  carbone&nbsp; ; elle entretient les échange thermiques et contribue à  l&rsquo;élimination des sédiments.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/3.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Détermination de l&rsquo;assimilation de phytoplancton par <em>Dendronephthya hemprichi</em> selon la vitesse du courant. par mesure de la chlorophylle (a), dans la cavité gastrovasculaire</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://www.aslo.org/lo/toc/vol_40/issue_7/1290.pdf">American Society of Limnology and Oceanography, Inc</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La vitesse d&rsquo;écoulement du  courant affecte le nourrissage, il a des effets bénéfiques ou au contraire néfastes sur l&rsquo;alimentation du  corail. À de trop faibles vitesses, les particules ne rencontrent pas  suffisamment les polypes ou ne provoquent pas le  déclenchement de leur ouverture. Des  débits élevés augmentent l&rsquo;afflux de particules alimentaires, mais trop importants,  ils augmentent leur vitesse, limitant l&rsquo;efficacité de la capture des proies qui  glissent sur les polypes. De plus, ces derniers plient et leur surface de  capture est réduite d&rsquo;autant. Lorsque  le courant est trop important, les polypes s&rsquo;épanouissent d&rsquo;avantage à l&rsquo;opposé du  courant et leur durée d&rsquo;ouverture se raccourcit.</p>
<p class="align-j">Ces mécanismes expliquent pourquoi, sur plusieurs espèces de coraux, on  a pu mesurer une plage de débit optimale pour la capture de proies, se situant entre  5 et 15 cm/s. Les alcyonnaires seraient plus  réceptifs à une vitesse entre 8 et 15 cm/s. Les vitesses d&rsquo;écoulement optimales (tableau 1), sont classées selon leur valeur :  lentes (L) > 5 cm/s ; modérées (M)&nbsp; : de 5 à 15 cm/s ; rapides (R)&nbsp; : de  15 à 30 cm/s et très rapides (TR) > 30 cm/s.</p>
<table style="max-width:250px; min-width:50px; float:right; margin:5px" class="tableau">
<caption>
    Tableau 1 : Vitesses optimales (cm/s)<br />
    </caption>
<tr>
<th width="60%">Espèces</th>
<th colspan="2">Vitesse</th>
</tr>
<tr>
<td><em>Acanthogorgia    vegae</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">8</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Briareum    asbestinum</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">6 à 12</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Eunicea    tournefortis</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">6 à 12</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Melithaea    ochracea</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">8</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Plexaurella    dichotoma</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">6 à 12</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Pseudopterogorgia    americana</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">6 à 12</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Subergorgia    suberosa</em></td>
<td align="center">M</td>
<td align="center">8</td>
</tr>
<tr>
<td><em>Dendronephthya    hemprichi</em></td>
<td align="center">R</td>
<td align="center">10 à 25</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">Bien que de nombreux coraux prospèrent à des vitesses de courant  variables, chaque espèce ou même le génotype au sein d&rsquo;une espèce, peut préférer  un débit spécifique. Ce débit optimal dépend en partie de la densité de particules alimentaires disponibles dans le milieu. Par exemple <em>Acanthogorgia  vegae</em>, <em>Melithaea ochracea</em> et <em>Subergorgia suberosa</em>, qui partagent le  même habitat, capturent mieux le zooplancton lorsque la vitesse du flux est de  8 cm/s. En outre, <em>Subergorgia suberosa</em> ne capture la nourriture que dans une plage très étroite, ce qui rend sa  maintenance très difficile. L&rsquo;optimum de capture chez les Octocoralliaires phytoplanctophages  se situe à des vitesses plus rapides&nbsp;: <em>Dendronephthya  hemprichi</em>, qui consomme essentiellement du phytoplancton, se nourrit et se  développe de façon optimale entre 10 et 25 cm/s. Ses polypes sont très déployés  et son métabolisme est maximal à 17.5 cm/s&nbsp;; il réduit de 50&nbsp;% à 7.5  cm/s.</p>
<h4>2.2.2. Taille et morphologie de la colonie</h4>
<p class="align-j">La structure ramifiée de nombreux coraux réduit l&rsquo;écoulement  de l&rsquo;eau et la pénétration de la lumière à l&rsquo;intérieur et dans la partie  inférieure de la colonie. Ainsi, les grandes colonies exigent plus de lumière  et de flux d&rsquo;eau pour maintenir des taux de photosynthèse et des échanges  gazeux acceptables. En même temps, au fur et à mesure de sa croissance, la  biomasse de la colonie augmente et nécessite une quantité plus importante  d&rsquo;aliments. Ceci étant, le taux de nutrition de la colonie diminue globalement au  fur et à mesure qu&rsquo;elle se développe. Ces phénomènes expliquent en  partie que les grandes colonies se développent moins vite qu&rsquo;à leur début. En  aquarium, la taille des colonies ou leur ramification importante doivent être  compensées par un brassage amélioré. Par contre, en aquaculture le but est autre&nbsp;:  les colonies doivent être maintenues à une petite taille où la croissance est  la plus rentable.</p>
<h4>2.2.3. Brassage des Octocoralliaires zooxanthellés</h4>
<figure class="figfloat"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/12.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Les pulsations asynchrones des  polypes  d&rsquo;<em>Heteroxenia</em> favorisent les échanges gazeux  et la liaison du CO<sub>2</sub> à l&rsquo;enzyme photosynthétique RuBisCO, améliorant ainsi grandement le taux  de photosynthèse.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.reefthreads.com/?p=399" target="new">Arioch &#8211; Cap récifal</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les algues symbiotiques sont  en mesure de fournir une bonne proportion des besoins énergétiques    nécessaires, le brassage ne revêt donc pas une importance cruciale en ce qui  concerne le nourrissage. Mais on l&rsquo;a vu dans <em><a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-repr-r86" target="new">Octocoralliaires 2 &#8211; Biologie : nutrition, reproduction</a></em>, les besoins des espèces dont la biomasse est  importante, sont très rarement totalement assouvis avec la seule énergie  lumineuse. De plus, les Octocoralliaires étant des invertébrés sessiles et suspensivores  microphages, ils ont toujours besoin de brassage pour assurer une part de leur  nutrition, l&rsquo;oxygénation ou la dé-sédimentation de leurs tissus. Cependant, la majorité  des espèces occupe des zones peu exposées aux vagues&nbsp;: même s&rsquo;ils ont une certaine capacité à s&rsquo;adapter  aux mouvements d&rsquo;eau, ils n&rsquo;apprécient guère les flux cisaillants et turbulents  tels que les produisent les pompes centrifuges à aubes de type <em>Turbelle </em>de<em> Tunze</em>.</p>
<p class="align-j">Certaines espèces habituées des lagons, se satisfont de courants  faibles, l&rsquo;oxygénation des tissus est alors en partie assurée par les mouvements  ondulatoires de la houle. Pour ce, le brassage par boite à vague<em> </em>permet  d&rsquo;assurer une certaine circulation d&rsquo;eau au  contact des tissus, mais comme il ne permet pas à lui seul le renouvellement  des gaz, de la nourriture et des nutriments dans l&rsquo;environnement du corail, il  sera réservé aux espèces zooxanthellées. Ou bien, de la même manière que les  mouvements de marées assurent les échanges entre le lagon et la pleine mer, il  sera complété par un autre système de brassage à flux large tel que le  produisent les pompes axiales à hélices de type <em>Stream </em>de<em> Tunze</em>.</p>
<p class="align-j">En général, les espèces zooxanthellées croissent rapidement dans des conditions de brassage simplifiées telles que ci-dessus. Pour les raisons expliquées plus haut concernant les grosses colonies, comme pour les espèces azooxanthellées, le brassage doit être adapté et les  principes exposés ci-après  s&rsquo;avèrent utiles.</p>
<h4>2.2.4 Brassage des Octocoralliaires azooxanthellés</h4>
<p class="align-j">Concernant les  Octocoralliaires   dépourvus de zooxanthelles, le brassage devient le seul  élément permettant d&rsquo;assurer les apports nutritionnels et revêt une  importance primordiale. Pas question ici de formuler le brassage par un simpliste  ratio «&nbsp;débit des pompes&nbsp;/&nbsp;volume du bac&nbsp;». Les conditions  à réunir sont bien plus complexes&nbsp;: </p>
<h5>2.2.4.1. Écoulement tourbillonnaire  massif (vortex, gyre)</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile récifal qui tente de restituer les flux  énergiques du sommet d&rsquo;une pente récifale, a l&rsquo;habitude d&rsquo;exposer les colonies de  Scléractiniaires  aux flux de pompes directionnelles avec parfois des impulsions  et des directions variant sans cesse. Il en résulte un flux chaotique,  turbulent, qui n&rsquo;a pas le temps de prendre de la vitesse et dont l&rsquo;énergie est  rapidement freinée par le décor, au détriment de colonies plus en arrière, qui  n&rsquo;en profitent pas. L&rsquo;efficacité d&rsquo;une pompe de brassage peut ainsi être  réduite à néant, quelques dizaines de centimètres plus loin. </p>
<figure class="figfloat"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/10.png" data-ipsLightbox><img  alt=""/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/10.png"></a><figcaption class="figlegende">Différentes  possibilités  de courants.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Une masse d&rsquo;eau qui se déplace dans son ensemble, est de  nature à mieux brasser chaque zone du volume, jusqu&rsquo;aux interstices du décor. Une  solution simple consiste à  mettre en rotation la colonne d&rsquo;eau  de l&rsquo;aquarium autour de son axe (vertical ou horizontal), et de l&rsquo;entraîner  dans un mouvement circulaire dit «&nbsp;mouvement tourbillonnaire&nbsp;».  L&rsquo;inertie de cette masse permet d&rsquo;entretenir le mouvement avec une moindre  dépense énergétique. Selon l&rsquo;agencement des spécimens dans la cuve,                                                                          on peut choisir un mouvement de rotation parmi six en fonction de  l&rsquo;orientation de la sortie de pompe (Illustration). La poussée des pompes sera  mieux exploitée en agissant directement sur une grande longueur (cas 1a et 2a). Les  frottements à la surface de l&rsquo;eau étant inférieurs à ceux des vitres, le  mouvement giratoire sera entretenu avec moins d&rsquo;énergie si la pompe est  orientée vers la surface (cas 2a et 3b). La sortie de pompe dirigée vers le  fond (cas 2b et 3a) maintiendra mieux les particules de nourriture en  sustentation et soulèvera celles qui se seront déposées au fond. Une  circulation autour du bac, contournant le décor, atteint plus facilement l&rsquo;ensemble des coraux  exposés (cas 1a).<br />
    Cet écoulement tourbillonnaire, qui n&rsquo;est pas sans rappeler  les cercles formés par les grands courants océaniques <em>gyres</em>, nécessite que les pompes l&rsquo;entretiennent en fonctionnant  simultanément dans le même sens. L&rsquo;aquarium revêt aussi une importance&nbsp;:  un petit volume, des obstacles proches qui génèrent des frictions, une forme  cubique aux faces rapprochées.. ne favorisent pas la création d&rsquo;un mouvement, ni  son maintien.</p>
<h5>2.2.4.2. Écoulement laminaire</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/9.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/9.png"></a><figcaption class="figlegende">Écoulement laminaire : les particules fluides voisines, restent voisines.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les polypes se déploient en  fonction du courant, quand celui-ci est stable en direction. On parle alors  d&rsquo;écoulement laminaire, c&rsquo;est-à-dire que les particules fluides voisines,  restent voisines (la notion de flux laminaire horizontal ou vertical n&rsquo;a pas de  sens, un flux est ou n&rsquo;est pas laminaire). </p>
<figure class="figfloat"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/4.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/4.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Les pompes <em>Maxspect Gyre Generator</em> qui génèrent des flux laminaires à vitesse, orientation et  périodicité  ajustables, sont adaptées à la maintenance des invertébrés filtreurs passifs.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://www.coralvue.com/maxspect-xf150-gyre-generator" target="new">Coralvue Aquarium products</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;écoulement laminaire peut être  obtenu partiellement avec une pompes axiale à hélices de type <em>Stream </em>ou plusieurs pompes centrifuges à aubes de type <em>Turbelle</em>, réparties sur la hauteur de l&rsquo;aquarium, dont les flux  viennent lécher la vitre latérale, avec les pertes  d&rsquo;énergie que cela induit. Mieux encore, les pompes à flux laminaire de  technologie&nbsp;<em>Crosflow</em>, (<em>Maxspect Gyre</em> ci-contre), semblent parfaitement adaptées à cet usage, elles  créent un mouvement tourbillonnaire autour du bac, dont le sens dépend de la  position de la pompe. Un système en circuit fermé (<em>closed loop</em>) aura le même effet dans un gros volume. Pour un petit  volume, on peut connecter la sortie d&rsquo;une pompe de type <em>Turbelle</em> sur une canne de rejet (ou de refoulement) percée pour  obtenir un effet approchant. </p>
<p class="align-j">Un flux laminaire peut également être obtenu en  agençant le décor de telle sorte que l&rsquo;eau soit de direction et d&rsquo;intensité  uniformes au contact des invertébrés, par exemple le long de parois, entre des  failles, à l&rsquo;intérieur de grottes tubulaires&#8230;. Certes, la notion de courant  laminaire est toute relative dans nos aquariums. Il est transformé en mouvement  turbulent dès lors qu&rsquo;il rencontre un obstacle, ne serait-ce qu&rsquo;une branche de  corail. Cette transformation est amplifiée lorsque la vitesse initiale est  grande, un mouvement d&rsquo;eau massif et lent conservera donc mieux son caractère  laminaire, laissant toute aptitude au polype d&rsquo;adapter sa position pour créer  le meilleur courant de convection qui permettra la capture de nourriture. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 70%;"><figcaption class="grille-titre">Modes de brassage ou dispositions du décor, permettant de  s&rsquo;approcher d&rsquo;un flux laminaire.</figcaption><figure class="figcolonne"  > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6b.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6b.png"></a><figcaption class="figlegende">Canne de rejet munie de flasques, pour de petites cuves.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6c.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6c.png"></a><figcaption class="figlegende">Système de brassage en circuit fermé &quot;closed loop&quot;.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6d.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6d.png"></a><figcaption class="figlegende">Décor vertical centré.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6e.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/6e.png"></a><figcaption class="figlegende">Décor horizontal</figcaption></figure><figcaption class="copyright">Illustrations : Denis TOURNASSAT</figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h5>2.2.4.3. Directions adaptées</h5>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/7.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/7.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Direction et sens d&rsquo;écoulement peuvent être vérifiés au moyen de ficelles.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Selon l&rsquo;orientation de la pompe, le flux hydraulique pourra prendre  des directions et des sens différents (Illustration). Le choix dépendra de  l&rsquo;objectif visé. La circulation de l&rsquo;eau pourra être horizontale&nbsp;: chaque  particule reste dans un plan horizontal et tourne autour de la cuve (cas 1) ou  au contraire verticale&nbsp;: chaque particule d&rsquo;eau reste dans un plan  vertical (cas 2 et 3). Le flux sera le plus laminaire si la sortie de la pompe  est orientée le long d&rsquo;une grande longueur libre (cas 2a et 1a si la face  arrière est dégagée). Ce ne sera pas le cas s&rsquo;il vient trop vite buter contre  une face opposée (cas 1b et 2b) ou un élément du décor. Toute autre orientation  répondra moins bien à l&rsquo;objectif de brassage laminaire visé, mais certaines  configurations peuvent toutefois présenter quelque intérêt&nbsp;: Un flux  dirigé depuis la face arrière vers le fond (cas 3a) deviendra très vite  turbulent mais dégagera le dessous du décor de tous les sédiments qui auront pu  s&rsquo;accumuler pour les faire remonter en surface&nbsp;; de même un flux dirigé  depuis la surface vers la face avant (cas 2b) ne restera pas laminaire mais  assurera de bons échanges gazeux au sein du décor. Un flux vertical léchant le  fond (cas 2 ou 3) permet de conserver plus longuement les particules nutritives  en suspension, disponibles pour ces filtreurs.</p>
<p class="align-j">Pour la maintenance des suspensivores, le courant laminaire  devrait idéalement remonter légèrement. Cela correspond mieux aux conditions  naturelles et maintient plus longtemps en suspension les particules de  nourritures. Le choix du flux peut également dépendre de la disposition des  spécimens (fixés la tête vers le haut, le bas ou perpendiculaire au décor). Un  système constitué de plusieurs pompes pilotées permet de jouer sur les  différents tableaux.</p>
<p></p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>2.2.4.4. Vitesse</h5>
<figure class="figfloat"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/29.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/29.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Paraplexaura</em> sp. dans le courant.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Nous l&rsquo;avons abordé plus haut : la vitesse du courant est importante,  selon l&rsquo;espèce (tableau 1). Cette vitesse ne doit pas être obtenue par une  pompe dirigée trop près des spécimens, les fins tissus des gorgones  azooxanthellées ne résisteraient pas longtemps. <em>À contrario</em>, des vitesses trop lentes favorisent la sédimentation  sur ces tissus. Les déperditions de vitesse du courant sont rapides, provoquées  par la pesanteur, la viscosité de l&rsquo;eau, sa pression, son frottement contre les  parois et le décor, le contact des colonies… L&rsquo;agencement du décor permet de  créer des zones plus ou moins rétrécies dont la vitesse sera ajustée à l&rsquo;espèce  fixée. Dans un aquarium mixte, on peut ainsi imaginer un décor horizontal  (illustration) permettant un mouvement rapide en surface pour les espèces  zooxanthellées et plus lent et régulier dans la partie inférieure pour d&rsquo;autres  azooxanthellées. Les courantomètres sont encore chers pour justifier leur investissement, mais  la vitesse de l&rsquo;eau dans les zones où sont placés les  spécimens, peut-être mesurée relativement facilement, en chronométrant la  distance parcoure par des particules en suspension, entre deux repères tracés sur la vitre.</p>
<h5>2.2.4.5. Alternance du sens du  courant </h5>
<div class="artcommentaire-d"> <strong>Brassage d&rsquo;Octocoralliaires</strong></p>
<ul>
<li>Courant laminaire</li>
<li>Vitesse adaptée à l&rsquo;espèce</li>
<li>Légèrement ascendant</li>
<li>Direction stable</li>
<li>Inversion de courant (marées)</li>
<li>Phases d&rsquo;accalmies</li>
</ul></div>
<p class="align-j">L&rsquo;alternance du sens du courant permet de solliciter les tissus  des coraux, de toutes parts et de favoriser leur respiration. Les invertébrés sessiles  ont également besoin de l&rsquo;aide des courants pour dégager les impuretés accumulées  sur leurs tissus, les algues agrippées à leurs branches, les mucus ou les films cireux  autonettoyants, phénomènes fréquents en aquarium. Un programmateur, un automate  ou tout autre système d&rsquo;asservissement pourra commander la mise en route de  pompes ou bien l&rsquo;ouverture de vannes dans un   système de brassage en circuit fermé «&nbsp;close loop&nbsp;».<br />
    Un écoulement tourbillonnaire constant aura pour effet  négatif d&rsquo;accumuler les sédiments au centre du vortex, c&rsquo;est-à-dire le décor, et  d&rsquo;y rester avec les risques que cela représente pour la respiration des invertébrés  sessiles et des bactéries qui le colonisent. On pourra y remédier en générant  occasionnellement un brassage dans cette zone, couplé à une filtration  mécanique.</p>
<h5>2.2.4.6. Stabilité sur de grandes  périodes</h5>
<figure class="figfloat">
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/16.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/16.png"></a><figcaption class="figlegende">
  Variation des hauteurs d&rsquo;eau entre deux marées.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Calcul_de_mar%C3%A9e" target="new">Wikipedia</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Pour mieux capter les particules, les polypes s&rsquo;ouvrent et  s&rsquo;orientent selon la direction et l&rsquo;intensité du courant. Le brassage doit donc  être stable. Cette adaptation exige une dépense d&rsquo;énergie de la part des  invertébrés, cette stabilité est donc nécessaire sur de grandes périodes. Le  principe des pompes pilotées en direction, vitesse et durée, réglées en mode  marées, dont le sens d&rsquo;écoulement change toutes les six heures ou plus,  reproduit au mieux les échanges hydrodynamiques d&rsquo;une passe récifale ou de  courants venant de la pleine eau.</p>
<h5>2.2.4.7. Phases de  repos</h5>
<p class="align-j">Certains Nephtéidés comme <em>Dendronephthya</em> semblent mieux croître en présence d&rsquo;accalmies comme  celles constatées aux étals de basse mer et de haute mer ou comme avant une renverse  de courant. Il faut  considérer  que la vitesse d&rsquo;un courant de marée, n&rsquo;est jamais  constamment à son niveau maximal. Elle évolue constamment entre pleine mer et  basse mer, en fonction de la hauteur d&rsquo;eau. La vitesse est lente (1/12 du marnage) 2&nbsp;heures à marées basse et haute et  rapide (3/12  du marnage) 2&nbsp;heures entre chaque marée (figure ci-contre). C&rsquo;est à dire que les vitesses maximales ne sont  finalement observées que 2&nbsp;heures par cycle de 6 heures. Les puristes pourront ainsi reproduire, au moyens de simulateurs, les variations des  vitesses du brassage suivant le même type de courbe sinusoïdale.</p>
<h3>2.3. Éclairage</h3>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires occupent des zones variées, depuis le  haut du récif (certains genres tels que <em>Sinularia</em> sont exondés à fortes marées basses) jusqu&rsquo;à des  profondeurs importantes, dans des eaux plus ou moins turbides. Un aquarium n&rsquo;atteint  jamais parfaitement les conditions d&rsquo;exposition des biotopes naturels (profondeur, turbidité, couverture  nuageuse…), on doit cependant tenter d&rsquo;y transposer leurs niveaux  d&rsquo;éclairement.</p>
<h4>2.3.1. Octocoralliaires zooxanthellés</h4>
<figure class="figfloat" >
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/13.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
  Aquarium de 50&nbsp;l, accueillant une diversité d&rsquo;Octocoralliaires, sous éclairage LED modulable.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.nano-reef.com/featured/_/2014/ziareefer-r81" target="new">Nono-reef</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">D&rsquo;une manière générale, les Octocoralliaires zooxanthellés nécessitent  moins de lumière que les SPS les plus exigeants et, n&rsquo;occupant pas exactement  les même niches écologiques, ils ne sont pas naturellement en réelle  compétition pour la lumière. Certaines espèces acceptent plus facilement des  eaux turbides, chargées et moins claires, mais dans un petit espace captif à  des emplacements imposés, il peut en être autrement. Ne nous y trompons pas,  certaines espèces réalisent malgré tout leur photosynthèse sous des  éclairements non négligeables&nbsp;: il a été mesuré en captivité sur <em>Sinularia densa</em> une saturation de la  photosynthèse à un PAR d&rsquo;environ 207&nbsp;µmol/m²/s, soit 10350 lux et un début  de photoinhibition à 400&nbsp;µmol/m²/s soit 20&nbsp;000 lux, ce qui représente  bien plus que certains SPS. Comme pour ces derniers, la plage de la photosynthèse  et le seuil de résistance à la photo-oxydation sont variables selon les genres.  Par exemple, <em>Sinularia</em> prospère  également en eaux plus profondes à 40 mètres. Malgré le peu de mesures  relatives aux Octocoralliaires, on peut estimer leur besoins moyens dans une  plage de 70 à 300&nbsp;µmol/m²/s (cf. article <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/materiel/mesure-du-par-ce-quil-faut-retenir-r75" target="new"><em>Mesure du PAR, ce qu&rsquo;il faut retenir</em></a>). </p>
<h4>2.3.2. Octocoralliaires azooxanthellés</h4>
<p class="align-j">On pourrait penser que l&rsquo;éclairage ne peut avoir d&rsquo;incidence  sur des organismes non photosynthétiques. Nous sommes loin de tout savoir sur leurs  besoins en quantité ou spectre de lumière, ce dont nous sommes sûrs est qu&rsquo;il  n&rsquo;est pas sans importance, de plus certains phénotypes dérogent aux standards  observés. On sait par exemple que des Octocoralliaires non photosynthétiques comme <em>Dendronephthya</em> se développent en  général dans des zones peu éclairées mais aussi dans des environnements proches  de coraux photosynthétiques, au sommet de récifs et ne craindront pas la lumière  d&rsquo;un aquarium récifal, même éclairé sous HQI. Mais tout individu se laissera  plus vite dépérir en cas de dépassement de l&rsquo;intensité lumineuse admissible. De  plus, trop de luminosité devient préjudiciable en faisant prospérer des  organismes photosynthétiques, notamment des algues, qui envahissent le corail. De  nombreuses espèces supportent un éclairage peu intense avec un PAR de l&rsquo;ordre  de 20 à 50&nbsp;µmol/m²/s. Sans information sérieuse concernant l&rsquo;importance du  spectre lumineux, on peut se rapprocher de celui observé à des profondeurs de 10  mètres (violet à vert&nbsp;: 400 à 550&nbsp;nm) jusqu&rsquo;à 40 mètres (violet à  bleu&nbsp;: 400 à 480&nbsp;nm). Des récifalistes relatent des réactions  positives sur des gorgones azooxanthellées <em>Acanthogorgia</em> sp. et <em>Guaiagorgia</em> sp. sous lumière  de LED bleues à 460&nbsp;nm. Certaines espèces enfin, voient leur croissance  stoppée en présence de lumière.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"  >
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/50.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/50.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
  Rampe LED <em>Mazzara</em> programmable, modulable et orientable selon les besoins.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.maxspectusa.com/" target="new">Maxspect</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La plupart des aquariums de NPS sont mixtes, de sorte qu&rsquo;il  faut y inclure un éclairage. Ne sachant pas toujours quel spectre et surtout  quelle intensité sera appropriée à telle espèce, on peut envisager un éclairage  dimmable. Les tubes T5 confèrent une lumière répartie, telle qu&rsquo;on la trouve en  profondeur. Les LED permettent des variations d&rsquo;intensité et de spectre, relativement  simplement. Les avancées dans la maintenance des NPS pourront justifier des  éclairages dédiés à certaines espèces, au moyen de sources orientés vers leur  position. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;aquarium d&rsquo;azooxanthellé est peu éclairé, à l&rsquo;extrême il  sera insuffisant pour pouvoir l&rsquo;admirer. À cet effet, on peut prévoir  d&rsquo;augmenter l&rsquo;éclairage momentanément dans la mesure où certaines espèces  pourront le supporter, et même s&rsquo;appuyer sur des jeux de lumière indirecte ou  des éclairages à contre-jour, par exemple pour simuler la vision d&rsquo;une grotte  débouchant par l&rsquo;arrière.</p>
<h3>2.4. Cuve</h3>
<p class="align-j">En verre, en ciment ou en matériau acrylique, la conservation des espèces symbiotiques n&rsquo;impose pas de  limite de volume, les aquariums publics en hébergent dans des bassins de  plusieurs milliers de litres. </p>
<figure class="figfloat" >
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/5.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
  Scléractiniaires et Octocoralliaires cohabitent  dans le bac de 4000 l d&rsquo;Eric (ericetlexie sur Cap récifal).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.gorgonien-lexikon.com/anthogorgia-sp-ein-bericht-von-linda-winkelhoefer.html" target="new">Océan passion On The Road n°47</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Pour la conservation des NPS, le volume dépend de la capacité  technique à distribuer correctement la nourriture en tous points. Le brassage  n&rsquo;est pas le facteur limitant avec les équipements proposés aujourd&rsquo;hui, le mouvement d&rsquo;eau massif tel qu&rsquo;il a été décrit plus haut est d&rsquo;ailleurs plus  facile à obtenir dans des volumes importants. Mais les moyens d&rsquo;épuration, biologiques  ou autres, à l&rsquo;intérieur ou à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;aquarium doivent être en  relation avec la quantité de nourriture distribuée, elle-même dépendante du  volume d&rsquo;eau et dont une partie a tendence à se déposer. Aujourd&rsquo;hui, les récifalistes conservent  les espèces non zooxanthellées considérées comme les moins difficiles, dans des  volumes avoisinant les 500 litres. </p>
<p class="align-j">On sait peu sur les conditions de maintenance de certaines  espèces sensibles dont une partie devrait d&rsquo;ailleurs rester dans le milieu  naturel. Dans cette phase de prise de connaissance, on ne peut parler de  maintenance mais plutôt d&rsquo;analyse du comportement (cf. chapitre <em>Accueil – observation</em>). La cuve d&rsquo;observation  est alors de petit volume, environ 100 litres, permettant une vision   rapprochée. C&rsquo;est seulement après que les conditions de maintenance sont  identifiées que les spécimens pourront évoluer dans un espace adapté, plus  grand. </p>
<p class="align-j">Dans la pratique, on trouve des cuves de formes et hauteurs  variables. Pour les espèces non zooxanthellées,  les chances  de réussite seront augmentées avec une forme qui favorise la réalisation de courants laminaires.  Dans les cuves longues, un système en circuit fermé (<em>closed loop</em>), permet d&rsquo;entretenir la continuité du mouvement sur la  totalité de la hauteur de la cuve. Sur les plus petites volumes, on peut plus  facilement envisager un flux tournant autour du bac. Les cuves cylindriques ou polygonales  dont les côtés sont égaux (carrées, hexa ou octogonales) et celles dont les angles  sont arrondis, sont alors les plus adaptées.<br />
    Les Octocoralliaires, d&rsquo;une manière générale, nécessitent une  lumière moyenne à faible, la hauteur de l&rsquo;aquarium peut donc dépasser 70&nbsp;cm.  Cependant d&rsquo;autres facteurs, comme le brassage,  la limitent en proportion  avec les autres dimensions. La largeur doit permettre d&rsquo;assurer les échanges gazeux,  la surface doit donc être en relation avec le volume à mouvoir. Nous avons peu  de recul pour définir les meilleures dimensions, cependant une cuve respectant  les conditions suivantes : largeur&nbsp;&gt;&nbsp;0,4 x&nbsp;longueur et  largeur&nbsp;&gt;&nbsp;1,1&nbsp;x hauteur, devrait convenir.</p>
<h3>2.5. Traitements  de l&rsquo;eau</h3>
<p class="align-j">Les invertébrés récifaux, quels qu&rsquo;ils soient, nécessitent  une eau de qualité… récifale. La résistance des Octocoralliaires, plus ou moins  grande aux dérives, ne dispense pas de mettre en œuvre, comme pour les SPS ou  les LPS, les principes habituels de l&rsquo;aquariophilie récifale. Les exigences seront  plus sévères pour les espèces vivant dans les eaux oligotrophes et oxygénées  portées par les courants du large et pour les espèces azooxanthellées. Ils sont sensibles à  l&rsquo;évolution de la qualité chimique et biologique de  l&rsquo;eau, vecteur d&rsquo;infections bactériennes et de prolifération des algues. La  charge de nourriture doit être compensée par des moyens de traitement  performants et une bonne oxygénation de l&rsquo;eau, au risque de voir  dériver rapidement les paramètres.</p>
<p class="align-j">Il faut retenir cependant que tout traitement ne devra pas,  autant que possible, nuire au nourrissage des espèces azooxanthellées, en  laissant les éléments nutritifs, librement disponibles dans l&rsquo;eau, le  temps nécessaire. Les traitements doivent aussi  épargner les matières organiques dissoutes, assimilables par les  invertébrés, produites naturellement dans l&rsquo;aquarium. Particulièrement  pour les espèces azooxanthellées, il convient de trouver le juste équilibre  entre épuration de l&rsquo;eau et conservation des nutriments. En présence de ces derniers, certains  traitements pourront être intermittents.</p>
<h4>2.5.1. Filtration mécanique</h4>
<p class="align-j">Un bon nombre des invertébrés concernés possèdent des tissus sensibles  aux blessures, aux recouvrements par les sédiments et aux infections. D&rsquo;autres,  comme les gorgones de la famille Acanthogorgiidae, branchues et dont les  polypes sont pourvus de nombreux sclérites proéminents, accrochent les algues  en suspension. Plus qu&rsquo;ailleurs, dans un circuit fermé où ces corps étrangers  ne manqueront pas d&rsquo;entrer en contact avec les animaux, il est indispensable de  mettre en place un système de filtration mécanique évacuant au plus tôt du  système, toutes les macro-particules. </p>
<div class="commentaire"><strong>Les Octocoralliaires&nbsp;sont-ils plus faciles&nbsp;?</strong></p>
<p>    Les espèces massives d&rsquo;Octocoralliaires Sarcophyton, Sinularia, Lobophytum      sont bien souvent les premières acquisitions de l&rsquo;aquariophile. Ce dernier,      confiant dans sa belle réussite, introduit ensuite des SPS. Les      chimiorécepteurs des occupants en place détectent vite les intrus, une      guerre chimique se déclare. Les toxines secrétées en quantité sont d&rsquo;autant      plus virulentes qu&rsquo;elles agissent dans un espace clos. Les durs      Scléractiniaires ne résistent pas longtemps aux attaques à distance et      dépérissent. C&rsquo;est une des raisons à l&rsquo;origine de la croyance que la      maintenance des Scléractiniaires serait plus difficile que celle des Octocoralliaires. Il n&rsquo;en est rien, des espaces suffisants associés à des      processus de traitement adaptés assurent une bonne cohabitation.</p></div>
<p class="align-j">Selon l&rsquo;installation, un filet, un filtre sur ouate, externe  ou dans la cuve technique… peut convenir. La maille du filet ou la porosité de  ce filtre doit être suffisamment grande pour ne pas retenir les microparticules de  nourriture planctonique distribuées aux espèces non photosynthétiques ou bien  il sera désactivé durant les longues et fréquentes périodes de nourrissage.</p>
<h4>2.5.2. Adsorption sur charbon</h4>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires produisent, parfois en grande quantité,  des métabolites secondaires dont certains sont toxiques. Ces substances  chimiques atteignent tous les habitants du bac, invertébrés et vertébrés, qui  leur résistent plus ou moins bien et plus ou moins longtemps. Les espèces  massives comme <em>Sarcophyton</em>, <em>Sinularia</em>, <em>Lobophytum…</em> dégagent  le plus de substances. Ces réactions chimiques ont lieu à tous niveaux et les  Octocoralliaires sensibles tels que certaines gorgones et Alcyonaires non  photosynthétiques peuvent subir un stress au point de ne plus s&rsquo;alimenter.<br />
    Ces substances biochimiques imposent d&rsquo;utiliser du  charbon activé, sans phosphate, pour adsorber quelques molécules toxiques qui ne le seraient  pas autrement. Ce dernier est utilisé en mode passif, dans une poche de  filtration, dans l&rsquo;écoulement de l&rsquo;eau de la cuve technique ou traversant un  lit fluidisé, selon la biomasse de coraux concernés.</p>
<h4>2.5.3. Épuration biologique (PV, sable, RAB et ATS)</h4>
<p class="align-j">D&rsquo;une manière générale, les principes qui prévalent pour les  scléractiniaires sont valables pour les Octocoralliaires. Les méthodes  éprouvées, basée sur la bio filtration par les éléments du décor, telles que la  méthode Berlinoise et celles qui reposent sur l&rsquo;utilisation de lits de sable  épais (Jaubert, DSB…) sont valables pour tous les Octocoralliaires. </p>
<p class="align-j">Les supports bactériens peuvent être constitués de pierres et de sable vivants  en proportions adaptées à la méthode choisie. D&rsquo;autres matériaux  (zéolithes, charbons, biopellets…) utilisés au sein de <a href="https://reeflexion.fr/reacteurs-bacteries/">réacteurs à bactéries (RAB)</a> à lits  fluidisés ou pas, avec adjonction de sources de carbone adaptées au système, peuvent être exploités pour maintenir les taux  de nitrates et de phosphates acceptables.</p>
<p class="align-j">De la même manière,  les filtre à algues (<em>Algae  Turf Scrubber </em>: ATS et ses dérivés) sont en mesure d&rsquo;éliminer une partie des nitrates et phosphates, s&rsquo;ils  sont bien gérés.</p>
<h4>2.5.4. Écumage</h4>
<figure class="figfloat">
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/11.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/ecumeur.gif"></a><figcaption class="figlegende">
  Un principe d&rsquo;arrêt automatique de l&rsquo;écumage sans stopper l&rsquo;aération.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;écumeur est un élément pratiquement incontournable, il est  en mesure d&rsquo;éliminer un certain nombre de molécules. Suffisamment réactif, il  permet de traiter rapidement une pollution soudaine, notamment quand on  souhaite nourrir les suspensivores en quantité. Il doit être dimensionné comme  il se doit dans tout système récifal, en relation avec les autres types de  traitements et la faune détritivore présente. </p>
<p class="align-j">On lit souvent que l&rsquo;écumage doit être plus performant avec des  systèmes hébergeant des organismes NPS nourris abondamment. Cette idée résulte  d&rsquo;une habitude consistant à nourrir beaucoup, de temps en temps, pour atteindre  les polypes des invertébrés. L&rsquo;amélioration des nourritures, des techniques et  l&rsquo;automatisation permettent de nourrir tout autant mais de manière très  régulière sans polluer plus qu&rsquo;un aquarium hébergeant des coraux zooxanthellés.</p>
<p class="align-j">Un écumeur peut-il être trop performant&nbsp;? Sa capacité à  oxygéner l&rsquo;eau est un atout indéniable. L&rsquo;écumage, en mesure d&rsquo;extraire des substances colloïdales mais aussi certaines particules nutritives en suspension dans l&rsquo;eau, devrait pourtant cesser  durant les périodes de nourrissage des organismes NPS. Plutôt que d&rsquo;arrêter la  pompe de l&rsquo;écumeur, on peut la laisser produire normalement le mélange air/eau.  Il suffit alors d&rsquo;augmenter le débit de sortie, et ainsi de baisser le niveau  dans la chambre de réaction. Ceci peut s&rsquo;obtenir en augmentant, automatiquement  ou non, la section de sortie, éventuellement en ouvrant une vanne. De cette  manière l&rsquo;eau aérée continue à circuler.</p>
<h4>2.5.5. Changements d&rsquo;eau </h4>
<p class="align-j">Selon la charge de nourriture dont les effets sont mesurés  par les tests nitrates et phosphates, les changements pourront, dans les cas  extrêmes, être importants et atteindre 50&nbsp;% hebdomadaire. Des distributions de  nourritures adaptées, régulières et mieux distribuées au fil de la journée  permettent cependant d&rsquo;abaisser les niveaux de pollution. Ainsi, normalement un  aquarium d&rsquo;Octocoralliaire ne nécessite pas plus de précautions qu&rsquo;un autre de  Scléractiniaires. Les changements d&rsquo;eau restent un moyen d&rsquo;apporter des oligoéléments,  dans la mesure où ils ne sont pas fournis par ailleurs.<br />
    La concentration d&rsquo;oligoéléments résultant de ces apports  reste une inconnue, du fait de la méconnaissance de la nature et de la concentration  des produits incorporés, ou simplement par ce que l&rsquo;on ne mesure pas la  consommation réelle des habitants. Un reset de l&rsquo;eau, par exemple annuel, est donc  toujours souhaitable avec une eau dont la composition se rapproche le plus de  l&rsquo;eau de mer naturelle.</p>
<h4>2.5.6. UV et ozone</h4>
<p class="align-j">Les traitements par UV ou ozone  contribuent à  l&rsquo;extraction des déchets non éliminés par l&rsquo;écumeur. Ces dispositifs permettent  de conserver une eau limpide et d&rsquo;éliminer les toxines présentes dans l&rsquo;eau. </p>
<p class="align-j">La lampe à UV doit être adaptée (ex&nbsp;: 39&nbsp;Watt pour  un aquarium de 500&nbsp;litres). On conseille d&rsquo;installer le stérilisateur UV  dans la cuve technique, en amont de l&rsquo;écumeur.</p>
<p class="align-j"> Quelques aquariophiles ont pu noter des effets positifs sur l&rsquo;extension  des polypes d&rsquo;espèces de NPS réputées difficiles comme <em>Dendrophyllia</em> et <em>Dendronephthya</em>, avec des injections d&rsquo;ozone. Quels bénéfices peuvent tirer des espèces non photosynthétiques d&rsquo;une eau plus claire&nbsp;?   Est-ce le résultat d&rsquo;une diminution des agents pathogènes&nbsp;? Nous  disposons de peu d&rsquo;informations et sur une durée trop courte pour juger de son efficacité  à long terme. L&rsquo;ozone serait alors injecté directement dans l&rsquo;écumeur, les  injections étant pilotées par un redox mètre.</p>
<h4>2.5.7. Autres traitements, supplémentations</h4>
<p class="align-j"><u>Supplémentations</u>&nbsp;: les Octocoralliaires ne sont  pas des coraux constructeurs de récifs, mais les réactions de calcification pour  la production des sclérites doivent être entretenues par des apports de  minéraux et d&rsquo;oligoéléments. Les besoins en calcium, magnésium, carbonates etc.  sont moins importants que ceux des coraux hermatypiques, ils pourront être  réalisés par les changements d&rsquo;eau pour les aquariums de petits volumes dédiés  aux octocoralliaires ou par les méthodes de supplémentations usuelles pour les  scléractiniaires (Balling, réacteur à hydroxyde de calcium ou réacteur à  calcaire), la taille des réacteurs étant toutefois plus restreinte.</p>
<p class="align-j"><u>Anti PO4</u>&nbsp;: les réactions de calcification ne  doivent pas être inhibées. Il semble que ces coraux supportent des doses  au-delà de 1 &nbsp;mg/l de PO4. L&rsquo;emploi de traitement antiphosphate n&rsquo;est pas  une nécessité, sauf si l&rsquo;aquarium héberge des espèces plus sensibles. La présence d&rsquo;algues en excès sur les tissus, qu&rsquo;elle résulte d&rsquo;un  éclairement trop important comme on l&rsquo;a vu plus haut ou d&rsquo;un taux de nutriments élevé,  n&rsquo;est pas souhaitable. On peut alors  utiliser, dans un réacteur à  lit fluidisé ou en passif, des produits adsorbant les phosphates à base de fer  ou d&rsquo;aluminium, ou bien des produits floculant les PO4  éliminés par  l&rsquo;écumeur.</p>
<p class="align-j"><u>Oligoéléments</u>&nbsp;: les avis sur la nécessité d&rsquo;ajout d&rsquo;oligoéléments en milieu clos, sont toujours partagés. Il est toutefois admis que certains Octocoralliaires assimilent de l&rsquo;iode ainsi que du fer.    Des auteurs expliquent d&rsquo;ailleurs le dépérissement rapide de certaines espèces (<em>Xenia</em>&#8230;) par des carences en oligoéléments. L&rsquo;iode par exemple, a une action  bénéfique contre les bactéries et semble-t-il contre des protozoaires pathogènes. Pourtant, un aquarium exclusivement composé d&rsquo;Octocoralliaires dont la biomasse n&rsquo;est pas négligeable, est plus exposé à une carence en iode lequel est habituellement introduit via la  nourriture proposée aux poissons. Il peut donc être judicieux d&rsquo;en introduire, mais sans excès étant donnée leur potentielle toxicité en surdose. </p>
<h4>2.5.8. Système DyMiCo</h4>
<p class="align-j"><a href="http://www.ecodeco.eu/products/dymico-water-purification-system.html">DyMiCo</a> (Contrôle dynamique minéral)  est un système  de filtration qui permet, de traiter l&rsquo;eau d&rsquo;un milieu clos, tel qu&rsquo;un aquarium, de manière naturelle, sans filtration mécanique, tout en préservant le plancton et les larves qui s&rsquo;y développent. Utilisé avec succès dans des aquariums publics, ce système automatisé, basé sur des processus biologiques, est tout à fait indiqué pour maintenir les invertébrés planctophages. De rares témoignages, qui mériteraient d&rsquo;être  étayés, tentent de démontrer que ce système aurait permis de maintenir et d&rsquo;assurer la croissance d&rsquo;Octocoralliaires et d&rsquo;autres invertébrés  azooxanthellés jusque-là réputés impossibles à tenir.</p>
<h4>2.5.9. Automatisation</h4>
<p class="align-j">Comme pour tout système de maintenance récifale, certains processus  comme l&rsquo;éclairage, l&rsquo;osmolation, le brassage… seront automatisés. D&rsquo;autres  resteront à l&rsquo;appréciation de l&rsquo;aquariophile.</p>
<p class="align-j">Le nourrissage des espèces azooxanthellées est un paramètre  critique qui mérite toute la rigueur possible. Plus vitale que pour d&rsquo;autres,  et sauf pour les espèces qu&rsquo;il aura choisi de nourrir individuellement, le  soigneur ne peut se baser éternellement sur sa bonne volonté pour assurer les  distributions&nbsp;: elle faillira un jour. Quelle que soit la forme de la  nourriture prévue (vivante, congelée, sèche, liquide…), il est impératif  d&rsquo;assurer, autant que possible, les distributions régulièrement et de préférence  automatiquement. La programmation est bien sûr, paramétrée en fonction des autres fonctions  (allumage et extinction de la lumière, filtrations, changements d&rsquo;eau, écumage…). S&rsquo;agissant  plus particulièrement du nourrissage d&rsquo;espèces azooxanthellées, les dispositifs  tels que les pompes doseuses ou ordinateur doivent être de qualité et fiables  dans la durée.</p>
<h2>3. Nourriture</h2>
<p class="align-j">Ce chapitre concerne tous les Octocoralliaires, mais on l&rsquo;a  bien compris, il est de première importance avec les espèces azooxanthellées. Disposant pour  ces dernières, de peu d&rsquo;informations sur l&rsquo;efficacité de la nourriture et du  nourrissage sur le long terme, les lignes qui suivent sont le reflet de  pratiques, de témoignages, ou même de simples suggestions, de la part d&rsquo;amateurs  ou de professionnels. Elles sont reprises ici afin de ne pas en éliminer  d&rsquo;emblée. Elles doivent être interprétées avec les réserves qui s&rsquo;imposent.</p>
<p class="align-j">À la lecture d&rsquo;<a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/" target="new"><em>Octocoralliaires 2 &#8211; Biologie : nutrition,  reproduction</em></a>, on s&rsquo;aperçoit que ces invertébrés consomment, selon les  espèces, plusieurs types de planctons, des particules vivantes ou inertes de  tailles variées et des matières organiques en solution ou non. La nourriture apporte l&rsquo;énergie nécessaire pour réaliser  tous les métabolismes du corail (croissance, reproduction, protections,  pigmentation…), mais on est loin d&rsquo;avoir déterminé l&rsquo;impact de chaque composant  nutritionnel sur les différentes fonctions biologiques, aussi la nourriture doit  être la plus variée possible, dans le champ de ce que l&rsquo;animal accepte.</p>
<h3>3.1. Nourritures  vivantes</h3>
<p class="align-j"><strong>La raison conduit à proposer aux Octocoralliaires, surtout  aux espèces difficiles  NPS, une nourriture proche de celle du milieu  naturel&nbsp;: bien souvent vivante</strong>. Ils se nourrissent essentiellement de phytoplancton et pour certains, d&rsquo;une part  de zooplancton et/ou  de bactérioplancton dont la proportion, difficile à mesurer, peut varier d&rsquo;une espèce à l&rsquo;autre. La taille des particules doit bien évidemment  être proportionnée avec celle du tube digestif et  correspondre également  à  l&rsquo;espacement des pinnules, afin de déclencher l&rsquo;érection du  polype. La taille visée va du plus petit jusqu&rsquo;à  environ 300&nbsp;µm pour quelques  espèces.</p>
<figure class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Illustration   : Plancton  d&rsquo;eaux marines et saumâtres</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/9.png" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/9.png"></a><br /><figcaption class="figlegende">
  Sources alimentaires d&rsquo;eaux marine et saumâtre réparties selon leur taille face à celle des composants   du plancton marin.</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h4>3.1.1. Phytoplancton</h4>
<p class="align-j">Parmi les nombreuses espèces constituant le phytoplancton  marin, quelques-unes ont été identifiées dans les chambre gastriques des polypes&nbsp;:  des protistes pélagiques autotrophes Dinophyta (Dinoflagellés), des microalgues Bacillariophyta  (diatomées) telles que <em>Chaetoceros</em> et d&rsquo;autres comme&nbsp;<em>Nannochloropsis</em>, <em>Isochrysis</em> et <em>Tetraselmis&nbsp;</em>spp. Quelques  réussites au <em>Long Beach aquarium of the  Pacific</em> ont été observées sur <em>Dendronephthya</em>&nbsp;sp.  avec <em>Chlorella</em> sp., <em>Spirulina</em> sp., <em>Isochrysis</em> sp., et <em>Nanochloropsis</em> sp. Leur taille  est pour l&rsquo;essentiel inférieure à 20&nbsp;µm. </p>
<p class="align-j">Les algues  planctoniques marines contiennent des acides gras polyinsaturés oméga-3 (EPA, DHA et  ARA) et omega-6 essentiels à la santé  des coraux, que ces derniers ne peuvent fabriquer. La composition des différentes algues varie en nature et teneur en acides gras (par exemple <em>Chlorella</em> ne  contient pas d&rsquo;EPA ni DHA), il est donc important de mélanger les espèces. Celles  disponibles sur le marché sont malheureusement peu nombreuses. </p>
<p class="align-j">Les diatomées qui prolifèrent sur les vitres éclairées sont  une source facile, mais leur quantité sera insuffisante, notamment dans des  aquariums peu éclairés hébergeant des espèces non photosynthétiques. On peut se  lancer dans l&rsquo;élevage de <em>Nannochloropsis  oculata</em>, <em>Isochyrsis  galbana</em>, <em>Tetraselmis</em> sp. Les souches peuvent se trouver dans le commerce ou auprès d&rsquo;amateurs  avertis. L&rsquo;article d&rsquo;Olivier Soulat <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/phytoplancton-et-zooplancton-les-indispensable-r38" target="new"><em>Phytoplancton et zooplancton, les indispensables  pour l&rsquo;élevage</em></a> expose en  détail les protocoles d&rsquo;élevage de ces nourritures planctoniques. L&rsquo;élevage personnel présente l&rsquo;avantage  de maitriser le moment de prélèvement, de préférence à la fin de la phase de croissance exponentielle quand il est le plus riche. Il permet également de connaitre exactement les conditions de culture (le  milieu de Conway, équilibré et adapté à la culture de tout type d&rsquo;algue ne présente pas de risque&nbsp;; <em>a contrario</em>, l&rsquo;utilisation d&rsquo;engrais   induit l&rsquo;introduction, dans l&rsquo;aquarium, d&rsquo;éléments non désirables tels que nitrites, phosphate, métaux lourds&#8230;). </p>
<p class="align-j">L&rsquo;élevage présente quelques contraintes de disponibilité,  d&rsquo;espace et de contaminations. On peut alors acheter du plancton, vivant  (tableau&nbsp;2). Le fournisseur communique rarement les informations précieuses ci-dessus, ce qui le rend moins attrayant, mais il présente  l&rsquo;avantage de disposer de plus d&rsquo;espèces, immédiatement  disponibles au moment voulu. Le phytoplancton vivant se conserve quelques semaines au  réfrigérateur.</p>
<h4>3.1.2. Zooplancton</h4>
<p class="align-j">La taille visée n&rsquo;excédera pas 200 à 300&nbsp;µm, cette taille maximale ne pourra  être acceptée que par les espèces à gros polypes. Le plus simple consiste à héberger dans le système une faune  de nature à fournir des larves acceptables&nbsp;:</p>
<ul>
<li>L&rsquo;idée vient naturellement de laisser proliférer  (dans un décor protégé à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;aquarium ou dans un refuge à l&rsquo;abri  de prédateurs) une microfaune (Amphipodes…), mais ses larves seront  majoritairement benthiques, elles ne présentent pas d&rsquo;intérêt véritable pour des  organismes filtreurs. Les larves de copépodes pélagiques tels que celles de  l&rsquo;ordre des Calanoïdes dans leur dernier stade de développement (le stade  «&nbsp;copépodite&nbsp;» qui suit le stade «&nbsp;nauplius&nbsp;»), sont plus  appropriées. </li>
<li>Les crevettes (<em>Lysmata amboinensis</em>, <em>L.  debellius</em>…) libèrent régulièrement des œufs dont les larves (zoé) pourront, à  condition qu&rsquo;elles soient en nombre suffisant, améliorer l&rsquo;ordinaire de  certaines espèces partiellement zoo planctophages. </li>
<li>Certains invertébrés marins, comme les mollusques  bivalves (palourdes, huîtres, pétoncles, moules…), essaiment des œufs dont les  premières formes larvaires (larves trochophores) sont libres, très nutritives  et mesurent en moyenne 50 µm. Le nombre de trochophores produit lors d&rsquo;une  ponte d&rsquo;huitre de culture est très important, de l&rsquo;ordre de quatre  milliard&nbsp;! Cette ponte est relativement facile à déclencher avec un léger  choc thermique ou chimique. De très rares commerçants proposent des jeunes  larves trochophores d&rsquo;huîtres et de palourdes cryogénisées (Trochofeed de Cryofeeds  Ltd., Canada). Ceci permet de disposer à tout moment de larves ciliées vivantes,  âgées d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;heures, encore pélagiques et sans coquille. À l&rsquo;instar  des rotifères, la nage des trochophores est lente et saccadée donc tout à fait  compatible avec la mauvaise prédation de nos suspensivores. </li>
</ul>
<p class="align-j">Ces invertébrés ont toute leur place dans un aquarium d&rsquo;animaux  filtreurs. Mais qui souhaite baser totalement la nutrition sur ces espèces,  devra envisager de les élever avec nécessité, pour les nourrir, de monter un élevage  de phytoplancton en amont.</p>
<p class="align-j">On peut envisager l&rsquo;élevage de rotifères (<em>Brachionus plicatilis</em> …) dont la taille moyenne se situe autour de 200&nbsp;µm ou celui de copépodes Calanoïdes (<em>Acartia</em> sp.) dont la taille, aux stades nauplii et  copépodites, s&rsquo;échelonne de 70 à environ 200&nbsp;µm. Toutefois ces organismes, particulièrement les rotifères, nécessitent d&rsquo;être  enrichis, notamment en acide gras, soit par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;un mélange de  phytoplancton soit par de la nourriture spécifique (huile de poisson&#8230;). Quelques enseignes  commercialisent des souches de copépodes (tableau&nbsp;2). L&rsquo;article d&rsquo;Olivier  Soulat, cité ci-dessus, définit le protocole de leur élevage. On trouvera sur  le net de nombreux protocoles d&rsquo;élevages de crevettes ainsi que des descriptifs  détaillés et éprouvés de production de bivalves, pour l&rsquo;aquaculture.</p>
<h4>3.1.3. Bactérioplancton</h4>
<p class="align-j">Les algues marines sécrètent un mucus (mucilage) issu de  l&rsquo;action bactérienne avec des matières organiques dissoutes. Ce biofilm  superficiel, riche en éléments organiques, dont des bactéries, constitue une source  alimentaire pour les coraux. Dès lors, il est tentant d&rsquo;exploiter leurs  propriétés nutritives (en même temps, que leur capacité à absorber nitrates et  phosphates). Certains aquariophiles équipent donc leur installation de filtre à algue (<em>Algae Turf Scrubber </em>ou ATS et  ses dérivés) et procèdent à une sorte  d&rsquo;essorage en vue d&rsquo;en extraire les biofilms.<br />
    Dans le même esprit,  quelques récifalistes ont eu l&rsquo;idée de faire circuler l&rsquo;eau sur des éponges  qu&rsquo;ils pressent quotidiennement dans l&rsquo;eau afin de laisser s&rsquo;échapper la flore  bactérienne qui a pu s&rsquo;y développer en surface. Un réacteur à bactérie (avec  charbon, zéolithe…) peut obtenir le même effet avec la possibilité  d&rsquo;automatiser l&rsquo;opération, comme on va le voir plus loin.</p>
<table class="tableau"  style="max-width: 700px">
<caption class="tableau-titre">
    Tableau 2 : Nourritures vivantes<br />
    </caption>
<tr>
<th width="15%" valign="top">Nourritures</th>
<th valign="top">Références</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Phytoplancton</td>
<td valign="top">PlanktoMarine Live (Grotech)&nbsp;; (JBS Marines)&nbsp;; Shellfish Diet 1800 (Reed Mariculture    inc.)&nbsp;: concentré à 8&nbsp;% d&rsquo;<em>Isochrysis</em>, <em>Pavlova, Tetraselmis</em> et <em>Thalassiosira pseudonana.</em></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Zooplancton</td>
<td valign="top"><u>Copépodes</u>&nbsp;:    (Europrix)&nbsp;; (<a href="http://s282243007.e-shop.info/shop/category_41/A7---Live-foods-copepods%2Cphyto%2Crotifers.html?sessid=ndVlylkm6ao1vSj639yke4HK5wFPuC4xHDAAujevb3uU1KbBvYfVvWOS1zZZZbZD&amp;shop_param=cid%3D%26">JBS    Marines</a>)&nbsp;; Tigger-Pods (Reef nutrition)<br />
        <u>Rotifères</u>&nbsp;:(Europrix)&nbsp;; (<a href="http://s282243007.e-shop.info/shop/category_41/A7---Live-foods-copepods%2Cphyto%2Crotifers.html?sessid=ndVlylkm6ao1vSj639yke4HK5wFPuC4xHDAAujevb3uU1KbBvYfVvWOS1zZZZbZD&amp;shop_param=cid%3D%26">JBS    Marines</a>)</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Bactéries</td>
<td valign="top">Bactoreef    (Daphbio)&nbsp;; Zeoback (Koralen-zucht)&nbsp;; Ultra Bio (Fauna marin)…</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h3>3.2. Nourritures  de substitution</h3>
<p class="align-j">Dans l&rsquo;impossibilité de conduire des élevages de phyto ou  zooplancton (micro-détritivores, crevettes…) ou d&rsquo;acquérir des bivalves  tropicaux, on peut se rabattre sur des nourritures de substitution proposées en  magasins. Il s&rsquo;agit de nourritures présentées sous formes liquides, congelées  ou lyophilisées. Le plancton mort contient une portion de particules  décomposées et n&rsquo;offre malheureusement pas tous les bénéfices du plancton  vivant, aussi le marché propose quelques compléments alimentaires de nature à  compenser ses lacunes.</p>
<h4>3.2.1. Compléments alimentaires</h4>
<p class="align-j">On trouve dans le commerce quelques compositions complexes  (tableau 3), difficile à classer, destinées aux invertébrés filtreurs  et dont les effets sur le nourrissage sont parfois notables. Il s&rsquo;agit de matières  organiques dissoutes ou micro particulaires, présentés en principe sous forme  liquide&nbsp;(acides aminés (AA), acides gras hautement insaturés (HUFA),  vitamines, oligoéléments), de gels hébergeant une faune bactérienne, parfois associée  à du plancton ou de produits fermentés….Ces  ingrédients ont des fonctions plus ou moins clairement définies et parfois  complémentaires&nbsp;:  énergétiques, appétants stimulant le gonflement  des polypes et le déploiement des tentacules, croissance,  coloration&#8230; complétés d&rsquo;autres composants aux fonctions tenues secrètes. </p>
<p class="align-j">Les produits appétants (AA…) sont à distribuer environ une  demi-heure avant la nourriture. Le dosage doit être préalablement défini en  fonction de la population et du système en place, si l&rsquo;on ne souhaite pas une  dérive de la pollution. </p>
<table class="tableau"  style="max-width: 700px">
<caption class="tableau-titre">
    Tableau 3 : Compléments alimentaires<br />
    </caption>
<tr>
<th width="15%" valign="top">Type</th>
<th width="" valign="top">Références</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Complexes enrichissants</td>
<td valign="top"><em>Ultraback</em>&nbsp;: AA,    vitamines, Ultramin&nbsp;: AA, vitamines, UltraMin S&nbsp;: AA, vitamines, oligoéléments, <em>Ultramin D</em>&nbsp;: AA, <em>Ultra Food Energizer</em>&nbsp;: huiles, vitamines, extraits    d&rsquo;algues, AA, ail…&nbsp; de Fauna marin&nbsp;; <em>Aminos</em> de <em>Purety</em>&nbsp;; <em>KZ Amino    Acid</em> et Pohl&rsquo;s Coral    Vitalizerde <em>Korallen-zucht</em>&nbsp;; <em>Selco boots</em> d&rsquo;<em>Aqua-Tech Co</em>&nbsp;: complexe    d&rsquo; AA, W&nbsp;3,    AG, vitamines&nbsp;; <em>Fuel</em> d&rsquo;<em>Aquavitro</em>&nbsp;: glucides, vitamines, AA, AG,    oligo-éléments&nbsp;; Microplan de <em>Preis</em>&nbsp;; <em>AlgaMac-Enhance</em> d&rsquo;<em>Aquafauna    Bio-Marine</em>&nbsp;: algues <em>Schizochytrium,    Haematococcu</em> et additifs (enrichissement zooplancton)…</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Neige marine</td>
<td valign="top"><em>Marine snow</em> de TwoLittleFishies&nbsp;:    particules de 20 à 150&nbsp;µm amalgamées en flocons colloidaux&nbsp;; <em>Pro-Coral reef    Snow</em> de <em>Tropic Marin</em>&nbsp;; <em>Ultrapac</em> de <em>Fauna Marin</em>&nbsp;: gel polymère liant les    nourritures&nbsp;; <em>CoralSnow</em> de <em>Korallen-zucht</em>…</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Préparations    micro-particulaires</td>
<td valign="top">Mixture très fine    d&rsquo;huitres, moules, coques et gambas fraiches, en nombre égal et avec leur eau    et congelé de type «&nbsp;Papone&nbsp;». (<em>Attention&nbsp;:    la mixture Papone est parfois fermentée plusieurs heures à la chaleur&nbsp;; une    fermentation mal conduite peut engendrer l&rsquo;</em><em>apparition de bactéries pathogènes</em>). </td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Préparations liquides</td>
<td valign="top">Expansion des    polypes&nbsp;: jus de calamar&nbsp;; jus de bivalves. </td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h4>3.2.2. Nourritures </h4>
<p class="align-j">Plusieurs critères conduisent à sélectionner les  nourritures&nbsp;:</p>
<h5>3.2.2.1. État de la nourriture</h5>
<ul>
<li><u>Congelé ou  surgelé&nbsp;</u>: les  nourritures conservent leurs propriétés originelles plusieurs mois en  congélateur. </li>
<li><u>Frais&nbsp;</u>: les produits se rapprochent  de leur qualité d&rsquo;origine, à condition que la chaine du froid soit respectée en  amont et qu&rsquo;ils soient conservés au réfrigérateur. La durée de conservation  est en général limitée à un mois. </li>
<li><u>Lyophilisé&nbsp;</u>: les nourritures sèches  conservent une partie de leurs propriétés. Elles peuvent être stockées au-delà  d&rsquo;un an et sont donc plus facilement disponibles. Selon la taille des  particules, elles devront être broyées et systématiquement imbibées d&rsquo;eau salée  ou imprégnées de  compléments liquides avant distribution.</li>
</ul>
<h5>3.2.2.2. Flottabilité</h5>
<figure class="figfloat" >
  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/21a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/21a.jpg"></a> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/21b.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/21b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
  Test de flottabilité de nourritures planctoniques reposées 0&nbsp;mn (à gauche) et 30&nbsp;mn (à droite). Les produits 1, 2 et 4 sont relativement sédimentés tandis que le produit 3 contient des particules  flottantes.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La nourriture doit se présenter plusieurs fois dans  l&rsquo;environnement d&rsquo;un animal filtreur avant d&rsquo;être captée. Les particules de  nourriture doivent donc rester le plus longtemps possible en suspension dans l&rsquo;eau. Les  produits proposés sont de ce point de vue, très variables. Il en est qui  tombent très vite sur le fond, d&rsquo;autres qui remontent rapidement vers la  surface et enfin d&rsquo;autres dont la majeure partie reste en sustentation plusieurs dizaines de  minutes. Pour ce, on évitera les formules imprégnées d&rsquo;huile  comme certaines préparations lyophilisées d&rsquo;œufs de cyclops  qui ont une fâcheuse  tendance à flotter en surface ainsi que celles, trop denses, qui se dirigent  trop vite vers le fond.</p>
<h5>3.2.2.3. Pouvoir nutritionnel et taille</h5>
<p class="align-j">Ce sont bien là les paramètres essentiels qui ne valent  pourtant rien si le produit est défectueux ou s&rsquo;il n&rsquo;arrive pas jusqu&rsquo;au  polype. Afin de bénéficier au plus grand nombre d&rsquo;invertébrés filtreurs, la  taille des nourritures doit s&rsquo;approcher de celles à l&rsquo;état sauvage. L&rsquo;offre  reste encore pauvre et ne couvre pas la plage disponible sur le récif mais les  recherches <em>in situ</em> relayées par  quelques fabricants laissent entrevoir que, d&rsquo;ici quelques années, nous  pourrons disposer de produits plus variés en qualité et taille, avec l&rsquo;espoir  de maintenir des espèces aujourd&rsquo;hui réputées impossibles. Les informations sont  encore timides, ce qui ne facilite pas la tâche des amateurs. On  privilégiera les fabricants les plus transparents, ceux qui, sans rentrer dans  le détail de leurs secrets, définissent avec le plus d&rsquo;exactitudes leur  produit&nbsp;: le contenu énergétique, la taille des particules et la nature des  composants. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;ainsi que nous pourrons progresser dans la maitrise de  l&rsquo;alimentation des espèces exigeantes.</p>
<h4>3.2.3. Produits</h4>
<p class="align-j">Les bacs d&rsquo;Octocoralliaires contiennent en général des  espèces aux besoins différents, sans compter les autres types d&rsquo;invertébrés  filtreurs qui cohabitent avec eux. Les préparations doivent répondre aux  besoins de chaque espèce aussi, il faut parfois  se renseigner sur celles  qui sont appropriées. Quelques sociétés s&rsquo;intéressent de près aux invertébrés  filtreurs et proposent une gamme ciblée (<em>Fauna  marin</em>, <em>Reef nutrition</em>..).  Cependant, les notices manquent encore de clarté que ce soit dans la  composition, les tailles de particules ou les objectifs visés. Le marché  propose une quantité importante de références. Le tableau&nbsp;4 qui suit, non  exhaustif, propose quelques nourritures destinées aux filtreurs, parmi les  moins obscures, disponibles sur le marché. Les fiches techniques n&rsquo;étant pas  toujours très compréhensibles nous invitons les fabricants à signaler les  éventuelles erreurs.</p>
<table class="tableau"  style="max-width: 700px">
<caption class="tableau-titre">
    Tableau 4 : Nourritures congelées, fraiches ou sèches pour invertébrés filtreurs (liste non exhaustive)<br />
    </caption>
<tr>
<th width="15%" valign="top">Nourritures</th>
<th valign="top">Références</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Phyto plancton</td>
<td valign="top"><u>Liquide</u>&nbsp;: <br />
        <em>Phyto Feast</em> de <em>Reef Nutrition</em>&nbsp;: <em>Isochrysis, Tetraselmis,    Pavlova, Nannochloropsis, Thalassiosira, Synechococcus</em> et    vitamines&nbsp;;<br />
        <u>Lyophilisé</u>&nbsp;:<br />
        <em>Ultra Clam</em> de <em>Fauna Marin</em>&nbsp;; <em>Planctomarine P</em> de <em>Grotech</em>&nbsp;; <em>Reef phytoplancton</em> de <em>Seachem</em>…</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Zooplancton</td>
<td valign="top"><em>Pro coral zooton</em> de <em>Tropic marin</em>&nbsp;: mix. zooplancton,    spiruline levure&nbsp;; <em>ZooPlan</em> d&rsquo;<em>Aquarium Systems</em>&nbsp;; <em>Reef zooplancton</em> de <em>Seachem</em>, <em>Ultra Seafan</em> de <em>Fauna Marin</em>,    particules protéinées&nbsp;; <em>Ultramin F</em> de <em>Fauna Marin</em>&nbsp;; <em>Coral Vitalizer</em> de <em>Preis</em>&nbsp;; <em>Reef Roids</em> de <em>Poly Lab</em>&nbsp;:    planctons marins 150-200µm, enrichis&nbsp;;<br />
        Rotifères&nbsp;: <em>Roti Feast</em> de <em>Reef Nutrition</em><br />
        Œufs de bivalves&nbsp;: oeufs de crevettes stade mysis&nbsp;;<br />
        Œuf d&rsquo;huitre&nbsp;: <em>Oyster-Feast</em> de <em>Reef Nutrition</em><br />
        Cyclops&nbsp;: <em>Cyclop-eeze</em> de <em>Laboratoire Argent</em>.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Microparticules variées</td>
<td valign="top"><em>Reef Pearls</em> de <em>Reef Interests&nbsp;</em>: ingrédients encapsulés    à tailles calibrées&nbsp;: 5 à 200&nbsp;;;5 à 100&nbsp;; 100 à 300 et 300 à 800 µm&nbsp;; <em>Nutri Marine Instant</em> de <em>Grotech</em>&nbsp;:    Poissons, huiles, graisses, céréales, levures&nbsp;; <em>Coral V powder</em> de <em>Preis</em>&nbsp;:    AA, acides gras Oméga-3, Cyclop-Eeze minéraux, oligo-éléments. <br />
        Particules de bivalves type Papone, micro-broyées&nbsp;; <br />
        Nourritures pour alevins micro-broyées.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Agents liants, biopolymères</td>
<td valign="top"><em>Reef snow</em> de <em>Tropic Marin</em>, <em>Ultra Pac</em> de <em>Fauna Marin</em>, <em>Reef Snow</em> de <em>Brightwell Aquatics</em>.</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp; </p>
<h4>3.2.4. Préparations de nourritures de substitution</h4>
<p class="align-j">On trouve de nombreuses recettes personnelles, certaines  sensées d&rsquo;autres plus excentriques mélangeant des produits similaires, des  tailles inadaptées sans omettre d&rsquo;y rajouter des compositions commerciales  totalement occultes. De nombreux récifalistes partent du principe que  &quot;plus il y en, mieux c&rsquo;est&quot; et &quot;ce qui n&rsquo;est pas capturé par  les uns sera mangé par les autres&quot;. Ces approches fatalistes peuvent  réussir mais laissent peu de place à la réflexion nécessaire pour améliorer la  maitrise de notre maintenance. Ne devrions-nous pas définir le but avant les  moyens pour mieux tenter d&rsquo;en suivre l&rsquo;efficacité&nbsp;?</p>
<p class="align-j">L&rsquo;idée qui prédomine aujourd&rsquo;hui pour  les espèces les plus exigeantes est de fournir&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Un produit appétant avant distribution&nbsp;;</li>
<li>La nourriture planctonique, variée, fraiche ou  sèche, de taille adaptée à chaque type de corail. Le rapport phyto/zoo varie de  100/0 à 50/50 selon les espèces.</li>
<li>Des compléments alimentaires destinés à  compenser les carences des nourritures de substitution.<br />
      &#8211; la nourriture   fraîche est distribuées à part.<br />
      &#8211; la nourriture sèche est préalablement imprégnée  de  complément liquide suivant le protocole décrit plus loin, avant d&rsquo;être diluée  dans de l&rsquo;eau salée puis distribuée.</li>
<li>Éventuellement des apports bactériens, selon les  espèces.</li>
<li>Éventuellement un liant biopolymère (qui peut être à base d&rsquo;extraits d&rsquo;algues), permettant d&rsquo;amalgamer les planctons et compléments alimentaires, en  particules flottantes dont la taille peut être ajustée selon le besoin des animaux.</li>
</ul>
<p class="align-j">La  présentation des produits dans les tableaux ci-dessus,  permettra d&rsquo;orienter  ses propres choix. Une meilleure définition des spécialités commercialisées devrait  aussi permettr,e dans l&rsquo;avenir, d&rsquo;éviter les composants redondants. Soulignons la  démarche exposée par Fauna Marin dans son guide <em>Bedienungsanleitung zum Sea Fan und Dendro System</em> (traduction française, sans engagement&nbsp;: <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/SeaFanManual-fr.pdf" target="new"><em>Manuel Sea  Fan System et Dendro System</em></a>). Ce dernier suggère quelques  recettes simples en fonction des types de filtreurs.</p>
<h2>4. Nourrissage</h2>
<h3>4.1. Nourriture</h3>
<p class="align-j">La taille du phytoplancton utilisé varie de 1 à 20&nbsp;µm  mais, difficile à mesurer avec exactitude, elle souffre d&rsquo;incertitudes qui  peuvent engendrer des écarts&nbsp;: une faible augmentation de diamètre de 10&nbsp;%  peut  induit une forte augmentation de biomasse  de plus de 30&nbsp;%. Le besoin  énergétique du corail étant lié à la biomasse de nourriture, certains  fournisseurs de phytoplancton indiquent, à juste raison, son extrait sec en % de  la masse. Les petites quantités employées sont plus difficile à peser avec  précision. Le récifaliste soucieux de suivre la valeur énergétique de sa  préparation, devra donc établir une corrélation avec le volume de poudre non  tassé (masse volumique apparente). La mesure sera plus facile avec des cuillères  doseuses, exprimées en millilitres, la poudre étant arasée sur leur bord  supérieur.</p>
<p class="align-j">Le tableau suivant présente à titre indicatif deux recettes  de base, inspirées de l&rsquo;expérience d&rsquo;amateurs sur le net. Il faut le reconnaitre,  le manque de recul nous impose la prudence et il faudra surement les  reconsidérer ou les affiner avec nos connaissances. La nature et la taille du  plancton étant variées, il peut être nécessaire de les adapter aux espèces  hébergées en fonction de leurs besoins spécifiques.</p>
<table class="tableau"  style="max-width: 700px">
<caption class="tableau-titre">
    Tableau 5 : Exemple de recette de base à  partir de nourritures de substitution<br />
    </caption>
<tr>
<th width="25%" valign="top">Élément</th>
<th valign="top">Octocoralliaires zoox.    Gorgones azoox. à gros polypes</th>
<th valign="top">Octocoralliaires    azoox.à petits polypes (<em>Dendronephthya</em>…)</th>
<th valign="top">Dosages</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Phytoplancton sec <br />
        (espèces    variées)</td>
<td align="center" valign="top">50 à 75&nbsp;%</td>
<td align="center" valign="top">100%</td>
<td rowspan="2" valign="top">5&nbsp;ml / 500&nbsp;l /    jour</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Zooplancton sec &lt;    200&nbsp;µm <br />
        (rotifères et autres)</td>
<td align="center" valign="top">25 à 50&nbsp;%</td>
<td align="center" valign="top">&#8211;</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Compléments énergétiques <br />
        (AA,    vitamines…)</td>
<td align="center" valign="top">Possible</td>
<td align="center" valign="top">oui</td>
<td valign="top">3 à 5&nbsp;ml / 1000&nbsp;l    / jour</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Bactéries</td>
<td align="center" valign="top">&#8211;</td>
<td align="center" valign="top">oui</td>
<td valign="top">0.1&nbsp;ml (2 gouttes) / 100&nbsp;l<br />
        2 fois par semaine.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Biopolymère</td>
<td align="center" valign="top">Possible</td>
<td align="center" valign="top">Efficacité à confirmer</td>
<td valign="top">Selon préconisation et taille finale souhaitée (voir ci-dessous)</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Le <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/SeaFanManual-fr.pdf" target="new"><em>Manuel Sea Fan System et Dendro System</em></a> de  Fauna Marin donne également quelques informations complémentaires utiles sur le  nourrissage des azooxanthellés. </p>
<h3>4.2. Préparation  des recettes de plancton</h3>
<p class="align-j">Un intérêt des microplanctons  réside dans la finesse de leur particules que l&rsquo;on doit préserver jusqu&rsquo;à  l&rsquo;assimilation par l&rsquo;animal. Ceci ne pose pas de problème quand il s&rsquo;agit de  plancton acquis sous forme liquide, il en va autrement lorsqu&rsquo;on manipule du  plancton en blocs congelés ou lyophilisé. Les cubes congelés se dissolvent en  conservant des agglomérats&nbsp;; répandu sous forme de poudre sèche, il flotte  en surface. </p>
<p class="align-j">Pour assurer une bonne dispersion et s&rsquo;approcher d&rsquo;une flottabilité  nulle, on pourra préparer le plancton sec :</p>
<p class="align-j">Suivant la méthode&nbsp;préconisée par <em>Fauna marin</em> :</p>
<ul>
<li>Doser et mélanger  les planctons secs dans le ratio souhaité.</li>
<li>Imprégner le  plancton de liquide pour obtenir un miel visqueux et homogène. Plutôt que  d&rsquo;utiliser de l&rsquo;eau de mer, il est préférable d&rsquo;utiliser les compléments  liquides prévus (acides aminés… et éventuellement des gouttes de bactéries) qui  seront ainsi mieux assimilés par le polype.</li>
<li>Une fois  la consistance obtenue, rajouter un film de liquide superficiel d&rsquo;épaisseur 1 à  2&nbsp;mm. </li>
<li>Laisser  reposer quelques heures au réfrigérateur, le film superficiel est absorbé et la  mixture gonfle.</li>
<li>Remuer  pour homogénéiser. </li>
<li>Délayer, progressivement  au début, avec de l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium (pas d&rsquo;eau douce), jusqu&rsquo;à rendre le  mélange fluide, à la concentration souhaité. À ce stade, on peut mouler quelques cubes de glaçons pré-dosés  conservés plusieurs mois au congélateur.</li>
<li>Avant  utilisation, diluer le mélange ou les cubes congelés dans la quantité d&rsquo;eau à  distribuer dans l&rsquo;aquarium, pour une période et un volume donnés.</li>
</ul>
<p class="align-j">Ou celle  proposée par <em>Tropic marin</em>: </p>
<ul>
<li>Préparer un liquide gélatineux  à base de biopolymère <em>Coral snow</em> dilué dans de l&rsquo;eau osmosée à raison de 1 à 2 doses dans 100&nbsp;ml. La concentration détermine la taille des agrégats finaux. Laisser reposer deux heures. Le liquide peut être conservé 15 jours à température ambiante.</li>
<li>Incorporer les planctons  lyophilisés et autrs additifs pré-dosés et laissre  gonfler  une trentaine de minutes.</li>
<li>Distribuer la neige de nourriture ainsi formée au rythme souhaité.</li>
</ul>
<p class="align-j">Les préparations se  conservent un à deux jours à température ambiante selon la saison, une semaine au  réfrigérateur et plusieurs mois au congélateur.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Préparation d&rsquo;une recette à base de planctons lyophilisés (méthode Fauna marin). Destinée à des tests,  quantités et références  ne sont qu’indicatives.</figcaption><figure class="figcolonne"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2a.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 1&nbsp;: Dosage (10 cuillères de 1 ml rases) de planctons lyophilisés&nbsp;(ex : Ultra Seafan et Ultramin F).</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2b.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2b.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 2&nbsp;: Imprégnation d&rsquo;additif liquide (ex : Ultramin D) en bouillie (80&nbsp;gtes). Rajouter un lit de 2mm de liquide (8&nbsp;gouttes) recouvrant la bouillie.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2c.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2c.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 3&nbsp;: Absorption et gonflement de la bouillie après une nuit au réfrigérateur.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2d.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2d.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 4&nbsp;: Le mélange est dilué dans une quantité d&rsquo;eau salée pour la répartir en quantités régulières (10 doses)&nbsp;.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2e.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2e.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 5&nbsp;: Les glaçons contiennent un extrait sec connu (1&nbsp;ml  par glaçon). Noter la séparation des planctons selon leur flottabilité.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2f.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/2f.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> 6&nbsp;: Les glaçons nécessaires sont dilués  dans la quantité d&rsquo;eau à distribuer durant la période d&rsquo;alimentation.</figcaption></figure><figcaption class="grille-legende">Mesures destinée à des tests, les quantités et références ne sont qu’indicatives.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></div>
<h3>4.3. Concentration  de la nourriture distribuée</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/14.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Installation de Linda Höfer destinée à étudier <em>Anthogorgia</em>&nbsp;sp. Approche  indispensable pour aborder certaines espèces très sensibles. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.gorgonien-lexikon.com/anthogorgia-sp-ein-bericht-von-linda-winkelhoefer.html" target="new">Harald&rsquo;s gorgonienlexikon</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">On imagine facilement que la concentration en nourriture  influe sur l&rsquo;alimentation d&rsquo;un animal. C&rsquo;est vrai pour les coraux, c&rsquo;est  particulièrement vrai pour les coraux azooxanthellés dont les sources d&rsquo;énergie  sont plus limitées, et c&rsquo;est encore plus vrai pour les animaux sessiles qui ne  peuvent se déplacer vers les sources nutritionnelles.<br />
      Les concentrations élevées de particules alimentaires dans  la colonne d&rsquo;eau (MOP, proies…) améliorent les chances de rencontre entre  l&rsquo;aliment et le moyen de capture de l&rsquo;animal (polype, mucus…), et donc  favorisent l&rsquo;alimentation. Il existe pourtant une relation entre le taux alimentation  de l&rsquo;animal et la densité des particules alimentaires. Elle est linéaire jusqu&rsquo;à  un certain niveau&nbsp;: au-delà d&rsquo;un seuil de concentration, les organes de  capture ne peuvent plus capturer, ingérer et digérer. Cette situation se  traduit de manière temporaire par le rejet de particules alimentaires, la  fermeture de polypes ou le dégonflement des tissus. La quantité de nourriture à  délivrer dépend donc du volume d&rsquo;eau. La densité de particules doit, de plus,  être maintenue au fur et à mesure de la consommation par les filtreurs  hébergés. Ce renouvellement n&rsquo;est pas négligeable en présence d&rsquo;autres  suspensivores microphages tels que les bivalves, tuniciers et éponges ou les  vers polychètes qui occupent le fond si on a choisi l&rsquo;option d&rsquo;un fond sableux.</p>
<table class="tableau" style="max-width:280px;  width:100%; float:left; margin:5px">
<caption class="tableau-titre">
      Tableau 6 : Densité  du plancton cel./ml<br />
      </caption>
<tr>
<th>Type plancton</th>
<th>Dens.</th>
</tr>
<tr>
<td>Virioplancton ≈&nbsp;0.1&nbsp;µm</td>
<td align="center">108</td>
</tr>
<tr>
<td>Bactérioplancton ≈&nbsp;1&nbsp;µm</td>
<td align="center">106</td>
</tr>
<tr>
<td>Pico-nanophytoplancton 0.5-20&nbsp;µm</td>
<td align="center">104</td>
</tr>
<tr>
<td>Nanozooplancton 2-20&nbsp;µm</td>
<td align="center">103</td>
</tr>
<tr>
<td>Microphytoplancton 20-200&nbsp;µm</td>
<td align="center">103</td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">Il est difficile de chiffrer la concentration idéale, elle  dépend à la fois du spécimen et de la nature de la nourriture. On peut tenter  de reproduire la densité de cellules du milieu marin, si toutefois on connait  la concentration des cellules du plancton acheté, ce qui est souvent le cas du  plancton vivant. Le tableau 6  donne, à titre indicatif, quelques  indications sur la répartition des différents planctons en milieu naturel selon leur densité moyenne exprimée en cellules par millilitre. Le  bactérioplancton cité ici agit en interaction avec le phytoplancton&nbsp;: il  se nourrit des matières organiques libérées par le phytoplancton, formant un  ensemble nourricier accessible aux polypes. <br />
      Tim Wijgerde suggère de distribuer  selon l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des méthodes suivantes&nbsp;: plusieurs fois, une préparation concentrée  à raison de 10 à 10<sup>3</sup> particules par litre d&rsquo;eau et d&rsquo;ajuster selon  les observations ou bien de maintenir dans l&rsquo;aquarium une concentration «&nbsp;naturelle&nbsp;»  de 10<sup>8</sup> à 10<sup>9</sup> cellules de phyto et bactérioplancton et 1 à  10 particules de zooplancton par litre d&rsquo;eau.</p>
<p class="align-j">On peut considérer que l&rsquo;objectif de densité de particules est  atteint lorsque les polypes se déploient pour la capter durant plusieurs  heures. Ce résultat doit souvent être vérifié avec des moyens d&rsquo;observation  grossissants, en s&rsquo;assurant que la capture n&rsquo;est pas suivie d&rsquo;un lâcher de la  nourriture.</p>
<div class="commentaire pos-centre"> <strong>Maintenance réussie  d&rsquo;azooxanthellés</strong></p>
<p>      Chuck Stottlemire, un  récifaliste Etats-unien a obtenu une croissance et la  multiplication de <em>Dendronephthya</em> et <em>Scleronephthya</em> dans un aquarium dédé aux  azoxanthellés.</p>
<p>      Il utilise pour son aquarium de 680 litres, un mélange de 70&nbsp;% de  phytoplancton vivant commercial <em>(Shellfish Diet 1800, </em>un composé de 4 espèces de micro  algues marines à 8&nbsp;% d&rsquo;extrait sec, représentant environ 2 billions de  cellules par millilitre) et de 30&nbsp;% de rotifères <em>(RotiFeast, des </em>œufs de <em>Brachionus  plicatilis</em>)<em>.</em> Cela  représente 1.2&nbsp;g d’extrait sec de phytoplancton pour 100 litres d’eau du  bac par jour. La teneur en extrait sec des rotifères n’est pas communiquée. </p>
<p>Il administre chaque jour ce mélange dilué à raison de 70 ml dans  7.6&nbsp;litres d’eau, c’est-à-dire une concentration de 1&nbsp;%, en goutte à goutte avec une pompe  doseuse, sur 12 heures par jour. La densité planctonique peut s’observer  par une légère teinte verte continuelle.<br />
      Cette quantité est supérieure aux taux naturels mais une partie reste probablement  au niveau du sol, consommée partiellement par la faune bactérienne et contribuant peut-être  au succès de cette maintenance. <br />
      Une quantité supérieure semble entrainer des  dérives des paramètres et la distribution continue contribue probablement à  l’équilibre. La préparation quotidienne ne nécessite pas de refroidissement de  la nourriture. Ces apports sont complétés quotidiennement par 9&nbsp;ml de  vodka et 12 gouttes de lugol. Le système et la maintenance restent simples, la  cuve est éclairée par deux tubes T5. Les changements d’eau sont de 10&nbsp;%  par semaine. </p>
<p>      L&rsquo;aquarium est visible dans l&rsquo;article <a href="http://reefkeeping.com/issues/2008-02/feature/" target="new"><em>Report on a succesfull husbandry method for a general azooxanthellate  reef system including Dendronephthya</em></a> . </div>
<h3>4.4. Durée</h3>
<p class="align-j">Si l&rsquo;on considère la faible probabilité qu&rsquo;une particule de  nourriture rencontre les tissus du corail, le délai entre sa capture et son assimilation,  et la biomasse  importante des Octocoralliaires par rapport aux  coraux durs dont les tissus sont très fins, on comprend que la  nourriture planctonique doit être distribuée durant de longues périodes. Cette  durée doit être également  proportionnelle à la biomasse des individus,  un seul <em>Sarcophyton</em> massif nécessitant  plus de nourriture qu&rsquo;une colonie de <em>Clavularia</em>.  Quelle que soit la nourriture, il est donc impératif d&rsquo;étaler les  distributions. On peut considérer qu&rsquo;il faut au minimum trois apports de  plancton (avec compléments) par jour ou idéalement, en léger goutte à goutte  continu sur une douzaine d&rsquo;heures. Les distributions sont effectuées en dehors  des périodes de filtration. Leur fréquence et périodes dépendent du matériel  employé. En effet, les pompes doseuses étant prévues pour injecter un volume  minimum, on devra parfois adapter les dilutions et les intervalles de  distribution. Certaines espèces ouvrent leurs polypes le jour mais d&rsquo;autres,  notamment celles non zooxanthellées, ne les ouvrent que la nuit. Il faut donc assurer  au moins quelques distributions le soir, environ une heure après extinction des  lumières.</p>
<h3>4.5. Méthodes  de distribution du phyto et zooplancton</h3>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/17.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/17.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Pipettes de nourrissage.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Pour éviter de dépasser la densité acceptable de particules  et ne pas provoquer la rétraction des polypes, il est préférable de ne pas  délivrer les particules de nourriture juste dessus de la colonie mais en amont  dans le courant, ces dernières devant arriver naturellement jusqu&rsquo;aux polypes.</p>
<h4>4.5.1. Distributions manuelles</h4>
<p class="align-j">Les préparations liquides se distribuent à la  pipette. Les compléments peuvent être administrés une demi-heure avant le  nourrissage ou, comme on l&rsquo;a vu, incorporés dans la préparation. Cette méthode  est particulièrement indiquée pour l&rsquo;acclimatation des nouveaux spécimens. Elle  permet une distribution ciblée tout en observant l&rsquo;effet de la nourriture sur  l&rsquo;individu.</p>
<h4>4.5.2. Distributions automatiques </h4>
<p class="align-j">C&rsquo;est la méthode recommandée  pour nourrir durant plusieurs jours, notamment lorsqu&rsquo;on héberge des  Octocoralliaires azooxanthellés. En effet, l&rsquo;expérience montre que la  disponibilité du soigneur se relâche à un moment et la régularité des  distributions diminue au fil du temps, contribuant à la déchéance des spécimens  fragiles.</p>
<h5>4.5.2.1. Produits secs</h5>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/45.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/45.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Distribution de produits secs dans un anneau flottant.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.reefaddicts.com/content.php/249-Refrigerated-Automated-Feeding-System" target="new">Reef addicts</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La distribution directe  de produits secs n&rsquo;est pas recommandée. En effet, les particules flottent en  surface et se dispersent mal. Si toutefois des fabricants venaient à créer des  compositions adaptées, le distributeur à godet serait adapté. Il permet de  préparer sur plusieurs jours des compositions différentes pré-dosées,  éventuellement humectée de compléments liquides (attention à l&rsquo;encrassement des  coupelles). Les particules tombent alors dans un réceptacle, un anneau flottant sans fond, disposé  à la surface de l&rsquo;eau,  qui évite leur dispersion le temps qu&rsquo;elles s&rsquo;imprègnent  d&rsquo;eau et coulent par gravité. Le système de distribution est positionné  au-dessus d&rsquo;une pompe de brassage.</p>
<h5>4.5.2.2. Produits liquides distribués à température ambiante</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/49a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/49a.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Agitateur magnétique compact   pour  1 litre.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La pompe doseuse (péristaltique ou autre) est adaptée à ce mode de distribution. La  préparation est mélangée avec un peu d&rsquo;eau du bac pour obtenir la dilution qui  permettra de délivrer les quantités voulues en nombre suffisant et dont le volume sera  au moins égal à celui autorisé par la pompe à chaque injection. Toutes les compositions nutritionnelles, même celles à flotabilité nulle qui stagnent dans la colone d&rsquo;eau, ont une portion de particules qui flottent en surface et qui coulent au fond. Il faut donc impérativement maintenir la   composition diluée  en mouvement. Un récipient à fond conique ou concave se prête mieux à la  remise en suspension des particules. </p>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/49b.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/49b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Le Digidoseur+++PRO de Neo3plus comprend un agitateur et une pompe péristaltique commandés par un programmateur  paramétrable.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://neo3plus.com/fr/" target="new">Neo3plus</a></figcaption></figure>
<p>    Cette agitation peut être obtenue par air  comprimé avec l&rsquo;inconvénient de l&rsquo;encrassement des parois, ou bien un agitateur externe plus encombrant. Une mini pompe  interne peut faire l&rsquo;affaire, à l&rsquo;image du montage d&rsquo;un réacteur à hydroxyde de calcium, tant que le niveau n&rsquo;atteint pas un seuil minimum.   Cette  pompe peut être placée à l&rsquo;extérieur et récupérer le liquide au  point bas pour le remonter au sommet du récipient.
    </p>
<p class="align-j">La solution de l&rsquo;agitateur  magnétique qui présente de nombreux avantages (fiabilité, compacité, nettoyage&#8230;) est finalement la plus répandue. Signalons le système innovant <em>Digidoseur+++PRO</em>, proposé par <em>Neo3plus</em>, permettant de programmer une ou plusieurs distributions journalières selon plusieurs modes de dosage, avec une agitation  avant le transfert de plancton liquide par pompe doseuse. </p>
<p class="align-j">Le dispositif peut accueillir des préparations récemment  préparées ou des cubes prédosés, congelés. La conservation des planctons ne  dépasse pas 1 à 2 jours à température ambiante.</p>
<h5>4.5.2.3. Produits liquides ou congelés maintenus et distribués  frais </h5>
<p class="align-j">Une distribution autonome durant plusieurs jours, notamment  en cas d&rsquo;absence, nécessite de conserver la préparation au frais dans la même  période. Un tel dispositif permet une autonomie d&rsquo;environ une semaine. Il  impose en plus de l&rsquo;équipement de brassage et de distribution décrit ci-dessus,  de quoi la réfrigérer.</p>
<p class="align-j">Avant utilisation,  diluer le mélange ou les cubes congelés, dans la quantité d&rsquo;eau à distribuer  dans l&rsquo;aquarium.</p>
<div class="align-c pos-centre">
<figure class="figcolonne" >
      <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/18.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/18.png"></a><figcaption class="figlegende">
      Distribution automatique d&rsquo;aliments réfrigérés.</figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j">La solution la plus employée (schéma) consiste à  introduire le récipient de nourriture liquide ainsi que celui de brassage dans  un réfrigérateur dédié à cet usage. Le brassage par agitateur magnétique s&rsquo;avère   adapté. Le mélangeur mécanique aussi quand on peut l&rsquo;activer sur des périodes régulières et avant la distribution (<em>Digidoseur+++PRO</em> de <em>Neo3plus</em>). Les réfrigérateurs miniatures de 5 litres, basés sur le système de  Peltier sont souvent trop petits et leur capacité de refroidissement parfois  insuffisante durant les canicules. Un réfrigérateur refroidi par compression ou sorption sera plus sûr. Une capacité d&rsquo;une trentaine de litres  pourra   accueillir l&rsquo;ensemble des équipements (pompes doseuses, agitateur, venturi et tubing) à l&rsquo;intérieur. Sa classe climatique est à choisir selon les températures ambiantes extrêmes : N (tempérée +10 à +32°C), ST (sub-tropicale +16 à +32°C), T (tropicale +18 à +38°C) ou SN-T (tropicale élargie  +10°C à + 43°C) .</p>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/46.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/46.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Réfrigérateur équipé de pompes péristaltiques internes. Transfert de nourritures par venturi.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.reefcentral.com/forums/showthread.php?t=1760416" target="new">Reef central </a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le prélèvement de la nourriture est en général assuré  par pompe péristaltique, intégrée dans le compartiment du réfrigérateur ou bien  disposée  à sa sortie. Pour éviter que de la nourriture stagne dans le tuyau  à température ambiante, elle doit être évacuée immédiatement vers la cuve, dès sa  sortie de la pompe doseuse. Ceci peut être obtenu au moyen d&rsquo;un circuit de  transfert de nourriture, constamment alimenté par une pompe dans l&rsquo;aquarium,  dédié à la circulation de l&rsquo;eau qui emportera cette nourriture. Le tuyau de  transfert doit avoir un diamètre suffisant pour accepter une gamme de viscosités  et ne pas s&rsquo;obstruer trop facilement et être de préférence opaque. La connexion entre le circuit de  transfert de nourriture et la sortie de pompe doseuse doit empêcher tout retour  d&rsquo;eau vers la réserve de nourriture, notamment en présence d&rsquo;un modèle de pompe  doseuse de bas de gamme. Les clapets antiretour s&rsquo;avèrent inopérants parce que  régulièrement bloqués par les particules de nourriture. Un système efficace  consiste à mettre en place un venturi. Ce dernier, transparent, permet de suivre l&rsquo;évolution de l&rsquo;inévitable encrassement&nbsp;; il sera plus efficace  en position haute dans le circuit. La sortie du circuit de transfert sera  positionnée à l&rsquo;endroit choisi au sein de l&rsquo;aquarium pour que la  nourriture soit dispersée par une pompe de brassage ou au contraire concentrée dans l&rsquo;environnement de spécimens à cibler. Les circuits peuvent être  équipés de vannes d&rsquo;arrêt, simplement destinées à la désolidarisation des équipements pour les  nettoyages qui ne manqueront pas de  s&rsquo;imposer régulièrement. L&rsquo;automatisme de l&rsquo;ensemble pourra être géré par  un automate programmable ou un ordinateur.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Exemple de système de conservation et d&rsquo;alimentation de nourriture réfrigérée.</figcaption><figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20a.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        Mini réfrigérateur à effet Peltier, réserve de nourriture avec brassage par air comprimé (encrassant).</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20b.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        Montage de la pompe péristaltique à l&rsquo;arrière,  au plus près de la chambre froide.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20c.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20c.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        Système venturi permettant de connecter le circuit de transfert à la pompe doseuse.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20d.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/20d.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        Injection de nourriture dans le venturi, vers la cuve. Prévoir un nettoyage mensuel.</figcaption></figure><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></div>
<p class="align-j">Bien entendu, les aquariophiles ne tarissent jamais d&rsquo;imagination,  soyons sûrs qu&rsquo;ils proposeront des systèmes plus simples répondant aux  contraintes exigeantes du nourrissage. Notons que le nouveau système de distribution <em>Digidoseur+++PRO</em> cité plus haut, proposé par <em>Neo3plus</em>, peut être également placé dans un réfrigérateur pour administrer de manière simple, de la nourriture liquide fraîche.</p>
<h3>4.6. Apports de bactérioplancton </h3>
<p class="align-j">L&rsquo;assimilation de  bactérioplancton par certains invertébrés filtreurs est  communément admise. On ne sait pas encore avec précision quel est son  importance en tant que nourriture, selon les espèces, ni les mécanismes de captage privilégiés. Qu&rsquo;il  soit directement piégé dans le mucus des coraux ou porté par les agglomérats de  neige marine, il ressort que l&rsquo;on peut avoir avantage à essaimer des bactéries  dans la colonne d&rsquo;eau, surtout pour élever certaines espèces sensibles. Dès lors, les  récifalistes hébergeant des Octocoralliaires azooxanthellés imaginent toutes  solutions.</p>
<p class="align-j">Nous avons évoqué l&rsquo;introduction  de bactéries, directement dans la nourriture. Quelques aquariophiles ont  suggéré d&rsquo;essorer quotidiennement dans le bac, des éponges chargées d&rsquo;une flore  bactérienne. D&rsquo;autres justifient partiellement leurs bons résultats au fait de  remuer régulièrement le sable, cette pratique est cependant controversée puisqu&rsquo;elle  présente le risque de remettre en suspension des germes de bactéries  pathogènes (<em>Vibrio</em> sp.). Le brassage d&rsquo;un sable en couche épaisse n&rsquo;est par ailleurs pas  recommandé pour sa stabilité, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il présente un risque de sédimenter  les tissus coralliens. Certains enfin ont mis en place des filtres à algues en  partie pour exploiter cette faune bactérienne qui l&rsquo;habite. Ces solutions aux effets  incertains, ne sont malheureusement pas toutes facilement gérables et leur  irrégularité ne permet pas de statuer sur leur efficacité. Par contre, un réacteur à bactérie, utilisé de manière stable, doit pouvoir  répondre à cet usage.</p>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/19.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/19.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    RAB autonettoyant <em>ZEeomatic&nbsp;2</em>, une seconde pompe assure  le décolmatage du bactérioplancton. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JgF_n6_G1m8">Vidéo</a>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.faunamarin.de/en/technic/zeomatic/zeomatic-2-4-5-ltr-incl-2x-sicce-new-model-2011-2012/a-337/" target="new">Fauna marin</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le réacteur à bactérie,  traversé d&rsquo;un courant d&rsquo;eau ascendant, une fois que le substrat qu&rsquo;il contient  a été ensemencé, permet d&rsquo;entretenir une flore bactérienne. Ici, l&rsquo;idée est  d&rsquo;en évacuer une partie vers la cuve des Octocoralliaires et d&rsquo;assurer le renouvellement de la population par l&rsquo;apport éventuel de sources de carbone (alcool éthylique,  glucose, vinaigre, acides aminés…), automatiquement par pompe doseuse. L&rsquo;encadré ci-dessus, relatif aux RAB, définit un protocole d&rsquo;utilisation. Le  relargage vers la sortie d&rsquo;une partie du mulm bactérien colonisant la surface  du substrat, est obtenu en le remuant quotidiennement, deux à trois fois durant  une minute et de préférence la nuit. Il se produit alors un léger trouble dans  l&rsquo;aquarium, révélateur du bon fonctionnement.</p>
<p class="align-j">On trouve sur le  marché des réacteurs à bactéries comme le <em>Bio Churn</em> de <em>Grotech</em> ou  le <em>RAB+++</em> de <em>Néo3 plus.</em> Le brassage du substrat, sur les réacteurs du commerce,  est  encore souvent réalisé manuellement en relevant la grille support au  moyen d&rsquo;une tringle et en l&rsquo;agitant fermement. De rares réacteurs sont pourvus  d&rsquo;un système de nettoyage du substrat&nbsp;: le <em>ZeoMatic&nbsp;2</em> de <em>Fauna  marin</em> utilise une pompe dédiée qui brasse les granulats&nbsp;;  le modèle <em>Vibe</em> de <em>Avast marine Works</em>,  quant à lui, procède par vibrations. Si, contrairement à ces derniers, votre  réacteur en est dépourvu, il est possible de l&rsquo;équiper d&rsquo;une seconde pompe  externe, puissante, à la base de la colonne. Elle soulèvera énergiquement le  substrat à intervalles programmés, en dehors des périodes d&rsquo;écumage. Ce dispositif impose de placer une grille, en haut de la colonne du  réacteur, empêchant le substrat de sortir. Il limite le choix des granulats qui  ne devront pas être trop abrasifs comme le sont parfois ceratins  charbons. La zéolithe plus lourde et cohésive ou les bio  pellets qui se soulèvent plus aisément en lit fluidisé, semblent adaptés. D&rsquo;autres  équipements vendus sous le nom de filtre à lit fluidisé peuvent être ainsi  modifiés.</p>
<p class="align-j">Quelques récifalistes suggèrent de faire transiter la  nourriture planctonique via le réacteur à bactérie en vue de la charger en  bactéries alors plus facilement assimilables par les coraux.</p>
<h3>4.7. Facteurs  influençant le nourrissage</h3>
<p class="align-j">On ne connaît pas tous les facteurs qui font qu&rsquo;un <em>Nephtheidae</em> se gonfle ou qu&rsquo;une gorgone  déploie ses polypes (quantité de nourriture, vitesse du courant, digestion,  lumière excessive, prédateurs…). Un invertébré qui ne se gonfle pas ou ne se  déploie pas régulièrement n&rsquo;est pas forcément le signe d&rsquo;un affaiblissement,  mais c&rsquo;est inquiétant lorsqu&rsquo;il ne le fait jamais.</p>
<h4>4.7.1. Morphologie des polypes</h4>
<p class="align-j">La morphologie des polypes de la colonie peut influer sur  l&rsquo;alimentation du corail. De grands polypes, comme en ont certaines gorgones  telles que <em>Subergorgia suberosa</em>, offrent  plus de résistance au courant et se déforment plus. Ils ne s&rsquo;alimentent que  dans une faible plage de courant. À l&rsquo;inverse, des coraux à petits polypes comme <em>Melithaea  ochracea</em> ou ceux maintenus dans une gangue de sclérites comme les  gorgones <em>Anthogorgia</em>, tolèrent des vitesses  importantes dans une plage plus grande. Ainsi, les polypes s&rsquo;adaptent  individuellement à la situation environnante, dans ce qui peut paraitre une  stratégie de groupe, comme on va le voir. La taille des polypes influe également sur  l&rsquo;alimentation&nbsp;: des grands polypes peuvent capturer une plus grande  quantité de proies et  de plus grandes tailles. De grands polypes semblent  également en mesure de procéder plus rapidement à une digestion externe.</p>
<h4>4.7.2. Morphologie des colonies</h4>
<p class="align-j">Nous avons vu plus haut combien le flux du courant est  important et qu&rsquo;un brassage ne correspond jamais aux besoins de toutes les espèces. Fort  heureusement, polypes et colonie peuvent agir ensemble pour moduler le courant  localement afin d&rsquo;en augmenter ou d&rsquo;en abaisser la vitesse et permettre la capture  de proies. L&rsquo;observation des polypes sur la clonie permet d&rsquo;avoir une idée sur  la vitesse optimale du spécimen&nbsp;: par  courant faible les tentacules des polypes dirigés sur le côté à contre-courant entrent  en action&nbsp;; en présence d&rsquo;un courant intermédiaire ce sont les tentacules  situés à l&rsquo;aval tandis que dans des courants puissants, les polypes fléchissent  en aval, créant des cavitations pour mieux capturer les proies par advection. On peut noter  que cette adaptation, plus ou moins grande, détermine la distribution des espèces  sur le récif&nbsp;: les espèces à petits polypes se répandent sur le front du  récif, là où les courants sont puissants&nbsp;; les espèces à grands polypes  occupent plutôt le bas des pentes récifales ou les zones abritées. Ainsi, des polypes des colonies mal exposées s&rsquo;ouvrent  durant de trop courtes périodes, voire pas du tout. À contrario, des courants  trop faibles ne stimulent pas les polypes. Les deux cas peuvent conduire à la  régression du corail</p>
<h2>5. Acquisition d&rsquo;Octocoralliaires pour un aquarium  récifal</h2>
<h3>5.1. Choix  de la population d&rsquo;Octocoralliaires</h3>
<p class="align-j">Plusieurs critères conduisent  au choix d&rsquo;une espèce&nbsp;:</p>
<h4>5.1.1. Impact écologique</h4>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires ne sont pas  soumis à des quotas de prélèvement et d&rsquo;importation. Pourtant, si la pérennité  des espèces symbiotiques n&rsquo;est pas à craindre, il en est autrement de certaines  espèces azooxanthellées. Ces dernières ne peuvent, dans leur  majorité, être bouturées et leur reproduction spontanée en captivité reste  exceptionnelle. Elles sont donc toujours prélevées au stade adulte, à l&rsquo;état  sauvage, sur leur lieu de naissance. </p>
<p class="align-j">Les gorgones azooxanthellées, plus particulièrement,  ont  une croissance lente en milieu naturel et leurs populations sont souvent si  réduites qu&rsquo;on peut les considérer comme rares. Peu d&rsquo;entre-elles se  reproduisent par voie asexuée, leur prélèvement inconsidéré conduirait très  vite à un appauvrissement de l&rsquo;espèce. Sauf en présence d&rsquo;un système  concu pour leur  maintenance, on ne devrait pas les acquérir.</p>
<h4>5.1.2. Facilité de maintenance</h4>
<p class="align-j">La réussite dans la maintenannce est fortement  liée à la taille des polypes et essentiellement à la présence ou pas d&rsquo;algues symbiotiques. Pour simplifier&nbsp;: la difficulté augmente quand la quantité de zooxanthelles et la taille des polypes diminuent. La taille des polypes d&rsquo;une espèce, est une donnée difficile à obtenir (tout autant que celle de nombreuses nourritures de substitution) et il faudra parfois passer par des tests de nourrissage.  Le caractère zooxanthellé ou  azooxanthellé de nombreux genres est bien mieux déterminé, comme le précise le tableau&nbsp;1  de l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-1-biologie-classification-et-anatomie"><em>Octocoralliaires 1 &#8211; Biologie :  classification, anatomie</em></a>. </p>
<h5>5.1.2.1. Espèces zooxanthellées</h5>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/26.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Bouquet d&rsquo;Octocoralliaires dans un aquarium mixte.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Samuel Guy CORDIER</figcaption></figure>
<p class="align-j">De nombreuses espèces de la famille Alcyoniidae, Clavulariidae et Briareidae,  sont robustes, en mesure de prospérer durant des années dans le  même aquarium, leurs boutures se propageant à volonté vers d&rsquo;autres  installations. Cette facilité de maintenance est liée à leur meilleure  tolérance aux variations de la qualité de l&rsquo;eau et à leurs algues  symbiotiques. Ces espèces, largement dupliquées en mariculture sont fréquemment proposées à la vente. Ainsi les Alcyoniidés et plus particulièrement les genres <em>Sarcophyton</em>, <em>Sinularia</em>, <em>Lobophytum</em>, <em>Klyxum</em>, <em>Cladiella</em>, <em>Clavularia</em> et <em>Briareum</em> sont  recommandés aux novices ou aux systèmes à filtration  simplifiée. Ces espèces prolifèrent naturellement dans  les environnements côtiers plus turbides, riches  en éléments nutritifs et peuvent  résister à une relative fluctuation de la salinité, de la température ou de nutriments. Les Nephtheidés  zooxanthellés, comme <em>Capnella</em> et <em>Nephthea</em> se maintiennent et se bouturent également facilement. Les genres <em>Xenia</em>, <em>Cespitularia</em> et <em>Anthelia</em>,  plus exigeants, prolifèrent quand les conditions sont réunies  et stables. Les gorgones zooxanthellées des Caraïbes prolifèrent bien entre les  mains des aquariophiles  attentifs capables de fournir les conditions de  courants qu&rsquo;elles apprécient. </p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>5.1.2.2. Espèces azooxanthellées</h5>
<figure class="figfloat">
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/30.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/30.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    <em>Scleronephthya</em> spp.,  Nephtéidés azooxanthellés, sont parfois maintenus avec succès.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les lignes qui  précédent ont souligné les exigences de ces espèces qui rendent leur  maintenance beaucoup plus compliquée, voire impossible quand celles concernant  l&rsquo;alimentation ne sont pas totalement remplies. En raison de leur faible espérance de vie en captivité, on ne peut que  recommander aux récifalistes novices de s&rsquo;orienter vers les espèces symbiotiques  et aux autres, de ne pas succomber trop facilement à la beauté  et à la disponibilité des espèces azooxanthellées, sans une mûre réflexion. Même  des aquariophiles expérimentés se sont trouvés dans l&rsquo;impossibilité de les  conserver en vie au-delà de quelques  semaines.</p>
<p class="align-j">Les gorgones à petits polypes de la famille Acanthogorgiidae telles que <em>Acanthogorgia </em>(ex <em>Acalycigorgia</em>)<em>, Anthogorgia, Calcigorgia, Muricella </em>,comptent parmi les plus difficiles et ne devraient pas être acquise sauf installation dédiée. Selon K. Fabricius,  les espèces de la famille Ellisellidae ainsi que le genre <em>Subergorgia</em> (à l&rsquo;exclusion des espèces  déplacées dans le genre<em> Annella</em>), sont  plus robustes et moins sujettes aux infections.</p>
<p class="align-j">Les Alcyonaires  azooxanthellés, notamment <em>Dendronephthya</em>, <em>Scleronephthya</em> et quelques espèces  du genre <em>Paraminabea</em>,  poussent très rapidement dans des conditions idéales dans le milieu naturel et  se propagent facilement de façon asexuée. Même si la taille  des groupements n&rsquo;atteint jamais celle d&rsquo;Octocoralliaires zooxanthellés, on les trouve sur de nombreux  récifs. Certaines espèces de <em>Dendronephthya</em> relativement robustes, à condition  que les conditions de leur maintenance soient remplies, semblent mieux  se prêter à la maintenance et à la propagation en captivité</p>
<h4>5.1.3. Propagation</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;aptitude des  Octocoralliaires zooxanthellés à guérir de leurs blessures et à régénérer leurs  tissus, est exploitée par de nombreux récifalistes pour se livrer au bouturage  de certaines espèces, parmi les plus faciles. Cette spécialisation  aquariophile, comme la reproduction de poissons, contribue à la préservation de  ces espèces sauvages même si elles ne sont pas directement menacées  aujourd&rsquo;hui.<br />
      On a peu de  recul sur la maintenance des Octocoralliaires azooxanthellés et encore moins  sur leur propagation asexuée en aquarium. Certaines espèces de Nephtéidés comme <em>Scleronephthya</em> se propagent  facilement par stolon, il n&rsquo;est pas exclu qu&rsquo;il en soit de même en milieu clos.  Les rares cas de bourgeonnement ou de scissiparité observés sur des Nephtéidés  et Alcyoniidés, sont trop peu documentés pour tirer des conclusions. La  propagation des espèces NPS n&rsquo;aura probablement jamais l&rsquo;ampleur qu&rsquo;elle connaît avec les  symbiotiques.</p>
<h4>5.1.4. Esthétique</h4>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/27.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/27.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    <em>Anthelia</em> sp., une certaine esthétique .</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Thomas TRIOL</figcaption></figure>
<p class="align-j">Si la couleur des  Octocoralliaires est très variable du brun au rouge en passant par toutes les  nuances violettes, jaunes, vertes et bleues, c&rsquo;est bien souvent aussi leur  souplesse qui conduit à leur choix. Dans un aquarium pourvu de  Scléractiniaires, ils apportent une dynamique indéniable. Les formes sont  diverses aussi, depuis les massifs <em>Sarcophyton</em> aux gorgones dentelées ou élancées, le paysage est variable à souhait. Les critères  ci-dessus ayant limité le choix, il reste à choisir les espèces qui peupleront  l&rsquo;aquarium.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h3>5.2. Sélection  des spécimens</h3>
<h4>5.2.1. Identité</h4>
<figure class="figfloat">
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/31.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/31.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Vendu comme  gorgone <em>Junceella</em> sp., ce corail  n&rsquo;est même pas un Octocoralliaire.  Six tentacules,  squelette rigide, c&rsquo;est un Antipathaire, corail noir <em>Cirripathes</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le choix du spécimen  convoité en magasin débute paradoxalement par une incertitude&nbsp;: celle de  son identité réelle. De nombreuses espèces ne peuvent être identifiées au-delà de leur  genre, à la seule vision de la morphologie, sans analyser les sclérites dans  les différentes parties de l&rsquo;individu. Ajouté  à cela que l&rsquo;individu collecté peut appartenir à une espèce non encore  identifiée. Plus tard, l&rsquo;amateur n&rsquo;aura pas envie de prélever une branche de  gorgone ou la portion d&rsquo;un Alcyoniidé à la seule fin de lui attribuer un nom, l&rsquo;incertitude risque fort de durer&nbsp;!  Selon les spécialistes, les  erreurs sont très fréquentes, véhiculées en toute bonne foi sur le net ou dans le commerce  aquariophile. Le doute subsiste même parmi les genres les plus courants comme <em>Sinularia</em> qui présente des formes très  diverses. Quant aux espèces azooxanthellées, elles sont souvent réduites à des  dénominations fourre-tout &quot;Dendro&quot;, &quot;Gorgone à polypes  bleus&quot;… sans souci de la réalité. </p>
<div style="clear:both"></div>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/28.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/28.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    <em>A priori Menella</em> sp., Phil Alderslade identifie cette gorgone <em>Paraplexaura</em> sp. d&rsquo;après les sclerites  mis en évidence par traitement photographique.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">En fin d&rsquo;article, quelques sources fiables permettent  de s&rsquo;essayer à une identification. On   peut  ainsi  éviter quelques erreurs grossières par une simple observation visuelle :  polypes monomorphiques (présence  de polypes autozoïdes, seuls) ou  dimorphiques (présence conjointe de polypes siphonozoïdes),   polype  contractile (s&rsquo;il se contracte à la base du calice) et/ou rétractile (s&rsquo;il s&rsquo;enfonce en dessous du calice),  présence de pied (pédonculé) commun, de tapis au départ  du polype, présence ou non de polypes sur le pédoncule, détection ou non de sclérites sur les branches et/ou le pied, tentacules courts ou longs, présence de spicules sur le calice, calices proéminents ou peu élevés, polypes  visibles sur une ou deux faces d&rsquo;une gorgone&#8230; Le voile pourra être partiellement levé en observant, à la maison, les  sclérites superficiels les plus voyants, sous macrophotographie (photo ci-contre). </p>
<h4 class="align-j">5.2.2. Santé</h4>
<p class="align-j">Si les espèces  symbiotiques sont mieux identifiées et généralement saines, à la vente, il n&rsquo;en  est pas de même avec les NPS, ce qui complique leur sélection lorsque que l&rsquo;on  convoite une espèce ou même un genre précis. Peu de vendeurs connaissent leurs  besoins spécifiques et ils ne sont jamais équipés pour y subvenir durant de  longues périodes en bacs de présentation. Sauf si le spécimen est fraîchement arrivé, son  apparente santé n&rsquo;est souvent due qu&rsquo;à ses réserves énergétiques&nbsp;; le plus souvent, il a déjà entamé une lente régression. Si le  spécimen est vendu en VPC avec une photo prise à son arrivée, il faut malheureusement  s&rsquo;attendre à quelques différences avec le spécimen reçu.</p>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires, plus ou moins stressés au transport,  on parfois besoin de longues périodes dans de bonnes conditions avant de commencer  à s&rsquo;épanouir et tout handicap initial diminue les chances de les maintenir. Les  animaux non photosynthétiques privés longtemps de nourriture ou lésés lors des  manipulations et des transports, ne s&rsquo;alimenteront de nouveau que dans de très  rares cas. Il est important de sélectionner des animaux sains ou le plus sains  possible. Les espèces les plus délicates  devront avoir été récemment prélevées dans le milieu marin et leur acquisition sera effectuée dès l&rsquo;arrivage,  cela nécessite une relation de confiance avec le vendeur. Les tissus  doivent être intacts, sans trace de nécrose. Les Alcyonaires doivent être gonflés, sans trace de frottement avec des spicules appents.  Un aspect étiré est déjà  l&rsquo;indicateur d&rsquo;un dépérissement. Les polypes  peuvent être ouverts en réponse à la faim, ce n&rsquo;est pas en soi un indicateur de  santé, sinon de malnutrition. Des polypes fermés ne sont pas obligatoirement le  signe d&rsquo;un dépérissement mais de stress ou également de malnutrition. Par contre,  lorsqu&rsquo;ils le sont constamment la prudence s&rsquo;impose. De même, l&rsquo;apparition de  bourgeons ou de branches qui s&rsquo;automutilent peut être un signe de détresse.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Spécimens d&rsquo;Octocoralliaires appartenant aux membres de Cap récifal</figcaption><figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/32.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/32.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Nephthyigorgia</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/33.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/33.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Briareum asbestinum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : François BARBIER</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/36.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/36.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Lobophytum</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Christian SEITZ</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/37.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/37.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Sinularia</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Christian SEITZ</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/39.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/39.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Xenia</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : c!p</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/40.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" w/ class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/40.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Sympodium</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Thomas TRIOL</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" s>
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/34.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/34.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Nephtea</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Pascal SUROU</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/35.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/35.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Nephtea</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : ARIOCH</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/38.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/38.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Pterogorgia</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Thomas TRIOL</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/41.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/41.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Plexaura flexuosa</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Vincent RIVOLA</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/42.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/42.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Sinularia</em> sp. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Philippe PALUDETTO</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/43.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/43.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
        <em>Alcyoniina. </em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Philippe PALUDETTO</figcaption></figure>
</p></div>
<h2>6. Accueil des spécimens</h2>
<h3>6.1. Transport</h3>
<p>Les Octocoralliaires ne sont pas aussi rustiques qu&rsquo;on le pense. Certains habitent des zones fortement brassées. D&rsquo;une manière générale les Alcyoniinés (Alcyoniidés, Nephteidés&#8230;) et plus particulièrement les Xeniidés, sont sensibles à une baisse d&rsquo;oxygénation. Il faut les transporter avec beaucoup d&rsquo;eau, la tête en bas, accrochés à du polystyrène de telle sorte qu&rsquo;ils soient en mouvement. Il faut également veiller à la tempérautre, faute de quoi ils peuvnet se désintégrer rapidement en une masse gélatineuse inerte.</p>
<h3>6.2. Traitements  et quarantaine</h3>
<div style="float:left; margin:5px"   ><a  href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/23.png" data-ipsLightbox><img style="max-width:50px"  alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/23.png"></a><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/23b.jpg" data-ipsLightbox><img style="max-width:50px"  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/23b.jpg"></a></div>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires arrivent parfois parasités et leur  support cache bien souvent des prédateurs potentiels comme les vers polychètes ou des nudibranches spécialisés.  Ces derniers pourront rendre vaine la maintenance d&rsquo;une espèce délicate  pourtant acquise saine. Chaque spécimen  doit impérativement être traité, au moins avec un produit à spectre large sur  les plathelminthes tel que <em>Coral RX</em> ou <em>Ultra Pest Control</em>.  Le chapitre «&nbsp;Soins&nbsp;» développe les traitements possibles selon les  observations.</p>
<p class="align-j">La «&nbsp;quarantaine&nbsp;» devrait être une étape  obligatoire pour suivre plus longuement les spécimens,  ceux présentant des  lésions ou en cours de traitement prophylactiques. Le bac hôpital, de quelques  litres à une dizaine de litres permet de réaliser des traitements variés qui  seront généralement de courte durée.</p>
<h3>6.3. Observations</h3>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/25.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Installation d&rsquo;observation dédiée aux espèces azooxanthellées.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La phase d&rsquo;observation, n&rsquo;est pas nécessaire pour les espèces  robustes dont les principes de maintenance sont connus et maitrisés. Par  contre, les espèces difficiles ou pour lesquelles on n&rsquo;a pu réunir suffisamment  d&rsquo;informations, nécessitent une phase d&rsquo;observation de quelques jours à  plusieurs mois. Cette phase consiste à observer les comportements sur une  période  prolongée pour valider les meilleures conditions de  maintenance, avant de les reproduire dans le bac d&rsquo;exposition.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"  >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/24.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Le mesoscope <em>Ogle</em> permet des macros à distance.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :<a href="http://www.ogles.info/#!ogle-store/cxqt" target="new"> Ogles</a>.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;aquarium d&rsquo;observation est de petit volume, une centaine de litres  suffit pour analyser les détails. Ses équipements (brassage, intensité et spectre  d&rsquo;éclairage, nourrissage…) sont modulables afin de trouver les meilleures  conditions de maintenance. Il n&rsquo;y a pas de sable, sauf pour celles dont le pied  s&rsquo;enfouit en profondeur, comme les pennatules. Le décor permet de reconstituer  différentes conditions d&rsquo;exposition à la lumière (lumière indirecte, fixation  au niveau du sol, accrochée à la pente, ou suspendus…) et de courants  hydrauliques. <br />
      Les spécimens positionnés près de la vitre pourront être observés en  gros plan, jusqu&rsquo;au niveau du polype. À ce stade tout moyen d&rsquo;observation  microscopique de l&rsquo;ordre de 4 à 400&nbsp;X fournira des renseignements  utiles&nbsp;: loupe grossissante, microspcope, mésoscope (<em>Ogle</em> d&rsquo;<em>Ogles</em>, <em>Nanoscope</em> de <em>D-D H2Ocean </em>…), appareil photo  avec objectifs macro et/ou lentilles, caméra macro reliée à un PC  permettant éventuellement des prises image par image….</p>
<div style="clear:both"></div>
<h3>6.4. Acclimatation</h3>
<p class="align-j">Les spécimens arrivent plus ou moins stressés, il s&rsquo;agit  maintenant d&rsquo;accoutumer le spécimen aux nourritures de substitution. Cette  phase peut être conduite lors de l&rsquo;observation ou parfois dans le bac  d&rsquo;exposition quand les conditions s&rsquo;y prêtent.</p>
<p class="align-j">Les meilleures conditions de maintenance étant établies et  reproduites, le but est de redonner l&rsquo;appétit. Les Octocoralliaires sont  souvent présentés comme rustiques mais ils n&rsquo;aiment pas les dérangements et  mettent du temps pour déployer leurs tentacules. Dans un premier temps,  il s&rsquo;agit de déclencher l&rsquo;ouverture des polypes. Cette étape peut être très  longue dans le milieu captif, parfois plusieurs semaines, surtout quand les  stress se sont accumulés depuis le prélèvement. Pour ce, on utilise des produits appétants tels que ceux à  base d&rsquo;acides aminés, des jus de bivalves éventuellement avec leur chair finement broyée (moules, huîtres&#8230;) ou des produits fermentés tels que le  nuoc-mâm. Le produit est dispersé dans l&rsquo;environnement immédiat du spécimen. Cett méthode est également pratiquée sur d&rsquo;autres types d&rsquo;invertébrés azooxanthellés (<em>Tubastrea</em>&#8230;), elle consiste à isoler le spécimen sous une cloche ou   à le mettre à l&rsquo;écart de la concurrence alimentaire, dans un bain  (un seau) nutritif correctement dosé, en mouvement au moyen d&rsquo;une petite pompe et qui ne polluera pas l&rsquo;aquarium.</p>
<h2>7. Mise en place dans l&rsquo;aquarium</h2>
<h3>7.1. Sable  corallien</h3>
<p class="align-j">Le choix de mettre du sable ou pas est un vieux dilemme qui  divise toujours les récifalistes. L&rsquo;article de Christian Seitz <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/sables-et-graviers-r79"><em>Sables et graviers</em></a>, répond déjà à de  nombreuses questions. Mais pas d&rsquo;inquiétude, de nombreux aquariums sont  maintenus avec succès et dans la durée, qu&rsquo;ils en soient pourvus ou pas.</p>
<p class="align-j">Ne pas en mettre c&rsquo;est limiter l&rsquo;accumulation de déchets et  la sédimentation sur les tissus, faciliter le nettoyage, éviter les prédateurs  fouisseurs (vers polychètes…), les parasites benthiques et les bactéries  pathogènes qui peuvent l&rsquo;habiter. Cette solution facilite la maintenance, elle  est bien appréciée des débutants et recommandée durant la phase d&rsquo;observation  décrite ci-dessus.</p>
<p class="align-j">Indépendamment de l&rsquo;esthétique indéniable apportée par le  sable et de son action bio épuratrice avérée, lorsqu&rsquo;il est utilisé en couches  épaisses (Jaubert, DSB…), que peut-il apporter puisque, finalement, peu  d&rsquo;espèces nécessitent de sable&nbsp;? Il est bien entendu indispensable en présence d&rsquo;espèces  d&rsquo;Octocoralliaires dont le pied est enfoui profondément (<em>Studeriotes</em>, Pennatules…). Le sable sera alors léger, de  granulométrie très fine et la couche épaisse. Un sable d&rsquo;aragonite très fin de  type <em>sugar</em>, de 0,1 à 1 mm ou même des  boues plus fines pourront faire l&rsquo;affaire. On a l&rsquo;assurance que la couche de sable  convient quand le corail se gonfle régulièrement pour adopter une position  verticale, sans chercher à sortir de son emplacement. La présence de sable très  fin et léger est incompatible avec les espèces qui exigent des courants  puissants, il pourra également stresser celles massives (<em>Sarcophyton</em>…) qui devront éliminer les dépôts trop fréquemment.</p>
<p class="align-j">Certaines espèces se développent préférentiellement dans des  environnements sableux, turbides, chargés de matières organiques. Les  inconvénients d&rsquo;une sédimentation des tissus, est alors probablement compensée  par les apports nutritifs liés à sa présence. Cet apport encore mal mesuré  n&rsquo;est pas à négliger pour des filtreurs qui se nourrissent presque  exclusivement par la capture de microparticules : depuis les matières organiques  issues de l&rsquo;action des détritivores, aux bactéries qui peuplent les couches  superficielles, le sable doit pouvoir contribuer à la maintenance d&rsquo;espèces  difficiles.</p>
<p class="align-j">Si l&rsquo;on préfère mettre en place une couche épaisse selon  Jaubert, DSB…, il faudra suivre les préconisations du protocole notamment en  matière de granulométrie et d&rsquo;épaisseur. Sinon, on pourra déposer une couche de  3 à 5&nbsp;cm d&rsquo;un sable d&rsquo;aragonite, de granulométrie moyenne 2 à 3&nbsp;mm  qu&rsquo;il faudra clocher occasionnellement. Si il n&rsquo;est pas vivant, avant utilisation  il sera brassé énergiquement plusieurs fois jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;eau ne soit plus  laiteuse. Dans la mesure où le bac héberge des espèces azooxanthellées, il n&rsquo;y  a pas lieu de craindre l&rsquo;apparition d&rsquo;algues superficielles en raison du faible  éclairement. Si l&rsquo;on souhaite éviter tout contact avec les individus et limiter  les aspects négatifs cités plus haut, on peut contenir le sable dans un refuge  en amont du bac d&rsquo;exposition.</p>
<h3>7.2. Agencement  du décor</h3>
<p class="align-j">Le décor conditionne à la fois la répartition des  écoulements et l&rsquo;exposition du corail dans le milieu, il doit donc être conçu  avec réflexion. Les notes prises lors de l&rsquo;observation pourront être utiles  pour agencer le décor initial de l&rsquo;aquarium (ou le ré-agencer lors  d&rsquo;introduction d&rsquo;un individu) et définir le meilleur positionnement du corail.  On peut aussi utilement observer le biotope et le positionnement des espèces  sur les photos et vidéos prises in situ par les plongeurs. </p>
<p class="align-j">Ainsi, le décor sera composé selon les cas de pierres  vivantes légèrement inclinées telles une terrasse récifale exposée à la lumière,  de pierres raides ou verticales simulant la pente externe ou un tombant propice  à certaines gorgones. On pourra également reconstituer, en découpant à la  meuleuse et en cimentant des pierres entre-elles, des grottes et des surplombs  ombragés, des failles où le courant sera accéléré pour obtenir la vitesse  souhaitée. De même les pierres rapprochées des vitres de l&rsquo;aquarium augmenteront  la vitesse d&rsquo;un flux giratoire.</p>
<table class="tableau"  style="max-width: 800px">
<caption class="tableau-titre">
      Tableau 7 : Biotopes et positionnements indicatifs de quelques Octocoralliaires<br />
      </caption>
<tr>
<th width="12%" valign="top">Classe</th>
<th width="10%" valign="top">Symbiose</th>
<th width="50%" valign="top">Biotopes</th>
<th width="12%" valign="top">Positions</th>
<th width="8%" valign="top">Éclair.</th>
<th width="12%" valign="top">Courants</th>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" valign="top">Alcyoniidés</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Platier, crête et pente    récifale, lagons.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Cis. 2 à 5 <br />
          Lam. 2 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Grottes, surplombs, bas de    pente récifale.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois</td>
<td align="center" valign="top">1</td>
<td valign="top">Lam. 1 à 2</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" valign="top">Nephtéidés</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Parfois crêtes&nbsp;; pente    récifale externe moyenne, terrasses. Eaux claires à turbides.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Lam. 2 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Tombants, pente externe,    failles, passes ou fonds sableux. Eaux claires profondes, parfois turbides    des estuaires.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois, Verticale </td>
<td align="center" valign="top">0 à 2</td>
<td valign="top">Lam. 3 à 5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Xeniidés</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Eaux claires et parfois    turbides. Pente récifale moyenne à basse, terrasses&nbsp;; parfois fond    vaseux.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Cis. 2 à 4<br />
          Lam. 1 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Briareidae</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Habitat varié. Zones    côtières, tombants, surplombs ombragés, Eaux plutôt turbides.</td>
<td align="center" valign="top">Plaqué sur roche</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Cis. 2 à 4</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" valign="top">Gorgones<br />
          Anthothelidae</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Zones côtières, fonds    boueux&nbsp;; eaux turbides.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Lam. 3 à 4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">fonds boueux&nbsp;; eaux    turbides parfois clairs.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">1 à 2</td>
<td valign="top">Lam. 4 à 5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones Subergorgidae</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Parois et pente récifale.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">1 à 3</td>
<td valign="top">Lam. 4 à 5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones<br />
          Melithaeidae</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Surplombs, failles, tombants.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">1 à 2</td>
<td valign="top">Lam. 4 à 5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones<br />
          Acanthogorgiidae</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Pentes profondes, tombants,    failles, canaux, passes.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">0 à 1</td>
<td valign="top">Lam. 4 à 5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones<br />
          Plexauridae</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Eaux claires et turbides,    profondes à très profondes.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">0 à 2</td>
<td valign="top">Lam. 2 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" valign="top">Gorgones<br />
          Gorgoniidae</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Habitat varié, eaux peu    profondes, turbides, à claires. Crêtes protégées, pente moyenne externe.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Lam. 3 à 4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Eaux turbides, estuaires    vaseux. Pentes faibles, fonds sableux.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">1 à 2</td>
<td valign="top">Lam. 2 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones<br />
          Ellisellidae</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Eaux tropicales et    tempérées, claires à turbides. Zones côtières, pente externe moyenne, fonds    sableux parfois très profonds.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">2 à 3</td>
<td valign="top">Lam. 3 à 4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones<br />
          Isididae</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top">Eaux peu profondes    moyennement claires. Pente moyenne externe.</td>
<td align="center" valign="top">⊥ parois,<br />
          ⊥ courant</td>
<td align="center" valign="top">3</td>
<td valign="top">Lam. 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Helioporacea</td>
<td valign="top">Zoox</td>
<td valign="top"> Eaux peu profondes, claires &gt;22°C.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale</td>
<td align="center" valign="top">3 à 4</td>
<td valign="top">Cis. 2 à 4 <br />
          Lam. 2 à 3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Pennatulacea</td>
<td valign="top">Azoox</td>
<td valign="top">Fonds peu profonds à profonds, sableux, souples.</td>
<td align="center" valign="top">Verticale, pied enlisé</td>
<td align="center" valign="top">2</td>
<td valign="top">Lam. 2</td>
</tr>
<caption style="caption-side: bottom;
	text-align: left;
	font-weight: normal;
	font-size: 11px;"><br />
      Données indicatives pour quelques espèces, pouvant varier notablement d’un genre à l’autre. <br />
      Niveau : 0 (faible) à 5 (important) ; ⊥ : perpendiculaire ; Cis. : Courants cisaillants ; Lam. : Courants laminaires<br />
      </caption>
</table>
<p class="align-j">Il est toujours intéressant de pouvoir démonter des éléments  du décor pour traiter des coraux ou nettoyer une zone de l&rsquo;aquarium, et de les  installer de nouveau, tels qu&rsquo;ils étaient. Ceci peut être obtenu en créant des modules  stables, éventuellement empilables en les emboitant dans une position  déterminée. On peut également fixer les supports de coraux au moyen de pitons. Recouvert ou dépourvu de sable, il sera nécessaire de  nettoyer le fond du bac. Cette opération sera facilitée si ces modules portent sur trois pieds, laissant l&rsquo;accès sous les pierres, la  stabilité n&rsquo;en sera d&rsquo;ailleurs que meilleure.</p>
<p class="align-j">Pour assurer un bon compromis entre un décor aéré et qui  assure l&rsquo;épuration biologique, le poids en kilogramme peut avoisiner 15 % du volume  d&rsquo;eau en litre, voire moins en complément de systèmes épurateurs performants.  Plus que la quantité, la qualité des pierres est importante et c&rsquo;est  particulièrement vrai en présence de coraux NPS. Afin de ne pas contaminer le  bac avec des éléments pollués et pour obtenir un équilibre biologique stable,  Il est déconseillé d&rsquo;utiliser de pierres mortes ou recyclées issues d&rsquo;un autre  bac dont l&rsquo;historique est incertain. Il est préférable d&rsquo;opter pour des pierres  récemment importés ou des pierres inertes en céramique qui ont fait leurs  preuves (<em>Aquaroche</em>, <em>Riffkeramik</em>…). Comme pour tout aquarium récifal, le protocole de démarrage  doit être respecté et, pour assurer un ensemencement bactérien correct, les  pierres seront traitées, tel que le décrit l&rsquo;article de Christian SEITZ : <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/le-conditionnement-des-pierres-vivantes-r72"><em>Le conditionnement des pierres vivantes</em></a>.</p>
<h3>7.3. Positionnement et orientation des colonies </h3>
<p class="align-j">Les revues spécialisées et particulièrement les photos et vidéos de  plongées, sont très instructives pour observer <em>in situ</em>, le positionnement des différentes espèces. Le tableau&nbsp;7   détermine de manière succincte ceux généralement observés.</p>
<p class="align-j">La vitesse de l&rsquo;eau diminuant drastiquement à l&rsquo;approche du  substrat, on peut surélever le pied des Octocoralliaires qui se plaisent dans  les courants forts. Nombre de Nephtéidés azooxanthellés (<em>Dendronephthya</em>…) sont souvent suspendus aux surplombs, dans la  partie supérieure des grottes ou bien inclinés le long de pentes et de failles,  dans un courant portant, de telle sorte qu&rsquo;en se dégonflant ils  restent à l&rsquo;écart des organismes de sol. De même, il semble important d&rsquo;éviter  tout contact, c&rsquo;est-à-dire toute usure ou lésion, avec le substrat.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);  width: 70%;"><figcaption class="grille-titre">Exemple de positionnement des coraux</figcaption><figure class="figcolonne" >
      <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15a.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
      Gorgone <em>Paraplexaura</em> sp. en travers du courant. La faible vitesse au sol explique la nécrose basale.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
      <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15b.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
      <em>Dendronephthya</em> sp. fixé sur un surplomb, soulevé par l&rsquo;écoulement ascendant.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15c.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15c.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Scleronephthya</em> sp. est placé  dans l&rsquo;accélération du courant.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" >
      <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15d.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/15d.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
      <em>Scleronephthya</em> sp.  fixé contre la paroi exposée au brassage.</figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j">Les gorgones dont le morphe est en éventail et qui  affectionnent les courants forts sont fixées perpendiculaires à celui-ci et,  selon le genre, verticalement ou accolées à la paroi abrupte. L&rsquo;observation du spécimen à l&rsquo;achat, fournit quelques indices  quant à son orientation dans le courant. Les polypes plus développés sur une  face d&rsquo;une gorgone sont le plus souvent en aval d&rsquo;un courant fort ou en amont  d&rsquo;un courant faible. La courbure d&rsquo;un <em>Nepthea</em> détermine approximativement son inclinaison pour s&rsquo;écarter de la paroi.</p>
<h2>8. Cohabitations et facteurs de stress</h2>
<p>Dans la nature, coraux Scléractiniaires et Octocoralliaires  se côtoient, mais on assiste parfois à l&rsquo;envahissement total du territoire par  ces derniers, en mesure de libérer de fortes quantités de toxines. Il en est  également ainsi dans les aquariums mixtes&nbsp;: un milieu clos exacerbera les  effets toxiques des Octocoralliaires à forte biomasse et, au-delà d&rsquo;une  certaine densité d&rsquo;Alcyoniidés et de Nephtéidés, la situation peut devenir  insoutenable pour les coraux durs au point de stopper leur croissance et de s&rsquo;affaiblir  jusqu&rsquo;à blanchiment du corail.<br />
      Le système de nourrissage, déployé pour les Octocoralliaires  azooxanthellés, rend l&rsquo;aquarium tout à fait compatible avec quantité d&rsquo;autres  invertébrés également suspensivores microphages. Ainsi, sous réserve que les  techniques de maintenances soient maitrisées, pourront cohabiter : coraux,  sabelles, ascidies, holothuries, éponges, bivalves, comatules, antipathes…</p>
<h3>8.1. Cohabitations  utiles</h3>
<p class="align-j">Il sera parfois utile d&rsquo;introduire des animaux prédateurs  d&rsquo;organismes parasites des Octocoralliaires comme le Poisson-papillon <em>Chelmon</em> consommateur d&rsquo;<em>Aipatsia</em> en cas d&rsquo;explosion de cette anémone, ou les  crevettes du genre <em>Stenopus</em> friandes  de vers polychètes. D&rsquo;autres comme les bivalves, tuniciers, éponges… pourront  contribuer à absorber des métaux lourds. Les  pics de pollution susceptibles de se produire lors de l&rsquo;alimentation des  espèces azooxanthellées seront mieux pris en charge par une biodiversité  comprenant des détritivores (gastéropodes, microcrustcés, vers) qui  dégraderont les déchets et biofilms, et dont  les larves pourront nourrir les filtreurs. La liste est longue&nbsp;!</p>
<h3>8.2. Parasites  et prédateurs</h3>
<figure class="figfloat" style="float:left"  >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/22.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    Planaire <em>Waminoa</em> sp., fréquent sur les Octocoralliaires.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Poissons corallivores,  planaires, mollusques gastéropodes ou nudibranches, annélides  polychètes, crustacés, étoiles de mer…, ils ne manquent pas. Vous trouverez  d&rsquo;amples informations dans le sujet <em>Parasites et prédateurs</em> du précédent  article <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires%c2%a03-%c3%a9cologie-r87"><em>Octocoralliaires&nbsp;3 – Écologie</em></a>.  On peut rajouter qu&rsquo;Octocoralliaires et poissons n&rsquo;ont pas le même régime  alimentaire. La charge de nourriture qui peut devenir importante doit être  traitée en conséquence. La population de ces derniers devra être raisonnable en  présence de NPS. </p>
<figure class="figfloat" >
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/47.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo4/47.jpg"></a><figcaption class="figlegende">
    <em>Anthogorgia</em> sp. dont le pied est rongé  par un ver polychète.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La faune cryptique qui se déplace sur le décor la nuit  venue, peu déranger l&rsquo;ouverture des polypes. C&rsquo;est le cas de quelques crabes.  Les crevettes <em>Lysmata</em> habituellement  rencontrées dans les aquariums récifaux, progressent sur les colonies à la recherche de nourriture. Elles les dérangent temporairement et les privent de leurs proies, sans révéler de détérioration des tissus.</p>
<p class="align-j">Il existe des prédateurs naturels comme de nombreux  nudibranches, chacun spécialisé dans un genre limité d&rsquo;Octocoralliaires et qu&rsquo;il faut  écarter rapidement. Des planaires, notamment <em>Waminoa spp. </em>et de nombreux genres de copépodes envahissent  régulièrement les tissus. Rappelons les redoutables destructeurs des  Octocoralliaires que sont les vers polychètes, notamment les vers de feu. Ils  occupent les roches et creusent en remontant, détruisant les tissus internes,  sans que l&rsquo;on constate quoi que ce soit, jusqu&rsquo;à l&rsquo;affaiblissement et la mort  de la colonie. Leur présence fréquente pénalise plus particulièrement la  maintenance des espèces difficiles. Il faut donc éradiquer ces parasites à  l&rsquo;arrivée du spécimen tout autant que par la suite.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h2>9. Soins</h2>
<p class="align-j">Les progrès dans la technique, dans la connaissance des  espèces et des processus biochimiques ainsi que dans les méthodes de maintenance  captive, ont permis d&rsquo;améliorer la santé des aquariums récifaux. Les  pathologies sont mieux décrites, les maladies moins fréquentes, mais quand  elles se déclarent, l&rsquo;aquariophile est tout aussi désemparé. L&rsquo;idéal est de connaitre la source du mal et ce qui  l&rsquo;entretient&nbsp;: stress environnemental, attaque parasitaire, maladie bactérienne  ou virale… ce qui n&rsquo;est pas toujours facile. Le sujet <em>Agents pathogènes, maladies</em> a été abordé dans <a href="https://reeflexion.fr/https:/reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie" target="new"><em>Octocoralliaires&nbsp;3 – Écologie</em></a> , il fournit quelques pistes pour les identifier et les traiter. </p>
<h3>9.1. Traitements  biologiques</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;exploiter un vrai prédateur du parasite dont on  souhaite se débarrasser. Autant que possible, il faut privilégier cette lutte  biologique dont l&rsquo;impact sur l&rsquo;équilibre du bac est moindre, quoi qu&rsquo;il existe toujours un  risque quand on ne connaît pas  le comportement de cet auxiliaire après  la disparition du parasite. La méthode impose donc une bonne connaissance du parasite  et de son prédateur. Le tableau 8  propose quelques modes de traitements  biologiques.</p>
<h3>9.2. Traitements  physiques</h3>
<p>Des actions sur le  système de maintenance peuvent être une  réponse rapide, sans risque, aux  premiers symptômes de maladies&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Changement d&rsquo;eau</strong>&nbsp;: ils n&rsquo;ont d&rsquo;effet  que s&rsquo;ils sont importants de 30 à 50&nbsp;%.</li>
<li><strong>Bains d&rsquo;eau douce&nbsp;</strong>: si les  scléractiniaires et notamment les SPS supportent souvent mal ce traitement, il  s&rsquo;avère  efficace sur les Octocoralliaires contre les planaires.  L&rsquo;immersion dans l&rsquo;eau douce à la même température que celle du bac est de  l&rsquo;ordre de la minute en fonction du décollement des parasites.</li>
<li><strong>Nettoyage</strong>&nbsp;:  Sectionner les portions du corail infecté et nettoyer les zones saines.  Colmater les éventuels accès des vers prédateurs à la base des gorgones, à  l&rsquo;époxy.</li>
<li><strong>Bouturage</strong>&nbsp;: le plus tôt possible,  sectionner les portions saines du corail et les baigner dans une solution de  Lugol, à raison de 2 à 3 gouttes par litre durant quelques minutes.</li>
<li><strong>Ozone ou UV</strong>: pour diminuer la population  de bactéries libres dans la colonne d&rsquo;eau.</li>
</ul>
<h3>9.3. Traitements  chimiques, médicaments</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit de détruire le parasite par utilisation d&rsquo;un  produit chimique. Lorsque l&rsquo;utilisation de la lutte biologique est inefficace  ou impossible, la lutte chimique est envisageable. Sauf si des tests préalables ont démontré l&rsquo;absence totale d&rsquo;effets indésirables (déséquilibres bactériens, modification de la  composition chimique de l&rsquo;eau, stress sur les animaux) ou lorsque c&rsquo;est  préconisé par le fabricant, on ne traite jamais dans l&rsquo;aquarium  récifal principal. On procède par des  bains, dans une cuve annexe. </p>
<p class="align-j">Méthode des bains&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Écarter les individus, ou portions de colonies,  affectés&nbsp;;</li>
<li>remplir le bac hôpital de quelques litres avec  l&rsquo;eau salée du bac, à la température d&rsquo;origine&nbsp;;</li>
<li>incorporer le produit au dosage indiqué et  mélanger&nbsp;;</li>
<li>introduire le corail et attendre la durée  prescrite&nbsp;;</li>
<li>agiter le corail, utiliser éventuellement une  pompe, pour déloger les parasites&nbsp;;</li>
<li>rincer le corail dans un récipient contenant  l&rsquo;eau du bac ;</li>
<li>vérifier l&rsquo;efficacité du traitement, poursuivre  si nécessaire.</li>
</ul>
<h4>9.3.1 Traitements</h4>
<table align="center" class="tableau"  style="width:100%; max-width: 800px">
<caption class="tableau-titre">
      Tableau 8 : Traitements des maladies<br />
      </caption>
<tr>
<th valign="top">Parasite</th>
<th valign="top">Effets</th>
<th valign="top">Traitements    possibles <br />
          (efficacité variable selon l&rsquo;espèce du parasite)</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Planaires</strong><br />
          Nombreux genres (<em>Waminoa</em>, <em>Convolutriloba</em>, <em>Heterochaerus</em>…)</td>
<td valign="top">Lésions    superficielles, petits cercles clairs, affaiblissement général,    envahissement. <br />
          Les larves peuvent s&rsquo;enkister dans les tissus en protubérances de Ø 3 à 5&nbsp;mm, parfois sur une surface importante et rester en latence des années sans gêner le corail.</td>
<td valign="top"><strong>Biologique</strong><br />
          &#8211; Poissons&nbsp;: <em>Synchiropus picturatus</em>, <em>S.&nbsp;ocellautus</em>, <em>Pseudocheilinus hexataenia</em>: <em>Anampses spp.</em>, <em>Halichoeres melanurus</em>, <em>H.&nbsp;leucurus</em>, <em>H.&nbsp;chrysus, H.    marginatus</em>, <em>H. viridis</em>, <em>Thalassoma lunare</em>, <em>T.&nbsp;hardwicke…</em><br />
          &#8211; Crevettes et    crabes symbiotiques.<br />
          &#8211; Nudibranches&nbsp;: <em>Chelinodura varians</em>, <em>Berghia    verucicornis</em> <br />
          <strong>Chimique</strong><br />
          Anthelminthiques&nbsp;: lévamisole, praziquantel, iode, lugol, povidone    iodée (Betadine),<br />
          Compositions commerciales: <em>Tremazol</em> (praziquantel) de <em>Sera</em>&nbsp;; <em>Coral Rx</em>, <em>Ultra Pest Control, Flatworm exit</em>, <em>Salifert Flatworm control Blue Life</em>, <em>Flatworm solution</em>, <em>Pro    Coral Cure</em> de <em>Tropic Marin</em>, <em>Coral dip solution</em> de <em>Precision solution</em>, <em>Flatworm Stop</em> de <em>Korallen-Zucht (traitement dans le bac)</em>, <em>Hydrogent</em> d&rsquo;<em>ECOBIO</em></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Copépodes</strong><br />
          Nombreux genres</td>
<td valign="top">Affaiblissement, décolorations, perte de zooxanthelles, polypes contractés&#8230; Vecteurs de maladies bactériennes.<br />
          Les larves peuvent percer  le tissu  et s&rsquo;enkyster en formant des protubérances (galles).</td>
<td valign="top"><strong>Biologique</strong><br />
          &#8211; Poissons : <em>Corythoichthys haematopterus</em><br />
          <strong>Chimique</strong><br />
          Des    éradications sont constatées sur SPS avec<br />
          Insecticides &nbsp;: <em>Confidor</em> de <em>Bayer</em> (imidacloprid)&nbsp;; <em>Thiacloprid</em> ; <em>Interceptor</em> (oxime de milbémycine).<br />
          Anthelminthiques : <em>Tremazol</em> (praziquantel) de <em>Sera</em>&nbsp;; PraziPro (praziquantel) de Hikari ;<strong> </strong><em>Sentinel    Spectrum</em> (oxime de milbémycine, lufenuron et praziquantel)&nbsp;; <em>Milbemax</em> (oxime de milbémycine et praziquantel). </td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Bactéries</strong></td>
<td valign="top">Dégénérescence tissulaire</td>
<td valign="top"><strong>Chimique</strong><br />
          Antibiotiques&nbsp;: Chloramphenicol<br />
          Bactéricide virucide et fongicide&nbsp;: <em>Hydrogent </em>d&rsquo;<em>ECOBIO</em> (acide peracétique et peroxyde d&rsquo;hydrogène) </td>
</tr>
</table>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h4>9.3.2 Médicaments</h4>
<ul class="align-j">
<li><strong>Lugol</strong> : utilisé dans le bac principal en vue de diminuer le nombre de bactéries dans  la colonne d&rsquo;eau, à raison de 1 goutte pour 120 litres, durant plusieurs jours,  sans dépasser le dosage. Également utilisé en bain annexe pour traiter un  corail, à raison de 5 à 15 gouttes de Lugol par litre d&rsquo;eau salée, durant 5 à  15 minutes. Concentration et durée doivent être augmentées progressivement  selon la résistance du corail.</li>
<li><strong>Antiparasites</strong>&nbsp;:  l&rsquo;efficacité des produits anthelminthiques (vermifuges) est assez inégale et  l&rsquo;action des insecticides encore mal définie. <br />
        Andrew et Lynford ont noté une relative efficacité, mais pas totale, avec <strong>Coral  RX</strong>, sur plusieurs espèces de planaires. Le <strong>praziquantel</strong> est un puissant anthelminthique concentré liquide prêt à l&#8217;emploi, développé  contre les parasites dans les étangs ou en aquarium marin. Il ne semble pas  avoir d&rsquo;impact négatif sur la filtration biologique, les poissons ni les  invertébrés. Il ne nécessite généralement pas de changement d&rsquo;eau après  traitement en bac principal. Il est souvent associé à l&rsquo;oxime de milbémycine  pour étendre le spectre de son action. L&rsquo;<strong>oxime  de milbémycine</strong> est un antiparasitaire vétérinaire à spectre large,  notamment comme anthelminthique et acaricide. Le produit est efficace contre les parasites copépodes, mais n&rsquo;épargne pas la microfaune. Des témoignages et posologies  sont consultables sur ces liens : <a href="http://www.salt-city.org/showthread.php?16646-Tegastes-acroporanus-(The-Red-Acro-Bug-or-Red-Bugs">lien1</a>, <a href="http://www.advancedaquarist.com/2010/3/corals">lien2</a>. </li>
<li><strong>Antibiotiques</strong> : destinés à lutter contre les bactéries pathogènes. <br />
        Le <strong>chloramphénicol</strong> a été utilisé  contre les RTN des SPS. C&rsquo;est un produit vétérinaire en poudre. <br />
        Bingman recommande le protocole suivant&nbsp;: réaliser un premier bain de  Lugol comme ci-dessus&nbsp;; baigner ensuite le corail dans le bac hôpital équipé  d&rsquo;une pompe de brassage (pas de pompe à air)&nbsp;; verser le Chloramphénicol dissous  dans de l&rsquo;alcool pur (environ 100 mg/ml). Doser dans le bac hôpital, à raison  de 20 à 50&nbsp;mg/l de Chloramphénicol par litre d&rsquo;eau de mer durant 24  h&nbsp;; changer l&rsquo;eau, remettre l&rsquo;antibiotique et rajouter 5 à 10 gouttes de  lugol par litre durant 15 minutes. Remettre le corail dans le bac principal.  Détruire l&rsquo;antibiotique en désinfectant le bac hôpital à l&rsquo;eau de javel durant  quelques heures. L&rsquo;<strong><em>Hydrogent </em></strong><em>d&rsquo;ECOBIO</em> est  un mélange d&rsquo;acide peracétique et de peroxyde d&rsquo;hydrogène. Il pourrait s&rsquo;agir  d&rsquo;un traitement efficace contre les pathologies rencontrées  en aquarium&nbsp;: permet de détruire l&rsquo;ensemble des microorganismes : bactéries,  champignons, algues et virus, ainsi que les ectoparasites de type  Plathelminthes et semble-t-il les Aiptasia. La  posologie est documentée dans la <a href="http://www.aquarium-portedoree.fr/sites/aquarium-portedoree.fr/files/hydrogent1.pdf" target="new"> notice de l&rsquo;<em>Hydrogent</em></a>.  Dans tous ces cas de figure, le taux de survie des animaux est extrêmement  élevé.</li>
</ul>
<p class="align-j">Par prudence et parce  que les produits actifs varient d&rsquo;une formule à l&rsquo;autre, les modes de  traitements et posologies n&rsquo;ont pas été systématiquement détaillés. Les  intéressés pourront consulter les publications sur le net pour définir ce qu&rsquo;il  convient d&rsquo;adopter dans leur cas.<br />
      Une maladie peut anéantir un aquarium, quand  ce n&rsquo;est pas la propre motivation du soigneur. Les résultats des traitements ayant  toujours une part d&rsquo;incertitude, la meilleure de toutes les méthodes reste la  prévention en pratiquant la quarantaine comme cela a été exposé plus haut, et  de réagir rapidement aux dérives.</p>
<h2>10. Reproduction et bouturage</h2>
<p class="align-j">Fort heureusement, le traitement des maladies n&rsquo;est pas la  principale activité liée à la maintenance des Octocoralliaires. Comme on l&rsquo;a vu  au chapitre&nbsp;5 de l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction"><em>Octocoralliaires 2 &#8211; Biologie : nutrition, </em>reproduction</a>,  dans la nature, ces derniers assurent leur survie en se propageant par  reproduction asexuée et en régénérant  leurs tissus blessés. Les  fermes d&rsquo;élevage, tout comme les amateurs aquariophiles, exploitent chaque fois  que possible les mêmes principes pour limiter les prélèvements sauvages, pour assurer  la pérennité de leurs propres collections et pour échanger les espèces. Et puis la  reproduction, même asexuée, n&rsquo;est-elle pas le graal de la maintenance d&rsquo;espèces  vivantes&nbsp;?</p>
<p class="align-j">Les techniques sont plus ou moins efficaces selon les  espèces. Celles symbiotiques, disposent toujours de suffisamment d&rsquo;énergie lumineuse pour subvenir à leurs  besoins pour mieux supporter le stress, leur croissance est également plus rapide, elles s&rsquo;y  prêtent donc particulièrement bien.</p>
<h3>10.1. Cas  des morphes mous adhérant au substrat → Lacération</h3>
<p class="align-j">C&rsquo;est la méthode la plus simple qui consiste à trancher au  scalpel une portion de la base d&rsquo;un spécimen accrochée à son support. La partie  découpée se sépare et, en quelques semaines, deux individus se développent de manière autonome.</p>
<h3>10.2. Cas  des morphes massifs d&rsquo;espèces robustes → Fragmentation</h3>
<p class="align-j">C&rsquo;est la méthode la plus pratiquée, sur les spécimens  massifs de Nephtéidés et Alcyoniidés. Cette méthode est stressante pour le  corail qui produit beaucoup de mucus. Les parties découpées sont sensibles aux  infections bactériennes. Pratiquée massivement ou sur des individus massifs,  les toxines libérées peuvent dérégler un bac, aussi est-il préférable de  procéder à l&rsquo;extérieur du bac principal et de filtrer sur charbon actif :</p>
<ul>
<li>Découper le spécimen au scalpel ou des ciseaux  aiguisés, en un ou plusieurs morceaux, en prenant soin de conserver une zone de  tissu externe.</li>
<li>Positionner la portion de corail, la zone  tranchée vers le substrat, l&rsquo;ectoderme vers l&rsquo;eau.</li>
<li>Maintenir cette portion dans la partie concave  du support en s&rsquo;assurant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas serrée une fois gonflée&nbsp;: <br />
        &#8211; bouture importante, et ferme (coraux cuirs…)&nbsp;: tenue par des élastiques,  fixée par un cure dent, bloquée dans un coin…&nbsp;;<br />
        &#8211; bouture petite et ferme&nbsp;: par collage à la colle cyanoacrylate sur un support&nbsp;plan et lisse&nbsp;;<br />
        &#8211; espèces gluantes, peu denses et fragiles (<em>Cladiella</em>…)&nbsp;:  par un grillage large ou tout autre système l&rsquo;empêchant de glisser ou de se  cisailler.</li>
<li>Déposer le support dans un endroit non  sédimenté, brassé de façon à dégager les mucus et assurer la respiration de  l&rsquo;animal, mais sans excès.</li>
<li>Le spécimen se cautérise normalement en quelques  jours, surveiller cependant l&rsquo;absence d&rsquo;infection bactérienne&nbsp;:</li>
<li>Il se fixe au substrat en une à deux semaines et  entame un bourgeonnement en 2 à 3 semaines&nbsp;;</li>
<li>libérer la bouture après quelques  semaines ou dès qu&rsquo;elle s&rsquo;est solidement fixée.</li>
</ul>
<h3>10.3. Cas  des morphes massifs d&rsquo;espèces délicates → Étranglement</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;étranglement d&rsquo;un rameau de quelques polypes peut être  provoqué en le coupant partiellement. Le fragment encore attaché à la colonie  et dans le même environnement, cicatrise puis finalement se détache et se fixe  sur le support que l&rsquo;on aura choisi. Cette méthode, peu stressante parait mieux  adaptée aux espèces difficiles. Quelques succès ont d&rsquo;ailleurs été relatés sur des espèces azooxanthellées. Une  reproduction a été obtenue à partir de l&rsquo;auto étranglement d&rsquo;une branche de <em>Dendronephthya</em>, laissée librement dans  une anfractuosité sous un léger courant.</p>
<h3>10.4 Cas  des morphes à squelette interne → Fragmentation</h3>
<p>Cette technique  s&rsquo;applique aux gorgones&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Couper une branche et dénuder à la base, le  squelette interne (comme un fil électrique)&nbsp;;</li>
<li>introduire ce squelette dépourvu de tissus dans  un trou adapté à son diamètre&nbsp;;</li>
<li>le fixer au mastic époxy, les tissus recouvriront la colle en consolidant la fixation.</li>
</ul>
<h2>11. Pour conclure</h2>
<p class="align-j">Un peu en marge de  l&rsquo;aquariophilie récifale actuelle, ces articles généralistes aideront-ils les  amateurs à rendre aux Octocoralliaires la place qu&rsquo;ils méritent&nbsp;? À n&rsquo;en pas  douter, ces coraux mous, mous-durs, mi mous mi durs et parfois durs, peuvent  être des &quot;durs à cuire&quot;. Des plus faciles à ceux qui restent  impossibles à tenir, ils représentent les extrêmes de ce que l&rsquo;on peut  trouver dans l&rsquo;aquariophilie récifale. Ils n&rsquo;ont pas encore révélé tous leurs  potentiels dans un aquarium d&rsquo;exposition. Les récifalistes ont encore beaucoup à  apprendre pour maintenir certaines espèces qu&rsquo;il faut appréhender avec toute  l&rsquo;humilité dûe à notre ignorance. Si ce n&rsquo;est pas pour mettre en œuvre toutes les  chances de leur survie, respectons leurs mystères en ne les achetant pas.</p>
<p class="align-j">Le plus important de  nos observations et de nos progrès dans leur maintenance reste à partager… encore  et toujours, sur le forum de Cap récifal.</p>
<h2>Références</h2>
<ul>
<li>D. I. Rubenstein; M. A. R. Koehl<em>. </em><a href="http://ib.berkeley.edu/labs/koehl/pdfs/Rubenstein_Koehl_1977.pdf" target="new"><em>The Mechanisms  of Filter Feeding: Some Theoretical Considerations</em></a><em>.</em> The American Naturalist, Vol. 111, No.  981. Sept, oct 1997.</li>
<li><a href="http://reefkeeping.com/issues/2002-07/eb/index.htm" target="new"><em>The food of reefs</em></a><em> Part&nbsp;1  – Part&nbsp;7 </em> – Reefkeeping, janvier  2003 – avril 2003.</li>
<li>R. L. Shimek. <a href="http://www.reefs.org/library/aquarium_net/0498/0498_3.html" target="new"><em>The Reef Aquarium Consequences of  Suspension-Feeding as a Way of Life</em></a><em>. </em>Reef.org.</li>
<li>T. Wijgerde, F. Houlbrèque, C. Ferrier-Pagès. <a href="http://www.coralscience.org/main/articles/nutrition-6/how-corals-feed" target="new"><em>How Corals Feed.</em></a>Coralscience.org.  2009. <a href="http://www.coralscience.org/articles/PDF/How%20corals%20feed.pdf">Lien  pd</a>f.</li>
<li>Tim  Wijgerde, Ph.D.<a href="http://www.advancedaquarist.com/2013/12/aafeature" target="new"><em> Coral Feeding:  An Overview</em></a>, Advanced Aquarists, Vol 12. Décembre 2013</li>
<li>T. Wijgerde, P. Spijkers, E. Karruppannan, J. A.  J. Verreth, R. Osinga. <a href="http://www.hindawi.com/journals/jmb/2012/854849/" target="new"><em>Water Flow Affects Zooplankton Feeding by the Scleractinian Coral  Galaxea fascicularis on a Polyp and Colony Level</em></a>. Hindawi Publishing  Corporation, Journal of Marine Biology Volume 2012, Article ID 854849, 7 pages. <a href="http://downloads.hindawi.com/journals/jmb/2012/854849.pdf" target="new">Lien pdf</a>.</li>
<li>K. E. Fabricius and G. De&rsquo;ath. <a href="http://epubs.aims.gov.au/bitstream/handle/11068/5619/Fabricius-Biodiversity-Turbidity-SoftCoral-2001.pdf?sequence=1" target="new"><em>Biodiversity on the Great Barrier Reef:  Large-Scale Patterns and TurbidityRelated Local Loss of Soft Coral Taxa</em></a>.  Oceanographic Processes of Coral Reefs. 2001</li>
<li>K. E. Fabricius, A. Genin, Y. Benayahu. <a href="http://www.aslo.org/lo/toc/vol_40/issue_7/1290.pdf" target="new"><em>Flow-dependent herbivory and growth in zooxanthellae-free soft corals</em></a>.  American Society of Limnology and Oceanography, Inc. 1995.</li>
<li>K. E. Fabricius, P. Alderslade. Soft corals and  sea fans – <a href="http://www.amazon.com/Soft-Corals-Fans-Katharina-Fabricius/dp/0642322104" target="new"><em>A comprehensive guide to the tropical  shallow-water genera of the Central-West Pacific, the Indian Ocean and the Red  Sea</em></a>. Australian Institute of Marine Science, Townsville, Australia.  2001. 264 p</li>
<li>M-C Lin, C-M Liao, C-F Dai. <a href="http://zoolstud.sinica.edu.tw/Journals/41.4/355.pdf" target="new"><em>Modeling the Effects of Satiation on the Feeding Rate of a Colonial  Suspension Feeder, Acanthogorgia vegae, in a Circulating System under Lab  Conditions</em></a>. Zoological Studies. Juin 2002</li>
<li>K. P. Sebens, A. S. Johnson. <a href="http://www.aoml.noaa.gov/general/lib/CREWS/dbjm_23.pdf" target="new"><em>Effects of water movement on prey capture  and distribution of reef corals</em></a>. Hydrobiologia, vol. 226,  no. 2, pp. 91–101, 1991. </li>
<li>M. R. Patterson. <a href="http://biostor.org/cache/pdf/4e/6c/07/4e6c0793f500cf5565cf5480ebcb063c.pdf" target="new"><em>Patterns of whole colony prey capture in  the octocoral, Alcyonium siderium</em></a>. Biological Bulletin, vol.  167, no. 3, pp. 613–629, 1984.</li>
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<li>J. C. Delbeek. <a href="http://www.recif-france.com/Articles/Delbeeck/CorauxNonPhotosynthetiques.htm" target="new"><em>Coraux mous non-photosynthétiques</em></a>.  Récif France. Avril 2011.</li>
<li>J. C. Delbeek, M.Sc. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2002/1/aafeature" target="new"><em>Non-photosynthetic  Corals: They really are hard</em></a>. Advanced Aquarists, 2002.</li>
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<li>F. Lesage. <em>Le dosage du carbone organique</em>. ZebrasO&rsquo;mag n°28, 2014.</li>
</ul>
<p>Identifications des  Octocoralliaires</p>
<ul>
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<li>H. Andrew, M.S. Lynford. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2009/4/aafeature2" target="new"><em>Evaluation of Chemical Eradication Methods of Acoels (Acoelomorpha)  From Marine Aquaria</em></a>. Advanced Aquarists, avril 2009.</li>
<li>J. Sprung, J.C. delbeeck. L&rsquo;aquarium récifal volumes 2. Ricordea Publishing, Florida USA, 1999.</li>
<li>J. Sprung. Coraux Guide pratique d&rsquo;identification et de maintenance. Collection Océanographie. Ricordea Publishing, Florida USA, 2000.</li>
</ul>
<p>Maintenance d&rsquo;Octocoralliaires  azooxanthellés</p>
<ul>
<li>C. Matthews. <a href="http://reefkeeping.com/issues/2008-02/feature/" target="new"><em>Report on a succesfull husbandry method for a general azooxanthellate  reef system including Dendronephthya</em></a> – (Chuck Stottlemire&rsquo;s Method).  Reefkeeping février 2008. </li>
<li><a href="http://reefcentral.com/forums/showthread.php?s=&amp;threadid=524097" target="new"><em>New  Dendronephthya sp. study group</em></a>– Sujet de  discussion. Reef Central</li>
<li>E.  Borneman. <a href="http://www.reefs.org/library/aquarium_net/1296/1296_4.html" target="new"><em>Drendonephtya</em></a>–- Reefs.org</li>
<li>M. P. Janes. <a href="http://190.11.224.74:8080/jspui/bitstream/123456789/1887/1/chapter%208.pdf" target="new"><em>Husbandry of azooxanthellate soft corals (Anthozoa: Octocorallia) in  captivity: preliminary results</em></a>. Public Aquarium Husbandry Series, vol. 2. R.J. Leewis and M. Janse  (eds.), pp.&nbsp;61-73. 2008 Burgers&rsquo; Zoo, Arnhem, the Netherlands.</li>
<li>M. Cao. <em><a href="http://www.advancedaquarist.com/2011/1/aquarium" target="new">Mike Cao&rsquo;s Non-Photosynthetic Reef</a></em>.<br />
        Advanced Aquarists,  2011.</li>
<li>T. Wijgerde, Ph.D. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2015/7/aafeature"><em>Experimental aquaculture of Dendronephthya corals</em></a><em></em>. Advanced Aquarists. Juillet 2015.</li>
<li>T. Wijgerde. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2012/3/aafeature2" target="new"><em>Improved husbandry of marine invertebrates using an innovative filtration technology &#8211; part 2 : results with two 12 cubic meter DyMiCo systems</em></a>. Advanced Aquarists. Mars 2012.</li>
<li>K. E. Fabricius. <a href="http://www.mydigitalpublication.com/publication/?i=161377" target="new"><em>Ecology and Nutrition of Azooxanthellate  Octocorals</em></a>. Corals.</li>
<li>Sujet de discussion : <a href="http://www.reefcentral.com/forums/showthread.php?t=1760416" target="new"><em>Continuous feeding NPS filter feeders</em></a><em>.</em> Reef central.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tous mes remerciements aux auteurs des photos pour leur  accord de publication et à Dominique PAILLER,  Philippe PALUDETTO, Christian SEITZ et Olivier SOULAT   pour leur soutien.</p>
<p align="center"><em>Article publié sur Cap récifal le 1 février 2015.</em></p>
<h3>Images liées:</h3><p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">Octocoralliaires 4 &#8211; Maintenance</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<item>
		<title>Octocoralliaires 3 &#8211; Écologie : biotopes, agressions, maladies</title>
		<link>https://reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jan 2015 23:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les deux premiers épisodes de cette série sur les Octocoralliaires, ont pu permettre de mieux connaitre leur anatomie et d&#8217;en savoir un peu plus sur leurs modes de fonctionnement. Avant d&#8217;envisager leur maintenance de manière responsable, il semble indispensable de comprendre le milieu dans lequel ils vivent et comment ils interagissent avec les autres habitants. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="align-j">Les  deux premiers épisodes de cette série sur les Octocoralliaires, ont pu permettre de mieux connaitre leur anatomie  et d&rsquo;en savoir un peu plus sur leurs modes de  fonctionnement. Avant   d&rsquo;envisager leur maintenance de manière responsable, il semble indispensable de comprendre le milieu dans lequel ils vivent et comment ils interagissent avec les autres habitants. Agressions environnementales, prédateurs, maladies et réactions de protection, leur vie n&rsquo;est pas un long fleuve tranquille&#8230;</p>
<p class="align-c"><a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-1-biologie-classification-et-anatomie/">1 : Classification, anatomie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">2 : Nutrition, reproduction</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/https:/reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/">3 : Écologie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">4 : Maintenance</a></p>
<h2>1.	Modèles de distribution &#8211; biotopes</h2>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires occupent toutes les régions du globe. Ils sont plus nombreux dans la ceinture tropicale et la richesse des récifs coralliens augmente en se rapprochant de l’équateur et du centre de diversité (le triangle corallien : Philippines &#8211; Papouasie &#8211; Indonésie).<br />
  Sessiles, ils sont soumis aux conditions environnementales (lumière,  flux marins,  sédimentation…) des lieux où leur larve s‘est implantée. Les préférences et la marge de tolérance des coraux varient de manière importante selon les espèces, certains ne supportent que quelques variations des conditions environnementales à la différence d&rsquo;autres plus  résistants aux perturbations. Ainsi  la distance à la côte mais aussi la profondeur (et par corrélation, l&rsquo;hydrodynamisme,  la lumière, la turbidité et l&rsquo;apport d&rsquo;eau douce) sont reconnues pour être des  facteurs structurant la présence ou l&rsquo;absence de certaines espèces. Cependant de  nombreux autres points sont très probablement à prendre en compte sans qu&rsquo;ils  aient toutefois été identifiés à ce jour.</p>
<figure class="figcolonne pos-centre" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/3.jpg" data-ipsLightbox><img  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Zonation récifale.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les eaux des pentes continentales des récifs de la Grande barrière de corail, des atolls perdus au milieu des océans ou les eaux profondes de la Mer rouge sont claires, pauvres en particules, avec peu de dépôts sédimentaires, sans perturbation due aux écoulements côtiers avec occasionnellement, la remontée de nutriments issus des eaux profondes (upwelling). Dans ces habitats, les espèces zooxanthellées prolifèrent jusqu’à 20 m de profondeur. Les populations sont par contre plus faibles et les espèces moins nombreuses à l’approche des crêtes récifales, du fait de la vigueur des vagues, surtout sur les côtes situées au vent. On n’y trouve que de petites colonies telles que <em>Xenia</em> et <em>Paralemnalia</em>, ces conditions ne se prêtent pas au développement des espèces plus grandes comme <em>Lemnalia</em> ou <em>Nephtea</em> et la plupart des gorgones. Les gorgones apprécient mieux les zones exposées aux courants et à l’abri des vagues, à l’intérieur du récif ou en bas de la pente récifale. </p>
<p class="align-j">Les conditions sont plus variées et les types d’habitats plus nombreux sur les récifs frangeants ou les récifs barrière (cf. <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/les-r%c3%a9cifs-coralliens-tropicaux-r40"><em>Les récifs coralliens tropicaux</em></a>). La densité des populations évolue selon la profondeur et la distance. On dénombre peu de colonies et d’espèces zooxanthellées dans les récifs proches de la côte aux eaux turbides dont la visibilité n’excède pas 2 m. Les <em>Briareum</em> et <em>Sinularia</em> pourront dominer dans les zones peu profondes tandis qu’on trouvera des gorgones azooxanthellées en bas du récif. Un peu plus loin de la côte ou la  visibilité est de 2 à 5 m, on peut trouver des colonies de <em>Clavularia</em>, <em>Briareum</em> ainsi que quelques <em>Sinularia</em>, <em>Sarcophyton</em> et <em>Klyxum</em>. Alcyoniidés, Nephtéidés et Xeniidés domineront dans les eaux plus claire dont la visibilité est de l’ordre de 5 à 8 m. Ils pourront couvrir jusqu’à 70 % de l’espace dans des zones exposées aux courant à l’abri des vagues, laissant peu de place aux Scléractiniaires.<br />
  Bien qu’ils occupent une faible surface, souvent inférieure à 5 %, les récifs occupant la zone photique, hébergent la plus grande diversité d’espèce d’Octocoralliaires. On y trouve des espèces côtières et parfois des espèces inféodées seulement à ce milieu. </p>
<h2>2.	Environnement physique</h2>
<h3>2.1	Tempêtes et vagues </h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/5.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Sinularia</em> sp., une espèce résistant aux conditions hydrodynamiques extrêmes.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Christian SEITZ</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les cyclones et tempêtes génèrent des déplacements d’eau importants. Non seulement les houles chargées de sable abrasent et délogent les communautés d’Octocoralliaires mais leurs effets indirects comme les précipitations abondantes à l’origine de crues, du lessivage des sols ou  des sédimentations, peuvent avoir des effets destructeurs sur les récifs. </p>
<p class="align-j">Est-ce dû à leur relative souplesse ? Ces conditions cycloniques extrêmes détruisent finalement de relativement petites surfaces d’Octocoralliaires. Les zones les plus exposées sont occupées par des espèces résistantes et les espèces des zones mieux protégées supportent assez bien des conditions sévères. </p>
<p class="align-j">Les crêtes récifales exposées au quotidien au vent à une forte action des vagues restent le domaine des coraux durs. Seules quelques espèces d’Octocoralliaires épais et encroûtants comme Sinularia, Cladiella et des espèces compactes comme Capnella, Paralemnalia, Asterospicularia et Xenia peuvent supporter ces conditions, à l’abri des failles ou derrière la zone déferlante. La plupart prolifèrent dans les zones moins exposées, comme les gorgones  qui préfèrent les zones protégées ou les pentes raides côtoyant   des  courants. Beaucoup de N ephtéidés se protègent des déchirures, durant les orages, en contractant fortement la colonie mais on ne les voit jamais dans des zones exposées. </p>
<figure class="figcolonne pos-centre">
  <video width="100%" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/v1.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/vid1.mp4"><source type="video/webm" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/repro4_olivier26/vid1.webm"></video><figcaption class="figlegende">Cette vidéo amateur filmée dans les iles Raja Ampat en Indonésie, présente l&rsquo;interêt de montrer plusieurs types de décors ou prédominent les Octocoralliaires. Depuis les pentes douces baignées par le soleil jusqu&rsquo;aux tombants et surplombs plus sombres ou les failles traversées par les courants. On pourra remarquer la turbidité des eaux, la vitesse des particules et la richesse en nutriments dévoilée par l&rsquo;agitation des poissons <em>Pomacentrus philippinus</em> et <em>Pseudanthias squamipinnis</em> planctophages.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9idR7lfKD8c">2flyndive</a></figcaption></figure>
<h3>2.2	Courants</h3>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires n&rsquo;occupent pas seulement les zones relativement protégées des lagons. Leur habitat se prolonge sur la pente récifale jusqu&rsquo;à des profondeurs importantes. On les trouve en nombre, accrochés aux parois des  passes,  entre  îles et îlots et sur les tombants abrupts. Ces milieux sont balayés par des courants  unidirectionnels souvent très puissants. Ils transportent la nourriture, évacuent les déchets plus au loin et stimulent la respiration. Les gorgones azooxanthellées sont habituellement placées perpendiculaires au courant pour mieux intercepter les particules de  nourriture. Plutôt horizontales ou verticales, les morphes de croissance des espèces zooxanthellées, sont  un compromis entre la capture de nourriture  et l&rsquo;exposition à la lumière. Courants et lumière, ce sont bien là  deux paramètres essentiels.</p>
<h3>2.3	Lumière</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/6.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/6.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Le tombant où la lumière diminue progressivement, regroupe un panel d’espèces variées.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La répartition des Octocoralliaires varie en fonction de l’exposition à la lumière, qui dépend de la profondeur, de la clarté de l’eau, de l’inclinaison, de la conformation de la pente récifale. Si les Scléractiniaires s&rsquo;imposent souvent au sommet du récif,  le ratio Scléractiniaires / Octocoralliaires évolue en faveur de ces derniers avec la profondeur. Mais ce n&rsquo;est pas non plus une règle absolue.</p>
<p class="align-j">La modification de l’indice de réfraction engendré par des pluies abondantes qui forment une couche superficielle, tout comme les particules en suspension, non seulement sont responsables de la turbidité mais absorbent la lumière. Une eau turbide à 10 mètres de profondeur peut déjà être sombre en milieu de journée. La turbidité est plus importante dans les faibles fonds de la pente continentale du récif proche de la côte ou des embouchures où les vagues et les marées remettent en suspension les sédiments et la vase. </p>
<p class="align-j">Le rayonnement solaire agit directement sur le taux de la photosynthèse. La lumière active la croissance des espèces zooxanthellées, <em>a contrario</em> elle repousse  beaucoup d’espèces non photosynthétiques dont les larves se fixent préférentiellement dans les zones sombres. La profondeur limite acceptable pour les coraux augmente avec la clarté de l’eau : dans les zones turbides elle est de 10 mètres pour les espèces zooxanthellées et en deçà les espèces azooxanthellées prédominent (Ellisidés, Subergorgiidés, gorgones Plexauridés et <em>Dendronephthya</em>). Dans les eaux claires, quelques espèces photosynthétiques (<em>Sinularia</em>) croissent jusqu’à 40 mètres de profondeur, les espèces azooxanthellées débutant dans la zone des 25 mètres. La lumière est également faible dans les pentes raides et les tombants propices aux espèces peu exigeantes comme <em>Briareum</em>, <em>Sinularia</em> et les azooxanthellés.</p>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires n&rsquo;occupent  pas exactement les mêmes niches écologiques que les Scléractiniaires pour deux  raisons essentielles&nbsp;: leur faible aptitude à chasser avec leur cnidocytes associée à la petitesse  des particules de leur nourriture picoplanctonique et puis leur forte biomasse ne  permet pas la transmission de la lumière autant que la finesse des tissus de  nombreux sps, chez lesquels la photosynthèse est plus efficace. Dans le milieu  naturel, on ne constate donc pas de véritable concurrence pour la lumière avec  ces derniers.</p>
<h3>2.4. Nutriments</h3>
<p class="align-j">Les nutriments  particulaires et dissous proviennent de sources très différentes dans les eaux océaniques et eaux  côtières. Les eaux océaniques  tropicales sont  claires, appauvries par la croissance planctonique associée aux processus de dégradation. Cependant l&rsquo;upwelling remonte les eaux froides du fond, enrichies en nutriments, jusqu&rsquo;aux pentes continentales des récifs. Ce courant ascendant augmente significativement les concentrations de matières dissoutes dans les eaux de surface, bien que leurs fréquences et étendues varient considérablement d&rsquo;une région à l&rsquo;autre. Ces zones sont souvent dominées par des coraux mous comme les Xeniidés qui absorbent ces nutriments dissous. </p>
<p class="align-j">Les eaux  côtières peu profondes,  en raison de l&rsquo;écoulement  terrestre et la remise en suspension des sédiments, ont des concentrations alimentaires plus variables et souvent  supérieures à celles du large propres à la prolifération du phytoplancton et la croissance de micro-organismes. De  telles zones ont tendance à être  dominées par les coraux mous Alcyoniidés à faible profondeur du fait de la faible pénétration de la lumière.</p>
<p class="align-j">Malheureusement,  dans de nombreuses régions tropicales, les rejets d&rsquo;eaux usées, les ruissellements chargés d&rsquo;engrais et de pesticides issus du déboisement et de l&rsquo;agriculture,  contribuent au déclin des  écosystèmes côtiers  et ce jusqu&rsquo;à des dizaines de kilomètres au large. La plupart des Octocoralliaires sont absents de ces zones polluées et les  gorgones azooxanthellées  habituellement moins sensibles à ces pollutions, subissent un taux de mortalité plus élevé à cause d&rsquo;infections  fongiques et/ou bactérienne mais aussi par compétition  (colonisation  par les algues, balanes, bryozoaires, anémones).</p>
<h3>2.5. Sédimentation </h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/7.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/7.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Gorgone <em>Hicksonella</em> sp. bien mal en point   dans un univers sédimenté  de la côte Australienne.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://museum.wa.gov.au/research/research-areas/aquatic-zoology/cygnet-bay" target="_blank">Western Australian Museum</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"> La sédimentation est une cause importante  de dégradation des récifs à l&rsquo;échelle mondiale. Elle varie de manière naturelle  sur les récifs mais elle est également associée aux actions humaines, de nature  à détruire le couvert végétal. La déforestation, le traitement chimique des  terres agricoles, l&rsquo;urbanisation du littoral, les exploitations minières et les  travaux de terrassement environnants, génèrent de profondes modifications du  profil littoral et la dégradation des récifs frangeants. Les sédiments drainés  par les rivières sans retenue conduisent à l&rsquo;eutrophisation du milieu et  s&rsquo;avèrent néfastes sur la santé des récifs coralliens, surtout si elle se combine  avec des taux élevés de nutriments comme c&rsquo;est souvent le cas dans les zones  exposées à des eaux de ruissellement agricoles. </p>
<p class="align-j">Les dépôts de sédiments obstruent  les pores des tissus et étouffent les coraux notamment les petites colonies et les  juvéniles en limitant les échanges gazeux avec l&rsquo;eau. Ils occasionnent un stress  chez le corail et réduisent la photosynthèse en raison de l&rsquo;absorption de la  lumière par les particules déposées sur les colonies ou celles en suspension  dans l&rsquo;eau. </p>
<p class="align-j">Une étude  sur la Grande barrière de corail, montre que le taux de sédimentation augmente avec la profondeur et  le rapprochement de la côte. La valeur maximale a été mesurée sur fond de 10&nbsp;mètres au niveau du plateau intérieur du récif. La tolérance des Octocoralliaires  varie considérablement selon les espèces. De nombreuses, en particulier les Xeniidae  et Nephtheidae, se limitent aux eaux relativement claires alors que la plupart  des Alcyoniidae (<em>Sinularia</em>, <em>Sarcophyton</em>, <em>Lobophytum</em>, et <em>Klyxum</em>) conservent  une croissance rapide et importante dans les zones côtières turbides, modérément  éclairées. Par contre les gorgones azooxanthellées (Ellisellidae, Subergorgiidae)  abondent dans des zones troubles, même en eau peu profonde. Peut-être en raison  du champ libre laissé par les autres coraux du fait du peu de clarté associée à  une turbidité élevée et une forte sédimentation.</p>
<h3>2.6. Salinité</h3>
<figure class="figfloat">
<table class="tableau">
<caption class="grille-titre">
    Salinités moyennes<br />
    </caption>
<tr>
<th align="center"><strong>Localisation</strong></th>
<th align="center"><strong>Salinit&eacute;</strong></th>
</tr>
<tr>
<td>Eaux douces continentales</td>
<td align="center">0 &agrave; 0.5</td>
</tr>
<tr>
<td>Atlantique nord</td>
<td align="center">30.0</td>
</tr>
<tr>
<td>Oc&eacute;an Pacifique</td>
<td align="center">35.0</td>
</tr>
<tr>
<td>Oc&eacute;an indien</td>
<td align="center">36.5</td>
</tr>
<tr>
<td>Oc&eacute;an Atlantique</td>
<td align="center">36.5</td>
</tr>
<tr>
<td>Mer M&eacute;diterran&eacute;e</td>
<td align="center">38.5</td>
</tr>
<tr>
<td>Mer rouge</td>
<td align="center">39.7</td>
</tr>
</table>
</figure>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1a.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1a.png"></a><figcaption class="figlegende">Salinités superficielles annuelles des océans.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/World_Ocean_Atlas" target="_blank">World Ocean Atlas</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"> On sait peu de chose sur le niveau de tolérance des espèces  aux variations de salinité. La salinité moyenne des océans est à peu près stable,  35 en Indopacifique, et plus élevée dans les mers fermées, jusqu&rsquo;à 45&nbsp;dans le nord de la Mer Rouge et dans le  Golfe Persique. L&rsquo;augmentation de la  salinité de 2 à 3&nbsp; due à l&rsquo;évaporation  n&rsquo;est, en principe, pas un problème. Cependant, la baisse  de salinité sur les platiers durant la mousson peut  être préjudiciable. En présence d&rsquo;eau de mer  diluée, la chute de différence de pression osmotique de part et d&rsquo;autre des  membranes cellulaires aboutit à des perturbations physiologiques importantes,  pouvant aller jusqu&rsquo;à la mort des coraux. Une  salinité inférieure à 30 semble préjudiciable en particulier pour  de nombreux Xeniidés,  et des valeurs inférieures à 25 sont mortelles  pour la plupart des espèces.</p>
<h3>2.7. Température</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1b.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1b.png"></a><figcaption class="figlegende">Températures superficielles annuelles des océans.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/World_Ocean_Atlas" target="_blank">World Ocean Atlas</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires peuplent quasiment toutes les mers du globe. Les espèces tropicales se répartissent entre les deux tropiques, là où les larves planctoniques sont portées, d’est en ouest, par les courants superficiels et chauds (illustrations). <br />
  Les espèces photo symbiotiques se développent dans les eaux dont la température est adaptée à la marge de tolérance étroite de leurs algues symbiotiques et essentiellement dans les eaux de surface où les moyennes de températures oscillent autour de 25°C. La température limite supérieure acceptable varie selon les régions, mais avoisine 31°C, seules quelques espèces peuvent supporter des pointes extrêmes épisodiques à 34°C mesurées localement sur des platiers ou dans des baies protégées du vent. <br />
  Les espèces zooxanthellées se font plus rares quand la température descend durant de longues périodes en dessous de 18°C.<br />
  Les espèces azooxanthellées sont en mesure de prospérer dans les eaux tropicales plus profondes au-delà de 40&nbsp;m et celles tempérées ou froides jusqu&rsquo;à 4°C. Leur résistance est propre à l’espèce mais aussi à ses caractères génétiques, elle n’a pas fait l’objet de publication mais, les températures des eaux de fond étant plus stables, on peut imaginer qu’elles supportent moins les dérives. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);  width: 70%;">
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Répartition des coraux zooxanthellés.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/2.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Courants océaniques.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Répartition des coraux zooxanthellés.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">Il suffit d&rsquo;une  hausse de un à deux degrés  au-dessus de la moyenne maximale estivale  pour provoquer l&rsquo;expulsion des zooxanthelles  des organismes photosynthétiques, engendrant le  blanchissement du corail. (photo).  La température souvent trop élévée et parfois trop basse est la cause principale  des blanchissements soudains, mais  d&rsquo;autres facteurs de stress peuvent le provoquer, tels que des infections bactériennes, l&rsquo;eau douce,  les sédiments, la surexposition à la  lumière ultraviolette ou visible.  La population de zooxanthelles peut  se rétablir dans la colonie si la cause du stress cesse après une courte période. Toutefois, si le stress est sévère ou persiste trop longtemps, les organismes  meurent. Les chances de survie varient selon les espèces, les Xeniidés périssent  en quelques jours, les Nephtéidés semblent moins sensibles, les Alcyoniidés résistent mieux et peuvent survivre durant des mois. </p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/11.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Blanchissement d&rsquo;Octocoralliaires à Cyrene reef (Singapour), dont un a déjà expulsé toutes ses zooxanthelles. Les blanchissements se sont intensifiés,  conséquence  de l&rsquo;activité humaine.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://wondercreation.blogspot.fr/2010/06/soft-coral-bleaching-at-cyrene-reef.html" target="_blank">Kok Sheng Loh</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les événements de  blanchissement de masse ont  augmenté au cours des dernières décennies et sont clairement liés aux changements climatiques. Les  concentrations de dioxyde de carbone  dans l&rsquo;atmosphère entraînent un  &quot;effet de serre&quot; et une  augmentation des températures maximales  sous les tropiques. Elles  constituent l&rsquo;une des plus de graves  menaces pour la santé des récifs  coralliens, ne sachant pas si  les coraux pourront s&rsquo;acclimater à ce réchauffement océanique. </p>
<h3>2.8. Perturbations  anthropiques</h3>
<p class="align-j">Les perturbations naturelles occasionnent  des dégâts sur les récifs mais sans engendrer des effets néfastes à long terme.  Au contraire, ils permettent aux espèces les moins compétitives de reconquérir  des territoires. Les grands fléaux ne peuvent survenir qu&rsquo;à la suite du  renouvellement de perturbations. Les coraux adultes étant plus résistants, ils  retardent le constat de l&rsquo;ampleur des détériorations, parfois après des années.  La diminution de certaines espèces de coraux du fait de ces perturbations, n&rsquo;est  en général pas compensée par l&rsquo;installation d&rsquo;autres espèces&nbsp;; les envahisseurs  comme les algues ont tôt fait de prendre le dessus et de réduire la diversité  des espèces en conséquence. </p>
<p class="align-j">Les principales causes de la mort des  récifs sont le fait des activités humaines et de leurs répétitions  (illustration) :</p>
<ul class="align-j">
<li>Mauvaise  exploitation des ressources terrestres :  déforestation générant des écoulements  rapides vers la mer, sources de sédimentation et d&rsquo;eutrophisation des  fonds&nbsp;;  utilisation de traitements agricoles (engrais, pesticides) sources  d&rsquo;enrichissement en phosphates, nitrates&nbsp;; réchauffement climatique qui   découle de nos pollutions avec  ses effets sur la température et l&rsquo;acidification  des océans.</li>
<li>Hyper  exploitation des côtes : activités de loisirs,  constructions,  ports  et  amarrages inadaptés…&nbsp;;  pollution urbaine et industrielle qui  draine des hydrocarbures, détergents et métaux lourds.</li>
<li>
<p>Surexploitation des ressources marines : pratiques de pêches  destructrices (explosifs, cyanure, chaluts) qui affectent directement les  organismes de fond&nbsp;; mauvaise gestion des ressources orientée sur  certaines espèces&nbsp;; diminution des prédateurs puis des herbivores qui  laissent proliférer les macroalgues au détriment des communautés coralliennes.</p>
</li>
</ul>
<figure class="figcolonne pos-centre"><figcaption class="grille-titre">Illustration 1 : Modes de dégradation des récifs coralliens</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/4.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/4.jpg"></a><br />
</figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>3. Ecologie, protections, défenses et agressions chimiques, physiques, biochimiques</h2>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires  sont sessiles et ne peuvent donc pas  se cacher ou fuir face aux dangers, qu&rsquo;ils soient d&rsquo;origines physicochimiques humaines ou naturelles, provenant  de parasites, de prédateurs (coraux, éponges, algues, gorgones, anémones) ou de concurrents. Pour conserver une bonne  place sous la lumière ou dans le flux des nutriments apportés par  le courant, ils ne sont  pas sans défenses et   sont capables de synthétiser des substances chimiques (métabolites secondaires) en  mesure de se protéger des envahisseurs ou des rayonnements solaires nocifs, de dissuader  des prédateurs ou même d&rsquo;agresser d&rsquo;autres invertébrés. Les moyens de protection des Octocoralliaires s&rsquo;avèrent d&rsquo;ailleurs plutôt efficaces puisque qu&rsquo;on ne constate pas chez eux des mortalités à grande échelle dues à des prédations comme dans le cas des    Scléractiniares avec l&rsquo;étoile de mer <em>Acanthaster planci</em>.</p>
<h3>3.1. Substances  antiappétantes contre la prédation</h3>
<p class="align-j">Les substances chargées de dissuader les prédateurs sont toxiques ou plus simplement, réduisent l&rsquo;appétence.  La plupart appartiennent à un groupe de composés chimiques les terpénoïdes. De nombreuses espèces de coraux les produisent et les stockent au stade larvaire ou adulte. Ces substances sont efficaces contre la  plupart des prédateurs mais quelques-uns, comme la porcelaine <em>Ovula ovum</em> prédatrice des Alcyonacés  qui broute à  la surface des colonies, ont développé génétiquement une aptitude à décomposer ces toxines par des processus métaboliques. D&rsquo;autres espèces, comme <em>Dendronephthya hemprichi</em> de Mer Rouge qui dispose  d&rsquo;un faible niveau de protection  chimique contre la prédation,  compensent leurs pertes élevées dues aux brouteurs (escargots <em>Ovula</em> et <em>Drupella</em>, oursin <em>Diadema</em> et les Poissons-papillon), par des taux de croissance et de reproduction rapides. </p>
<p class="align-j">On observe sur les Alcyoniidés et parfois sur <em>Efflatounaria</em>, de nombreuses cicatrices laissées par de grands  prédateurs. C&rsquo;est moins le cas pour les autres espèces, soit parce qu&rsquo;elles guérissent plus  vite ou au contraire parce qu&rsquo;elles  sont plus sensibles et meurent des  suites de leurs blessures sans laisser de preuve.  Certaines demoiselles (<em>Neoglyphidodon</em><em> melas</em>) et poissons-papillons (<em>Chaetodon</em><em> melanotus</em>, <em>C.</em><em> fasciatus</em>, <em>C.</em><em> paucifasciatus</em>) se nourrissent d&rsquo;Octocoralliaires par la cueillette sélective de polypes individuels, sans causer de dommages significatifs aux colonies. Certains nudibranches appartenant aux  familles&nbsp;des Arminidae&nbsp;: <em>Dermatobranchus</em>&nbsp;; des Dendronotidae: <em>Tritonia</em> et <em>Tritonopsi</em><em>lla</em> et des Aeolididae&nbsp;: <em>Phy</em><em>llodesmium</em>,  se nourrissent exclusivement de coraux mous et de gorgones. Ils sont souvent  mimétiques  au niveau de la couleur et de la forme de leur proie ou  hôte. Ces nudibranches,  ingèrent non seulement les tissus de l&rsquo;Octocoralliaire mais également ses zooxanthelles pour assurer leur propre énergie par la photosynthèse.  Ils assimilent également les pigments  de leur proie pour améliorer leur  camouflage. <em>Acanthaster</em><em> planci</em> la redoutable étoile de mer  prédatrice de coraux durs, mange rarement  des Octocoralliaires et reste sans effet  sur les populations.</p>
<p>  La faculté des Octocoralliaires  à guérir et régénérer leurs branches perdues en  raison de la prédation, est  largement exploitée pour la production de boutures en aquariophilie récifale. Les branches d&rsquo;une colonie peuvent être  simplement coupées et fixées sur un nouveau substrat pour former une nouvelle colonie.</p>
<h3>3.2. Interactions avec d&rsquo;autres espèces, symbiose</h3>
<p class="align-j">De nombreux animaux exploitent  la protection  des Octocoralliaires et vivent sur leur partenaire de manière  temporaire ou permanente. Les  plus visibles sont les balanes,  les moules et les crinoïdes qui se perchent sur  les gorgones pour une meilleure exposition aux courants. On  trouve également, régulièrement associés  aux Octocoralliaires, des Gobiesocidae,  des hippocampes, des ophiures, des  cténophores, des escargots, des vers, des crevettes, des crabes et d&rsquo;autres crustacés comme  les copépodes. Ces associations présentent plusieurs intérêts depuis, le  refuge jusqu&rsquo;au garde-manger en consommant le mucus ou le tissu des Alcyonacés. Ces épibiontes  (qui vivent sur leur hôte) sont souvent bien  camouflés, imitant la coloration et le pattern de leur hôte. On trouve également fréquemment des  algues épiphytes accrochées  à la base des Octocoralliaires.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);  width: 70%;">
<figure class="figcolonne" style="width:240px; vertical-align:top "> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8a.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8a.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Gobie <em>Pleurosicya mossambica</em> apprécie gorgones et Alcyonaires.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.abload.de/image.php?img=_mg_5104_soft_coralgonvpx5.jpg" target="_blank">Waso</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8b.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8b.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Hoplophrys oatesii</em> ou Crabe bonbon  habitué de <em>Dendronephthya</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo  : <a href="https://www.flickr.com/photos/99804471@N08/favorites/with/12270874015/lightbox/" target="_blank"> claudiotoniolo60</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8c.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/8c.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Hippocampus bargibanti</em> associé à la gorgone <em>Muricella plectana.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.fishesofaustralia.net.au/home/species/1540">Fishes of Australia</a></figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Cependant, il est bien souvent impossible de déterminer si ces associations sont de type symbiose  mutualiste (relation bénéfique  réciproque)  puisque les animaux hébergés peuvent par exemple déparasiter  leurs hôtes, voire le protéger de certains prédateurs, de type symbiose  commensale (l&rsquo;hôte fournit la  nourriture, mais ne subit pas de  préjudice important), ou symbiose parasite (l&rsquo;hôte subit des  dommages, mineurs ou pouvant entrainer la mort). </p>
<h3>3.3. Substances pesticides et nettoyantes</h3>
<div class="commentaire"><strong>Substances bioactives</strong></p>
<p>Les chercheurs s&rsquo;intéressent aux substances secrétées par les Octocoralliaires et d’autres invertébrés (éponges, ascidies…). Ils ont identifié des sesquiterpènes (Calaménènes), diterpènes (Désoxyhavannahine, Lobophynine, Eunicelline, Flexibilide), stéroïdes (Litostérol), polyamine, caroténoïdes, phénols, alcaloïdes, peptides, sinulolides, buténolides (furanone)&#8230; aux propriétés ciblées et parfois multiples (défense, antibactérienne, anti-inflammatoire, cytotoxique). Ainsi Dendronephthya secrète des stéroïdes (isogosterones) et Sinularia sp., des composés de types sinularones (cyclopentenone, furanone) et buténolides aux propriétés antifouling. L&rsquo;Alcyoniidé Cladiella et les gorgones Eunicea et Astrogorgia, libèrent des diterpénoïdes de type Eunicelline et des stérols antifouling, anti-inflammatoires et antibactériens. La Désoxyhavannahine libérée par Xenia est un  antibactérien très efficace&#8230; La liste ne fait que grandir&nbsp;!</p></div>
<p class="align-j">Certaines substances bioactives,    pesticides, parfois nommées &quot;antifouling&quot; ou &quot;antisalissure&quot;, empêchent l&rsquo;installation et la croissance sur le corail, d&rsquo;organismes nuisibles (algues, champignons, bactéries et autres  colonisateurs potentiels). Une  colonie qui perd temporairement  ou définitivement sa protection,  est rapidement sujette aux infections occasionnées par l&rsquo;encrassement des tissus. La perte de ces substances   semble souvent  liée à des stress  environnementaux graves tels que la  pollution, la sédimentation ou une température élevée.  Les colonies stressées et affaiblies ne  peuvent détourner l&rsquo;énergie nécessaire aux processus métaboliques vitaux pour la production de ces  substances qui en exigent également beaucoup. </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/9.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/9.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Sarcophyton</em> sp. exfoliant un film de  mucus cireux pour se nettoyer.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.advancedaquarist.com/2013/3/corals" target="_blank">James W. Fatherree</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">C&rsquo;est le cas des  Alcyoniidés et des gorgones sujets aux invasions algales. Les gorgones ne  guérissent pas à ces infections et on peut observer les branches mortes ou des portions, durant  des mois, envahies par les algues  et d&rsquo;autres organismes. En revanche, certains Alcyoniidés plus persistants semblent  en mesure de renforcer leur protection chimique et  récupérer en quelques semaines à quelques  mois.</p>
<p class="align-j">Certaines substances  conduisent à la formation d&rsquo;un film  cireux que les Octocoralliaires exfolient périodiquement pour  nettoyer leur surface encrassée par  des sédiments ou des organismes vivants. Cette &quot;mue&quot;, comme la nomment les aquaripohiles dans leur jargon, est particulièrement importante sur les Alcyoniidés massifs tels que les coraux cuir comme <em>Sarcophyton</em>, <em>Lobophytum</em>. Mais on l&rsquo;observe sur quantité d&rsquo;espèces, sur les Nephtéidés <em>Dendronephthya</em> ou sur les branches de certaines gorgones <em>Pterogorgia</em>. Ce film, rapidement colonisé par des algues et qui peut être pris au  départ pour une invasion est, en  quelques jours, emporté par les  courants laissant derrière lui des tisus propres.</p>
<h3>3.4. Substances allélopathiques et lutte pour l&rsquo;espace</h3>
<p class="align-j">De nombreuses  espèces de coraux Scléractiniaires et Octocoralliaires doivent régulièrement  dépenser leur énergie dans la lutte contre leurs voisins proches pour conserver,  sinon agrandir, le territoire qui convient à leur prospérité. On l&rsquo;a vu dans <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires-1-biologie-classification-r85"><em>Octocoralliaires 1</em></a>, ces coraux sont  pourvus de cnidocytes mais   petits et trop inefficaces pour mener une lutte rapprochée. Dans la pratique ils  ne les utilisent pas sauf <em>Erythropodium</em><em> caribaeorum,</em> seul Octocoralliaire des Caraïbes connu pour exploiter ses tentacules urticants.</p>
<div class="commentaire"><strong>Bio prospection</strong></p>
<p>  Ces substances bioactives élaborées par les Octocoralliaires,  à des fins de protection et de défense, ne laissent pas indifférents les  laboratoires pharmaceutiques et les biochimistes, toujours à la recherche de  nouveaux produits, et prêts à investir des budgets considérables pour leur extraction.  Par exemple, des produits de soins utilisent les extrémités à croissance rapide  des branches de la gorgone <em>Pseudopterogorgia  elisabethae</em> et <em>P.&nbsp;acerosa</em> pour  des composants diterpènes anti-inflammatoires. Ce marché offre plus en retour,  aux populations locales, que la pêche à la dynamite et peut potentiellement  contribuer à la conservation des récifs, pour autant qu&rsquo;il soit éco  responsable. </div>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires utilisent parfois la stratégie du  recouvrement pour nuire à un adversaire, mais dans des habitats spécifiques et  sans jamais établir une vraie hiérarchie. D&rsquo;une manière générale, les  compétiteurs stoppent leur croissance au contact du concurrent, la plupart des coraux mous sont d&rsquo;ailleurs trop petits pour recouvrir leurs voisins hermatypiques. Leur guerre est  plutôt chimique.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/16.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Espace   protégé par les substances allélopathiques libérées par <em>Sarcophyton</em> sp. D&rsquo;autres espèces  auront du mal à s&rsquo;implanter.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://myscenicrailway.com/2014/02/23/d177-feb-23-great-barrier-reef/" target="_blank">Stephanie NEDJAR</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Leur stratégie consiste  à inhiber la croissance et  la survie des voisins  par la libération lente et continue de substances chimiques dans l&rsquo;eau (substances également utilisées pour le nettoyage, contre l&rsquo;envahissement ou les prédateurs). Ce processus de défense  chimique, l&rsquo;allélopathie, est très efficace contre les  Scléractiniaires. S&rsquo;ils cohabitent souvent,  il  devient très difficile  aux coraux durs de s&rsquo;implanter quand l&rsquo;espace est fortement colonisé par  les espèces massives (coraux cuirs) en mesure de libérer de grandes quantités de toxines, notamment dans des zones moins brassées. Cette situation est particulièrement remarquable au sein des espèces symbiotiques. La cohabitation est meilleure, dans les zones ou le courant est aussi un vecteur de nutrition, ce dernier contribuant également à disperser les éventuelles décharges toxiques.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;allélopathie, également  largement utilisée par les algues dans leur lutte pour l&rsquo;espace contre les  coraux, a été abordé dans un précédent article <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/actubiorecif/interactions-macro-algues-et-coraux-scl%c3%a9ractini-r56" target="_blank"><em>Interactions macro-algues et coraux  scléractiniaires</em></a>. L&rsquo;arsenal  chimique est propre à chaque espèce, on a identifié des sarcophines, des terpénoïdes  et des diterpénoïdes en grande quantité et les découvertes ne s&rsquo;arrêtent pas là.  Ces molécules peuvent se combiner entre-elles pour une action synergique ou être dédiées à la lutte contre des prédateurs ciblés. Par exemple, <em>Sinularia flexibilis</em> relargue à des concentrations très faibles une  substance terpénique, le flexibilide. Ces substances entrainent l&rsquo;expulsion de  zooxanthelles des coraux durs environnants et le relargage de leurs  nématocystes indispensables à la capture de proies. Les tissus meurent et les larves   ne peuvent pas non plus s&rsquo;implanter dans un tel milieu, dans un rayon de cinquante  centimètres autour  de grandes colonies de coraux cuir <em>Sinularia</em>, <em>Lobophytum </em>et<em> Sarcophyton</em>. </p>
<h3>3.5. Écrans solaires internes </h3>
<div class="commentaire"><strong>Taxinomie chimique</strong></p>
<p>  La taxinomie  chimique consiste à utiliser les métabolites complémentaires, ces substances  chimiques spécifiques à chaque espèce, pour leur identification. Elle peut compléter les  analyses génétiques et morphologiques  des relations au sein des familles. En complément seulement puisque la production de ces  métabolites varie en concentration et composition selon les  conditions environnementales de manière encore imprécise.</p></div>
<p class="align-j">Comme  beaucoup d&rsquo;organismes marins,  pour leur protection contre les  rayonnements ultraviolets en eaux tropicales claires et peu profondes, les Octocoralliaires métabolisent une famille de composés complexes&nbsp;:  les acides aminés de type mycosporine (AAM). Chacun de ces AAM absorbant un rayonnement ultraviolet à une longueur d&rsquo;onde légèrement différente, ils forment ensemble un écran UV.</p>
<h3>3.6. Métabolites complémentaires lors de la reproduction</h3>
<p class="align-j">Le bon  déroulement de la reproduction sexuée chez les Octocoralliaires dépend à bien des égards des métabolites complémentaires. Des substances spécifiques, antimicrobiennes et anti-prédation  ont été identifiées, comme le pukalide recelé dans les  œufs de <em>Sinularia</em><em>polydactyla</em>. Le pukalide stimule également la contraction du polype, facilitant la libération des œufs lors de la ponte. D&rsquo;autres substances incluses dans les œufs agissent  comme agents attracitifs spermatiques. Les œufs contiennent également de nombreuses MAA qui  assurent la protection UV des larves  planctoniques.</p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/14.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ces spicules  acérés d&rsquo;un Nephtéidé, permettent de contenir certains   prédateurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.georgestoyle.com/wp-content/uploads/2014/03/soft-coral-red-sea-1.jpg" target="_blank">George STOYLE</a></figcaption></figure>
<h3>3.7. Protections physiques contre les prédateurs</h3>
<p class="align-j">Outre leurs armes chimiques, les  Octocoralliaires, disposent de quelques moyens physiques dans leur lutte inter  espèces. Ils savent bien sûr rétracter leurs polypes pour se soustraire à une  agression, mais leurs spicules  calcaires<strong> </strong>permettent également de repousser quelques  envahisseurs. La forme, la taille et le nombre de ces spicules varient selon  l&rsquo;espèce et la zone à protéger&nbsp;: par exemple <em>Silunaria </em>sp, possède des sclérites  généralement plus grands et plus nombreux à la base qu&rsquo;aux extrémités des  branches, plus exposées aux poissons prédateurs. Les espèces dont les polypes  sont non rétractables et/ou qui possèdent peu de sclérites (<em>Anthelia </em>sp.<em>, Xenia </em>sp.), disposent de  substances chimiques plus abondantes. </p>
<h3>3.8. Protections microbiennes</h3>
<p class="align-j">Le mucus des coraux  offre une protection contre les UV,  le dessèchement, la sédimentation  mais il est  colonisé par un large  éventail de bactéries,  certaines &quot;de passage&quot; et d&rsquo;autres symbiotiques  inféodées au corail. Une bonne proportion contribue à la production de  métabolites secondaires, à la protection antifouling contre les  salissures marines et à la  défense contre d&rsquo;autres bactéries pathogènes telles que <em>Vibrio</em>. Il a été démontré que la régression de ces bactéries bénéfiques diminue la protection antibiotique et favorise l&rsquo;apparition de  maladies notamment lors des épisodes de blanchissements. Les techniques  d&rsquo;analyses biomoléculaires permettent d&rsquo;en savoir un peu plus sur l&rsquo;activité  des bactéries associées aux espèces de coraux. Ainsi,la bactérie <em>Pelagiobacter  variabilis </em>assure une activité antifouling sur<em> Sarcophyton</em>&nbsp;; <em>Pseudomonas</em> sp. associée à <em>Sinularia</em><em> polydactyla</em> ,agit comme antibiotique contre une bactérie pathogène du genre <em>Streptococcus</em>. </p>
<h2>4. Agents pathogènes, maladies</h2>
<p class="align-j">Les coraux hébergent de nombreux organismes qui vivent sur ou  dans leur hôte à ses dépens. Ces agents infectieux sont pathogènes, ce sont majoritairement des microorganismes comme les virus, bactéries,  protozoaires, champignons, des micro à macro-prédateurs  comme les vers et  arthropodes.</p>
<h3>4.1. Modes d&rsquo;action des agents pathogènes </h3>
<p class="align-j"><strong>Virus</strong> : un virus est un organisme qui ne dispose pas d&rsquo;un métabolisme propre il ne peut se reproduire que dans la  cellule d&rsquo;un hôte vivant. Ils peuvent se reproduire dans un organisme sans  dommage (comme le rhume ou l&rsquo;herpès  humain) ou se révéler particulièrement destructeur (virus d&rsquo;Ebola).</p>
<div class="commentaire"><strong>Agent pathogène</strong></p>
<p>  Sont dits pathogènes, les agents infectieux (virus, bactéries, champignons &#8230;) qui engendrent des maladies. Ces dernières dépendent  à la fois du germe et du terrain sur lequel ils opèrent.</p>
<p><em>&#8211; <strong>Pathogènes obligatoires</strong>&nbsp;</em>: ils provoquent  toujours des maladies. Ils sont <em>spécifiques</em> quand le germe développe une infection caractéristique.<br />
    &#8211; <em><strong>Pathogènes  occasionnels</strong></em>&nbsp;: ils sont inoffensifs  dans un porteur sain mais en mesure de développer une maladie en certaines  circonstances. <br />
    &#8211; <em><strong>Pathogènes opportunistes</strong>&nbsp;</em>: ils sont habituellement  peu agressifs mais peuvent provoquer des troubles chez un hôte affaibli.</p>
</div>
<p class="align-j"><strong>Bactéries</strong> (<em>Vibrio</em>…)&nbsp;:  contrairement au virus, sont autonomes et  capables de se reproduire par division cellulaire, pour coloniser l&rsquo;organisme.  De nombreuses bactéries sont bénéfiques et même indispensables et d&rsquo;autres sont  pathogènes. Elles se retransmettent par l&rsquo;air, l&rsquo;eau, le sol et les excrétions,  le sang, voire   transportées par des hôtes-réservoirs pour lesquels elles peuvent être simplement  commensales. Les antibiotiques aident à lutter contre ces bactéries pathogènes. </p>
<p class="align-j"><strong>Protozoaires</strong>&nbsp;: ce sont de petits animaux,  unicellulaires, vivant dans l&rsquo;eau, les sols humides ou à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un  organisme, bref pratiquement partout. Certains  peuvent entraîner des  parasitoses dangereuses (paludisme ou maladie du sommeil chez l&rsquo;homme). </p>
<p class="align-j"><strong>Moisissures</strong> : les moisissures pathogènes en milieu marin  proviennent de champignons terrestres, dont les spores sont drainés jusqu&rsquo;à la mer, comme par exemple le genre <em>Aspergillus.</em></p>
<p class="align-j"><strong>Micro et macro-prédateurs</strong> : Parmi les petits parasites ou prédateurs pluricellulaires, on  rencontre des vers et des microcrustacés (copépodes). Les copépodes se développent au dépend de leur hôte, fixés sur le tégument (ectoparasites) par des  crochets et/ou ventouse, ou plongés dans les cavités gastrovasculaires (endoparasites).  Ils se nourrissent directement ou par l&rsquo;intermédiaire de pièces buccales qui  peuvent s&rsquo;allonger en trompe suceuse ou piqueuse. On trouve  des copépodes parasites, de 0,5 à  2&nbsp;mm, chez tous les cnidaires. Certains appartenant à la famille des Lamippidae sont endoparasitaires des Alcyonacea (<em>Paragorgia</em>…). Les genres <em>Cladiella</em>,<em> Dendronephthya</em>, <em>Heteroxenia</em>, <em>Lemnalia</em>, <em>Litophyton</em>, <em>Lobophytum</em>, <em>Nepthea</em>, <em>Psammogorgia</em>,<em> Sarcophyton</em>, <em>Sinularia</em>, <em>Stereonephthya</em>, <em>Studeriotes</em>, <em>Xenia…</em> hébergent des copépodes qui  leurs sont en général associés comme <em>Acanthomolgus</em>, <em>Ansiomolgus</em>, <em>Ascetomolgus</em>, <em>Colobomolgus</em>, <em>Doridicola</em>, <em>Doridicola</em>, <em>Meringomolgus</em>, <em>Monomolgus</em>, <em>Notoxynus</em>, <em>Paradoridicola</em>, <em>Paramolgus</em>, <em>Paredromolgus</em>, <em>Parategastes</em>, <em>Zamolgus…</em> et la liste est encore  longue.</p>
<h3>4.2. Maladies</h3>
<p class="align-j">Certains germes sont toujours présents dans l&rsquo;hôte et ne peuvent vivre  ailleurs, d&rsquo;autres vivent dans des environnements très variés, en dehors ou à  l&rsquo;intérieur de l&rsquo;hôte. Les maladies et les modes d&rsquo;action des germes qui les  rendent subitement dangereux, sont encore mal connus. Ces dernières années, les  chercheurs qui les étudient de près en raison de leur impact sur l&rsquo;avenir des récifs coralliens, ont découvert de nombreux pathogènes et ils reconsidèrent sans cesse  ceux, agissant seuls, en associations ou en successions, qui sont réellement à  l&rsquo;origine des maladies.  Les désagréments environnementaux, la pression de  l&rsquo;homme… génèrent des stress qui rendent les coraux plus sensibles aux  envahisseurs et à ces  pathogènes. L&rsquo;état de santé des colonies commence  depuis peu à faire l&rsquo;objet de suivis, c&rsquo;est une étape indispensable pour mieux  les comprendre et mettre en place des programmes de conservation des récifs  coralliens.<br />
  On a pu répertorier une dizaine de maladies sur les coraux.  Certaines comme l&rsquo;Aspergillose sont spécifiques aux Octocoralliaires, d&rsquo;autres n&rsquo;ont  été observées aujourd&rsquo;hui que sur des Hexacoralliaires, mais qu&rsquo;en sera-t-il  demain&nbsp;?  Le tableau ci-après les  répertorie toutes, à titre d&rsquo;information.</p>
<table align="center" class="tableau"  style="width:95%; max-width: 950px">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Maladies observées sur les coraux<br />
  </caption>
<tr>
<th width="15%"   align="center">Maladie</th>
<th colspan="2">Observations</th>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" ><strong>Blanchissement</strong><br />
      <em>Bleaching</em></p>
<figure class="figcolonne" style="min-width:50px"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m1.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m1.jpg"></a><figcaption class="copyright">Ch. SEITZ</figcaption></figure>
</td>
<td style="width:12%">Description</td>
<td>Le blanchissement se traduit par une perte de    couleur partielle ou généralisée de l&rsquo;animal, les tissus s&rsquo;éclaircissent, deviennent pâles jusqu&rsquo;à transparents. Les coraux peuvent alors présenter     des colorations fluorescentes jaune  ou vert pâle. À l&rsquo;extrême, le squelette se dénude totalement et devient d&rsquo;un blanc pur. </td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td><em>Vibrio shiloi, V. coralliilyticus</em>&#8230;</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse&nbsp;</td>
<td>Facteurs incriminés&nbsp;: il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un symptôme    commun en réponse à des agressions différentes, aussi bien d&rsquo;origine biotique qu&rsquo;abiotique.<br />
      &#8211; Blanchissement &quot;classique&quot;          : Il    apparaît comme une réponse généralisée face à un stress dû à des agressions environnementales : des températures extrêmes (supérieures de 2°C à la moyenne) seraient  le facteur prépondérant  et    variable selon la tolérance  de l&rsquo;espèce&nbsp;; une irradiation    lumineuse trop forte ou inappropriée&nbsp;; des périodes    d&rsquo;obscurité prolongées&nbsp;; une baisse de la    salinité&nbsp;; la présence de    métaux lourds (cadmium)&nbsp;; des carence en    sels nutritifs.   Face à  ce stress  oxydant induit par un dérèglement de la photosynthèse (photoinhibition), le corail se sépare de ses zooxanthelles (devenues toxiques) afin de maximiser  ses chances de survie. Il peut survivre quelques semaines et, si les conditions environnementales se rétablissent, être recolonisé    par les zooxanthelles.  En cas de prolongement, la symbiose avec les algues n&rsquo;est pas rétablie, le corail ne s&rsquo;alimente plus par photosynthèse, finit par nécroser et mourir. <br />
      &#8211; Blanchissement bactérien :<br />
      plus récemment, des scientifiques contestent la thèse  des perturbations environnementales et revendiquent  celle de la maladie dont les pathogènes seraient des bactéries (<em>Vibrio  shiloi</em>, <em>V. coralliilyticus</em>),    des virus ou des parasites (coccidies).</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires et <strong>Octocoralliaires </strong>symbiotiques<strong> </strong>ainsi que tous les autres organismes    marins qui vivent en relation avec des algues symbiotiques, dans toutes les    mers. Les Octocoralliaires semblent mieux résister, dans la majorité des cas,    aux élévations de température que les Scléractiniaires.</td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>En aquarium, rétablir le facteur de maintenance à l&rsquo;origine du stress, à un niveau acceptable pour l&rsquo;espèce concernée (température, éclairage, toxines&#8230;).</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top" style="min-width:40px"><strong>Maladie des bandes noires</strong><br />
      <em>Black band desease</em> (BBD)</p>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m2.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m2.jpg"></a></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Présence d&rsquo;une    bande noire à la surface du tissu, assez mate de quelques millimètres à    quelques centimètres de largeur, entre des zones saines. Propagation de    quelques millimètres par jour mettant le squelette à nu et pouvant anéantir    une colonie en moins d&rsquo;un mois. On ne note pas de changements de couleur ou    de morphologie du tissu du corail. Le phénomène peut s&rsquo;arrêter, la bande    noire disparaît et le tissu non détruit reprend sa croissance et, selon l&rsquo;espèce, peut    recouvrir la partie du squelette dénudé. La partie    morte est parfois colonisée par des algues à l&rsquo;origine de l&rsquo;étouffement du reste de    la colonie.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>La    cyanobactérie filamenteuse<em> Phormidium    corallyticum</em> semble à l&rsquo;origine    de la coloration noire (elle contient un pigment photosynthétique, phycoérythrine, rouge    en grande quantité) . D&rsquo;autres bactéries <em>Spirulina</em> sp. et <em>Beggiatoa, </em> fréquemment     identifiées  au niveau de la bande noire, semblent jouer un rôle secondaire.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Certains    facteurs augmentent l&rsquo;incidence et la prévalence de la maladie : sédiments,    toxiques chimiques produits par des algues, élévation de température &gt;    26°C, variation de salinité.<br />
      Le tissu du corail est détruit en raison de l&rsquo;absence d&rsquo;oxygène au contact de    la bande noire et à son exposition  au sulfure d&rsquo;hydrogène produit par    les bactéries. Le squelette du corail laissé derrière est alors en contraste    avec la bande noire créée par les cyanobactéries</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires (Faviidés), et  quelques<strong> Octocoralliaires</strong> <em>Sinularia</em> sp.<em>, </em> et gorgones, essentiellement de Mer Rouge et de l&rsquo;océan Indopacifique. <em>Tubipora musica </em>et les Fungiidés semblent immunisés<em>.</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>Traitement antibiotique à base de sulfate de néomycine. Possibilité de retirer les tissus nécrosés et cautériser à la résine époxy.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="4" align="center" valign="top"><strong>Aspergillose</strong><br />
      <em>Aspergillosis</em> (ASP)</p>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m3.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m3.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://www.donahuelab.com/people/post-docs/courtney-couch/" target="_blank">C. COUCH</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Une ou    plusieurs taches irrégulières ou une perte extensive de tissus, pourpre, avec    de fins filaments blancs et des sédiments le long de la structure axiale.    Souvent les tissus adjacents aux taches présentent une coloration plus    intense</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Mycose due au champignon    terrestre <em>Aspergillosus sydowii</em>, introduit par l&rsquo;érosion des sols.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Dans certaines    conditions, les spores germent à la surface du corail, puis l&rsquo;hyphe du    champignon pénètre à l&rsquo;intérieur des tissus, entraînant ainsi sa mort. La gorgone sécrète alors de la mélamine (responsable de la couleur  pourpre) pour isoler la zone infectée.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Observée sur des <strong>Octocoralliaires </strong>aux    Caraïbes, Bahamas, République Dominicaine, Floride, Jamaïque et Antilles, notamment sur les deux gorgones <em>Gorgonia flabellum</em> et <em>G. ventalina</em>.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top"><strong>Gelée brune</strong><br />
      <em>Brown jelly syndrome</em> (BJS)</p>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m10.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m10.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://reefkeeping.com/issues/2003-12/eb/index.htm" target="_blank">E. BORNEMAN</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Nécrose des    tissus avec une masse gélatineuse brune en arrière des zones encore saines. L&rsquo;avancée    peut atteindre plusieurs centimètres par jour sur un Alcyonaire. Dans des conditions naturelles, l&rsquo;action des vagues    éliminerait la gelée, seul le front de nécrose serait visible</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Observation de    nombreux protozoaires opportunistes principalement <em>Helicostoma nonatum</em>, ainsi que de  petits vers et copépodes.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Des bactéries    ou des blessures sont à l&rsquo;origine de l&rsquo;infection ; il s&rsquo;ensuit un développement    rapide des protozoaires qui ingèrent une grande quantité de zooxanthelles ;    leur action est complétée par celle de vers et de copépodes qui semblent être    opportunistes. L&rsquo;infection est contagieuse et se développe d&rsquo;autant plus vite que la température est élevée et l&rsquo;eau riche en nutriments.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires, notamment <em>Euphyllia</em>, <em>Goniopora</em> et <em>Acropora</em> et <strong> Octocoralliaires</strong>, principalement  Nephtéidés, <em>Anthelia</em>, <em>Cladiella</em> et <em>Xenia</em>.    Touche aussi les anémones coloniales (<em>Zoanthus</em>, <em>Palythoa</em>, <em>Parazoanthus</em>). Observé uniquement en aquarium</td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>Retirer les zones infectées. Traitement aux antibiotiques tels que métronidazole (également contre les protozoaires).</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top"><strong>Maladie de la   bande rouge</strong><br />
      <em>Red band disease</em> (RBD)</p>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m7.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m7.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://cdhc.noaa.gov/_docs/Final%20WA%20disease%20id%20cards.pdf" target="_blank">A. BRUCKNER</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Ressemble à la    maladie de la bande noire. La bande présente une couleur rouge brique ou    marron foncé, avec de part et d&rsquo;autre une zone saine et une zone blanche. La    progression semble assez lente</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Probablement cyanobactérie</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>La bande rouge    est composée de cyanobactéries et de microorganismes différents de ceux    retrouvés dans la maladie de la bande noire. On pense, à l&rsquo;heure actuelle,    que les microorganismes sont différents selon les types de coraux</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires essentiellement ceux   de formes massive ou en plateau (<em>Diploria</em>, <em>Montastraea</em>, <em>Porites</em>, <em>Siderastrea</em>, <em>Colpophyllia</em>) et <strong> Octocoralliaires</strong> essentiellement les gorgones. Peu fréquente, observée aux Caraïbes et sur la Grande    barrière de corail.</td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>Peut-être par  antibiotique à base de sulfate de néomycine. Possibilité de retirer les tissus nécrosés et cautériser à la résine époxy.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="4" align="center" valign="top"><strong>Anomalies de    développement</strong><br />
      <em>Growth Anomalies</em> (GAs)</p>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m11.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m11.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://coraldisease.org/diseases/19" target="_blank">Global coral desease</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Le corail pousse plus rapidement formant  des reliefs  aberrants    : excroissances  des tissus (néoplasies) ou augmentation du volume    des tissus (hyperplasie). Le squelette est dans ces zones, moins dense.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Causes multiples non identifiées.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Il a été observé dans les tissus des hyphes de champignon, associées à une perte locale de symbiotes. On suggère que des causes environnementales perturbent la croissance en même temps qu&rsquo;elles rendent le corail plus sensible aux pathogènes.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires (<em>Acropora    palmata, Platygyra</em>, <em>Porites)</em> et <strong>Octocoralliaires (gorgones),</strong> notamment <em>Pseudoplexaura</em>, <em>Gorgonia ventalina</em>.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top"><strong>Maladie de la bande    blanche </strong><br />
      (régression tissulaire)<br />
      <em>White band desease</em> (WBD)</p>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m4.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m4.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://cdhc.noaa.gov/_docs/Final%20WA%20disease%20id%20cards.pdf" target="_blank">A. BRUCKNER</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td> Une bande blanche précède le tissu    sain. Les tissus reculent de façon uniforme à une vitesse constante de  quelques millimètres par jour, à partir de la base de la colonie, pèlent puis se    détachent, laissant ainsi    apparaître le squelette blanc du corail. La partie mise à nu du squelette    peut être colonisée par des algues (<em>Ostreobium</em> sp) et peut apparaître verdâtre. Le tissu remanié ne présente pas de signe de    blanchiment.<br />
      Il existe une forme un peu différente où on constate un blanchiment    du tissu en aval de la zone dénudée. La maladie débute à la base du corail (ou    au milieu des branches) et se dirige vers l&rsquo;extrémité des branches.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Origine    inconnue. On a trouvé dans certains cas des bactéries à Gram négative dont <em>Vibrio charcharii </em>sans pouvoir affirmer que ce sont des  pathogènes.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Inconnue, la maladie serait une réponse à un stress</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires, essentiellement <em>Acropora</em> et    parfois <em>Platygyra</em> et <em>Hydnophora</em>. Observée aux Caraïbes,    Philippines, Grande barrière de corail, mer Rouge et Bahamas. </td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>La maladie est insensible aux antibiotiques. Retirer les portions infectées, un bain de lugol peut limiter la prolifération. Améliorer les conditions de maintenance.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="4" align="center" valign="top"><strong>Peste blanche </strong><br />
      <em>White plague</em> (WP) </p>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m8.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m8.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://cdhc.noaa.gov/_docs/Final%20WA%20disease%20id%20cards.pdf" target="_blank">A. BRUCKNER</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Semblable en apparence à maladie de la bande blanche, mais elle affecte différentes espèces et plus particulièrement les colonies massives et encroûtantes. La maladie est caractérisée par une ligne ou bande  qui sépare brusquement les tissus vivants du squelette  colonisé par les algues. Souvent une étroite bande de tissu blanchi peut être visible du côté du squelette exposé. Elle commence habituellement à la base d&rsquo;une colonie et se propage rapidement vers le haut et  l&rsquo;extérieur</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Suspicion de bactéries Aurantimonas coralicida et Sphingomonas sp. et plus récemment, identification d&rsquo;un virus.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Très rapide, de petites colonies peuvent être décimée en un à deux jours. Trente-deux espèces sont  touchées.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires. Détectée dans les Caraïbes   notamment sur <em>Dichocoenia stockesii</em>. Non connue en aquarium</td>
</tr>
<td rowspan="4" align="center" valign="top"><strong>Maladie des plages blanches</strong><br />
      <em>White patch desease</em> (WPD) </p>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m5.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m5.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://cdhc.noaa.gov/_docs/Final%20WA%20disease%20id%20cards.pdf" target="_blank">A. BRUCKNER</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Perte massive,    partielle ou totale, de tissus laissant apparaître le squelette. La    progression est rapide environ 2&nbsp;cm/j à très rapide 10&nbsp;cm/j et la    mortalité très importante et peu toucher la totalité de la colonie<strong> </strong></td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Certaines    formes de la maladie seraient dues à une bactérie Gram négatif, aérobie    stricte et hétérotrophe <em>Aurantimonas    coralicida, </em></td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Inconnue.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires,  les espèces massives, incrustantes et branchues sont les plus    touchées</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top"><strong>Maladie des bandes Jaunes<br />
      </strong><em>Yellow band desease</em> (YBD) </p>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m6.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m6.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://www.pifsc.noaa.gov/cred/coral_and_algal_disease_overview.php" target="_blank">NOAA Fishering</a></figcaption></figure>
</td>
<td>Description</td>
<td>Nécrose    laissant apparaître autour de la partie centrale dénudée du corail, une bande    concentrique de tissu de couleur jaune pâle, d&rsquo;de largeur comprise entre 1 et    10 cm. Le squelette dénudé peut parfois rester de couleur jaune et peut    également être envahi par des algues. La progression est rapide et dépend des    conditions du milieu, notamment de la température.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td>Bactérie<em> Vibrio</em> spp. suspectée.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>Similaire à la maladie de la bande noire.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires, surtout les formes massives. Fréquente sur Acropora, mais aussi    certains <em>Cyphastrea</em>, <em>Porites</em>, <em>Turbinaria reniformis</em>. Observée en Floride,    Caraïbes et golf Arabique</td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>Ablation  des zones infectées.</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" align="center" valign="top"><strong>Nécrose rapide des tissus</strong> <br />
      <em>Rapid tissues necrosis</em> (RTN) </p>
<figure class="figcolonne" >
      <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m9.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/m9.jpg"></a><figcaption class="copyright"><a href="http://reefbuilders.com/2013/06/05/rtn-sanjay-joshi/" target="_blank">S JOSHI</a><br />
        </figure>
</figcaption></td>
<td>Description</td>
<td>Dégradation    fulgurante des tissus mettant à nu le squelette du corail. Elle touche    simultanément l&rsquo;ensemble des branches ou bien se propage de branche en    branche de plusieurs centimètres par jour. Maladie très contagieuse qui peut    anéantir en quelques jours la totalité des coraux d&rsquo;un aquarium.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogène</td>
<td><em>Les bactéries Vibrio harveyi, V. vulnificus</em> on été observées sans certitude sur leur caractère pathogène.</td>
</tr>
<tr>
<td>Pathogénèse</td>
<td>L&rsquo;origine pourrait être  bactérienne ou virale. Le fait que des RTN se sont déclarées sans observation de micro-organisme, laisse penser que la maladie consisterait en une forme d&rsquo;autolyse du corail, liée à un stress environnemental entretenu par des microbes opportunistes.</td>
</tr>
<tr>
<td>Cas concernés</td>
<td>Scléractiniaires.</td>
</tr>
<tr>
<td>Traitements</td>
<td>Préventivement, observer une quarantaine à l&rsquo;acquisition. La RTN étant déclarée, agir très rapidement pour éviter la contagion. Retirer les colonies infectées à l&rsquo;écart dans un bain et tailler  les zones infectées. Il a été signalé  une limitation de la contagion sous UV ou Ozone. Un traitement au chloramphénicol   entre des bains de lugol a été préconisé sans  garantie sur son efficacité absolue.</td>
</tr>
</table>
<h2>5. Parasites   et prédateurs </h2>
<h3>5.1. Planaires</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/10.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/10.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Stereonephthya</em> sp. parasité par le planaire <em>Waminoa</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.diverosa.com/categories/Flatworms.htm" target="_blank">Rokus Groeneveld &#038; Sanne Reijs</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les planaires sont les plus connus des vers plats et mous de  l&#8217;embranchement Plathelminthes et de la classe Turbellaria. Les planaires sont  libres ou rampantes, aplaties ventrodorsalement, de forme arrondie plus ou  moins allongée et la queue parfois fourchue. Leur longueur varie selon  l&rsquo;espèce, de quelques millimètres à plusieurs centimètres, leur épaisseur ne  dépassant pas un à deux millimètres. Leur teinte varie de gris clair à brun avec  souvent une bande dorsale. Hermaphrodites synchrones (successivement mâles et  puis femelle), les planaires se reproduisent essentiellement de manière sexuée  par fécondation croisée des unes et des autres, et de manière asexuée par  scissiparité bilatérale. L&rsquo;article <a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/coraux-durs-et-invert%C3%A9br%C3%A9s-parasitaires-r77"><em>Coraux durs et invertébrés parasitaires</em></a>,  traite dans le détail du mode d&rsquo;action des planaires et des nudibranches. Bien  que n&rsquo;étant pas pathogènes, mais toujours présentes sur leurs hôtes, elles représentent  un danger pour les coraux. Les Octocoralliaires sont surtout la cible des  planaires du genre <em>Waminoa</em>. Ces parasites  opportunistes semblent procéder de différentes manières, plus ou moins  complémentaires, pour nuire, jusqu&rsquo;à provoquer la mort de leur hôte&nbsp;: ils  subtilisent le plancton capté par le corail (cleptoparasitisme), immobilisent  sa bouche et se nourrissent de son mucus (<em>Dendronephthya, Stereonephthya</em>…), ou  prolifèrent jusqu&rsquo;à former un écran empêchant la photosynthèse des algues  symbiotiques des espèces zooxanthellées (<em>Sarcophyton, Sinularia, Xenia</em>…).</p>
<h3>5.2. Mollusques : gastéropodes et nudibranches</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/12.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Prédation de la gorgone <span original-title="Nombre de archivo"><em>Gorgonia ventalina</em></span> par une porcelaine <em>Cyphoma gibbosum</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://photography.nationalgeographic.com/wallpaper/photography/photos/underwater-creatures/flamingo-tongue-henry/" target="_blank">Wolcott Henry</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Cet embranchement comprend de nombreuses espèces parasites et prédatrices.  Ce sont essentiellement des gastéropodes et nudibranches.<br />
  Parmi les gastéropodes consommateurs de  polypes, on peut citer : <em>Heliacus aerola,</em> <em>Philipia sp.</em> <em>Architectonica </em>sp. <em>Jenneria </em>sp. <em>Drupa </em>sp. <em>Drupella cornus </em>(murex), <em>Rapa  rapa</em>, <em>Coralliophila </em>sp., <em>Leptoconchus</em> sp. <em>Magilopsis</em> sp. <em>Magilus</em> sp., <em>Epitonium</em> sp. Quelques-uns sont associés à certaines espèces. Les gastéropodes  de la famille des Ovulidae s&rsquo;attaquent essentiellement aux coraux mous et aux  gorgones. Les principaux ovules parasites sont : <em>Volva brevirostris</em>, <em>Prionovolva</em> sp., <em>Simnia loebbeckeana</em>, <em>Ovula ovum</em>, <em>Diminovula</em> sp<em>. </em>La  porcelaine<em> Cyphoma gibbosum</em> (langue  de flamant), fréquemment vendue en magasin aquariophile affectionne particulièrement  les gorgones zooxanthellées <em>Plexaurella</em> spp., <em>Gorgonia ventalina</em> et <em>G. flabellum</em> mais en leur absence pourra  se contenter d&rsquo;autres espèces. <br />
  Les nudibranches ont en général un régime alimentaire spécialisé et s&rsquo;attaquent spécifiquement à un genre  de corail, avec lequel ils présentent un mimétisme prononcé. Parmi ceux qui affectionnent les Octocoralliaires,  citons :<strong> </strong><em>Phylliodesmum </em>sp., <em>Dendronotus </em>sp.<strong>, </strong><em>Marionopsis </em>sp. et <em>Tritonopsilla </em>sp. <em>Tritonia </em>sp. et <em>Tritoniopsis</em> se nourrissent  des gorgones <em>Pseudopterogorgia</em>&nbsp;spp.  et <em>Gorgonia</em> spp.  mais génèrent peu de dommages tant que leur population n&rsquo;est pas trop  envahissante, cependant les polypes restent rétractés en leur présence.</p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/15.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Sinularia digitata</em> grignoté de l&rsquo;intérieur par un ver polychète, probablement <em>Eurythoe</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Philippe RODIER &#8211;<a href="http://aquario79.forumactif.org/t772-corail-mou-mange-par-les-vers" target="_blank"> Aquario 79</a></figcaption></figure>
<h3>5.3. Annélides polychètes</h3>
<p class="align-j">Ces vers prédateurs errants, dont la taille  varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres, possèdent des soies plus  ou moins nombreuses et de taille variable. Ils disposent d&rsquo;une trompe dévaginable pourvue de puissantes  mâchoires chitineuses. Leur action prédatrice s&rsquo;exerce par taraudage, par ingestion de polypes ou  encore par perforation des  coraux. Le ver de feu <em>Hermodice  carunculata</em>, bien connu des aquariophiles s&rsquo;attaque aux coraux scléractiniaires,  aux anémones mais aussi aux Octocoralliaires.</p>
<h3>5.4. Crustacés</h3>
<p class="align-j">La nuisance provient essentiellement de crevettes<strong>&nbsp;</strong>: <em>Saron  marmotus </em>(crevette « marbrée »), <em>Saron inermis, Rhynchocinetes uritai </em>(crevette  à bosse). Corallivores, elles exercent une prédation sur les coraux.</p>
<h3>5.5. Etoiles de mer</h3>
<p class="align-j"><em>Acanthaster  planci</em>, cette grosse étoile de mer épineuse, nommée «&nbsp;Coussin de  belle-mère&nbsp;», est corallivore au stade adulte. Son régime n&rsquo;est pas strict il  est orienté sur les Scléractiniaires mais elle ne dédaigne pas les Octocoralliaires  (gorgones et Alcyonaires) ainsi que les algues. Elle dévagine alors son estomac  et l&rsquo;applique sur les polypes qu&rsquo;elle digère sur place avant de le rétracter. Une <em>Acanthaster planci</em> peut détruire 5 à 6 m² de corail par an,  une colonie  peut  donc éradiquer plusieurs  km² par an.</p>
<h3>5.6. Poissons corallivores</h3>
<p class="align-j">Les coraux ont su développer des moyens de défense, mais ils ne sont pas  épargnés par les quelques 130 espèces de poissons corallivores&nbsp;: Chaetodonidés,  Balistidés, Monacanthidés (poissons limes), Ostracionidés (poissons coffres),  Tetraodontidés (canthigaster, arothron)&#8230; Les Scléractiniaires sont les plus  touchés mais si les Octocoralliaires sont particulièrement doués dans la  production de substances chimiques répulsives, ils ne sont pas à l&rsquo;abri.</p>
<figure class="figfloat"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/13.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo3/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Chaetodon melannotus</em>, se nourrit essentiellement d&rsquo;Octocoralliaires.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://puteauxplongee.com/bio/qfiles.php?taxonref=10004">Puteaux plongee</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Ces poissons coralliens ont développé de nombreux modes  d&rsquo;alimentation pour exploiter la manne proposée par le récif. Il existe des  consommateurs de polypes et tissus des coraux&nbsp;; la prédation des  poissons-papillons sur certains SPS peut représenter jusqu&rsquo;à 6&nbsp;% de leur  biomasse par an, soit un besoin énergétique important pour leur reconstitution  et un impact non négligeable sur la répartition et l&rsquo;abondance des communautés concernées.  Bien qu&rsquo;il soit difficile d&rsquo;identifier la nature de la nourriture consommée par  les corallivores, il est avéré qu&rsquo;ils consomment tout autant  le mucus des coraux, c&rsquo;est le cas de <em>Labrichthys unilineatus</em>. Les  consommateurs de squelettes qui créent de grands dommages sur les tissus, concernent  bien évidemment les scléractiniaires. Les poissons peuvent également endommager  les colonies en se nourrissant des microorganismes qui s&rsquo;y réfugient.<br />
  Un tiers de ces prédateurs, corallivores stricts, se sont  spécialisés sur des genres spécifiques. Les Chaetodontinés (poissons-papillons)  représentent la moitié des espèces prédatrices, ils sont friands de gorgones,  certains comme <em>Chaetodon  melannotus</em> préfèrent cependant les  Alcyonnaires. En captivité, la pression des poissons-papillons est en général  trop forte pour les coraux hébergés. Les espèces sont le plus souvent des  corallivores facultatifs&nbsp;: s&rsquo;ils ne dédaignent pas grignoter des  polypes, ils consommeront d&rsquo;autres nourritures, comme les poissons-anges qui consomment  polypes et tissus de gorgones ou des colonies d&rsquo;Alcyons, mais aussi les éponges  ou les Tetraodontidés<br />
  La prédation par les corallivores n&rsquo;est pas le seul effet  sur la santé des coraux. On a pu observer que les poissons pouvaient être  vecteurs de maladies, propageant des germes d&rsquo;une colonie à une autre. À  contrario, certaines espèces sont en mesure de nettoyer les tissus infectés,  comme lors de la maladie de la bande noire, ralentissant ainsi sa progression. </p>
<h2 align="left">Références</h2>
<ul>
<li>K. Fabricius, P. Alderslade. <em>Soft  corals and sea fans – A comprehensive guide to the tropical shallow-water  genera of the Central-West Pacific, the Indian Ocean and the Red Sea</em>.  Australian Institute of Marine Science, Townsville, Australia. 2001. 264 p</li>
<li>J.  Sprung, J. C. Delbeck. <em>L&rsquo;aquarium  récifal, volume 2</em>. Ricordea Publishing 1999.</li>
<li>A. Bruckner. &nbsp;<a href="http://cdhc.noaa.gov/_docs/Final%20WA%20disease%20id%20cards.pdf" target="_blank"><em>Field Guide to Western Atlantic Coral Diseases and Other  Causes of Coral Mortality</em></a><em>.</em> 2009.</li>
<li>T. V. Raveendran, V. P. Limna Mol. <a href="http://indiaenvironmentportal.org.in/files/Natural%20product%20antifoulants.pdf" target="_blank"><em>Natural product antifoulants</em></a>. National Institute of Oceanography, Council of Scientific and Industrial Research. Kochi, India. Current Science, vol. 97, n°. 4, 25 august 2009.</li>
<li>NOAA  Fisheries. <a href="http://www.pifsc.noaa.gov/cred/coral_and_algal_disease_overview.php" target="_blank"><em>Coral Reef  Ecosystem Division&rsquo;s field assessment of Indo-Pacific coral diseases and  compromised health states</em></a> &#8211; Overview of Coral and Algal  Diseases. National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) Fisheries.</li>
<li>E. Rosenberg, Y. Loya<br />
    Coral. <em><a href="http://books.google.fr/books?id=-gBuWCe6lfYC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank">Corals Health and Disease</a></em>. Springer Science &#038; Business Media, avril 2004 &#8211; 488 pages.</li>
<li><a href="https://www.coris.noaa.gov/retired/CoRIS_About_Coral_Reefs_archive_2014.pdf" target="_blank"><em>Major Reef-building Coral Diseases</em></a>. NOAA&rsquo;s  Coral Reef Information System (CoRIS)</li>
<li><a href="http://aquariumcoraldiseases.weebly.com/" target="_blank"><span id="wsite-title"><em>Aquarium Coral Diseases</em></span></a> website du Dr Michael Sweet,  researcher in the Coral Health and Disease Laboratory at Derby University, UK.</li>
<li><a href="http://coraldisease.org/docs/ICRI%20Coral%20Disease%20Key%20Messages_Dec%202010_FINAL.pdf" target="_blank"><em>Disease In  Tropical Coral Reef Ecosystems</em></a>. ICRI/UNEP-WCMC  (2010).</li>
<li><a href="http://gefcoral.org/Portals/53/downloads/disease_products/0807%20Caribbean%20Underwater%20ID%20Cards.pdf" target="_blank"><em>Underwater  Cards for Assessing Coral Health on Caribbean Reefs</em></a>. Coral  Reef Targeted Research</li>
<li>D. Riddle. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2010/4/aafeature" target="_blank"><em>Parasitic Copepods: Enemies of Soft Corals, False  Corals, Gorgonians, Anemones, Zoanthids, and Tridacna Clams</em></a>. Advanced Aquarist, volume IX, avril 2010.</li>
<li>T.  Wijgerde. <a href="http://www.advancedaquarist.com/2012/11/aafeature" target="_blank"><em>Epizoic  flatworms impair coral feeding: evidence for parasitism</em></a>. Advanced Aquarist, volume XI, novembre 2012.</li>
<li>Kim B.  Ritchie. <a href="http://www.int-res.com/articles/feature/m322p001.pdf" target="_blank"><em>Regulation of  microbial populations by coral surface mucus and mucus-associated bacteria</em></a>. MARINEMarine Ecology Progress Series. Vol. 322: 1–14, 2006.</li>
<li>J. KERRY. <a href="http://eatlas.org.au/content/relationship-between-corals-and-fishes-great-barrier-reef" target="_blank"><em>Relationship between corals and fishes on the Great  Barrier Reef</em></a>. Australia&rsquo;s Tropical Land and Seas.
  </li>
</ul>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Tous mes remerciements aux auteurs des photos pour leur accord de publication et à mes  correcteurs Christian SEITZ, Olivier SOULAT et Jérémie VIDAL DUPIOL, pour leur soutien.</p>
<p align="center"><em>Article publié sur Cap récifal le 04 janvier 2015.</em></p>
<h3>Images liées:</h3><p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/">Octocoralliaires 3 &#8211; Écologie : biotopes, agressions, maladies</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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		<title>Octocoralliaires 1 &#8211; Biologie : classification et anatomie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2014 23:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un peu délaissés aujourd’hui en aquariophilie récifale au profit des Scléractiniaires, les Octocoralliaires ne sont pourtant pas dépourvus d’intérêt. Ces coraux avec leur remarquable souplesse, renforcent la dynamique de l’aquarium. Leurs formes sont variées : des Sarcophyton massifs aux Junceella élancées, en passant par l’élégance mystérieuse des Dendronephthya. Zooxanthellés ou non symbiotiques, le choix pour [&#8230;]</p>
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<p class="align-j">Un peu délaissés aujourd’hui en aquariophilie récifale au profit des Scléractiniaires, les Octocoralliaires ne sont pourtant pas dépourvus d’intérêt. Ces coraux avec leur remarquable souplesse,  renforcent la dynamique de l’aquarium. Leurs formes sont  variées : des <em>Sarcophyton</em> massifs aux <em>Junceella</em> élancées, en passant par l’élégance mystérieuse des <em>Dendronephthya</em>. Zooxanthellés ou  non symbiotiques, le choix pour le récifaliste est vaste. On ne peut envisager d&rsquo;aborder leur maintenance sans tenter de comprendre  ce qu&rsquo;ils sont et comment ils  fonctionnent. Commençons avec ce premier chapitre.</p>
<p class="align-c"><a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-1-biologie-classification-et-anatomie/">1 : Classification, anatomie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">2 : Nutrition, reproduction</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/">3 : Écologie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">4 : Maintenance</a></p>
<h2>1. Classification</h2>
<h3>1.1. Sous  classe Octocorallia</h3>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires appartiennent à l&rsquo;embranchement des  cnidaires (&quot;animaux-orties&quot; en allusion à leurs cnidocytes) et à la  classe des anthozoaires (&quot;animaux-fleurs&quot; en rapport à leur  symétrie radiale). La classification des Octocoralliaires a beaucoup évolué ces  dernières années et il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;être perdu dans des descriptions  antérieures.</p>
<div class="commentaire"><strong>Corail mou et  « coraux mous » </strong><br />
  On assimile bien souvent  les zoanthaires (Zoanthus, Palythoa, Isaurus…) et les corallimorphaires (Actinodiscus, Discosoma, Ricordea…),   dont les formes sont molles et dépourvues de squelette, à ce que l&rsquo;on a coutume de nommer &quot;coraux mous&quot;. Et pourtant, tout comme les Antipathaires (coraux noirs)  souples, qui ressemblent aux gorgones, ces espèces appartiennent à la sous-classe Hexacorallia qui inclut les &quot;coraux durs&quot;. </div>
<p class="align-j">De nombreux récifalistes nomment les Octocoralliaires sous le  terme &quot;coraux mous&quot;, désignant ainsi  les coraux n&rsquo;ayant pas  de squelette massif ou axial (les alcyons) et en leur associant parfois  les gorgones, avec leur tige axiale semi-rigide. Mous, certains Octocoralliaires  ne le sont pourtant pas, comme le corail bleu <em>Héliopora coerulea</em> ou <em>Tubipora</em> spp. qui forment des colonies  au squelette rigide. La notion de «&nbsp;corail mou&nbsp;» restera à jamais une  nébuleuse et nous devrions définitivement éviter d&rsquo;utiliser cette dénomination. </p>
<p class="align-j">Les scientifiques  ne sont  malheureusement pas tout à fait d&rsquo;accord sur le classement des Octocoralliaires, à en juger le <a href="http://www.itis.gov/" target="_blank">Système  d&rsquo;information taxonomique intégré</a> (SITI) et  celui du <a href="http://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&amp;id=1341" target="_blank">World  Register of Marine Species</a> (WoRMS), comme le montre le tableau&nbsp;1.  Stolonifera est en effet classé en tant  qu&rsquo;ordre par SITI et sous-ordre par Worms de plus SITI reconnait l&rsquo;ordre Telestacea  alors que WoRMS l&rsquo;ignore.</p>
<table class="tableau">
<caption class="tableau-titre">
Tableau 1 : Comparatif de classement<br />
</caption>
<tr>
<th  valign="top">Noms    communs</th>
<th width="40%" valign="top"><a href="http://www.itis.gov/" target="_blank">Système d&rsquo;information taxonomique intégré<br />
      SITI</a></th>
<th width="40%" valign="top"><a href="http://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&amp;id=1341" target="_blank">World Register Of Marine Species<br />
    WoRMS</a></th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Alcyoninés</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;:    Alcyonacea&nbsp;<br />
      Sous ordre&nbsp;: Alcyoniina</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;:    Alcyonacea<br />
      Sous ordre&nbsp;: Alcyoniina</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gorgones</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Alcyonacea&nbsp; <br />
      Sous ordre&nbsp;: Holaxonia<br />
      Sous-ordre&nbsp;: Scleraxonia<br />
      Sous-ordre&nbsp;: Calcaxonia </td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Alcyonacea&nbsp; <br />
      Sous ordre&nbsp;: Holaxonia<br />
      Sous-ordre&nbsp;: Scleraxonia<br />
      Sous-ordre&nbsp;: Calcaxonia </td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Stolonifères</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;:    Stolonifera</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Alcyonacea<br />
      Sous-ordre&nbsp;: Stolonifera </td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Heliopora</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Helioporacea </td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Helioporacea </td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Plumes de mer</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;:    Pennatulacea&nbsp;</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;:    Pennatulacea&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">&nbsp;</td>
<td valign="top">Ordre&nbsp;: Telestacea&nbsp; </td>
<td valign="top">&#8211;</td>
</tr>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p><span class="align-j">Il n&rsquo;y a pas si longtemps, les Alcyoninés et&nbsp;les gorgones (qui constituaient les  <em>coraux mous</em> aux yeux des scientifiques) étaient répartis dans des ordres différents. Comme le montre le tableau ci-dessus,  les taxinomistes modernes sont aujourd&rsquo;hui d&rsquo;accord&nbsp;pour  les regrouper dans le même ordre Alcyonacea (Alcyonacés ou Alcyonaires). L&rsquo;illustration</span>&nbsp;1 propose un  classement  courant <span class="align-j"> de la sous-classe Octocorallia,  suivant 3&nbsp;ordres&nbsp;: Alcyonacea, Helioporacea et Pennatulacea.</span></p>
<figure   class="figcolonne pos-centre"><figcaption class="grille-titre">Illustration 1 : Classement fréquemment utilisé pour les Octocoralliaires </figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/1.png" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/1.png"></a></figure>
<h3>1.2. Espèces</h3>
<p class="align-j">Il existe  encore de nombreuses divergences quand il s&rsquo;agit de rentrer dans le détail des nomenclatures et notamment dans le  classement des genres au sein des familles. Le tableau&nbsp;2 présente  la sous-classe Octocorallia selon le WoRMS et  donne un aperçu non  exhaustif des genres   concernés.</p>
<table class="tableau">
<caption class="tableau-titre">
 Tableau 2 : Classement des genres appartenant à la sous-classe Octocorallia selon le WoRMS (07/2014)<br />
 </caption>
<tr>
<th width="12%" valign="top">Ordres</th>
<th width="12%" valign="top">Sous-ordre</th>
<th width="15%" valign="top">Familles</th>
<th width="18%" valign="top">Spécimen (ph.)</th>
<th valign="top">Genres</th>
</tr>
<tr>
<td rowspan="19" valign="middle">Alcyonacea<br />
          (Alcyonacés)</p>
<p>          (Alcyonaires)</td>
<td rowspan="5">Alcyoniina<br />
          (Alcyoninés)</td>
<td>Alcyoniidae<br />
          (Alcyoniidés)</td>
<td align="center">
<a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b1.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"   / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b1.jpg"></a><br />
<a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b2.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b2.jpg"></a></td>
<td><em>Acrophytum , <span class="rouge">Alcyonium</span>, <span class="vert">Aldersladum</span>, Anthomastus, <span class="bleu">Bellonella</span>, <span class="vert">Cladiella</span>, <span class="bleu">Dampia</span>, Dimorphophyton, Discophyton, Drifa, Elbeenus, <span class="rouge">Eleutherobia</span> (Photo&nbsp;1), Heteropolypus Inflatocalyx, <span class="vert">Klyxum</span>, Lampophyton, Lanthanocephalus, <span class="vert">Litophyton</span>, <span class="vert">Lobophytum</span>, Lobularia Lohowia, Malacacanthus, Minabea, Notodysiferus, <span class="rouge">Paraminabea</span>, Parerythropodium, Protodendron, Pseudoanthomastus, <span class="vert">Rhytisma</span>, <span class="vert">Sarcophyton</span> (Photo&nbsp;2), <span class="vert">Sinularia</span>, Skamnarium, Sphaeralcyon, Thrombophyton, Verseveldtia</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Nephtheidae<br />
          (Nephteidés)</td>
<td align="center">
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b3.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b3.jpg"></a></td>
<td><em><span class="vert">Capnella</span>, Chondronephthya, Chromonephthea, Coronephthya,&nbsp;<span class="rouge">Dendronephthya,</span> Gersemi, <span class="vert">Lemnalia</span>, <span class="rouge">Leptophyton</span>,&nbsp;Neospongodes,&nbsp;<span class="vert">Nephthea</span>, <span class="bleu">Pacifiphyton</span>, <span class="vert">Paralemnalia</span>,&nbsp;Pseudodrifa, <span class="rouge">Scleronephthya</span>, <span class="rouge">Stereonephthya</span>, <span class="rouge">Umbellulifera</span></em> (Photo)</td>
</tr>
<tr>
<td>Nidaliidae<br />
          (Nidaliidés)</td>
<td align="center">
        <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b4.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b4.jpg"></a></td>
<td><em>Agaricoides, <span class="rouge">Chironephthya </span></em>(Photo),<em> <span class="rouge">Nephthyigorgia, Nidalia</span>, Nidaliopsis, Orlikia,    Pieterfaurea,<span class="rouge"> Siphonogorgia</span></em></td>
</tr>
<tr>
<td>Paralcyoniidae<br />
          (Paralcyoniidés)</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b5.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b5.jpg"></a></td>
<td><em>Maasella </em>(Photo)</td>
</tr>
<tr>
<td>Xeniidae<br />
          (Xéniidés)</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b6.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b6.jpg"></a></td>
<td><em><span class="vert">Anthelia, Asterospicularia, Cespitularia</span>, <span class="bleu">Funginus</span>, <span class="vert">Efflatounaria, Heteroxenia, Sympodium, Sansibia, Xenia</span></em> (Photo)</td>
</tr>
<tr>
<td align="center">&#8211;</td>
<td>Acanthoaxiidae<br />
          Haimeidae<br />
          Paramuriceidae<br />
          Parasphaerascleridae <br />
          Viguieriotidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b7.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b7.jpg"></a></td>
<td><em>Acanthoaxis</em><em><br />
          &#8211;<br />
          Villogorgia, Muriceides, Thesea</em><em><br />
          Parasphaerasclera</em><em><br />
          <span class="rouge">Studeriotes</span></em> (Photo)</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="4">Holaxonia<br />
          (Gorgones) </td>
<td>Acanthogorgiidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b8.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b8.jpg"></a></td>
<td><span class="rouge"><em>Acanthogorgia </em></span>(ex <em>Acalycigorgia</em>) (Photo)<em>,<span class="rouge"> Anthogorgia</span>, <span class="rouge">Calcigorgia</span>,<span class="rouge"> Muricella</span>,  Cyclomuricea</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Gorgoniidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b9.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b9.jpg"></a></td>
<td><em>Adelogorgia, Antillogorgia, Eugorgia,<span class="rouge"> Eunicella</span>, Filigorgia, <span class="vert">Gorgonia</span>, <span class="bleu">Guaiagorgia</span>, <em><span class="vert"> Hicksonella</span>,<span class="rouge"> Leptogorgia, Lophogorgia, Olindogorgia, Pacifigorgia, Phycogorgia</span></em>, <span class="vert">Phyllogorgia, Pinnigorgia</span>, <span class="rouge">Pseudopterogorgia</span>&nbsp;</em>(Photo),<em> <span class="vert">Pterogorgia</span>, <span class="vert">Rumphella</span>, Tobagogorgia, </em></td>
</tr>
<tr>
<td>Plexauridae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b10.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b10.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Astrogorgia</span>, <span class="rouge">Bebryce</span>,  Caliacis, <span class="rouge">Echinomuricea</span>, <span class="rouge">Echinogorgia</span>,<span class="vert"> Eunicea</span>, <span class="rouge">Euplexaura</span>, Hypnogorgia, Lytreia, <span class="rouge">Menella</span><span class="rouge">&nbsp;</span></em>,<em><span class="rouge"> </span></em><em><span class="vert"> Muricea</span>, Muriceides, Muriceopsis, <span class="rouge">Paracis</span>, Paramuricea, Placogorgia, <span class="rouge">Paraplexaura</span>&nbsp;(Photo), <span class="vert">Plexaura</span>, Plexaurella, Psammogorgia, <span class="vert">Pseudoplexaura</span>, Scleracis, Spinimuricea  (ex Echinomuricea), <span class="rouge">Swiftia</span>, Thesea, <span class="bleu">Trimuricea</span>, <span class="rouge">Villogorgia</span></em></td>
</tr>
<tr>
<td>Keroeididae           </td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td><em><span class="rouge">Keroeides</span>,</em></td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2">Calcaxonia<br />
          (Gorgones)</td>
<td>Ellisellidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b11.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b11.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Ctenocella</span>, <span class="rouge">Dichotella</span>, <span class="rouge">Ellisella</span>, <span class="rouge">Heliania</span>, <br />
        </em><em><span class="rouge">Junceella&nbsp;</span></em>(Photo),<em><span class="rouge"> Nicella</span>,<span class="rouge"> Verrucella</span>,<span class="rouge"> Viminella</span>,</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Chrysogorgiidae<br />
          Dendrobrachiidae<br />
          Ifalukellidae<br />
          Isididae <br />
          Primnoidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b12.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"   / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b12.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Stephanogorgia</span>,<br />
          Dendrobrachia</em><em><span class="rouge"><br />
        </span><span class="vert">Ifalukella</span>, <span class="vert">Plumigorgia</span>,<span class="rouge"><br />
        </span><span class="vert">Isis</span>, <span class="rouge">Jasminisis</span>, <span class="rouge">Pteronisis</span>,<span class="rouge"> Zignisis</span>,<br />
        Calyptrophora (Photo), Callogorgia, <span class="rouge"><br />
          Plumarella</span><span class="rouge"> </span></em></td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5">Scleraxonia<br />
          (Gorgones)</td>
<td>Anthothelidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b13.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b13.jpg"></a></td>
<td><em><span class="vert">Alertigorgia</span>, Anthopodium,  Anthothela, <span class="rouge">Diodogorgia</span>, <span class="vert">Erythropodium</span>,    Homophyton, <span class="rouge">Iciligorgia</span>, <span class="rouge">Solenocaulon </span></em>(Photo), <em>Semperina, Titanideum</em></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Briareidae<br />
          Coralliidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b14.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b14.jpg"></a></td>
<td><em><span class="vert">Briareum</span> </em>(Photo)<em><br />
<span class="rouge">Corallium</span>,<br />
        </em></td>
</tr>
<tr>
<td>Melithaeidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b15.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b15.jpg"></a></td>
<td><span class="rouge"><em>Acabaria </em></span>(Photo)<em>, <span class="rouge">Clathraria</span>, <span class="rouge">Melithaea</span>, <span class="rouge">Mopsella</span>, <span class="rouge">Wrightella</span>,</em></td>
</tr>
<tr>
<td>Paragorgiidae<br />
          Parisididae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b16.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b16.jpg"></a></td>
<td><em>Paragorgia </em>(Photo)<em><span class="rouge"><br />
          Parisis</span>, </em></td>
</tr>
<tr>
<td>Subergorgiidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b17.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b17.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Subergorgia</span> </em>(Photo)<em>, <span class="rouge">Annella</span></em></td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2">Stolonifera<br />
          (Stolonifères)</td>
<td valign="top">Clavulariidae</td>
<td align="center" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b18.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b18.jpg"></a></td>
<td valign="top"><em><span class="bleu">Carijoa</span>, <span class="vert">Clavularia</span> </em>(Photo), <em><span class="vert">Sterosoma, </span><span class="rouge">Paratelesto</span>, Telesto</em></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Acrossotidae<br />
          Arulidae <br />
          Coelogorgiidae<br />
          Cornulariidae<br />
          Pseudogorgiidae <br />
          Tubiporidae </td>
<td align="center" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b19.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b19.jpg"></a></td>
<td valign="top"><em>Acrossota<br />
          Arula <br />
          <span class="vert">Coelogorgia</span>,<br />
          <span class="vert">Cervera</span>, Cornularia<br />
          Pseudogorgia <br />
          <span class="vert">Tubipora</span></em> (Photo)</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" align="center">Helioporacea</td>
<td>Helioporidae<br />
          Lithotelestidae</td>
<td align="center" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b20.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b20.jpg"></a></td>
<td valign="top"><em><span class="vert">Heliopora</span> </em> (Ph.)<br />
          <em>Epiphaxum</em> </td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="3" align="center">Pennatulacea<br />
          (Pennatules)</td>
<td>Sessiliflorae</td>
<td>Umbellulidae<br />
          Veretillidae<br />
          Protoptilidae<br />
          &#8230;</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b21.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b21.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Umbellula,<br />
          Cavernularia</span> (Photo)<span class="rouge">, Cavernulina, Veretillum&#8230;<br />
          Distichoptilum, Protoptilum&#8230;<br />
          &#8230;<br />
          </span></em></td>
</tr>
<tr>
<td>Subsessiliflorae</td>
<td>Halipteridae<br />
          Pennatulidae<br />
          Virgulariidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b22.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b22.jpg"></a></td>
<td><em><span class="rouge">Halipteris<br />
          Crassophyllum , Pennatulata&#8230;<br />
          <strong><em>Acanthoptilum</em></strong>, Virgularia</span> (Photo)<span class="rouge">&#8230;</span></em></td>
</tr>
<tr>
<td align="center">&#8211;</td>
<td>Chunellidae<br />
          Echinoptilidae<br />
          Pennautlidae<br />
          Rennilidae<br />
          Scleroptilidae<br />
          Stachyptilidae</td>
<td align="center"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b23.jpg" data-ipsLightbox><img class="vignette2 lws-optimize-lazyload"    / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/b23.jpg"></a></td>
<td><em>Chunella</em><br />
<em>Actinoptilum</em>, <em>Echinoptilum</em><br />
&#8211;<br />
<em>Renilla</em>  (Photo)<br />
<em>Calibelemnon</em> , <em>Scleroptilum</em><br />
<em>Gilibelemnon</em>, <em>Stachyptilum</em></td>
</tr>
<caption class="tableau-legende">
      Symbiotisme  : <span class="vert"> espèces zooxanthellées</span> ;<span class="rouge"> espèces azooxanthellées</span> ;<span class="bleu"> indéterminé </span>; absence d&rsquo;information.<br />
      </caption>
</table>
<p class="align-j">
  L&rsquo;identification d&rsquo;un spécimen n&rsquo;est pas toujours aisée&nbsp;: son aspect  peut varier en fonction des facteurs environnementaux, ainsi deux individus  apparemment différents peuvent être des morphes de la même espèce. De plus, des  coraux apparemment identiques peuvent appartenir à des espèces, à des genres,  voire à des familles différentes. Bien souvent l&rsquo;identification s&rsquo;arrête au genre, notamment  pour les Alcyonnaires. Comme on le verra, une identification formelle de l&rsquo;espèce n&rsquo;est possible  que grâce à un examen microscopique des constituants de leur squelette interne,  les sclérites ou spicules.</p>
<h2>2. Anatomie des Octocoralliaires</h2>
<h3>2.1. Morphes</h3>
<p class="align-j">D&rsquo;une manière générale, on distingue une portion basilaire (pied) surmontée d&rsquo;une région  plus ou moins ramifiée, portant les polypes (tiges, branches, lobes&#8230;), mais les formes peuvent varier notablement  d&rsquo;un genre à l&rsquo;autre (illustration 2). Les Octocoralliaires sont le plus souvent constitués d&rsquo;une colonie de polypes, il existe  cependant des espèces monopolypes (solitaires) comme les Pennatules. Le pied est parfois bien distinct ou au contraire, il peut former une membrane (<em>Briareum</em>). Le capitule peut se déployer en ombrelle massive ou sous forme de dentelle légère. </p>
<p class="align-j"> Molles, souples ou parfois rigides,  habituées du lagon ou des très grands fonds, des mers chaudes, tempérées et même froides&#8230; les espèces ne manquent pas pour qui veut s&rsquo;intéresser aux Octocoralliaires.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Spécimens coloniaux et solitaires d&rsquo;Octocoralliaires en milieu naturel</figcaption><figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/2.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/2.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.whoi.edu/hpb/viewImage.do?id=661&amp;sid=193&amp;ppid=401&amp;cl=0">Kristen E. WHALEN</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/3.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/3.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.whoi.edu/hpb/viewImage.do?id=661&amp;sid=193&amp;ppid=401&amp;cl=0">NachoBen</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/4.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/4.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : Inconnu</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/5.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/5.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://astronomy-to-zoology.tumblr.com/post/39313968675/order-pennatulacea-sea-pens-sea-pens-are-a">Diver.net</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/6.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/6.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.messersmith.name/wordpress/tag/dendronephthya-roxasia/">Jan Messersmith</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/7.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/7.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.guamreeflife.com/htm/bluecoral.htm">guamreeflife</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/8.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/8.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://chaloklum-diving.com/marine-life-koh-phangan/corals-more-cnidaria/octocorals-alcyonaria/ellisellidae-sea-fans/">Chaloklum Diving</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/9.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/9.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://oceanexplorer.noaa.gov/welcome.html">NOAA Ocean Explorer</a></figcaption></figure>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="align-j">&quot;Ramifié&quot;, &quot;arborescent&quot;, &quot;digité&quot;&#8230; beaucoup, trop de qualificatifs étaient employés  pour définir ces formes souvent complexes. Les nombreux synonymes parfois sans  correspondance linguisitique, ajoutaient à la difficulté de communiquer. Un groupe de biologistes a contribué à  uniformiser, en plusieurs langues,  le vocabulaire relatif aux Octocoralliaires. Ces travaux ont été publiés en 1983 par les professeurs&nbsp;Bayer, Grasshoff et Verseveldt<span class="align-j"> dans le rapport <em><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/guide-bayer.pdf" target="_blank">Illustrated Trilingual  Glossary of Morphological and Anatomical Terms Applied to Octocorallia</a></em>.</span> L&rsquo;illustration 2 reprend une partie de cette terminologie  relative aux morphes. Il n&rsquo;est pas rare de devoir utiliser plusieurs  termes  pour caractériser un spécimen.  Malheureusement, cette étape ne suffit pas à préciser le genre et encore moins l&rsquo;espèce, comme on le verra plus loin.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Illustration 2 : Terminologie non exhaustive relative aux morphes des colonies d&rsquo;Octocoralliaires </figcaption><figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c1415.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c1415.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>1 Ramifié</strong> : colonie comportant des rameaux. 1a Sympodiale : la tige principale est formée de tiges unies entre elles, partant des branches latérales et formant un zigzag ou une spirale, ex. <em>Pseudocladochonus, Chrysogorgia</em>. 1b Monopodiale : la tige est unique et continue, ex. <em>Telesto, Carijoa, Plumarella, Metallogorgia</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c39.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c39.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>2 Solitaire</strong> : composé d&rsquo;un seul polype, ex <em>Taiaroa</em> (cas unique).</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c47.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c47.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>3 Arborescent</strong> : avec un tronc bien défini (Alcyonacea) ou une tige (Gorgonacea). Ex. <em>Nephthea</em>, <em>Dendronephthya</em>, <em>Lemnalia</em>, <em>Verrucella</em>, <em>Ellisella</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c48.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c48.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>4 En glomerule</strong> : Colonie arborescente, peu ramifiée  avec de nombreux amas de polypes serrés en grappes arrondies, caractéristiques des espèces &quot;Glomerata&quot;. Ex. <em>Dendronephthya gigantea</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c49.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c49.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>5&nbsp;&quot;Divaricate&quot;</strong> (non traduit en français) : colonies arborescentes abondamment ramifiées, avec de longues branches fines, nettement distinctes qui divergent en faisceaux de polypes,  caractéristiques des espèces &quot;Divaricata&quot;. Ex. <em>Dendronephthya cirsium</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c50.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c50.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>6&nbsp;Ombelliforme</strong> : colonie arborescente avec de nombreux faisceaux partant d’un même endroit du tronc. Les polypes sont regroupés, formant  des agrégats en forme d’ombelle (parasol courbe)  ou en corymbe (parasol plat), tous les polypes étant alignés sur une même surface. Caractéristiques des espèces &quot;umbellata&quot;. Ex. <em>Dendronephthya florida</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c43.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c43.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>7&nbsp;Encroûtant ou membraneux</strong> : la colonie encroûtante est composée d&rsquo;une  couche épaisse, charnue recouvrant le substrat, ex. <em>Sinularia</em>. <em>Lobophytum</em>, <em>Erythropodium&nbsp;</em>; la colonie membraneuse étant fine, ex. <em>Sympodium</em>, <em>Parerythropodium</em> <em>fulvum</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c40.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c40.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>8 Stoloné</strong></strong> : multiplication asexuée par stolons (tiges aérienne et/ou dans le substrat) sans rapport avec le sous-ordre Stolonifera, ex. <em>Cornuiaria</em>, <em>Clavularia</em>.  </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c41.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c41.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>9 Digitiforme</strong> : colonie en forme de doigt, sans branche, ex. <em>Bellonella</em>, <em>Minabea</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c46.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c46.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>10&nbsp;Digité</strong> : colonie comportant des ramifications en forme de doigts, ex. <em>Alcyonium</em>, <em>Sinularia</em>, <em>Lobophytum</em>, <em>Nephthyigorgia</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c42.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c42.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>11 En lobes</strong> : colonies composées de plusieurs lobes robustes, ex. <em>Alcyonium</em>, <em>Asterospicularia</em>, <em>Cladiella</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c57.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c57.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>12 Buissonnant</strong> : colonie dont les branches abondantes débutent immédiatement au-dessus du crampon sans  tige principale évidente, ex.  <em>Stereonephthya</em>, <em>Plexaurella</em>, <em>Rumphella</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c51.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c51.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>13&nbsp;Plan</strong> : colonie ramifiée dans laquelle les branches poussent plus ou moins dans un même plan.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c52.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c52.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>14 Dichotome</strong> : colonie dont les rameaux se divisent régulièrement en bifurquant en deux parties identiques. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c53.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c53.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>15 Pennée</strong> : colonie dont les rameaux sont ramifiés dans un plan comme une plume, ex. <em>Pseudopterogorgia</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c55.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c55.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>16 En goupillon</strong> : colonie pennée dont les rameaux sont nombreux, courts et répartis en brosse cylindrique, autour de la tige principale, ex. <em>Thouarella</em>, <em>Xenogorgia</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c59.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c59.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>17&nbsp;Clairsemé</strong> : colonie dont la densité des branches latérales sont est faible, ex. <em>Ellisella romasa</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c60.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c60.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>18 Lyriforme</strong> : colonie plane en forme de lyre ou de candélabre, dont les branches secondaires sont verticales dirigées vers le haut et sensiblement parallèles les unes aux autres, ex. <em>Ctenocella</em>, <em>Trichogorgia</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c62.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c62.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>19&nbsp;Réticulé ou rétiforme</strong> : colonie ramifiée dont les branches s&rsquo;anastomosent pour former une structure en filet, ex. <em>Gorgonia</em>, <em>Subergorgia</em>, <em>Pacifigorgia</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c63.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c63.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>20 Flagelliforme</strong> : colonie solide, non ramifiée en forme de fouet, ex. <em>Ellisella</em>, <em>Junceella</em>, <em>Lepidisi</em>. </figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c64.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c64.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>21&nbsp;Filiforme</strong> : colonie en forme de fil mince, non ramifiée, ex. <em>Leptogorgia</em>, <em>Eunicella filiformis</em>.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c44.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/c44.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><strong>22&nbsp;Capité</strong> : colonie non ramifiée avec une large partie distale (à l&rsquo;opposé du corps), sur une tige nettement plus étroite, ex. <em>Xenia</em>, <em>Nidalia</em>, <em>Anthoinastus</em>, <em>Heteroxenia</em>, <em>Metalcyonium</em>.</figcaption></figure><figcaption class="copyright">Illustrations :  <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/guide-bayer.pdf">Illustrated Trilingual  Glossary of Morphological and Anatomical Terms Applied to Octocorallia</a>.</figcaption></div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>2.2 Polype</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/10.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/10.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Un Octocoralliaire déployant ses polypes sous l&rsquo;oeil  d&rsquo;un photographe sensible à sa beauté.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Boris (Cap récifal)</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires sont facilement reconnaissables&nbsp;: sauf  rares exceptions, le polype présente, une symétrie d&rsquo;ordre 8, ce qui se traduit  extérieurement par la présence de huit tentacules et intérieurement, la cavité  gastrique est divisée par huit cloisons. D&rsquo;une manière générale, leurs  tentacules possèdent des ramifications latérales en forme de plumes les pinnules (que n&rsquo;ont pas les polypes de Scléractiniaires).</p>
<h4>2.2.1. Couches cellulaires</h4>
<p>Comme tous les Cnidaires, les Octocoralliaires sont des organismes diploblastiques c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils sont formés à partir de deux feuillets cellulaires, l&rsquo;endoderme et l&rsquo;ectoderme. Entre ces deux feuillets on trouve une matrice, la mésoglée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/11.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/11.png"></a><figcaption class="figlegende">Les trois couches cellulaires du polype.</figcaption></figure>
<p class="align-j"><strong>L&rsquo;ectoderme</strong> : ce tissu externe couvre  la surface du polype et  de la colonie (le cœnenchyme). La zone couvrant le polype comporte des cellules sensorielles (détection), des cellules  à mucus (captation et défense chimique),  et des cnidocytes ou cnidoblastes (chasse et défense). La zone couvrant le cœnenchyme  comporte moins de cellules sensorielles et de cnidocytes. On peut constater  la faculté de certaines espèces à émettre une forte quantité de mucus, d&rsquo;odeur  caractéristique, destiné à protéger l&rsquo;animal de la dessiccation lors des  expositions à l&rsquo;air durant les périodes d&rsquo;exondation. Outre ce rôle,  le mucus, riche en molécules antimicrobiennes, est aussi la première barrière immunitaire de ces organismes.</p>
<p class="align-j"><strong>L&rsquo;endoderme</strong> : ce tissu interne  chargé de la digestion et de la reproduction, correspond à la  couche interne des tentacules, de l&rsquo;anthocodie (voir chapitre 2.3) et de la totalité des cavités  internes.<br />
C&rsquo;est dans  les cellules de ce tissu que sont hébergées les zooxanthelles des espèces  symbiotiques.</p>
<p class="align-j"><strong>La mésoglée</strong> : c&rsquo;est&nbsp;  une matrice gélatineuse, située entre les deux couches ci-dessus. Elle ne constitue pas  un véritable tissu puisqu&rsquo;elle ne contient pas de cellules organisées (structurées)  entre elles et donc par définition aucun organe différencié. D&rsquo;épaisseur et de composition  cellulaire variable selon l&rsquo;espèce, elle est très fine au niveau des polypes mais  représente la plus grande partie du cœnenchyme, entre ces derniers. Au niveau du cœnenchyme, la mésoglée abrite un  réseau de canaux endodermiques (solenia) qui  font communiquer toutes les cavités  gastriques entre elles, répartissant ainsi les nutriments dans la colonie. Ce  réseau est particulièrement développé chez les espèces massives comme <em>Sarcophyton</em> spp., il est réduit chez les  espèces émergeant peu, à partir d&rsquo;un tissu encroutant ou de stolons.  Dans la mésoglée siège le système nerveux. Elle contient également les sclérites et  des cellules chargées de  la production du squelette.</p>
<h4>2.2.2. Zooxanthelles  et symbiose</h4>
<div class="commentaire">
<strong>Zooxanthelles et photosynthèse</p>
<p>  </strong>Les zooxanthelles se  développent en présence de lumière. Elles réalisent la photosynthèse qui  consiste en la fabrication de composés carbonés à partir d&rsquo;eau et de dioxyde de  carbone sous l&rsquo;action énergétique  de la lumière. <br />
    Comme tous les végétaux photosynthétiques, les zooxanthelles  contiennent des pigments qui leur confèrent une couleur brune, jaune ou verte&nbsp;:  chlorophylles a et c, caroténoïdes et phycobilines. Ces pigments sont les  molécules responsables soit directement de la photosynthèse, soit comme  transmetteur de lumière, élargissant ainsi le spectre des longueurs d&rsquo;onde  utilisables. Ces pigments variés permettent aux zooxanthelles de s&rsquo;adapter aux  conditions d&rsquo;éclairement (ensoleillement, profondeur…) et d&rsquo;optimiser l&rsquo;énergie  lumineuse disponible. Ils présentent un pic d&rsquo;absorption maximal situé entre  408 et 475&nbsp;nm, c&rsquo;est à dire dans la bande bleue extrême du spectre visible. <br />
    Le  taux de photosynthèse croit avec l&rsquo;intensité lumineuse, jusqu&rsquo;à une valeur  limite au-delà de laquelle il n&rsquo;augmente pas. En situation d&rsquo;éclairement  extrême, notamment en présence d&rsquo;UV (photo oxydation) leur densité diminue,  elles dégénèrent et sont rejetées&nbsp;: les coraux blanchissent (phénomène de blanchissement des coraux). Cette situation est  cependant réversible si les conditions redeviennent favorables.
</div>
<p class="align-j">Certaines espèces d&rsquo;Octocoralliaires dites zooxanthellées, sont  pourvues d&rsquo;algues symbiotiques&nbsp;: les zooxanthelles, qui influent de manière  notable dans leur métabolisme. Les Octocoralliaires dépourvus de ces algues  sont dit azooxanthellés ou non photosynthétiques (NPS). Le tableau&nbsp;2  détermine pour certains genres, leur caractère zooxanthellé&nbsp;ou  azooxanthellé.</p>
<h5>2.2.2.1. Les zooxanthelles</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/12.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Coupe dans la paroi d&rsquo;un polype Les zooxanthelles se situent dans les cellules de l&rsquo;endoderme.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://baladesnaturalistes.hautetfort.com/archive/2010/07/16/coraux-des-antilles-2.html" target="_blank">André GUYARD</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Ce sont des algues  Dinoflagellés unicellulaires du genre <em>Symbiodinium</em>,  de longueur environ 10&nbsp;µm. Elles peuvent avoir une vie  libre dans le milieu extérieur mais, concernant le corail, elles sont insérées,  à raison d&rsquo;une à trois cellules végétales, dans les cellules endodermiques   de leur hôte.  Lors de la reproduction sexuée, les  zooxanthelles sont soit déjà présentes  dans l&rsquo;œuf du corail, soit ingérées en pleine eau aux stades larvaires ou juste  après fixation et métamorphose. Lors de la reproduction  asexuée, elles sont transmises via les tissus de la colonie mère. Les zooxanthelles  se multiplient par mitose (division d&rsquo;une cellule mère en deux cellules filles) au sein du corail et probablement aussi par voie sexuée  hors du corail. Lors de la phase larvaire, leur  population peut doubler en 10 jours. Cette biomasse végétale  élevée  représente alors une source d&rsquo;énergie non négligeable.</p>
<p>  Plus abondantes dans  les parties superficielles exposées à la lumière : disque oral, cœnosarque et  tentacules, leur densité et leur répartition dans les tissus varient selon  plusieurs paramètres&nbsp;: les colonies de forme lamellaires développent bien naturellement  plus d&rsquo;algues sur leurs faces supérieures&nbsp;; la densité varie sur la hauteur des espèces  digitées&nbsp;; les polypes en expansion le jour renferment d&rsquo;avantage de  zooxanthelles, notamment au niveau des tentacules&nbsp;; la densité de ces algues symbiotiques augmente également  avec la concentration en ions NH<sub>4</sub><sup>+</sup> dans l&rsquo;eau. Mais la lumière semble bien être  le facteur le plus important.</p>
<h5> 2.2.2.2. Symbiose</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/13.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/13.png"></a><figcaption class="figlegende">Profits  de la symbiose entre zooxanthelle et polype corallien. Ainsi, la symbiose permet un recyclage local et rapide de la matière. Elle est à l&rsquo;origine de la réussite des coraux dans les milieux pauvres en éléments nutritifs (oligotrophes).</figcaption></figure>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une  association durable et profitable (symbiose mutualiste) entre deux organismes&nbsp;: le  polype hébergeur (hôte) et les zooxanthelles hébergées (symbiote). L&rsquo;algue  étant incluse dans une vésicule intracellulaire (le  symbiosome) du polype, on parle d&rsquo;endosymbiose. <br />
  Les zooxanthelles bénéficient  de leur hôte&nbsp;: elles trouvent au sein des tissus, un environnement stable,  à l&rsquo;abri de la sédimentation de la prédation et des infections&nbsp;; elles utilisent les déchets issus du métabolisme du  corail&nbsp;pour leur propre métabolisme : le carbone à partir du gaz  carbonique, en complément de celui provenant des hydrogénocarbonates dissous  dans l&rsquo;eau de mer&nbsp;; les composés phosphorés (phosphates), azotés (ions NH4)  comme source d&rsquo;éléments minéraux qui sont localement plus concentrés que dans  le milieu extérieur et dans une moindre mesure, nitrites et nitrates&nbsp;; l&rsquo;acétate  converti en acides gras.</p>
<p class="align-j"> En  retour, outre l&rsquo;élimination des déchets azotés et phosphorés du corail, les zooxanthelles jouent  un rôle important dans son métabolisme. Elles produiraient du dioxygène O<sub>2</sub> utilisé  par le tissu animal et agiraient dans la calcification&nbsp;:  le prélèvement du CO<sub>2</sub> par les zooxanthelles favoriserait la précipitation du  carbonate de calcium et donc l&rsquo;élaboration du squelette. Elles  contribuent également largement à la nutrition des  coraux qui les hébergent.</p>
<h3>2.3. Deux types de polypes : autozoïdes et siphonozoïdes</h3>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires disposent  de  polypes autozoïdes (ou gastrozoïdes) émergeant du corps. Certaines  espèces possèdent en plus des polypes syphonozoïdes dont on ne  distingue que l&rsquo;orifice buccal au ras de l&rsquo;épiderme. Ces deux types de polypes ont des fonctions spécialisées.</p>
<div class="figcolonne" style="width:70%;"><figcaption class="grille-titre">Illustration 3 : Représentation schématique des polypes d&rsquo;Octocoralliaires</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/14.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/14.jpg"></a><br /><figcaption class="figlegende">Polypes autozoïdes (gastrozoïdes) et polypes siphonozoïdes.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : indéterminée. Adaptation : Denis TOURNASSAT</figcaption></div>
<h4>2.3.1. Polypes  autozoïdes</h4>
<p class="align-j">Tous les Octocoralliaires disposent de polypes autozoïdes (ou  gastrozoïdes). Dédiés essentiellement au nourrissage ils assurent les fonctions  de capture, de digestion des aliments, de respiration, de captation de lumière  (tel un puit de lumière) vers le cœur de la colonie ainsi que la reproduction puisqu&rsquo;ils portent les  gonades (ovaires et testicules). La capture prend ici un sens étendu, assurée  de plusieurs manières, comme on le verra plus tard.</p>
<h5>2.3.1.1. Anthocodie, partie émergeante</h5>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/15.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/15.png"></a><figcaption class="figlegende">Tentacules et pinnules de la gorgone Diodogorgia nodulifera.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La partie émergeante du polype (l&rsquo;anthocodie), de forme tubulaire  plus ou moins allongée, de quelques millimètres à plus de dix centimètre de  longueur chez certaines espèces comme <em>Xenia</em>,  est prolongée de ses huit tentacules. Entre les tentacules, se situe la bouche  ou débute le pharynx. A la base de l&rsquo;anthocodie, les stolonifères développent une  partie en saillie formant un calice ou anthostèle, plus épaisse, dure et  chargée de spicules. Contrairement à une idée répandue, l&rsquo;anthostèle ne se  limite pas à la partie émergeante, elle inclut tout le canal gastrodermique qui  s&rsquo;enfonce parfois profondément dans le corps.   Selon les espèces, la partie supérieure de l&rsquo;anthocodie, molle, peut se contracter  dans le calice par simple déflation ; on dit que le polype est contractile. L&rsquo;anthocodie peut également s&rsquo;invaginer entièrement  ne laissant apparaître qu&rsquo;un orifice, on dit alors qu&rsquo;il est rétractile. Chez certaines espèces comme <em>Anthelia</em> spp., le polype ne peut pas se contracter  ni se rétracter. Chez d&rsquo;autres, les polypes sont seulement formés  d&rsquo;une longue anthocodie, simplement déprimée à la base, juste au-dessus du  stolon. Les Pennatules s&rsquo;égarent de ce schéma habituel&nbsp;: elles  disposent d&rsquo;un polype principal (le rachis) d&rsquo;où partent des rangées de polypes  secondaires. Quelques espèces comme <em>Sarcophyton</em> spp., disposent de longs polypes en mesure de se rétracter profondément à l&rsquo;intérieur  du corps. Ces derniers permettraient de conduire la lumière vers les couches  internes pourvues de zooxanthelles.</p>
<h5>2.3.1.2. Tentacules et pinnules</h5>
<p class="align-j">Sauf exception, les tentacules sont au nombre de huit. De 1  à 50 mm, ils se répartissent autour du disque oral de chaque polype et alternent  avec les huit cloisons. De forme parfois asymétrique, comme chez les  pennatules, ils sont creux, effilés à leur extrémité et en général, portent des  petites ramifications latérales, les pinnules.   Contractiles, ils peuvent être épanouis ou rétractés, le jour ou la  nuit, selon  l&rsquo;espèce. Les tentacules, mobiles, tactiles et préhensiles, contiennent de nombreux  cnidocytes et interviennent dans la défense, la capture des proies et la  nutrition. Ils assurent également  l&rsquo;acheminement de la nourriture vers la bouche. </p>
<h5>2.3.1.3. Disque oral et bouche</h5>
<p class="align-j">La bouche, de forme ovale au centre du disque oral, présente  à l&rsquo;une de ses extrémités étroites un élargissement indiquant la position du siphonoglyphe (voir ci-après) qui se prolonge à l&rsquo;intérieur du pharynx.</p>
<h5>2.3.1.4. Pharynx </h5>
<p class="align-j">Le pharynx ou stomodeum, ovale, peut être lisse ou parcouru  de sillons. Il s&rsquo;étend plus bas jusqu&rsquo;à la cavité gastrique. Il est parcouru à  son extrémité ventrale par une gouttière bordée de cellules ciliées, le  siphonoglyphe (absent chez les scléractiniaires). Cette gouttière est destinée  à assurer la circulation de l&rsquo;eau vers l&rsquo;intérieur, dans la cavité gastrique et  participerait à l&rsquo;ingestion de particules alimentaires.</p>
<h5>2.3.1.5. Cavités gastriques</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/16.png" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/16.png"></a><figcaption class="figlegende">Coupe d&rsquo;un Octocoralliaire au niveau des chambres radiaires.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La cavité gastrovasculaire (ou cœlenteron) de chaque polype est    formée d&rsquo;un ensemble de huit cavités  gastriques, indépendantes les unes des autres. Dans la partie supérieure, elles sont soudées  entre elle par des cloisons  ou septes, qui se  poursuivent longitudinalement, délimitant ainsi depuis le disque oral et au niveau du pharynx, huit  compartiments distincts (les chambres radiaires), communiquant directement avec  les sillons tentaculaires. Il y a une chambre asulcale (sans sillon), une  chambre sulcale (avec sillon) et six chambres latérales.    Au-dessous du pharynx, les cavités se prolongent vers la base de la colonie sous forme de canaux  longitudinaux endodermiques terminés en cul de sac. A ce niveau, les bords externes des cloisons (cloisons mésentériques) sont reliés  à la paroi des polypes, alors que les bords internes  sont libres  et portent des cordons épais et onduleux, les filaments mésentériques. <br />
  On distingue huit filaments mésentériques, dissemblables  tant par leur constitution que par leur origine&nbsp;: les deux filaments  asulcaux sont longs, rectilignes souvent bilobés et descendent jusqu&rsquo;au fond du  polype. Fortement ciliés, ils servent à créer un courant d&rsquo;eau exhalant, vers  la bouche. Les six autres filaments (deux sulcaux et quatre latéraux) sont plus  réduits, ils contiennent des glandes digestives et achèvent la digestion des  particules alimentaires commencée dans le pharynx. En général ces derniers  produisent les gonades.<br />
  Dans les colonies massives, une quantité parfois importante  de polypes se prolonge profondément dans la masse en un tube nommé canal  gastrodermique. Ce canal est également connecté aux autres parties de la  colonie par un réseau communicant le solenia. Dans les colonies qui disposent  de tissus fins autour d&rsquo;un axe ou celles qui s&rsquo;étendent sur le substrat, la  cavité gastrique est réduite.</p>
<h5>2.3.1.6. Circulation d&rsquo;eau</h5>
<p class="align-j">La circulation de l&rsquo;eau&nbsp;au sein des colonies  coralliennes, joue un rôle fondamental dans le métabolisme du corail&nbsp;:  elle facilite la nutrition, permet les échanges gazeux et favorise l&rsquo;évacuation  des déchets du métabolisme. <br />
  Il existe au niveau de la bouche des polypes  gastrozoïdes et des polypes siphonozoïdes, deux courants ciliaires plus ou  moins puissants :<br />
  d&rsquo;un côté, un courant inhalant provient du siphonoglyphe et  de l&rsquo;autre, les filaments mésentériques asulcaux génèrent un courant ciliaire  exhalant ascendant, depuis la base jusqu&rsquo;au sommet de la cavité  gastrovasculaire. Leurs actions conjuguées assurent l&rsquo;arrivée d&rsquo;une grande quantité d&rsquo;eau dans les polypes et son expulsion, tout en permettant aux particules  nutritives de pénétrer et éventuellement, de ressortir de l&rsquo;orifice buccal.</p>
<h4>2.3.2. Polypes  siphonozoïdes</h4>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/17.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/17.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Entre les grands polypes autozoides, on distingue les orifices plus nombreux et plus petits, des polypes siphonozoides de la vérétille <em>Cavernularia obesa</em>,</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les espèces aux formes massives comme celles de la famille  Pennatulidae, quelques alcyoniidés (<em>Sarcophyton</em>, <em>Lobophyton</em>, <em>Hetroxenia</em>…) et les gorgonidés sont dimorphes&nbsp;: elles possèdent en  plus des polypes autozoïdes, un autre type de polypes&nbsp;dits siphonozoïdes.<br />
  Ces derniers, démunis de tentacule  et dont on ne voit que les orifices à fleur de l&rsquo;épiderme,  ne sont pas rétractiles. Ils sont spécialisés dans les échanges  respiratoires de la colonie.<br />
  Leurs cloisons gastriques et  leurs filaments mésentériques son plutôt atrophiés, alors que les siphonoglyphes sont très  développés. <br />
Les filaments mésentériques asulcaux (sans sillon) assurent la circulation  d&rsquo;eau, l&rsquo;exhalant de bas en haut. Le courant inhalant qui en résulte    assure la  respiration jusqu&rsquo;au sein du polype ainsi que le maintien d&rsquo;une  pression interne permettant aux colonies massives ou peu arborescentes, de se  dresser. Certaines espèces ne forment d&rsquo;ailleurs des polypes siphonozoïdes  qu&rsquo;au-delà d&rsquo;une certaine taille.</p>
<h3>2.4. Squelette  et hydrosquelette</h3>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/18.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/18.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Polypes de <em>Nephthyigorgia sp. </em> dont on distingue l&rsquo;anthostèle (calice) et le cœnenchyme  (tissu) chargés de sclérites rouge foncé.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">La grande majorité des Octocoralliaires possède un squelette  interne (endosquelette) composé d&rsquo;éléments en carbonate de calcium (calcite) et  organique, de petites tailles&nbsp;: les sclérites (terme employé au masculin ou au féminin) ou spicules (masculin), les  scientifiques n&rsquo;ayant  pas tranché sur le terme le plus approprié, répartis à  l&rsquo;intérieur du cœnenchyme.  Ces sclérites  plus ou moins acérés assurent le maintien du corail et contribuent à sa protection contre des prédateurs. L&rsquo;aspect des sclérites  est très varié. En forme d&rsquo;aiguille plus ou moins longue de 0.02 à 4&nbsp;mm, plus  ou moins épaisse, rectiligne ou au contraire difforme, en forme de boutons  épineux, de croix, d&rsquo;haltères, d&rsquo;étoiles ou de massues.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/19.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/19.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Catalogue de  sclérites. </figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Frederick M. BAYER</figcaption></figure>
<p class="align-j">Il est bien souvent impossible de déterminer visuellement un Octocoralliaire  au-delà du genre. Ce n&rsquo;est pas vraiment un handicap pour la pratique du hobby  récifal.  Les scientifiques poussent  l&rsquo;identification jusqu&rsquo;à l&rsquo;espèce par une analyse microscopique des sclérites,  de leur disposition ou de leur forme. Des catalogues (photo ci-contre) répertorient les formes aux noms évocateurs&nbsp;: papillon, rayon, disque, baril double tête, double étoile, torche, feuille&#8230; Leur forme variant selon leur localisation sur  l&rsquo;animal, les prélèvements sont effectués à la fois à la base des colonies et  sur les ramifications. L&rsquo;arrangement des sclérites de la colonie est également  un indicateur pour leur identification. Certaines espèces de <em>Nepthea</em> sont empaquetées dans un réseau  de larges sclérites. Des sclérites en forme d&rsquo;arcs allongés peuvent être  organisées en collerettes ou couronnes renforçant le calice ou en pointes à la  base des tentacules (Illustration 2)</p>
<div style="clear:both"></div>
<div class="commentaire pos-centre" > <strong>Manuel du petit taxinomiste</strong></p>
<p>  Pour analyser un Octocoralliaire il faut, dans un premier temps, découper au scalpel un échantillon du tissu du  corail, dissoudre la matière organique avec quelques gouttes d&rsquo;hypochlorite de  sodium (eau de javel), laver plusieurs fois les sclérites à l&rsquo;eau distillée, les  laisser sécher sur une lame de microscope puis les recouvrir d&rsquo;une lamelle. Il  est parfois nécessaire de les consolider dans une inclusion de résine époxy. Les  spicules mises en évidence, on peut les observer sous grossissement  moyen. Mais à ce stade, l&rsquo;identification nécessite de la persévérance&nbsp;: contrairement aux  scléractiniaires, les rapports de recherches sont peu accessibles, les  différences entre espèces sont parfois ténues, d&rsquo;autant plus que celles vivant en captivité  peuvent développer des malformations. Mais pas de panique en cas d&rsquo;erreur : la classification est en plein remaniement et promet quelques bouleversements  dans les prochaines décennies.</p></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/20.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/20.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Anatomie d&rsquo;une gorgone.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration :  BAYER et al. Adaptation : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Chez certains groupes (pennatules, gorgones), le squelette  prend la forme d&rsquo;un axe  semi-rigide, formé de matière protéinique et de  substances collagènes, à l&rsquo;aspect de la corne (la gorgonine), enrobé d&rsquo;un fin  tissu, le cœnosarque appelé cortex chez les gorgones (ex. gorgones des familles  Holaxonia et Calcaxonia). Les plus complexes incorporent dans la composition de  leur axe (la médulla), des matières calcaires plus ou moins agrégées&nbsp;: cimentées  comme chez le fameux Corail rouge de Méditerranée <em>Corallium  rubrum</em> ou libres comme chez les gorgones du sous-ordre Scleraxonia qui incluent  des sclérites indépendantes. Ces structures plus ou moins souples possèdent des  médullas fortement liées, compactes, solides et peuvent parfois dépasser les  trois mètres d&rsquo;envergure. D&rsquo;autres moins complexes, constituées de spicules non  agglomérées dans la gorgonine, sont bien plus fragiles. <br />
  Les espèces de la famille Briareidae, qui se développent en forme de membranes  encroûtantes, sont considérées comme des gorgones dont la médulla cornée a  migré et s&lsquo;est étendue sur la face d&rsquo;appui, le cortex accueillant les polypes étant  sur la face supérieure.<br />
  Chez quelques stolonifères comme <em>Tubipora</em>, le squelette prend la forme d&rsquo;une enveloppe cornée dans  laquelle le polype peut se rétracter. Certaines espèces du genre <em>Sinularia</em> peuvent agglomérer des  sclérites à leur base, pour former une structure rigide, rocheuse, la  spiculite.<br />
  De nombreux Octocoralliaires n&rsquo;ont pas de squelette, leur  maintien est alors assuré par un réseau de canaux sous pression d&rsquo;eau. Cet hydrosquelette  peut se dégonfler quasi instantanément, en réponse à une perturbation ou à un  stress. Le corail se vide alors de son eau par la bouche pour rapetisser en  moins d&rsquo;une minute. Les Octocoralliaires contenant peu ou pas de squelette sont  en général de petites tailles, mais on trouve des colonies supérieures à un  mètre dont le corps contient de véritables sacs à eau.</p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/21.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo1/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Section  d&rsquo;un polype  : mm&nbsp;mesentères; mb&nbsp;fibres musculaires; sc&nbsp;siphonoglyphe; st&nbsp;stomodeum.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://en.wikisource.org/wiki/Page:EB1911_-_Volume_02.djvu/109" target="_blank">Wikisource</a></figcaption></figure>
<h3>2.5. Musculature  et système nerveux</h3>
<p class="align-j">Les septes abritent de puissants muscles longitudinaux endodermiques  permettant la rétraction de la partie supérieure du polype, et d&rsquo;autres,  transversaux et moins développés, servant à mouvoir  les tentacules. Ces muscles sont commandés par  un système nerveux.</p>
<p class="align-j">La mésoglée contient un réseau de fibres nerveuses très primitif <span class="align-j">(deux plexus nerveux, un sous-ectodermique et un sous-endodermique)</span>. Les quelques centaines de milliers de neurones, également  dispersées dans l&rsquo;endoderme et l&rsquo;ectoderme de manière à détecter les proies de  toutes parts, sont plus denses autour de la bouche. Ces cellules nerveuses répondent aux stimulations et transmettent  des impulsions aux cellules contractiles.</p>
<h3>2.6. Substances bioactives</h3>
<p class="align-j">Bien que les cnidaires soient des organismes relativement simples, leur métabolisme produit des substances bioactives complexes que l&rsquo;on découvre encore.  Ces substances,  appelées métabolites secondaires, sont tout  sauf des sous-produits. Leur production  nécessite des enzymes spécifiques exigeant beaucoup d&rsquo;énergie de leur part. Destinées à dissuader des prédateurs, à nettoyer les envahisseurs, à lutter pour la conquête de l&rsquo;espace, à se protéger des radiations solaires ou combattre les maladies, elles jouent un rôle physiologique  et écologique si important pour la  survie de l&rsquo;animal, et donc sa maintenance en captivité, que nous ne pouvons les passer sous silence. Nous  aborderons plus en détail cet aspect de l&rsquo;écologie chimique des Octocoralliaires, dans un chapitre ultérieur.</p>
<h2 align="left">Références</h2>
<ul>
<li>K. Fabricius, P. Alderslade. <em>Soft  corals and sea fans – A comprehensive guide to the tropical shallow-water  genera of the Central-West Pacific, the Indian Ocean and the Red Sea</em>.  Australian Institute of Marine Science, Townsville, Australia. 2001. 264 p </li>
<li>J. Sprung, J. C. Delbeck. <em>L&rsquo;aquarium récifal, volume 2</em>. Ricordea Publishing 1999.</li>
<li>J. Vimal. <a href="http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=Physiopathologie+des+Coraux&amp;source=web&amp;cd=1&amp;cad=rja&amp;ved=0CCQQFjAA&amp;url=http%3A%2F%2Fwww2.vetagro-sup.fr%2Fbib%2Ffondoc%2Fth_sout%2Fdl.php%3Ffile%3D2007lyon025.pdf&amp;ei=g9KqUNnhFLDY0QXJr4DoAQ&amp;usg=AFQjCNEZ7tW0_o2vvCXcNQ--SCMwP5KpMQ" target="_blank"><em>Physiopathologie des Coraux</em></a><em>.</em> Thèse  Université Claude-Bernard. Lyon I, mai 2007.</li>
<li>F. M. Bayer, M. Grasshoff, Jakob Verseveldt, <a href="https://repository.si.edu/bitstream/handle/10088/6237/Bayer-087-1983-pg-1-75.pdf?sequence=1&amp;isAllowed=y" target="_blank"><em>Illustrated Trilingual Glossary of  Morphological and Anatomical Terms Applied to Octocorallia</em></a>, E.  J. BRILL , DR. W. BACKHUYS LEIDEN, The Netherland, 1983.</li>
<li>Les Octocoralliaires – <a href="http://www.mer-littoral.org/05/octocoralliaires.php" target="_blank"><em>Mer et littoral</em></a></li>
<li>M. P. Janes. <a href="http://shop.aquatouch.com/Images%20old%20site/PDF_Files/Coral%20Husbandry%20Book%20ch%2046.pdf" target="_blank"><em>Laboratory methods for the identification of soft corals (Octocorallia: Alcyonacea)</em></a>. Advances in Coral Husbandry in Public Aquariums. Public Aquarium Husbandry Series, vol. 2. R.J. Leewis and M. Janse (eds.),ch 46, pp. 413-426. 2008 Burgers’ Zoo, Arnhem, the Netherlands.</li>
</ul>
<p>
</p>
<p class="align-j">Tous mes remerciements aux auteurs des photos pour leur accord de publication et à mes  correcteurs Christian SEITZ, Olivier SOULAT et Jérémie VIDAL DUPIOL.</p>
<p align="center"><em>Article publié sur Cap récifal le 1 novembre 2014.</em></p>
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		<title>Octocoralliaires 2 &#8211; Biologie : nutrition, reproduction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Oct 2014 23:00:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier volet sur les Octocoralliaires nous a permis de mieux connaître l&#8217;anatomie des Octocoralliaires, mais ces organismes sessiles, filtreurs, totalement dépendants de leur environnement, ne sont pas tous égaux pour garantir leur survie. Ce chapitre s&#8217;attarde sur la nutrition qui n&#8217;est pas le moindre des processus en jeu, en milieu naturel comme en aquarium. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Le premier volet sur les Octocoralliaires nous a permis de mieux connaître l&rsquo;anatomie  des Octocoralliaires, mais ces  organismes  sessiles, filtreurs, totalement dépendants de leur environnement, ne sont pas tous égaux pour garantir leur survie. Ce chapitre s&rsquo;attarde sur la  nutrition qui n&rsquo;est pas le moindre des processus en jeu, en milieu naturel comme en aquarium. Nous verrons aussi les modes de reproduction ingénieux dont disposent les Octocoralliaires pour assurer la pérennité des espèces. </p>
<p class="align-c"><a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-1-biologie-classification-et-anatomie/">1 : Classification, anatomie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">2 : Nutrition, reproduction</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-3-ecologie/">3 : Écologie</a> &#8211; <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-4-maintenance/">4 : Maintenance</a></p>
<h2>1. Comportements alimentaires</h2>
<p>Le comportement alimentaire des  Octocoralliaires est fortement dépendant de leur anatomie.</p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/1.jpg" data-ipsLightbox><img   alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Tous polypes déployés dans le courant. Pas de doute, cette gorgone symbiotique <em>Gorgonia ventalina</em> des Caraïbes est bien  suspensivore microphage.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Pascal SUROU, Cap récifal</figcaption></figure>
<h3>1.1. Azooxanthellés&nbsp;: hétérotrophes</h3>
<p class="align-j">Les organismes non photosynthétiques, en l&rsquo;absence  d&rsquo;endosymbiose, ne peuvent se fournir en carbone via les zooxanthelles. Ils  doivent subvenir à tous leurs besoins en carbone et azote, dans les aliments  collectés à l&rsquo;extérieur et déployer d&rsquo;autres techniques de nutrition&nbsp;: ils  doivent capter les particules organiques (plancton, détritus) dans l&rsquo;eau ou  bien absorber des molécules dissoutes. Les Octocoralliaires azooxanthellés sont <strong>hétérotrophes</strong>.</p>
<h3>1.2. Zooxanthellés&nbsp;:   mixotrophes</h3>
<p class="align-j">Les coraux zooxanthellés bénéficient de la photosynthèse de leurs  algues symbiotiques et  une  grande majorité des  Octocoralliaires en dépendent fortement  pour leur nutrition, notamment certains  Xeniidés  dépourvus de moyen de chasse et disposant d&rsquo;un appareil digestif  réduit. Mais sont-ils autotrophes pour autant ?<br />
  Il est prouvé aujourd&rsquo;hui que la photosynthèse ne  peut subvenir à elle seule, à tous les  besoins en carbone. En effet, les Octocoralliaires dont la  part de zooxanthelles répartie essentiellement en surface est faible en regard  de leur biomasse, doivent mettre en œuvre une part des processus de nutrition  hétérotrophe  comme la capture de particules. Selon leur environnement comme l&rsquo;éclairement  ou la disponibilité en plancton, ils adaptent leur mode de nutrition.  Puisqu&rsquo;ils exploitent  les deux types de  processus métaboliques, autotrophie et hétérotrophie, les Octocoralliaires zooxanthellés sont <strong>mixotrophes</strong>.</p>
<h3>1.3. Sessiles  -&gt; Suspensivores microphages, osmotrophes</h3>
<p class="align-j">Hétérotrophes ou mixotrophes, les Octocoralliaires sont  fixés au substrat.  Ce caractère sessile  les contraint à trouver leur pitance dans leur espace proche&nbsp;;  ils sont totalement  dépendants de ce que leur offre leur environnement. <br />
  Pour ce, ils exploitent diverses méthodes basées sur la  capture de plancton et de particules organiques disponibles dans la colonne  d&rsquo;eau&nbsp;: ce sont des <strong>suspensivores </strong>(ou  filtreurs). Contrairement aux scléractiniaires, les Octocoralliaires disposent d&rsquo;un  système pour générer un courant d&rsquo;eau chargé de nourriture, ce sont des <strong>filtreurs actifs</strong>. Les particules  capturées sont de petite taille en regard de la taille de leur bouche&nbsp;: ce  sont des <strong>suspensivores microphages</strong>.  Selon la nature et la taille des particules, la capture sera basée sur la  filtration complétée parfois d&rsquo;actions de chasse&nbsp;de proies vivantes : ce  sont donc aussi, mais dans une faible mesure on le verra, des <strong>prédateurs</strong>. <br />
  Les Octocoralliaires ont également la faculté de puiser directement  dans l&rsquo;eau les nutriments sous forme dissoute, et de les absorber à travers leurs  téguments&nbsp;: ils sont <strong>osmotrophes</strong>. </p>
<h2>2. Processus de nutrition </h2>
<p class="align-j">La nutrition consiste en une succession de plusieurs  processus (Illustration 1) : </p>
<ul>
<li>Ingestion&nbsp;: dans un premier temps, l&rsquo;animal  doit détecter et capter de diverses manières, la nourriture (les aliments)  composés de matières organiques, sous différentes formes. </li>
<li>Digestion&nbsp;: Il s&rsquo;ensuit plusieurs phases  pour fragmenter et décomposer, par voies mécaniques, chimique ou enzymatique, la nourriture ou macronutriments, en unités suffisamment  petites (les nutriments ou métabolites), pour passer dans les cellules. <br />
    Ces métabolites tels que glucose,  acides  aminés, acides gras… proviennent de la transformation de macro  nutriments&nbsp;: sucres (glucides), protéines et corps gras (lipides) et d&rsquo;autres plus petits&nbsp;:  sels minéraux, antioxydants, oligo  éléments… issus de la nourriture et de l&rsquo;eau environnante.<br />
    &#8211; Les polysaccharides (glucides) sont transformés  en monosaccharides (glucose…)<br />
    &#8211; Les lipides sont transformés en glycérol et acides gras<br />
    &#8211; Les protéines sont transformées en acides aminés<br />
    &#8211; Les acides nucléiques sont transformés en nucléotides <br />
    Les glucides et les lipides ont pour fonction principale  de fournir de l&rsquo;énergie&nbsp;; les protéines jouent un rôle capital dans le  fonctionnement de l&rsquo;organisme (anabolisme).</li>
<li>Absorption&nbsp;et  assimilation : à partir des nutriments, les  cellules peuvent finalement fabriquer leurs propres molécules et les  transporter à travers les tissus, vers les organes vitaux et selon les besoins.</li>
</ul>
<div class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Illustration 1 : Processus simplifié de nutrition</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/2.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/2.png"></a>
</div>
<h2>3. Moyens de nutrition  dans le  milieu naturel</h2>
<p class="align-j">Comme tous les animaux, pour assimiler  protéines,  sucres,   corps gras et les autres éléments nutritifs, les Octocoralliaires mettent en œuvre  différents procédés, selon les espèces.</p>
<h3>3.1. Rôle  des zooxanthelles dans la nutrition</h3>
<p class="align-j">Les zooxanthelles exploitent l&rsquo;énergie lumineuse pour  réaliser la photosynthèse.  Cette dernière se déroule en deux phases distinctes et successives&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Durant  la première, dite phase claire parce qu&rsquo;elle est déclenchée par la lumière, la photosynthèse transforme l&rsquo;énergie solaire en énergie  chimique.<span class="align-j"> Durant la période diurne, l&rsquo;expansion des colonies augmente l&rsquo;activité photosynthétique de 30&nbsp;%.</span></li>
<li>Durant  la seconde phase obscure, appelée ainsi  parce qu&rsquo;elle  ne dépend pas de la lumière,  avec l&rsquo;énergie  produite lors de la première phase, la photosynthèse convertit le CO<sub>2</sub>  au contact du tissu corallien, en différents  produits qui sont pour l&rsquo;essentiel : du glycérol, du glucose, des acides aminés  (essentiellement de l&rsquo;alanine), des vitamines, des hormones et quelques autres  acides organiques utilisées par le polype. </li>
</ul>
<p class="align-j">Les molécules organiques fabriquées par les zooxanthelles  passent à travers la membrane de l&rsquo;algue, qui leur est perméable, pour  rejoindre le cytoplasme des cellules du polype. Les zooxanthelles peuvent  fournir jusqu&rsquo;à 98% des produits de leur photosynthèse à leur hôte. Une partie  de la matière organique produite est utilisée comme source de nourriture par le  polype. <br />
  Mais cette source essentiellement de glucides  ne suffit pas, le polype doit trouver les protides et les lipides nécessaires à sa  croissance et à son maintien en capturant des&nbsp;proies.</p>
<h3>3.2. Capture, ingestion, digestion de particules</h3>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires utilisent plusieurs outils, propres aux  invertébrés marins microphages, leur permettant de détecter, d&rsquo;attirer, de  capturer, de capter et transporter leur nourriture planctonique avant de  pouvoir la digérer. </p>
<h4>3.2.1. Déclenchement  des captures</h4>
<p class="align-j">D&rsquo;après les observations, on peut penser  que, de manière similaire aux scléractiniaires, des stimuli chimiques  déclenchent les réactions de nutrition des Octocoralliaires&nbsp;: extension du  polype, mobilité des tentacules, production de mucus, mouvements ciliaires,  sortie des entéroïdes&#8230; Des analyses sur les scléractiniaires ont permis  d&rsquo;identifier l&rsquo;efficacité de quelques stimulants chimiques, notamment  des acides aminés (proline, arginine, phénylalanine,  glycine, aspartate, leucine, glutamate, lysine…) qui agissent à faible dose de manière spécifique. Plus  empiriquement, l&rsquo;efficacité du nuoc-mâm a pu être vérifiée.  Les impulsions sont transmises depuis les cellules réceptrices ectodermiques jusqu&rsquo;au  centre musculaire des polypes.</p>
<p class="align-j">Les cycles d&rsquo;ouverture et de rétraction des polypes restent encore mal expliqués. Les gorgones symbiotiques des Caraïbes déploient en général leurs polypes et se nourrissent durant la journée, la majorité se contractant la nuit. Sur la Grande barrière, les polypes sont déployés pour moitié le jour et presque tous, ouverts la nuit pour se nourrir activement. Les contractions diurnes peuvent s&rsquo;expliquer par des courants trop faibles ou au contraire trop importants, une intensité lumineuse trop forte ou le dérangement par des prédateurs.</p>
<h4>3.2.2. Piégeage  par mucus</h4>
<div class="commentaire"><strong>Neige marine</strong></p>
<p>  On peut noter que ce  mucus est également utilisé comme nourriture. Éliminé dans la colonne d&rsquo;eau, il  flotte, en combinaison avec des détritus, sous une forme appelée «&nbsp;neige marine&nbsp;» qui devient à son tour  une source alimentaire. Des fabricants commercialisent d&rsquo;ailleurs une forme  reconstituée de cette neige marine.</p></div>
<p class="align-j">Les coraux élaborent sur la partie externe de leurs tissus,  un mucus hydrophile constitué d&rsquo;un mélange de protéines et de glucides. Ce  mucus est utilisé lors de processus variés comme la protection contre la  sédimentation, pour le déparasitage, contre la dessiccation durant leur exondation à  marée basse, le stress augmentant sa production. Il est ensuite évacué par des  mouvements ciliaires. </p>
<p class="align-j">Mais ce mucus est également utilisé lors de la nutrition, pour  piéger leur nourriture. À la surface de la colonie et selon l&rsquo;espèce, le mucus piège  les particules de zooplancton et/ou de phytoplancton (diatomées) en  suspension. Colonisé par une microflore bactérienne, de protozoaires  (flagellés, ciliés), il est le siège d&rsquo;une dégradation et du recyclage en  matières bactériennes et organiques ensuite dirigées vers la cavité gastrovasculaire   par des mouvements ciliaires.  Des études  portant sur l&rsquo;activité antibiotique du mucus de Scléractiniairse<em> </em>contre des espèces  invasives, ont permis d&rsquo;identifier quelques espèces résidentes appartenant aux genres <em><em>Alteromonas</em>, Agrobacterium</em>, <em><em>Bacillus, </em>Photobacterium</em>, <em>Phyllobacterium, Halomonas</em>, <em>Exiguobacterium</em>, <em>Peligiobacter</em>.</p>
<h4>3.2.3. Panaches  tentaculaires</h4>
<figure class="figcolonne" style="width:50%; min-width:200px; margin:auto;">
<video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/01.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/vid1.webm"><source type="video/mp4" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/vid1.mp4"></video><figcaption class="figlegende">Capture d’aliments  en suspension par <em>Diodogorgia nodulifera</em></figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Nombre d&rsquo;invertébrés suspensivores microphages, surtout  lorsqu&rsquo;ils sont filtreurs passifs, déploient des dispositifs destinés à augmenter  leur surface muqueuse dans le courant naturel. <br />
  Ainsi, les Octocoralliaires disposent de panaches tentaculaires ou bras et ces derniers sont de plus pourvus de  pinnules rapprochés (de l&rsquo;ordre de 60 à 80&nbsp;µm chez <em>Dendronephthya</em>). Ce &quot;maillage&quot; ne fixe pas la taille des proies comme on le verra plus loin.</p>
<h4>3.2.4. Immobilisation  par empoisonnement (cnidocytes)</h4>
<p class="align-j">Même si la présence de zooxanthelles au sein  de leurs tissus peut assurer l&rsquo;essentiel de leur besoins énergétiques,  les cnidaires conservent tous un comportement de prédateur et peuvent capturer des proies  vivantes au moyen de leurs cnidocytes. Les cnidocytes (ou cnidoblastes) sont des cellules  spécialisées, concentrées en différents endroits sous l&rsquo;épiderme&nbsp;: au bout  de tentacules mais aussi près de la bouche, qui   servent à la capture de proies et à la protection de l&rsquo;organisme. Chaque  cnidocyte comporte une capsule (cnidocyste) en forme d&rsquo;ampoule de 10 à 50&nbsp;µm, refermée par un opercule, enfermant un ensemble d&rsquo;organes  urticants (le nématocyste). Ces organes baignant dans un venin, sont constitués d&rsquo;un filament, enroulé  autour d&rsquo;un dard invaginé vers le centre de la capsule portant de petits crochets : les stylets.</p>
<p class="align-j">La présence d&rsquo;une proie ou d&rsquo;un environnement chimique stimule un cil  sensoriel (cnidocil). Lors de l&rsquo;excitation du cnidocil, le nématocyste est expulsé par gradient de pression : il stocke dans sa capsule une grande quantité d&rsquo;ions calcium qui vont être envoyés dans le cytoplasme du cnidocyte. L&rsquo;augmentation de la concentration en ions calcium dans le cnidocyte crée une pression osmotique qui va causer une entrée d&rsquo;eau dans la cellule. Cette augmentation du volume d&rsquo;eau dans le cytoplasme provoque l&rsquo;expulsion  du nématocyste en quelques  millisecondes. Le nématocyste  libéré, se plante dans sa proie et s&rsquo;accroche  au moyen de stylets, pour  injecter son venin et la paralyser. Les cnidocystes à usage unique seront  remplacés. L&rsquo;usage et le remplacement des cnidocytes exigent une dépense d&rsquo;énergie, aussi. Ceci lié au fait que le cnidaire ne doit pas se piquer, un système de chémorécepteur analyse la proie et le contenu chimique de son épiderme pour déployer les nématocystes seulement si nécessaire et en nombre  suffisant. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);  width:70%;"><figcaption class="grille-titre">Illustration 2 : Principe de fonctionnement des cnidocytes..</figcaption><figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/3.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/3.png"></a><figcaption class="figlegende">Cnidocyte et séquence de harponnage.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a title="w:National Oceanic and Atmospheric Administration" href="http://en.wikipedia.org/wiki/National_Oceanic_and_Atmospheric_Administration">NOAA</a>. Adaptation : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/4.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/4.png"></a><figcaption class="figlegende">Cnidocils et nématocyste en action, dont on distingue les stylets (microscope électronique).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/File:Nematocyst-discharged.png" target="_blank">Wikipédia</a>.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">
  La majorité des Octocoralliaires dispose de cnidocytes mais  leur structure est plus simple, ils sont moins nombreux et leurs nématocystes sont  beaucoup moins efficaces (incapables de pénétrer la peau humaine) que ceux des  cnidaires à grands polypes tels que les anémones ou les méduses. Ils sont  dédiés à la paralysie de petites proies zooplanctoniques vivantes, lentes ou blessées comme les larves de crustacés et de bivalves. Les particules  indigestes, les proies trop grandes ou trop actives peuvent être capturées mais  vite relâchées. On a pu noter cependant, que des polypes pouvaient s&rsquo;associer à  deux ou trois, pour capturer des proies de plus grande taille. Chez les  Octocoralliaires les nématocystes opèrent plutôt en support d&rsquo;un système de  filtration, pour paralyser une proie qui sera ramenée et immédiatement fixée  par le mucus, ou pour achever une proie  engluée dans ce mucus. </p>
<h4>3.2.5. Transport  vers la bouche et le pharynx</h4>
<p class="align-j">Les proies et les diverses particules organiques engluées  dans le mucus, immobilisées ou non par les nématocystes, peuvent être  transportées directement par le tentacule vers la bouche de l&rsquo;animal. <br />
  Si ce n&rsquo;est pas le cas, la  surface tissulaire est couverte de cellules dotées de cils vibratiles animés  de battements coordonnés. Leurs mouvements, composés d&rsquo;une poussée suivie d&rsquo;une  récupération durant laquelle ils reviennent à leur position initiale, créent  un mouvement  directionnel (voir le chapitre <em>Génération de courants</em>). Ces cils vibratiles, concentrés dans les tentacules et  l&rsquo;environnement buccal portent les aliments vers la bouche puis vers la cavité  gastrovasculaire pour y être digérés. <br />
  Chez les invertébrés marins, on retrouve ce type de cils  vibratiles dans d&rsquo;autres processus physiologiques comme  la création de courants ou l&rsquo;évacuation de mucus et  de particules indésirables.</p>
<h4>3.2.6. Prédigestion  extracœlentérique par les entéroïdes </h4>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/5.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Organe digestif d&rsquo;un Octocoralliaire, avec ses filaments mésentériques.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Reader&rsquo;s Digest 1990, adaptation Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les cnidaires sont pourvus d&rsquo;une bouche puis d&rsquo;un pharynx  qui débouche dans une cavité gastrique. La surface interne présente des tissus  (mésentères), formant des bourrelets mésentéroïdes qui augmentent la surface  d&rsquo;échange. Le mésentère a de nombreuses fonctions : il possède des fibrilles  musculaires contribuant à  la contraction  et l&rsquo;extension des polypes, il renferme les organes reproducteurs et il intervient  aussi dans la digestion. Le bord interne du mésentère dispose de fibres  allongées, les filaments mésentériques (entéroïdes), chargées de cnidoblastes  et de  glandes digestives, qui s&rsquo;enroulent  en rubans dans la partie inférieure. Les filaments mésentériques produisent une  excrétion muqueuse abondante chargée de protéases  (enzymes qui brisent les liaisons des protéines). Ils peuvent sortir par la  bouche permettant la prise de proies, la conquête du terrain en attaquant les  tissus d&rsquo;un voisin envahissant, pour entamer une première digestion  extracellulaire. La digestion se poursuit au niveau des filaments mésentériques  ventraux et latéraux qui possèdent eux aussi un grand nombre de ces cellules.</p>
<h4>3.2.7. Génération  de courant</h4>
<p class="align-j">La capture est assurée par les tentacules  et dans une moindre mesure par les cnidocytes mais comme on l&rsquo;a vu plus haut,  les Octocoralliaires, sont des filtreurs actifs. Ils sont en mesure de  générer un courant d&rsquo;eau permettant d&rsquo;attirer les nutriments issus de leur environnement  très proche et d&rsquo;assurer leur circulation interne, jusqu&rsquo;au rejet des déchets.  Cette relative autonomie ne simplifie pas pour autant le système de  maintenance aquariophile puisqu&rsquo;il faut assurer,  comme pour les filtreurs passifs, un brassage général de l&rsquo;aquarium permettant  l&rsquo;apport des nutriments et plus globalement de tous les éléments particulaires  ou solubles nécessaires à leur développement, jusque à proximité de l&rsquo;animal.</p>
<h5>3.2.7.1. Siphonoglyphe</h5>
<p class="align-j">Les polypes autozoïdes des  Octocoralliaires sont également appelés gastrozoïdes et pour cause&nbsp;! Comme on l&rsquo;a vu  dans l&rsquo;article <em><a href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires-1-biologie-classification-r85">Octocoralliaires 1</a></em>, ils  sont pourvus d&rsquo;une gouttière, le siphonoglyphe, absente chez  les scléractiniaires, qui prend naissance à la bouche, se prolonge le long du  pharynx jusqu&rsquo;à la cavité gastrique. Ce siphonoglyphe est pourvu de cils  générant un courant inhalant. La  proie est rapidement triée, rejetée ou rapidement acceptée traversant alors le  pharynx en quelques minutes.</p>
<h5>3.2.7.2. Courant ciliaire</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/7.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/7.png"></a><figcaption class="figlegende">Les cils créent un mouvement parallèle à la surface d&rsquo;implantation.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les cils sont des excroissances en forme de poils plus ou  moins long, présents en nombre et couvrant la surface de la membrane externe  des cellules. Leurs battements dans les siphonoglyphes, provoquent un mouvement  d&rsquo;eau. Ils se présentent en rangs&nbsp;; le cil se raidit et se courbe à sa base  pour donner un coup de fouet dans le plan de la rangée. Ce mouvement produit  une impulsion qui commence en un point et se propage sur le reste de la surface  comme une vague. Le cil devient ensuite flasque, il quitte le plan de mouvement  pour se coucher sur le côté, sans résistance à l&rsquo;eau et retrouve sa position  initiale. La direction de battement peut être inversée à tout moment. Ainsi,  les cils ont un mouvement ondulatoire, coordonné. Le mouvement engendré par les  cils est parallèle à la surface de la membrane. Ils transportent ainsi les  particules de nourriture vers les organes de digestion (bouche, estomac…) et  contribuent à rejeter les particules indésirables, les déchets.</p>
<h4>3.2.8. Digestion  extracellulaire, intracellulaire</h4>
<p class="align-j">La proie triée par le polype : rejetée  ou acceptée, traverse le pharynx en quelques minutes. La présence de proies dans la cavité gastrovasculaire  stimule les cellules glandulaires (cellules  caliciformes) pour la sécrétion d&rsquo;enzymes (protéases). A ce stade, les enzymes fragmentent les proies trop  grosses pour les cellules digestives et amorcent une première digestion extracellulaire.  Il s&rsquo;ensuit une digestion intracellulaire à l&rsquo;intérieur des cloisons radiaires (mésentères) de la cavité gastrique qui en augmentent notablement la  surface.&nbsp;Ces dernières sont bordées d&rsquo;entéroïdes dont les filaments mésentériques  ventraux et latéraux, riches en cellules digestives et d&rsquo;enzymes, phagocytent  et terminent la digestion. L&rsquo;intercommunication  des cavités gastriques des différents polypes, par le réseau de canaux du  cœnosarque (solenia) permet à la colonie de bénéficier de la capture d&rsquo;un  individu. <br />
  Selon les espèces et/ou leurs besoins,  les modes de nutrition autotrophie/hétérotrophie évoluent et s&rsquo;équilibrent. Ainsi  il existe une relation inversement proportionnelle entre le nombre des  zooxanthelles et le développement des filaments mésentériques ventraux et  latéraux en termes de surface et de quantité de cellules glandulaires hébergées.  Par exemple, les filaments mésentériques de <em>Lobophytum</em>&nbsp;sp.  contiennent un grand nombre de cellules glandulaires et seulement quelques  zooxanthelles, à contrario <em>Silunaria</em> sp. possède de très petits filaments mésentériques en petit nombre, voire pas  du tout&nbsp;; ses cellules glandulaires sont rares et les zooxanthelles très  nombreuses.</p>
<h4>3.2.9. Absorption,  excrétion</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;absorption se produit au niveau des cellules  digestives des mésentéroïdes. Les nutriments assimilés diffusent de cellule à cellule selon des mécanismes complexes et  encore mal identifiés, à l&rsquo;échelle moléculaire.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;excrétion se fait également au  niveau des mésentéroïdes de la cavité digestive. Le courant exhalant entretenu  par les filaments mésentériques permet d&rsquo;évacuer les déchets inattaqués et les  composés phosphatés et ammoniacaux issus du métabolisme.  Ils sont ensuite évacués par le courant  ciliaire exhalant généré par les   filaments mésentériques puis rejetés au niveau de la bouche. </p>
<h2>4. Sources nutritives dans le milieu naturel</h2>
<h3>4.1. Photosynthèse  : des zooxanthellés aux  azooxanthellés</h3>
<p class="align-j">Les nutriments se font rares dans certaines eaux tropicales. Dans les faibles profondeurs, les coraux   hébergent des zooxanthelles permettant de compléter  leur régime alimentaire&nbsp;: les zooxanthelles transforment au moyen de l&rsquo;énergie  lumineuse, les molécules inorganiques (carbone, azote, phosphore) en molécules  organiques directement assimilables par les tissus du corail (glucose,  glycérol, acides gras, triglycérides, des acides aminés simples et quelques  éléments traces, vitamines…). De rares espèces comme les Xeniidés, dépourvus de cnidocytes et dont l&rsquo;appareil digestif  est réduit,  sont très dépendantes des zooxanthelles. </p>
<p class="align-j">En général, du fait de la biomasse importante des Octocoralliaires par  rapport à leur surface, la production de leurs algues  symbiotiques est faible comparée  à  celle des Scléractiniaires symbiotiques. D&rsquo;autre part, contrariés par les dérangements environnementaux (courants, lumière excessive, sédiments…),  leurs polypes ont des cycles d&rsquo;ouverture et de contraction qui ne correspondent  pas exactement à ceux de la lumière du jour. Contrairement aux Scléractiniares, leurs besoins respiratoires, en relation avec l&rsquo;importance de leur biomasse, sont  finalement rarement totalement atteints du fait de la seule photosynthèse. Ils doivent  donc trouver ailleurs ce que les algues ne  leur fournissent pas&nbsp;ou insuffisamment : azote, phosphore, quelques éléments  traces (fer, vitamines…). Ainsi,  les    Octocoralliaires, toujours peu zooxanthellés (mixotrophes) ou    azooxanthellées (hétérotrophes),   doivent exploiter d&rsquo;autres sources nutritives détaillées  ci-après.</p>
<h3>4.2. Matières  dissoutes, organiques (MOD) et non organiques</h3>
<h4>4.2.1. Matières  organiques dissoutes (MOD) </h4>
<p class="align-j">La matière organique est l&rsquo;ensemble de ces macromolécules  parfois complexes et difficiles à identifier dans le milieu marin, provenant de  la dégradation de débris animaux et végétaux ainsi que de la production  primaire du phytoplancton ou des coraux. Les concentrations océaniques sont faibles et augmentent au niveau du récif. Les MOD incluent divers éléments tels que  l&rsquo;azote organique dissous (NOD), le carbone organique dissous (COD) ou dans une moindre mesure, le phosphore.<br />
  Une part des MOD est agglomérée en matières particulaires,  certaines étant assimilables par les tissus.  L&rsquo;absorption fait intervenir des cellules ectodermiques  chargées de nombreuses petites excroissances (microvillosités) qui augmentent la surface d&rsquo;échange. Les matières dissoutes pénètrent  la cellule par pinocytose,   phagocytées par la membrane cellulaire, puis digérées dans des vésicules au moyen d&rsquo;enzymes, en composants aptes à être transportés et absorbés par les cellules destinataires. L&rsquo;importance des MOD dans la nutrition des Octocoralliaires  reste encore mal déterminée&nbsp;: certains auteurs estiment que, largement consommés  par les bactéries et les algues sur le récif, les nutriments dissous sont disponibles seulement à l&rsquo;état de traces  et qu&rsquo;ils interviennent peu dans la nutrition des Octocoralliaires. D&rsquo;autres pensent qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas négligeable, les coraux savent d&rsquo;aille urs bien détecter la présence d&rsquo;acides aminés (glycine, alanine,  glutamate), manifestée par le déploiement de leurs polypes, le gonflement de  leur cœnenchyme et  des tissus de leur  cavité gastrovasculaire. Les MOD trouvent probablement plus d&rsquo;intérêt chez les espèces profondes ou celles qui ne profitent pas d&rsquo;une symbiose avec les zooxanthelles.</p>
<h4>4.2.2. Matières  non organiques  dissoutes</h4>
<p class="align-j">Les matières non organiques absorbées sont des macroéléments  (calcium, magnésium, potassium), des bicarbonates, des gaz (O<sub>2</sub>, CO<sub>2</sub>) et des  oligo-éléments. Les macroéléments jouent un rôle important dans la  calcification. Les oligo-éléments comme les halogènes (iode), l&rsquo;azote (ammonium NH<sub>4</sub>+  et nitrates  NO<sub>3</sub>−), le phosphore, les métaux (fer,  zinc, aluminium…), disponibles dans l&rsquo;eau de mer en infimes concentrations,  sont indispensables à la vie. Certes, les Octocoralliaires ne sont pas  hermatypiques et leurs besoins pour la calcification sont faibles, mais ils sont réels.</p>
<h3>4.3. Matières  organiques particulaires (MOP) vivantes </h3>
<div class="commentaire">
<p><strong>Production primaire, production secondaire</p>
<p>    Production primaire</strong> : c&rsquo;est  la production par photosynthèse (la lumière est l&rsquo;énergie primaire). Elle est la première étape de la chaîne alimentaire. Les  végétaux chlorophylliens sont en effet capables de  synthétiser de la matière organique, ils sont les producteurs primaires. En mer, ce sont le  plancton végétal et les algues telles que les zooxanthelles des coraux.</p>
<p>    <strong>Production secondaire</strong> : elle provient de la transformation de matière organique existante, végétale ou animale. Les consommateurs de phytoplancton, végétariens (zooplancton, petits crustacés, larves de coquillages et de poissons&#8230;) sont des producteurs secondaires et nourrissent les animaux carnivores (zooplancton carnivore, poissons, mammifères marins).</p>
</div>
<p class="align-j">Le plancton est la composante vivante des MOP. Il regroupe  un nombre immense d&rsquo;organismes (illustration 14), classés selon leur taille, en  femto, pico, nano, micro, méso et mégaplancton. La nourriture des  Octocoralliaires se compose essentiellement de petits  organismes planctoniques, depuis les plus petits composant le bactérioplancton,   essentiellement du picoplancton,  mais aussi de microplancton  sous forme de phytoplancton et  de zooplancton. S&rsquo;agissant d&rsquo;organismes de petites tailles et la biomasse des Octocoralliaires étant parfois  importante, leur alimentation peut occuper de longues périodes durant la  journée.</p>
<h4>4.3.1. Virioplancton</h4>
<p class="align-j">On ne sait pas grand-chose sur l&rsquo;alimentation de virus par  les Octocoralliaires. Retenons qu&rsquo;il intervient au moins indirectement  puisqu&rsquo;il affecte de manière conséquente l&rsquo;évolution qualitative et quantitative des populations  bactériennes.</p>
<h4>4.3.2. Bactérioplancton</h4>
<p class="align-j">Le bactérioplancton de 0,2 à 10&nbsp;µm, forme l&rsquo;essentiel du picoplancton et une  partie du nanoplancton. Dans les  écosystèmes marins, la biomasse bactérienne est énorme, bien plus importante que celle du phytoplancton.  Les  bactéries hétérotrophes sont  des compétiteurs efficaces du phytoplancton pour les éléments nutritifs. En ce qui concerne le carbone, le bactérioplancton constitue la biomasse dominante<br />
  dans les eaux récifales à caractère oligotrophe et comme les bactéries présentent des rapports C/N et C/P plus<br />
  faibles que ceux du phytoplancton,  cette dominance<br />
  est donc encore accrue en termes d’azote et de phosphore. Ainsi, dans les eaux  faiblement pourvues en azote  il peut représenter la quasi-totalité des  ressources.</p>
<p class="align-j">Le rôle du bactérioplancton dans  les processus écologiques des récifs et dans celui de la chaîne alimentaire comme  source nutritive, s&rsquo;avère plus important que ce que l&rsquo;on imaginait il y a quelques années. Il est établi que les abondances bactériennes décroissent lors de leur passage au-dessus du récif, ce qui dénote une forte consommation et que le bactérioplancton tire profit de la matière organique produite par les organismes benthiques.  Les progrès effectués dans l&rsquo;identification des bactéries  et la détermination de leur taux de croissance, ont permis  de réévaluer le rôle du bactérioplancton dans les flux de matière organique. C&rsquo;est le concept de  &quot;boucle microbienne&quot; dont tirent profit les habitants du récif.</p>
<div class="commentaire pos-centre" > <strong>La boucle microbienne</strong></p>
<p class="align-j">C&rsquo;est le processus en boucle mettant en œuvre  les bactéries hétérotrophes dans les flux de matières organiques au sein de la colonne d’eau. </p>
<figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/8.png" data-ipsLightbox><img  alt="Boucle microbienne"  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/8.png"></a></figure>
<ul>
<li>D&rsquo;une part, les bactéries transforment en biomasse les matières organiques dissoutes MOD issues des producteurs primaires (algues, bactéries photosynthétiques, coraux&#8230;) :<br />
    la  MOD produite par l&rsquo;exsudation du phytoplancton et les déjections du zooplancton phytophage (brisures de phytoplancton, excrétions, pelotes fécales) est consommée  par les bactéries hétérotrophes. Cette biomasse bactérienne  est elle-même consommée par le nano  zooplancton  hétérotrophe bactérivore (Protistes : Flagellés et Ciliés). Ce dernier, consommé par le mésoplancton (Copépodes&#8230;), la biomasse devient finalement consommable par les maillons supérieurs de la chaîne trophique, au lieu de couler et de s&rsquo;accumuler dans les sédiments organiques. Cette transformation peut être importante et, notamment dans les écosystèmes recevant des apports externes, dépasser la production primaire du phytoplancton.</li>
<li>
    D&rsquo;autre part, les bactéries régénèrent des éléments minéraux : leurs rapports cellulaires C/N et C/P étant relativement bas, elles ne libèrent généralement pas les éléments N et P, mais consommées par les protistes (flagellés et dans une moindre mesure par les ciliés) qui libèrent ces éléments, elles participent ainsi à la régénération des éléments nutritifs (ammonium, phosphore) provenant de la matière organique détritique. Les éléments minéraux libérés de la matière organique peuvent ainsi connaître une deuxième vie dans la couche euphotique (éclairée) et servir à produire, selon les écosystèmes, un surcroît de production primaire, dite de régénération.</li>
</ul>
</div>
<p class="align-j">Les espèces bactériennes sont assez ciblées selon leur niche nourricière  (colonne d&rsquo;eau, sédiments, mucus corallien&#8230;) mais la capacité de régénération des populations bactériennes est telle, qu&rsquo;elle leur permet de s&rsquo;adapter rapidement aux fluctuations de MOD (temporelle ou spatiale). Si, comme on l&rsquo;a vu, la consommation par les protistes dans la colonne d&rsquo;eau revêt un caractère essentiel, le taux de bactérioplancton décroit  fortement (de 40 à 70&nbsp;%) vers l&rsquo;aval du récif, ce qui laisse suggérer  une prédation bien plus importante  par le benthos notamment par les organismes filtreurs.</p>
<p class="align-j">La consommation de bactéries par les divers organismes benthiques (polychètes, éponges, ascidies, huîtres, coraux&#8230;) est encore mal cernée. Elle représenterait globalement de 1 à 9&nbsp;% de leur besoins quotidiens pour l&rsquo;ensemble de la faune benthique et avoisinerait de 95 à 99&nbsp;% pour les éponges. Le taux de bactérioplancton  est important dans les sédiments et relativement stable dans les eaux, qu&rsquo;elles soient chargées ou plus pauvres. Sa diversité est  par contre plus importante dans ces dernières.  De  nombreuses bactéries sont ingérées, fixées aux éléments détritiques ou au  phytoplancton (ce qui permet aujourd&rsquo;hui de relativiser l&rsquo;importance  nutritionnelle accordée au phytoplancton). De fait, en milieu marin, les  bactéries s&rsquo;avèrent être une source  essentielle de C et N pour la production de protéines par les animaux  consommateurs de phytoplancton ou les consommateurs secondaires. Parmi ceux-ci, les coraux disposent d&rsquo;une   bonne aptitude  à s&rsquo;adapter en cas de besoin pour consommer les bactéries. Ils capturent les protozoaires bactérivores, piègent  les bactéries, en partie directement dans leurs mucosités   mais plus surement sous forme de  particules  nutritives,  avec une excellente rentabilité si l&rsquo;on considère le ratio  énergie reçue/dépensée. En fait, les coraux vivent dans et dépendent de cette &quot;soupe bactérienne&quot;, même si certaines bactéries sont potentiellement pathogènes.</p>
<p class="align-j">Pélagique ou concentré à la surface des sédiments comme à  l&rsquo;intérieur des agrégats, le récifaliste ne sait pas mesurer quantitativement ni  qualitativement la population bactérienne occupant son système aquariophile. Connaissant son  importance, il a tout intérêt à entretenir au mieux cette population, par l&rsquo;apport de souches, par son  alimentation et  à la perturber le moins possible avec des  traitements ou des produits aux résultats aléatoires.</p>
<h4>4.3.3. Phytoplancton,  protistes et bactéries autotrophes</h4>
<p class="align-j">Le phytoplancton est constitué de la partie végétale du  plancton, des protistes autotrophes, photosynthétiques&nbsp;(les protophytes)  comme les dinoflagellés ainsi que des bactéries autotrophes comme les  cyanobactéries. Il couvre une partie du picoplancton, tout le nanoplancton et  une part de microplancton avec quelques espèces à caractère filamenteux. Un peu moins  importante que pour les bactéries, la biomasse représentée par le phytoplancton  reste considérable et impacte, elle aussi, le milieu récifal. Comme les  bactéries, le phytoplancton réagit rapidement à l&rsquo;environnement (prédation,  éclairement, nutriments…) au point de créer des blooms à l&rsquo;image des  proliférations bactériennes. Ces algues sont présentes dans le milieu naturel  et jouent sûrement un rôle dans un milieu captif.</p>
<div class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Illustration 3 : Plancton  d&rsquo;eaux marines et saumâtres</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/9.png" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/9.png"></a><br /><figcaption class="figlegende">Sources alimentaires d&rsquo;eaux marine et saumâtre réparties selon leur taille face à celle des composants   du plancton marin.</figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Le phytoplancton est essentiellement consommé par le  zooplancton. Les ciliés, les protozoaires et certaines larves d&rsquo;invertébrés  consomment le nanoplancton tandis que les copépodes, amphipodes  consomment le microplancton, de plus grande  taille.  Cette consommation évolue selon  des cycles saisonniers mais également selon un cycle quotidien. En effet, le taux mesuré  de phytoplancton baisse la nuit en relation avec la consommation nocturne du  zooplancton.</p>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires se nourrissent essentiellement du phytoplancton dont la taille est inférieure à 20&nbsp;µm. Les tests montrent que les  Octocoralliaires consomment des protistes Dynophyta (Dinoflagellés), des microalgues  Bacillariophyta (diatomées) comme <em>Chaetoceros</em> et d&rsquo;autres comme <em>Nannochloropsis</em>, <em>Isochrysis</em> et <em>Tetraselmis&nbsp;</em>spp. Dans nos  aquariums, le phytoplancton est présent, en quantité difficile à apprécier,  non négligeable  quand on procède au nettoyage des vitres, sauf quand  il n&rsquo;est pas rapidement éliminé par l&rsquo;écumeur. Quels sont les besoins  réels&nbsp;? Cela reste encore flou et difficile à apprécier, mais ils sont sûrement importants.  Encore faut-il déterminer la quantité et la régularité des distributions selon  les consommateurs de l&rsquo;aquarium. L&rsquo;idéal serait de proposer une gamme  similaire en taille, à celle du milieu naturel. La disponibilité sur le marché  ne permet malheureusement pas de répondre aux besoins de tous les  consommateurs. On doit saluer les efforts de certains éleveurs  pour conserver et proposer les souches vivantes en leur  possession.</p>
<h4>4.3.4. Zooplancton  et protistes hétérotrophes</h4>
<p class="align-j">Le zooplancton est constitué des espèces animales du  plancton. Dans la nature, la production de zooplancton évolue selon la  disponibilité de leur nourriture constituée du phytoplancton. On constate une  recrudescence importante l&rsquo;été ainsi qu&rsquo;en périodes nocturnes quand le taux de  micro crustacés et de larves d&rsquo;invertébrés augmente. Ceci explique en partie  l&rsquo;ouverture et le gonflement de polypes des coraux, la nuit, en quête de  nourriture. Comme on le verra plus loin, les polypes savent s&rsquo;adapter à la  concentration de cette nourriture qui varie suivant d&rsquo;autres critères  environnementaux comme le courant.</p>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires sont de piètres chasseurs, du fait de la faible efficacité de leurs cnidoblastes. Ils consomment essentiellement du plancton peu actif, de taille inférieures à 20&nbsp;µm et jusqu&rsquo;à 300&nbsp;µm selon les espèces, constitué  de micro crustacés et de leur larves (copépodes, ostracodes, amphipodes) ainsi que des larves  de bivalves, de gastéropodes, tintinnides (ciliés), polychètes… Malheureusement, nombre de ces espèces ne sont pas  disponibles dans un aquarium. La nourriture vivante de substitution constituée  de copépodes ou de nauplii d&rsquo;artémia est, selon leur régime alimentaire, bien acceptés par les  Octocoralliaires.</p>
<p class="align-j">Comme indiqué plus haut, ce zooplancton inclut également des  protistes hétérotrophes (protozoaires) qui constituent les proies les plus  petites et forment l&rsquo;essentiel du nano-zooplancton, de 2 à 20 µm. De  constitution très simple, les protozoaires se nourrissent de particules organiques,  de bactéries,  d&rsquo;autres protozoaires ou d&rsquo;animaux microscopiques. Les espèces qui nous intéressent sont représentées par les  formes vivant à l&rsquo;état libre dans des milieux aqueux. Il a été établi que des  Octocoralliaires se nourrissent de protozoaires flagellés comme source non  négligeable d&rsquo;azote, indispensable à leur croissance. Les ciliés (infusoires)  du genre <em>Euplotes</em> élevés par certains  aquariophiles dans le cadre de leur aquaculture  devraient convenir.</p>
<h4>4.3.5. Autres  invertébrés</h4>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires, à l&rsquo;instar des scléractiniaires, sont  en mesure de se nourrir des invertébrés avoisinants d&rsquo;une autre espèce ou de la  même espèce, Ce mécanisme de prédigestion extracœlentérique comme on l&rsquo;a vu plus  haut, permet de lutter contre la concurrence pour l&rsquo;occupation du territoire.</p>
<h4>4.3.6. Macro  algues benthiques</h4>
<p class="align-j">Des expérimentations ont mis en évidence la capacité de  certains coraux à collecter et ingérer, par expulsion de leurs filaments  mésentériques, les éléments nutritifs secrétés par les algues et les biofilms  superficiels, riches en éléments organiques et en bactéries. </p>
<h3>4.4. Matières  organiques particulaires (MOP) inertes&nbsp;: détritus et neige marine</h3>
<p class="align-j">Les détritus sont les restes des nourritures non consommées,  des excréments, des organismes animaux et végétaux en décomposition et d&rsquo;autres  poussières inorganiques en sustentation. Ils s&rsquo;agglomèrent en <em>particules  exopolymériques transparentes</em> (TEP) de 1 à environ 50&nbsp;µm. Liés  spontanément par un mucus issu de l&rsquo;exsudation de polysaccharides, produit par  le phytoplancton et les bactéries, ils sont très riches en carbone (glucides)  fixé lors de la photosynthèse. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on nomme la <em>neige  marine</em>.  La production de neige  marine est donc liée à celle du phytoplancton.
</p>
<figure class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/10.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/10.jpg"></a> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/11.jpg" data-ipsLightbox><img    alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Agrégats de neige marine recueillis   en  eau profonde, en expédition sur  le navire de recherche James Cook. La neige marine est associée à des pelotes de matières fécales.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : National Oceanography Centre <a href="http://downtothetwilightzone.noc.ac.uk/2013/06/14-on-marine-snow-and-copepod-poo.html">Richard LAMPITT</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Cette neige, en partie en suspension étant consommée, par plusieurs organismes&nbsp;:  copépodes, protozoaires, coraux et autres animaux filtreurs, elle est ainsi réintroduite  dans la chaine alimentaire, mais pas seulement. La neige marine   poursuit son agglomération en agrégats plus importants et se dépose sur le fond sous forme de sédiments.  Cette couche de matière organique est finalement partiellement minéralisée par  les bactéries (bactériobenthos) et convertie en molécules inorganiques telles que le nitrate et le  phosphate pour servir de nutriments à d&rsquo;autres invertébrés, en particulier ceux  qui se développent dans les eaux turbides.</p>
<p class="align-j">Les effets des sédiments ne sont pas toujours   positifs. Leur accumulation excessive, bien souvent provoquée par l&rsquo;activité  humaine, sur les invertébrés sessiles peut être désastreuse, jusqu&rsquo;à la  disparition des individus et des récifs. Une forte sédimentation étouffe  littéralement le récif en bloquant la lumière, l&rsquo;absorption de la nourriture et  les échanges gazeux. </p>
<p class="align-j">Les coraux d&rsquo;une manière générale, sont consommateurs des MOP qui peuvent fournir l&rsquo;essentiel de leurs besoins en azote et carbone. Les octocoralliaires et les gorgones en particulier, s&rsquo;avèrent bien accepter  cette source de nourriture morte qui  nécessite un minimum de dépense énergétique pour la capture par ailleurs pourvue d&rsquo;une flore bactérienne et d&rsquo;algues.</p>
<p class="align-j">En aquariums les MOP sont constituées par les excréments de poissons, le mucus du corail, les restes d&rsquo;algues, les déjections de vers, les mues de microcrustacés, les restes de nourriture et d&rsquo;autres débris. Elles sont  souvent évacuées par la filtration et l&rsquo;écumeur et peut-être trop souvent, étant considéré ce qui vient d&rsquo;être énoncé. Les particules grossières se déposent au fond sous forme de sédiments organiques dont la présence dans un milieu captif reste largement discutée : soit considérés comme une pollution de nature à déstabiliser le système clos ou nécroser les coraux au niveau des zones en prise  avec les dépôts et donc, aspiré,  soit géré biologiquement au sein d&rsquo;un sable vivant efficace associé à une flore bactérienne et une faune détritivore adaptées.</p>
<h2>5. Reproduction</h2>
<p class="align-j">Les Octocoralliaires disposent de plusieurs modes de reproduction sexuée et asexuée. La stratégie de reproduction se reflète bien souvent dans la  manière dont les colonies se sont propagées, ont colonisé ou recolonisé des zones libres. Par exemple, la  ponte  massive en eau libre  des Alcyoniidae  permet de coloniser des habitats lointains, le choix adopté par les  Xeniidae de procéder sexuellement par incubation de larves ou par reproduction  asexuée permet une multiplication rapide mais une colonisation lente des  espaces.</p>
<div class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Illustration 4 : Processus de reproduction sexuée et asexué des Octocoralliaires</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/12.jpg" data-ipsLightbox><img   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/12.jpg"></a>
</div>
</p>
<h3>5.1. Reproduction  asexuée</h3>
<div class="commentaire"><strong>Filtre de rencontre</strong></p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;ensemble des facteurs qui font que  deux individus  ne vont pas pourvoir se rencontrer. Par exemple, l&rsquo;émission non synchrone des gamètes rend leur rencontre  impossible,  elles ne vont pas pouvoir se féconder.</p></div>
<p class="align-j">La reproduction asexuée présente certains avantages : elle fait participer l&rsquo;ensemble des individus d’une colonie, elle présente une grande simplicité par rapport à la reproduction sexuée (en l’absence  de production et de filtre de rencontre des gamètes) ; elle produit de nombreux individus de même génération et de même lignée génétique à partir d&rsquo;un parent : dans un environnement stable et favorable, la croissance de ces individus agrégés est plus rapide. Par contre, elle n’augmente pas la diversité génétique et si elle avait été le seul moyen de reproduction, les récifs ne seraient pas ce qu&rsquo;ils sont ou ne seraient plus. La majorité des Octocoralliaires peut se reproduire de cette manière asexuée et s’avère en certaines occasions, leur principal mode de reproduction. En milieu captif, c&rsquo;est le mode de prolifération privilégié par les aquariophiles.</p>
<h4>5.1.1. Fragmentation  de colonies</h4>
<p class="align-j">C&rsquo;est le mode de reproduction le plus  fréquent. Il se produit de différentes manières&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/13a.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/13a.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Auto fragmentation  de <em>Sarcophyton</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo  : Advanced aquarists</figcaption></figure>
<li><strong>Auto étranglement </strong>d&rsquo;un  rameau de quelques polypes ; le fragment tombe  sur le substrat et s&rsquo;y fixe rapidement (<em>Dendronephthya</em>, <em>Junceela fragilis, Sarcophyton&#8230;</em>). La colonie fille  s&rsquo;enracine par des filaments depuis la base ou adhère, elle se consolidera avec la  croissance.</li>
<li><strong>Segmentation</strong> de  l&rsquo;extrémité d&rsquo;une branche ; le corail favorise la croissance d&rsquo;algues qui  croissent autour d&rsquo;un rameau et le compriment jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il se détache (<em>Alcyonium</em>, <em>Lemnalia</em>, <em>Nephtea</em>, <em>Capnella</em>…). Le segment, parfois gonflé,   se déposera plus loin avec le courant.</li>
<li><strong>Fragmentation subie</strong>&nbsp;:  due à des prédateurs, à des perturbations naturelles  (tempêtes, cyclone) ou anthropique (amarrage, engin de pêche). Les  dégâts peuvent être importants mais le développement de nouvelles colonies  l&rsquo;est tout autant. Le corail (<em>Sarcophyton</em>)  peut même générer des nécroses pour accélérer le processus.</li>
<li><strong>Séparation spontanée</strong>&nbsp;:  des polypes individuels se détachent spontanément et sont entrainés par le  courant (<em>Xenia</em>, <em>Anthelia</em>). La fragmentation se produit chez certaines espèces (<em>Xenia</em>), au niveau du pédoncule colonial.</li>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/13.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Stolonisation de <em>Clavularia</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo  : Hebus13 (Cap récifal)</figcaption></figure>
<li><strong>Stolonisation&nbsp;</strong>:  Certaines espèces (<em>Efflatounaria</em>)  développent des cordons rubanés ou cylindriques (stolons), à leur base ou sous  forme de branches stériles de trois à cinq fois la taille de la colonie, qui se  fixent au substrat. La colonie mère transfère une partie de son corps via le  stolon pour former une colonie fille avant de se détacher. Le stolon se résorbe  ensuite et disparait, laissant deux colonies indépendantes. D&rsquo;autres espèces (<em>Clavularia</em>), forment à leur base un  stolon qui génère des bourgeons (stolon prolifère), à l&rsquo;origine d&rsquo;un nouveau  polype. Le stolon reste fixé au substrat formant des connexions horizontales  entre les polypes.</li>
</ul>
<h4>5.1.2. Bourgeonnement</h4>
<p class="align-j">Il se produit à la base du pédoncule ou  juste sous le capitule du spécimen (<em>Sarcophyton</em>, <em>Sinularia</em>). Si le bourgeonnement a  lieu à la base d&rsquo;une petite colonie, fille et mère peuvent se développer  ensemble. S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une grande colonie, les filles restent chétives car ombragées  par leur mère. Le bourgeon peut se séparer et se fixer au substrat pour former  une petite colonie.</p>
<h4>5.1.3. Scissiparité</h4>
<p class="align-j">On peut avoir une division transversale  avec séparation du capitule et du pédoncule, ou une division longitudinale chez  les genres à pédoncule épais (<em>Sarcophyton</em>, <em>Lobophytum</em>) ou branchus (<em>Lemnalia</em>, <em>Nephtea</em>, <em>Cladiella</em>, <em>Xenia</em> et <em>Heteroxenia</em>). Ce phénomène donne naissance à deux colonies de  taille équivalente.</p>
<h4>5.1.4. Lacération du pied</h4>
<p class="align-j">Certains Octocoralliaires (<em>Xenia</em>, <em>Cladiella</em>, <em>Nephtea</em>) se  déplacent sur le substrat en rampant. Au cours de leur mouvement, une partie du  tissu de la base peut se détacher de la colonie et donner naissance à un  nouveau spécimen. Les lacérations issues de prédations ou de blessures aboutissent, suivant le même principe, à la multiplication de la colonie.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);  width: 70%;">
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a1.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a1.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo  : <a href="http://www.wetwebmedia.com/AlcySocDisF.htm" target="_blank">Wetwebmedia</a></figcaption><figcaption class="figlegende">Bourgeonnement  de <em>Sarcophyton</em> sp.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a2.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a2.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo  : <a href="http://www.infopez.com/viewtopic.php?f=20&amp;t=15695" target="_blank">Escupi</a></figcaption><figcaption class="figlegende">Scissiparité sur <em>Sarcophyton</em> sp.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a3.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/a3.jpg"></a><figcaption class="copyright">Photo : ReefDVMs</figcaption><figcaption class="figlegende"><em>Xenia</em> sp. séparé après lacération du pied.</figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h3>5.2. Reproduction  sexuée</h3>
<h4 class="align-j">5.2.1. Principe</h4>
<p class="align-j">Les organes reproducteurs (gonades) des polypes, les ovaires chez la femelle et les spermaties chez le mâle, produisent des cellules reproductrices (gamètes) : les ovocytes qui évoluent à leur stade mature en ovules, chez la femelle et les spermatozoïdes, chez le mâle. La fécondation des ovules  par les spermatozoïdes   aboutit à l&rsquo;union de ces deux gamètes en une cellule-œuf (zygote). Il se  développe alors un embryon lequel, après des divisions cellulaires  successives, forme une larve (planula), en mesure de nager librement. Cette dernière, après évolution peut finalement se fixer et se métamorphoser en un  polype juvénile possédant à ce stade, toutes  les fonctions de l&rsquo;espèce.</p>
<h4>5.2.2. Sexualité des  Octocoralliaires </h4>
<p class="align-j">Lorsque des  colonies d&rsquo;une même espèce occupent un territoire, quel que soit le mode de reproduction, sexué ou asexué, chaque colonie de polypes est toujours issue d&rsquo;un seul polype parent. Tous les descendants disposent donc des  caractéristiques  de ce parent. Ainsi, les polypes d&rsquo;une même colonie sont tous : soit mâles, soit femelles, soit hermaphrodites (Illustration 15).</p>
<ul>
<li>La majorité des Octocoralliaires est gonochorique (ou dioïque) : La colonie contient uniquement des polypes mâles ou uniquement des polypes femelles.</li>
<li>Une minorité est hermaphrodite, la colonie produit alors, à la fois des ovocytes et du sperme (hermaphrodisme simultané). Dans ce scénario, les polypes contiennent à la fois des gonades mâles et femelles, c&rsquo;est le cas d&rsquo;<em>Heteroxenia</em> et de <em>Xenia</em>. Selon les espèces, les organes génitaux mâles et femelles sont situés sur des mésentéroïdes séparés ou sur les mêmes mésentéroïdes. Le mode de libération varie selon les espèces mais aussi parfois selon leur taille : ovules et spermatozoïdes peuvent être libérés séparément ou bien ensemble en un paquet qui se disloque rapidement avant que l’ovule  soit fécondable.</li>
</ul>
<p class="align-j">Les coraux, atteignent leur maturité sexuelle après un certain temps qui peut dépendre de l&rsquo;âge de la colonie, par exemple un an pour les <em>Xenia</em> tandis que les colonies de femelles <em>Sarcophyton</em> spp. en nécessitent dix. Pour d&rsquo;autres, ce serait la taille ou leur surface qui est déterminante ou encore la densité de polypes. Ceci dit, les conditions étant remplies, il n&rsquo;est pas sûr que la colonie devienne féconde. La production de gamètes et la ponte nécessitent une grande dépense d&rsquo;énergie, il est nécessaire que le corail soit en bonne santé et même en mesure de stocker auparavant cette énergie. Dans certains cas, une colonie peut être partiellement féconde, avec des polypes capables de produire des gamètes sur une zone et stériles ailleurs. Cette dépendance à l&rsquo;énergie explique en partie le caractère saisonnier des périodes de reproduction. En effet, la température, la présence de plancton et la production de zooxanthelles constituent des facteurs importants. D&rsquo;une manière générale, les pontes ont lieu à des jours et heures (souvent la nuit mais pas toujours) liés à la pleine lune lors des périodes les plus chaudes, mais ceci peut varier d&rsquo;une région à l&rsquo;autre et de manière décalée selon les espèces. Le facteur chimique supposé déclencher  la ponte au sein du corail, reste actuellement au stade d&rsquo;hypothèse..</p>
<h4>5.2.3. Organes reproducteurs</h4>
<figure class="figfloat" style="float:left"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/14.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Gonades de <em>Metallogorgia melanotrichos</em>, gorgone d&rsquo;eaux profondes.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo  : <a href="http://www.ucs.louisiana.edu/~scf4101/Bambooweb/repro_AS.html#recruit" target="_blank">Anne SIMPSON</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"> Les organes génitaux  se situent dans des accumulations de tissu gastrodermal, sur les mésentères des polypes. Les ovaires produisent les ovules dont elles prennent  la teinte orange   et les spermaries ont la blancheur opaque de leurs sacs spermatiques contenant les spermatozoïdes. En général, les gonades se trouvent dans les polypes autozoïdes (<em>Sarcophyton</em>, <em>Lobophytum</em>), chez certaines espèces on les trouve dans les polypes  siphonozoïdes (<em>Bathyalcyon robustum</em>,<em> Heteroxenia</em>) alors que les polypes autozoïdes sont stériles et dans de plus rares cas (<em>Minabea robusta</em>), les deux types de polypes hébergent les gonades.</p>
<p class="align-j">Les   sacs spermatiques contiennent de nombreux spermatozoïdes flagellés qui arrivent à maturation après une année. Les  ovaires contiennent de un à cinq ovules en moyenne. L&rsquo;ovule d&rsquo;environ 0,7&nbsp;mm, présente un cytoplasme granulaire et un noyau large muni d&rsquo;un nucleolus excentrique mais à ce stade il n&rsquo;héberge pas de zooxanthelle. L&rsquo;étude de certaines espèces montre que le  développement des ovules dure jusqu&rsquo;à deux ans, Il n&rsquo;est donc pas rare de  trouver dans le même polype des ovules de taille différente. Après rupture des différentes membranes  qui les entourent, les ovules se détachent des cloisons et se retrouvent libres  dans la cavité gastrovasculaire. Chez les espèces à fécondation externe, elles remontent par le pharynx et sont expulsées  dans l&rsquo;eau de mer par la bouche du polype.  En cas de fécondation interne, elles restent dans la cavité gastrovasculaire  dans l&rsquo;attente d&rsquo;un éventuel spermatozoïde.</p>
<h4>5.2.4. Modes  de reproduction sexuée</h4>
<p>Les Octocoralliaires procèdent selon trois modes de reproduction sexuée (Illustration 5).  Comme chez tous les Anthozoaires,  la planula des Octocoralliaires se transforme directement en polype sans passer par une phase méduse.</p>
<h5><strong>5.2.4.1. Diffusion  de gamètes en eau libre et fécondation externe (ovipare) (Broadcasting)</strong></h5>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/15.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Diffusion de gamètes par la gorgone <em>Isidid</em>. On distingue les ovocytes   le long de l&rsquo;axe.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.ucs.louisiana.edu/~scf4101/Bambooweb/repro_AS.html#recruit" target="_blank">Skip FOREST</a></figcaption></figure>
<p>C’est le mode le plus fréquent chez les alcyoniidés et certaines gorgones. Il nécessite un frai synchronisé. La ponte a lieu à différents moments de l’année, en principe synchronisée avec le cycle lunaire ou avec la température de l’eau mais les conditions sont encore mal cernées et l&rsquo;aquariophile ne doit pas espérer provoquer des pontes par le seul effet d&rsquo;une lampe « clair de lune » au-dessus du bac. Cette diffusion massive dans le courant augmente les chances de fécondation. Simultanément, les individus femelles se plissent, rétractent leurs tentacules et libèrent leurs ovules en pleine eau par leur orifice buccal, tandis que les mâles émettent par paquets, des spermatozoïdes dépourvus de queue et dont la tête est ornée de pointes coniques. Les hermaphrodites simultanés, en général, ne libèrent pas leur œufs et le sperme séparément mais dans des paquets contenant plusieurs centaines d&rsquo;œufs au milieu de spermatozoïdes. Les spermatozoïdes ayant une durée de vie réduite et sans mobilité en eau de mer, cela permet de les conserver plus longtemps et proches des ovules, flottant en nappes à la surface. Lorsque les poches se rompent, la fécondation peut avoir lieu, avec un meilleur taux de réussite.</span></p>
<h5><strong>5.2.4.2. Fécondation  interne et incubation (Brooding)</strong></h5>
<p>Dans ce mode de reproduction : </p>
<ul>
<li><strong>Soit les colonies sont gonochoriques</strong>, alors   le sperme (jamais les ovules), est répandu dans l&rsquo;eau, bien souvent quelques  heures après le coucher du soleil au printemps et en été, généralement après la  nouvelle lune. De manière aléatoire, les spermatozoïdes, attirés par des phéromones, rejoignent la cavité gastrovasculaire des polypes femelle pour  féconder une faible quantité d&rsquo;ovules. </li>
<li><strong>Soit il s&rsquo;agit d&rsquo;une colonie hermaphrodite</strong>, les gamètes mâles et femelles  s&rsquo;autofécondent alors à l&rsquo;intérieur du polype. L&rsquo;incubation des œufs  fécondés (zygotes) se déroule ensuite suivant deux cas en fonction des  espèces :
<ul>
<li><strong>Incubation interne de larves (vivipare)<br />
        </strong> Les zygotes forment des  planulas au sein du polype qui migrent ensuite  dans des chambres de la mésoglée pour se développer. Quelques jours à quelques semaines  plus tard, les larves sont expulsées lorsqu&rsquo;elles sont proches de leur  métamorphose en polype. Les espèces de la famille Xeniidae et la majorité des  gorgones sont des incubateurs internes.</li>
<li>I<strong>ncubation externe des œufs  (ovipare)<br />
        </strong>Les œufs zygotes sont  expulsés  du polype, ils adhèrent à ses flancs dans des poches muqueuses. Ces sacs d&rsquo;incubation sont  à flottabilité négative et peuvent également s&rsquo;établir sur la surface de la  colonie ou à quelques mètres. Les larves s&rsquo;y développent jusqu&rsquo;à leur libération,  quelques heures après le crépuscule. C&rsquo;est le cas des espèces des genres <em>Clavularia,</em> <em>Briareum</em>, <em>Rhytisma</em>, <em>Efflatounaria</em> et certaines gorgones.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Différents modes de reproduction sexuée d&rsquo;Octocoralliaires.</figcaption><figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b1.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b1.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fécondation interne et incubation externe  d&rsquo;œufs de <em>Clavularia</em> sp.  dans une poche muqueuse.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/34486353@N07/6176453250/sizes/o/in/photostream/" target="_blank">Jeff GODDARD</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b2.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b2.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Reproduction sexuée : ponte en eau libre de <em>Cryptophyton goddardi</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://bodegahead.blogspot.fr/2012/01/soft-corals-on-bodega-head.html" target="_blank">E. SANFORD &amp; J. SONES</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b3.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b3.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Diffusion des  œufs de <em>Cryptophyton goddardi.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://bodegahead.blogspot.fr/2012/01/soft-corals-on-bodega-head.html" target="_blank">E. SANFORD &amp; J. SONES</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b4.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/b4.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Fécondation et maturation interne de deux larves de <em>Clavularia</em> sp. expulsées (en haut), d&rsquo;environ 1 mm de long. En bas, deux polypes 24 jours après la collecte des œufs dans la poche muqueuse.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/34486353@N07/6176453190/" target="_blank">Jeff GODDARD</a></figcaption></figure>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);"><figcaption class="grille-titre">Diffusion de gamètes en eau libre d&rsquo;Octocoralliaires, en aquarium</figcaption><figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c1.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c1.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Briareum</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Tom &#8211; <a href="http://reefkeeping.com/issues/2003-06/eb/index.php" target="_blank">Reefkeeping</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c2.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c2.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Pseudopterogorgia bipinnata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Lisa PAGE- <a href="http://reefkeeping.com/issues/2003-06/eb/index.php" target="_blank">Reefkeeping</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c3.jpg" data-ipsLightbox><img  alt="" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c3.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Muriceopsis flavida</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Jeff RUSYNYK.<a href="http://reefkeeping.com/issues/2003-06/eb/index.php" target="_blank">Reefkeeping</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"  ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c4.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/c4.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> <em>Sinularia</em> sp..</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Skip ATTIX &#8211; <a href="http://reefkeeping.com/issues/2003-06/eb/index.php" target="_blank">Reefkeeping</a></figcaption></figure>
</div>
<h4>5.2.5. Étapes  de reproduction</h4>
<h5>5.2.5.1. Fécondation,  développement  embryonnaire et larvaire</h5>
<p><span class="align-j">On l&rsquo;a vu, selon les espèces, le  développement débute au sein du polype ou dans le milieu extérieur. </span>Dans le cas de diffusion, la fertilisation des ovules se produit quelques heures après la ponte.  Chez les incubateurs, L&rsquo;ovule est entouré des  spermatozoïdes, puis est fécondé par l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. C&rsquo;est le point de départ  du développement embryonnaire. Chez certaines espèces, les  zooxanthelles pénètrent dans l&rsquo;œuf juste après la fécondation. Ces algues ne  sont pas digérées mais incluses dans le tissu du polype pour débuter une vie de  symbiote. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;œuf fécondé subit une segmentation superficielle.  Après environ 24 heures, le développement embryonnaire aboutit à une dizaine de  cellules (stade morula). On observe la formation d&rsquo;une vésicule  non ciliée la blastosphère (stade blastula), ayant  une large cavité centrale composée de un puis deux feuillets (ectoderme et  endoderme). Le renversement d&rsquo;un feuillet aboutit à l&rsquo;ouverture de la vésicule  qui deviendra la future cavité gastrique (stade gastrula). La mésoglée se  différencie entre l&rsquo;ectoderme et l&rsquo;endoderme, les flagelles se forment et ainsi  l&rsquo;embryon se transforme en larve. 48&nbsp;heures  après la fécondation, la surface de l&rsquo;embryon est ondulée et la larve  (pré-planula) apparaît pour évoluer jusqu&rsquo;au quatrième jour, en planula sphérique, onduleuse et ciliée  en mesure de nager librement.
</p>
<h5>5.2.5.2. Planulation</h5>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/16.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Planula de <em>Clavularia</em> sp. (0.8 mm). On distingue les cloisons internes 15&nbsp;j après éclosion.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.flickr.com/photos/34486353@N07/6176453204/" target="_blank">Jeff GODDARD</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">On désigne sous ce nom l&rsquo;expulsion  des jeunes larves dans le milieu extérieur. Après  incubation interne. La planula nage dans le lumen du polype  pendant deux à quatre semaines puis est rejetée, le plus souvent par  la cavité buccale mais, chez certaines espèces, on observe la formation de  pores transitoires permettant l&rsquo;évacuation des larves. Le nombre de larves  expulsées par unité de temps est variable selon les espèces. La période de  planulation est sous contrôle génétique, mais elle dépend également de facteurs  externes ; elle peut donc varier pour une même espèce. Selon les espèces, elle est  en relation ou non avec les phases lunaires. Si elle est en relation avec la  lune, elle se produira de façon périodique ; dans le cas contraire, elle aura  lieu de façon continue sur des intervalles de temps plus ou moins longs en  fonction des espèces. Le contrôle lunaire s&rsquo;exerce par l&rsquo;intermédiaire des marées  : la pression dans l&rsquo;eau (qui varie en fonction de l&rsquo;alignement du soleil et de  la lune avec la terre) agit sur la maturation des gonades et sur l&rsquo;expulsion  des planula. La lune exerce aussi son action grâce à la lumière qu&rsquo;elle  réfléchit.</p>
<p class="align-j">La  planula incubée, après son expulsion du polype,  reste parfois quelques minutes sans bouger, puis grâce à ses  flagelles, nage jusqu&rsquo;à la surface de l&rsquo;eau. Elle avance de manière saccadée  grâce à l&rsquo;alternance de contractions et d&rsquo;extensions.  Les  planula incubées sont assez matures pour se métamorphoser rapidement en polypes juvéniles. Elles sont généralement plus grandes que les larves produites par diffusion massive et contiennent une souche de zooxanthelles transmis par le parent.  La durée de la vie larvaire  varie avec les espèces. Les planulas incubées sont potentiellement capables de se disperser  loin avec l&rsquo;énergie fournies par leurs zooxanthelles, mais dans la pratique, leur vie est réduite, elles ne se dispersent pas  longtemps ni très loin et  se fixent dans l&rsquo;environnement du parent.</p>
<p class="align-j">Dans le cas d&rsquo;une diffusion massive (broadcaster), les larves  se  développent dans le plancton pélagique durant quelques jours à mois, sur des  distances pouvant avoisiner les cent kilomètres,   selon l&rsquo;espèce et la vitesse d&rsquo;acquisition des souches de zooxanthelles. </p>
<h5>5.2.5.3. Fixation  de la larve</h5>
<p>Plus tard, <span class="align-j">parfois d&rsquo;après certains signaux environnementaux, la larve </span> coule vers  le fond. Elle choisit le lieu selon le substrat (dureté, rugosité), la profondeur, la lumière, les biofilms  bactériens et d&rsquo;autres micro-organismes,  les algues coralliennes&#8230;  selon la perception de certains indicateurs chimiques, avec une préférence pour les surfaces   encroutées de corallines. La planula sécrète une substance muqueuse blanche, adhésive et  s&rsquo;accroche finalement au support par son  pôle aboral. la planula a la possibilité de ramper vers des zones   plus  protégées, lumineuses, plus adaptées à la prolifération de l&rsquo;espèce;</p>
<p class="align-j">Dès le premier jour de fixation, les  cils de la planula disparaissent et la larve fixée s&rsquo;aplatit. Son pôle aboral devient  le pied du premier polype. Elle devient discoïde Le deuxième jour, La larve se  divise, huit extensions verticales apparaissent et on distingue, au sommet de  la surface libre, huit petites digitations coniques tentaculaires. Le troisième  jour, le polype grandit et il se forme au centre du disque tentaculaire une  invagination ectodermique dont la rupture au quatrième jour, forme la bouche. Les  jours suivants, le polype grandit et les rangées de pinnules se forment  progressivement. La larve est transformée en un polype appelé oozoïte,</p>
<figure class="figfloat" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/17.jpg" data-ipsLightbox><img  alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/octo2/17.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Polypes de Xenia après fécondation interne, dans le bac d&rsquo;Arioch, membre de Cap récifal</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.cap-recifal.com/topic/3470-comportement-de-reproduction-chez-les-cnidaires/" target="_blank">Arioch, Cap récifal</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">A ce stade, certaines espèces commencent  à ingérer des zooxanthelles du plancton. Pour les autres, comme on l&rsquo;a vu plus  haut, les gamètes femelles sont pourvues en zooxanthelles juste après la  fécondation, avant leur libération en pleine eau.</p>
<h5>5.2.5.4. Développement  de la colonie</h5>
<p class="align-j">Trois semaines plus tard on assiste à  une prolifération par stolon&nbsp;: ce dernier se développe en cercle autour de  la base du polype puis engendre un bourgeon qui donne naissance à un deuxième  polype dont les septes dorsaux sont voisins de ceux du polype primitif. Un  nouveau bourgeon se développe et donne naissance à un autre polype et ainsi de suite,  naissent de nouveaux polypes primitifs (zoïdes). Après un premier cercle de  bourgeons, un second cercle se créé à l&rsquo;extérieur du précédent. Il apparait  ensuite de nouveaux polypes entre le premier cercle et le polype primitif. Seules  quelques espèces d&rsquo;Octocoralliaires de profondeur ne sont formées que d&rsquo;un seul  polype et restent solitaire.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Ce chapitre se termine sur la  reproduction et la propagation des Octocoralliaires. Laissons les colonies s&rsquo;étendre, nous  verrons comment celles-ci évoluent dans leur milieu, dans un prochain chapitre consacré à l&rsquo;écologie des Octocoralliaires.</p>
<h2 align="left">Références</h2>
<ul>
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<li>Daniel I. Rubenstein; M. A. R. Koehl<em>.</em><a href="http://ib.berkeley.edu/labs/koehl/pdfs/Rubenstein_Koehl_1977.pdf" target="_blank"><em>The Mechanisms  of Filter Feeding: Some Theoretical Considerations</em></a><em>.</em> The American Naturalist, Vol.  111, No. 981. Sept, oct  1997.<u> </u></li>
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  </li>
</ul>
<p>
</p>
<p>
</p>
<p class="align-j">Tous mes remerciements aux auteurs des photos pour leur accord de publication et à mes  correcteurs Christian SEITZ, Olivier SOULAT et Jérémie VIDAL DUPIOL, pour leur soutien.</p>
<p align="right">
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p align="center"><em>Article publié sur  Cap récifal le 01 novembre 2014.</em></p>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">Octocoralliaires 2 &#8211; Biologie : nutrition, reproduction</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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