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	<title>Archives des échinoderme - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
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	<title>Archives des échinoderme - Reeflexions</title>
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	<item>
		<title>Crinoïdes et comatules</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Sep 2016 23:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vivant]]></category>
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		<category><![CDATA[crinoïde]]></category>
		<category><![CDATA[échinoderme]]></category>
		<category><![CDATA[lys de mer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lys de mer&#160;! Ce nom évocateur donné aux premiers crinoïdes fossiles, traduit bien la beauté et l&#8217;élégance dégagées par cet animal. Les Grecs y voyaient en effet une fleur, crinoïde venant de krinon, «&#160;lys&#160;», et eidos «&#160;forme&#160;». Les paléontologues ont décliné krinon, pour les nommer Encrines. De tous ces crinoïdes, l&#8217;aquariophile ou le plongeur ne [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Lys de mer&nbsp;! Ce nom  évocateur donné aux premiers crinoïdes fossiles, traduit bien la beauté et  l&rsquo;élégance dégagées par cet animal. Les Grecs y voyaient en effet une fleur, <em>crinoïde</em> venant de <em>krinon</em>,  «&nbsp;lys&nbsp;», et <em>eidos</em> «&nbsp;forme&nbsp;». Les paléontologues  ont décliné <em>krinon</em>,  pour les nommer <em>Encrines</em>. De tous ces  crinoïdes, l&rsquo;aquariophile ou le plongeur ne pourra observer qu&rsquo;une forme  particulière, la comatule du latin <em>comatula</em>, <em>coma</em> signifiant  «&nbsp;chevelure&nbsp;» d&rsquo;où son autre qualificatif <em>étoile plumeuse</em> cher aux anglo-saxons. Du lys à la chevelure, du  crinoïde à la comatule… qu&rsquo;ont donc ces animaux de si particulier&nbsp;?</p>
<p class="align-j">Si la littérature regorge  d&rsquo;informations sur les formes fossiles, on trouve peu d&rsquo;informations concernant  leur vie. Peu étudiés parce que présentant peu de retombées économiques  potentielles,  l&rsquo;intérêt qu&rsquo;on leur porte évolue. En effet, les chercheurs  étudient de plus près certaines particularités, notamment l&rsquo;extraordinaire  aptitude des crinoïdes à se régénérer. L&rsquo;Homme devra-t-il un jour aux crinoïdes  le fait d&rsquo;être devenu immortel&nbsp;? Nous n&rsquo;en sommes pas encore là. En  attendant, plus modestement cet article synthétise quelques informations parmi  les plus récentes avec le regard d&rsquo;un aquariophile récifaliste. </p>
<h2>1. Évolution </h2>
<h3>1.1. Origines</h3>
<p class="align-j"> Les crinoïdes disposent d&rsquo;une structure  fortement calcifiée, ce qui explique que l&rsquo;on trouve de nombreux exemplaires  fossilisés, permettant d&rsquo;en retracer l&rsquo;évolution. Ils font partie de ces rares  animaux préhistoriques que l&rsquo;on peut observer encore aujourd&rsquo;hui dans leur  apparence proche de leurs débuts il y a quelques centaine de millénaires.</p>
<figure class="figfloat" alt=""><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/01.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/01.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Chez les crinoïdes, en général, le lys de mer est  pédonculé, la comatule ne l&rsquo;est pas.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Apparus au précambrien  il y a 525&nbsp;Millions d&rsquo;années (Ma), bien avant les dinosaures, leur forme est alors  constituée d&rsquo;un pédoncule, jusqu&rsquo;à 20&nbsp;mètres de long à l&rsquo;époque, et d&rsquo;un corps (la  thèque) prolongé par des bras. Ces animaux, les <strong>lys de mer</strong>, sessiles, abondent  alors en couvrant de véritables prairies sous-marines. Ils passent avec succès  les épreuves du temps notamment les grandes perturbations climatiques  (température, anoxie des océans…) dont la plus meurtrière, celle du Permien-Trias (-&nbsp;252 Ma), qui voit l&rsquo;extinction de  la quasi-totalité des espèces marines. C&rsquo;est alors que se développent, au cours du  Jurassique (-150 à -200 Ma), les formes mobiles, dont le pédoncule s&rsquo;est réduit au  stade post larvaire et qui constituent ce que l&rsquo;on nomme aujourd&rsquo;hui les <strong>comatules</strong>. En mesure de fuir leurs prédateurs et de trouver des biotopes plus  propices faces aux caprices des millénaires, les comatules se sont développées  considérablement pour supplanter il y a -5&nbsp;Ma, les espèces pédonculées dont peu  ont survécu, cantonnées aujourd&rsquo;hui aux grandes profondeurs. Noter qu&rsquo;il existe  de rares exceptions à la notion de comatules mobiles et de lys de mer fixes, en  effet certains genres de Comatulida ont restauré l&rsquo;usage d&rsquo;une tige.</p>
<p class="align-j">Fossilisés ou vivants,  les crinoïdes ont subi de nombreuses évolutions. Leurs morphologies très  variables rendent leurs identifications taxonomiques complexes qui imposent  l&rsquo;analyse détaillée du squelette. Les paléontologues étudient notamment les entroques,  des  éléments fossiles composant les tiges et bien conservés dans  certains marbres. Ainsi, conservation et variations  font  des crinoïdes, d&rsquo;excellents traceurs permettant  de dater les couches géologiques où on les trouve.</p>
<h3>1.2. Classification</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes  appartiennent à l&rsquo;embranchement des échinodermes, au même titre que les  oursins, les étoiles de mer, les ophiures et les holothuries (Fig.&nbsp;1).</p>
<p class="align-j">Si le langage courant a pris  l&rsquo;habitude de nommer <strong><em>comatules</em></strong> les crinoïdes dépourvus de  tige, vagiles, et <strong><em>lys de mer</em></strong> les autres, pédonculés,  en général sessiles,  ces appellations n&rsquo;ont rien de scientifique. Les  taxinomistes se sont penchés assez tardivement sur leur identification et leur classement&nbsp;: on doit un premier inventaire  aux travaux d&rsquo;Austin H.&nbsp;Clark  en 1915, fortement révisé par Charles Messing en 2014.</p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/02.png" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/02.png"></a><figcaption class="figlegende"><strong>figure 1 : Classement phylogénétique des crinoïdes.</strong> Les rubriques en vert correspondent aux espèces vivantes actuelles.</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">La plupart des quelques  milliers de crinoïdes fossiles connus sont pédonculés. On identifie aujourd&rsquo;hui  environ 650 espèces de crinoïdes vivants, c&rsquo;est à dire peu par rapport aux  autres échinodermes ou l&rsquo;on compte, par exemple, plus de 2000 espèces d&rsquo;ophiures.  La grande majorité, soit un peu moins de 600, appartient à l&rsquo;ordre Comatulida,  lesquelles comatules, sauf de rares exceptions, sont non fixées, vagiles. Elles perdent en effet leur pédoncule  à un stade précoce et ne conservent que le segment le plus haut de leur tige. Les quelques autres  espèces, pédonculées, vivent pratiquement toutes en eaux profondes, au-delà de  200 m.</p>
<h3>1.3. Identification des espèces </h3>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/67.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/67.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Collecte de comatules   avec scaphandre autonome. Les sacs plastiques conservent l’intégrité des spécimens, nécessaire aux observations.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Longtemps, les  taxinomistes ne disposaient pour leurs études que des fossiles plus ou moins  désagrégés, des produits de cueillettes en bord de mer et des spécimens  arrachés du fond par chalutage. Autant dire que leur tâche n&rsquo;était pas aisée  avec ces spécimens en général fragmentés. La collecte des  échantillons en scaphandre autonome, en apnée ou dans les eaux profondes au moyen  des submersibles, permet de recueillir des spécimens intacts. Dès lors, leurs  observations ont amélioré les identifications que les analyses  génétiques reconsidèrent parfois aujourd&rsquo;hui. Il n&rsquo;est pas rare de voir des  noms de genres renommés dans d&rsquo;autres  familles. </p>
<p class="align-j">Les crinoïdes subissent  divers traitements pour leur conservation et pour mettre en évidence leur  squelette.</p>
<h4>1.3.1. Clés d&rsquo;identifications</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse du squelette  reste encore aujourd&rsquo;hui une base de l&rsquo;identification. C.&nbsp;G.&nbsp;Messing  a ainsi établi une <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/artificial_key_crinoids.pdf" rel="noopener">clé d&rsquo;identification</a> des familles de crinoïdes vivants. On pourra  trouver sur le Net, d&rsquo;autres clés d&rsquo;identification, dont certaines en Français,  spécifiques à certaines régions. Il est certain que les récifalistes ne  pousseront pas leur curiosité jusqu&rsquo;à traiter leurs protégés au formol ou à  l&rsquo;alcool. Cependant, les tissus étant très fins, les agencements du squelette  peuvent se révéler sur des animaux vivants. Bien sûr, les manipuler présente  trop de risque de rompre leurs membres, mais pourquoi ne pas tenter des macro-photos  précises permises avec les appareils d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;?</p>
<h4>1.3.2. Espèces vivantes</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse des espèces  dépasse le cadre de cet article.  Pour aller plus loin avec celles qui nous intéressent, le tableau 1 propose une galerie de photos de quelques-unes. Une fois cerné le genre  de la comatule il sera plus aisé de  collecter, si elles existent, les informations précises sur l&rsquo;espèce en question. On pourra aussi consulter  les rares sites d&rsquo;identifications répertoriés  en  fin d&rsquo;article.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5,1fr);  width: 80%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 1 : Sélection de comatules (ordre Comatulida) vivants (classement selon <a href="http://www.marinespecies.org/index.php">WoRMS)</a></div>
<div class="grille-titre ">Famille Antenoidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/71.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/71.jpg"></a><figcaption target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antedon_mediterranea" title="Antedon mediterranea" class="figlegende"><em>Antedon mediterranea</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/elisina76/" title="Accéder à la galerie de Elisa Possenti" rel="noopener">Elisa Possenti</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/87.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/87.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Ctenantedon kinziei </em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Romain Ferry, <a target="_blank" href="http://doris.ffessm.fr/Especes/Comatule-nageuse-nocturne2" rel="noopener">Doris</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/90.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/90.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Dorometra parvicirra</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=UKFSNKq1" rel="noopener">Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/111.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/111.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Florometra celtica</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Comatule#/media/File:Leptometra_celtica_7080.jpg" rel="noopener">Bernard Picton &#8211; Wikipedia</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/91.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/91.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Florometra serratissima</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/fr/Crinoidea" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Calometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/104.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/104.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Reometra mariae</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/underwater-foto/Sulawesi-photos.html" rel="noopener">Starfish</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Charitometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/92.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/92.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Glyptometra lateralis</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Glyptometra_lateralis.png" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Colombometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/73.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/73.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Cenometra bella</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cenometra_bella_Maldives.JPG" rel="noopener">Frédéric Ducarme</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/75.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/75.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Colobometra    perspinosa</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://nsunews.nova.edu/oceanographic-center-expedition-finds-new-species-in-indonesian-waters/" rel="noopener">Nova Southeastern University</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/95.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/95.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Oligometra carpenteri</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=H8UIutib" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/96.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/96.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Oligometra    serripinna</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=bDtjZpGG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/102.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/102.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Pontiometra    andersoni</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=PXdpoudF" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Comatulidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/68.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/68.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Alloeocomatella pectinifera</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=I4E7YuXI" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/114.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/114.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Alloeocomatella polycladia</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.mdpi.com/1660-3397/10/4/744">Marine Drugs</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/69.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/69.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Anneissia bennetti (</em>ex<em> Comanthus bennetti</em>).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Comanthus_bennetti1.jpg" rel="noopener">Anders Poulsen</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/70.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/70.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Anneissia japonica</em> (ex <em>Oxycomanthus japonicus</em>).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://sakanso.wordpress.com/category/%E6%BD%9C%E6%B0%B4%E6%8E%A1%E9%9B%86%E8%AA%BF%E6%9F%BB/%E3%82%A6%E3%83%9F%E3%82%B7%E3%83%80%E8%AA%BF%E6%9F%BB/" rel="noopener">Shimoda    Marine Research Center</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/72.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/72.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Capillaster multiradiatus</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Capillaster_multiradiatus.JPG" rel="noopener">Frédéric Ducarme</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/115.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/115.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Capillaster </em>sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=1uEGKYrl&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/116.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/116.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus albinotus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=eJ79P6Oj&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/117.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/117.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthu littoralis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=HGnE3Vyl&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/118.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/118.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus  luteofuscum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=yqHvGArj&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/97.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/97.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus    mirus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=BoDLQny3&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/74.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/74.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Clarkcomanthus mirabilis.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Frédéric Ducarme, <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Clarkcomanthus_mirabilis.JPG" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/77.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/77.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus briareus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Philippe Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=900918" rel="noopener">Poppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/78.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/78.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus    parvicirrus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;:<a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=QqtaMIKl" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/79.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/79.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comanthus suavia</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=UpcKOQ2s" rel="noopener">Anne Hogget</a>t</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/80.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  a / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/80.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    audax</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=LW5FBgeS" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/81.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/81.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    multifidus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Philippe Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=907910" rel="noopener">Poppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/82.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/82.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster nobilis</em> (ex. Comanthina).</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=Fc49NIpA" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/83.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/83.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comaster    schlegelii</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/en/Comaster_schlegelii" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatella    stelligera</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.ljaxphotos.com/photoGalleries/search" rel="noopener">Larry Jackson</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/84b.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula pectinata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=VyTXHKLQ&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/85.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/85.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula purpurea</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=68STjOnc&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/86.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/86.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Comatula (Validia) rotalaria </em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/c-invertebrates/federsterne.html" rel="noopener">Starfish</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/88.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/88.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Davidaster rubiginosa</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/fr/Crinoidea" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/100.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/100.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Phanogenia gracilis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Phanogenia#/media/File:Phanogenia_gracilis.jpeg" rel="noopener">Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/101.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/101.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Phanogenia    multibrachiata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Henning Wiese, <a target="_blank" href="http://www.reeflex.net/tiere/4833_Phanogenia_multibrachiata.htm" rel="noopener">Reeflex</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Mariametridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/89.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/89.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Dichrometra flagellata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://picasaweb.google.com/110029555997916059481/Echinos#5741385967920155618" rel="noopener">mda photos</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/94.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/94.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Lamprometra palmata (ex.  L.&nbsp;klunzingeri)</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.wikiwand.com/es/Lamprometra_palmata" rel="noopener">Wikiwand</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/105.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/105.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Sarametra triserialis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zenometridae#/media/File:Sarametra_triserialis.jpg" rel="noopener">NOAA    Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/106.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/106.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Stephanometra indica</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Guido Poppe, <a target="_blank" href="http://www.poppe-images.com/?t=17&amp;photoid=906791" rel="noopener">Popppe images</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/107.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/107.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Stephanometra tenuipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=rAn7u7sC&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Anne Hogget</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Himerometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/113.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/113.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra bartschi</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="https://nl.wikipedia.org/wiki/Himerometra_bartschi#/media/File:Feather_Star_(Himerometra_Bartschi)_(15_cm).png">Samuel Chow</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/119.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/119.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra magnipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=a1mAl8aX&amp;hierarchyId=PVWrQCLG">Marianne Pearce</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/93.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/93.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Himerometra robustipinna</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=9yvwuv6E" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Pentametrocrinidae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/98.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/98.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paratelecrinus_conifer&amp;action=edit&amp;redlink=1" title="Paratelecrinus conifer (page inexistante)" rel="noopener"><em>Paratelecrinus conifer</em></a>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paratelecrinus_conifer.png" rel="noopener">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/99.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/99.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentametrocrinus" title="Pentametrocrinus" rel="noopener"><em>Pentametrocrinus</em> sp</a>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentametrocrinus#/media/File:Pentametrocrinus_sp.png" rel="noopener">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Ptilometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/103.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/103.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Ptilometra australis</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Richard Ling , <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ptilometra_australis_Passion_Flower_feather_star.jpg" rel="noopener">Wikimedia</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Thalassometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/112.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/112.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Thalassometridae </em>sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a href="http://www.ncddc.noaa.gov/okeanos-animal-guide/Featherstars043.html">NOAA Okeanos Explorer</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Tropiometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/108.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/108.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Tropiometra afra</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=1EM5ahsa" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/109.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/109.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Tropiometra carinata</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: Pbsouthwood, <a target="_blank" href="https://www.ispotnature.org/node/760730" rel="noopener">Isospot</a></figcaption></figure>
<div class="grille-titre ">Famille Zygometridae</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/110.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/110.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Zygometra microdiscus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/HotShot.html?resourceId=mJatrU7M&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail</a></figcaption></figure><figcaption class="grille-legende">L’identification proposée par leurs auteurs, surtout quand il ne s’agit pas de scientifiques, mérite d’être confirmée. </figcaption></div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>2. Biologie </h2>
<p class="align-j">L&#8217;embranchement des échinodermes  est constitué par des animaux exclusivement marins. Ce sont des  métazoaires, c&rsquo;est-à-dire que leur corps est formé de plusieurs cellules. Ce  sont des invertébrés, ils n&rsquo;ont donc pas de colonne vertébrale. Ce sont aussi des  coelomates&nbsp;: leur corps comporte une cavité embryonnaire appelée <em>cœlome</em> aux fonctions multiples et essentielles, comme on  le verra plus loin. </p>
<p class="align-j"> Comme tout échinoderme, un  crinoïde se distingue par&nbsp;: </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/04.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/04.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Échinodermes  :  crinoïdes,  oursins, étoiles de mer,  ophiures et  holothuries.</figcaption></figure>
<ul>
<li>Une <strong>symétrie secondaire pentaradiaire</strong> au  stade adulte&nbsp;: Cette symétrie centrale d&rsquo;ordre cinq est observable chez  les crinoïdes par la présence de cinq rayons initiaux éventuellement ramifiés,  soit cinq bras ou un multiple de cinq et ce, jusqu&rsquo;à 200 bras. Noter que la larve des  échinodermes a une symétrie bilatérale qui se modifie plus tard, le côté gauche  devenant la face orale et le côté droit devenant la face opposée, aborale.</li>
<li>Un<strong> système aquifère (ambulacraire)</strong>&nbsp;: il s&rsquo;agit d&rsquo;un réseau hydraulique, élaboré, utilisé pour la  respiration, la circulation, la nutrition et souvent, la locomotion. </li>
<li>Un endosquelette&nbsp;le <strong>stéréome</strong> : un squelette interne calcaire  constitué d&rsquo;éléments (articles) individuels, jointifs, formés<strong> </strong>de monocristaux de calcite hautement chargée en  magnésium, conférant une structure finement poreuse.</li>
<li>Un <strong>système tégumentaire</strong> : formé de tissu collagénique  (constitué de protéines qui confèrent aux tissus une résistance mécanique à  l&rsquo;étirement), le MCT, <em>mutable collagenous tissue,</em> dont la rigidité modulable, commandée  par influx nerveux, permet de lier les pièces squelettiques et rigidifier ou  ramollir le corps à volonté, notamment pour maintenir des positions contractées  sans effort musculaire.&nbsp; </li>
</ul>
<p class="align-j">Les crinoïdes se  distinguent des autres échinodermes par&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Un <strong>calice</strong>&nbsp;: formé de petites plaques  calcaires (ossicules) fusionnées ensemble en cercle, en forme de coupelle contenant les viscères.</li>
<li>Cinq <strong>rayons</strong><strong> flexibles</strong>&nbsp;: extensions de la  paroi du corps, habituellement ramifiés en bras&nbsp;; ils comportent  des rainures pour le transport alimentaire et d&rsquo;autres fonctions.</li>
<li>La <strong>bouche et l&rsquo;anus disposés sur la même face orale</strong>&nbsp;:  La surface orale contient la bouche en général relativement centrée chez les  comatules, ainsi que l&rsquo;anus, excentré, élevé à la pointe d&rsquo;un cône ou d&rsquo;un  tube.</li>
</ul>
<h3>2.1.  Morphologie</h3>
<h4> 2.1.1. De la symétrie bilatérale à la symétrie radiaire. </h4>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/05.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/05.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 2 : Morphologie d&rsquo;un crinoïde.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les  échinodermes sont des bilatériens, c&rsquo;est à dire qu&rsquo;ils ont une symétrie bilatérale. Mais celle-ci, acquise au stade larvaire, évolue. Leur plan  d&rsquo;organisation corporelle subit quelques changements radicaux au cours de  leur  développement, ce qui fait  toute leur  originalité dans le règne animal. </p>
<div class="commentaire"> <strong>Définitions</p>
<p>        </strong><strong>Oral</strong>&nbsp;: du côté de la bouche.<br />
        <strong>Aboral</strong>&nbsp;: à l&rsquo;opposé de la  bouche.<br />
        <strong>Apex</strong>&nbsp;: (au pluriel&nbsp;:  apices) sommet d&rsquo;une protubérance.<br />
        <strong>Apical</strong>&nbsp;: près de l&rsquo;apex, du  sommet ou d&rsquo;une extrémité.<br />
        <strong>Distal</strong>&nbsp;: éloigné du corps  central, vers l&rsquo;extrémité<strong>.<br />
        Proximal</strong>&nbsp;: vers le centre.<strong><br />
        </strong></div>
<p class="align-j">Ils acquièrent une symétrie secondaire  pentaradiaire (en cinq parties), qui prédomine au stade adulte. Du fait de  cette symétrie radiaire, les termes descriptifs habituels ne sont pas  applicables : dorsal, ventral, antérieur ou postérieur n&rsquo;ont pas de sens en  l&rsquo;absence de tête ou de queue. On se réfère donc à l&rsquo;emplacement de la bouche et  l&rsquo;on parle de surface orale et aborale.</p>
<p class="align-j">Un crinoïde typique se  compose d&rsquo;un système d&rsquo;accrochage, les <strong>crampons</strong>,  qui peut prendre plusieurs formes, d&rsquo;un <strong>pédoncule</strong> constitué d&rsquo;une tige (absente chez les comatules) et d&rsquo;une partie terminale, le <strong>centrodorsal</strong>. Ce dernier est surmonté d&rsquo;une <strong>couronne </strong>formée d&rsquo;un petit corps central, la <strong>thèque</strong> d&rsquo;où partent les <strong>bras</strong> le plus souvent ramifiés et fournis de <strong>pinnules</strong>.</p>
<h4>2.1.2. Morphologie  squelettique</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/06.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/06.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ossicules      composant la structure squelettique des crinoïdes, parfois percés pour loger les extensions (nerfs,      vaisseaux…) des fonctions vitales. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/2%20Morphology%20Intro.html">C. G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le corps des crinoïdes comporte un endosquelette  (squelette interne) mésodermique qui représente environ 80&nbsp;% de la biomasse. D&rsquo;aspect rugueux, il  est recouvert de fins téguments mous vivement et diversement colorés.</p>
<p class="align-j">Le squelette consiste en une série  de  pièces calcaires de formes très diverses, les <strong>ossicules</strong>,   irrégulièrement réticulées, soudées ou articulées, maintenues  ensemble par des ligaments et des muscles. Un élément  squelettique est composé du stéréome, la partie dure minérale formant un  maillage très fin, et du stroma, le vide rempli par du tissu. Il est  percé d&rsquo;un ou de plusieurs canaux axiaux, traversés par les extensions des  systèmes cœlomiques (ambulacraire, sinusaire, hémal) et nerveux, que l&rsquo;on  abordera plus loin.</p>
<p class="align-j">Le squelette des  crinoïdes détermine la forme du corps et constitue la base d&rsquo;une grande partie  de la taxonomie des crinoïdes. En effet, ce squelette est essentiellement constitué  de calcaire rigide, la calcite, qui se conserve bien à l&rsquo;état de fossile. Généralement  couvert d&rsquo;un mince épiderme il reste clairement visible sous microscope pour qui  veut se lancer dans des identifications. Étant donné l&rsquo;importance  du squelette dans la définition des espèces, les spécialistes lui ont associé une  syntaxe très précise et exhaustive que cet article se doit d&rsquo;aborder, ne  serait-ce que partiellement, même s&rsquo;il est destiné aux humbles  aquariophiles récifalistes que nous sommes. </p>
<h4>2.1.3. Système d&rsquo;accrochage, crampons</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  pourvus de systèmes d&rsquo;accrochage au substrat qui diffèrent suivant le biotope  occupé par l&rsquo;espèce. </p>
<h5>Disque de fixation</h5>
<p class="align-j">De nombreux crinoïdes pédonculés  disposent d&rsquo;une terminaison élargie de la tige, le <strong>disque de fixation</strong> (photo a) qui peut encroûter des substrats  irréguliers.</p>
<h5>Cirres</h5>
<p class="align-j">Certains  crinoïdes,  dont les comatules sont pourvus de cirres, ou cirrhes (photos b et c). Ce sont des appendices non  ramifiés, segmentés, généralement crochus, souvent préhenseurs. Les ossicules qui les composent se nomment  cirrales. La  cirrale terminale prend en principe la forme d&rsquo;une griffe<strong> </strong>terminale incurvée et l&rsquo;avant-dernière porte une épine vertébrale<strong> </strong>opposée<strong>.</strong> Les cirres sont robustes ou au contraire, minces et délicats. Ils peuvent compter  une dizaine à plus d&rsquo;une centaine de cirrales. Ces dernières augmentent  généralement en taille, depuis la base&nbsp;: elles sont plus longues dans la  moitié proximale du cirre, les segments distaux devenant ensuite plus courts.  Les cirrales peuvent également être toutes uniformément courtes ou, chez  certaines espèces aux bases longues et droites, se terminer en une pointe  effilée droite.</p>
<p class="align-j"><strong>Chez les crinoïdes pédonculés</strong></p>
<p class="align-j">Ces structures d&rsquo;ancrage peuvent être  développées sur les ossicules modifiés du squelette, réparties le long de la  tige (photo b). Sur les fonds meubles, la tige est alors couchée et les cirres pénètrent  à l&rsquo;intérieur du sédiment, assurant un meilleur ancrage. Ces crinoïdes peuvent  libérer leurs cirres du substrat, soit partiellement pour élever ou abaisser la  couronne, ou complètement afin de nager avec leurs bras. Certaines espèces développent  des cirres réduits à des radicelles non ramifiés, regroupés de manière  désordonnée sur l&rsquo;ossicule le plus éloigné (distal) permettant également  l&rsquo;ancrage sur des substrats meubles.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);  width: 70%;"><figcaption class="grille-titre">Tableau 2 : Systèmes de fixation des crinoïdes</figcaption><figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/07.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/07.jpg"></a><figcaption class="figlegende">a : Accrochage d&rsquo;un crinoïde pédonculé par un disque de fixation adhésif.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www.photolib.noaa.gov/htmls/expl5456.htm" rel="noopener">NOAA</a></figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/08.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/08.jpg"></a><figcaption class="figlegende">b : fixation  d&rsquo;un lys de mer  par des cirres répartis sur le pédoncule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : NOAA</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne"> <a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/10.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/10.jpg"></a><figcaption class="figlegende">c : les cirres des  comatules sont concentrés sur la centrodorsale</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j"><strong>Chez les comatules</strong></p>
<p class="align-j">Les cirres non ramifiés se rattachent par des  ligaments, à la pièce calcaire inférieure du calice (le centrodorsal), à la  base de la thèque (photo c). Les comatules développent cinq cirres initiaux, orientés  radialement, qui se multiplient ensuite. On compte en moyenne de 15 à 35 cirres  avec un maximum de 80 cirres. Les cirres des espèces de fond sont fragiles et  se cassent facilement, ceux des individus proches de la surface sont plus  résistants. Les comatules régénèrent rapidement les cirres perdus.</p>
<h4>2.1.4. Pédoncule </h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/11.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/11.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Ossicules      composant la structure squelettique des crinoïdes, parfois percés pour loger les extensions (nerfs,      vaisseaux…) des fonctions vitales. </figcaption><figcaption class="copyright">Photo : howard_l, <a target="_blank" href="http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/60049-very-tiny-crinoid-stem-segment/" rel="noopener">The Fossil Forum</a></figcaption></figure>
<p>Chez les crinoïdes pédonculés, on observe une tige, de longueur variée, jusqu&rsquo;à 50&nbsp;cm  chez certaines espèces vivantes. Elle relie le système d&rsquo;ancrage à la couronne et   la soutient dans le courant nourricier. Les crinoïdes ont donc leur face  orale à l&rsquo;opposé du substrat, contrairement aux autres échinodermes. </p>
<p class="align-j">Le squelette du pédoncule est composé d&rsquo;une succession de segments calcaires assemblés&nbsp;entre  eux : les <strong>articles</strong> ou  <strong>columnales </strong>(nommés <em>entroques</em> par les  paléontologues)<strong>.</strong> On distingue différents types de liaisons entre les articles&nbsp;:  synostose&nbsp;(empilement osseux), symplexie (denticulée), synarthrie (union  fibreuse). <br />
        Chaque columnale est articulée à la suivante grâce à des fibres ligamentaires,  en synarthrie&nbsp;; les ossicules basculent entre–eux sur une crête d&rsquo;appui  (crête fulcrale). Les articles sont de section circulaire, pentagonale, étoilée  ou elliptique mais rarement hexagonale. Leur forme est très variable&nbsp;:  mince ou épaisse, discoïde, cylindrique, en tonneau, bobine ou sablier. </p>
<p class="align-j">Les tiges mesurent de  quelques centimètres à plus d&rsquo;un mètre de longueur et même 20 m chez certaines  espèces fossiles. Les colonnes comportent des columnales qui s&rsquo;agencent de plusieurs  manières. Elles sont <strong>homéomorphes</strong> quand les columnales sont pratiquement semblables&nbsp;;  <strong>hétéromorphes</strong> en présence de columnales particulières appelées nodales (nœuds). Les nodales portent  les cirres et sont dispersées régulièrement entre les columnales non porteuses  de cirres nommées inter nodales. Enfin, les colonnes <strong>xénomorphes,</strong> présentent trois sections (proximale, intermédiaire et  distale) de columnales à la forme individualisée, appelées respectivement proxistèle,  mésistèle et dististèle. Chacune de ces sections peut  être soit homéomorphe ou hétéromorphe. La situation n&rsquo;est cependant pas toujours  si tranchée pour le plus grand bonheur des taxinomistes, d&rsquo;autant que les  articles sont plus ou moins fusionnés entre eux ou avec le calice. </p>
<h4>2.1.5. Centrodorsale</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/12.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/12.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Diverses centrodorsales aux formes variées. Remarquer l&rsquo;absence  d&rsquo;orbite d&rsquo;accrochage, au sommet (apex) du cône.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : howard_l, <a target="_blank" href="http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/60049-very-tiny-crinoid-stem-segment/" rel="noopener">The Fossil Forum</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les crinoïdes développent  tous un pédoncule au cours de leurs stades post larvaires. Contrairement aux espèces  de crinoïdes pédonculées qui conservent une tige tout au long de leur vie (sauf  rares exceptions), les comatules la rejettent pour devenir libres au stade  juvénile. </p>
<p class="align-j">Plus précisément, elles ne conservent que le segment proximal (près de la bouche), ou plusieurs  fusionnés, formant un grand ossicule modifié, centré sur la surface aborale&nbsp;:  il s&rsquo;agit de la plaque centrodorsale dite centrodorsale.<br />
        Les centrodorsales  des comatules prennent  des formes très variées : disques, étoiles, dômes, cônes ou cylindres. Elles portent  habituellement les nombreux <strong>cirres</strong> d&rsquo;ancrage. 
      </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/13.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/13.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Face aborale d’une comatule dont on perçoit la plaque centrodorsale (flèche rouge) sur laquelle s’arriment les cirres d’accrochage.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : inconnu</figcaption></figure>
<p class="align-j">La centrodorsale grandissant, des  cirres supplémentaires s&rsquo;ajoutent en bordure, parfois décalés en une spirale  double, ou alignés en colonnes, du sommet vers le bord, séparés par des crêtes inter  radiales. Le schéma d&rsquo;addition des cirres reste le même. Certains petits cirres  apicaux développés au stade juvénile sont conservés près du sommet de la  centrodorsale. Ils peuvent aussi être perdus, conservant des traces des orbites  d&rsquo;accrochage. Dans les deux cas, il reste une petite zone dépourvue de cirre  et d&rsquo;orbite&nbsp;: le <strong>pôle aboral</strong>, à l&rsquo;apex (sommet) de la centrodorsale. Cette zone peut être  plate, convexe ou conique, lisse, papilleuse ou épineuse. Chez de nombreuses  autres comatules, les cirres apicaux sont perdus et leurs orbites d&rsquo;accrochage  restent oblitérées durant la croissance de la centrodorsale, de telle sorte que le pôle  aboral est élargi et les cirres se limitent à une ou deux rangées. Plusieurs  espèces de comatules des genres <em>Phanogenia,</em> <em>Comanthus,</em> <em>Capillaster…</em> portent une réduction, mince, non centrodorsale, réduite, avec peu de cirres, ou  pas du tout. La plupart semblent développer quelques cirres au stade juvénile,  mais les perdent avec la croissance. La surface aborale de la centrodorsale  peut former une colonne vertébrale, en forme de carène ou de crête. </p>
<h4>2.1.6. Thèque</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/14.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/14.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Le calice des comatules,  est très peu développé.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">C&rsquo;est la  portion squelettique, au-dessus du pédoncule (chez les lys de mer) ou de la centrodorsale (chez les comatules). Elle supporte  les bras et contient les parties vitales de l&rsquo;animal. Elle se compose d&rsquo;un <strong>calice</strong> qui entoure ou supporte les viscères, et d&rsquo;un recouvrement  par un tégument, une membrane parfois calcifiée&nbsp;: le <strong>tegmen</strong>. </p>
<h5>Calice </h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""    / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Plaques formant le calice.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Nommé aussi <strong>coupelle aborale</strong>, le calice se compose d&rsquo;un, deux ou trois petits  ossicules plats ou plaques (3 à 5 chez les espèces fossiles), en  cercles ou en anneaux rigidement fixés immédiatement au-dessus du pédoncule.  Les plaques sont nommées selon leur position&nbsp;: radiales, interradiales,  basales, infrabasales… (schéma).  Cinq radiales, auxquelles  sont liés les bras, forment un cercle au-dessus des basales. Chacune est associée  à l&rsquo;un des cinq canaux radiaux internes du système aquifère. Radiales et  basales peuvent être délimitées par une soudure ou fusionnées. Sur certaines  espèces, on observe une troisième série d&rsquo;ossicules entre les basales et la  tige, les infrabasales,         toujours réduites.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Plaques basales métamorphosées en rosette.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Chez les comatules  existantes (sauf Atelecrinidae), les plaques basales  métamorphosent au début du développement en une rosette interne délicate qui  chapeaute la cavité de la centrodorsale (Photo). </p>
<p class="align-j">Les ossicules du calice  varient énormément. Leur morphologie, leurs proportions et le niveau de leur fusion  contribuent grandement à l&rsquo;identification de l&rsquo;ordre, de la famille et de  l&rsquo;espèce.<br />
        Le calice peut supporter les  viscères, il compte alors souvent des ossicules supplémentaires. Cependant,  chez les comatules et les isocrinidés, qui représentent la grande majorité des  crinoïdes vivants, le calice est très réduit par rapport aux espèces  fossiles (Photo)&nbsp;; il ne forme pas de coupe et n&rsquo;entoure pas la masse  viscérale&nbsp;; cette dernière reste au-dessus du cercle radial et des ossicules proximaux des rayons. </p>
<h5>Tegmen</h5>
<p class="align-j">La surface orale de la thèque, le <strong>tegmen</strong> (ou disque), peut être recouverte  d&rsquo;un tégument (une protection qui peut être mécanique, hydrique, thermique et  qui limite les échanges avec l&rsquo;extérieur) ou dénudée, parfois très colorée, formée  de petites pièces calcaires, complètement ou partiellement recouverte de  petites plaques ou nodules. <br />
        Chez les comatules  actuelles, le tegmen prend la forme d&rsquo;une plaque continue. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Le tegmen</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/18.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/18.jpg"></a><figcaption class="figlegende">b : Tegmen de la comatule <em>Lamprometra palmata</em>. L&#8217;embouchure est située  au centre du tegmen, l&rsquo;anus est excentré, protubérant.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lamprometra_palmata_hgsus03.JPG" rel="noopener">Keisotyo</a>, Wikimedia</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/17.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/17.jpg"></a><figcaption class="figlegende">a : Tegmen d&rsquo;un lys      de mer&nbsp;; l&rsquo;embouchure est située latéralement à la réunion des      rainures ambulacraires&nbsp;; l&rsquo;anus est au centre..</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :<a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/4 Morphology crown &amp; calyx.html" rel="noopener"> C.G. MESSING</a></figcaption></figure>
</p></div>
<p class="align-j">Le  tegmen porte <strong>l&rsquo;anus</strong>, situé au sommet d&rsquo;un petit tube ou d&rsquo;une papille. On y  observe également cinq <strong>rainures ambulacraires</strong> qui convergent depuis la  base des bras vers la <strong>bouche</strong>, ainsi  que les <strong>hydropores</strong>, de minuscules ouvertures  munies de valves filtrantes, débouchant dans le système aquifère. La bouche des  crinoïdes (Photo&nbsp;a) est généralement excentrée sur le tegmen, l&rsquo;anus étant  centré. Cependant cette disposition est inversée  chez la plupart  des comasteridés (Photo&nbsp;b), qui représentent la famille des comatules récifales.</p>
<h4>2.1.7. Bras et pinnules</h4>
<h5> Bras</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/19.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/19.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bras et pinnules  forment un réseau dense de nature à capter les particules de nourriture.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Steve Parish, <a target="_blank" href="https://www.steveparish-natureconnect.com.au/nature-centre/tropical-coasts-reefs-cays-and-islands/" rel="noopener">Nature Connect</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Ils<strong> </strong>représentent<strong> </strong>à la fois  la série d&rsquo;ossicules habituellement ramifiée et les tissus associés qui  rayonnent à partir du corps central. Pour être précis, le <strong>radial</strong> étant le premier ossicule au-delà du calice, on nomme <strong>rayon</strong> la portion qui débute par un  radial alors que le bras commence après lui. On a pris l&rsquo;habitude de nommer le  premier rayon A qui se situe à l&rsquo;opposé de la plaque interradiale comportant  l&rsquo;anus&nbsp;; les autres rayons B, C, D, E se suivent ensuite dans le sens  horaire. La détermination n&rsquo;est pas aisée avec certaines espèces dont le calice  est réduit, notamment avec les comatules dont le radial et les ossicules qui  suivent sont si semblables que le rayon désigne la partie qui va jusqu&rsquo;au  dernier embranchement, et le bras, la partie non branchue qui s&rsquo;étend au-delà. <br />
        La description du squelette à ce niveau est suffisamment importante aux yeux des taxinomistes pour qu&rsquo;une syntaxe définise  précisément les diverses formes d&rsquo;ossicules brachiaux (<em>secundibrachiales</em>, <em>tertiobrachiales</em> …), déterminant ainsi les sections du bras, suivant un  schéma d&rsquo;embranchement représentatif de chaque espèce. Sans entrer dans les  détails, retenons simplement que, quoi qu&rsquo;il en soit, les ossicules brachiaux  suivent toujours les radiaux. <br />
        Bien que certains  crinoïdes disposent de rayons non ramifiés, la plupart débutent avec 10 bras,  soit une ramification par rayon. Des bras supplémentaires se développent plus  tard, à la place d&rsquo;un rayon perdu. Quantité d&rsquo;espèces de crinoïdes n&rsquo;ont que 10  bras parfois jusqu&rsquo;à 40 ou 50 et même jusqu&rsquo;à 250 chez certaines espèces des  récifs tropicaux.
      </p>
<p> Les rayons et bras portent des  extensions des systèmes cœlomiques (nerveux et aquifère), ainsi que les  pinnules. </p>
<h5>Pinnules</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/15.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Pinnules orales très développées formant un véritable bouclier protecteur de la face orale</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les <strong>Pinnules</strong> sont les petits appendices segmentés mais non ramifiés, disposés en alternance de chaque côté des bras, ce  qui leur confère l&rsquo;apparence de plumes. Elles servent aux échanges gazeux et constituent l&rsquo;organe principal de collecte de nourriture.<br />
        Les bras des comatules comportent  trois zones de pinnules aux caractéristiques particulières&nbsp;: </p>
<ul>
<li>A la base du bras, on distingue une ou plusieurs paires de  pinnules&nbsp;: les <strong>pinnules orales</strong>.  Selon les espèces, elles sont soit plus longues et plus flexibles soit plus  robustes et de forme plus épineuse que les suivantes. Elles se caractérisent  par l&rsquo;absence de sillon ambulacraire. Les plus flexibles ont pour fonction de  balayer la surface orale, les autres celle de la défendre, les plus robustes se positionnent, comme pour protéger la  surface orale. </li>
<li>Suivent plusieurs paires de <strong>pinnules  génitales</strong>. Leur voute est chargée  de gonades mais elles n&rsquo;ont  pas d&rsquo;architecture spécifique&nbsp;; elles peuvent être similaires aux pinnules plus distales dédiées à l&rsquo;alimentation  ou parfois plus courtes et plus grosses. </li>
<li>Les pinnules qui suivent, sans qualificatif, ont pour unique fonction la  capture et l&rsquo;acheminement de la nourriture vers la bouche.</li>
</ul>
<p class="align-j">Comme toute autre partie squelettique  du crinoïde, elles comportent des ossicules&nbsp;: les <strong>pinnulaires</strong>, articulées entre elles comme on va le voir ci-après. Nous aborderons également,  comment les bras et pinnules interviennent dans le système ambulacraire,  notamment avec leurs cils ambulacraires, les podia.</p>
<h4>2.1.8. Articulations</h4>
<h5>Systèmes d&rsquo;articulations</h5>
<p class="align-j">Certains ossicules s&rsquo;articulent  entre eux par des ligaments ou des combinaisons de muscles à fibres lisses et  de ligaments qui s&rsquo;ancrent dans des petits creux (fosses) sur les faces  articulaires (facettes). Les crinoïdes vivants  semblent posséder quatre types de liaisons de base: synostose, symplexie,  syzygie et synarthrie.  Cette dernière se modifie souvent au cours de la croissance en une des  formes précédentes.</p>
<figure class="figfloat" style="width:120px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/21.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Syzygie</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La <strong>synostose</strong>. C&rsquo;est une liaison rigide avec contact intime des faces opposées  des ossicules. Elles sont planes ou faiblement concaves, et unies par des fibres  ligamentaires relativement courtes et peu nombreuses. Elle apparaît  extérieurement comme une suture droite ou légèrement incurvée. On la trouve  entre les ossicules des pédoncules (columnaires), des bras (brachiales) ou du calice (plaques).</p>
<p class="align-j"> <strong>La syzygie</strong> est une liaison relativement  rigide des articulations brachiales, très répandue chez les comatules. Des  crêtes, des dépressions ou des rainures rayonnent sur les faces en contact et  s&rsquo;opposent à leurs mouvements relatifs plutôt que de les verrouiller. La suture  externe ressemble à une ligne perforée.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left; width:220px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/22.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Symplexies.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"><strong>La symplexie,</strong> s&rsquo;observe uniquement entre les columnaires, donc pas sur  les comatules. Les crêtes d&rsquo;une face<strong> </strong>se  verrouillent dans les rainures correspondantes de la face opposée. La suture apparaît  extérieurement ondulée. Selon les espèces, au stade adulte, les crénelures se  répartissent autour du trou canal axial, en cinq pétales (pentacrinitidés), ou  radialement. </p>
<figure class="figfloat" style="width:120px"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/23.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/23.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Synartthrie.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"><strong>La synarthrie</strong> se distingue normalement par une crête centrale fulcrale formant pivot, qui sépare deux petites fosses semi-circulaires logeant chacune  un grand faisceau ligamentaire. Extérieurement, on observe que les extrémités  des ossicules adjacents convergent tandis que les crêtes fulcrales (flèche blanche) atteignent le bord. Les crêtes fulcrales des columnaires peuvent  s&rsquo;orienter angulairement, permettant à la tige de plier dans des directions  multiples tandis que celles des brachiales permettent au bras de pivoter en  direction orale / aborale. On le verra, cette mobilité  autorise des postures de nourrissage particulières.<br />
        Les articulations entre brachiales  successives qui contiennent à la fois muscles et ligaments (articulations  musculaires), disposent de larges fosses semi-circulaires ou viennent se loger,  de part et d&rsquo;autre de la crête diagonale, le ligament aboral et une paire de  ligaments interarticulaires ainsi que les faisceaux musculaires insérés sur le  côté de l&rsquo;arête. </p>
<p class="align-j">Dans tout type  d&rsquo;articulation, à la dépression sur une facette d&rsquo;ossicule correspond une  protubérance&nbsp;: symmorphie<strong>.</strong> Chez  de nombreux crinoïdes le stéréome (squelette microporeux) varie selon le tissu  articulaire. Les fosses d&rsquo;ancrage des ligaments, s&rsquo;ouvrent plus profondément en  perforations alignées. En revanche, les fosses des fibres musculaires sont  superficielles avec stéréome plus labyrinthique et éventuellement des saillies.  À contrario on ne perçoit pas ces particularités sur quelques crinoïdes  pédonculés. La configuration des articulations n&rsquo;est cependant pas figée, elle peut  évoluer au cours de la croissance  du  crinoïde.
      </p>
<h5>Ligaments et muscles</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/20.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/20.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 3&nbsp;: Coupe      du bras d&rsquo;une comatule au niveau d&rsquo;une articulation musculaire liée par les      structures fibreuses (muscles et ligaments). Les      ossicules sont percées pour passer les canaux vitaux.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les ligaments des  crinoïdes se composent de tissu collagénique modifiable (le collagène, secrété  par les cellules des tissus conjonctifs, est une famille de protéines de forme  plutôt fibreuse, qui confère aux tissus une résistance mécanique à  l&rsquo;étirement). Ces tissus   collagènes mutables  (MCT) sont uniques chez les échinodermes en ce sens qu&rsquo;ils sont  capables de varier entre des états souple et raide très rapidement.<br />
        Par exemple, concernant les mouvements des bras, la contraction des muscles  du côté oral (bouche) de l&rsquo;arête formant pivot, courbe ou enroule le bras à  l&rsquo;intérieur, vers la bouche, et fléchit les pinnules en direction de l&rsquo;axe  brachial. Lorsque les muscles se détendent, l&rsquo;élasticité du grand ligament antagoniste,  du côté aboral de la crête, a pour effet d&rsquo;étendre les bras et les pinnules à  l&rsquo;extérieur. Une fois étendus, les ligaments se raidissent pour maintenir les  bras et pinnules dans une posture figée contre le courant, pour collecter la  nourriture. Les articulations individuelles ont une faible amplitude, mais un  bras constitué de plus de 200 segments, 50 pour les pinnules, dispose finalement d&rsquo;une  grande flexibilité.</p>
<h4>2.1.9. Syntaxe relative au squelette</h4>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/24.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 4&nbsp;: Syntaxe associée aux éléments squelettiques des crinoïdes.</figcaption><figcaption class="copyright">Illstration : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Parce que le squelette  des crinoïdes est très répétitif, les descriptions taxinomiques sont fortement  condensées en utilisant des symboles pour les pièces squelettiques différentes.  Cette syntaxe  clos de nombreux  quiproquos scientifiques, que l&rsquo;on peut lire encore dans les documents anciens.</p>
<p class="align-j">Pour ne pas anéantir les  vaillants lecteurs, on peut se  limiter à quelques généralités sur les  comatules.&nbsp;Chaque ossicule brachial successif est indiqué par «Br»  suivi d&rsquo;un indice en chiffre arabe. Les ossicules des brachitaxes (série de brachiales depuis le rayon jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrémité du bras) sont  précédés d&rsquo;un chiffre romain. Par exemple, IIBr3 définit  le troisième osselet de la seconde  brachitaxe&nbsp;; Br3 la troisième brachiale du bras indivisé. Le signe <em>plus</em> indique une articulation non-musculaire. <br />
        De même, la syntaxe  concerne les cirres. Elles sont indiquées par un «&nbsp;C&nbsp;» suivi de la  position de la cirrale, en chiffre arabe, à partir de la base (C5, C6). Contrairement aux  crinoïdes pédonculés les comatules présentent des pinnules plus différenciées entre  pinnules orales (proximales), génitales (portant des gonades) et distales. Si  besoin on les répertorie avec un  P suivi  de leur ordre&nbsp;: un chiffre arabe ou une lettre selon qu&rsquo;il s&rsquo;agit,  respectivement, des pinnules intérieures ou extérieures successives. Quel est  le côté intérieur d&rsquo;un bras, vous demandez-vous logiquement&nbsp;? L&rsquo;alignement  des pinnules n&rsquo;étant pas équidistant, sont intérieures celles qui sont le plus  proche de l&rsquo;axe médian du bras. Le schéma ci-contre devrait suffire aux   lecteurs non-inscrits au stage du petit taxinomiste.</p>
<h3>2.2. Anatomie, physiologie</h3>
<p class="align-j">Il faut le reconnaitre, les  crinoïdes ont fait l&rsquo;objet de peu d&rsquo;études. Certaines fonctions sont  supposées être similaires à celles d&rsquo;autres  échinodermes; D&rsquo;autres, plus particulières comme l&rsquo;organe axial, conservent  beaucoup de mystères. Le texte qui suit se limite aux principales fonctions  reconnues.</p>
<h4>2.2.1. Organisation interne&nbsp;: cœlome</h4>
<p class="align-j">Les échinodermes  possèdent un système de cavités cœlomiques internes unique. Mais de quoi  s&rsquo;agit-il&nbsp;? L&#8217;embryon des organismes bilatériens possède trois feuillets de cellules (deux feuillets  chez les cnidaires ou les spongiaires). Pour simplifier, le premier,  l&rsquo;ectoderme donnera les tissus externes (épiderme)&nbsp;; le second, le  mésoderme (absent chez les non bilatériens) donnera les muscles et d&rsquo;autres  tissus&nbsp;; le troisième l&rsquo;endoderme donnera le tube digestif. Chez les échinodermes, au stade embryonnaire le  mésoderme se creuse et forme une cavité extrêmement développée appelée cœlome, ou  plus exactement trois cavités cœlomiques&nbsp;parcourant le corps, impliquées  dans trois appareils hydro vasculaires :</p>
<ul>
<ul>
<li>L&rsquo;appareil aquifère  / ambulacraire (transport) : il est rempli d&rsquo;eau de mer et communique avec  l&rsquo;extérieur par plusieurs pores aquifères.</li>
<li>L&rsquo;appareil hémal  (ou lacunaire) : il assure la circulation. </li>
<li>L&rsquo;appareil sinusaire  (ou périhémal) :   il entoure  le système  hémal et les organes génitaux et est parallèle au système ambulacraire&nbsp;;  il assure la circulation   et  la diffusion de nutriments. </li>
</ul>
</ul>
<p class="align-j">Les cavités débutent par  des anneaux péribuccaux emboîtés (Fig. 5) d&rsquo;où partent des canaux pour chaque  système dans chaque zone radiaire. Les appareils hémal et sinusaire sont étroitement  accolés.</p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/25.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  width="800" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende">figure 5 : Anatomie des comatules. Structure interne de la comatule <em>Anneissia japonica</em>. Le calice non représenté, maintient la masse viscérale. Les systèmes cœlomiques sont représentés par couleurs. Les canaux cœlomiques des bras se connectent à l&rsquo;intérieur du cœlome. Le tegmen couvre la masse viscérale. Les rainures ambulacraires des bras se réunissent à la bouche. Les positions de l&rsquo;anus et la bouche diffèrent selon les espèces, mais sont situés du côté oral .</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT d&rsquo;après Nichols (1962)</figcaption></figure>
<h4>2.2.2. Appareil ambulacraire et aquifère</h4>
<p class="align-j">Ambulacraire du latin <em>ambulacrum</em> et <em>ambulare</em>  «&nbsp;se  promener&nbsp;» exprime bien que le système du même nom a pour fonction le  transport. Chez les crinoïdes, contrairement aux autres échinodermes, il ne  sert pas à la locomotion de l&rsquo;animal, mais il assure des fonctions nutritives,  circulatoires, respiratoires, motrices, et assure la turgescence des podia.</p>
<p class="align-j">Le système ambulacraire dont on perçoit la majeure partie sur la face orale des  crinoïdes, est mis en œuvre par un système aquifère sous-jacent, à l&rsquo;intérieur  de l&rsquo;animal. «&nbsp;Aquifère&nbsp;» parce qu&rsquo;il utilise des chambres plus ou  moins communicantes remplies d&rsquo;un liquide proche de l&rsquo;eau de mer, dont le rôle  essentiel semble bien de réguler la pression interne et la turgescence de  l&rsquo;organisme. Le tout forme un système cohérent aux objectifs multiples&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Pompage&nbsp;de l&rsquo;eau externe</strong>&nbsp;: l&rsquo;eau  traverse les cinq plaques ambulacraires qui rayonnent depuis la bouche centrale,  via  des hydropores aquifères visibles  sous grossissement. Contrairement aux autres échinodermes, ces 500 à 1500 pores  aquifères ne sont pas concentrés dans une (ou plusieurs) zone poreuse nommée <em>madréporite</em>, mais répartis sur les  plaques inter radiales. Les hydropores sont des valves filtrantes qui assurent  la communication depuis l&rsquo;eau de mer vers les cavités internes de l&rsquo;organisme. Ils sont utiles à la respiration, ainsi que la régulation de la pression hydrostatique du  circuit aquifère.</li>
<li><strong class="align-j">Distribution de l&rsquo;eau et commande des organes</strong>&nbsp;: les hydropores débouchent sous le tegmen au niveau de la bouche,  via des canalicules, dans l&rsquo;anneau aquifère qui contourne l&rsquo;œsophage, et d&rsquo;où  partent cinq canaux aquifères. Ces derniers bifurquent et se prolongent à  l&rsquo;intérieur des bras pour se terminer en cul de sac, dans les pinnules et leurs podia. La pression est ainsi distribuée dans toutes les zones fonctionnelles.</li>
<li><strong class="align-j">Transport&nbsp;de nourriture</strong>&nbsp;: Depuis les pinnules, partent des   gouttières (canaux ou rainures ou sillons) ambulacraires (transporteurs)  qui se prolongent le long des bras jusqu&rsquo;à la bouche centrale. La longueur totale des gouttières varie suivant la dimension de l&rsquo;animal  et le nombre de ramifications branchiales&nbsp;; elle peut atteindre une  centaine de mètres.<br />
          Bras et pinnules sont  bordés de fines plaques formant un double feston membraneux lequel, en se relevant,  complète la gouttière et peut également se refermer au-dessus du sillon pour le  protéger. </li>
</ul>
<p class="align-j">Le canal ambulacraire est  également bordé de pieds digités, les podia ou tubes ambulacraires dont le rôle  est la collecte&nbsp; et le transfert de la nourriture. Les podia sont les  ramifications terminales du circuit aquifère. À la base de chaque podion se  trouve une vésicule musculeuse, l&rsquo;ampoule ambulacraire, remplie de liquide et  pourvue d&rsquo;une valve, laquelle se contractant, provoque le déploiement du  podion, le mettant ainsi en mouvement. Ces podia sont  très sensibles et se rabattent sur la rainure pour y transporter les particules  nourricières qui s&rsquo;y sont déposées, comme on va le voir plus loin. </p>
<h4>2.2.3. Appareil hémal</h4>
<p class="align-j">Le système hémal  (lacunaire ou circulatoire) a plusieurs fonctions dont celle de distribuer aux  organes vitaux, à partir des intestins, un liquide nourricier et celle  d&rsquo;évacuer des déchets.<br />
        Dépourvu de parois  propres, il est inclus dans l&rsquo;appareil périhémal parallèle au système  ambulacraire. Les crinoïdes n&rsquo;étant pas des organismes complexes, ni  volumineux, l&rsquo;essentiel des échanges peut se faire de cellules à cellules  proches. <br />
        Le système circulatoire ne dessert donc pas tout l&rsquo;organisme en nutriments, mais  seulement quelques organes&nbsp;:&nbsp;le centre vital et d&rsquo;autres un peu plus  éloignés&nbsp;comme les glandes génitales, le tube digestif et l&rsquo;appareil  ambulacraire. Pour ce, il reste simple&nbsp;: en cul-de-sac, de type  flux-reflux à partir de la cavité générale&nbsp;;  certaines structures ne sont pas du tout  irriguées. Il est rempli du liquide cœlomique mis en mouvement par la ciliature  du mésothélium, le tissu qui recouvre les parois. Constitué à 99% d&rsquo;eau purifiée  et de nutriments, il contient aussi des cellules immunitaires, les cœlomocytes.  Ces dernière jouent un rôle essentiel dans l&rsquo;immunité, mais collectent aussi  les déchets et les ôtent activement de l&rsquo;organisme à travers le système circulatoire/respiratoire  et les podia (Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;organe excréteur  différencié).</p>
<h4>2.2.4. Appareil périhémal</h4>
<p class="align-j">Le système sinusaire (cavités  cœlomiques) ou périhémal (il entoure le système hémal), sert également à la diffusion&nbsp;de  nutriments. Il comprend un sinus aboral pentagonal d&rsquo;où parent cinq sinus  génitaux se confondant avec les parois de la gonade, parallèles au système  ambulacraire et permet la diffusion de nutriments. </p>
<h4>2.2.5. Respiration</h4>
<p class="align-j">Cette fonction se  décline de différentes manières. La  cavité principale cœlomique est l&rsquo;organe essentiel du système vasculaire, elle  agit comme un pseudo cœur. Le   squelette dermique des échinodermes empêche les échanges respiratoires,  mais contrairement aux autres échinodermes qui disposent d&rsquo;organes dédiés aux  échanges gazeux (branchies chez les holothuries, bourses chez les ophiures…), chez  les crinoïdes, les échanges gazeux s&rsquo;effectuent par le jeu de pressions  osmotiques au niveau de papules qui se trouvent dans des téguments minces (la  perméabilité du tégument est sélective, elle permet le transfert  de certains nutriments tels que des acides aminés) et au niveau des podia. Les cils  vibratiles des cavités cœlomiques assurent la circulation de l&rsquo;eau qui  distribue l&rsquo;oxygène nécessaire  aux divers organes vitaux. La  contraction des podia génère des augmentations de pression qui font s&rsquo;évacuer  l&rsquo;eau vers l&rsquo;extérieur au travers du tube des podia.  Enfin, l&rsquo;anus est  continuellement en action, s&rsquo;ouvrant et se fermant alternativement assure une respiration anale.</p>
<h4>2.2.6. Système nerveux</h4>
<h5>Centres nerveux</h5>
<p class="align-j">Les crinoïdes n&rsquo;ont ni  tête ni cerveau. La coordination des fonctions n&rsquo;est pas centralisée mais ils  sont en mesure de réagir par des attitudes variées. Ils disposent d&rsquo;un système  nerveux relativement bien développé. On identifie 3 centres nerveux, logés à l&rsquo;intérieur  du calice.</p>
<ul>
<li><strong>Le centre nerveux épithélial</strong>&nbsp;: Il est réduit et superficiel&nbsp;; il se  compose d&rsquo;un ruban péribuccal, cerclant l&rsquo;œsophage, logé dans l&rsquo;épaisseur de  l&rsquo;épithélium (tissu cellulaire recouvrant les cavités), duquel partent de  nombreuses fibrilles dans l&rsquo;épithélium du tube digestif et d&rsquo;où partent également  cinq épais cordons qui bifurquent vers chaque bras pour former le nerf brachial  occupant toute la longueur du bras jusqu&rsquo;aux podia.</li>
<li><strong>Le centre nerveux oral profond</strong>&nbsp;: situé dans le tissu conjonctif (tissu  cellulaire comprenant une matrice non cellulaire) péribuccal, il émet de  nombreux nerfs : vers les tentacules buccaux, le tube anal, puis des cordons épais  qui se divisent vers les bras et les pinnules pour innerver les podia ainsi que  les muscles du canal radial.</li>
<li><strong>Le centre nerveux aboral</strong>&nbsp;: c&rsquo;est le centre de coordination des  mouvements natatoires et de marche&nbsp;; il est situé au fond du calice, dans  la plaque centrodorsale&nbsp;; plusieurs nerfs se dirigent vers les bras et  leurs pinnules, d&rsquo;autres vers l&rsquo;épiderme et enfin vers les cirres.</li>
</ul>
<h5>Cils sensitifs</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/26.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 6 : Coupe de l&rsquo;épiderme sur l&rsquo;un des festons bordant le sillon ambulacraire d&rsquo;une pinnule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : L. GUÉNOT</figcaption></figure>
<p>      Plusieurs organes  sont pourvus de terminaisons  tactiles. Par exemple, tous les podia portent une quantité de petites papilles  saillantes (fig. 6), munies de trois cils raides à leur extrémité et  renfermant une fibre musculaire centrale. Sur les téguments, notamment le long  des sillons et sur la face orale, il existe également de nombreuses terminaisons  sensitives munies de cils raides.</p>
<h5>Saccules</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/27.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/27.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><span class="align-j">Fig. 7 : Coupe      pratiquée près de la bouche montrant un saccule.</span></figcaption><figcaption class="copyright">Illustr. : L. GUÉNOT, adaptation Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les saccules  sont de petites sphères, logées dans le tissu  conjonctif immédiatement sous l&rsquo;épiderme, qui longent les sillons  ambulacraires&nbsp;; sur le disque il y en a une double et même une triple rangée,  mais sur les bras et les pinnules ils ne forment plus qu&rsquo;une seule rangée de  chaque côté du sillon, en alternant très régulièrement avec les triades de  tentacules. On en rencontre aussi à l&rsquo;intérieur du disque, dans la paroi du  tube anal et de l&rsquo;intestin.</p>
<p class="align-j">Le saccule  renferme un grand nombre de sphérules réfringentes (en mesure de réfracter les  rayons lumineux), incolores, groupées en amas pyriformes qui se terminent par  un filament grêle s&rsquo;attachant à la paroi sacculaire. Chaque amas est  probablement dérivé d&rsquo;une cellule, car on trouve à sa base, sur la paroi, une  cellule aplatie. Il a été suggéré que les saccules, principalement constitués  de protéines, pouvaient être des organes de réserve de nutriments.  Mais ces protéines sont fortement basiques&nbsp;; on estime aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;en  raison de leur étroite association avec le système nerveux hyponeural, chaque  saccule  constitue une lentille photo réceptive.</p>
<h4>2.2.7. Nutrition</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  suspensivores microphages, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils captent les particules en suspension dans  l&rsquo;eau et ces particules alimentaires (essentiellement de petits animaux et des  algues) sont plus petites que leur bouche.</p>
<h5>2.2.7.1. Capture des proies : le podion</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/28.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/28.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Les podia, ou cils ambulacraires, sont visibles sur les pinnules d’un bras de <em>Davidaster rubiginosus</em>. On ne distingue ici, que l’alignement des podia primaires.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :  Alain GOYEAU &#8211; <a target="_blank" href="http://doris.ffessm.fr/Especes/Comatule-doree3" rel="noopener">DORIS</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Comme chez un  grand nombre d&rsquo;organismes suspensivores les crinoïdes utilisent une combinaison  de mécanismes pour assurer leur nutrition. Les crinoïdes ne génèrent pas de  courant propre à filtrer, ce ne sont pas des filtreurs actifs comme on l&rsquo;entend  habituellement. Sont-ils passifs pour autant, laissent-ils simplement passer  l&rsquo;eau à travers leur corps ? Non. Les crinoïdes sont bel et bien  des filtreurs actifs, à leur manière, puisqu&rsquo;ils savent modifier leurs positions et attitudes pour rentabiliser  leurs quête et ce, de manière plus dynamique que d&rsquo;autres, comme on va le détailler  plus loin. Quelques auteurs  supposent même qu&rsquo;ils  sélectionnent  leurs proies, vraisemblablement à partir de la taille, de la densité, de la composition  ou l&rsquo;odeur. De quelle manière&#8230; cela reste à prouver. En tout cas cette sélection permettrait à l&rsquo;animal  d&rsquo;obtenir un bénéfice nutritionnel maximum pour une dépense d&rsquo;énergie minimum.</p>
<p class="align-j">La capture est réalisée au moyen des <strong>podia</strong>. Le podion est un petit tube digité ambulacraire parfois nommé <strong>cil ambulacraire</strong>, élastique. Contrairement aux autres échinodermes où les cils ambulacraires se  meuvent indépendamment les uns des autres et sont utilisés pour la locomotion,  chez les crinoïdes ils sont essentiellement dédiés à l&rsquo;alimentation ainsi qu&rsquo;à d&rsquo;autres fonctions&nbsp;annexes de respiration et de perception. Les podia sont répartis le long du canal  ambulacraire qui parcourt les bras et leurs pinnules. </p>
<p class="align-j"> Le podion des  échinodermes est constitué de quatre couches tissulaires dont l&rsquo;épiderme  (la couche externe) contient plusieurs types de cellules, associées différemment selon la fonction  prédominante&nbsp;: la locomotion ou la capture comme chez  les crinoïdes, et selon la situation du podion&nbsp;: </p>
<ul>
<li><strong>Des cellules de maintien</strong> traversées par une structure porteuse centrale  dont le faisceau, contrairement aux autres échinodermes, n&rsquo;est pas composé de  filaments mais de  plusieurs centaines de microtubules. Ces cellules seraient également en mesure  d&rsquo;absorber les nutriments solubles.</li>
<li><strong>Des cellules sensorielles</strong>, chémo-réceptrices et mécano-réceptrices.</li>
<li><strong>Des cellules de sécrétion</strong>, de plusieurs types, plus ou moins dispersées,  assurent la production de substances diverses aux fonctions parfois imprécises dont  une mieux connue&nbsp;: celle d&rsquo;excréter un mucus fortement adhésif sur la  couche externe de l&rsquo;épiderme du podion (la cuticule) dans certaines zones spécifiques. </li>
</ul>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/29.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/29.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Podia de la comatule <em>Antedon bifida</em> : PA, papille&nbsp;;  PP, podion primaire&nbsp;; SP,  podion secondaire.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo :  Hammang &amp; Jangoux</figcaption></figure>
<p class="align-j">Comme les ophiures, mais  contrairement à la plupart des autres échinodermes existants, les podia des crinoïdes ne disposent pas de ventouse terminale. Ce type de podion utilise  exclusivement des voies chimiques, et non mécaniques, pour assurer l&rsquo;adhésion  des particules alimentaires. Si on a longtemps imaginé un simple mucus adhésif,  il semble bien que les cellules génèrent successivement, de manière plus  complexe, une sécrétion puis un type de neurosécrétion&nbsp;aux fonctions respectives  d&rsquo;adhésion et de désadhésion. Les cellules adhésives produisent des protéines  lesquelles, via leurs résidus, génèreraient des liaisons électrostatiques entre  des sites réactifs (polysaccarides) de la cuticule et la surface de la  particule ;  la désadhésion étant  provoquée par la diminution des résidus.</p>
<p class="align-j">Le podion est doté d&rsquo;une  excellente mobilité pour la capture. C&rsquo;est une structure hydraulique, élément  terminal du système aquifère qui se démultiplie dans les pinnules. Le mouvement des podia est assuré par les combinaisons de  trois mouvements de base&nbsp;: expansion, flexion et rétraction, qui résultent de  l&rsquo;action antagoniste de la pression hydrostatique du fluide ambulacraire et du  muscle rétracteur du podion. Chez les crinoïdes, il n&rsquo;existe pas de sac  ambulacraire&nbsp;; la mise sous pression et son maintien nécessaires à  l&rsquo;expansion  du podion, sont assurés par  la contraction de tout le canal aquifère brachial. La contraction et le relâchement  des muscles qui cerclent le podion s&rsquo;effectuent d&rsquo;une manière imprécise, via la  libération de neurotransmetteurs par le faisceau de  fibres nerveuses (plexus nerveux) qui coure sous l&rsquo;épiderme du podion.<br />
        Les podia agissent par six, en deux  groupes de trois dressés, situés de part et d&rsquo;autre du sillon ambulacraire (Fig. 8 ). Cet arrangement semble commun à toutes les comatules et probablement  tous les crinoïdes vivants. Chaque triade comporte un podion primaire long, de 0,4 à 0,8 mm, un podion  secondaire ou médian et un podion tertiaire, court. Chacun a une fonction  différente et donc  un comportement caractéristique. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/30.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/30.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 8 : Détail d’une pinnule et des groupements de podia.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : D. Tournassat, d’après D.R. Khanna</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le podion primaire très  mobile et innervé, porte plusieurs papilles ciliées, sensibles, contenant des  cellules sécrétant des filaments  muqueux. Quand une particule  alimentaire en suspension  entre en  contact, alerté par la cellule  sensorielle, il éjecte, parfois avec  force chez certaines espèces, des fils muqueux formant un filet adhésif.  L&rsquo;action des fils muqueux semble être le mode de capture typique et principal,  surement essentiel lors des proliférations de plancton.<br />
        Le podia plie et se  recourbe rapidement vers l&rsquo;intérieur, dirigeant la particule vers la triade opposée. Le podion secondaire récepteur, de forme incurvée et également pourvu de  filaments muqueux, attrape la particule et la force à pénétrer dans la  rainure ambulacraire. Les bases des podia secondaires fusionnent à la  surface intérieure en replis&nbsp;; leur contraction tire les plis vers  l&rsquo;intérieur, recouvrant la gorge.  Le podion tertiaire est court, Les podia tertiaires s&rsquo;étendent  verticalement à partir du bord de la gorge. La  fonction des podia courts varie quelque peu en fonction des espèces. Ils  peuvent capturer de la nourriture mais plus généralement, ils raclent les  particules au-delà des podias primaires et les retiennent dans la gorge. Certaines espèces, cependant, sont en mesure d&rsquo;enlever les  particules en se frottant aux cils du sillon. </p>
<p class="align-j">Il semble bien que certaines  espèces transmettent directement la nourriture des podia à la bouche,  cependant, d&rsquo;une manière générale elles utilisent leurs sillons ambulacraires.</p>
<p class="align-j">En bordure du sillon ambulacraire,  à la base des podia, se situent des papilles qui  sécrètent un mucus (une  glycoprotéine, combinaison de sucres et d&rsquo;acides aminés) liquide, gluant et  visqueux produit par des glandes sous-jacentes.  Ce mucus immobilise les petits animaux. Les podia se frottent ainsi les uns contre les autres et au fond de la  rainure amassant les particules capturées au sein des sécrétions muqueuses. Ils  forment ainsi des bolus (bol alimentaire ou boules formées par les amas de  particules et mucus).</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/31.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/31.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Surface orale typique d&rsquo;une comatule&nbsp;; les rainures alimentaires ambulacraires (AFG) convergeant vers ​​la bouche centrale (M) ; la papille anale (AP) est excentrée.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/index.html" rel="noopener">C.G. MESSINGt</a></figcaption></figure>
<h5>2.2.7.2. Transport alimentaire</h5>
<p class="align-j">Le sillon est également pourvu  de forts cils  vibratiles, fixés sur une cellule sensorielle qui porte des cercles ciliaires  constitués de minces fibrilles de protéine lesquelles font partie du système  nerveux. Les particules sont transportées dans les rainures des pinnules par l&rsquo;action des cils puis débouchent  dans les rainures des bras qui convergent vers la bouche. On ne sait pas  encore comment sont commandés les bras, pinnules et cils, ni comment sont  traitées les informations captées par cette cellule. Les particules  engluées de mucus, forment de larges amas acheminés vers la bouche qui s&rsquo;y  engloutissent, poussés par les mouvements des lèvres péribuccales.</p>
<h5>2.2.7.3. Digestion</h5>
<p class="align-j">La configuration  du système digestif est simple mais il existe des variations structurelles très  progressives dans le tube digestif qui laissent penser que les principales  fonctions d&rsquo;absorption, de digestion et de stockage des matières énergétiques  sont assurées dans la totalité de l&rsquo;appareil.   Spécificité parmi les échinodermes&nbsp;: chez les crinoïdes l&rsquo;anus  s&rsquo;ouvre sur la face orale. La bouche se situe le plus souvent à peu près centrée,  à la convergence des rainures ambulacraires. À l&rsquo;état normal le crinoïde capte  les particules en suspension&nbsp;;  les  bras sont écartés et la bouche est ouverte. De la bouche part un large  œsophage, continué par un intestin très volumineux, bosselé et plissé qui  décrit un tour de spire complet dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre. Dans  son premier tiers, l&rsquo;intestin émet des lobes volumineux dans lesquels les  aliments ne rentrent pas. L&rsquo;excrétion est en grande partie assurée par les  cellules péritonéales, qui tapissent l&rsquo;intérieur de l&rsquo;abdomen. Ces dernières  fabriquent et se chargent de gros granules brunâtres pour être ensuite ingérées  par les cellules phagocytes ou bien dispersées dans les tissus, à l&rsquo;état de  déchets qui seront éliminés. Revenu à son point de départ, l&rsquo;intestin se  redresse verticalement dont une petite partie terminale constitue le rectum. Ce  dernier, entouré de petites papilles, débouche en saillie, au sommet d&rsquo;un cône ou  d&rsquo;une forme globuleuse, sur la face orale, entre deux rayons. Comme pour  l&rsquo;œsophage, le tube anal dispose de fibres musculaires circulaires formant un  sphincter&nbsp;; ce dernier présente des contractions rythmiques en relation,  probablement, avec le rejet de l&rsquo;eau et des excréments.</p>
<h5>2.2.7.4. Régimes alimentaires</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse du contenu de  l&rsquo;intestin et des matières fécales des crinoïdes donne une idée de leur régime alimentaire.  On observe&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Du phytoplancton  depuis la taille de 15&nbsp;µm, composé de protistes (dinoflagellés), de  diatomées et d&rsquo;autres algues unicellulaires&nbsp;;</li>
<li>du  zooplancton varié, constitué de protozoaires ciliés (foraminifères, radiolaires,  tintinnidés) et d&rsquo;autres animaux en moyenne de 50 à 150&nbsp;µm et jusqu&rsquo;à  400&nbsp;µm, tels que des larves d&rsquo;invertébrés (au stade véligère), de petits  crustacés (copépodes, ostracodes)&nbsp;;</li>
<li>des  particules organiques d&rsquo;origine animale ou végétale&nbsp;;</li>
<li>des  particules détritiques. </li>
</ul>
<p class="align-j">Par exemple, le régime  alimentaire de <em>Lamprometra klunzing</em> étudié durant plus d&rsquo;un an s&rsquo;est révélé être constitué d&rsquo;environ 10&nbsp;% de  phytoplancton, 50&nbsp;% de protozoaires et 40&nbsp;% de crustacés et  mollusques. Les diatomées et tintinnidés étant représentés par des formes  benthiques. Cela confirme l&rsquo;importance des matières sédimentaires remises en  suspension. Le même type d&rsquo;analyse prolongée, sur la comatule <em>Antedon bifida</em> dans les eaux irlandaises,  détermine une grande proportion de matières issues du fond, remises en  suspension dont 65&nbsp;% de détritus organiques (principalement d&rsquo;origine  fécale), 17&nbsp;% de limon et frustules fragmentées de diatomée et 18&nbsp;% de  diatomées ou dinoflagellés.</p>
<p class="align-j">Cependant, il s&rsquo;agit là  probablement d&rsquo;une image incomplète de ce qui fournit en fait la nourriture. Il  semblerait cependant que les particules ingérées, peuvent transiter rapidement dans l&rsquo;intestin, et une heure  après l&rsquo;ingestion, s&rsquo;accumuler plus loin au niveau du rectum où l&rsquo;essentiel de  la digestion a lieu apparemment, et ainsi disparaitre des analyses. La rapidité  du  transit semble en relation avec la  densité de particules alimentaires. En effet, des mesures en laboratoire  déterminent qu&rsquo;en cas de suralimentation, les particules sont comme poussées  vers la sortie par les cils vibratiles et les contractions intestinales, sans  pour autant pouvoir en expliquer tout le mécanisme. Durant ce transit rapide,  la digestion n&rsquo;a pas lieu ou reste très incomplète au point de détecter des  nauplii d&rsquo;artémia vivants dans les matières fécales. On peut en conclure qu&rsquo;une  trop forte densité de particules peut nuire au métabolisme, au point  d&rsquo;affaiblir l&rsquo;animal lorsqu&rsquo;il est répété.</p>
<p class="align-j">Les excréments  contiennent souvent et en grande proportion, des particules clairement  indigestes comme des grains de sédiments et des spicules d&rsquo;éponge, ce qui suppose  que la capture des particules est non-sélective et peut ne pas refléter ce qui  est digéré. Par ailleurs, il est difficile de distinguer la part de produits  détritiques capturés des matières fécales produites. Les Crinoïdes peuvent  également capturer du plancton (tel que des ciliés libres), qui peut être  éliminé par digestion ou rendu non identifiable dans les fèces. <br />
        On peut supposer que le  carbone organique particulaire (POC), faiblement concentré dans l&rsquo;environnement  récifal, peut représenter une composante importante de l&rsquo;alimentation des  crinoïdes qui peuvent s&rsquo;en nourrir abondamment durant de brefs épisodes, par  exemple lors de la ponte d&rsquo;autres invertébrés. Par ailleurs, les études ont  montré qu&rsquo;<em>A.&nbsp;bifida</em> était incapable de  digérer la plupart des diatomées et dinoflagellés trouvés dans l&rsquo;intestin. On  estime que les populations microbiennes dans les détritus organiques pourraient  représenter l&rsquo;essentiel de l&rsquo;alimentation des comatules, mais leur contribution  reste à quantifier. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;absorption de nutriments  dissous (acides aminés, carbohydrates, glucose…) a été documentée. On sait que  la comatule <em>Leptrometra phalangium</em> est en mesure de d&rsquo;absorber de telles matières organiques dissoutes par les bras,  mais aussi par les cirres qui seraient en mesure de prélever des taux plus  importants au niveau du sol. Ce serait le mode principal de nutrition au stade  larvaire. Cependant la contribution des MOD à la nutrition des comatules reste  inconnue.</p>
<p class="align-j">Les composants  alimentaires identifiables varient considérablement selon les espèces de  crinoïdes, jusqu&rsquo;à un rapport de 1 à 2 sur certains composants. Ces différences  peuvent refléter la disponibilité variable (saisonnalité, localité et rythmes  d&rsquo;activité), la profondeur (les espèces vivant plus profond étant moins  sélectives et se nourrissant plus souvent de détritus, la morphologie (podion et  espacement et la largeur de la rainure ambulacraire). Ceci dit, on a pu constater que la composition  fécale pouvait également varier de manière non négligeable pour deux individus  de la même espèce et issus du même lieu.<br />
        La taille des particules  alimentaires varie selon les espèces. La largeur de la rainure ambulacraire  permet d&rsquo;évaluer la dimension des particules assimilables, étant entendu que ce  n&rsquo;est pas une règle absolue, que la longueur peut être plus importante que la  largeur acceptable et que certaines espèces transfèrent leur nourriture  directement à partir de leur pinnules, sans passer par la gorge brachiale.</p>
<p class="align-j">Plus rare, certaines  espèces très particulières, notamment de la famille des <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Holopodidae" title="Holopodidae" rel="noopener">Holopodidae</a> (en forme de «&nbsp;poing&nbsp;»), pourraient  être capables de piéger des poissons ou d&rsquo;autres animaux macroscopiques actifs. </p>
<h4>2.2.8. Locomotion</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont tous des  animaux aux mœurs fondamentalement sédentaires. Ils sont benthiques&nbsp;et  vivent sur le fond, posés ou fixés à un support. Mais certaines espèces ont su développer leur mobilité de plusieurs manières.</p>
<h5>Locomotion des lys de mer</h5>
<figure class="figfloat">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v1.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v1.webm"></video><figcaption class="figlegende"> Ce crinoïde <span class="align-j">Isocrinidae</span> s&rsquo;est libéré  après qu&rsquo;une étoile de mer s&rsquo;est approchée  pour le manger.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : Tomasz Baumiller, Univ. of Michigan</figcaption></figure>
<p class="align-j">On a longtemps supposé que  tous les lys de mer disposant d&rsquo;un pédoncule étaient fixés à une sous-couche de  substrat dur et, de fait, étaient forcément sessiles. Leur déplacement ayant  lieu fortuitement lors de la rupture de la tige, la relocation,  après  régénération du système d&rsquo;accrochage. </p>
<p class="align-j">Des observations <em>in situ</em> en bathyscaphe ont maintenant  prouvé que, pour se soustraire à un prédateur, les espèces appartenant à la  famille Isocrinidae, qui représentent près de 90% des espèces vivantes, sont fixées  dans les sols meubles par enfouissement de leurs cirres ou sur substrat par accrochage, mais sont en mesure de  s&rsquo;extraire du sol ou de se décrocher et de se déplacer, de manière maitrisée, à la même vitesse qu&rsquo;une comatule, en rampant avec leurs  bras, la tige trainant en arrière (Vidéo).</p>
<h5>Locomotion des comatules</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v2.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v2.webm"></video><figcaption class="figlegende"><em>Comaster schlegelii</em> se déplaçant sur ses bras, sur de courtes distances.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : <a target="_blank" href="https://www.youtube.com/channel/UCPLPJ8Vjh5fkJQsBiiU7cKw" rel="noopener">Branko Milovanovic</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules sont  vagiles, capables de se déplacer mais à  la différence des autres échinodermes elles  n&rsquo;utilisent pas leurs cils ambulacraires pour se déplacer.</p>
<p class="align-j">Sur de très courtes  distances, elles peuvent se déplacer, par exemple pour s&rsquo;abriter ou pour trouver  une meilleure orientation dans le courant. Elles marchent alors de manière très  lente en se servant de leurs cirres qu&rsquo;elles décrochent du support et déplacent  de manière ordonnée. </p>
<p class="align-j">Lors de déplacements sur des distances plus importantes,  de quelques mètres, par exemple pour trouver un meilleur site de nourrissage,  elles se déplacent parfois au niveau du sol, en prenant appui sur leurs bras (Vidéo).</p>
<figure class="figfloat" >
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v3.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v3.webm"></video><figcaption class="figlegende">Nage gracieuse et atterrissage en douceur.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : <a target="_blank" href="https://www.youtube.com/channel/UCis_2UB2Li0mrHE-F6Mt0gQ" rel="noopener">Tiana Reimann</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Lors des déplacements  rapides,  pour échapper à un prédateur ou un plongeur <em>Homo sapiens</em> irrespectueux, les  comatules peuvent également nager en eau libre (Vidéo), même à contre-courant&nbsp;: Certaines  espèces de colobometridés, antedonidés, atelecrinidés et thalassometridés  nagent spontanément pour se déplacer, bien que cette méthode soit rarement  utilisée. De manière particulièrement gracieuse, elles évoluent la face orale en  avant, les bras articulés s&rsquo;élèvent et s&rsquo;abaissent alternativement de façon  synchronisée, bras pairs et impairs en opposition. Comme on l&rsquo;a vu  précédemment, les muscles et tendons dont la rigidité est mutable,  permettent de maintenir le squelette rigide dans le courant, ou l&rsquo;assouplir  pour permettre le mouvement.</p>
<p class="align-j">Pour se poser sur un  nouveau support, la comatule relève alors tous ses bras simultanément ce qui la  fait descendre en quelques brasses, et atterrir sur la pointe des cirres. Ces  mouvements ont l&rsquo;air parfaitement délibérés dans son environnement, ce qui  laisse penser que la comatule dispose de capteurs visuels, les saccules que  l&rsquo;on a évoqué plus haut, pour détecter l&rsquo;approche du prédateur et pour se  diriger vers une cible.</p>
<h4>2.2.9. Autotomie et régénération</h4>
<h5>2.2.9.1. Autotomie</h5>
<p class="align-j">L&rsquo;autotomie est une auto  amputation volontaire d&rsquo;une partie du corps. C&rsquo;est un phénomène courant et même  naturel. Par exemple, la comatule <em>O.&nbsp;japonicus</em> augmente le nombre de ses bras au cours de sa croissance par l&rsquo;autotomie d&rsquo;un  bras qui est suivie de la régénération de deux nouveaux bras. </p>
<div class="commentaire">
        <strong>Modes de régénération</strong></p>
<p>        <strong>Régénération morphallactique</strong> : chez des organismes simples, des tissus restants sont  remaniés et permettent le processus de régénération.</p>
<p><strong>Régénération épimorphique</strong> : chez des organismes plus complexes, une      prolifération cellulaire  forme un bourgeon (blastème de régénération), début de la régénération. Cela implique un renouvellement coordonné de      nombreux types cellulaires à partir d’un petit groupe de cellules. Interviennent des cellules souches, appelées ainsi pour leur propriété fondamentale d’auto-renouvèlement. Ces dernières      sont dites aussi «&nbsp;différenciées&nbsp;», car elles ne sont pas      spécialisées&nbsp;&nbsp;: elles peuvent produire de la peau, du muscle, etc. Ces      cellules souches migrent au niveau de l&rsquo;amputation et prolifèrent pour      former un amas de cellules à partir duquel se reformera la partie manquante.      Elles peuvent être totipotentes&nbsp; &nbsp;(aptes à engendrer n’importe      quel type de tissu), ou pluripotentes (quelques-uns).</div>
<p class="align-j">L&rsquo;autotomie a lieu quand  l&rsquo;organe est soumis à une excitation très forte&nbsp;; la coupure a lieu au  niveau d&rsquo;une zone de moindre résistance. Concernant le bras, elle est produite  par balancement de ce dernier au niveau d&rsquo;articulations spécifiques, les  syzygies, où les ligaments sont très courts. Le sectionnement peut être  provoqué de manière subite, lors d&rsquo;une prédation par exemple. Les tissus collagènes mutables (MCT) entre les brachiales (ligaments, muscles…)  permettent à l&rsquo;organisme de changer rapidement leurs propriétés mécaniques  sous une stimulation nerveuse. La diminution drastique de leur  résistance à la traction permet à l&rsquo;animal à de sectionner son bras avec un  minimum d&rsquo;effort. Il s&rsquo;ensuit la régénération de la partie perdue qui est alors  plus rapide que lorsque la rupture a lieu sur un autre type d&rsquo;articulation.</p>
<h5>2.2.9.2. Régénération</h5>
<p class="align-j">La régénération est un  phénomène biologique habituel chez de nombreux animaux, d&rsquo;autant plus que leur  organisation est simple. Les échinodermes sont connus pour leur pouvoir de  régénération, mais les crinoïdes ainsi que les ophiures, possèdent un potentiel  particulièrement élevé puisqu&rsquo;ils sont capables de régénérer la plupart de  leurs organes et, pour certaines espèces, jusqu&rsquo;à la reconstitution totale de  la couronne, nerfs et viscères inclus. </p>
<p class="align-j">Cette régénération complète des  structures perdues peut se produire rapidement après une blessure, une  prédation ou l&rsquo;autotomie. Elle  implique différents types de cellules et, chez les crinoïdes, les processus  sont nombreux (morphallactique&nbsp;et épimorphique, avec ou sans  blastème)&nbsp; et les plus variés parmi les échinodermes. Les processus de  régénération du système nerveux, des pédoncules des lys de mer et plus  fréquent, celui des bras… intéressent les chercheurs depuis longtemps. Ces  derniers ont mis récemment en évidence l&rsquo;augmentation de neurotransmetteurs dopamine et sérotonin lors du  processus de régénération des bras. Détaillons le cas de ce dernier.</p>
<p class="align-j"> On distingue trois phases  principales de régénération&nbsp;: la réparation, le début de régénération et  la régénération avancée mettant en œuvre différentes cellules. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/33.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/33.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Régénération d’un bras sur <em>A.&nbsp;mediterranea.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=AH9JghsCN0gC&amp;pg=PA79&amp;lpg=PA79&amp;dq=automutilation+crinoide&amp;source=bl&amp;ots=kmq7-Y8STY&amp;sig=G5ECSnVBeFbhBrfjMNAxF5s0Cgs&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjq1K-z9uTNAhUDbRQKHb2wDB4Q6AEIJzAB#v=onepage&amp;q=automutilation%20crinoide&amp;f=false" rel="noopener">Junying Chen,Chuguang Guô</a></figcaption></figure>
<ul>
<li><strong>Phase de réparation</strong>&nbsp;: durant les 24 premières heures après l&rsquo;amputation,  le tissu superficiel (épithelium) se forme rapidement sur le moignon. Différentes  cellules (phagocytes, amibocytes et granulaires) mobiles migrent depuis le  cortex du nerf brachial, via ce dernier, vers le tissu cicatriciel. En même  temps, un matériau fibreux, le blastème, formé de substances amorphes dérivées  des amibocytes, s&rsquo;épandent entre les éléments ou à la surface des tissus. Les  cellules cœlomocytes quant à elles, se propagent via les canaux cœlomiques vers  les tissus blessés des cœlomes,  espaces vitaux multifonctionnels.</li>
<li><strong>Phase de régénération précoce</strong>&nbsp;: entre 24 et 72 h après l&rsquo;amputation ces  cellules régénératrices prolifèrent. Multipotentes, elles peuvent se  transformer en d&rsquo;autres cellules régénérées. Apparaissent alors des cellules  nerveuses, et on observe un petit bourgeon signe du début de croissance. </li>
<li><strong>Phase de régénération avancée</strong>&nbsp;: de 72 h à 4 semaines après l&rsquo;amputation,  le bras prend sa forme, les tissus se développent, nerfs et muscles se  régénèrent jusque dans les ramifications. Après 3 semaines, un petit bras s&rsquo;est  formé, fonctionnel.</li>
</ul>
<p class="align-j">Bien entendu, la  recherche se penche de plus en plus sur l&rsquo;analyse et l&rsquo;identification de ces  cellules souches, propres à régénérer de nombreux tissus qui pourraient bien  intéresser l&rsquo;Homme. Ces études sont entreprises notamment sur des spécimens d&rsquo;<em>Oxycomanthus&nbsp;japonicus</em>, maintenant reproduits et élevés à grande échelle.</p>
<h4>2.2.10. Reproduction</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes  peuvent se multiplier par voie asexuée et sexuée. </p>
<h5>Reproduction asexuée&nbsp;: autotomie  et régénération</h5>
<p class="align-j">Le processus de  reproduction asexué met en jeu l&rsquo;autotomie et la régénération développées  ci-dessus. Dans ce cas, la section d&rsquo;une partie du corps est engagée en  relation avec des signes extérieurs tels qu&rsquo;une dégradation des conditions du  milieu ambiant. La multiplication des tissus et la régénération d&rsquo;un clone en  un autre lieu, répond au besoin de survie de l&rsquo;individu.</p>
<h4>Reproduction sexuée</h4>
<p class="align-j">La reproduction sexuée répond au besoin  de survie de l&rsquo;espèce. Comme tous les échinodermes, les crinoïdes sont  essentiellement gonochoriques (dioïques), bien qu&rsquo;on ait noté quelques cas  d&rsquo;hermaphrodisme synchrone. Leurs sexes sont donc séparés&nbsp;; ils sont soit  mâles, soit femelles, mais il n&rsquo;y a pas de dimorphisme sexuel, il est en effet  impossible de distinguer leur sexe extérieurement.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont ovipares. Il  s&rsquo;agit donc pour les femelles, de pondre des œufs fécondés ou non, dont la  croissance embryonnaire se termine hors de leur organisme. Cette  stratégie de  reproduction sexuée implique l&rsquo;utilisation d&rsquo;organes de reproduction&nbsp;: les  gonades (testicules et ovaires), où a lieu la production (gamétogénèse) de  cellules sexuées&nbsp;: les gamètes (spermatozoïdes ou ovules). Les gamètes  mâle et femelle se rencontrent pour fertiliser (fécondation) et former un œuf (zygote)  duquel, après plusieurs divisions cellulaires, éclora une larve qui se  métamorphosera en crinoïde juvénile (Fig.&nbsp;9). </p>
<figure   class="figcolonne" style="width:70%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/34.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  width="800" / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/34.jpg"></a><figcaption class="figlegende">figure 9  : Cycle de reproduction sexuée des crinoïdes. La fécondation a lieu au niveau des pinnules ; la division embryonnaire donne lieu à un stade larvaire de type auricularia, la larve doliolaria se développe ensuite dans le plancton pélagique ; suivent enfin deux phases larvaires benthiques, la phase cystidéenne sans bras puis la phase pentacrinoïde ou le crinoïde acquiert son allure définitive et, selon ses gènes, conserve son pédoncule ou acquiert ses cirres de fixation.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration&nbsp;: Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h5>Organes de reproduction</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/35.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/35.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Région intermédiaire proximale du bras (A) d’un crinoïde avec ses pinnules latérales (P) contenant les gonades. Plusieurs œufs (flèches) restent accrochés en surface.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=AH9JghsCN0gC&amp;pg=PA79&amp;lpg=PA79&amp;dq=automutilation+crinoide&amp;source=bl&amp;ots=kmq7-Y8STY&amp;sig=G5ECSnVBeFbhBrfjMNAxF5s0Cgs&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjq1K-z9uTNAhUDbRQKHb2wDB4Q6AEIJzAB#v=onepage&amp;q=automutilation%20crinoide&amp;f=false" rel="noopener">Junying Chen,Chuguang Guô</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;un système de cordons  (cordons génitaux) composé de cellules à gros noyau nucléolé (qui contient les  données génétiques). Les cordons partent d&rsquo;un anneau central autour de l&rsquo;œsophage <br />
        Depuis l&rsquo;anneau central,  les cordons parcourent l&rsquo;une des cavités cœlomiques, la lacune génitale, qui se  ramifie vers les bras en suivant les rainures ambulacraires ou chaque cordon  émet une branche latérale jusqu&rsquo;aux pinnules génitales.</p>
<p class="align-j">On compte plusieurs  paires de pinnules génitales, celles-ci se situent après les pinnules orales.  Elles n&rsquo;ont pas architecture particulière sauf qu&rsquo;elles portent les gonades.</p>
<p class="align-j">A la base de chacune de  ces pinnules, le cordon génital latéral se termine pour former une gonade. Les  gonades (ovaires el testicules) sont des glandes de forme ovoïde allongée, qui  gonflent considérablement les pinnules au moment de la maturité sexuelle. Elles  remplissent alors toute la cavité cœlomique aborale du bras à ce niveau.  (Photo)</p>
<h5>Gamétogénèse</h5>
<p class="align-j">Les cellules sexuelles se  différencient à partir de l&rsquo;anneau central. Elles se multiplient et se  déplacent le long des cordons génitaux. Il est très probable qu&rsquo;elles  n&rsquo;arrivent à maturité qu&rsquo;en fin de parcours, au niveau des pinnules génitales  pour devenir les cellules mères (ovules ou spermatozoïdes).</p>
<h5>Fécondation</h5>
<p class="align-j">La maturité  sexuelle est atteinte après environ 2 ans. Cette durée reste approximative  comme toutes les durées qui suivent dans ce chapitre, du fait du peu  d&rsquo;informations et du nombre important de facteurs. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;accouplement  chez les crinoïdes. En période de reproduction les individus mobiles se  rassemblent en période de reproduction. Le regroupement augmente les chances de  fécondation. La dispersion des gamètes est précédée par un important  développement des gonades. Mâles et femelles évacuent simultanément leurs  produits génitaux. Le sperme est toutefois expulsé dans un premier temps dans  l&rsquo;eau ce qui stimule, grâce à un  signal phéromonal, la décharge des ovules. <br />
        Selon les espèces, les  ovules sont expulsés dans l&rsquo;eau ou, plus fréquemment semble-t-il, comme chez <em>Antedon</em>, ils restent attachés par une  sécrétion visqueuse sur la pinnule&nbsp;; ainsi les œufs de  certaines espèces quitteraient les pinnules une fois fécondés. La fécondation externe, par les  spermatozoïdes, se produit rapidement dès l&rsquo;expulsion. Cette fusion ovocyte &#8211; spermatozoïde donne  l&rsquo;œuf fécondé (zygote). </p>
<p class="align-j">L&rsquo;œuf dispose  d&rsquo;une membrane vitelline transparente et renferme une certaine quantité de  vitellus, réserve énergétique utile pour le développement ultérieur de la larve  qui ne se nourrira pas. Au premier stade embryonnaire, il contient une cellule  unique qui se divise durant les premières 48&nbsp;heures. </p>
<h5>Ponte</h5>
<p class="align-j">Les œufs  développés provoquent la rupture de la mince paroi pinnulaire en un ou  plusieurs points de moindre résistance et sortent par ces orifices artificiels.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/36.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/36.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 10&nbsp;:      Portion de bras d&rsquo;Antedon bifida, montrant des pinnules génitales au moment      de la ponte des œufs.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration&nbsp;: <a target="_blank" href="https://ia800203.us.archive.org/28/items/zoologiedescrip00aposgoog/zoologiedescrip00aposgoog.pdf" rel="noopener">L. Cuénot</a></figcaption></figure>
<p>      La ponte a lieu à  une période déterminée différente, même pour des espèces identiques, selon les  mers et les fluctuations de température qui influent également sur la vitesse  de maturation sexuelle. Chez <em>Antedon  bifida,</em> par exemple, elle se produit vers juin-juillet sur la côte ouest  européenne, et avril-mai en Méditerranée. Ainsi, dans les mers tropicales  tempérées, les pontes s&rsquo;échelonnent de mars à octobre. Des espèces différentes  d&rsquo;un même lieu pouvant pondre à des périodes différentes. Selon les espèces,  elle peut se produire en une seule  fois, ou en plusieurs à quelques jours d&rsquo;intervalle et s&rsquo;étendre sur 1 à 2 mois.
      </p>
<p class="align-j">Après la ponte, Le  volume des gonades régresse&nbsp;; les œufs non évacués sont résorbés à  l&rsquo;intérieur des gonades et leurs constituants récupérés.</p>
<p class="align-j">Dans les œufs fécondés (encore  attachés aux pinnules chez <em>Antedon</em>&nbsp;), le développement embryonnaire aboutit après quelques  heures, à une larve de type auricularia (de même forme que la larve  d&rsquo;holothurie). Cette dernière a alors atteint sa morphologie bilatérale et un  sac entérique, futur intestin est formé. </p>
<h5>Développement larvaire</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/37.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/37.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 11 : Larve libre de crinoïde.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : D. Tournassat, d’après D.R. Khanna</figcaption></figure>
<p class="align-j">Environ 2 à 5 jours après fécondation, la larve a évolué à un stade doliolaria parfois appelé vitellaria. Elle est devenue cylindrique et s’est allongée en forme de tonnelet (fig. xx) ; une touffe de cils s’est formée à l&rsquo;un des pôles (touffe apicale) ; ainsi qu’une dépression (fosse adhésive) qui servira à la fixation ; des pièces calcaires commencent à apparaitre dans les tissus et surtout, elle est pourvue de quatre ou cinq bandes ciliées qui permettent de nager dans le plancton.</p>
<p class="align-j">Elle est devenue pélagique et rompt alors la membrane de l&rsquo;œuf avec une  sécrétion enzymatique. Elle ne se nourrit pas et nage activement dans le plancton, ce qui  permet une bonne dispersion de l&rsquo;espèce. Les cils battent vigoureusement, la  touffe apicale dans la direction du déplacement tout en réalisant un mouvement  de rotation autour de son axe. <br />
        Durant la phase <em>doliolaria</em>, de nombreux changements  internes se poursuivent et les ossicules précurseurs de l&rsquo;endosquelette  prennent forme (fig.&nbsp;34). La nage  ralentit au fur et à mesure du développement. Après 2 à 10 jours, la larve coule finalement comme  une feuille et, avant d&rsquo;atteindre le fond, réalise une rotation pour se  positionner, le lobe préoral adhésif (fossette de fixation) dirigé vers le  fond.</p>
<p class="align-j">Elle forme un  disque de fixation adhérant au substrat au moyen d&rsquo;un ciment secrété au niveau  de la fosse adhésive. Le corps est relativement couché sur le substrat. La  fixation marque le début d&rsquo;une nouvelle phase sédentaire dite <em>cystidéenne</em>, (exempte de bras). La surface orale  présente une bouche centrale entourée de cils, puis de 5 tentacules et de 5  saccules identiques à ceux de l&rsquo;adulte ; l&rsquo;anneau ambulacraire ne porte qu&rsquo;un  seul tube aquifère qui s&rsquo;ouvre au dehors dans l&rsquo;inter-rayon anal. Les bandes  ciliées disparaissent rapidement ; les cavités cœlomiques et entériques ont  fortement évolué et se sont réorganisées&nbsp;; il se produit une rotation des  organes internes à 90°. La partie  supérieure renflée deviendra le disque, la partie inférieure la tige. Les plaques orales s&rsquo;atrophient et  disparaissent à mesure que les brachiales prennent plus d&rsquo;importance, et la  rosette du calice finit par se constituer. L&rsquo;enveloppe en forme de tonnelet est  résorbée et disparaît&nbsp;; l&rsquo;animal se présente alors sous l&rsquo;apparence d&rsquo;un  crinoïde pédonculé mais dépourvu de bras. </p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Larve pentacrinoïde de la comatule <em>Tropiometra carinata</em> ;  des cirres sont formées alors que le pédoncule n’est pas encore détaché.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cifonauta.cebimar.usp.br/photo/4641/" rel="noopener">Alvaro E. Migotto</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Trois à six  semaines après fixation, débute la phase dite <em>pentacrinoïde, </em>une nouvelle forme larvaire à symétrie  pentamère.  La larve mesure  environ 3&nbsp;mm&nbsp;; le pédoncule a grandi et le corps s&rsquo;est redressé  verticalement encore balancé par le courant&nbsp;; les bras se développent sur cinq  plaques radiales, prolongements creux du disque,  qui bifurquent pour donner les bourgeons brachiaux&nbsp;;  ceux-ci se développent et se divisent encore  pour donner les pinnules.</p>
<p class="align-j">Peu  après ce stade, s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une  comatule, la  larve développe des cirres sur la centrodorsale puis, environ  2 mois après la fécondation, les juvéniles abandonnent leur pédoncule et  commencent leur nouvelle vie de crinoïde libre. Les bras mesurent environ 1&nbsp;cm&nbsp;; le développement est à peu près de 1&nbsp;cm par mois et ralentit après  15&nbsp;cm de longueur. À ce stade, les juvéniles  de crinoïdes n&rsquo;ont que 5 bras, les autres se développeront par autotomie et  régénération de deux bras à sa place, comme on l&rsquo;a vu précédemment, pour  atteindre en un an et demi le nombre de bras définitif.</p>
<h4>2.2.11. Élevage</h4>
<p class="align-j">Les études des  pontes et du développement des larves de comatules notamment <em>d&rsquo;Anneissia  japonica (ex. Oxycomanthus japonicus)</em> permettent aujourd&rsquo;hui d&rsquo;en élever  en milieu naturel en quantité importante, suffisante pour alimenter les centres  de recherche en embryons, larves, juvéniles jusqu&rsquo;à des adultes matures. L&rsquo;élevage  nécessite de placer les paniers dans le courant et de nettoyer fréquemment les  algues et parasites. Le milieu naturel permet seul, actuellement, de répondre  aux besoins des juvéniles en planctons divers.</p>
<h2>3. Écologie </h2>
<h3>3.1. Répartition géographique</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes occupent toutes  les eaux&nbsp;: tropicales, tempérées ou polaires, même s&rsquo;ils abondent plus  dans les récifs coralliens de l&rsquo;Indopacifique tropical et dans une moindre  mesure dans les Caraïbes. </p>
<p class="align-j">Les lys de mer, sauf  quelques espèces observées à des profondeurs de 60 à 150&nbsp;m, vivent en eaux  profondes. Ils occupent trois grands domaines de biodiversité&nbsp;: le  Pacifique sud tropical où trois membres de l&rsquo;ordre Isocrinida  prédominent&nbsp;: les pentacrinidés de 200 à 600 m et les bathycrinidés et Hyocrinidés  de1500 à 3000&nbsp;m&nbsp;; l&rsquo;Atlantique ouest tropical, à des profondeurs moindres  et le nord-est de l&rsquo;Atlantique, essentiellement en eaux plus profondes.<br />
        Les comatules, non  pédonculés, habitent toutes les mers ouvertes à l&rsquo;exception de la mer Noire et  de la mer Baltique. Les espèces actuelles occupent principalement les mers  tropicales&nbsp;; elles abondent aux Philippines et en Indonésie. Il existe quelques  espèces d&rsquo;eaux tempérées voire froides&nbsp;: deux espèces en Méditerranée, <em>Antedon  mediterranea</em> et <em>Leptometra phalangium</em>, et une espèce <em>Antedon  bifida,</em> dans l&rsquo;Atlantique nord, depuis le Portugal jusqu&rsquo;en Norvège.</p>
<h3>3.2. Habitat</h3>
<p class="align-j">Comme tous les échinodermes, les crinoïdes  sont strictement marins. On ne connaît pas à ce jour d&rsquo;espèce, même fossile,  fluviale ou lacustre. Leur répartition en profondeur est très étendue, depuis  les zones supérieures subtidales, c&rsquo;est-à-dire en deçà du niveau des plus  basses mers, donc toujours immergés, jusqu&rsquo;à des profondeurs extrêmes.<br />
        Les crinoïdes vivants  pédonculés, sauf de rares espèces observées autour de 100&nbsp;m, vivent majoritairement  en eaux profondes, dans la zone bathyale, entre 200 et 1000&nbsp;m  (famille Pentacrinidae). Certaines espèces (famille Hyocrinidae) vivent plus  profond entre 1500 et 3000&nbsp;m&nbsp;; dans les fosses océaniques du  Pacifique nord, des espèces de la famille Bathycrinidae ont été observées bien  au-delà, dans la zone hadale, jusqu&rsquo;à 9000&nbsp;m de  profondeur. Leur diversité et densité est variable, elle dépend de leur  résistance à l&rsquo;hydrodynamique régnant au fond et bien entendu, à l&rsquo;abondance  des particules de nourriture pouvant atteindre le fond. Dans de bonnes  conditions, ils forment des «&nbsp;prairies&nbsp;» importantes.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38b.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/38b.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Communauté de comatules diverses occupant le même espace &#8211; Alor, Indonésie.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">René Cazalens</a> &#8211; <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules, mobiles,  occupent des zones moins profondes, de 10 à 80&nbsp;mètres en Méditerranée, et jusqu&rsquo;à  100 mètres dans les eaux tropicales, bien que l&rsquo;on observe certaines espèces  au-delà de 300 mètres.</p>
<p class="align-j">Les comatules vivent  essentiellement sur des substrats durs, dans les récifs coralliens accidentés,  dans les anfractuosités où se cacher, et sur les reliefs (roches, coraux,  éponges ou algues) sur lesquels s&rsquo;accrocher avec leurs cirres, exposées dans le  courant nourricier. Dans la mesure où la nourriture est abondante, on observe cependant de  vastes populations sur tous types de terrains, y compris des sols meubles,  vaseux, sableux ou des prairies d&rsquo;algues. Il semble que la diversité de la  population dépend plutôt de la complexité du terrain,&nbsp;indépendamment du  débit d&rsquo;eau : un relief accidenté abrite une communauté à haute diversité,  tandis qu&rsquo;un substrat homogène rassemble peu d&rsquo;espèces, parfois en grande  quantité.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h3>3.3. Postures de nourrissage</h3>
<p class="align-j">On a longtemps cru que  les Crinoïdes étendaient leurs bras en bol renversé et, dans un balancement  rythmé, se nourrissaient de la lente pluie de détritus qui tombait dessus.  Cependant toutes les espèces, depuis celles rhéophiles qui recherchent les  courants forts, jusqu&rsquo;aux rhéophobes et même abyssales qui préfèrent les  environnements calmes, semblent dépendre, pour la nourriture, plutôt des flux  horizontaux que des pluies de particules détritiques.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes, pédonculés  ou pas, capturent pourtant des particules plus petites que les espaces entre  les podia. Les chercheurs expliquent une certaine biomécanique d&rsquo;alimentation  et le comportement des crinoïdes, notamment la modification de la structure et  le fonctionnement des filtres en fibres adhésives, par la «&nbsp;théorie des  aérosols&nbsp;». Cette théorie explique comment les différents réseaux de  filtres peuvent fonctionner de manière optimale sous plusieurs régimes  d&rsquo;écoulement. </p>
<p class="align-j">C&rsquo;est ainsi que, loin d&rsquo;attendre passivement le  passage des particules en suspension, les crinoïdes sont en mesure d&rsquo;adopter les meilleures postures, selon leur environnement du moment et d&rsquo;adapter la longueur, l&rsquo;espacement et la  position des podias primaires, des pinnules et bras pour créer des courants de  convection et ajuster leur vitesse en fonction du type et de la vitesse  d&rsquo;écoulement pour capter le plancton le  plus efficacement possible et avec la moindre énergie. Non, le crinoïde, même  s&rsquo;il ne génère pas son propre courant, n&rsquo;est pas franchement un filtreur  passif&nbsp;!</p>
<p class="align-j">A l&rsquo;instar des polypes  des gorgones, ils orientent leur rainure ambulacraire vers l&rsquo;aval du courant, à  l&rsquo;abri d&rsquo;un impact direct, ce qui permet de la maintenir ouverte, créant ainsi  des micro-turbulences favorables à la capture. Les bras et pinnules des  crinoïdes représentent une grande partie de la structure de l&rsquo;animal.  D&rsquo;ailleurs, la morphologie squelettique de l&rsquo;animal est déjà un indicateur de  la vitesse du courant acceptée et donc de son biotope. Les formes graciles  supportent mieux les courants faibles, les plus robustes acceptant des vitesses  de l&rsquo;ordre de 50 à 100&nbsp;cm/s. Outil essentiel pour la capture de  nourriture, les différentes postures et les stratégies d&rsquo;alimentation adoptées  par ces animaux ont fait l&rsquo;objet de nombreuses études écologiques. Il existe  cependant des spécificités dans les espèces au point que les attitudes aident aussi  à leur identification, notamment dans l&rsquo;Indo-Ouest Pacifique où un même récif  peut réunir des dizaines d&rsquo;espèces.</p>
<h4>3.3.1. Postures des lys de mer</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/39.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/39.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Groupement de Neocrinus decorus (Isocrinidae) dans leur position arquée, caractéristique des Crinoïdes pédonculés des grandes profondeurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La plupart des crinoïdes  pédonculés qui occupent des eaux cal mes, profondes, adoptent une posture  caractéristique&nbsp;: la tige est arquée au-dessus de la surface orale telle  un méridien (posture méridienne). Le panache orienté vers l&rsquo;aval,  les bras recourbé paraboliquement dans le courant et organisent leurs pinnules  suivant deux ou plusieurs plans le long de chaque bras.<br />
        Les lys de mer  asterometridés <em>Pterometra venusta</em> et <em>Pontiometra andersoni</em> ont une posture  méridienne inversée, leurs bras courbés vers la face aborale, une posture à peu  près semblable à celle d&rsquo;isocrinidés digités dans des conditions similaires.  Cependant, dans un environnement calme, <em>P.</em>&nbsp;<em>andersoni</em> boucle ses bras vers la face  orale en plusieurs boules denses. Certains petits crinoïdes pédonculés, d&rsquo;eaux  profondes répartissent leur bras en rayon, dans un seul plan.</p>
<h4>3.3.2. Postures des comatules</h4>
<p class="align-j">Malgré la variété  des postures  selon les courants, plusieurs formes sont reconnaissables inventoriées  par Charles Messing suivant différents modèles de panaches. Dans les quatre  premiers, les pinnules s&rsquo;orientent dans un seul plan perpendiculaire à  l&rsquo;écoulement le long de chaque bras, comme les barbes d&rsquo;une plume. </p>
<h5> Postures arquées</h5>
<figure    class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/40.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/40.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 12 : Postures arquées</figcaption></figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/41.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/41.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture arquée d&rsquo;une   Mariametridae.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans la posture arquée, les bras sont  alignés sur deux plans perpendiculaires à l&rsquo;écoulement (Fig.&nbsp;12a). </p>
<p class="align-j">Dans les courants  unidirectionnels, les bras en aval pivotent de sorte que la rainure  ambulacraire soit dirigée vers l&rsquo;aval. Cette posture est typique des  mariametridés sciaphiles (<em>Lamprometra, Liparometra, Stephanometra)</em> munis  de nombreux bras (20 à 50),  qui s&rsquo;accrochent à des promontoires exposés&nbsp;:  rochers ou colonies coralliennes. Parfois, les bras s&rsquo;incurvent régulièrement  paraboliquement pour former un éventail qui s&rsquo;évase en entonnoir (Fig.12b) ou en bol (Fig.&nbsp;12c). <br />
        Chez la comatule <em>Oxycomanthus bennetti,</em> fournie de plus de bras, jusqu&rsquo;à  60 bras, l&rsquo;éventail est plus épais, touffu et les bras s&rsquo;intercalent en des  plans successifs inférieurs. </p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>Posture rayonnée</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/43.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/43.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture rayonnée d&rsquo;<em>Amphimetra tesellatta</em> ; les bras se répartissent  tels les rayon d’une roue.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/42.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/42.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 13 : Posture rayonnée</figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans cette posture, les bras rayonnent  sur un seul plan, la surface orale se situe vers l&rsquo;aval, présentant habituellement  une légère concavité vers l&rsquo;amont du courant. Cette disposition présente au  courant un réseau de pinnules espacées. Elle est typique chez les  colobometridés, asterometridés et himerometridés (<em>Amphimetra</em>) qui s&rsquo;accrochent aux cnidaires arborescents, aux  gorgones ou aux éponges, au-dessus du fond. Les Mariametridés (<em>Stephanometra</em> <em>echinus)</em> forment parfois de telles postures, ou des bols peu profonds,  non obligatoirement orientés perpendiculairement à l&rsquo;écoulement. Certaines  espèces accrochées, en particulier les comasteridés (<em>Capillaster  multiradiatus</em> et colobometrid <em>Cenometra bella),</em> interrompent souvent  cet agencement en rayons avec plusieurs bras répartis irrégulièrement ou frisés. </p>
<h5>Postures paraboliques</h5>
<figure   class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/44.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/44.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 14 : Postures paraboliques.</figcaption></figure>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/45.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/45.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache parabolique de <em>Zygometra microdiscus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans cette posture, les bras sont  perpendiculaires au courant; les rainures ambulacraires toujours orientées  vers l&rsquo;aval du courant (sauf, bien sûr, lorsque le flux est bidirectionnel). Les  bras s&rsquo;incurvent en forme de parabole, la face convexe aborale vers l&rsquo;amont,  formant aux extrémités une légère concavité (Fig.&nbsp;14a). Cette disposition  permet de présenter dans le courant un réseau plus séré de pinnules que dans le  modèle d&rsquo;éventail rayonné. <br />
        Dans les courants forts, les bras sont ouverts (Fig.&nbsp;14a) mais se referment  (Fig.&nbsp;14b) d&rsquo;autant plus que la force du courant augmente. Certaines  comatules adoptent cette posture, soit en se cramponnant sur des perchoirs peu  élevés comme le font les thalassometridés (<em>Stylometra</em> <em>spinifera)</em>,  ou par l&rsquo;intermédiaire de cirres extrêmement longs comme les colobometridés (<em>Pontiometra  andersoni)</em> et zygometridés (<em>Zygometra  microdiscus)</em>.<br />
        Quand les courants sont moyens, réguliers, laminaires et horizontaux, la  posture parabolique évolue comme celle caractéristique des lys de mer&nbsp;: la  parabole s&rsquo;inverse, la face orale convexe et donc, les rainures ambulacraires, est  orientée vers l&rsquo;aval (Fig.&nbsp;14c). En présence de courants faibles ou  inexistants, quand les pluies de particules deviennent la principale source de  nourriture en suspension, les bras peuvent se déployer horizontalement  (Fig.&nbsp;14d). </p>
<h5>Posture en bras d&rsquo;éventail</h5>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/47.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/47.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 45 : Posture en bras d’éventail chez <em>Tropiometra afra</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/46.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/46.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 15 : Posture en éventail.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Certains comasteridés <em>(Comactinia  echinoptera, Alloeocomatella pectinifera)</em> et tropiometridés <em>(Tropiometra),</em> s&rsquo;insinuent dans des  fentes ou sous des         rebords et étendent leurs bras  individuellement ou en petits groupes épars, la surface de  filtration étant discontinue.</p>
<div style="clear:both"></div>
<h5>Postures multicouches</h5>
<figure   class="figcolonne" style="width:80%"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/48.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/48.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Fig. 16 : Postures multicouches.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Cet arrangement est  caractéristique des comasteridés comportant de nombreux bras, environ 80. Le  panache forme une masse épaisse, broussailleuse plus ou moins complètement  touffue, certains bras contribuant à l&rsquo;ancrage. </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/49.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/49.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multicouches chez <em>Comaster audax</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">En présence de courants faibles, on&nbsp;peut observer une  posture  où les bras prennent une <strong>organisation  méridienne</strong> en plusieurs plans parallèles, les bras arqués vers la face orale. (Fig.&nbsp;16a),  ou en masse enchevêtrée, les extrémités recourbées vers l&rsquo;intérieur et se  chevauchant (Fig.&nbsp;16b). Cette  posture est fréquente chez <em>Comanthus alternans </em>ou comme sur la photo à droite, chez <em>Comaster audax</em> dont certains bras sont levés  en éventail, sur plusieurs couches et d&rsquo;autres enroulés en boule. </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/50.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/50.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multicouches&nbsp;;          les bras en amont du courant sont repliés, ceux en aval sont tendus.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://www.messersmith.name/wordpress/tag/comantheria-briareus/" rel="noopener">Madog</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans des courants forts,   unidirectionnels,  les bras en amont du courant peuvent former un éventail  multicouche régulier (photo à gauche), tandis que les         bras en aval effectuent une  torsion orientant la rainure ambulacraire vers l&rsquo;aval (Fig.&nbsp;16c). On  parle alors d&rsquo;<strong>arrangement multidirectionnel</strong>. Certaines espèces orientent  leurs bras et pinnules au hasard, selon plusieurs directions et espacent plus  leurs podias que lorsqu&rsquo;ils sont plus exposés. Cette posture multidirectionnelle,désordonnée, est caractéristique des comasteridés récifaux semi-cryptiques  tels que <em>Comanthus parvicirrus, C. gisleni,</em> <em>Phanogenia gracilis</em>, <em>Davidaster</em> spp. et les antedonidés cryptiques tels que <em>Ctenantedon</em> et parfois les <em>Antedon</em>.</p>
<p class="align-j">En présence de courants très importants, l&rsquo;ancrage par les bras permet de résister aux efforts exercés sur  la surface de la comatule (Fig.&nbsp;16d).</p>
<h5>Variantes de postures</h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/51.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/51.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Panache multidirectionnel, <em>Phanogenia gracilis.</em></figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les postures ne sont pas  une règle pour une situation ou une espèce. Par exemple, les  comasteridés de 40 à 60 bras comme <em>Comanthus mirabilis </em>et<em> Comatella stelligera</em> peuvent avoir un arrangement  multidirectionnel (photo de gauche) en situation semi-cryptique puis adopter une posture en  bols multicouches ou en buissons irréguliers lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;exposent à la  lumière.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/52.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/52.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Comatula rotalaria en appui sur ses bras externes.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;:<a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=UVuDd5qF&amp;hierarchyId=PVWrQCLG" rel="noopener">Lyle Vail et Anne Hoggett</a></figcaption></figure>
<p class="align-j"> A l&rsquo;instar des lys de mer, on observe  parfois une variation de la posture multicouche sur les substrats meubles,  adoptée par les comatules possédant moins de bras mais disposant de peu ou pas  de cirres comme <em>Comatula rotalaria</em>.  Le crinoïde se maintient alors au-dessus du fond <strong>en appui</strong> sur quelques bras  extérieurs recourbés (Fig.&nbsp;16a). Ses bras intérieurs nettement plus longs s&rsquo;organisent en  une touffe centrale dressée (photo à droite).</p>
<p class="align-j"> En présence de courants  importants, certaines comatules prennent des formes plus ou moins arquées ou <strong>en  entonnoirs</strong> (<em>Clarkcomanthus littoralis,</em> <em>Comanthus wahlbergii).</em> Certains himerometridés <em>(Himerometra</em> spp.) forment également  des bols multicouches, des éventails et des boules. À quelques exceptions où  l&rsquo;alignement des pinnules est monoplan (<em>Oxycomanthus  bennetti</em>, <em>Nemaster</em> <em>grandis</em> et <em>Himerometra</em> spp.), les pinnules successifs le long des bras en  panaches multicouches, sont décalées d&rsquo;environ 30° dans les conditions de haute  énergie des crêtes récifales et jusqu&rsquo;à 90° dans les eaux plus calmes plus  profondes ou protégées.</p>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/54.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/54.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Posture conique chez <em>Florometra serratissima</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://cnso.nova.edu/messing/crinoids/8%20Feeding%20mechanism.html" rel="noopener">Charles G. Messing</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans des conditions  d&rsquo;eaux calmes, les bras des comatules s&rsquo;orientent de façons variées. <em>Antedon</em> et <em>Florometra</em> adoptent une <strong>posture conique</strong>. Cependant, on a observé  que <em>Florometra serratissima</em> ouvre ses bras en éventail partiel quand le courant est moyen (photo).</p>
<h3>3.4. Comportements</h3>
<p class="align-j">Filtreurs dynamiques, on  imagine bien que l&rsquo;essentiel de la vie des crinoïdes consiste à capter leur  nourriture, pour leur métabolisme ou pour accumuler des réserves. <br />
        Les lys de mer sont souvent regroupés en grand  nombre. Inféodés à un lieu&nbsp;; leur comportement se limite donc aux postures  de nourrissage telles qu&rsquo;elles ont été abordées plus haut.</p>
<p class="align-j">Les comatules quant à  elles, disposent de moyens de locomotion qui étendent leur champ d&rsquo;actions  au-delà des postures de nourrissage.</p>
<h4>3.4.1. Positions dans le courant</h4>
<p class="align-j">Les comatules forment des  éventails bidirectionnels en réponse à des mouvements oscillants de l&rsquo;eau. Autre exemple de réorientation passive, elles adoptent  une posture où certains sillons ambulacraires font face à une direction tandis  que d&rsquo;autres sont à l&rsquo;opposé. Il n&rsquo;y a pas de pivotement du bras à 180°. L&rsquo;orientation vers l&rsquo;aval, caractéristique des sillons  ambulacraires pinnulaires est néanmoins maintenue, parce que les pinnules avec  leurs podia étendus pivotent passivement près de la base, comme des girouettes  miniatures, de sorte que les rainures ambulacraires sont toujours à l&rsquo;abri.  C&rsquo;est le cas chez les <em>Antedon</em> où on a  pu observer des pinnules suivant différents degrés de torsion basale.</p>
<p class="align-j">Les postures des bras et  des pinnules adoptées par les crinoïdes dans les courants faibles ont déjà été  discutées, mais certains crinoïdes, préfèrent des micro-habitats exposés à des  flux multidirectionnels entretenus. C&rsquo;est le cas des comatules semi-cryptiques <em>Comaster</em> vivant dans les récifs et des  antedonidés tels que le cryptique <em>Ctenantedon</em> et <em>Antedon</em> qui occupe des  micro-habitats turbulents. Les comasteridés semi-cryptiques étendent leurs bras  au hasard sans former d&rsquo;éventail et maintiennent leurs pinnules fixes en deux  ou plusieurs plans le long de chaque bras. Le basculement des pinnules est  également possible. Les antedonidés sont capables de modifier l&rsquo;arrangement de  leurs pinnules en fonction des conditions d&rsquo;écoulement. Ces postures maximisent  probablement l&rsquo;exposition des réseaux de podia.</p>
<p class="align-j">Dans certaines situations, une comatule peut utiliser une combinaison de  postures de filtration en éventail et multidirectionnelle. Par exemple, la  majeure partie des bras dans un courant linéaire, peut former un éventail arqué  et les bras proches du substrat peuvent agencer leurs pinnules en quatre rangs,  en réponse aux turbulences qui s&rsquo;y trouvent. Ainsi, chez <em>Antedon</em>, dans un courant léger, les pinnules des bras situés en  aval peuvent s&rsquo;aligner dans un arrangement triplan en réponse aux turbulences  générées sous le flux des bras en éventail positionnés en amont.</p>
<h4>3.4.2. Rythme nycthéméral</h4>
<div class="commentaire"> <strong>Définitions<br />
        </strong><strong>Cryptique</strong>&nbsp;: qui habite les grottes,   vit caché, dissimulé.<br />
        <strong>Nocturne</strong>&nbsp;: qui s&rsquo;active la nuit.<br />
        <strong>Diurne</strong>&nbsp;: qui s&rsquo;active le jour.<br />
        <strong>Sciaphile</strong>&nbsp;: qui apprécie  l&rsquo;ombre, les zones cryptiques.<br />
        <strong>Photophile</strong>&nbsp;:  qui apprécie les zones éclairées. <br />
        <strong>Nycthémère</strong> : cycle sur 24&nbsp;h incluant une nuit et un jour. </div>
<p class="align-j">On ne connait pas  d&rsquo;espèce sciaphile, vivant exclusivement dans l&rsquo;obscurité. Les comatules ont  une activité plus ou moins variable selon le niveau de luminosité quotidien.<br />
        Certaines diurnes  préfèrent la quête de nourriture en pleine lumière mais peuvent tout aussi bien  se nourrir la nuit lors des remontées de plancton. D&rsquo;autres, nocturnes,  préfèrent la faible luminosité d&rsquo;une anfractuosité le jour&nbsp;; ces espèces semi-cryptiques  commencent à s&rsquo;activer à la tombée de la nuit. Les unes comme les autres  adaptent leurs déplacements quotidiens selon le rythme nycthéméral lié à  luminosité. </p>
<h5 class="align-j"><strong>Comatules nocturnes</strong></h5>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/56.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/56.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Certaines Comatules semi-cryptiques s&rsquo;activent hors de leur abri, la nuit venue.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://travelswithtam.com/wordless-wednesday-diving-st-lucia/" rel="noopener">Travel with Tam</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Il n&rsquo;est pas facile de connaitre  l&rsquo;emploi du temps de tels animaux. Cependant, Meyer qui a suivi durant  plusieurs mois une dizaine de spécimens de la famille Mariametridae  nous fait part de ses observations. <br />
        Les comatules de la  famille Mariametridae qui habitent les récifs coralliens tropicaux peu profonds  de l&rsquo;Indopacifique ouest, semblent être strictement nocturnes&nbsp;???????  en dépit d&rsquo;autres observations sur <em>Stephanometra</em> spp de la même famille. De  ce fait, semble-t-il, elles sont plus mobiles que beaucoup d&rsquo;autres espèces  diurnes. Normalement fixées au substrat par leurs cirres et/ou leurs bras,  elles rampent le plus souvent en utilisant leur bras mais nagent parfois sur de  courtes distances. Sciaphiles, pendant la journée elles se cachent dans les  crevasses du récif, et le crépuscule venu elles se dirigent vers des  promontoires exposés aux apports nourriciers&nbsp;: sous un surplomb, sur une  éponge ou bloc de corail…. Bien que ces crinoïdes soient dotés d&rsquo;organes  sensoriels, on ne sait pas les raisons exactes qui poussent les mariametridés  observés à quitter leur lieu de nourrissage nocturne la lumière du jour venue.<br />
        Les spécimens étudiés  n&rsquo;ont pas suivi chaque fois les mêmes itinéraires pour rejoindre, une heure  avant le coucher du soleil, leurs promontoires nocturnes pour un trajet évalué  de 15 à 35 minutes, ni pour le quitter. L&rsquo;analyse a pu déterminer une certaine  fidélisation à leur site pour 80&nbsp;% des individus. Sur les 13 spécimens  suivis durant plusieurs mois, certains ont quitté les lieux, définitivement ou  pour revenir après 3 semaines, puis disparaitre et revenir encore, chaque fois  sans raison déterminée, sans relation avec les cycles lunaires ou de marées.</p>
<h5 class="align-j"><strong>Comatules diurnes</strong></h5>
<p class="align-j">Bien souvent, les crinoïdes  diurnes paraissent actifs tout au long du cycle nycthéméral. Leurs postures  d&rsquo;alimentation semblent dépendre plutôt de leur régime alimentaire du moment,  qu&rsquo;aux cycles jour-nuit. Ils ne se déplacent pas vers des perchoirs  spécifiques de nourrissage et peuvent rester sur le même promontoire durant  de longues périodes. Les comatules diurnes seraient inféodées au même lieu  puisqu&rsquo;on a relevé une fidélité de 6 mois à 5 ans sans aucune mortalité  observable.</p>
<h4>3.4.3. Vie sociale</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/55.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/55.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Communauté de comatules en milieu naturel.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: inconnu</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les lieux de vie sont  variés, depuis le sommet de roches exposées ou sous les surplombs jusqu&rsquo;aux  éponges ou les coraux branchus, scléractiniaires ou gorgones, de nature à les  élever dans le courant. Selon le courant et la densité de nourriture véhiculée,  les comatules ne recherchent pas systématiquement des promontoires hautement  surélevés&nbsp;; elles peuvent se satisfaire de zones rocheuses pourvu qu&rsquo;elles  soient suffisamment exposées. Diurnes ou nocturnes, les comatules peuvent  partager les espaces entre plusieurs espèces.</p>
<p class="align-j">On observe souvent des  groupements de plusieurs comatules conspécifiques entrelacées. Il semble que  cette pratique soit plus fréquente chez les petits spécimens, les individus de  grande taille étant plus solitaires. On a supposé que ces agrégations  améliorent la capture des particules en densifiant le réseau formé par les bras  et en augmentant les turbulences de nature à mieux capter et à retenir les  proies. Mais l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une lutte intraspécfique n&rsquo;est pas exclue, selon des  observations sur la comatule <em>Florometra serratissima</em> de la famille Antedonidae  que l&rsquo;on a vu repousser un autre spécimen de la même espèce. Si le motif de  l&rsquo;espace ne peut être retenu pour les espèces diurnes moins exigeantes, il est  plus probable pour les mariametridés nocturnes qui  doivent rivaliser pour l&rsquo;occupation du promontoire au début de chaque nuit.</p>
<h3>3.5. Dangers et prédation</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes sont  sensibles à lumière mais ça ne semble pas être systématique pour toutes les  espèces&nbsp;; elles réagissent également au contact physique et aux stimuli  chimiques. Ainsi, elles sont en mesure de réagir à des dangers (un plongeur  indélicat), un prédateur, une évolution du milieu… suivant des mécanismes que  l&rsquo;on commence tout juste à comprendre.</p>
<h4>3.5.1. Stratégies face à la prédation</h4>
<p class="align-j">Tout aussi  fragiles semblent-ils, les crinoïdes disposent  de moyens de protection lesquels, apparemment, ont contribué à la préservation  des espèces dans les eaux peu profondes à la suite aux rayonnements xxx  réchauffement xx de la fin du Mésozoïque, contre les prédateurs durophages. Ces moyens sont :</p>
<ul>
<li><strong>La nage</strong> au moyen des bras qui permet un déplacement de plusieurs mètres et de se  soustraire au risque&nbsp;;</li>
<li><strong>l&rsquo;autotomie</strong>&nbsp;: cette amputation volontaire, réflexe, d&rsquo;une partie du bras permet  de se libérer et de fuir&nbsp;; l&rsquo;animal régénère ensuite la partie manquante,  comme on l&rsquo;a vu.</li>
<li><strong>le</strong> <strong>pouvoir de régénération</strong> important&nbsp;:  la masse viscérale de l&rsquo;espèce tropicale <em>Himerometra</em> <em>robustipinna </em>peut  se régénérer complètement dans les trois semaines qui suivent l&rsquo;éviscération <em>Florometra</em> <em>serratissima </em>d&rsquo;eaux froides tempérées  régénère complètement en 9 mois, un bras de 200 mm de long&nbsp;;</li>
<li><strong>l&rsquo;isolement diurne</strong>&nbsp;: la plupart des poissons qui se nourrissent  de proies calcaires sont actifs le jour&nbsp;; les espèces cryptiques et semi cryptiques s&rsquo;avèrent moins  atteintes que les espèces diurnes&nbsp;;</li>
<li><strong>les grandes pinnules</strong> qui se développent densément dans la zone orale  agissent comme de véritables armes défensives protégeant les parties  viscérales&nbsp;;</li>
<li><strong>les composés repoussants</strong> ou toxiques inclus dans les tissus.</li>
</ul>
<h4>3.5.2. Prédation</h4>
<p class="align-j">Le squelette des  crinoïdes est essentiellement constitué de calcite, un calcaire rigide qui a  d&rsquo;ailleurs permis la conservation des fossiles à travers les âges. Ce sont donc  des animaux coriaces, qui n&rsquo;ont pas vraiment d&rsquo;ennemis intentionnels et qui attirent  occasionnellement quelques prédateurs opportunistes durophages à la «&nbsp;mâchoire&nbsp;»  solide, tels que crabes, homards, poulpes, balistes poisons globes. Il semble  que bien des mutilations causées par les poissons sont plutôt des effets  collatéraux de la capture des animaux qui se cachent à l&rsquo;intérieur du panache.<br />
        La prédation n&rsquo;est jamais létale car les dommages qu&rsquo;ils causent aux bras et  même à la partie viscérale sont réparés par régénération. <br />
        Parmi les poissons on  retrouve surtout de gros spécimens&nbsp;: les familles Balistidae (Balistes)&nbsp;; <em>Balistoides conspicilum</em> est un grand  amateur de comatules, Lutjanidae (Vivaneaux), Ephippidae (Poissons-bêches), Chaetodontidae  (poissons-papillons), Labridae (labres), Monacanthidae (poissons-limes),  Tetraodontidae (Poissons-globes), Notacanthidae (Poissons-tapirs à épines) et Sparidae  dont le Pagre <em>Chrysophrys auratus</em> qui  se nourrit de nombreux comatules entières. <br />
        On compte aussi certains  crabes comme le Crabe décorateur <em>Oregonia gracilis</em> et des  étoiles de mer comme le genre <em>Pycnopodia</em> que l&rsquo;on trouve sur la comatule <em>Florometra  serratissima</em> d&rsquo;eaux froides ainsi que des oursins.
      </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 3 : Quelques prédateurs de crinoïdes</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/57.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/57.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Balistoides conspicilum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="http://www.informationng.com/" rel="noopener">Information Nigeria</a>&gt;</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/58.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/58.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Pagre <em>Chrysophrys auratus</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="///D|/Denis Tournassat/Documents/1 Denis/images-articles/crinoides/flagstaffotos.com.au" rel="noopener">fir0002</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/59.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/59.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Crabe <em>Oregonia gracilisphoto</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www.flickr.com/people/7232133@N08" rel="noopener">Minette Layne</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/60.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/60.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Pycnopodia serratissima</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://www8.nos.noaa.gov/onms/park/Parks/SpeciesCard.aspx?refID=4&amp;CreatureID=1485&amp;pID=15" rel="noopener">National Marine Sanctuaries</a></figcaption></figure>
</p></div>
<h3>3.6. Symbiose et parasites</h3>
<h4>3.6.1. Symbioses</h4>
<p class="align-j">Les crinoïdes, on l&rsquo;a vu, attirent peu  les prédateurs. Ils représentent d&rsquo;autant plus un refuge idéal pour de nombreux  petits animaux, qui se dissimulent parfois par mimétisme, entre leurs bras et pinnules.  on ne sait s&rsquo;il  s&rsquo;agit de symbiose ou de parasitisme. On y observe plusieurs espèces de crevettes nettoyeuses de la famille des <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Palaemonidae" title="Palaemonidae" rel="noopener">Palaemonidae</a> (notamment des genres <em>Laomenes</em> (<em>L. cornutus</em>) et <em>Periclimenes</em> (<em>P.  pilipes</em> ou <em>P. ceratophthalmus</em>), dont la couleur mime généralement  celle de l&rsquo;hôte. Des galathées (<em>Galathea  inflata, G. amboinensis</em>), comme la  Galathée élégante des crinoïdes (<em>Allogalathea  elegans</em>) vivent également en symbiose avec les crinoïdes, qu&rsquo;elles  débarrassent des parasites en échange d&rsquo;un abri entre les bras&nbsp;; certains Gobies  du genre <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Discotrema" title="Discotrema" rel="noopener"><em>Discotrema</em></a> (<em>D.&nbsp;crinophilum</em>)  s&rsquo;y retrouvent également, notamment les juvéniles, ainsi que le <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Solenostomus_paradoxus" title="Solenostomus paradoxus" rel="noopener">poisson-fantôme  arlequin</a>, dont le corps  imite les pinnules des comatules. </p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(4,1fr);  width: 70%;">
<div class="grille-titre ">Tableau 4 : Quelques cas de symbioses</div>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/61.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/61.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Galathée<span class="artimg-bloc" style="width:189px; vertical-align:top ">commensale</span> <em>Allogalathea elegans,</em>&nbsp;planctonophage,  au pattern   en accord avec celui de son hôte.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo&nbsp;: <a target="_blank" href="http://scinthewater.blogspot.fr/2015/09/third-muck-diving-trip-in-dauin.html" rel="noopener">Simon Chiu</a> sur <a target="_blank" href="http://scinthewater.blogspot.fr/2015/09/third-muck-diving-trip-in-dauin.html" rel="noopener">SCinthewater</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/62.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/62.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Gobie <em>Discotrema crinophilum</em>.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="///D|/Denis Tournassat/Documents/1 Denis/images-articles/crinoides/flagstaffotos.com.au" rel="noopener">fir0002</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/63.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/63.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Solenostomus paradoxus</em>, le Poisson-fantôme arlequin se cache, en quête de microcrustacés.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="http://murexdive.com/the-ultimate-guide-to-ghost-pipefish/" rel="noopener">Johan Amerijckx</a></figcaption></figure>
<figure class="figcolonne"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/64.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/64.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Crevette commensale <em>Laomenes cornutus</em> dans  une comatule à Bali ; noter la similitude des couleurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photos : <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/15300676321" rel="noopener">René Cazalens</a> sur <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/10389043@N08/7567200908/in/photostream/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
</p></div>
<h4>3.6.2. Parasites</h4>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/65.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""  / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/65.jpg"></a><figcaption class="figlegende"><em>Myzostoma fuscomaculatum</em> vers parasite crinoïde de 2mm de long, sur sa comatule commensale, <em>Tropiometra carinata</em>, généralement bien camouflés sur leur hôte.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Myzostoma#/media/File:Myzostoma_fuscomaculatum_at_Percys_Hole_detail.jpg" title="User:Pbsouthwood" rel="noopener">Pbsouthwood</a>, Wikipedia</figcaption></figure>
<p class="align-j">Les crinoïdes peuvent  aussi être victimes de parasites, notamment de la part de vers marins comme <a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Myzostoma_fuscomaculatum&amp;action=edit&amp;redlink=1" title="Myzostoma fuscomaculatum (page inexistante)" rel="noopener"><em>Myzostoma fuscomaculatum</em></a><a target="_blank" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crinoidea#cite_note-Mah_Fossil_Parasites_.26_Commensals-16" rel="noopener">[16]</a>. <br />
        Dans la couronne  de pratiquement chaque lys de mer se trouvent un à deux myzostomes. Ce sont des  vers annélidés de 1 à 2 mm de diamètre qui ont une dizaine de petits «&nbsp;crochets&nbsp;» sur leur ventre qui leur permettent de s&rsquo;accrocher au bras de la comatule, juste  au-dessus du sillon ambulacraire. Cela leur permet d&rsquo;aspirer les particules  alimentaires qui se trouvent dans le mucus. Ces vers ont longtemps été  considérées comme parasites mais il a été constaté qu&rsquo;ils ne semblent pas nuire  à leur hôte. Il apparaît plutôt qu&rsquo;il s&rsquo;agit de symbiose mais l&rsquo;avantage que  retire le lys de mer n&rsquo;est pas encore établi.
      </p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/66.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/66.jpg"></a><figcaption class="figlegende"> Escargot parasite de la famille Eulimidae. Peut-être <em>Melanella</em> sp.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/arne/" title="Accéder à la galerie de Arne Kuilman" rel="noopener">Arne      Kuilman</a>, <a target="_blank" href="https://www.flickr.com/photos/arne/" rel="noopener">Flickr</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Le ver <em>Fallocohospes inchoatus</em> parasite les intestins de la comatule <em>Florometra serratissima</em></p>
<p class="align-j">Parmi les parasites les  plus gênants, il y a les petits escargots de la famille  Eulimidae des genres <em>Stilifer</em>, <em>Stylina</em>, <em>Sabinella</em> et <em>Melanella</em>. Ils s&rsquo;installent sur leur hôte et de leur trompe, forent  les parties dures du squelette à travers le calice, les brachiales et les  pinnulaires ou les cirrales, pour atteindre lles tissus qu&rsquo;ils dévorent.<br />
        Comme pour de nombreux organismes, on note la présence de copépodes à la  surface du corps ou dans le tube digestif de certaines comatules. </p>
<div style="clear:both"></div>
<h2>4. Maintenance </h2>
<p class="align-j">La maintenance de ces  animaux indéniablement difficiles est un sujet qui fait débat sur les forums  récifalistes. La recommandation première est de laisser ces animaux sauvages où  ils sont et de ne pas les acquérir afin de ne pas entretenir la chaine d&rsquo;importation. <br />
        Il faut reconnaitre que les témoignages de réussites dépassant l&rsquo;année, sont extrêmement  rares si l&rsquo;on excepte ceux des récifalistes enthousiastes à l&rsquo;acquisition et  muets quelques semaines plus tard. La maintenance semble possible dans un grand  volume mais dont la proximité du littoral permet d&rsquo;introduire de l&rsquo;eau de mer  naturelle avec ses composants chimiques et    planctoniques.</p>
<p class="align-j">Tout cela ne contribue  pas à progresser dans la maigre connaissance de ces animaux, et les  incertitudes restent nombreuses. Dans ce contexte, évoquer la maintenance des  crinoïdes peut sembler périlleux, voire prétentieux. Il faut plutôt considérer ce  chapitre comme une simple réflexion, sans parti pris, en considérant les  quelques informations collectées dans le monde amateur et celui de la  recherche.</p>
<p class="align-j">Les crinoïdes étant des  suspensivores microphages, Il ne sera pas inutile de consulter les principes de  maintenance évoqués dans l&rsquo;article <a target="_blank" href="http://www.cap-recifal.com/page/articles.html/_/vivant/octocoralliaires%c2%a04-maintenance-zoox-et-azoox-r89" rel="noopener"><em>Octocoralliaires&nbsp;4  &#8211; Maintenance (zoox et azooxanthellés)</em></a> qui vaut pour tous les organismes filtreurs.</p>
<h3>4.1. Qualité de l&rsquo;eau</h3>
<p class="align-j">Les valeurs de carbone  organique particulaire (POC) mesurées dans les zones d&rsquo;habitat des comatules  sont faibles, de l&rsquo;ordre de 50 à 70&nbsp;µg/l. Bien que parfois soumises à des  épisodes de charge organique comme la ponte simultanée des coraux, les eaux y  sont le plus souvent oligotrophes. </p>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/124.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/124.jpg"></a><figcaption class="figlegende">L&rsquo;aquarium de Glenn Fong  sous sytème DyMico et DSR, dédié aux coraux NPS et invertébrés  filtreurs, hébergeant plusieurs comatules.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=myZs22uKJYk" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Glenn FONG</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">La qualité de l&rsquo;eau est  primordiale et donc un prérequis avant toute tentative d&rsquo;introduction d&rsquo;une  comatule. Les paramètres doivent être bien sûr du niveau récifal et équilibrés  mais surtout stables dans la durée, notamment les PO4, la salinité et  le pH. La stabilité suppose que l&rsquo;aquarium est mature, les micro-organismes qui  s&rsquo;y sont développés et leurs larves contribuant à l&rsquo;alimentation des individus,  et que toute évolution, notamment les changements d&rsquo;eau, doit être progressive. Compte tenu des  fluctuations quotidiennes de charge organique dues à la nutrition, le  traitement de l&rsquo;eau doit être imaginé en conséquence&nbsp;: écumeur, adsorbeurs  de PO4, réacteur à bactérie, filtres à algues…sans compter les   changements d&rsquo;eau. De plus, on peut éventuellement prévoir un simple filtre interne destiné à collecter rapidement les plus grosses particules (algues en suspension&#8230;) de nature à s&rsquo;accrocher sur les invertébrés qui se déploient dans le courant. Certains modes de maintenance innovants semblent donner des résultats encourageants parmi lesquels le système DyMiCo qui autorégule quelques paramètres et préserve les microorganismes, citons aussi   la méthode DSR (Dutch Synthetic Reefing), développée par Glenn Fong, dans laquelle l&rsquo;absence de changement d&rsquo;eau est compensée par la gestion rigoureuse d&rsquo;une quinzaine de composants  (sans réacteur à hydroxyde ou carbonates). Nous manquons toutefois de sérieuses informations quant à la durée des réussites et aux modes d&rsquo;alimentation.</p>
<h3>4.2. Éclairage</h3>
<figure class="figfloat"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/123.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/123.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Bac communautaire abritant quelques invertébrés  non symbiotiques et filtreurs telle cette comatule.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Tt4SxJhIGqs" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Glenn FONG</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Puisqu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de  comatule sciaphile vivant exclusivement dans l&rsquo;obscurité, même en profondeur,  un éclairage minimum semble nécessaire. Certaines espèces sont diurnes et  s&rsquo;activent le jour venu, qu&rsquo;elles s&rsquo;exposent en pleine eau ou se cachent  partiellement (semi-cryptiques). D&rsquo;autres, nocturnes, sortent de leurs caches de  la journée (cryptiques ou semi-cryptiques) pour rejoindre les sites de nourrissage  à la nuit tombante. Cela suppose de connaitre les mœurs de l&rsquo;espèce pour  proposer les éclairements adaptés; L&rsquo;aquarium pourra offrir  plusieurs niveau d&rsquo;exposition à la  lumière, mais la quantité  maximum n&rsquo;est pas nécessairement élevée.  Les éclairages variés pourront être obtenus par spots  et/ou en jouant  avec les éléments  du décor.</p>
<h3>4.3. Température</h3>
<p class="align-j">On trouve des comatules dans des mers chaudes tropicales, parfois modérées et même  froides, dans une gamme étendue de profondeurs et donc de températures. Les espèces tropicales évoluent depuis le bas des tombants jusqu&rsquo;aux crêtes de récifs  frangeants parfois exposés aux courants saisonniers chauds, à des températures avoisinant  les 28° dans les premiers mètres.  Ne connaissant pas l&rsquo;habitat exact des spécimens concernés, la précaution impose de se situer en dessous des extrêmes, autour de 24 ou 25 degrés. Des informations sur le lieu et la profondeur du prélèvement seraient  bien évidemment les bienvenues.</p>
<p class="align-j">Plus qu&rsquo;à  la température nominale, les comatules s&rsquo;avèrent sensibles à ses fluctuations.  Une bonne régulation du chauffage et du refroidissement s&rsquo;imposent.</p>
<h3>4.4. Brassage</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes ne génèrent  pas leur propre courant d&rsquo;eau, ils sont soumis à celui qui circule dans leur  environnement proche. Cette situation a conduit à affirmer un peu vite, qu&rsquo;à  l&rsquo;instar de nombreux filtreurs passifs tels que les Octocoralliaires, ils ne  peuvent capter les particules que dans une gamme réduite de vitesses. C&rsquo;est  sans compter sur leur mobilité pour trouver un emplacement plus approprié et  surtout, comme on l&rsquo;a vu plus haut, sur leur extraordinaire faculté à adapter  leurs postures en fonction de la direction et du débit de l&rsquo;eau. Face à un  courant trop important, ils savent réorienter leurs bras et leurs pinnules pour  réduire le débit et générer des micro-cavitations au niveau de leurs podia de  capture. Aussi le flux d&rsquo;eau dans l&rsquo;aquarium n&rsquo;est probablement pas aussi  critique que ce qui a été supposé. Cependant, il existe des situations extrêmes  en deçà et au-delà desquelles le taux de capture devient insuffisant. Une telle  situation, si elle s&rsquo;installe, risque de nuire à la santé de l&rsquo;animal.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/120.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/120.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Un flux giratoire,  laminaire horizontal, variant  selon le rythme des marées  doit répondre aux besoins des  comatules.</figcaption><figcaption class="copyright">Illustration : <a href="http://www.coralvue.com/maxspect-xf150-gyre-generator" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Coralvue Aquarium products</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Les comatules semblent  également avoir quelques préférences&nbsp;; si certaines privilégient les flux  laminaires d&rsquo;une passe récifale, variant avec les marées, d&rsquo;autre occupent des  cavités rocheuses ou les flux sont plus turbulents multidirectionnels.  L&rsquo;organisation des bras variant en conséquence. Selon besoins de l&rsquo;espèce,  l&rsquo;aquarium devra surement offrir plusieurs types d&rsquo;exposition au courant et une  variété de débits. </p>
<p class="align-j">Un brassage laminaire  général variant en direction et en intensité, comme le produisent les marées liées  aux cycles lunaires, semble un bon choix. En effet, les affaiblissements  permettent de générer un gradient de vitesses dont une part conviendra aux  animaux, et de proposer des phases d&rsquo;accalmies propices à la récupération. Le brassage laminaire peut être obtenu au moyen de pompes de type <em>Gyre</em> ; l&rsquo;objectif peut être également atteint avec des pompes à large flux associé à un agencement réfléchi du décor.  Si besoin, des  zones de turbulences locales peuvent être également obtenues avec le décor. il existe aujourd&rsquo;hui des automates permettant de varier le débit des pompes entre des valeurs maximum et minimum sur des périodes de 6 heures. Les particules alimentaires ayant rarement une flottabilité nulle, le  brassage pourra lécher le fond et être légèrement ascendant pour les remettre  en suspension. Bien entendu, il est préférable de synchroniser la  délivrance de nourriture  avec le cycle de brassage. </p>
<h3>4.5. Décor</h3>
<figure class="figfloat" ><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/121.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/121.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Dans un décor adapté, la comatule saura trouver la place qui lui convient.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : <a href="http://www.oregonreef.com/sub_coldwater.htm" target="new" data-ipb="nomediaparse" rel="noopener">Oregon reef</a></figcaption></figure>
<p class="align-j">Compte tenu de ce qui  précède, le décor joue un rôle important. En effet, il doit résoudre une  équation relativement complexe dont les variables sont la lumière, le brassage  et l&rsquo;alimentation. Cette équation mérite une mûre réflexion et la connaissance,  autant que possible, des besoins des espèces. </p>
<p class="align-j">Il doit s&rsquo;adapter au  courant souhaité. Par exemple,  être relativement centré dans la cuve si  l&rsquo;on souhaite reproduire un courant général laminaire, tournant sur un plan  horizontal&nbsp;; quelques obstacles plans, verticaux (failles) ou horizontaux  (surplombs), permettront d&rsquo;obtenir à leur passage une accélération locale de la  vitesse&nbsp;; de même quelques pierres isolées ou non peuvent générer des  turbulences en aval. <br />
        Face à l&rsquo;inconnue des flux réellement obtenus, on peut imaginer un décor  facilement démontable que l&rsquo;on peut réaménager, selon le besoin, avec des  promontoires, des tombants, des surplombs&#8230;</p>
<p class="align-j">Les plateaux horizontaux  sont propices aux dépôts sédimentaires, ils seront donc évités dans les zones  calmes. La question de la présence de sable de fond dépend, comme bien souvent,  de son efficacité&nbsp;: il peut gêner la remise en suspension des particules  alimentaires mais <em>a contrario</em> bien  exploité, il peut contribuer au développement de la faune détritivore, à  l&rsquo;équilibre du bac et à l&rsquo;assainissement de l&rsquo;eau. C&rsquo;est par ailleurs, un bon  réservoir à bactéries que l&rsquo;on peut remettre en suspension lors des périodes de  nourrissage.</p>
<h3>4.6. Nourrissage</h3>
<p class="align-j">C&rsquo;est une évidence, le  nourrissage est la clé de la réussite. Cependant les avis divergent sur la  qualité de la nourriture et les modes d&rsquo;administration. Ces avis  devraient cependant prendre en compte les habitudes spécifiques des espèces  hébergées. C&rsquo;est bien là un problème&nbsp;: nous en savons peu sur les besoins des crinoïdes. En effet, les biologistes se sont penchés  seulement ces dernières années, sur l&rsquo;alimentation des comatules pour commencer à nous en  délivrer les premiers témoignages.</p>
<figure class="figfloat" style="float:left"><a target="_blank" href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/122.jpg" data-ipsLightbox rel="noopener"><img alt=""   / class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/122.jpg"></a><figcaption class="figlegende">Distributeur automatique de nauplii d&rsquo;artémies  vivants, équipant un aquarium d&rsquo;organismes filtreurs.</figcaption><figcaption class="copyright">Photo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">Dans la pratique, et  surtout dans l&rsquo;inconnu, les aquariophiles proposent des aliments variés d&rsquo;ailleurs  pas toujours judicieux. Dans le chapitre <em>Régimes  alimentaires</em>, nous avons vu qu&rsquo;un mélange de phytoplancton, de zooplancton  de taille 10 à 200&nbsp;µm, semble être une bonne base. Les crinoïdes absorbant  des matières particulaires variées, une forme lyophilisée doit pouvoir convenir  à condition que leur valeur énergétique soit réelle. Bien évidemment, les  produits frais, et si possible vivants, sont préférables.</p>
<p class="align-j">Il ne faut pas négliger  les apports bactériens liés aux particules détritiques. Aussi, tout système  manuel ou automatique en mesure de libérer régulièrement des bactéries devrait  être bénéfique. Remuer le sable occasionnellement est probablement un bon  réflexe&nbsp;; délivrer plusieurs fois par jour des bactéries au moyen d&rsquo;un  réacteur dédié, l&rsquo;est surement.</p>
<p class="align-j">Face à la difficulté de  maintenance et au sentiment que ces animaux mourraient de faim, les  récifalistes ont initialement privilégié l&rsquo;idée qu&rsquo;il était préférable de  nourrir de temps en temps mais beaucoup, afin d&rsquo;augmenter la probabilité de  capture. Ce principe du «&nbsp;<em>Qui peut  le plus, peut le moins&nbsp;»</em> a malheureusement de fâcheux effets sur la  pollution de l&rsquo;eau au point que l&rsquo;on peut se demander si ses dommages  collatéraux ne sont pas la vraie cause de mortalité. Les systèmes de  dépollution étaient-ils prévus en conséquence&nbsp;? Quoi qu&rsquo;il en soit, on  peut limiter la pollution et augmenter les chances de capture en favorisant la  mise en suspension des particules alimentaires&nbsp;: en privilégiant les  nourritures à flottabilité nulle, qui repasseront plus souvent au niveau des  organes de capture&nbsp;; en proscrivant celles à forte flottabilité qui ne  seront pas exploitées&nbsp;; en remettant en suspension les plus denses qui  sédimentent, avec un brassage légèrement ascendant&nbsp;; le reste étant pris  en charge par les organismes détritivores d&rsquo;un bac mature.</p>
<figure class="figfloat">
        <video  width="100%" controls="controls" muted="muted" class="lws-optimize-lazyload"><source type="video/mp4" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v4.mp4"><source type="video/webm" / data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/crinoides/v4.webm"></video><figcaption class="figlegende"> Observation de la capture de nourriture par <em>Himerometra robustipinna</em>, dans un aquarium test.</figcaption><figcaption class="copyright">Vidéo : Denis TOURNASSAT</figcaption></figure>
<p class="align-j">À la lecture des rapports scientifiques, les comatules sont en mesure de capter énormément de  particules diverses, nutritives ou pas, et leur transit intestinal  peut être extrêmement rapide, inférieur à une heure. Elles sont bien sûr en  mesure d&rsquo;exploiter le meilleur, mais il semble bien que la sélection interne  nécessite du temps sans lequel tout est rapidement évacué, sans distinction.  Autrement dit, s&rsquo;il y a trop de nourriture et si le transit est trop rapide, la  digestion est alors incomplète et l&rsquo;animal dépérit. Suivant ces constats, il  est préférable de nourrir peu mais souvent. L&rsquo;expérience montre que ce <em>peu</em> et ce <em>souvent</em> restent à définir puisque les crinoïdes captifs meurent encore bien  trop rapidement.</p>
<p class="align-j">Cette fréquence de  nourrissage, probablement grande, ne souffre pas l&rsquo;oubli ou l&rsquo;à-peu-près. Elle conduit  à mettre en place un système de distribution automatique de nourriture en  poudre ou liquide, tempérée ou fraiche, inerte ou vivante… l&rsquo;imagination ne  doit pas connaitre de limite pour ces animaux exigeants.</p>
<p class="align-j">Toutes les incertitudes  qui planent au-dessus du nourrissage des crinoïdes et les difficultés à mettre  en place des moyens efficaces et fiables, imposent de ne pas se lancer dans la  maintenance de ces animaux sans une farouche volonté de tout mettre en œuvre,  qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;information, de moyens, d&rsquo;argent et de temps. </p>
<p class="align-j"> Pour s&rsquo;en convaincre et, si besoin, se décourager, l&rsquo;exemple  de Lukaczyn est révélateur de la difficulté et  de la rigueur nécessaires pour maintenir des crinoïdes au-delà d&rsquo;un an. Certains  de ses spécimens ont vécu deux ans et demi. Dans un article <a target="_blank" href="https://reefs.com/magazine/a-journey-in-crinoid-keeping-51.html/" title="Permalink to A Journey in Crinoid Keeping" rel="noopener"><em>A Journey in Crinoid  Keeping</em></a> paru dans le  webzine <em>Reefs magazine summer 2010</em>, Lukaczyn expose le détail de sa maintenance et  notamment le régime d&rsquo;alimentation (planning et  types de nourritures) pour une population de dix comatules. Le programme  consiste en une douzaine de composants, des zooplanctons et phytoplanctons  lyophilisés, du Cyclop-eeze, des additifs énergétiques (acides aminés,  carbohydrates, acides gras insaturés, vitamines oligoéléments), des œufs  d&rsquo;huitres, des mysis, des rotifères et des bactéries. Il remue régulièrement le  substrat du bac ainsi qu&rsquo;un sac de zéolithe pour en libérer les détritus et du bactérioplancton.  Le tout est administré en neuf distributions quotidiennes réparties de  6&nbsp;h&nbsp;30 à 20&nbsp;heures. Par ailleurs, il maintient la qualité de  l&rsquo;eau par deux gros changements de 25&nbsp;% par semaine, réalisés  lentement à raison de 3 à 4&nbsp;litres à chaque fois. </p>
<h3>4.7. Manipulations</h3>
<p class="align-j">Les  crinoïdes sont pourvus de podia fragiles et rapidement adhésifs. Ils sont en  mesure d&rsquo;adhérer à tout&nbsp;:  aux vitres,  au décor, aux   mains… et   de se détériorer dès lors que l&rsquo;on tire un peu dessus. Leurs  bras sont fragiles et le crinoïde s&rsquo;automutilera à la moindre traction. De la  même manière, ils se cramponnent vigoureusement à leur support avec leurs  cirres qu&rsquo;ils sectionneront si besoin. Depuis la collecte jusqu&rsquo;à l&rsquo;aquarium,  les occasions de détériorer un animal sont nombreuses. Certes il est mesure de  régénérer ses membres, mais l&rsquo;expérience montre que le processus de régénération est plus rare en  captivité. </p>
<p class="align-j">Quelques précautions pour  conserver l&rsquo;intégrité de l&rsquo;animal &nbsp;:</p>
<ul>
<li>Limiter les manipulations du crinoïde au strict  nécessaire&nbsp;;</li>
<li>ne pas le prendre à pleine main mais provoquer son  décrochement naturel, suivi d&rsquo;une brève nage, par exemple avec un léger toucher  ou de préférence, sans contact, par un mouvement de la main à proximité&nbsp;;</li>
<li>lui proposer un objet (branche de corail,  gorgone…) sur lequel il pourra s&rsquo;accrocher rapidement après s&rsquo;être décroché ou  mieux, lui offrir l&rsquo;ouverture du sac ou du récipient de transport&nbsp;;</li>
<li>ne pas le sortir hors de l&rsquo;eau&nbsp;;</li>
<li>le laisser s&rsquo;évacuer librement du récipient de  transport&nbsp;;</li>
<li>en attente du bac définitif, l&rsquo;isoler dans un espace  exempt d&rsquo;aspérité et d&rsquo;obstacle pour faciliter sa capture.</li>
</ul>
<h3>4.8. Signes de dépérissement</h3>
<p class="align-j">Il y a peu de symptômes  de dépérissement ou de mal être. Une position trop  longtemps recroquevillée n&rsquo;est assurément pas bon signe pour un animal qui doit  capter sa nourriture dans l&rsquo;espace environnant. Trop de brassage, une eau de  mauvaise qualité, des parasites… il faut s&rsquo;en inquiéter.</p>
<p class="align-j">Le signe le plus marquant  est la perte progressive de morceaux plus ou moins importants des bras&nbsp;;  le bout du bras ne présente plus sa forme arrondie. La perte peut concerner des cirres  quand ce n&rsquo;est pas des bras entiers, sectionnés à leur base. Cette automutilation  n&rsquo;est alors pas due à une attaque passagère mais une réaction de survie face à  une cause plus profonde. Malheureusement, les conditions de régénération  n&rsquo;étant pas réunies, à ce stade il y a peu de chance que l&rsquo;animal s&rsquo;en remette.  Tous les bras se raccourcissent ou se sectionnent sur une période variable, de  une à quelques semaines. L&rsquo;animal ne peut plus capter la moindre nourriture et  sa mort est proche.</p>
<h3>4.9. Acquisition</h3>
<p class="align-j">S&rsquo;il est un animal qui exclue  l&rsquo;achat compulsif, le crinoïde est dans la tête de liste. On en trouve  aujourd&rsquo;hui peu dans les commerces et c&rsquo;est bien ainsi&nbsp;; les vendeurs en  approvisionnent rarement par crainte de voir dépérir ces animaux dans leurs  installations inadaptées. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;acheter chez des vendeurs  compétents, en mesure d&rsquo;informer le client dès la réception. Il est préférable  d&rsquo;établir une relation de confiance avec le vendeur qui sera d&rsquo;autant plus  enclin à réaliser une commande spéciale, que le récifaliste l&rsquo;aura convaincu du  sérieux de sa démarche. </p>
<p class="align-j">Parmi les points à  respecter&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Privilégier  l&rsquo;achat, là où l&rsquo;on peut observer l&rsquo;animal&nbsp;;</li>
<li>éviter tout animal  qui présenterait des signes de faiblesse&nbsp;;</li>
<li>limiter le  délai d&rsquo;attente dans le magasin au strict minimum&nbsp;;</li>
<li>éviter les  périodes de chaleur ou de froid&nbsp;;</li>
</ul>
<h3>4.10. Acclimatation</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;introduction suppose  que l&rsquo;aquarium a été réfléchi en fonction des besoins de ces animaux (nous ne  les connaissons malheureusement que trop peu). Le système doit être équilibré,  stable et les paramètres de l&rsquo;eau du niveau de ce que l&rsquo;on attend d&rsquo;un aquarium  marin, quel que soit le biotope reconstitué d&rsquo;eau tropicale ou tempérée.</p>
<p class="align-j">Le bon sens impose  d&rsquo;introduire les animaux dans un espace calme sous une lumière atténuée durant  plusieurs heures. L&rsquo;animal pourra évoluer, s&rsquo;il le souhaite, vers l&rsquo;espace qui  lui conviendra le mieux.</p>
<h3>4.11. La maintenance&nbsp;des crinoïdes est-elle raisonnable ?</h3>
<p class="align-j">Les crinoïdes, espèces sauvages,  ne sont pas en voie d&rsquo;extinction et n&rsquo;appartiennent pas non-plus spécifiquement  à des listes de protection. Cependant, l&rsquo;inventaire des risques pour eux, liés à  leur maintenance difficile, conduit légitimement à se demander s&rsquo;il est  raisonnable de tenter encore de les héberger dans nos aquariums. Pourtant, cette même  question se posait il y a 20 ans avec les scléractiniaires que l&rsquo;on maintient facilement  aujourd&rsquo;hui. Entre l&rsquo;arrêt de tout  import et les acquisitions inconscientes qui conduiraient une quantité de spécimens  à une mort certaine, il y a peut-être une  moyenne mesure, ou plutôt des mesures de bon sens.</p>
<p class="align-j">La première mesure serait  de s&rsquo;interdire toute acquisition qui ne serait pas longuement réfléchie et qui  ne donnerait pas un seul espoir de survie. Les aquariophiles qui méconnaissent  ces animaux, ne serait-ce que théoriquement, et qui ne sont pas rompus aux  techniques de maintenances récifales ont bien souvent aujourd&rsquo;hui,  l&rsquo;intelligence de s&rsquo;intéresser à d&rsquo;autres espèces qui comblent leurs  satisfactions. Saluons en même temps, l&rsquo;éthique de vendeurs de plus en plus  nombreux qui se refusent à approvisionner inconsidérément ces animaux.</p>
<p class="align-j">Les échecs antérieurs doivent-ils  pour autant, anéantir tous les espoirs permis par l&rsquo;amélioration des  équipements, les méthodes innovantes et les nouveaux produits spécifiquement  mis au point par les laboratoires des sociétés en relation avec des biologistes&nbsp;?  Ces dernières années, par exemple, sont apparus des aliments prometteurs, destinés  aux coraux non zooxanthellés ou aux organismes filtreurs. Par ailleurs, si les  amateurs sont friands des découvertes faites par les chercheurs, il n&rsquo;est pas  rare que les professionnels s&rsquo;appuient sur les observations d&rsquo;amateurs éclairés  pour perfectionner leurs produits. Ainsi, il serait dommage de barrer la porte  à cette voie d&rsquo;amélioration. Pourquoi ne pas permettre à des amateurs  expérimentés de tenter la maintenance des crinoïdes à condition qu&rsquo;ils mettent  tout en œuvre pour donner le maximum de chance aux animaux, notamment que leurs  tentatives soient bâtie sur autre chose que ce qui a déjà été essayé et reconnu  inefficace&nbsp;? Ce serait la seconde mesure.</p>
<p class="align-j">Si cet article permet de  diminuer la maltraitance des fragiles crinoïdes et s&rsquo;il contribue à quelques  avancées dans leur maintenance, je ne regretterai pas de l&rsquo;avoir dédié aux  lecteurs de Cap récifal.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>Références</h2>
<ul>
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</ul>
<h2> Identifications </h2>
<ul>
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<li><a target="_blank" href="http://www.gaiaguide.info/Group.html?groupId=cnkDRQ8O&amp;hierarchyId=jAwBC5eR" rel="noopener">Gaia guide &#8211; Feather Stars</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://lifg.australianmuseum.net.au/Group.html?groupId=rOnBsoI7" rel="noopener">Lizard Island Field Guide</a></li>
<li>Page <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/c-invertebrates/federsterne.html" rel="noopener"><em>Feather Stars &#8211; Crinoidea &#8211; Haar- oder  Federsterne</em></a>. Site  Internet <a target="_blank" href="http://www.starfish.ch/" rel="noopener">Starfish</a> au 06/2016.</li>
<li>A. Guille, P.  Laboute, J. L. Menou. <a target="_blank" href="https://books.google.fr/books?id=-TX-DKLJJCsC&amp;printsec=frontcover&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q&amp;f=false" rel="noopener"><em>Guide  des étoiles de mer, oursins et autres échinodermes de Nouvelle-Calédonie</em>.</a> Ed. de l&rsquo;Orstom. Paris 1986.</li>
</ul>
<p align="center"><em>Article publié sur Cap récifal le 13 septembre 2016</em></p>
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