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	<title>Archives des chaux - Reeflexions</title>
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	<description>Du récif corallien à l&#039;aquarium récifal</description>
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	<title>Archives des chaux - Reeflexions</title>
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		<title>Calcium, KH et pH stables en récifal&#8230; avec lait de chaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Régis DOUTRES]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 May 2012 17:17:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Méthode RAHRD Cette méthode rapidement utilisée depuis la parution de l&#8217;article en 2014 a été tout de suite adoptée et nommée Méthode Régis Doutres, ou méthode RAHRD, par les récifalistes francophones. Le but de cet article est de décrire une méthode performante d&#8217;utilisation de l&#8217;hydroxyde de calcium Ca(OH)2 sous forme de lait de chaux, qui [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="commentaire">  <strong>Méthode RAHRD</strong><br>
    Cette méthode rapidement utilisée depuis la parution de l&rsquo;article en 2014 a été tout de suite adoptée et nommée Méthode Régis Doutres, ou méthode RAHRD, par les récifalistes francophones.</div>
  <p class="align-j">Le but de cet article est de décrire une méthode performante d&rsquo;utilisation de l&rsquo;hydroxyde de calcium Ca(OH)2 sous forme de lait de chaux, qui permet à la fois une supplémentation en calcium et carbone inorganique ainsi qu&rsquo;une stabilisation du pH dans les aquariums récifaux.</p>

	
  <h2>Introduction</h2>
  <p class="align-j">Tout aquariophile confronté à la croissance  d’organismes calcificateurs dans son aquarium le sait bien&nbsp;: il faut sans  cesse leur apporter du carbone inorganique, c’est-à-dire des ions  hydrogénocarbonate HCO3(-) et carbonate CO3(2-), qui sont  les principaux ions intervenant dans la valeur du KH, ainsi que des ions  calcium Ca(2+).</p>
  <p class="align-j">On identifie   trois méthodes différentes permettant ces apports.</p>
  <ul>
    <li>La première consiste à utiliser  des solutions de sels solubles&nbsp;: chlorure de calcium CaCl2 pour  apporter le calcium, et hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3,  éventuellement carbonate de sodium Na2CO3, pour apporter  les ions hydrogénocarbonate HCO3(-) et carbonate CO3(2-).  Ce sont ces composés qui sont contenus dans toutes les solutions liquides  vendues dans le commerce aquariophile et ce sont aussi ces composés qui  constituent la base de la méthode Balling&nbsp;: tout ceci a été détaillé dans  un article que j’avais intitulé «&nbsp;Fabriquer de l’eau de mer sans sel (de  cuisine)&nbsp;».</li>
    <li>La seconde consiste à  utiliser un réacteur à calcaire (RAC)&nbsp;: c’est en dissolvant du calcaire  grâce à une injection de gaz carbonique que l’on parvient à enrichir l’eau en  calcium et hydrogénocarbonate.</li>
    <li>Et enfin la troisième  consiste à utiliser de l’hydroxyde de calcium et à exploiter le gaz carbonique  naturellement présent dans l’aquarium, qu’il provienne des échanges gazeux avec  l’atmosphère, de la respiration des différentes formes de vie hébergées ou  encore de la calcification corallienne.   L’hydroxyde de calcium apporte directement les ions calcium, ainsi que  des ions hydroxyde qui, par réactions chimiques avec le gaz carbonique, vont  former les espèces souhaitées du carbone inorganique. [NDLR :  méthodes  détaillées dans l&rsquo;article&quot; <a href="https://reeflexion.fr/usage-eau-de-chaux-reacteur-hydroxyde-calcium/">Du bon usage de l’eau de chaux et du réacteur à hydroxyde</a>&quot; ]</li>
  </ul>
  <p class="align-j">Le but de cet article n’est pas de comparer les  différentes méthodes entre elles&nbsp;: chacune a ses avantages et ses  inconvénients, chacune a son domaine d’efficacité et il sera toujours possible  de trouver un exemple de bac réussi utilisant telle ou telle méthode de  supplémentation en calcium et carbone inorganique. Utilisée à bon escient,  chaque méthode apportera satisfaction à ses utilisateurs. <br />
    L’utilisation de l’hydroxyde de calcium est souvent  décriée&nbsp;: on lui attribue des problèmes de réactions de précipitations  incontrôlables, une impossibilité à subvenir de façon importante à la  supplémentation souhaitée, une mise en œuvre nécessitant beaucoup d’entretien,  etc… Mais il faut bien le dire&nbsp;: les désagréments qu’on lui attribue sont  pour la plupart uniquement liés à  la  mauvaise utilisation&nbsp;qui en est faite ! L’hydroxyde de calcium, bien  utilisé, ne conduit à aucune précipitation et il se révèle largement suffisant  dans de nombreuses situations, permettant de couvrir les besoins de nombreux  aquariums. Il  possède le gros avantage  de n’introduire dans le bac que les composés utiles et rien d’autre&nbsp;: pas  de soucis liés à l’introduction de sodium et de chlore inhérente à la méthode  utilisant des sels dissous, qui en modifiant en permanence la composition  ionique oblige à effectuer des changements d’eau très régulièrement&nbsp;; pas  de désagréments liés à l’enrichissement souvent excessif de l’eau en gaz  carbonique propre à l’utilisation d’un RAC. D’ailleurs, au contraire,  l’hydroxyde permet de réduire la quantité de gaz carbonique dissous excédentaire  et ainsi de contrôler le pH.</p>
  <p class="align-j">La  méthode que j’utilise depuis 1997-1998, que j’ai améliorée au fur et à mesure  de l’augmentation de la densité de population en coraux de mes aquariums,  permet une utilisation rationnelle de l’hydroxyde de calcium qui est basée sur  une relative stabilisation du pH de l’aquarium.</p>
  <h2>Des propriétés importantes</h2>
  <p class="align-j">Pour bien comprendre les conditions d’une bonne  utilisation de l’hydroxyde de calcium Ca(OH)2, il convient tout  d’abord de bien connaître trois propriétés essentielles de ce composé,  propriétés qui vont conditionner toute la mise en œuvre de la méthode.</p>
  <ul>
    <li>La première (P1) est qu’il  s’agit d’une base forte, qui, injectée de façon non contrôlée, peut provoquer  des hausses très importantes du pH. Ces hausses importantes de pH sont  préjudiciables à la santé d’un aquarium récifal pour au moins deux  raisons&nbsp;: d’abord parce qu’elles provoquent des réactions chimiques qui  peuvent être indésirables (telles que des précipitations diverses), ensuite  parce que la stabilité des paramètres est essentielle pour un bon  nombre d’organismes maintenus en aquarium  récifal.</li>
    <li>La seconde (P2) est qu’il  s’agit d’un produit dont la solubilité dans l’eau douce est relativement  faible. Par conséquent, si on veut en utiliser une grande quantité tout en  limitant le volume d’eau à apporter quotidiennement (volume qui ne peut pas  être supérieur à celui qui s’évapore chaque jour), il faut pouvoir l’introduire  dans l’aquarium sous forme de poudre non dissoute dans l’eau osmosée, et donc  faire en sorte que cette poudre puisse ensuite se dissoudre rapidement et  efficacement dans un grand volume d’eau de mer dès son introduction dans  celle-ci.</li>
    <li>Enfin, la troisième (P3) est  qu’il faut éviter toute mise en présence de gaz carbonique avec l’hydroxyde de  calcium en solution aqueuse concentrée dans le réacteur à hydroxyde (RAH) : il  en résulterait inévitablement une précipitation de carbonate de calcium CaCO3  (c’est le calcaire) qui se substituerait à l’hydroxyde de calcium. L’une des  conséquences qui en découlent est la fréquence de remplissage du  réacteur&nbsp;: il faut remplir celui-ci tous les 7 jours environ et le remplir  avec la quantité nécessaire pour 7 jours environ d’utilisation et pas  davantage, parce qu’inévitablement du gaz carbonique entre à l’intérieur du RAH  via l’eau osmosée qui l’alimente.  Cela  constitue sans aucun doute la plus forte contrainte en ce qui concerne  l’utilisation de l’hydroxyde de calcium&nbsp;: il faut tous les six ou sept  jours trouver 5 minutes environ pour remplir le RAH avec de l’hydroxyde  frais&nbsp;! Si vous ne pouvez pas trouver environ 5 minutes par semaine pour  vous occuper de ce remplissage, alors l’hydroxyde de calcium n’est pas fait  pour vous.</li>
  </ul>
  <h2>Matériel et matériaux nécessaires </h2>
  <p class="align-j">Compte tenu des propriétés P1 et P2, la solution d’hydroxyde  de calcium sortant du RAH doit être plus ou moins concentrée en poudre non  dissoute, elle doit être injectée au goutte à goutte dans une zone spécialement  dédiée et son injection doit être commandée par la valeur du pH. Donc autant le  dire tout de suite&nbsp;: coupler l’injection de l’hydroxyde à l’osmolation est  une hérésie&nbsp;! C’est certes la solution de facilité, mais c’est une très  mauvaise façon d’utiliser l’hydroxyde de calcium. Non seulement parce qu’en  général l’osmolation apporte une trop grosse quantité d’eau de chaux sur un  laps de temps trop court, mais aussi parce que l’osmolateur se déclenche plus  souvent la journée lorsque l’évaporation est plus importante&nbsp;: or le pH  est déjà naturellement plus élevé en journée, et l’hydroxyde doit plutôt être  injecté lorsque le pH est plus bas c’est-à-dire la nuit&nbsp;!</p>
  <p class="align-j">Ainsi le matériel de base nécessaire est le  suivant&nbsp;: un RAH, un agitateur magnétique, une pompe péristaltique  réglable pour délivrer la solution d’hydroxyde en goutte à goutte, une chambre  de mélange de l’hydroxyde avec l’eau de mer et un pH-mètre. <br />
    Ensuite, il peut être utile, selon les cas,&nbsp; de  prévoir les dispositifs de sécurité suivants : un deuxième pH-mètre et un  flotteur anti débordement.</p>
  <p class="align-j">Par la suite, seules les propriétés qui sont indispensables  pour ce matériel seront détaillées, sans mentionner aucun appareil commercial  et sans donner des plans de réalisation ou astuces de bricolages. </p>
  <p class="align-j">Et bien sûr il faudra de l’hydroxyde de calcium. Celui-ci  doit être de bonne qualité, c’est-à-dire ne pas contenir de substances qui  pourraient se révéler nocives en aquarium (des métaux lourds, des phosphates,  ou autre). Sauf à aimer prendre des risques pour une économie factice de  quelques euros (quel est le «&nbsp;prix&nbsp;» des animaux hébergés comparé à cela&nbsp;?),  il faut bannir tout hydroxyde à usage du bâtiment ou à usage agricole et  privilégier l’hydroxyde à usage aquariophile d’un fournisseur sérieux, de  qualité reconnue au sein de la communauté aquariophile, ou l’hydroxyde à usage  pharmaceutique si l’on peut s’en procurer. Fréquemment, l’hydroxyde de calcium  contient un peu de carbonate de calcium, à raison de 2 ou 3%&nbsp;: ceci n’est  pas gênant. De même il peut contenir un peu de magnésium sans que cela ne soit  problématique. <br />
    Enfin, il faut signaler que l’hydroxyde de calcium est  une substance à manipuler avec précautions, comme de nombreuses autres que l’on  peut être amené à manipuler&nbsp;: eau de javel, acide chlorhydrique&#8230; L’hydroxyde de calcium est irritant sur la  peau, provoquant des effets similaires à ceux obtenus avec le ciment. Les  risques sont plus importants en ce qui concerne les bronches et surtout les  yeux&nbsp;: il faut éviter le contact avec les «&nbsp;nuages&nbsp;» qui  se forment lors de la manipulation de la poudre (pour ma part j’effectue  toujours le rechargement du RAH en extérieur). Et il faut impérativement  protéger ses yeux des éventuelles éclaboussures d’eau ou de lait de  chaux&nbsp;!<br clear="all" />
  </p>
  <h2>Principes  de base pour l’utilisation de l’hydroxyde de calcium</h2>
  <p class="align-j">Rappelons que la valeur du pH d’une solution est une indication  de la quantité d’ions hydroxyde OH(-) présents dans cette solution&nbsp;: plus  le pH est élevé et plus la quantité d’ions hydroxyde est élevée. Toute  multiplication par dix de leur quantité se traduit par une hausse du pH d’une  unité. </p>
  <p class="align-j">On dit que l’hydroxyde de calcium est une base forte (P1)  parce qu’il contient des ions hydroxyde, de ce fait sa dissolution dans une  solution est suivie d’une augmentation du pH. Par conséquent il faut l’injecter  sous contrôle du pH et en stopper l’injection dès que le pH dépasse une valeur  seuil que l’on se fixe. Il faut faire en sorte que cette augmentation de pH  soit faible, n’ait lieu que dans un volume d’eau limité et qu’elle soit de  durée limitée. C’est possible parce que ces ions hydroxyde ont des propriétés  basiques et réagissent rapidement avec les acides présents, acides qui eux  tendent à faire diminuer la valeur du pH. Parmi ces acides, on trouve tous les  acides organiques provenant du métabolisme des différentes formes de vie et  surtout, majoritairement, le gaz carbonique qui se combine à l’eau pour donner  de l’acide carbonique. </p>
  <p class="align-j">L’idée fondamentale est alors la suivante. L’hydroxyde de  calcium est injecté lorsque le pH tend à diminuer sous l’action de l’acide  carbonique, il est injecté en petite quantité de telle sorte que le pH  n’augmente pas beaucoup même localement&nbsp;: ainsi les ions hydroxyde  neutralisent l’acidité liée à l’acide carbonique et se transforment en  hydrogénocarbonate et carbonate utiles. Dans la mesure où le stock d’acides se  renouvelle sans cesse, ne serait-ce que par contact avec l’atmosphère qui  constitue un réservoir de gaz carbonique ou encore à cause de la respiration  des habitants de l’aquarium, le pH finira toujours par diminuer et il sera de  nouveau possible d’injecter de l’hydroxyde. La plus grosse erreur qui est faite  lors de l’utilisation de l’hydroxyde consiste à en injecter sans contrôle du  pH&nbsp;: alors souvent une trop grosse quantité est injectée, bien plus qu’il  n’en faut pour neutraliser les acides présents, alors le pH augmente de trop  (pas forcément dans tout le volume d’eau de l’aquarium, souvent dans un volume  d’eau restreint). Il s’ensuit des réactions de précipitation non souhaitables.  Ce qu’il faut faire, c’est injecter de l’hydroxyde en permanence mais en toute  petite quantité et en le diluant rapidement dans la plus grande quantité d’eau  possible, de façon à neutraliser continûment l’acide carbonique présent au fur  et à mesure que celui-ci se renouvelle. En procédant de la sorte il n’y a aucun  risque de précipitation, le pH dans l’aquarium est bien stabilisé,  l’approvisionnement en calcium et en carbone inorganique est continu et  régulier. Aucun composé indésirable n’est introduit. Il  est même possible qu’en neutralisant l’acide  carbonique continuellement, on puisse prévenir l’apparition d’algues  indésirables en se mettant à l’abri de certains excès de gaz carbonique. Comme  par ailleurs, de nuit, le pH a naturellement tendance à chuter davantage, il  faut un système qui régule la teneur en hydroxyde de calcium de l’eau sortant du  RAH, afin de pouvoir injecter suffisamment d’hydroxyde sans avoir recours à un  trop grand volume d’eau sortant du RAH (P2)&nbsp;: il faut utiliser du lait de  chaux, plus ou moins concentré selon la demande de l’aquarium. Le recours au  lait de chaux, et non pas seulement à de l’eau de chaux limpide, est l’une des  caractéristiques de la méthode. Contrairement à une idée reçue, il est tout à  fait possible d’utiliser du lait de chaux, plus ou moins concentré en hydroxyde  non dissous. Les particules d’hydroxyde qui ne sont pas dissoutes dans ce lait  de chaux parce que la saturation est atteinte peuvent parfaitement bien se  dissoudre dans l’eau de mer de l’aquarium&nbsp;! C’est ce qui se produit dans  la méthode que je décris. </p>
  <p class="align-j">Attention toutefois&nbsp;à ce qu’on appelle lait de  chaux. Le lait de chaux est une solution sursaturée d’hydroxyde de calcium,  dans laquelle se trouvent des fines particules solides d’hydroxyde de calcium.  Mais il peut y avoir plus ou moins de particules solides par unité de volume de  cette solution. Par exemple&nbsp;: dans un litre d’eau pure on introduit 10  grammes d’hydroxyde de calcium, puis on secoue vivement&nbsp;: on obtient du  lait de chaux. Sur les 10 grammes d’hydroxyde introduit, il en reste environ  8,5 sous forme de fines particules qui sont éparpillées dans la solution  obtenue. Si maintenant dans un litre d’eau pure on introduit 100 grammes  d’hydroxyde de calcium, alors on obtiendra aussi du lait de chaux mais cette  fois avec 98,5 grammes de fines particules solides éparpillées dans la  solution. Il est évident que le lait de chaux obtenu dans la seconde situation  est plus riche et qu’il ne doit pas être introduit de la même façon dans  l’aquarium. D’ailleurs, il n’est pas forcément souhaitable d’utiliser un lait  de chaux aussi riche dans certains aquariums. Cela peut même se révéler contre  productif en provoquant des réactions de précipitation. Comme cela sera  détaillé par la suite, une astuce permet de ne jamais injecter un lait de chaux  trop riche dans l’aquarium.</p>
  <figure   class="figcolonne pos-centre" >
    <figcaption class="grille-titre">Schéma 1</figcaption>
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/rahrd-schema1.jpg" data-ipsLightbox><img style="border:solid; border-width:thin" alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/rahrd-schema1.jpg"></a><br />
    <figcaption class="figlegende">Principe de la méthode. Tous les détails ont leur importance pour un bon fonctionnement de l&rsquo;ensemble avec un minimum de maintenance.</figcaption>
    <figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT</figcaption>
  </figure>
  <p class="align-j">La chambre de mélange est placée dans la cuve technique,  elle est alimentée par l’eau en provenance de l’aquarium via le tube T1 et la  sonde pH S1 est placée à sa sortie, qui se fait par un tube T2 placé à sa base  et remontant vers la surface. Lorsque le pH descend en dessous d’une valeur  déterminée, disons 8,00 par exemple, le pH-mètre déclenche simultanément l’agitation  dans le RAH et l’injection de la solution d’hydroxyde en goutte-à-goutte dans  la chambre de mélange. L’eau de mer dans laquelle l’hydroxyde a été injecté est  rapidement dirigée hors de la chambre de mélange en direction de la sonde S1 du  pH-mètre&nbsp;: c’est un aspect essentiel de cette méthode de régulation.  Ainsi l’injection se limite à 10, 15 ou 20  gouttes (cela dépend de nombreux paramètres) et dure typiquement 10-15  secondes, le temps nécessaire pour que le pH enregistré par la sonde S1 remonte  et passe au-dessus d’une valeur déterminée, disons 8,10 par exemple, valeur à  partir de laquelle le pH-mètre coupe l’agitation du RAH et l’injection  d’hydroxyde. Le pH continue à monter un peu, jusque 8,18 par exemple, sous  l’action des dernières gouttes d’hydroxyde injectées. Ensuite il descend, la  chambre de mélange étant alimentée par l’eau en provenance de l’aquarium, et le  cycle reprend, à un rythme variable selon les variations naturelles du pH, mais  à un rythme qui s’adapte automatiquement sans aucune intervention. Quant-à  l’eau qui quitte la chambre de mélange par T2, elle est  dirigée vers les zones les plus agitées  possible, juste au niveau N1 de la surface libre dans la cuve technique, puis  vers la pompe de reprise qui l’envoie dans l’aquarium.</p>
  <figure   class="figcolonne pos-centre" >
    <video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/imgv1.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload">
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    </video>
    <figcaption class="figlegende">Vidéo  montrant une séquence complète d’injection d’un système en fonctionnement dans une installation de plus de 3000 litres. </figcaption>
    <figcaption class="copyright">Vidéo : Régis DOUTRES</figcaption>
  </figure>
  <p class="align-j">La pompe péristaltique envoie l’eau osmosée via le tube  T4 au fond du RAH. L’eau en ressort chargée d’hydroxyde via le tube T3, de  diamètre 5&nbsp;mm, qui doit être le plus court possible dans sa partie horizontale  (disons 25&nbsp;cm maximum) a fin d’empêcher la sédimentation des particules  d’hydroxyde non dissoutes, et qui ne doit pas être bridé (sa sortie doit être  libre). Il est très important que ce tube ne se vide pas lorsqu’il n’y a pas  d’injection&nbsp;: sinon de l’air y pénétrerait, donc du gaz carbonique aussi  et au contact du film liquide subsistant sur sa paroi intérieure, il y aurait  précipitation (P3). Cela se traduirait par un colmatage de T3 qui pourrait être  fréquent. Or lorsque la pompe péristaltique est à l’arrêt, le tube souple qui  la traverse est pincé&nbsp;: ainsi elle assure un rôle d’anti retour, elle  maintient une  légère pression dans le  RAH qui doit être étanche, et le tube T3, placé presque horizontalement et se  terminant par une courte partie verticale de 1 ou 2 cm, ne se vide pas. Ainsi  dès que la pompe s’arrête, l’injection cesse. Et dès que la pompe redémarre,  l’injection reprend, immédiatement, sans délai, ce qui est important pour la  bonne concordance entre brassage du RAH et injection. </p>
  <p class="align-j"> Ce fonctionnement n’est  possible que si le RAH est totalement étanche, afin que la surpression  provoquée par la pompe péristaltique soit maintenue. Alors le niveau N3 du  liquide dans le RAH sera toujours un peu en dessous de la sortie de T3,  elle-même à quelques centimètres au-dessus du niveau N2 (attention&nbsp;:  l’extrémité du tube T3 ne doit pas être immergée) : les gouttes sortant de T3  ne doivent pas provoquer d’éclaboussures et elles doivent tomber juste dans le  jet issu de T1 afin d’être immédiatement diluées au maximum. </p>
  <figure class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/zone-n4.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""   class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/zone-n4.jpg"></a>
    <figcaption class="figlegende">La zone N4 est visualisée par la bande rouge verticale.
      L&rsquo;extrémité du tube vert T3 se trouve dans cette zone. Pour les besoins de cette
      photographie, le RAH a été détartré juste avant la prise de vue. L&rsquo;agitateur magnétique était
      en marche, ce qui explique la non planéité de N4.</figcaption>
    <div class="copyright">Photo : Régis DOUTRES</div>
  </figure>
  <p class="align-j">Comme cela a été dit auparavant, il faut pouvoir utiliser  du lait de chaux, plus ou moins concentré selon la demande de l’aquarium. Ceci  s’obtient via l’agitation dans le RAH et la position du tube T3 dans celui-ci.  L’idée est la suivante : plus la demande d’hydroxyde est grande pour maintenir  le pH et plus il faut brasser pour injecter une solution d’hydroxyde concentrée  en particules non dissoutes. C’est pour cela que le brassage du RAH est  commandé lui aussi par le pH-mètre : il y a brassage en même temps qu’il y a  injection. Ainsi, plus la cadence d’injection est grande, plus le brassage est  fréquent. Conséquence : le niveau N4 de lait de chaux dans le RAH va monter et  se stabiliser au niveau du tube de prise T3. En fait, idéalement, N4 est une  zone d’un ou deux centimètres de hauteur&nbsp;: en dessous de cette zone se  trouve une solution d’hydroxyde très concentrée en particules non dissoutes  (c’est du lait de chaux plus ou moins blanc), et au-dessus on trouve quasiment  de l’eau de chaux, presque limpide, avec relativement peu de particules non  dissoutes. Le prélèvement se fait dans cette zone, là où la concentration en  particules d’hydroxyde non dissous varie.</p>
  <p class="align-j">Si la demande de l’aquarium est faible, il suffit de  quelques gouttes de solution peu concentrée pour que le pH remonte rapidement  dans la boite de mélange&nbsp;: alors la durée d’injection, et donc de  brassage, est courte, la zone N4 ne monte pas trop et c’est  plutôt dans le haut de cette zone N4 que la solution est prélevée par T3. Puis,  lorsque la demande augmente, la durée d’injection a tendance à augmenter, ce  qui entraîne un brassage plus long dans le RAH et donc une montée de la zone  N4&nbsp;: c’est maintenant une solution plus concentrée qui est injectée. De la  sorte, jamais une solution d’hydroxyde trop concentrée en particules non  dissoutes ne sera injectée, car si cela vient à se produire ponctuellement  alors la cadence d’injection diminue, celle de brassage aussi, et les  particules d’hydroxyde non dissous qui ont tendance à sédimenter font descendre  la zone N4. De la même façon ce ne sera jamais non plus de l’eau de chaux  limpide (et pauvre en hydroxyde) qui sera prélevée, car si cela vient à  se produire, la durée d’injection augmente, et la zone N4 monte  dans le RAH (sauf s’il n’y a plus d’hydroxyde dans le RAH&nbsp;!). On obtient  de la sorte une régulation de la concentration en particules non dissoutes du  lait de chaux injecté en fonction des besoins de l’installation, grâce à cet  asservissement qui repose sur le matériel utilisé (taille du barreau aimanté,  vitesse de rotation, tout ceci étant lié à la taille du RAH et à la quantité  d’hydroxyde qu’il contient).</p>
  <figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/vue-ensemble.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/vue-ensemble.jpg"></a>
    <figcaption class="figlegende">Ensemble en fonctionnement : le tube T3 (tube vert) dont l&rsquo;extrémité est au dessus du jet issu de T1 (tube du haut) arrivant dans la chambre de mélange. La sonde pH où se trouve le tube de sortie. Le tube en bas au centre est un trop plein de la chambre de mélange, sans vraie utilité.</figcaption>
    <figcaption class="copyright">Photo : Régis DOUTRES</figcaption>
  </figure>
  <p class="align-j">Peu importe l’évaporation qui est gérée par ailleurs  grâce à un classique osmolateur. On peut injecter tout l’hydroxyde nécessaire  sans être limité par l’évaporation en exploitant cette possibilité d’injecter  une solution d’hydroxyde plus ou moins riche en particules non dissoutes,  particules qui vont se dissoudre dans la chambre de mélange et à sa sortie.</p>
  <p class="align-j">Bien sûr, ce que je décris là est un fonctionnement  idéal, la réalité est un peu différente. Par exemple cet asservissement dépend  de la concentration maximale possible en particules solides de la  solution&nbsp;: lorsqu’il n’y a plus assez d’hydroxyde de calcium dans le RAH  et que la demande est grande, la durée d’injection augmente, la zone N4 monte  mais malgré cela, ce qui est prélevé par T3 n’est plus suffisamment concentré.  Alors cette zone N4 disparaît et le RAH tout entier se remplit d’une solution  laiteuse, d’un blanc léger, parce que la concentration en hydroxyde n’est plus  très grande. Cela arrive typiquement lors des périodes de la journée de forte  demande, mais aussi  deux ou trois jours  avant qu’il ne faille recharger le RAH en hydroxyde. La seule conséquence que  cela a, c’est qu’un plus grand volume d’eau en provenance du RAH doit être  injecté dans l’aquarium, mais en principe ce volume reste encore nettement  inférieur au volume évaporé. L’essentiel est que juste après avoir rechargé le  RAH, cet asservissement permet de ne pas prélever un lait de chaux qui serait  trop riche en particules non dissoutes, ceci n’étant jamais souhaitable. Par  contre, que cet asservissement ne fonctionne plus juste avant un rechargement  du RAH n’est pas très gênant, puisqu’il n’y a plus de risque d’injection de  lait de chaux trop riche en particules.</p>
  <figure   class="figcolonne pos-centre" >
    <video style="width:100%; height:auto;" poster="http://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/rahrd-schema2.jpg" controls="controls" muted="muted"  class="lws-optimize-lazyload">
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    </video>
    <figcaption class="figlegende">Cette animation   montre  comment le système va approximativement  fonctionner  pendant une journée entière,  en distinguant les périodes d’éclairage et d’obscurité de l’aquarium. Les  différentes valeurs choisies pour cette animation (horaires, pH…) le sont à  titre indicatif et sont propres à chaque aquarium.</figcaption>
    <div class="copyright">Animation : Denis TOURNASSAT</div>
  </figure>
  <h2>Caractéristiques  du matériel nécessaire</h2>
  <h3>La chambre de mélange</h3>

  <p class="align-j">Son rôle est essentiel. Elle assure un mélange immédiat  et efficace de la solution d’hydroxyde sortant du RAH avec un grand volume  d’eau de mer, permettant un début de dissolution des fines particules solides  d’hydroxyde de calcium et empêchant   toute hausse importante du pH. Elle permet aussi de diriger rapidement  en direction de la sonde S1 l’hydroxyde qui est injecté afin que l’injection ne  dure pas longtemps et que la hausse du pH soit très modérée.</p>
  
	
  <div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
    <figure class="figcolonne">
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/precipitation.jpg"><img alt=""  class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/precipitation.jpg"></a>
    <figcaption class="figlegende">On remarque la fine pellicule de précipité, d&rsquo;épaisseur  inférieure à un millimètre, qui s&rsquo;est formée suite aux éclaboussures  à la surface de cette chambre de mélange en  fonctionnement continu depuis plus de 4 ans.<br />
    </figcaption>
    <figcaption class="copyright">Photo : Régis DOUTRES</figcaption>
	  </figure>
    <figure class="figcolonne"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/brassage.jpg"><img  alt="" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/brassage.jpg"></a>
      <figcaption class="figlegende">On aperçoit à droite le tube de sortie T2 de la  chambre de mélange, qui est placée en face d&rsquo;un autre tube (à gauche) d&rsquo;où sort  un débit conséquent, supérieur à celui traversant la chambre. Un troisième tube  (en bas) déverse également son flot d&rsquo;eau au même endroit. Le but est de diluer  le plus rapidement possible dans le plus grand volume d&rsquo;eau de mer possible la  solution d&rsquo;hydroxyde qui a été injectée dans la chambre de mélange.</figcaption>
      <figcaption class="copyright">Photo : Régis DOUTRES</figcaption>
    </figure>
  </div>
  <p class="align-j">Typiquement, il s’agit d’un simple tube de PVC de diamètre  d’environ 12 cm contenant trois ou quatre litres d’eau, alimenté dans sa partie  supérieure directement par de l’eau de l’aquarium en provenance de la surverse  avec un débit d’au moins 1000 L/h.  La  durée de séjour de l’eau dans cette chambre doit être de l’ordre de la dizaine  de secondes, c’est-à-dire qu’elle doit se remplir en une dizaine de secondes  grâce au débit qui l’alimente.</p>
  <p class="align-j">Il faut empêcher la formation de bulles d’air et les  éclaboussures diverses dans cette chambre, ceci afin de limiter la formation de  croûtes de sel mais aussi de calcaire, dans la mesure où l’on va injecter la  solution d’hydroxyde dans l’eau de cette chambre.</p>
  <p class="align-j">Pour cela, le tube d’arrivée d’eau T1 dans la chambre  doit être placé juste au-dessus du niveau de l’eau dans celle-ci et un jet bien  régulier et quasiment sans bulles doit s’en échapper. L’eau ressort de cette  chambre par un tube de diamètre 25 ou 32 mm   se terminant par une partie horizontale qui doit affleurer la surface de  l’eau dans la cuve technique, partie dans laquelle on a percé un trou de  diamètre un peu supérieur au diamètre de la sonde pH&nbsp;: celle-ci sera  simplement maintenue verticalement sans forçage dans le tube grâce au trou, sa  base reposant sur le bas du tube. Le jet sortant ne doit pas être dirigé vers  l’entrée de la pompe de  l’écumeur  interne éventuellement présent (la présence d’une grande quantité d’air dans  cette pompe, ainsi que la température plus élevée qui y règne, favorisent les  précipitations), il est dirigé dans la zone où le brassage et les mouvements d’eau  sont les plus importants, par exemple au niveau de la sortie de l’écumeur.</p>
  <p class="align-j">En principe, aucun entretien n’est nécessaire. Il faut  juste contrôler (visuellement) le débit d’eau qui la traverse de temps en  temps.</p>
  <h3>Le pH-mètre</h3>
  <p class="lign-j">C’est lui qui commande l’injection de la solution  d’hydroxyde&nbsp;: inutile de dire qu’il faut pouvoir lui faire  confiance&nbsp;! Il doit mettre sous tension à la fois la pompe  péristaltique et l’agitateur magnétique lorsque le pH passe en dessous d’une  valeur X, puis couper leur alimentation lorsque le pH passe au-dessus d’une valeur  Y. La différence Y-X s’appelle l’hystérésis. Il faut pouvoir choisir librement  X (ou Y) ainsi que l’hystérésis, par pas de 0,05 (ou moins).</p>
  <p class="align-j">En cas de coupure électrique du secteur, la programmation  de ces paramètres doit être conservée et la remise en fonction du pH-mètre doit  se faire toute seule dès le retour de l’alimentation électrique du secteur,  sans avoir à appuyer sur un commutateur de mise sous tension. Les pH-mètres bas de gamme, les bricolages hasardeux,  sont à exclure absolument. Si le pH-mètre n’enclenche pas l’injection  d’hydroxyde, ce n’est pas très grave… mais s’il ne coupe pas l’injection, alors  le pH dans l’aquarium va monter, et même monter beaucoup si l’injection  permanente dure et si par malchance le RAH a été récemment bien rempli lorsque  le dysfonctionnement survient. L’aquarium va alors devenir blanchâtre, avec des  valeurs élevées du pH. Bien sûr, rien ne sert d’avoir un bon pH-mètre s’il est  muni d’une sonde de piètre qualité. Mieux vaut acquérir une véritable sonde,  qui rendra de bons et loyaux services pendant quelques années et quasiment sans  entretien. </p>
  <p class="align-j">Question maintenance, on vérifie de temps en temps  qu’aucun dépôt ne se forme sur la sonde et on effectue un étalonnage de temps à  autre. Mais attention&nbsp;: on ne parle pas ici d’un étalonnage hebdomadaire,  ou mensuel. Non, pas du tout. Un étalonnage tous les 4 mois, voire tous les 6  mois, voire plus encore, suffira amplement. Ceci peut paraître surprenant. Les  explications se trouvent dans la partie «&nbsp;Informations complémentaires&nbsp;».<br clear="all" />
  </p>
  <h3>La pompe péristaltique</h3>
  <p class="align-j">Elle est indispensable : pas question de la remplacer   par une autre pompe pour alimenter le RAH. Outre le fait qu’elle permet d’obtenir le goutte-à-goutte requis, elle maintient normalement dans le RAH   une légère surpression. Il est néanmoins conseillé de placer entre cette   pompe et le RAH un anti retour, à titre de sécurité supplémentaire. Son débit   doit être réglable, d’un goutte-à-goutte lent de l’ordre d’une goutte toutes   les deux secondes, à un goutte-à-goutte plus rapide de l’ordre de deux ou   trois gouttes par seconde. En aucun cas il ne faudra utiliser un filet d’eau   continu. Elle doit être robuste : elle sera utilisée quasiment 24 heures sur   24, au rythme d’une mise en marche de 10 à 15 secondes toutes les minutes ou toutes les deux minutes (ces données sont évidemment propres à chaque   installation et varient aussi selon l’heure dans la journée : il ne s’agit   que d’ordre de grandeur donné pour se faire une idée de ce qu’on attend de cette   pompe). Une telle pompe ne demande aucun entretien. Il faudra peut-être   occasionnellement ré-ajuster le débit du goutte-à-goutte.</p>
  <h3>L’agitateur magnétique</h3>
  <p class="align-j">Il faut agiter la poudre d’hydroxyde de calcium dans  l’eau osmosée du RAH. On peut à cet effet songer à utiliser une pompe  ordinaire. C’est possible, mais à l’usage ce n’est pas la meilleure façon de  faire. D’abord parce qu’il faut agiter une solution contenant de l’hydroxyde de  calcium non dissous, solution abrasive et agressive qui maltraite les rotors et  leurs pales d’agitation, écourtant leur durée de vie parfois à quelques mois  seulement. Ensuite parce que le rythme de mise en marche et d’arrêt est le même  que pour la pompe péristaltique et que de nombreuses pompes ne supportent pas  ce rythme. Et surtout, parce qu’il est plus difficile d’obtenir avec une pompe  de brassage la zone N4 de un ou deux centimètres de hauteur dans laquelle la  teneur en hydroxyde non dissous varie de façon notable, zone dans laquelle il  faut prélever l’eau qui sortira du RAH (voir détails ci dessus).</p>
  <p class="align-j">L’agitateur magnétique se compose d’un barreau magnétique  recouvert de  polytétrafluoroéthylène  (PTFE) placé dans le RAH et d’un aimant fixé sur l’axe d’un motoréducteur dont  on peut régler la vitesse, en gros dans la plage de un à cinq ou six tours par  secondes. Ce réglage est indispensable&nbsp;: une vitesse trop lente ne permet  pas un brassage suffisant et la zone N4 ne monte pas assez haut dans le  RAH&nbsp;; et une vitesse trop rapide, outre le fait qu’elle ne permet pas la  création de la zone N4 parce que celle-ci monte trop haut et vient se confondre  avec N3, entraîne souvent un décrochage du barreau magnétique qui se met à  sautiller. Et bien sûr ce motoréducteur doit supporter le rythme des  marches-arrêts imposé. L’aimant qui est fixé sur ce motoréducteur doit être  assez puissant&nbsp;: en pratique un aimant de lave vitre d’aquarium, pour  vitres assez épaisses, convient bien. Le barreau magnétique doit lui aussi être  puissant et il doit être assez gros pour entraîner l’hydroxyde de calcium  solide qui a tendance à sédimenter. Tout dépendra entre autres choses de la  quantité d’hydroxyde de calcium qui est utilisée lors du remplissage  hebdomadaire&nbsp;: plus celle-ci est importante,  plus le RAH est haut et étroit, et plus le  barreau magnétique aura à fournir d’efforts pour remplir son office. Il existe  des barreaux pour les solutions visqueuses, ils conviennent parfaitement mais  sont plus onéreux à l’achat. Au fond du RAH, il faudra impérativement disposer  un morceau de plaque de verre, de façon à ce que le barreau magnétique tourne  sur ce morceau de verre&nbsp;: sinon le fond du RAH, en matière plastique, peut  s’user assez vite. L’agitateur magnétique ne demande aucun entretien. Il  faudra peut-être occasionnellement ré-ajuster la vitesse de rotation.<br clear="all" />
  </p>
  <h3>Le RAH</h3>
  <p class="align-j">Ce n’est finalement qu’un simple récipient cylindrique,  pouvant contenir quelques litres d’eau et la quantité d’hydroxyde hebdomadaire  nécessaire. Sa hauteur est typiquement comprise entre 50 cm et 70 cm  et son diamètre entre 8 et 12 cm. Il faut impérativement éviter tout  surdimensionnement&nbsp;: si le RAH est trop haut et/ou trop large, l’hydroxyde  y sera trop dilué 2 ou 3 jours après un rechargement et le risque est de devoir  alors injecter un trop grand volume d’eau pour maintenir le pH&nbsp;: on  retombe sur la limitation liée à l’évaporation lors de l’utilisation d’eau de  chaux. De plus la tentation serait grande alors de mettre dans le RAH plus  d’hydroxyde que nécessaire, ce qui est incohérent avec un rechargement  hebdomadaire consistant à n’utiliser que ce qui est consommé en une semaine.  Cela peut même être dangereux en cas de dysfonctionnement du système, la  quantité d’hydroxyde pouvant être injectée sur un court laps de temps étant  trop importante. De même, il faut éviter tout sous dimensionnement&nbsp;: si le  RAH est trop étroit et/ou pas assez haut, il pourra être difficile d’y placer  la quantité d’hydroxyde hebdomadaire nécessaire sachant que l’agitateur  magnétique risque de peiner pour le brassage, alors il sera difficile d’obtenir  la zone intéressante au voisinage de N4 et de la stabiliser. </p>
  <p class="align-j">Son rechargement en hydroxyde doit être aisé&nbsp;: ainsi  son couvercle doit être si possible du même diamètre que le corps&nbsp;(rien  n’est plus pénible qu’un petit bouchon de diamètre 5 ou 6 cm, lorsqu’il faut  viser pour faire passer la cuillère à soupe d’hydroxyde sans en faire tomber  partout&nbsp;!) et les opérations d’ouverture et de fermeture doivent se faire  en quelques secondes&nbsp;!  Les tampons  de visite pour canalisation conviennent parfaitement bien, par contre il faut  éviter tous les RAH où le couvercle se fixe par un système de plusieurs écrous  papillons&nbsp;: rien n’est plus pénible à la longue&nbsp;! Ce couvercle doit  absolument contenir un joint qui le rend totalement étanche, parce que comme  cela a été expliqué le RAH fonctionne idéalement en légère surpression. La  présence d’une poche d’air en haut du RAH est sans importance dans la mesure où  cet air n’est pas renouvelé en dehors des ouvertures hebdomadaires du RAH,  il  est d’ailleurs plus facile de laisser  une poche d’air que de vouloir à tout prix l’éliminer à chaque rechargement. <br />
    Le RAH doit être muni de deux tubes T3 et T4 de diamètre  5 ou 6 mm. Le premier sert à l’alimentation en eau osmosée, son extrémité  débouche à quelques centimètres du fond du RAH. L’autre sert au retour de la  solution d’hydroxyde vers la chambre de mélange, son extrémité se situe  typiquement à une dizaine de centimètres en dessous du couvercle. Ces deux  tubes ne doivent pas traverser le couvercle du RAH, celui-ci devant rester  libre pour une ouverture aisée&nbsp;: ils traverseront donc le corps cylindrique  du RAH, juste en dessous du couvercle</p>
  <p class="align-j">Question entretien, c’est extrêmement simple&nbsp;: en  gros, un détartrage par an et c’est tout&nbsp;! Sauf si vous garnissez  régulièrement le joint du couvercle avec de l’hydroxyde de calcium, ce qui va  nuire à l’étanchéité de celui-ci et demandera un détartrage, voire un  remplacement du joint. Sauf si vous utilisez de l’hydroxyde de calcium de  mauvaise qualité, ou si votre eau osmosée contient encore  trop d’ions hydrogénocarbonate&nbsp;: alors  il faudra peut-être détartrer tous les 6  mois. Il est tout à fait inutile de rincer  lors de chaque remplissage avec de l’hydroxyde&nbsp;: une fois le rythme  trouvé, la recharge s’effectue lorsqu’il n’y a quasiment plus d’hydroxyde dans  le RAH qui redevient limpide. Et même si occasionnellement on est amené à  effectuer un rechargement alors qu’il reste encore de l’hydroxyde&nbsp;: cela  ne pose pas de problèmes.  Il faut  seulement veiller à ce que ce ne soit systématique, car à la longue c’est de la  poudre de calcaire qui va s’accumuler.</p>
  <p class="align-j">Il faut ajouter qu’inévitablement il va y avoir un peu de  précipitation à l’extrémité libre de T3, puisque à cet endroit il y a toujours  contact entre le gaz carbonique atmosphérique et la solution d’hydroxyde  (P3)&nbsp;: il suffit de casser ce précipité entre les doigts lorsqu’il devient  trop apparent. Ce précipité reste localisé à l’extérieur de T3&nbsp;; s’il  venait à se former à l’intérieur de T3, cela signifierait que T3 se vide  partiellement ou totalement entre les injections, ce qui n’est pas  satisfaisant.</p>
  <h2>Mise en œuvre</h2>
  <p class="align-j">Comme tout nouvel appareillage, il faudra une période  d’adaptation et d’ajustement. Disons qu’il faudra être particulièrement  attentif pendant les 4 à 5 semaines suivant le démarrage de la méthode, durée  requise pour élever progressivement le pH de l’aquarium et l’amener à une  valeur convenable et pour trouver la bonne quantité d’hydroxyde de calcium à  placer dans le RAH afin d’avoir à le recharger tous les 6 ou 7 jours.</p>
  <p class="align-j">Je vais dans ce qui suit décrire un protocole de mise en  œuvre en partant d’un exemple. Mais bien sûr, chaque aquarium est unique et va  réagir différemment. Chaque caractéristique du matériel utilisé va influer sur  les réglages à choisir&nbsp;: il y a un lien entre le volume de la chambre de  mélange, le débit qui la traverse, la vitesse de rotation de l’agitateur  magnétique, le débit de la pompe péristaltique et autre encore&nbsp;! Fort  heureusement les marges de manœuvre sont assez grandes et après les quelques  tâtonnements  du début, il est facile de  rendre le système opérationnel. Le tout est de bien en avoir compris le  principe et les règles à respecter, ce qui n’est possible qu’après une ou  plusieurs lectures attentives de l’article. Je me suis efforcé de détailler au  maximum, quitte à commettre quelques répétitions. </p>
  <p class="align-j">Le point de départ est l’évolution journalière du pH dans  l’aquarium avant mise en œuvre de la méthode. Supposons qu’il varie par exemple  de 7,90 au plus bas le matin à 8,20 au plus haut en fin de période d’éclairage  de l’aquarium. Pendant les premiers jours, le pH d’enclenchement de l’injection  d’hydroxyde sera réglé à 8,00 c’est-à-dire 0,1 unité au-dessus de la valeur  minimale enregistrée. Ainsi, l’injection aura lieu essentiellement la nuit et  assez peu durant la phase lumineuse. Il va sans dire qu’il faut mettre en  marche le système lorsqu’on pourra surveiller et ajuster son bon fonctionnement  pendant les heures qui suivront&nbsp;: il faut le mettre en marche de  préférence en début de matinée et prévoir cette matinée complète d’observations  et de réglages. Il suffira de vérifier que le fonctionnement décrit plus haut  se déroule comme prévu et d’ajuster les réglages du débit de la pompe  péristaltique, de la vitesse de l’agitateur magnétique et du débit dans la  boite de mélange. En cas d’incertitudes diverses, il est possible de choisir la  consigne à 7,95 seulement. Le RAH aura été rempli avec au moins 4 ou 5  cuillères à soupe bien bombées d’hydroxyde de calcium&nbsp;: il en faut  suffisamment, mais pas trop tout de même au début, au cas où il y aurait un  problème de fonctionnement.</p>
  <p class="align-j">La valeur de l’hystérésis sera réglée initialement à 0,1  et sera éventuellement ajustée à nouveau plus tard lorsque le fonctionnement  sera stabilisé. L’idée est d’avoir une valeur d’hystérésis qui permette une  durée d’injection ni trop courte (sinon seules une ou deux gouttes sont  injectées, la durée de brassage est trop brève et la zone N4 ne monte pas  convenablement dans le RAH) ni trop longue (sinon le pH peut monter de trop à  la fin de chaque injection). On peut donner comme ordre de grandeur une durée  de 10 à 15 secondes. </p>
  <p class="align-j">Pendant ces premiers jours il faudra vérifier  qu’effectivement le pH indiqué par la sonde S1 ne descend plus en dessous de la  consigne choisie. Si l’on dispose d’une autre sonde qui mesure le pH dans  l’aquarium, on pourra vérifier que celui-ci   descend à peine en dessous de cette consigne  (il peut quand même descendre un peu en  dessous de cette consigne en raison de l’inertie de l’ensemble), mais en tout  cas il ne doit plus descendre à la valeur précédant la mise en route de la  méthode. Il faudra aussi surveiller la quantité d’hydroxyde dans le RAH. En  principe, il n’y aura plus d’injection d’hydroxyde peu de temps après  l’allumage des lampes, parce qu’à ce moment là le pH a tendance naturellement à  monter et que la consigne a été choisie assez basse initialement. Disons qu’une  heure après l’allumage les injections cessent, et qu’une ou  plusieurs heure après l’extinction elles  reprennent. Il est évident que ces durées sont approximatives et sont propres à  chaque installation.</p>
  <p class="align-j">Ensuite, au bout d’une semaine environ, on a une idée de  la quantité d’hydroxyde qui a été consommée. Il est temps de passer la consigne  du pH-mètre à 8,05 et de recharger le RAH en plaçant l’hydroxyde supposé  nécessaire pour la semaine à venir, sachant que la consigne a été augmentée. On  pourra éventuellement augmenter la consigne à   8,10 au lieu de 8,05 si tout s’est bien passé, si on a confiance en son  matériel, si la quantité d’hydroxyde injecté n’a pas été trop importante, si la  durée pendant laquelle les injections cessent pendant la phase lumineuse du bac  est assez grande… Je conseille d’attendre toujours une semaine avant tout  changement de la consigne du pH-mètre&nbsp;: il faut un temps d’adaptation à  chaque changement. Ce forçage de la valeur du pH, qui ne peut plus descendre en  dessous d’une certaine valeur, a un impact sur la chimie de l’eau et donc  forcément a un impact biologique. Il faut savoir être patient. Pour les mêmes  raisons il faut éviter toute hausse de la consigne qui serait supérieure à 0,1  en une seule fois.</p>
  <p class="align-j">En parallèle il faudra surveiller la concentration en  calcium et le KH&nbsp;: il ne faut pas s’attendre à une hausse rapide et  spectaculaire, ce n’est absolument pas le but recherché. Le but, c’est une  stabilisation de ces paramètres, avec typiquement un calcium à 400-420 mg/L et  un KH entre 6,5 et 7,5. Il faudra aussi ajuster le fonctionnement pour que ces  valeurs ne s’élèvent pas trop, ce qui pourrait être le cas si la consigne était  réglée à une valeur trop élevée dans un aquarium où la consommation n’est pas très  importante.</p>
  <p class="align-j">Les semaines passant, l’intervalle initial de variation  du pH qui était  [7,90&nbsp;; 8,20] va se  décaler et évoluer vers [8,15&nbsp;; 8,25] par exemple&nbsp;: la valeur  maximale va elle aussi augmenter. L’idée sera de faire en sorte que l’injection d’hydroxyde  cesse quelques heures par jour, en fin de phase lumineuse de l’aquarium, de  telle sorte que le PH continue à monter un peu naturellement, sans action de  l’hydroxyde, et tout ceci en stabilisant Ca et KH à des valeurs acceptables.  Cette durée de non injection va dépendre de l’aquarium et de son peuplement,  bien sûr. Si les besoins en calcium et carbone inorganique de l’aquarium ne  sont pas trop importants, il sera peut-être nécessaire d’augmenter cette durée  (en diminuant la valeur de la consigne du pH-mètre), qui pourra alors atteindre  7 ou 8 heures, afin de ne pas voir la concentration en calcium et le KH  augmenter de trop et atteindre des valeurs déraisonnablement élevées.</p>
  <p class="align-j">Malgré la complexité apparente du système et les  multiples réglages possibles, il est assez facile de parvenir au but dans tous  les cas. A condition d’être suffisamment patient et de respecter les points  essentiels développés. Une fois le régime de croisière trouvé, l’ensemble  fonctionne avec une excellente régularité et toutes choses égales par ailleurs  (pas de grosses modifications du peuplement de l’aquarium par exemple), la  quantité d’hydroxyde consommée hebdomadairement est stable.</p>
  <p class="align-j">Sans doute est-il temps maintenant de préciser que 74  grammes d’hydroxyde de calcium injectés dans l’aquarium vont se transformer en  100 grammes de carbonate de calcium. On ne peut certes exclure qu’une partie de  ces 100 grammes de carbonate de calcium se retrouvera précipitée à droite ou à  gauche, mais une petite partie, une toute petite partie seulement si la méthode  est correctement mise en œuvre. Le reste sera utilisé par les organismes  calcificateurs. Et 74 grammes d’hydroxyde de calcium, c’est entre 4 et 5  cuillères à soupe bombées.</p>
  <h2>Informations  complémentaires</h2>
  <h3>Problème  éventuel de dysfonctionnement du pH-mètre </h3>
  <p class="align-j">Le premier problème majeur, intrinsèque à la méthode, concerne un mauvais fonctionnement possible du  pH-mètre, qui ne couperait pas l’injection d’hydroxyde&nbsp;: il en a été  question dans la partie «Caractéristiques du matériel nécessaire&nbsp;» concernant le  pH-mètre. L’aquarium va alors devenir blanchâtre, avec des valeurs de pH  croissantes. Il faut néanmoins remarquer que la valeur du pH finit par se  stabiliser, parce que l’injection se fait en goutte à goutte et parce qu’à  partir d’un certain moment des réactions chimiques viennent limiter la hausse  du pH. Ce type d’incident a d’ailleurs déjà été vécu par de nombreux  aquariophiles utilisant l’hydroxyde de calcium, indépendamment de la méthode  que je décris (et pour eux la cause de l’incident n’était pas due à la panne  d’un pH-mètre). La plupart du temps, c’est sans conséquences pour la vie des  animaux hébergés. </p>
  <figure   class="figcolonne pos-centre" >
    <figcaption class="grille-titre">Schéma 2</figcaption>
    <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/rahrd-schema2.jpg" data-ipsLightbox><img alt=""  alt="" class="lws-optimize-lazyload" data-src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rahrd-regisdoutres/rahrd-schema2.jpg"></a>
    <figcaption class="figlegende">Utilisation d&rsquo;équipements de sécurité.</figcaption>
    <figcaption class="copyright">Illustration : Denis TOURNASSAT</figcaption>
  </figure>
  <p class="align-j">Mais avec la méthode décrite ici, il faut redoubler de  prudence parce que la quantité d’hydroxyde placée dans le RAH est conséquente. Si  par malchance le RAH a été rempli peu de temps avant l’incident, la valeur du  pH atteint dans l’aquarium pourra nettement dépasser 9 ! D’où l’intérêt de ne  pas sur dimensionner le RAH et de ne placer que la dose d’hydroxyde de calcium  nécessaire pour une semaine normale de fonctionnement, sans exagération. Si  cette situation de pH élevé ne dure pas trop longtemps, quelques heures au  maximum, les conséquences ne seront pas dramatiques dans le cas d’un aquarium  sain. Il n’y aura même pas de baisse notable du KH et des concentrations en  calcium et magnésium si les paramètres de départ étaient équilibrés,  c’est-à-dire voisins des valeurs naturelles. Mais dans des cas extrêmes où le  pH dépasserait 9,5 pendant plus d’une demi-journée, il en va tout autrement&nbsp;!  C’est pourquoi il faut respecter les conseils donnés précédemment, conseils qui  en aucun cas ne pourront exclure tout risque de défaillance du pH-mètre. </p>
  <p class="align-j">Pour prévenir cet accident (schéma 2), il est possible d’utiliser un  second pH-mètre, dont la sonde S2 sera placée de telle sorte qu’elle mesure le  pH de l’eau renvoyée vers l’aquarium. En cas de dépassement d’une valeur  déterminée, disons 8,4 par exemple, ce pH-mètre de sécurité doit couper  l’alimentation électrique de la pompe péristaltique et de l’agitateur du RAH.  Bien évidemment, c’est la logique même d’un équipement de sécurité, ce pH-mètre  de sécurité doit être totalement indépendant du pH-mètre qui commande  l’injection de l’hydroxyde&nbsp;: il ne faut pas utiliser un unique appareil  qui serait muni de deux sondes pH par exemple&nbsp;!<br clear="all" />
  </p>
  <h3>Problème  lié à une insuffisance d’hydroxyde de calcium dans le RAH</h3>
  <p class="align-j">Le second problème concerne un oubli ou un retard dans le  rechargement du RAH en hydroxyde&nbsp;: l’eau sortant du RAH est alors de l’eau  osmosée qui bien évidemment ne provoque pas de hausse du pH, ainsi l’injection  de cette eau osmosée est permanente, avec le risque de voir la cuve technique  déborder. Ce risque est limité parce que l’injection a lieu en goutte à goutte,  parce que pendant ce temps il y a toujours de l’évaporation et aussi parce  qu’en principe l’aquariophile se rend compte de cette situation rapidement.  Mais en cas d’absence de plusieurs jours, ou de cuve technique calculée trop  juste (trop pleine en fonctionnement normal), le risque ne peut pas être exclu. Le plus simple consiste à placer dans la cuve technique  un contacteur à flotteur, qui coupera l’alimentation de la pompe péristaltique  et de l’agitateur magnétique en cas de niveau haut enregistré.</p>
  <h3>Étalonnage  du pH-mètre</h3>
  <p class="align-j">Parlons maintenant de l’étalonnage de l’électrode ou des  électrodes pH. Il faut se poser deux questions préliminaires&nbsp;: pourquoi un  aquariophile peut-il souhaiter connaître la vraie valeur du pH dans son  aquarium&nbsp;? Et peut-il accéder à cette vraie valeur&nbsp;? </p>
  <p class="align-j">De toute évidence, il semble rassurant de connaître la  valeur du pH de son aquarium, pour vérifier que celui-ci est «&nbsp;bon&nbsp;».  Les valeurs de référence sont celles de la littérature scientifique, qui nous  apprend que le pH de l’eau de mer naturelle varie dans un certain intervalle,  que le maximum de calcification de certains coraux s’obtient pour telle valeur  du pH, et d’autres informations encore. Je pense cependant qu’il est inutile de  raisonner ainsi. D’abord, il faut savoir que le pH dont les valeurs figurent  dans la littérature n’est pas le pH que l’aquariophile va mesurer&nbsp;: il  existe une échelle spécifique de pH pour l’eau de mer et sa mesure nécessite  des solutions tampons particulières pour étalonner le pH-mètre. La différence  entre ce pH et celui que l’aquariophile va mesurer est légèrement supérieure à  0,1 unité. Ensuite, l’aquariophile mesure le pH avec une sonde placée en  permanence dans l’eau de l’aquarium et la partie sensible de cette sonde va se  salir nécessairement, se recouvrir d’un biofilm bactérien par exemple&nbsp;: cela  influe sur la valeur lue du pH. Et enfin, le pH-mètre aquariophile ne possède  pas les performances d’un pH-mètre de laboratoire. Tout aquariophile possédant  plusieurs pH-mètres a déjà eu l’occasion de   faire le constat suivant&nbsp;: en les étalonnant tous simultanément  puis en plaçant toutes les sondes au même endroit, ceux ci indiquent parfois  des valeurs qui diffèrent de plus de 0,1 unité.   Pour toutes ces raisons et d’autres encore sans doutes, il faut savoir  se détacher de la valeur qui sera affichée par le pH-mètre. Ce n’est pas la  valeur affichée qui compte le plus, ce qui compte le plus c’est l’intervalle  des variations journalières et la méthode que je propose ici est basée sur cet  intervalle, le but étant de le réduire, ce qui revient à limiter la valeur minimale  nocturne du pH. Un pH-mètre, même s’il est étalonné de façon peu précise,  indiquera correctement l’intervalle des variations du pH.</p>
  <p class="align-j">Au fil du temps, une dérive de la valeur affichée se  produit inévitablement et c’est pour cela qu’on conseille habituellement un  étalonnage régulier. Avec un peu d’habitude, on   remarque cette dérive lorsque la durée de non injection en fin de  journée se met à augmenter ou diminuer. Compte tenu de ce qui vient d’être dit,  il suffit dans ce cas de remonter ou de diminuer un peu la consigne, sans  forcément refaire un étalonnage&nbsp;! De plus, l’expérience montre qu’avec une  sonde pH de bonne qualité, cette dérive est lente et s’effectue sur quelques  mois. Conclusion&nbsp;: les opérations d’étalonnage ne seront pas très  fréquentes, sans que cela ne perturbe véritablement le bon fonctionnement de la  méthode.</p>
  <h3>Inertie  du système de mesure du pH</h3>
  <p class="align-j">La méthode que je décris, qui permet une complémentation  conséquente en calcium et carbone inorganique de l’aquarium, est basée sur une  réduction de  l’intervalle des variations  journalières du pH. Il faut remarquer que deux valeurs de pH sont  utilisées&nbsp;: l’une pour déclencher l’injection et l’autre pour la stopper.  Mais ces deux valeurs sont celles d’eaux différentes&nbsp;: la valeur du pH qui  est utilisée pour stopper l’injection est la valeur dans l’eau issue de la  chambre de mélange donc de l’eau de l’aquarium additionnée d’hydroxyde, alors  que la valeur du pH utilisée pour démarrer l’injection est la valeur dans l’eau  de l’aquarium. Autrement dit&nbsp;: le pH-mètre n’indique pas la valeur du pH  dans l’eau de l’aquarium&nbsp;! Si la consigne est à 8,00 et l’hystérésis à  0,10 alors le pH-mètre va indiquer des valeurs oscillant entre 7,99 et 8,15  environ, mais le pH dans l’aquarium peut être égal à 7,90 seulement. Cela  signifie que la quantité de gaz carbonique produit dans l’aquarium pendant une  durée donnée est supérieure à ce qui peut être neutralisé via l’hydroxyde  injecté pendant cette durée.</p>
  <p class="align-j">Tout va dépendre de ce qu’on peut appeler  «&nbsp;l’inertie&nbsp;» du système global, à savoir l’aquarium ainsi que les  éléments matériels et les débits utilisés. Il est facile de sortir manuellement  la sonde S1 de son logement dans T3 pour la placer momentanément dans une zone  de la cuve technique où elle indiquera le pH de l’eau de l’aquarium, afin  d’avoir une idée de ce pH (on n’oubliera pas bien sûr de replacer la sonde S1  dans son logement&nbsp;: se souvenir que c’est elle qui donne l’indication pour  la commande de l’injection&nbsp;!). En cas de forte inertie du système, par  exemple 0,1 unité d’écart entre le pH dans l’aquarium et la consigne comme dans  l’exemple donné ci-dessus, on pourra augmenter le débit dans la chambre de  mélange et peut-être aussi le débit du goutte-à-goutte de la pompe  péristaltique.</p>
  <h3>Amplitude des variations de pH</h3>
  <p class="align-j">Cela étant dit, une autre question se pose&nbsp;: réduire  l’amplitude des variations de pH est-il bénéfique à l’aquarium et à ses  habitants&nbsp;? Je n’ai aucune réponse certaine et indiscutable à apporter. Je  ne saurai dire si c’est bénéfique, mais je peux dire que ce n’est pas si  néfaste que cela puisque c’est ma façon de faire depuis quasiment 15 ans et que  cela me permet de maintenir sur le long terme en relativement bonne santé des  coraux et de les faire croître. </p>
  <p class="align-j">Pour autant je ne conseille pas de maintenir une consigne  qui réduirait à zéro cette amplitude de variation du pH, ce qui se traduirait  par une injection d’hydroxyde 24 heures sur 24. Cela signifierait un forçage  permanent du pH, qui selon moi conduit à un déficit de gaz carbonique et/ou  d’autres composés sur lesquels le pH a un impact&nbsp;: il me semble par  expérience personnelle que la santé générale de l’aquarium en pâtit. <br />
    Néanmoins ce déficit en gaz carbonique peut être souhaité  pendant une période limitée, par exemple en cas d’envahissement par des algues,  mais en aucun cas cela ne doit être fait lorsqu’on découvre le système proposé  dans cet article. Ce forçage ne doit s’adresser qu’à des personnes ayant  suffisamment de recul, à la fois sur leur aquarium et son comportement, mais  aussi sur la méthode décrite ici. </p>
  <p class="align-j">Une autre utilité éventuelle de ce forçage permanent du  pH, à une valeur volontairement élevée, concerne la précipitation des  phosphates. La méthode permet de maintenir le pH de l’aquarium à une valeur  telle que l’eau de celui-ci devient très légèrement laiteuse, le pH étant  de  0,3 ou 0,4 unité supérieur à la  valeur maximale enregistrée habituellement. Il est possible de maintenir cet  état pendant 24 heures, dans le but de précipiter un excédent de phosphate.  Ceci demande beaucoup d’hydroxyde et sera fait juste après un rechargement du  RAH en hydroxyde. Dans ce cas, on augmente brutalement en une seule fois la  valeur de la consigne de 0,2, puis éventuellement une fois le pH affiché  atteint dans l’aquarium on augmente encore un peu de 0,1 ou 0,2 jusqu’à ce que  l’eau de l’aquarium paraisse très légèrement blanchâtre. Cet état sera maintenu  pendant la durée souhaitée, puis la consigne sera ramenée en une seule fois à  sa valeur habituelle. Ce traitement, effectué occasionnellement par un aquariophile  attentif sur un aquarium sain, ne pose aucun problème. Il n’induit pas de  baisse des valeurs du KH et des concentrations en calcium et magnésium dans la  mesure où la valeur atteinte du pH reste raisonnable et contrôlée&nbsp;: il  s’agit bien d’obtenir une eau très très légèrement blanchâtre, et non pas  franchement blanchâtre&nbsp;! Attention&nbsp;: bien évidemment je ne saurais conseiller  cette opération à un aquariophile qui ne maîtrise pas totalement la situation  et qui ne verrait là qu’un moyen de faire baisser une concentration en  phosphates qu’il ne contrôle pas, sans agir  sur la cause de cette concentration trop importante, ou supposée trop  importante…</p>
  <h3>Limite  de la méthode</h3>
  <p class="align-j">Je terminerai en évoquant la seule limite à l’utilisation  de cette méthode, qui est la quantité de gaz carbonique dissous dans l’aquarium  et son renouvellement. En effet, tant que du gaz carbonique dissous tend à  faire chuter le pH, il est possible d’injecter de l’hydroxyde. Si  l’approvisionnement en gaz carbonique n’est pas suffisant, alors la quantité  d’hydroxyde pouvant être apportée sera insuffisante pour maintenir la  concentration en calcium et le KH dans un aquarium où la consommation est  grande. Dans ce cas limite, qui est bien loin de concerner la majorité des  aquariums, le recours à une injection volontaire de gaz carbonique peut être la  solution, le plus simple étant vraisemblablement l’utilisation d’un réacteur à  calcaire, dont le principe même de fonctionnement fait qu’il enrichit  inévitablement l’eau en gaz carbonique et fait chuter le pH.</p>
  <p class="align-j">Alors bien sûr, en lisant ces lignes certains vont se  dire «&nbsp;Tout ça pour ça&nbsp;? Tout ça pour finalement en arriver à  l’utilisation d’un réacteur à calcaire quand même&nbsp;?&nbsp;». Il suffira  alors simplement de bien relire ce qui a été écrit dans l’introduction, ainsi  que le reste de l’article, pour comprendre la philosophie de la méthode que je  décris ici. Et de se souvenir que pour la grande majorité des aquariums, il y  aura suffisamment de gaz carbonique dissous sans avoir à en apporter artificiellement.</p>
  <p>&nbsp;</p>
  <p class="align-c"><em>Article paru sur Cap Récifal le 30 mai 2012, publié avec l&rsquo;aimable autorisation de l&rsquo;auteur</em>.</p>
  <h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/calcium-kh-ph-stable-lait-chaux/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/calcium-kh-ph-stable-lait-chaux/">Calcium, KH et pH stables en récifal&#8230; avec lait de chaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr">Reeflexions</a>.</p>
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